Bamako, 5 dec (AMAP) Le Secrétaire général du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Dr Boubacar S Diarrah, a lu, mercredi, la Déclaration du Mali à la 2e Conférence mondiale sur l’exploitation des données pour améliorer la mesure de la corruption, du 2 au 4 décembre à New York, devant laquelle il a réitéré une forte et déterminée volonté politique de son pays à lutter contre la corruption.
Cette conférence mondiale, qui visait à partager les expériences et surtout à mettre en exergue le rôle des données dans la lutte contre la corruption, a débattu de nombreux thèmes comme l’utilisation des Nouvelles technologies d’information et de communication (NTIC) dans la lutte contre la corruption, l’Intelligence artificielle (IA) les satellites, les données statistiques et, aussi, l’analyse des facteurs et indicateurs sociaux dans cette lutte.
Boubacar S Diarra a soutenu que la thématique principale de la conférence qui s’intitule « l’exploitation des données pour améliorer la mesure de corruption », est d’une importance capitale pour le Mali qui a engagé une mobilisation générale contre la corruption, à travers des reformes structurantes et holistiques qui commencent à produire indubitablement des résultats forts encourageants.
Il a rappelé que le Mali est Etat-partie à la Convention des Nations Unies contre la corruption, qui vise à améliorer la mesure et la lutte contre la corruption. Ce, grâce à des politiques, des mesures directes et indirectes, et une coopération internationale renforcée. « Aussi, il existe une forte et déterminée volonté politique à lutter contre la corruption », a-t-il précisé. « Toute chose qui est en train d’aboutir au déclin de l’impunité et les recouvrements records jamais égalés ainsi que la création de structures particulièrement consacrées à la lutte contre la corruption en attestent aisément et d’une manière probante. »
Le Secrétaire général du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a signalé, que pour donner corps à la Convention des Nations Unies contre la corruption, le pays a adopté de nombreux textes de lois contre la corruption et créé de nombreux services à la fois de contrôle, d’audit ponctuées par une organisation judiciaire au tour d’une juridiction spécialisée dédiée. À savoir : le Pôle national économique et financier officiant sur de nouvelles règles processuelles innovantes « comme l’imprescriptibilité des infractions et des peines de corruption et autres infractions économiques et financières, la suppression des immunités au profit des élus, l’institution d’une chambre criminelle en son sein et l’avènement de nouvelles infractions élargissant sa compétence matérielle telles que la corruption du produit de la corruption, le recel de blanchiment, l’acceptation de cadeaux indus, entre autres. »
Selon M. Diarra, l’exploitation des données pour améliorer la mesure de corruption est un moyen d’utilisation des données et méthodes de mesure pour évaluer le taux de corruption. « Depuis quelques années, le Mali dresse des données statistiques sur les infractions et le traitement réservé aux dossiers de corruption », a-t-il fait savoir. Et d’indiquer que le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, à travers la Cellule de planification statistique (CPS), produit régulièrement un annuaire des statistiques sur la corruption et la délinquance économique et financière. «Cette situation permet de mesurer la corruption et d’être un outil d’aide à la décision », a-t-il relevé.
PROBLEMATIQUE DE LA CORRUPTION – « En vue d’opérer un traitement holistique de la problématique de la corruption qui est sujet transversal, a-t-il souligné, le Mali a adopté la Stratégie nationale de lutte contre la corruption (SNLCC) par Décret n°2023- 0546/PT-RM du 21 septembre 2023 et son Plan d’actions (2023-2027). »
« Ce document constitue une référence pour toutes les mesures et les actions à entreprendre dans le cadre de la lutte contre la corruption dans notre pays. Et, il prévoit des mesures pour évaluer des éléments susceptibles de favoriser ou de prévenir la corruption. », a dit le haut fonctionnaire du département de la Justice
Il a énuméré « l’utilisation de données objectives et fondées sur des preuves plutôt que de se fier uniquement aux perceptions générales qui peuvent donner lieu à interprétation, l’approche méthodologique standardisée pour collecter des informations sur les coûts et les effets de la corruption. » Également, le développement de manuels et de guides pratiques pour aider les services de contrôle et d’investigations à mener des enquêtes et des évaluations précises de la corruption au niveau national. Tout comme l’identification des risques de corruption et les mesures préventives, en plus des mesures a posteriori.
Le chef de la délégation malienne a salué que cette Conférence dont il a dit quel est pour sa délégation, « une opportunité d’échanges et de partages d’expériences avec les autres nations sur les bonnes pratiques et les solutions porteuses contre la corruption avec comme baromètre référentiel la Convention des Nations Unies contre la Corruption. »
Elle permet, selon lui, d’appréhender les pratiques et les moyens usités ailleurs et de capitaliser les expertises avisées pour une mise en œuvre efficiente de la Convention des Nations Unies contre la Corruption.
Pour ce faire, a-t-il proposé, le Mali « est disposé à partager son expérience sur à la fois le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, une première en Afrique de l’Ouest qui constitue un obstacle au cybercrime. Cela pour qui connait le lien étroit entre cyberespace et corruption, qui apparait comme un véhicule et un moyen pour la corruption. »
Il a fait savoir que « nous disposons aussi, entre autres, d’une ligne verte gratuite «Binkani Kunafoni» destinée à recevoir les dénonciations, notamment de corruption; d’un Pôle foncier, parce qu’aujourd’hui les questions foncières constituent un terreau favorable pour la corruption en tant que vecteurs et stratagèmes de corruption. »
La délégation malienne était composée du Conseiller technique, Ibrahima Berté, de la Conseillère à la représentation permanente du Mali auprès des Nations unies, Mme N’diaye Djeneba Dabo, et de la Présidente du Pôle national en charge de la lutte contre la corruption et la délinquance financière, Mme Waigalo Malado G. Bocoum.
OD/MD (AMAP)


