Mopti, 16 octobre (AMAP) Pour la campagne agricole 2026-2027, la région de Mopti s’est fixée un objectif prévisionnel d’emblaver 433 881 ha de superficie pour une production contributive à l’atteinte de l’objectif national de 813032 tonnes de céréales, toutes spéculations confondues soit 6,82%.

A la date du 10 septembre 2026, les réalisations d’emblavures globalement jugé satisfaisante dans l’ensemble sont estimés à 410 778 hectares, soit 90,79 % des objectifs de 2026 contre 467 740   hectares enregistrés l’an passé à la même période.

Malgré cette volonté affichée des producteurs, l’encadrement technique et les partenaires qui accompagnent la région pour honorer les engagements de production, la campagne est à la croisée de multiples défis, risquant de bouleverser les résultats attendus.

Ces difficultés ont pour nom, l’insuffisance et la mauvaise répartition des pluies dans le temps et l’espace, la faible crue au niveau des fleuves, la réticence de certains gros fournisseurs retenus pour la région, dans le cadre de la subvention par rapport à la livraison des intrants, et la crise d’hydrocarbure.

Ces facteurs ayant entraîné un retard dans l’installation des pluies avec des poches de sécheresse qui ont affecté les semis et leur développement, la région de Mopti a observé un démarrage peu favorable de la campagne partout dans la circonscription. Cette situation déjà critique et qui continue d’influencer négativement la campagne est exacerbée par un déficit de la crue avec un niveau d’eau largement inférieur à la précédente campagne.

Le démarrage tumultueux de la campagne dû à l’irrégularité prolongée des pluies, des poches de sécheresse enregistrées partout dans la région et aux moments cruciaux d’installation et de développement des cultures ont certainement compromis les résultats escomptés concernant les cultures sèches (mil, maïs, sorgho, fonio) et les légumineuses. C’est le constat établi par le directeur régional de l’agriculture de Mopti, Yéhiya Alhousseini Maiga, à l’issue d’une mission de supervision effectuée le 9 septembre. Cette mission de supervision s’est rendue à Sofara  et dans les villages de Barbé, Ornion et Barigo-Daga dans le cercle de Mopti . Avec comme objectif d’être plus près des réalités du terrain pour un suivi rapproché de la progression de l’hivernage, la mission a visité des champs et échangé avec les producteurs et l’encadrement de proximité.

Si l’observation générale de cette mission laisse apprécier la campagne pas bonne par rapport aux perspectives qui se dessine quant aux cultures sèches, l’optimisme reste de mise chez le directeur régional par rapport à la riziculture. Selon lui, la région est une zone de riziculture par excellence qui occupe environ 75% de la production céréalière. Pour cette campagne 2026 en riziculture la région à un objectif de 221 938 ha pour une production attendue de 617 782 tonnes. Au 10 Septembre 2026, les réalisations de riz, tous systèmes confondus, s’élèvent à 190 647 ha, soit un taux d’exécution de 85,90 % des objectifs fixés. À la même période de la campagne précédente (2025), les superficies réalisées étaient de 200 549 ha, représentant un taux de 93,90 % des objectifs. Au dire du directeur régional de l’agriculture, si ces emblavures bénéficient de la clémence de la crue, de l’offre de la subvention des fertilisants et de la disponibilité du carburant pour une irrigation idoine des périmètres la campagne en riziculture sera sauvée.

Selon le bulletin décadaire de suivi des cultures d’hivernage du 1er au 10 Septembre 2026, le cumul pluviométrique saisonnier enregistré depuis le 1er Mai, a été inférieure au niveau des cercles de la région par rapport à celui de l’an passé à la même période sauf à Toguéré-Coumbé ou il a été supérieur. Il a été largement déficitaire à Djenné, Korientzé et Youwarou.

La situation hydrologique est marquée par la poursuite de la montée timide de la crue sur le Niger et le Bani.  A la date du 23 Septembre 2026 le niveau de la crue enregistré par les services de l’hydraulique est de 5,02m contre 6,35m en 2025 à la même période à la Station – Mopti et de 4,16m contre 6,06m en 2025 à celle de Sofara. Ce qui représente en moyenne une montée de près de 1.7 cm par jour.

Accès aux intrants

Il est de nos jours révélé que les intrants jouent un rôle prépondérant dans l’amélioration de la production agricole. Cependant, malgré  les efforts leurs acquisition est un parcours de combattant. Pour cette campagne 2026, la région a dans le cadre de la subvention reçu une allocation de 7 798,40 tonnes d’engrais (dont 1698,40 t d’engrais organique). Les fournisseurs retenus au nombre de 6 pour la région sont : TOGUNA Agro-Industrie qui détient la plus grosse part des attributions régionales avec 3 591 tonnes (58,8 %), suivi de SOSAMAT, Maïga Alhousseini, Planète Distribution, Riz Lac Débo et DPA. Pour l’initiative de subvention, les inscriptions des bénéficiaires au niveau de la région ont porté sur 219 355 producteurs dont 47 125 femmes soit 21,48 %.

Malgré les notifications des quotas et la mise en place des mécanismes de gestion des engrais, les efforts de l’état manque de soutien des fournisseurs entraînant des difficultés d’approvisionnement des producteurs. Selon la note technique de la DRA, seul le fournisseur SOSAMAT a constitué des stocks à ce jour, à hauteur de 217 tonnes d’Urée (17 t à Konna et 200 t à Youwarou).

Les distributions effectives s’élèvent à 86,25 tonnes d’Urée au niveau régional, réparties entre Youwarou (69,25 t) et Konna (17 t). Cette situation fait que la région enregistre un très faible taux global de distribution d’engrais minéraux, représentant seulement 1,10 % des quantités attribuées. Selon le directeur régional, conformément au mécanisme de gestion des engrais, la délivrance des autorisations pour le NPK et les engrais organiques a pris fin le 15 août 2026 elle se poursuit pour l’urée.

SITUATION PHYTOSANITAIRE  

Au 10 septembre 2026, la situation phytosanitaire selon les techniciens demeure globalement calme.

Malgré le contexte difficile de déroulement de la campagne, les travaux d’entretien des cultures et le repiquage du riz se poursuivent activement sur le terrain.

En avis conseils, il est demandé aux producteurs de poursuivre la recherche des intrants (engrais, herbicides etc.) de qualité, de participer aux échanges, formations visant à renforcer leur capacité en maîtrise des itinéraires techniques de production et de suivre les bulletins d’information et d’assistance agro météorologique.

En conclusion, le directeur régional de l’agriculture de Mopti, Yéhiya Alhousseini Maïga a salué les efforts louables consentis par les pouvoirs publics maliens pour le développement de l’agriculture afin d’assurer l’autosuffisance alimentaire dans le pays.

Il a invité les fournisseurs d’intrants retenus pour la région à accompagner les prouesses de l’Etat pour booster la productivité et la production agricole.

 DC/KM (AMAP)

 

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