Bamako, 3 novembre (AMAP) Les travaux de la concertation régionale des acteurs de l’assainissement du district de Bamako ont débuté lundi au Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ, a constaté l’AMAP.
Prévue du 2 au 5 novembre, cette rencontre vise à favoriser l’appropriation et la mise en œuvre de la Politique nationale d’assainissement, tout en renforçant la coordination des interventions dans la capitale.
Le secrétaire général par intérim du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable Sékou Koné, a procédé à l’ouverture des travaux. Cette concertation doit permettre de renforcer le rôle stratégique de la Direction régionale de l’assainissement dans la coordination, le contrôle et le suivi du sous-secteur.
Elle offre également un cadre de dialogue entre les autorités administratives, les collectivités territoriales, les services techniques, les opérateurs privés, les organisations de la société civile et les partenaires au développement.
Des défis qui dépassent le manque d’infrastructures
Dans son intervention, Sékou Koné a souligné les pressions croissantes que subissent les infrastructures et les services d’assainissement de Bamako et de son espace métropolitain. La croissance démographique, l’extension de l’habitat et l’intensification des activités économiques accentuent les difficultés de gestion des déchets solides, des eaux usées et des boues de vidange.
À ces contraintes s’ajoutent la persistance des dépôts anarchiques, l’obstruction des ouvrages de drainage et les risques récurrents d’inondation, qui affectent quotidiennement les conditions de vie des populations.
Selon lui, ces difficultés ne résultent pas uniquement d’un déficit d’infrastructures. Elles révèlent aussi des insuffisances dans la coordination des interventions, le financement du sous-secteur, l’entretien des équipements et la répartition des responsabilités entre les acteurs.
Sékou Koné a ainsi appelé à dépasser les interventions isolées et les approches essentiellement curatives pour construire un système d’assainissement cohérent, intégré et durable, reposant sur des responsabilités clairement définies.
Il a également rappelé la volonté du président de la Transition d’impulser une nouvelle dynamique dans le sous-secteur. Celle-ci repose notamment sur le renforcement de la gouvernance, la prévention des pollutions et des nuisances, l’amélioration des services, la valorisation des déchets, la mobilisation de financements innovants et la participation citoyenne.
Pour le directeur du programme Mali Sanya de la coopération technique allemande, la GIZ, Issa Sissoko ; les investissements dans les infrastructures ne peuvent, à eux seuls, garantir une amélioration durable de l’assainissement.
« Les investissements majeurs dans les infrastructures, aussi importants soient-ils, ne peuvent produire de résultats durables sans une coordination efficace des acteurs », a-t-il déclaré.
Il a plaidé pour une approche globale associant les dimensions institutionnelles, techniques, financières, économiques, environnementales et sociales de l’assainissement.
Dans cette perspective, l’appui des partenaires techniques et financiers porte notamment sur le renforcement des capacités des acteurs, l’amélioration de la coordination, la promotion de mécanismes de financement adaptés et le développement de partenariats durables.
L’objectif est de consolider un environnement institutionnel et organisationnel favorable à une meilleure fourniture des services d’assainissement.
Issa Sissoko a présenté cette rencontre comme une occasion de rapprocher les acteurs, de confronter leurs expériences et de construire des réponses communes aux difficultés rencontrées sur le terrain.
Durant ces quatre jours, les échanges doivent contribuer à une meilleure appropriation de la Politique nationale d’assainissement et à sa traduction en actions coordonnées dans le district de Bamako. L’enjeu est de mieux articuler les responsabilités et les moyens d’intervention pour améliorer durablement le cadre de vie des populations.
ST/KM (AMAP)

