Bamako, 23 septembre (AMAP) Tiémoko Traoré, fondateur et Directeur de Publication du journal du journal « Le Pouce », est décédé dans la nuit de lundi à mardi, à Bamako, des suites d’une maladie à 74 ans, a appris l’AMAP de source proche de sa famille.
Il a été directeur de publication du journal « Soir de Bamako » et « Nouvel Horizon » avant de lancer son journal « Le Pouce ». Journaliste et homme de terrain Tiémoko que la jeune génération appelle le doyen avait été admis au Centre hospitalier–universitaire (CHU) du Point G, suite à un malaise ressenti dans la nuit de lundi à mardi. Il a couvert plusieurs évènements de la présidente de l’époque, Lobbo Traoré et du ministre de la Santé sous l’ère ATT, Ibrahim Oumar Touré tant à Bamako qu’à l’intérieur du pays.
Tiémoko Traoré ne jouait pas au professeur de morale avec les jeunes journalistes, mais il n’hésitait à recadrer un écart de langage, un comportement indigne du journaliste ou une « attitude de prédateur » lors des évènements à couvrir par la presse. Il avait le patriotisme chevillé au corps.
Beaucoup de jeunes journalistes sont passés entre ses mains dans son bihebdomadaire paraissant les lundi et vendredi de la semaine. Il leur a transmis la passion du journalisme, le sens de l’humilité, le gout du respect de la déontologie et de l’éthique. Il a toujours souhaité que «ses élèves» se déprennent de lui un jour et volent de leurs propres ailes dans la profession.
La perte brutale de ce journaliste, doublé d’un homme profondément humain, a été lourdement ressentie dans le monde de la presse. Le journaliste Amadou Sidibé a expliqué avoir devisé avec le doyen Tiemoko vendredi dernier au cours d’une cérémonie à l’hôtel Sheraton. Il avait remarqué que le doyen n’avait pas son entregent des autres jours et comme une sorte de prémonition, il lui présenta sa fille Maya Traoré (journaliste aussi) et lui expliqua que c’est elle qui prendra bientôt les rênes de son journal.
Tiémoko Traoré a pratiqué des hommes politiques qui lui vouaient estime et respect pour son professionnalisme, son sens de la responsabilité, mais aussi pour la finesse de ses analyses, l’énergie et la conviction qu’il mettait à écrire ses croustillants éditos et surtout les grandes idées qu’il exprimait avec des mots simples. Il était de ceux qui ont le génie de la simplicité. L’ancien ministre de la Santé, Oumar Ibrahim Touré, a témoigné de son admiration pour le doyen. C’est un homme formidable, une bonne personne tout simplement confesse cet ancien ministre d’un gouvernement du défunt Président Amadou Toumani Touré.
Tiémoko a été accompagné à sa dernière demeure par une foule de parents, d’amis (dont de nombreux anciens ministres, des journalistes et des hommes politiques) ainsi que des collaborateurs. Il laisse derrière lui une épouse, des enfants et une grande fratrie inconsolable.
L’Agence Nationale de Presse du Mali salue la mémoire de l’illustre disparu et présente toutes ses condoléances à sa famille, à ses amis, collaborateurs et à Maison de la Presse. Dors en paix doyen.
BD/KM (AMAP)
