Fête de Tabaski : dépenses croissantes, résilience renforcée

Bamako, 22 mai (AMAP)- Les dépenses liées à la fête de Tabaski qui se profile à l’horizon, stressent nombre de chefs de famille. Les prix des articles de fête et du bétail prennent l’ascenseur en ces périodes où les portefeuilles sont pressurés par une conjoncture à nulle autre ppareille. Le maître mot pour y faire face s’appelle la résilience.

En témoigne l’ambiance au Grand marché de Bamako. La chaleur est étouffante. C’est loin d’être le grand rush qui caractérise les veilles de fête. L’air hasards, des commerçants deplorent la rareté des clients. Ceux-ci à l’image du quadragénaire Bassidiki Coulibaly reconnaît que la situation est difficile en cette période. Mais il reste optimiste et résilient.

En la matière, ce chef de famille a développé une stratégie qui, reproduite, pourrait sauver plus d’un. Pour les préparatifs, il élève des moutons à la maison qu’il revend à environ « 100.000 Fcfa par tête » à l’approche de la fête. Bassidiki Coulibaly invite ses compatriotes confrontés aux difficultés financières à la veille de la Tabaski de s’organiser tout au long de l’année afin d’éviter d’être pris à la gorge par les dépenses de la famille.

Fama Camara, commerçant, est également un adepte de cette stratégie payante. Le marchand témoigne économisé chaque mois de l’argent pour ne pas être pris au dépourvu.

Certains jugent qu’économiser, c’est la croix et la bannière. Sidiki Fofana est un d’eux. Ce chauffeur routier, visiblement frustré, balance : « Tout est cher. Jusqu’à présent je n’ai pas acheté de mouton encore moins fait face aux dépenses familiales. » Son collègue Abdoulaye Coulibaly est dans la même situation, mais ce dernier est confronté à un dilemme. « Auparavant, je donnais 50.000 Fcfa à ma femme pour les préparatifs, mais, maintenant elles refusent cette somme sous prétexte que le marché est cher », explique-t-il l’air étonné.

Un comportement sans doute incompréhensible surtout à un moment où d’autres femmes, comme de véritables chefs de famille, se battent pour aider leurs conjoints. Fatoumata Togo, qui est de ces amazones-là, se lève tous les jours au premier chant du coq pour se rendre dans un marché de Bamako où elle vend des pâtes alimentaires. Son leitmotiv ? « Apporter ma petite contribution à mon mari afin de satisfaire les besoins de la famille surtout à l’approche de la fête de Tabaski », sourit la débrouillarde avec un brin de fierté.

Soutenir moralement ou financièrement son époux en des moments difficiles contribue à consolider les liens de famille et du mariage, prêche Boubacar Diarra, Imam à la grande mosquée de Niamana. L’homme de Dieu invite à prendre les choses avec philosophie  : «Si vous avez les moyens d’avoir le mouton à immoler et acheter de nouveaux habits, c’est une grande opportunité pour nous créature de se rapprocher d’Allah dans de bonnes conditions. Dans le cas contraire, ce n’est pas une obligation.» Boubacar Diarra explique qu’en la matière l’Islam recommande au chef de famille « fauché » de sensibiliser les membres de sa famille dans le but de les amener à accepter la situation difficile qu’ils traversent.

SD/CMT (AMAP)