Bamako, 15 octobre  (AMAP)  La juriste sud-africaine Navanethem « Navi » Pillay a été désignée lauréate du prix Nobel de la paix 2026 pour ses efforts en faveur de la paix et du droit international, selon la motivation du Comité Nobel norvégien.

Née le 23 septembre 1941 à Durban, en Afrique du Sud, Navi Pillay a consacré une grande partie de sa carrière à la défense des droits humains et au développement de l’ordre juridique international. Issue d’une famille d’ascendance tamoule indienne, elle a commencé par défendre des militants opposés à l’apartheid avant de fonder son propre cabinet d’avocats en 1967.

Après des études de droit à Harvard, où elle a obtenu un doctorat en sciences juridiques en 1988, elle a été nommée à la Haute Cour d’Afrique du Sud en 1995. En 1999, elle est devenue juge puis présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

À ce poste, elle a contribué à faire reconnaître que les violences sexuelles et le viol, ainsi que la diffusion de propagande, pouvaient conduire à des poursuites pour crimes contre l’humanité et génocide. Elle a ensuite siégé comme juge à la Cour pénale internationale (CPI).

De 2008 à 2014, Navi Pillay a occupé les fonctions de Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Elle a également présidé, de 2021 à 2025, la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations unies sur le territoire palestinien occupé. En 2019, elle est devenue juge ad hoc à la Cour internationale de Justice (CIJ) dans l’affaire où le Myanmar est accusé de génocide.

Contexte

Le Comité Nobel norvégien a souligné le rôle de Navi Pillay dans le développement d’un système juridique international, mettant en avant sa rigueur judiciaire, son intégrité personnelle et son courage.

Dans un contexte marqué par la multiplication des guerres et des conflits, ainsi que par des attaques politiques contre les juges et les institutions du droit international, le Comité a voulu rappeler que le règlement pacifique des différends repose sur le respect de l’État de droit à l’échelle internationale.

Pour le Comité, un système juridique capable de traduire en justice les responsables de crimes de guerre et d’assurer justice aux victimes constitue une condition préalable à un monde pacifique.

OS/KM (AMAP)

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