Bamako, 28 juillet (AMAP) Le gouvernement tchadien a annoncé lundi avoir engagé la procédure de retrait de la Cour pénale internationale (CPI), estimant que le bilan de l’institution est « limité et inégal » et dénonçant une « sélectivité incontestable » dans le choix des pays faisant l’objet de ses enquêtes.
Dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement, Gassim Cherif, a indiqué que cette décision fait suite à « un examen approfondi du fonctionnement de la Cour pénale internationale depuis le début de ses activités en 2002, ainsi que de son bilan, dont l’efficacité demeure limitée et inégale selon les régions ».
Le gouvernement a précisé avoir officiellement notifié au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, sa décision de se retirer du Statut de Rome, traité fondateur de la CPI.
Selon le communiqué, N’Djamena reproche à la Cour de concentrer l’essentiel de ses investigations sur les pays africains. Les autorités tchadiennes soulignent que, sur les 13 enquêtes ouvertes par la CPI depuis sa création, neuf concernent des pays africains contre quatre dans le reste du monde. Elles relèvent également que, parmi les sept personnes actuellement détenues par la Cour, six sont poursuivies dans des affaires liées à des situations africaines.
« Nous pensons que la CPI est devenue un outil de domination, un instrument du néocolonialisme », a déclaré Gassim Cherif, ajoutant que le retrait du Tchad s’inscrit dans « une vision plus large et panafricaine ».
Le Tchad devient ainsi le dernier pays africain à annoncer son intention de quitter la CPI, après le Niger, le Mali et le Burkina Faso, qui avaient fait une annonce similaire en septembre dernier.
Conformément à l’article 127 du Statut de Rome, le retrait prendra effet un an après la réception de la notification par les Nations unies.
La Cour pénale internationale, entrée en fonction en 2002, est chargée de poursuivre les auteurs présumés de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et du crime d’agression. Depuis plusieurs années, certains États africains dénoncent un ciblage disproportionné du continent par la juridiction.
En 2017, le Burundi est devenu le premier pays à se retirer effectivement de la CPI, accusant également la Cour de viser principalement les dirigeants africains. En 2016, l’Afrique du Sud et la Gambie avaient annoncé leur intention de quitter l’institution, mais ces procédures n’avaient finalement pas abouti.
Cette annonce intervient également dans un contexte de critiques croissantes à l’égard de la CPI. Le Venezuela a notifié vendredi dernier son intention de se retirer de la Cour, invoquant un « biais géographique » à l’encontre des pays du Sud global. Il est à noter également que les États-Unis, ne sont pas membres de la CPI.
OS/KM (AMAP)

