Par Souleymane SIDIBÉ
Bamako, 23 déc (AMAP) Le Centre international de conférences de Bamako (CICB) a vibré, ce mardi 23 décembre 2025, au rythme de la deuxième session du Collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES). Plus qu’une simple rencontre diplomatique, l’événement s’est révélé être une démonstration de force, d’organisation et de ferveur patriotique.
Dès les abords du CICB, le ton est donné. Un dispositif sécuritaire impressionnant, composé des Forces spéciales, de la Police et de la Protection civile, ceinture l’édifice. Rien n’est laissé au hasard : fouilles minutieuses, détecteurs de métaux et vigilance accrue. « Zéro incident enregistré », confie avec satisfaction un haut gradé de la police, soulignant que la sécurité est à la hauteur des enjeux de ce sommet historique. Des ambulances de l’hôpital Golden Life et de la Protection civile restent en alerte, prêtes à intervenir.
Dans la cour du CICB, un spectacle haut en couleur. Les drapeaux du Burkina Faso, du Mali, du Niger et de la Confédération AES flottent de concert, portés par un vent qui semble souffler un air de renouveau sur la capitale malienne. Les portraits géants des trois présidents, en harmonie parfaite, accueillent les délégations. Sous les arbres, l’effervescence est palpable : chauffeurs, militaires et accompagnateurs attendent dans une atmosphère calme et sereine.
À mesure que l’heure approche, l’affluence grandit. Les bus déversent un flot continu de participants. Dans les couloirs, l’inquiétude de ne pas trouver de place grandit : la salle de conférence est déjà comble. Les escaliers sont pris d’assaut par une foule hétéroclite (civils, militaires, jeunes et femmes) tous venus pour être témoin de l’histoire. Parmi eux, Omar Belem et Tapsoba Adama, membres de l’Unité pour l’avenir (UPA) issus de la communauté burkinabè, ne cachent pas leur émotion : « On se
sent libérés. Nous sommes fiers des décisions prises pour que l’Africain retrouve sa dignité et son autosuffisance alimentaire », confient-ils. Mascotte à l’effigie du Président Ibrahim Traoré en main, ils rappellent l’engagement de leur association pour le soutien aux veuves et orphelins des soldats tombés au front.
L’ambiance monte d’un cran avec l’entrée de l’Ensemble instrumental national du Mali. Vêtus de somptueux bazins blancs, les musiciens font résonner des sonorités africaines ancestrales et des chants patriotiques, rappelant le chemin parcouru depuis les indépendances.
À 11h45, l’apothéose : l’entrée des trois Chefs d’État déclenche une explosion de joie. « On est fiers de vous ! », lance un jeune dans la foule, tandis que le slogan « AES, puissance magnifique ! » électrise la salle.
Avant les discours officiels, une projection de film a retracé les avancées majeures de la Confédération : la création de la Force unifiée (FU-AES), la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCI-AES), le lancement du passeport biométrique et de la carte d’identité communs, ainsi que les projets de médias AES (radio, télé, agence de presse).
Ce sommet de Bamako n’a pas seulement été une réunion de travail sur les trois piliers (Défense, Développement, Diplomatie), il est la preuve par l’image que l’intégration sahélienne est désormais une réalité vécue et portée par les peuples.
SS/MD (AMAP)


