Bamako, 24 octobre (AMAP) De la conception au deuxième anniversaire, les 1000 premiers jours façonnent le développement de l’enfant et influencent sa santé future. De point de vue des experts scientifiques avertis, ces 1 000 premiers jours constituent une fenêtre d’opportunité pour agir sur le développement physique, cognitif et psychomoteur de l’enfant. C’est aussi une période durant laquelle la prévention peut limiter certains risques pour la santé à long terme.

De l’avis du Dr Mamadou Traoré, pédiatre praticien au Centre de santé de référence (CSRéf) du quartier Mali, l’enjeu dépasse la seule santé infantile : il concerne aussi celle des adultes de demain. Selon le spécialiste, pendant 280 jours de grossesse soit 09 mois, la santé de la mère, son alimentation et ses conditions de vie influencent le développement du fœtus. D’où la nécessité, réitère le toubib, de placer la femme enceinte au cœur des priorités.

Rôle essentiel de l’alimentation, des soins et de l’environnement, de la grossesse aux 2 ans

Des explications de notre interlocuteur, de la grossesse aux deux ans de vie, l’alimentation, les soins, l’environnement familial et la stimulation jouent un rôle essentiel dans la construction du capital-santé. « On aurait changé le visage de notre nation si on se concentre sur les 1000 premiers jours de l’enfant » assure le pédiatre, qui pense que tout se joue durant cette période.

De l’avis de ce dernier, une alimentation équilibrée, un suivi médical régulier, du repos et un environnement familial protecteur sont autant de facteurs favorables à une grossesse dans de bonnes conditions.

Poursuivant l’interviewé a laissé entendre qu’à l’inverse, les violences conjugales, le stress important et les carences nutritionnelles peuvent compromettre le bien-être de la mère et affecter le développement de l’enfant. A cet égard il estime que, le soutien du conjoint, de la famille et de la communauté apparaît ainsi comme un élément important de la prévention.

« Chaque parent doit avoir la notion de ces milles premiers jours pour changer le devenir immédiat et à long terme de la vie de son enfant » a-t-il insisté.

Selon le pédiatre, de la naissance à six mois, est une période très susceptible, car l’enfant ne doit prendre que le lait maternel et des interactions régulières avec les parents est recommandé. Et de six à 24 mois, une nouvelle étape s’ouvre avec l’introduction progressive d’aliments complémentaires. De l’avis du spécialiste, cette transition est cruciale : des repas insuffisants, peu variés ou inadaptés aux besoins de l’enfant peuvent favoriser la malnutrition et compromettre sa croissance.

Première période du développement de l’enfant commence dès la grossesse

En effet, selon des scientifiques, seuls 20 % de notre santé seraient liés aux germes, tandis que les 80 % restants seraient influencés par notre mode de vie. La première période du développement de l’enfant commence dès la grossesse. Elle est marquée par la formation des organes, une étape appelée embryogenèse, qui se déroule principalement au cours des trois premiers mois de la grossesse. Durant cette période, tout problème de santé chez la mère peut perturber le développement de l’embryon et entraîner des malformations ou des anomalies du fonctionnement de certains organes.

À partir du quatrième mois et jusqu’à la naissance, le fœtus entre dans une phase de croissance au cours de laquelle il grandit et prend du poids. Il précise qu’en ce moment la tête est le plus grand consommateur de calorie. Selon le pédiatre, les besoins essentiels de l’enfant reposent notamment sur trois piliers : une alimentation adaptée, une stimulation cognitive et psychomotrice adéquate, ainsi qu’une bonne hygiène. « Si ces trois éléments sont assurés pendant les mille premiers jours, l’enfant posera moins de problèmes de santé et, à l’âge adulte, il développera également moins de maladies », rassure le Dr Traoré.

Hygiène de vie

À partir du quatrième mois et jusqu’à la naissance, le fœtus entre dans une phase de croissance au cours de laquelle il grandit et prend du poids. Il précise qu’en ce moment la tête est le plus grand consommateur de calorie.

Selon le pédiatre, les besoins essentiels de l’enfant reposent notamment sur trois piliers : une alimentation adaptée, une stimulation cognitive et psychomotrice adéquate, ainsi qu’une bonne hygiène. « Si ces trois éléments sont assurés pendant les mille premiers jours, l’enfant posera moins de problèmes de santé et, à l’âge adulte, il développera également moins de maladies », rassure le Dr Traoré.

En effet, l’hygiène de vie et l’hygiène alimentaire jouent également un rôle capital dans le développement de l’enfant. Elles concernent notamment les comportements des parents et l’environnement dans lequel évolue la future mère. Le stress doit être pris en charge autant que possible, tandis qu’un sommeil suffisant et des périodes de repos supplémentaires, notamment le matin et l’après-midi, sont recommandés. L’hygiène alimentaire implique, quant à elle, le respect des règles de propreté et de conservation des aliments. L’alimentation de la femme enceinte doit faire l’objet d’une attention particulière : elle doit être suffisante, équilibrée et variée. Une femme enceinte souffrant de malnutrition risque de donner naissance à un enfant présentant, lui aussi, des déficits nutritionnels. Si cet enfant reste mal nourri au cours de sa croissance, il risque de connaître des problèmes de santé et de transmettre, indirectement, les conséquences de la malnutrition à la génération suivante. C’est ce que l’on appelle le cycle intergénérationnel de la malnutrition.

Hygiène corporelle

Les conséquences d’une mauvaise nutrition pendant la vie fœtale peuvent se manifester à long terme. Notamment par un risque accru de maladies chroniques telles que le diabète, l’hypertension artérielle et l’obésité. « Il faut s’intéresser à l’alimentation de la jeune fille. Faire en sorte qu’elle puisse manger correctement, équilibré et varié » insiste le pédiatre.  Pour lui, c’est un moyen de lui garantir une grossesse sans problème.

Aussi, poursuit notre interlocuteur, avant le mariage, la jeune fille peut être mise sur acide folique pendant trois mois pour éviter tous les petits problèmes neurologiques ou de malformation et une bonne l’hygiène corporelle, environnementale est essentiel.

S’agissant de l’alimentation du bébé, le spécialiste recommande la mise au sein dans l’heure qui suit l’accouchement. « Cet allaitement doit être régulier, en donnant un sein après l’autre. Il faut toujours vider un sein avant de passer à l’autre et ne rien donner d’autre que le lait maternel. La stimulation cognitive est également importante et doit commencer dès la grossesse », détaille-t-il.

Selon le pédiatre, l’enfant commence à entendre à partir de la 21ᵉ semaine de grossesse. C’est pourquoi, il recommande aux parents de pratiquer une stimulation physique, en chatouillant le ventre de la mère, par exemple, afin de favoriser le développement du cerveau de l’enfant.

« Une grossesse au cours de laquelle une telle stimulation a été pratiquée permettra de mettre au monde un enfant qui aura naturellement de nombreuses connexions neuronales dans son cerveau et qui deviendra intelligent », confirme-t-il, avant d’ajouter que le cerveau de l’enfant peut établir jusqu’à mille connexions neuronales par seconde.

FN/KM (AMAP)

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