Bamako, 13 octobre (-AMAP) Le Mali a célébré, le lundi 11 octobre 2026, la 15e édition de la Journée internationale de la fille, a constaté l’AMAP.

Placée sous le thème international « Mettre fin au mariage d’enfants et investir dans les droits des filles », la commémoration a mis l’accent, au plan national, sur l’éducation et la culture comme leviers de protection des droits des filles.

La cérémonie était présidée par la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diarra Djeneba Sanogo. Elle s’est tenue en présence de représentants de l’UNICEF, de Plan International Mali, du Parlement des enfants, ainsi que d’artistes et d’acteurs engagés dans la sensibilisation.

Un appel à l’action urgente

Dans son allocution, la ministre a rappelé que la Journée internationale de la fille avait été instituée par l’Assemblée générale des Nations unies à travers la résolution n° 66/170 du 19 décembre 2011. Elle a estimé que le thème retenu constitue un appel à l’action urgente contre le mariage des enfants.

Selon elle, plus de 12 millions de filles sont mariées chaque année dans le monde avant d’avoir atteint l’âge adulte. Cette situation, a-t-elle expliqué, compromet leur accès à l’éducation, menace leur santé, les expose aux violences et réduit leurs perspectives d’avenir.

Le thème national, « Investir dans l’éducation et la culture pour une meilleure sensibilisation sur les conséquences du mariage d’enfants et la promotion des droits de la fille », vise à promouvoir un environnement sûr et protecteur pour les filles. La ministre a insisté sur le rôle des valeurs éducatives et culturelles positives dans la prévention des violences et du mariage précoce.

L’éducation au cœur de l’année 2026

Mme Diarra Djeneba Sanogo a également relié cette célébration à l’année 2026, décrétée année de l’éducation et de la culture. Elle a indiqué que cette orientation s’inscrit dans la vision du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, de bâtir une société responsable, consciente de ses valeurs et tournée vers l’avenir.

La ministre a salué les interventions des enfants, des artistes de la troupe Nyamakoro et des partenaires présents. Elle a assuré que les doléances exprimées par les filles ont été prises en compte dans les recommandations des États généraux sur la situation de la femme, de l’enfant et de la famille.

Ces recommandations portent notamment sur des mesures législatives favorisant l’accès, le maintien et l’achèvement de la scolarité des filles, la formation des adolescentes en santé de la reproduction, ainsi que le renforcement des mécanismes communautaires d’information et de sensibilisation.

« Les filles sont des leaders »

La représentante du représentant résident de l’UNICEF au Mali, Fosca Giulidori, a salué les efforts du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, de la société civile, des leaders communautaires et religieux, ainsi que des familles en faveur des droits des enfants et des filles.

Elle a rappelé que les filles ne sont pas seulement des bénéficiaires des actions menées en leur faveur, mais aussi des leaders, des innovatrices et des partenaires indispensables. « Vos voix comptent, vos idées et vos rêves comptent », a-t-elle déclaré aux filles maliennes, en les invitant à exprimer leurs opinions et à croire en leurs capacités.

Fosca Giulidori a appelé à un engagement collectif renouvelé pour mettre fin au mariage d’enfants et faire de l’éducation et de la culture de véritables moteurs de transformation sociale. « Lorsque nous éduquons une fille, nous renforçons une famille. Lorsque nous protégeons une fille, nous renforçons une communauté », a-t-elle affirmé.

La voix des enfants

La présidente par intérim du Parlement des enfants, Mlle Rokia Camara, a rappelé que le 11 octobre ne se limite pas à une date symbolique. Selon elle, cette journée rappelle que chaque fille a des projets spécifiques qui doivent être intégrés dans les politiques et programmes de développement.

Elle a remercié la ministre pour la place accordée aux droits des enfants et des filles lors des États généraux sur la situation de la femme, de l’enfant et de la famille. Elle a également exprimé l’espoir que le plan décennal de mise en œuvre des recommandations soit effectivement appliqué.

Mlle Camara a aussi salué les actions de renforcement du centre de formation professionnelle Awa Keïta, susceptibles de favoriser la réinsertion socioprofessionnelle des filles déscolarisées et non scolarisées.

La célébration s’est notamment achevée par la lecture et la remise d’une note de plaidoirie consacrée à la protection des filles et des enfants.

ST/KM (AMAP)

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