Koutiala, de Sikasso et de Bougouni : Les constats rassurants du ministre Modibo Keïta

Par Kadiatou OUATTARA Envoyée spéciale Bamako, 16 nov (AMAP) Le ministre du Développement rural, Modibo Keïta, s’est rendu, le weekend passé, dans les Régions de Koutiala, de Sikasso et de Bougouni (Sud), en zone cotonnière pour constater la commercialisation de la production. Pour la première étape de la visite, samedi, la délégation composée des membres de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), a mis le cap sur un espace de commercialisation cotonnière, à Koutiala, capitale de l’or blanc. Sur le marché de coton de la coopérative « Koto gnogon tala » au village de Signe situé à 17 km de la ville de Koutiala, la délégation a pu voir les expositions des récoltes de coton graine de la saison en cours. Le coton sera pesé avant de l’acheminer vers les unités d’égrenage. Cette période de commercialisation a débuté depuis le 27 octobre dernier. Le secrétaire général de la coopérative, Drissa Koné, a révélé que 250 hectares de coton ont été cultivés et 100 tonnes sont vendues. « C’est une grande satisfaction pour moi de voir ce rendu », s’est réjoui le ministre du Développement rural. La visite a permis à Modibo Keïta de recenser les difficultés auxquelles les cotonculteurs ont été confrontés lors de cette campagne. Evoquant les difficultés, le président de la coopératif, Aguibou Sounkara, a souligné les maladies du cotonnier provoquées par les ravageurs piqueurs suceurs appelé « Jassides ». Ce ravageur s’est mué en deux nouvelles espèces qui sont apparues pour la première fois au Mali. Il s’agit de Jacobiasca et Amrasca biguttula. Selon M. Sounkara, les pluies abondantes et l’insuffisance d’engrais ont réduit la quantité de récolte. Il a également demandé la mise en place à temps des subventions nécessaires pour les cultures. La visite s’est poursuivie dans la ville de Koutiala, à l’usine d’égrenage. Là, le directeur industriel de la filiale Nord-Est de la CMDT, Moussa Yattara, a expliqué que les balles sont classées par catégorie, stockées et expédiées vers les ports de Lomé (Togo) et d’Abidjan (Côte d’Ivoire). Après cette étape, le ministre du Développement rural a réuni les directeurs des services techniques et les responsables des producteurs. Au cours de cet échange, ils ont fait le bilan des travaux réalisés. Pour le ministre Keïta, la campagne a été bonne en matière de pluviométrie. Il a invité les exploitants agricoles à bien gérer les céréales. « J’espère que nous allons conserver notre position de premier producteur en Afrique », a dit Modibo Keïta. Auparavant, la délégation avait rendu une visite de courtoisie aux autorités religieuses et coutumières de la région de Koutiala. Nkouroula, une localité située à 50 km de Sikasso, fut la deuxième étape de la tournée. La délégation a fait une descente dans le champ de coton de Adama Sanogo qui fait une superficie de 17 hectares. Ce cultivateur natif de la zone, a effectué les premières récoltes dans son champ. Il a également fait face aux attaques du « Jassides » dans son cotonnier, ce qui lui a causé beaucoup de pertes. « Les cotonniers qui ont été plantés très tôt ont donné quelques capsules. Par contre, ceux qui ont été plantés en retard, n’ont rien donné. Ce qui a joué sur le rendement », a-t-il dit. Modibo Keita a, au cours d’une rencontre avec ses collaborateurs, membres de la filiale Sud Sikasso et les producteurs, assuré que les chercheurs mènent des travaux en vue d’anéantir les insectes qui font des ravages. Il a également expliqué que les contraintes d’approvisionnement en engrais sont dues au conflit en Ukraine et à la fermeture des frontières de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour sa part, l’administrateur général de la filiale Sud-SA, Kabaou Dolo, a déclaré que durant cette campagne agricole, sa filiale a fait une production de 307 926 tonnes de coton graine, à raison d’un rendement de 1 041 kg/ha. « Cette production représente 40 % de la production nationale avec une valeur de production de 88 milliards de Fcfa », a-t-il estimé, ajoutant que le prix du coton est de 285 Fcfa le kilogramme. L’administrateur général a souligné que les travaux des routes dégradées ont commencé, en vue de faciliter le transfert des produits. Parlant des difficultés, le délégué régional, Hamidou Goscoko, a évoqué les besoins en aliment bétail. Le périple de deux jours s’est achevé à Zantiéla, une localité de Bougouni par la visite du champ de 5 hectares de coton de Bakary Kouyaté. Le paysan s’est réjoui de la présence de la délégation sur son périmètre au moment où il avait entamé la cueillette du coton. Sur place, le ministre du développement rural s’est dit satisfait. Modibo Keita a salué et félicité les efforts du producteur. KO/MD (AMAP)

Mali-BAD : Le ministre de l’Economie et des Finances reçoit l’administrateur du Groupe de pays du Mali

Bamako, 16 nov (AMAP) Le ministre de l’Economie et des Finances et gouverneur du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) au Mali a reçu en audience, lundi, Désiré Guedon, administrateur siégeant au Conseil d’administration de la BAD pour le compte du Mali en visite de consultation et d’orientation, a annoncé le département en charge de l’Economie. Nommé il y a quelques semaines, Désiré Guedon, qui est chargé de défendre les intérêts du Mali au sein de la BAD, « est venu se présenter au ministre-gouverneur Sanou et recevoir ses conseils et orientations avisés dans le cadre d’un meilleur accomplissement de sa mission au service du Mali », précise la source Après l’avoir félicité pour son élection au poste, le ministre Alousséni Sanou a partagé avec M. Guedon « les orientations des autorités du Mali en matière de politique économique, financière et budgétaire, leurs attentes en termes d’amélioration de l’état du portefeuille des projets et programmés financés par le BAD. » M. Sanou a, aussi, porté à l’attention de son hôte « les nouvelles perspectives, notamment dans les domaines agricole et énergétique qui constituent des piliers essentiels de l’économie malienne. » Il a indiqué que ces orientations des autorités du Mali et les priorités du gouvernement sont destinées à mieux conforter l’administrateur au Conseil d’administration de la BAD dans son rôle de promotion et de défense des intérêts du Mali au sein de l’institution financière. L’administrateur qui s’est dit « satisfait de la qualité des orientations et conseils reçus » a assuré le ministre de tout son engagement à défendre les positions maliennes au sein de la BAD. À la date du 31 octobre 2022, le portefeuille actif du secteur public de la BAD au Mali compte vingt projets pour un montant total approuvé de 458,484 millions d’Unités de compte (UC), soit environ 391,37 milliards de Fcfa. Le total des décaissements effectués sur les montants engagés est de 175,236 millions d’UC, soit environ 149, 59 milliards de Fcfa. Le taux global de décaissement à la date du 31 octobre 2022 affiche 38,22 % pour un âge moyen du portefeuille de 5,41 ans. Le portefeuille de la BAD compte deux opérations en faveur du secteur privé pour un montant total de 33, 895 millions d’UC, soit environ 28,93 milliards de Fcfa. Le conseiller supérieur au Bureau de l’administrateur, Gaoussou Sylla, et le représentant pays de la BAD au Mali ont pris part à cette séance. MD (AMAP)

Emirats arabes unis : Ouverture de la 1ère édition de « Global Media Congress » à Abu Dhabi

Kader MAIGA Envoyé spécial Abu Dhabi, 16 nov (AMAP) La 1ère édition du « Glogal Media Congress », organisée à Abu-Dhabi par le Centre national d’exposition d’Abu-Dhabi, en partenariat avec l’Agence de presse des Emirats (WAM) a débuté, sous la présidence du Vice-Premier ministre et ministre de la Cour présidentielle, Son Altesse Sheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan. Le Vice-Premier ministre émirati a assuré que cette rencontre « déterminera la façon de concevoir l’avenir des médias avec un impact positif sur l’évolution des sociétés, l’exécution des tâches des plateformes par des professionnels, sur les investissements et la coopération. » Cette édition, qui regroupe des hommes de médias, des influenceurs, plus de 193 entreprises exposantes de plus de 42 pays, en plus d’environ 8 000 participants, sera l’occasion de voir les derniers services, produits et technologies modernes appliqués dans les secteurs des médias et de la culture. Au cours de cette rencontre, qui prendra fin jeudi prochain, un certain nombre de thèmes seront développés notamment la communication numérique, l’impact de l’intelligence artificielle sur les médias contemporains et l’intégration des technologies de pointe et de l’innovation dans le secteur des médias. L’exposition, qui est une plate-forme influente dans le secteur des médias, offre l’occasion aux entreprises émergentes d’entrer au Moyen-Orient et de présenter leurs produits et services, notamment les services de diffusion, la production de contenu, les technologies, les équipements et les appareils modernes. A cela s’ajoutent les plateformes de médias sociaux et leurs outils qui ont eu un grand impact ces temps sur l’évolution des communautés. Des sessions spécialisées dans les domaines de la presse, de la radio, de la télévision, d’Internet, des médias sociaux et des influenceurs mondiaux seront également organisées au cours de ce grand évènement. KM/MD (AMAP)  

Niakaléna : Les écoliers retrouvent leur pirogue scolaire

Boubacar MACALOU Bafoulabé, 16 nov (AMAP) Les élèves de Niakaléna, petit village à 1 km de Bafoulabé, son chef-lieu de Commune, dans la Région de Kayes (Ouest), avaient besoin d’aide pour acheter une nouvelle pirogue et faire la navette entre leur bourgade et la ville de Bafoulabé où ils étudient. Ils ont enfin pu faire réparer leur embarcation restée à quai, pendant 15 jours pour réparation. La pirogue a repris le trafic, le lundi 20 Octobre 2022 ! Ici vivent peulhs, sénoufos et bambaras pour une population de 70 habitants, tout confondu. A cause de sa situation démographique, cette localité ne remplit pas les conditions pour la création d’une école. Une situation qui la pénalise. Mais, le village espère et croit au miracle et la grâce de Dieu. « A cause de la petite taille de sa population, ce village ne peut pas avoir d’école. De ce fait, les parents sont obligés d’envoyer leurs enfants dans les différentes écoles de la ville de Bafoulabé. Ces enfants empruntent à longueur de journée la seule pirogue dont dispose le village, depuis 2010, pour se rendre dans leurs écoles respectives », dit Sakalé Dembélé, une écolière en 3ème Année de l’Ecole de Bafoulabé III. L’état de la seule pirogue dont dispose ce village pour la traversée du fleuve Bafing, n’est pas rassurant, même si elle vient d’être réparée à 50 000 Fcfa. D’après le fabricant Brouma Séréta, qui signale que la garantie de toute pirogue est de trois ans, cette embarcation, vieille de 12 ans, peut tomber en panne à tout moment. Depuis la rentrée de cette année scolaire, les élèves de la localité du Cercle de Bafoulabé effectuent à pied un parcours de trois kilomètres pour joindre leurs camarades du village de Babaroto voisin, Babaroto, afin qu’ils fassent ensemble la traversée du fleuve Bafing. « A cause de l’état dégradé de la pirogue, certains écoliers préfèrent marcher 3 km pour se joindre à leurs camarades à Babaroto afin de regagner la rive gauche », confirme l’écolière. La situation  n’est pas du tout facile pour les élèves de ces villages, parmi tant d’autres. Ces jeunes scolaires sont obligés de faire la corvée, matin et soir, afin de ne pas rater les cours. « Nous souffrons beaucoup actuellement. Nous faisons le parcours quatre fois par jour. Pour arriver à Babaroto, nous traversons une rivière. Une fois en classe, nous ne pouvons pas suivre les explications du maître, à cause de la fatigue. Nous souhaitons avoir une pirogue scolaire afin de traverser dans la quiétude », lâche-t-elle. En attendant de voir le bout du tunnel, les habitants de Niakaléna ont été obligés de prendre leur mal en patience. « La population ne pouvait pas trouver 300 000 Fcfa pour acheter une pirogue », s’était lamenté Moussa Sidibé, président de la jeunesse de Niakaléna. INQUIETUDE DISSIPEE – « Nous avons tenu plusieurs concertations avec les politiques et l’administration scolaire au sujet de l’acquisition d’une nouvelle pirogue. A présent, les démarches administratives n’ont pas abouti», avait déclaré le chef de village Niakaléna, Ousmane Diakité. La population de Niakaléna, consciente du danger qui guette les habitants et soucieuse de l’avenir de ses enfants, a tenu au village, le 26 septembre 2022, une assemblée sur cette épineuse question. Le chef de village et ses conseillers, Makan Sanogo, Seydou Diakité, ainsi que Moussa Sidibé de la jeunesse ont été envoyés en délégation à Bafoulabé, le 2 octobre dernier, auprès des autorités de la Commune dont fait partie Niakaléna pour plaider la cause des écolières et écoliers et trouver des fonds afin de réparer la vieille pirogue de 12 ans. Le maire Kandé Doucouré a reçu la délégation. Il leur avait proposé payer la moitié des frais de réparation et a demandé aux émissaires de [prendre en charge l’autre moitié de la somme. « Car, la mairie ne peut pas tout gérer, faute de moyens financiers », avait expliqué l’édile de Bafoulabé. D’après Makan Sanogo, cette proposition n’a pas été du goût des émissaires du village, Ceux-ci ont simplement remercié leur hôte pour sa bonne foi, avant de prendre congé de lui. Toujours en quête du bon samaritain, la délégation s’est rendue le 4 octobre 2022 au Centre d’animation pédagogique (CAP) pour rencontrer l’adjoint Fomba. Le directeur Oumar Sissoko, empêché, pour raisons de santé. Bien que le CAP n’a pas de budget pour les actions humanitaires, il a donné 25 000 F à la délégation, en guise de contribution. Après avoir obtenu la moitié des frais de réparation et n’ayant plus d’autres alternatives, les émissaires de Niakaléna ne pouvaient que revoir leur position, en allant voire à nouveau le maire de Bafoulabé pour lui signifier leur adhésion à sa proposition, en lui présentant les 25 000 F cfa comme leur propre quote-part. C’est ainsi que le maire leur a donné le complément. Et le lendemain, la pirogue a été envoyée à Mahinading chez Séréta. BM/MD (AMAP)  

La Côte d’Ivoire annonce son retrait progressif de la MINUSMA

Bamako, 16 nov (AMAP) La Mission permanente de la Côte d’Ivoire auprès des Nations unies a confirmé la décision de retrait progressif des personnels militaires et de police ivoiriens déployés au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), dans une lettre en date du 11 novembre. Selon la même source, « la relève de la compagnie de protection des soldats ivoiriens, basée à Mopti, ainsi que le déploiement des officiers d’état-major et des officiers de Police, prévus respectivement en octobre et novembre 2022, ne pourront plus être effectués ». « De même, la Côte d’Ivoire n’envisage pas de relever, en août 2023, les militaires et autres éléments, présents au sein de la Force de la MINUSMA », poursuit la lettre. La décision d’Abidjan intervient alors que 46 militaires ivoiriens arrêtés le 10 juillet dernier à l’aéroport international président Modibo Keïta de Bamako attendent d’être fixés sur leur sort auprès de la justice malienne. Initialement, 49 militaires avaient été interpelés alors qu’ils venaient d’entrer sur le territoire malien. Trois personnels féminins ont été libérés pour des « raisons humanitaires » suite à une médiation du président togolais, Faure Gnassingbé. SS/MD (AMAP)

Campagne agricole 2022/2023 : La CMDT revoit ses ambitions à la baisse

Par Cheick M. TRAORÉ Bamako, 16 nov (AMAP) La direction générale de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) a revu ses ambitions à la baisse, en prévoyant une production cotonnière inferieure à celle annoncée au titre de la campagne agricole 2022/2023, a annoncé la compagnie étatique, dans une note consultée, samedi dernier, par l’AMAP. «La production de coton graine attendue sera en deçà des prévisions fixées au début de la campagne agricole et inférieure à la production de la campagne 2021/2022», précise la Holding CMDT dans sa note. Cette source précise que la baisse pourrait dépasser 20%, par rapport au niveau de production de 2021/2022. Cette contreperformance attendue est, selon le document de deux pages, due à l’abondance de pluies, aux inondations, au lessivage des sols, aux attaques des jassides. La conjonction de «ces facteurs défavorables» a entrainé l’abandon par les paysans d’une superficie totale de 158.090 ha sur un total 743.824 ha semés. En effet, analyse la CMDT, les hauteurs de pluies enregistrées jusqu’en fin septembre 2022 ont été excédentaires au niveau de plusieurs postes pluviométriques. De fortes pluies ont été enregistrées dans toutes les zones de production. Elles ont entrainé des inondations dans les parcelles situées au bord des cours d’eau et dans les bas-fonds. L’encadrement dit avoir, en la matière, dénombré en début du mois d’octobre 34.596 ha de coton inondés. Or «le cotonnier n’aime pas les fortes pluies et les fréquences élevées de pluies», expliquent les experts de la Compagnie. En conséquence, des cas de lessivage sont visibles dans plusieurs parcelles. « Les plants sur ces parcelles sont rabougris. La pourriture des capsules de base est constatée sur plusieurs parcelles de coton . » Les excès de pluies ont toujours été contreproductifs pour le rendement du coton, font remarquer les spécialistes. Ils illustrent leur analyse par les contreperformances de la campagne 1999/2000 au cours de laquelle la pluviométrie «très excédentaire» a occasionné des inondations. La production du coton graine est ainsi passée de 518.364 tonnes en 1998/1999 à 459.123 tonnes en 1999/2000, soit une baisse de 11%. Il en a été de même pour la «campagne 2018/2019 où la pluviométrie a été également très excédentaire, occasionnant des submersions. «La production du coton graine est ainsi passée de 728.606 tonnes en 2017/2018 à 656.531 tonnes en 2018/2019, soit une baisse de 10%», rappelle la CMDT. Elle ajoute : «Le seul fait de la forte pluviosité entrainant les inondations, favorisant l’enherbement des parcelles et le lessivage peut occasionner une baisse de production de plus de 10% par rapport à une campagne normale.» PULLULATION DE JASSIDES– Des superficies d’environ 32.523 ha n’ont pas pu être entretenues. Il s’agit des parcelles très enherbées à cause de la fréquence élevée des pluies, celles endommagées par les animaux et quelques cas de reconversion en d’autres cultures. À ces phénomènes est venue se greffer la forte pullulation des jassides, depuis fin juillet 2022. L’espèce de jassides habituellement connue dans la sous-région est Jacobiella fascialis. Les produits insecticides disponibles permettent de la maîtriser. Mais la capture et l’analyse des individus de jassides de cette campagne dans les pays infestés a abouti à l’identification de deux espèces dominantes : Jacobiasca lybica et Amrasca biguttula. Ces deux espèces font leur apparition pour la première fois au Mali. C’est surtout l’espèce Amrasca biguttula qui était beaucoup plus dominante. Cette espèce se multiplie très rapidement et fait plus de dégâts que la Jacobiella fascialis. Les attaques sévères de l’Amrasca ont amené les producteurs à abandonner 90.971 ha. La mission conjointe traditionnelle CMDT-Institut d’économie rurale (IER) relative au suivi phytosanitaire des cultures du système coton s’est rendue sur le terrain pour faire le constat. Le PDG de la CMDT, Dr Nango Dembélé, et ses techniciens ont pris des mesures urgentes pour limiter les dégâts. Il a ainsi été demandé à l’encadrement et aux producteurs un changement immédiat de stratégie de protection phytosanitaire du cotonnier en réduisant l’intervalle de traitement de 14 à 07 jours et l’utilisation des produits indiqués contre les jassides. Le GIE C-SCPC/CMDT/OHVN a commandé et mis à disposition des quantités d’insecticides contre les jassides recommandés par le Programme coton de l’IER. Des campagnes de sensibilisation ont été diffusées dans ce sens sur les radios pour informer les producteurs des mesures à prendre pour maîtriser les jassides. Ce phénomène de pullulation de jassides est un problème sous régional. Les pays touchés sont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal et le Togo. Le Bénin, le Cameroun et le Tchad sont moins touchés. Ainsi, la production de coton de l’Afrique de l’Ouest et du Centre devrait sensiblement diminuer lors de la campagne 2022/2023 pour se situer à environ un million de tonnes de coton-graine, selon des chercheurs. D’après les estimations de plusieurs négociants, comparativement au niveau de production de 2021/2022, la baisse pourrait même dépasser 20%. SOUTIEN DES AUTORITES – Le mauvais signal avait commencé dès le début de la campagne agricole 2022/2023 qui a démarré dans un contexte difficile marqué par deux principales situations défavorables. La flambée des prix des intrants agricoles sur le marché mondial (suite de l’impact de la pandémie de Covid-19 et du conflit entre la Russie et l’Ukraine). L’embargo imposé au Mali par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de janvier à juillet 2022, privant le Mali de l’accès aux principaux ports d’approvisionnement du pays. Ce qui a entrainé une hausse des prix des engrais du système coton (coton, maïs, mil et sorgho). À titre d’exemple, le prix fournisseur du complexe coton est passé de 383.000 Fcfa en 2021/2022 à 620.000 Fcfa/tonne. Celui du complexe céréales est passé de 380.000 Fcfa/tonne à 615.000 Fcfa/tonne. Et celui de l’urée est passé de 370.000 Fcfa à 640.000 Fcfa/tonne. Il faut, aussi, noter l’insuffisance de cet engrais sur le marché mondial. Pour y faire face, le président de la Transition, lors de la 12ème session du Conseil supérieur de l’Agriculture en mars 2022, a pris des décisions qui ont encouragé les producteurs. Le prix

Rencontre de travail à Ouagadougou sur la coopération militaire Mali-Burkina Faso  

Bamako, 12 nov (AMAP) Le ministre malien de la Défense et des anciens Combattants, le colonel Sadio Camara,  à la tête d’une délégation, a rencontré son homologue burkinabé, le colonel-major Kassoum Coulibaly, vendredi, à Ouagadougou, pour une séance de travail sur la situation sécuritaire dans les deux pays, rapporte une source militaire. « Cette visite a permis aux deux parties d’échanger, en particulier sur la situation le long de la frontière commune et de passer en revue des sujets d’intérêt commun « , a précisé l’Armée malienne sur son site internet. Les ministres Camara et Coulibaly « se sont engagés à renforcer cette coopération pour le bonheur des populations respectives des deux pays, la paix et la sécurité dans la sous-région », poursuit la source militaire. Selon la même source, le ministre burkinabè de la Défense et des Anciens Combattants, a indiqué que cette réunion permettra de renforcer la coopération pour résoudre les défis communs. Le colonel-major Kassoum Coulibaly  a, ensuite, « insisté sur la nécessité de poursuivre cette coopération déjà excellente et de trouver des voies et moyens pour la renforcer. » Le ministre Sadio Camara a, de son côté, souligné que le président de la Transition,  le colonel Assimi Goïta, se félicite des points de vue communs avec son frère et homologue, le capitaine Ibrahim Traoré. « Cette coopération doit avoir pour objectif la victoire pour la sécurité, la stabilité, la prospérité et le développement de nos deux états avec leurs peuples respectifs », a indiqué le colonel Sadio Camara. La délégation malienne a été, ensuite, reçue en audience par le chef d’État burkinabé, le capitaine Ibrahim Traoré, en présence de son premier ministre, Me Apollinaire Kyelem de Tambela, précise la même source. Les armées malienne et burkinabé entendent mutualiser les efforts dans la lutte contre le terrorisme, dans la dynamique enclenchée par les présidents Assimi Goïta et Ibrahim Traoré, lors d’une récente visite du chef de l’Etat burkinabè à Bamako . MT/MD (AMAP)  

Communiqué du Conseil des ministres du vendredi 11 novembre 2022

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le vendredi 11 novembre 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté des projets de texte ; procédé à des nominations ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, le Conseil des Ministres a adopté : un projet de décret portant acquisition de la nationalité malienne par voie de naturalisation au profit de Monsieur Ayeka Séraphin OSSACRE et sept autres personnes. Les conditions d’acquisition de la nationalité malienne par voie de naturalisation sont prescrites par la Loi n°2011-087 du 30 décembre 2011 portant Code des Personnes et de la Famille. Les demandeurs concernés remplissent tous, les conditions fixées par le Code des Personnes et de la Famille. Le projet de décret adopté accorde ainsi la nationalité malienne par voie de naturalisation aux personnes ci-après : Monsieur Ayeka Séraphin OSSACRE, de nationalité togolaise ; Madame Affi TOULASSI, de nationalité togolaise ; Monsieur Aboudou Rafiou AGBERE, de nationalité togolaise ; Madame Sahada APOUDJAC, de nationalité togolaise ; Monsieur Agbékogni KLOUSSE, de nationalité togolaise ; Monsieur Sodokpon KLOUVI, de nationalité togolaise ; Madame Adjovi ATSON, de nationalité togolaise ; Monsieur Kossi APEDO, de nationalité togolaise. des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation et aux modalités de fonctionnement du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. L’essor des Technologies de l’Information et de la Communication favorise le développement économique, industriel et social des pays. Il incite la production et améliore la qualité des prestations de service. Cependant, l’utilisation malveillante des réseaux sociaux peut entrainer des conséquences très graves. Ils sont devenus un espace où nul n’est à l’abri des attaques contre sa personne et sa propriété, de l’escroquerie et d’autres infractions du genre. Le rythme rapide de l’évolution de la cybercriminalité rend difficile l’appréhension des malfaiteurs. En effet, les cyber-délinquants adaptent leur manière d’opérer à l’évolution des nouvelles technologies, de telle sorte qu’ils ont une avance réelle sur les services classiques de détection et de répression de la criminalité. Pour faire face à ce phénomène, le Gouvernement a décidé, à l’instar des Pôles économiques et financiers en matière de lutte contre la corruption et du Pôle judiciaire spécialisé en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, d’opter pour la création d’un « Pôle judiciaire spécialisé en matière de Lutte contre la Cybercriminalité ». Les projets de texte adoptés instituent, au Tribunal de Grande Instance de la Commune IV du District de Bamako, le Pôle judiciaire national spécialisé en matière de Lutte contre la Cybercriminalité qui aura une compétence nationale et exclusive pour les infractions dans ce domaine. Leur adoption permettra :  de déterminer les modalités de poursuite, d’instruction et de jugement dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité ; de préciser les compétences de la brigade spécialisée et des assistants en matière de lutte contre la cybercriminalité ; d’apporter une meilleure cohérence et une plus grande efficacité dans la lutte contre la cybercriminalité. 1.’Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté un projet de loi portant modification de l’Ordonnance n°2020-020/PT-RM du 31 décembre 2020 portant création de la Société d’Exploitation des Mines d’Or de YATELA-SA ; un projet de décret portant rectificatif au Décret n°2020-0365/PT-RM du 31 décembre 2020 portant approbation du contrat de cession d’actions de la Société d’Exploitation des Mines d’Or de YATELA-SA et approbation des avenants. La Société d’Exploitation des Mines d’Or de YATELA-SA a été créée par l’Ordonnance n°2020- 020/PT-RM du 31 décembre 2020 dans le cadre de la mise en œuvre des conditions suspensives du contrat de cession d’actions signé entre le Gouvernement de la République du Mali et la société SADEX-SA et YATELA-SA. Le contrat de cession et le 1er avenant audit contrat ont été approuvés par le Décret n°2020-0365/PT- RM du 31 décembre 2020. L’application de l’ordonnance du 31 décembre 2020 a révélé des insuffisances portant essentiellement sur la prise en compte des modalités et des conséquences des transferts d’actions et de patrimoine entre les sociétés au regard de la spécificité des conditions de création de la Société d’Exploitation des Mines d’Or de YATELA-SA. Aussi, après l’approbation du contrat de cession, des avenants ont été signés pour proroger la date de réalisation et apporter des modifications à certaines clauses. Les projets de texte sont adoptés pour corriger ces insuffisances et approuver les avenants. Sur le rapport du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation des statuts de la société de Recherche et d’Exploitation des Ressources minérales du Mali. La société de Recherche et d’Exploitation des Ressources minérales du Mali a été créée par l’Ordonnance n°2022-016/PT-RM du 08 septembre 2022. Sa création s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d’une des recommandations des Assises nationales de la Refondation, notamment celle relative à : « faire des choix stratégiques pour augmenter les revenus miniers du Mali à travers la création d’une société nationale ». La société a pour objet la recherche, l’exploitation, le traitement et la commercialisation des substances minérales, dans les limites des périmètres qui lui sont octroyés. Elle est régie par les actes uniformes de l’OHADA relatifs au droit des sociétés commerciales et du Groupement d’intérêt économique ainsi que par ses statuts et leurs annexes établis par acte notarié. 3 L’adoption du présent projet de décret permettra de doter la société d’une structure adéquate en définissant les règles juridiques qui la régissent et les rapports entre les parties prenantes. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DE LA PRIMATURE – Représentant des Défenseurs des Droits de l’Homme à l’Office Central de Lutte contre l’Enrichissement Illicite

Le colonel Assimi Goïta officiellement invité par Vladimir Poutine au Sommet Russie-Afrique

Bamako, 11 nov (AMAP) Le président de la Transition au Mali, le colonel Assimi Goïta est officiellement invité à prendre part au prochain Sommet Russie-Afrique de  juillet 2023 à Saint-Pétersbourg, en Russie, a indiqué le département malien en charge des Affaires étrangères sur les réseaux sociaux. « La lettre d’invitation officielle a été remise, jeudi, au ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, au cours d’une audience qu’il a accordée à l’ambassadeur de la Fédération de Russie au Mali, Igor Gromyko », a indiqué le département. Selon la même source, l’ambassadeur russe était venu remettre officiellement au ministre Diop l’invitation du président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, à son homologue malien, le colonel Assimi Goïta. Le diplomate russe a, aussi, informé les autorités maliennes de la visite prochaine en Afrique, y compris au Mali, du ministre des Affaires étrangères de Russie, Serguei Lavrov. En outre, les deux personnalités ont échangé sur la nécessité de renforcer la coopération économique et commerciale entre le Mali et la Russie ainsi que le soutien politique mutuel à l’échelle internationale, notamment au sein des Nations unies. Pour sa part, le chef de la diplomatie malienne s’est félicité de l’excellence des relations d’amitié et de coopération entre les deux pays, « marquée par le regain d’intérêt mutuel à travers des visites de haut niveau et le raffermissement des liens de partenariat stratégique dans plusieurs domaines. » Il a conclu en assurant que l’invitation du président Poutine parviendra à son destinataire. AT/MD (AMAP)

Mali : Ouverture de la 1ère édition de la Journée nationale des légitimités traditionnelles 

Bamako, 11 nov (AMAP) Le Premier ministre par intérim, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga, a présid.é, ce vendredi, l’ouverture de la 1ère édition de la journée nationale des légitimités traditionnelles au Centre international de conférences de Bamako (CICB), a constaté l’AMAP. Cette 1ère édition dont le thème est : « Place et rôle des légitimités traditionnelles dans la réconciliation nationale, la promotion de la paix, de la cohésion sociale et de la refondation de l’État », a été organisée par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a consacré le 11 novembre comme Journée nationale des légitimités traditionnelles par décret du 4 mars 2022.  Son objectif « est de contribuer à mieux exploiter le système de gouvernance des légitimités traditionnelles pour promouvoir la paix, la cohésion sociale et soutenir la refondation de l’État.» Il s’agit, aussi, « de mieux faire connaitre les légitimités traditionnelles, de valoriser leurs fonctions, de raffermir leur ancrage dans la vie politique, économique et sociale, de s’appuyer sur leur système de gouvernance pour soutenir la refondation ». Mais, également, « informer et sensibiliser les jeunes générations à s’inspirer des valeurs de société des légitimités traditionnelles pour l’éducation civique et la construction citoyenne ainsi que renforcer la synergie d’actions entre les pouvoirs administratifs et ces légitimités ». DD/MD (AMAP)