Bamako, 19 octobre (AMAP) Le manque d’électricité fiable et abordable freine les ambitions des pays africains de transformer localement leurs ressources minières, malgré l’intérêt croissant des investisseurs, selon Reuters, ce lundi.
De la bauxite en Guinée au lithium au Zimbabwe, les gouvernements misent sur des incitations fiscales et des restrictions à l’exportation pour développer les activités de transformation. La Société américaine de financement du développement international (DFC) et l’Africa Finance Corporation (AFC) soutiennent plusieurs projets sur le continent.
En Guinée, trois raffineries d’alumine sont en construction. Les autorités visent cinq installations d’ici à 2030, avec une capacité annuelle totale de 7 à 8 millions de tonnes, avant de développer la production d’aluminium.
Le pays produit environ 1 000 mégawatts d’électricité, essentiellement hydraulique, alors que ses besoins pour l’industrialisation sont estimés entre 5 000 et 10 000 mégawatts, selon Daouda Diakité, conseiller du ministre guinéen des Mines.
« Le principal problème concerne les infrastructures et l’énergie, surtout l’énergie », a-t-il déclaré, évoquant la recherche d’investissements dans différentes solutions énergétiques.
En Afrique du Sud, la hausse des coûts de l’électricité a contribué à la fermeture de nombreuses fonderies de ferrochrome. Moins de 12 des 66 installations du pays seraient encore en activité, selon Mzila Mthenjane, directeur général du Minerals Council South Africa. Au Mozambique, le groupe South32 a placé son usine d’aluminium en maintenance après une sécheresse ayant affecté l’approvisionnement électrique.
Les acteurs du secteur identifient quatre conditions pour attirer les investissements dans la transformation minière : un approvisionnement régulier en matières premières, une énergie fiable, la stabilité des politiques publiques et des acheteurs engagés. L’accès au financement constitue également un enjeu majeur pour ces projets industriels coûteux.
OS/KM(AMAP)

