Le témoignage d’un journaliste de l’AMAP, ancien représentant de l’AMAP à Kayes, Bandé Moussa Sissoko, sur Ouka Ba rappelé à Dieu vendredi dernier.

« L’Humain », l’Homme de la presse et de la Culture, écrivain et grand serviteur de l’État! Ces qualificatifs suffisent, même s’ils peuvent paraître restrictifs, pour décrire notre collègue Ouka Ba, un grand passionné de l’écriture et de la culture. Son décès survenu  vendredi à Bamako constitue une grande perte, non seulement pour notre pays, mais aussi pour le monde de la presse et de la culture.

Nos regards se sont croisés lors d’une de ses missions : Ouka était membre de la Croix Rouge.

En tant que correspondent de l’AMAP (Agence Malienne de Presse et de publicité) à Diéma, Ouka a valablement accompli sa mission. Comme l’a souligné notre collègue Moussa Diarra, ancien Directeur de l’Agence Nationale de Presse, l’une des directions techniques de notre établissement, Ouka sortait très souvent des sentiers battus, pour réaliser des reportages et des enquêtes sur la vie quotidienne des populations du Cercle de Diéma. Il a écrit des articles, notamment sur le coq imaginaire (Juin 2026), le vestibule (2019) et d’autres traditions qui sont en voie de disparition. Ouka faisait aussi le portait des citoyens qui marquaient la vie de sa circonscription.  Notre correspondant a beaucoup impressionné ses collègues par sa manière de relater des pans de notre riche tradition, en particulier, et de notre patrimoine culturel, en général. Il ne se lassait jamais d’évoquer des sujets, qui pourraient paraître « anodins ».

C’est un homme qui avait le sens de l’écoute et qui suivait les conseils de ses collègues, notamment sa hiérarchie. Il n’hésitait pas à demander l’avis d’un collègue avant d’aborder un sujet de reportage ou d’enquête. Et, il se faisait relire par ses pairs.

Votre serviteur a largement bénéficié de sa disponibilité lors d’un reportage sur l’esclavage par ascendance dans le Cercle de Kéniéba, un sujet très sensible. Mais, grâce à notre professionnalisme, on a su convaincre le Préfet de l’époque qui s’est aussitôt mis à notre disposition pour des besoins d’information. Et puis, l’ordre de mission avait mis le représentant de l’Etat à l’aise. Ouka a assisté votre serviteur durant toutes les étapes lors de la phase de collecte de l’information. Les interlocuteurs ciblés (légitimités traditionnelles, les protagonistes se sont tous prêtés à nos questions. Le reportage s’est bien déroulé, parce qu’Ouka Ba a été un bon collaborateur. En dépit des risques, on a visité un village concerné par le problème. Même, si la chefferie traditionnelle et les protagonistes évoquaient tous la tradition pour justifier leur position par rapport à la question.

Ouka a produit beaucoup de livres ce qui l’a propulsé en 2024 au poste de représentant de l’Association des écrivains du Mali et de la diaspora dans la région de Nioro. Il m’avait proposé pour un poste similaire dans la région de Kayes. Il participait fréquemment aux grandes rencontres des écrivains du Mali à Bamako. C’est lui qui a corrigé la préface du roman « Mariage à Distance » de notre consœur Aoua Sylla de Kayes.

Ouka ba entretenait d’excellents rapports avec l’administration, les collectivités locales et les communautés de son cercle. Et certaines associations et ONG n’hésitaient pas à équiper le bureau local de l’AMAP. Une manière pour elle d’exprimer leur reconnaissance à ce correspondant de presse de l’AMAP et de l’ORTM (Office de Radiodiffusion Télévision du Mali) qui donnait beaucoup plus de visibilité au Cercle de Diéma, à travers ses articles et ses productions audio-visuelles.

Ouka Ba était un grand bosseur qui respectait les consignes de ses chefs, notamment le Directeur Général, Alassane Souleymane, et l’actuel Directeur de l’Agence Nationale de Presse, Kader Maiga.

Bandé Moussa Sissoko (AMAP)

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