Ouverture d’une enquête judiciaire après la destruction d’un drone malien à Tinzawatène (Communiqué)

Bamako, 10 avr (AMAP) « Une information judiciaire a été ouverte pour des faits graves d’association de malfaiteurs, d’actes de terrorisme, de financement du terrorisme, de détention illégale d’armes de guerre et de munitions, ainsi que de complicité », a annoncé le Procureur de la République du Pôle judiciaire spécialisé de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, Amadou Bocar Touré. Dans un communiqué publié, mardi, le Procureur Touré, infdique que cette « décision fait suite à la destruction, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, d’un drone » des Forces Armées et de sécurité du Mali, immatriculé TZ_98D, à Tinzawatène, dans le Cercle d’Abeibara (Région de Kidal),dans le Nord du pays, ainsi que rapporté le gouvernement de la Transition et le Collège des chefs d’États de la Confédération des États du Sahel (AES). « L’objectif est de faire toute la lumière sur ces événements, d’identifier et d’interpeller les présumés auteurs, coauteurs et complices afin qu’ils répondent de leurs actes devant la justice », a précisé le Procureur. Il a, également, assuré que des informations supplémentaires seront communiquées « en temps opportun » à mesure que les investigations progresseront. En outre, Amadou Bocar Touré a lancé un appel à la population pour  « la collaboration de tous pour fournir toute information utile à (ses) services, en lien avec les autres autorités compétentes. » OS/MD (AMAP)

Coopération : Le Japon finance huit projets à 6,6 milliards de Fcfa pour la résilience et le développement durable au Mali

Bamako, 9 avr (AMAP) Le Japon a officialisé, mercredi, à Bamako, le financement de huit projets pour un montant global de 10 650 000 dollars US soit environ 6,6 milliards de Fcfa à mettre en œuvre par certaines agences onusiennes et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dans le cadre de son budget supplémentaire pour l’année 2024-2025, ont annoncé l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon au Mali, Murata Yukuo, et le  Coordonnateur résident, par intérim, du système des Nations Unies, Représentant résident du Programme des Nations unies pour le developpment (PNUD) au Mali, Maleye Diop. Lors d’une conférence de presse conjointe organisée à la Maison commune des Nations Unies, à Badalabougou, en présence des représentants résidents des organisations internationales récipiendaires, les conférenciers ont indiqué que cette enveloppe s’inscrit dans le cadre de la coopération multilatérale japonaise visant à répondre aux défis pressants du Mali en matière de sécurité humaine, d’assistance humanitaire et de développement socio-économique. Les huit projets concernent, le  renforcement de la durabilité dans le secteur du textile à travers le partenariat avec le secteur privé, la construction de pistes agricoles et de réservoirs d’eau, de canaux d’irrigation en utilisant un agent spécial de durcissement du sol développé au Japon, la stabilisation comme réponse multisectorielle aux femmes et jeunes déplacés dans les régions du Centre du Mali et le  renforcement de la résilience et de la cohésion sociale (routes, conservation du sol, moyens de subsistance inclusifs dans la zone péri-urbaine de Bamako). Outre la réponse aux besoins urgents et transnationaux des communautés affectées dans les Régions du Nord, du Centre et du Sud du pays, le financement couvre également les volets assistance alimentaire et nutritionnelle d’urgence aux populations vulnérables au Mali, la protection et l’assistance aux réfugiés, aux personnes déplacées internes et communautés d’accueil au Mali. Le financement japonais couvre aussi les activités d’urgence et de réhabilitation pour le Mali. Le coordonnateur résident par intérim du système des Nations unies et représentant résident du PNUD au Mali, Maleye Diop, a salué « l’engagement exceptionnel du gouvernement japonais en faveur du Mali. » Selon lui, cet évènement est une preuve tangible de cet engagement et « démontre concrètement la volonté du Japon d’accompagner les efforts du gouvernement pour un développement durable du Mali. » Pour le représentant résident du PNUD au Mali, « cet appui financier constitue une contribution essentielle pour renforcer la résilience des communautés maliennes face aux multiples défis auxquels elles sont confrontées. » Il a ajouté que ces projets seront mis en œuvre, par des agences, fonds et programmes des Nations unies. Notamment le Programme des nations unies pour le développement (PNUD), le Bureau international du travail (BIT), le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Haut commissariat des nations unies pour les réfugiés (UNHCR), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Les projets appuyés par ce financement du Japon couvrent, l’assistance humanitaire pour les populations vulnérables, afin de répondre aux urgences, le soutien à l’entrepreneuriat et à l’innovation, avec l’introduction et la vulgarisation de technologies japonaises innovantes, le renforcement des capacités locales », a expliqué Maleye Diop. Selon une note d’information remise à la presse, à travers cet engagement financier, « le Japon réaffirme sa volonté de contribuer activement à la protection des populations, à la consolidation de la paix et au développement socio-économique durable du Mali. » Selon le conférencier, « ce financement ne se limite donc pas à une simple aide ponctuelle, mais vise à renforcer les capacités locales, permettant ainsi aux communautés maliennes de développer des solutions durables et pour renforcer l’appropriation nationale et leur autonomie. » « Je salue tout d’abord les énormes efforts consentis par le gouvernement de Transition du Mali pour alléger la souffrance des populations. Malgré tout cela, la situation sécuritaire et humanitaire demeure toujours préoccupante, surtout dans les Régions du Centre et du Nord du pays », a introduit l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon au Mali. Selon le diplomate japonais, en vue d’accompagner ces efforts, son pays finance, chaque année sur son budget supplémentaire, et cela depuis 2013, dans le cadre de sa coopération multilatérale, certains projets initiés par certaines organisations internationales. Et c’est dans cette logique que le gouvernement du Japon a approuvée, le 17 décembre dernier, le financement des huis projets initiés dans divers domaines par les organisations internationales. « Cet événement est très significatif pour notre coopération de par la qualité des acteurs concernés et l’impact positif que pourraient avoir ces projets », a indiqué Murata Yukuo. Financés, sous forme de don, la réalisation de ces projets permettra de faire face aux défis urgents et imprévisibles qu’affronte le peuple malien par la stabilisation de la situation humanitaire et sécuritaire, selon l’ambassadeur. BBC/MD (AMAP)

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 09 avril 2025

Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 09 avril 2025, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du général d’Armée Assimi GOITA, président de la Transition, chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : –  adopté des projets de texte ; –  et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, le Conseil des ministres a adopté des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation, aux modalités de fonctionnement et au cadre organique de la Direction générale de l’Administration pénitentiaire. La Direction nationale de l’Administration pénitentiaire et de l’Education surveillée a été créée par l’Ordonnance n°90-30/P-RM du 1er juin 1990 avec pour mission d’élaborer la politique nationale dans le domaine pénitentiaire et de l’éducation surveillée, d’assurer la coordination et le contrôle des services rattachés qui concourent à la mise en œuvre de ladite politique. Son organisation, les modalités de son fonctionnement ainsi que son cadre organique sont fixés respectivement par le Décret n°90-232/P-RM du 1er juin 1990 et le Décret n°04-585/P-RM du 1er décembre 2004. L’application de ces textes a révélé l’inadaptation des mécanismes de gestion et de fonctionnement de l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée à la spécificité de ses besoins et de ses missions avec l’apparition de nouveaux défis tels que le terrorisme, la criminalité transnationale, la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent, la promotion ainsi que le respect des droits humains en milieu pénitentiaire. Les projets de texte, adoptés, érigent la Direction nationale de l’Administration pénitentiaire et de l’Education surveillée en Direction générale de l’Administration pénitentiaire, recentrent ses missions pour une meilleure prise en charge des problèmes liés à la détention des personnes et prévoient l’effectif du personnel nécessaire à son fonctionnement pour les 5 prochaines années. Sur le rapport du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation et aux modalités de fonctionnement de l’Université de Kayes. Le Mali a, depuis son accession à l’indépendance, de nombreuses réformes de l’Enseignement en vue d’améliorer la qualité de l’éducation et de disposer de cadres pour la mise en œuvre de ses plans de développement. La mise en œuvre de ces réformes a abouti à la restructuration de l’Université de Bamako en 2012 qui a donné naissance à 4 structures universitaires, à savoir l’Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako, l’Université des Lettres et des Sciences humaines de Bamako, l’Université des Sciences sociales et de Gestion de Bamako et l’Université des Sciences juridiques et politiques de Bamako. Malgré les résultats encourageants enregistrés à la suite de ces réformes, l’Enseignement supérieur reste confronté à des difficultés liées, entre autres, à l’évolution des effectifs des étudiants, à la faiblesse des capacités d’encadrement et de gestion et à l’insuffisance des infrastructures et équipements. Pour pallier ces difficultés, la Politique nationale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique préconise la déconcentration des institutions d’Enseignement supérieur et de Recherche par la création d’Universités dans les régions. C’est dans ce cadre que le Gouvernement a créé, par le Décret n°2024-0206/PM-RM du 02 avril 2024, la Mission universitaire de Kayes en vue de préparer la création et l’ouverture d’universités dans la Région. Le rapport de cette Mission universitaire a mis en évidence la nécessité de créer une université avec des filières de formation orientées sur les potentialités locales. Les projets de texte, adoptés, créent l’Université de Kayes avec pour mission de contribuer à la mise en œuvre de la Politique nationale en matière d’Enseignement supérieur et de Recherche scientifique. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a informé le Conseil des ministres des conclusions des consultations entre la Confédération des Etats du Sahel et la Fédération de Russie. Les ministres des Affaires étrangères de la Confédération AES ont initié des actions diplomatiques, notamment la tenue de consultations politiques avec des partenaires bilatéraux et multilatéraux en vue de renforcer la visibilité de la Confédération sur la scène internationale. A l’invitation du ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali, a conduit, du 1er au 5 avril 2025, la délégation confédérale à la première session des consultations politiques de haut niveau entre la Confédération AES et la Fédération de Russie. Cette consultation politique de haut niveau avait pour objectif de raffermir et formaliser les excellentes relations d’amitié, de solidarité et de coopération entre la Confédération AES et la Fédération de Russie. Au cours des travaux, les ministres ont évoqué plusieurs questions d’intérêt commun, notamment la paix et la sécurité, la lutte contre le terrorisme, les relations diplomatiques et le développement socio- économique. Les parties confédérale et russe sont convenues de l’appui à l’opérationnalisation de la Force unifiée de l’AES, du renforcement de la coopération économique, politique, commerciale et humanitaire ainsi que de la formation des cadres civils et militaires de la Confédération AES. Au cours de leur séjour, les ministres des Affaires étrangères de la Confédération AES ont rencontré, le 4 avril 2025, la communauté AES à l’Ambassade du Mali à Moscou. Le communiqué conjoint, adopté à l’issue de la consultation politique, formalise le cadre d’échanges, met en place un mécanisme de suivi et prévoit la tenue de la prochaine session dans l’espace AES. Le ministre de l’Economie et des Finances a informé le Conseil des Ministres de la nomination de Monsieur Abdoulaye Daffé, au poste de Vice-Président de la Banque Ouest Africaine de Développement. Le Conseil d’Administration de la Banque Ouest Africaine de Développement, en sa session ordinaire du 26 mars 2025, tenue à Dakar au Sénégal, a procédé à la nomination de Monsieur Abdoulaye Daffe au poste de Vice-Président, à la demande de la République du Mali, conformément à l’Acte additionnel n°04/2021/CCEG/UEMOA du 25 mars 2021

Braquages armés sur l’axe Ansongo-Labbezanga : des habitants dépouillés, aucune perte humaine (Alafia Tv)

Bamako, 9 avril (AMAP) Des hommes armés non identifiés ont attaqué, mardi, des véhicules de transport dans la Commune du Bourra, Cercle d’Ansongo (Nord), sur l’axe en direction de Labbezanga à Zindobon et à Kounga (Goro), a annoncé selon Abdoul Nassir Idrissa, coordinateur de Alafia Tv à Gao. « À Zindobon, les assaillants ont procédé à un porte-à-porte, dépouillant les habitants de leurs biens matériels », ajoute-t-il. Aucune perte en vies humaines n’a été signalée dans cette localité. À Kounga, des véhicules et tricycles ont été braqués, avec des passagers violentés et dépossédés de leurs possessions. Cette zone fait face à des défis persistants en matière de sécurité dans toute la région. OS/MD (AMAP)

Les États-Unis réaffirment leur reconnaissance de la marocanité du Sahara

Bamako, 08 avr (AMAP) Les Etats-Unis ont réaffirmé leur reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara, confirmant la position communiquée par le président américain Donald Trump au Roi Mohammed VI, rapporte, mardi, Mahgreb Arab Press (MAP). Lors d’un entretien, le même jour, entre le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et le secrétaire d’Etat Marco Rubio, à Washington, ce dernier « a réitéré que les Etats-Unis reconnaissent la souveraineté du Maroc sur le Sahara ». En décembre 2020, le président Donald Trump avait informé le Souverain marocain, lors d’un entretien téléphonique, de la promulgation d’un décret présidentiel, avec ce que cet acte comporte comme force juridique et politique indéniable et à effet immédiat, portant sur la décision des États-Unis d’Amérique de reconnaître la pleine souveraineté du Royaume sur l’ensemble de la région du Sahara marocain. En outre, le chef de la diplomatie américaine a réaffirmé que les États Unis « soutiennent la proposition d’autonomie sérieuse, crédible et réaliste en tant que seule base pour une solution juste et durable à ce différend », a indiqué la porte-parole du Département d’Etat, Tammy Bruce. Marco Rubio a réaffirmé que les États Unis « continuent de croire qu’une autonomie authentique sous souveraineté marocaine est la seule solution faisable ». Dans ce cadre, il a affirmé que « le président américain exhorte les parties à s’engager dans des discussions sans délai sur la base de la proposition marocaine d’autonomie comme seul cadre en vue de négocier une solution mutuellement acceptable ». Le secrétaire d’Etat « a noté que les Etats-Unis faciliteraient le progrès vers cet objectif », a conclu la porte-parole. MD (AMAP)

Bamako : Le café creuse son sillon face aux traditionnels trois normaux

Par Moussa M. DEMBÉLÉ Bamako, 9 avr (AMAP) À Bamako, le thé longtemps roi dans les « grins » et dans les foyers, cède peu à peu du terrain à une boisson qui séduit, de plus en plus, les jeunes : le café, « noir », comme on le dit dans le milieu des chauffeurs de gros porteurs ou de taxis ou encore de transports en commun, le « p’tit noir », comme on dirait au comptoir d’un bistrot ou devant la machine à café de l’entreprise. De nouveaux produits, notamment le café noir pressé, connaissent un véritable engouement auprès d’une population avide de nouveauté et en quête d’énergie. Boisson stimulante par excellence, le café — obtenu à partir de la torréfaction des graines de l’arbuste Coffea — fait désormais partie du quotidien de nombreux Bamakois, au bureau avec la machine à expresso neuf ou de seconde main, dans la rue avec les vendeurs de café instantané sur des pousses-pousses aménagés en service de café ou au bord de passages fréquentés ou même dans les marchés. Qu’il soit consommé pour le plaisir, la concentration ou la motivation, le café s’impose progressivement dans les habitudes. Yacouba Mallé, étudiant en histoire-géographie à la Faculté des lettres et sciences humaines (FLASH), est un amateur de la petite tasse de noir. « J’ai goûté au café pour la première fois fin 2023, et depuis, je ne peux plus m’en passer. J’ai même abandonné le thé », confie-t-il. À Dialakorobougou, où il réside, il partage cette passion avec d’autres jeunes. Du côté de Yirimadio, un « grin » s’est formé autour de la consommation du café noir pressé. Yaya Coulibaly, ingénieur en topographie et chef du « grin », affirme que cette tendance est apparue courant 2024. Ce sont sept jeunes, qui ont terminé avec leurs études. Certains travaillent, d’autres sont toujours à la recherche d’emploi. Chaque soir, ils se retrouvent au « grin » autour du café. « Avant, nous étions tous amateurs de thé. Aujourd’hui, la plupart d’entre nous préfèrent le café pour sa puissance et son goût plus prononcé », affirme-t-il, assis près de l’appareil à café. « La plupart d’entre nous, trouvent que le café est plus intéressant que le thé. Au « grin », le thé est toujours consommé mais très modérément», a-t-il conclu MARCHE EN PLEINE EFFERVESCENCE – Si certains ont découvert le café récemment, d’autres en sont des consommateurs de longue date. Soucko Diarra, vendeur d’appareils électroniques au quartier du Fleuve, en consomme depuis 1987,et a découvert le breuvage  en Côte d’Ivoire. Depuis lors, il est resté toujours accro à cette boisson excitante. « Le café m’apporte motivation et énergie. Quand je n’en consomme pas avant d’entamer mes activités, c’est difficile d’avoir une motivation. Je trouve même que c’est bon pour ma santé », se lance-t-il. « Je peux en boire plusieurs tasses par jour, même avant de manger. Le thé, en revanche, me cause des maux de ventre », confie-t-il. L’engouement pour le café se traduit également sur les étals du marché. À Dabanani, dans au grand marché de Bamako, les vendeurs de café moulu enregistrent une forte demande. Ce mercredi 02 avril 2025. Il est 09h26 précises, sous un soleil ardent, la circulation est encore assez fluide en ce quatrième jour après la fête de ramadan. Les commerçants sont installés au bord de la route qui traverse le grand marché. Ici, ce sont des marchandises, tout genre et tout type confondu : vêtements, chaussures, thé, jus et café noir moulu.  Drissa Coulibaly, ancien vendeur de thé, a opéré un virage stratégique vers le café. « Je gagne mieux avec le café. Mes recettes journalières varient entre 50 000 et 250 000 Fcfa grâce aux ventes en gros à des détaillants qui viennent de plusieurs quartiers de la capitale », explique-t-il. Selon Drissa Coulibaly qui évoluait dans la vente du thé et est sur le point d’abandonner au profit de celle du café, « tout le monde s’intéresse au café ces deux dernières années. C’est pourquoi j’ai commencé à vendre du café.  « Et je peux dire que je gagne plus dans la vente du café que le thé », dit le grossiste de café, entouré de clients. Le café commercialisé à Bamako provient principalement de la Côte d’Ivoire, un pays qui de production par excellence. Plusieurs variétés sont proposées, mais celle parfumée au gingembre est particulièrement prisée. Les prix oscillent entre 1 000 et 5 000 Fcfa le sachet. Face à cette popularité croissante, les autorités ont renforcé le contrôle des importations aux frontières depuis 2024. Avant, nous importons le produit sans payer mais depuis 2024, nous payons des taxes à la frontière », nous révèle Alou Samaké. Ce vendeur de café au grand marché n’a pas voulu révéler si la vente du café lui rapporte des bénéficies. Toutefois, il confirme qu’il arrive « à mieux s’en sortir. » « Aujourd’hui, beaucoup de Maliens s’intéressent au café même si j’ignore bien les raisons. C’est qui a fait que les autorités ont commencé à contrôler l’importation du café aux frontières », explique notre interlocuteur. Dans la même foulée, un client nous a répondu, sous couvert d’anonymat, qu’il préfère le café au gingembre plus que l’ordinaire. « Chaque semaine, je viens payer un sachet de café », lance-t-il, avant d’effectuer son achat. Avec l’essor du café, les appareils permettant sa préparation connaissent également une hausse des ventes. À Bamako, ces petits outils — souvent vendus entre 2 500 et 4 000 Fcfa — sont de plus en plus présents dans les ménages. « Il y a deux ans, peu de gens s’y intéressaient. Aujourd’hui, je fais de bonnes affaires », témoigne Ali Diarra, commerçant au quartier du Fleuve. BIENFAITS INSOUPÇONNES – Selon le nutritionniste, endocrinologue et diabétologue, Dr Djibril Traoré, le premier avantage à boire du café noir est sa capacité à améliorer la vigilance et la concentration. « La caféine présente dans la boisson stimule le système nerveux central en augmentant l’énergie, améliore la mémoire, l’humeur et la vigilance, signalant aux cellules adipeuses de décomposer les graisses corporelles », a-t-il expliqué. La caféine peut augmenter les niveaux d’adrénaline et libérer des acides gras des tissus

Une mission du Conseil économique, social et culturel à Kolondièba pour recueillir les attentes et préoccupations des populations

Kolondièba, 7 avr (AMAP) Une mission du Conseil économique, social et culturel (CESC), conduite par Alou Konaté, a rencontré lundi les populations des cercles de Kolondièba, Kadiana et Fakola pour recueillir leurs attentes et identifier les problèmes majeurs de la localité. Présidée par le préfet du cercle de Kolondièba, Boubacar Oumar Traoré, cette rencontre a mobilisé l’administration, les collectivités, les services techniques, les Forces de défense et de sécurité, les partenaires au développement, la Coordnation des associations et organisations féminines (CAFO), la jeunesse et la Société civile. Au cours de cette rencontre, la méthodologie a consisté à analyser secteur par secteur l’ancien rapport de 2024. « Certains problèmes soulevés l’an dernier ont trouvé des solutions, d’autres persistent et de nouvelles attentes ont émergé », a résumé Alou Konaté, chef de la mission. Les débats, qualifiés de « passionnés » par les participants, ont permis de passer en revue tous les secteurs de développement. DES DEFIS PERSISTANTS – Dans le domaine de l’agriculture et du maraîchage, les participants ont déploré « l’insuffisance du personnel au service de l’Agriculture et la dégradation des infrastructures hydro-agricoles ». Comme solutions, ils ont proposé un renforcement du personnel et un entretien régulier de ces infrastructures Concernant l’élevage, « l’insuffisance du personnel technique, les difficultés d’approvisionnement en aliment bétail et le manque d’aménagement des mares et abreuvoirs » ont été signalés. « Il faut faciliter l’approvisionnement en aliment bétail, curer les mares et multiplier les points d’eau », a suggéré un éleveur présent. La pêche, faiblement développée, souffre également d’un manque d’agents au service local et d’un retard dans la pisciculture. « Nous proposons une formation et un appui aux pêcheurs, ainsi qu’un renforcement du personnel pour promouvoir la pisciculture », a plaidé un représentant des pêcheurs. DES MESURES URGENTES – La diminution inquiétante de la faune, l’absence d’abreuvoirs pour les animaux sauvages et les dégâts causés par les éléphants ont été évoqués. « Il est urgent de créer des habitats protégés et des points d’eau pour la faune, tout en protégeant les populations et les cultures contre les éléphants », a insisté un participant. Sur le plan environnemental, l’occupation anarchique des forêts classées et la pollution des cours d’eau par les dragues des orpailleurs préoccupent. « Nous devons réglementer l’installation des orpailleurs et dégager les dragues existantes pour préserver nos rivières », a proposé un membre de la Société civile Le réseau d’adduction d’eau de Kolondièba ville, jugé inadapté, et l’insuffisance des réseaux d’eau et d’électricité dans le Cercle ont été relevés. « Le coût élevé de 250 Fcfa par kWh de l’opérateur Yelenkura est un frein », a dénoncé un habitant. Parmi les solutions : réhabiliter les installations hydrauliques, étendre les réseaux et connecter Kolondièba au barrage de Sélingué ou à la Côte d’Ivoire. Dans le domaine des industries et des mines, l’absence d’unités de transformation, d’usine d’égrenage de coton et de comptoirs d’achat d’or a été déplorée. « Installer une usine d’égrenage et organiser les sites d’orpaillage sont des priorités », a suggéré un participant. Enfin, le faible développement de l’artisanat et des sites touristiques a été abordé. « Nous devons promouvoir l’artisanat et aménager les sites touristiques pour attirer des visiteurs », a lancé un artisan local. Tous les secteurs, de la santé à l’éducation en passant par les infrastructures et la sécurité, ont été examinés. Le préfet Boubacar Oumar Traoré a salué la cinquantaine de participants pour leur implication active. « Ces échanges riches permettront de mieux orienter les actions de développement », a-t-il conclu. NK/MD (AMAP)

10ème anniversaire de l’APDP : Un colloque international de deux jours pour le bilan et les perspectives de sa législation

Bamako, 08 avril (AMAP) L’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP) organise à la Faculté des sciences administratives et politiques un colloque international, de du 09 au 10 avril 2025, sous le thème : « la protection des données à caractère personnel : acquis, défis et opportunités pour l’Afrique », en partenariat avec l’université Kurukanga de Bamako. L’évènement vise à mettre en lumière 10 ans de réalisations de l’APDP et à sensibiliser le grand public ainsi que les organismes aux enjeux de la protection des données. Également au cours de ces deux jours d’échange, plusieurs thématiques comme « la conciliation de protection des données à caractère personnel avec les traditions juridiques africaines », « l’université africaine face aux défis de la protection des données à caractère personnel » seront animées par des experts et des présidents d’organes similaires du Bénin, du Burkina Faso, du Niger, du Maroc, de Madagascar, de la République de Guinée et du Sénégal. « le contrôle institutionnel des données personnelles : modèles et effectivité dans un contexte globalisé » ; « les faiblesses des cadres normatifs et institutionnels sur les données à caractère personnel » ; « La protection des données à caractère personnel en République de Guinée : le vide institutionnel facteur d’assouplissement du dispositif juridique », feront aussi l’objet de présentation. Dans un monde où la technologie est en constante évolution, il est important d’adapter la législation pour faire face aux nouvelles menaces et aux avancées technologiques. C’est pourquoi l’APDP a été mise en place en 2015. De cette date à aujourd’hui, le travail de 10 ans de l’organe a porté ses fruits. La cérémonie d’ouverture de ce colloque était présidée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Bouréma Kanssaye, qui a souligné que l’extension progressive du numérique « à tous les domaines de la vie sociale et économique en Afrique constitue, à la fois, un espoir et une source d’inquiétude au regard des vulnérabilités caractéristiques de nos États et de l’envergure de la fracture numérique au sein de la population. » Le ministre Kansaye a dit que les différents thématiques proposés « augurent d’échanges fructueux qui favoriseront l’éclosion d’idées novatrices à la hauteur des défis actuels et futurs du cyberespace africain, en général et dans le domaine de la protection des données à caractère personnel, en particulier. » Le président de l’APDP, Mamoudou Samasékou a souligné que durant ces deux jours, les échanges scientifiques, les partages d’expériences et les réflexions croisées « permettront non seulement de dresser un état des lieux réaliste des acquis obtenus dans nos pays respectifs, mais aussi de mieux cerner les défis qui nous attendent.» Il s’agit « aussi d’entrevoir, ensemble, les opportunités que nous pouvons saisir pour construire un avenir numérique africain éthique, inclusif et respectueux des droits humains », a-t-il ajouté ST/MD (AMAP)

Kangaba : les forces de l’ordre intensifient la lutte contre le dragage illégal

Kangaba, 08 avr (AMAP) Les forces de l’ordre ont saisi des dragues le long de la Route nationale (RN 24, au cours d’opérations qui se poursuivent actuellement, à la suite de la décision interdisant toute activité de dragage dans le cercle de Kangaba (Ouest), a constaté l’AMAP. « Conformément à la loi, les dragues saisies sont remises à la justice », a déclaré un responsable des forces de l’ordre impliqué dans l’opération. Ces interventions mobilisent des éléments de la police et de la gendarmerie, composés d’unités spécialement déployées pour faire respecter l’interdiction. Cependant, la situation reste tendue. Une mission conjointe de l’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN) et du service local de la pêche a été stoppée par des propriétaires de dragues en colère. « Malgré la présence d’une vingtaine d’éléments des forces de l’ordre, nous avons dû interrompre la mission pour éviter des affrontements », a expliqué un membre de la délégation. SD/OS/MD (AMAP)

Conseil national de Transition : une session d’avril sous le signe de la refondation et de l’unité

Bamako, 7 avr (AMAP)  Le Conseil national de Transition (CNT) du Mali a commencé, lundi, sa session ordinaire d’avril à Bamako, en présence du Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, des membres du gouvernement, d’ambassadeurs et de nombreuses personnalités, annonce la Cellule Communication du CNT. Conformément à l’article 107 de la Constitution, cette session, limitée à 90 jours, s’ouvre dans un contexte de défis mais aussi de progrès. Avec 39 textes à examiner, dont 27 nouveaux, les travaux s’annoncent intenses. Le président a conclu en citant Nelson Mandela, lançant un appel à la mobilisation collective avant de déclarer la session ouverte. L’intersession a été marquée par des ateliers sur la loi organique des finances, la Charte nationale pour la paix et la lutte contre la pollution plastique, renforçant les capacités des parlementaires. Sur la scène internationale, le CNT a assisté à l’investiture de Nicolás Maduro au Vénézuela, à la 69e session de la Commission de la femme à New York et au forum de Rabat, où le membre du CNT, Aboubacar Sidiki Koné, a été élu 1er vice-président. À l’interne, l’adoption du Règlement administratif, du Règlement financier et, pour la première fois, d’un Règlement intérieur du personnel, vise à moderniser l’institution. Dans son discours, le président du CNT a réaffirmé le rôle clé de l’institution dans la Transition et appelé à l’unité pour un « Mali Kura » prospère. « La Transition est un combat générationnel porté par le peuple malien », a déclaré le président du CNT, saluant les avancées comme l’amélioration de la fourniture d’électricité grâce aux taxes sur les services téléphoniques. La Confédération des États du Sahel (AES), unissant Mali, Burkina Faso et Niger, a été qualifiée de « réalité porteuse d’espoir ». « Le passeport commun, la Banque confédérale dotée de 500 milliards de Fcfa et la sortie de la Francophonie sont des pas décisifs », a souligné le président. Il a dénoncé l’Algérie pour la destruction d’un drone malien à Tin-Zaouatène le 31 mars 2025, un acte perçu comme « un soutien au terrorisme international ». Sur le plan sécuritaire, le CNT a salué la fermeture de sites d’orpaillage dangereux et le lancement du processus Désarmement, démobbilisation réinsertion (DDR), tandis que la solidarité envers la diaspora malienne et le peuple palestinien a été réaffirmée. En écho à l’« Année de la Culture » décrétée pour 2025 par le président Goïta, le « sinankouya » et la solidarité ont été mis en avant comme remparts contre la division. OS/MD (AMAP)