Mali : Un taux de croissance de 5,3% attendu en 2023, selon le ministre de l’Économie et des Finances 

Bamako, 22 fév (AMAP) Les perspectives macroéconomiques indiquent une reprise de l’activité économique, en 2023, avec un taux de croissance réel attendu à 5,3%, contre 3,5% en 2022,  a annoncé, lundi, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. « L’inflation se stabilise tournant autour de 2% et la prudence sera observée en matière de politique budgétaire », a précisé M. Sanou, au lancement du processus budgétaire 2023 qu’il a présidé, par visio-conférence, dans lson département. Le processus budgétaire permet, entre autres de fixer le cap, d’allouer les moyens et de déterminer les objectifs. La conférence de lancement du processus budgétaire est devenue une tradition bien ancrée au Mali depuis quelques années. Elle apparaît comme  un rendez-vous majeur de dialogue entre le gouvernement et ses partenaires. En la matière, cette conférence abordera trois thèmes importants. Ils se rapportent à l’articulation entre la réforme budgétaire et la réforme administrative : enjeux et défis ; la pratique de l’évaluation des programmes : forces et faiblesses des outils et du dispositif, et l’animation du dialogue de gestion au cours du processus budgétaire : acteurs, processus et enjeux. Elle se tient dans un contexte quelque peu favorable. « L’économie malienne a renoué avec la croissance en 2021 après la contraction de 2020 liée à la Covid-19 et aux conséquences de la situation sécuritaire », a fait noter le ministre de l’Économie et des Finances. Selon lui, le taux de croissance devrait s’accélérer en 2022 et 2023 pour atteindre respectivement 3,5% et 5,3%. L’inflation reste maîtrisée, nettement inférieure au critère de convergence communautaire fixé à 3%. La politique budgétaire vise un déficit budgétaire de 4,9% du Produit intérieur brut (PIB) en 2023. Cela compte tenu de nombreux engagements du gouvernement notamment dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des travailleurs et des populations en général. «Il reste entendu qu’à moyen terme, la politique budgétaire s’inscrirait dans la dynamique du retour progressif au critère de convergence communautaire de 3%. Cette stabilité macroéconomique doit donc être consolidée et renforcée à travers une meilleure planification budgétaire pour une croissance économique durable et inclusive», a soutenu le ministre de l’Économie et des Finances. Concernant l’année budgétaire 2022, elle suit son cours. Cela, malgré les sanctions économiques et financières imposées au Mali par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Pour y faire face, le gouvernement travaillera à l’amélioration de l’exécution budgétaire suivant le double objectif d’intensification de la mobilisation des ressources intérieures et de maîtrise des dépenses tout en maintenant la croissance. S’agissant de l’exécution budgétaire au titre de 2021, Alousséni Sanou a rappelé que la mobilisation des recettes fiscales est plus satisfaisante que celle enregistrée en 2020. Le taux de pression fiscale a atteint 15,5% du PIB, contre 14,3% en 2020. L’exécution des dépenses, selon lui, « a été contenue dans la limite des dépenses prévues, soit 22,5% du PIB contre une prévision de 25,8% en 2020 ». Le niveau de déficit budgétaire est ressorti à 4,7% du PIB nettement meilleur que la prévision de 5,5%. «Malgré le contexte difficile marqué par la situation sécuritaire, la pandémie de Covid-19 et ses impacts économiques sur les prix des denrées alimentaires, l’absence d’acte budgétaire général, nous avons pu contenir le déficit budgétaire à un niveau de 4,7% contre des prévisions estimées à 5,5%. Ce qui n’a pas impacté le taux de croissance qui est ressorti à 3,1%, contre -1,2 en 2020», a précisé le patron de l’hôtel des Finances. AG (AMAP)

Situation alimentaire et nutritionnelle au Mali : 1,8 million de personnes ont besoin d’assistance 

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 22 fév (AMAP) Quelque 1,8 million de personnes ont besoin d’assistance alimentaire au Mali, selon l’évaluation provisoire du Système d’alerte précoce (SAP), a-t-on appris. lundi, lors des travaux du 18è Conseil national de sécurité alimentaire (CNSA).  Cette situation est consécutive au fait que la campagne agricole 2021-2022 a été jugée de moyenne à très médiocre pour l’ensemble des cultures. «Le tableau peu reluisant de notre campagne 2022 laisse paraître d’énormes besoins à mobiliser», a déclaré le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga qui a présidé la session. Selon l’évaluation provisoire du SAP, à travers le Cadre harmonisé, 1,8 million de personnes ont besoin d’être assistées sur le plan alimentaire et nutritionnel dans notre pays. À ce chiffre, s’ajoutent 4,4 millions d’autres personnes qui sont dans l’insécurité alimentaire modérée et ont besoin d’être soutenues par la restauration de leur capital productif, à travers des activités génératrices de revenus.  Les participants, venus de Bamako et de l’intérieur du pays, ont passé en revue l’état de mise en œuvre des recommandations formulées lors de la session précédente, avant de faire le bilan du Plan national de réponses de 2021.  Tout en examinant le projet de Plan national de réponses 2022 en vue de son adoption, ils ont examiné la situation alimentaire et nutritionnelle élaborée par le SAP et ses partenaires à travers le Cadre harmonisé. Dr Choguel Kokalla Maïga a souligné que ce CNSA 2022 « se tient dans un contexte alimentaire et nutritionnel très particulier avec la superposition de plusieurs facteurs contributifs à l’insécurité alimentaire pour bon nombre de nos concitoyens se trouvant dans des zones de précarité ».  « Aussi, a ajouté le chef du gouvernement, les marchés internationaux subissent de plein fouet une inflation dans la durée avec une répercussion ascendante sur les prix des denrées de grande consommation ». Selon lui, tout ceci est amplifié par le mauvais climat engendré par la pandémie de Covid-19. 33.000 TONNES DISTRIBUÉES – Le chef du gouvernement a indiqué que la campagne agricole 2021-2022 a été jugée de moyenne à très médiocre pour l’ensemble des cultures. «Du côté de l’élevage, les pâturages et les conditions d’abreuvement du bétail sont annoncés également difficiles avec une soudure pastorale déjà installée sur l’ensemble des zones d’élevage du pays», a-t-il fait noter, ajoutant que l’insécurité dans les zones de conflit a perturbé les mouvements des troupeaux et limité leur accès à certains parcours. Face à cette situation préoccupante, Dr Choguel Kokalla Maïga a annoncé que le Plan national de réponses 2022 tentera d’apporter des solutions d’atténuation pour près de 6 millions de personnes, tout en mettant en cohérence les actions conjointes de l’État et de ses partenaires d’appui.  « D’ailleurs, a-t-il ajouté, l’un des mandats du CNSA est d’apporter le planning de réponses au titre de 2022 portant sur l’assistance alimentaire, le cash transfert, l’appui au bétail, la lutte contre la malnutrition sous toutes ses formes et la reconstitution des stocks de sécurité ».  Le Premier ministre a remercié et félicité le Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) pour tous les efforts consentis dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. En effet, le CSA n’a pas ménagé ses efforts pour apporter une assistance alimentaire à plus d’un million de personnes au profit desquelles 33.000 tonnes de céréales ont été distribuées. 7.600 tonnes d’alimentation ont bénéficié aux urgences non planifiées, notamment aux personnes déplacées internes. Un milliard de Fcfa a été mobilisé au bénéfice des pasteurs et agro-pasteurs. Plus de 8 milliards de Fcfa ont été investis par le dispositif pour répondre à la crise. Représentant les partenaires techniques et financiers, l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Mali, Bart Ouvry, a rappelé que le taux national de malnutrition aiguë globale est au seuil d’alerte de 10% de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).  Les Cercles de Koro (Centre), Diéma et Nioro (Ouest) sont en deçà du seuil d’urgence de 15% qui est de 18 % à Ménaka (Nord). Le taux de malnutrition chronique national, estimé à 22%, atteint 25 et 29 % à Sikasso (Sud), Mopti (Centre), Gao (Nord). Il atteint la situation d’urgence à Ménaka en s’établissant à 34%. Le représentant des PTF a estimé que les défis du moment sont encore plus élevés que ceux de l’an passé. Et Bart Ouvry de citer « la nécessité de renforcer la coordination entre les différents acteurs pour une couverture géographique continue et justement repartie ; de progresser dans la mise en œuvre du nexus pour pallier les faiblesses actuelles dans le temps et dans l’espace ; de plaider pour que les différents acteurs nationaux et internationaux financent des réponses structurantes pour renforcer la résilience et le relèvement précoce… »  AMK (AMAP)

Tombouctou : Deux policiers tués dans une attaque perpétrée par des hommes armés non identifiés

Tombouctou, 22 février (AMAP) Deux policiers ont trouvé la mort dans une attaque perpétrée par quatre hommes armés non identifiés jeudi à Tombouctou, a appris l’AMAP de source locale. Notre source précise que quatre hommes armés non identifiés à bord d’une Toyota Hilux  de couleur blanche ont ouvert le feu sur 3 agents de la police sur 2 motos, revenant du poste de contrôle de Bariz (quartier Hammabangou, lundi aux environs 18h. Selon la même source, les 2 policiers sur la même moto ont trouvé la mort sur le champ et les assaillants ont pris les 2 armes des victimes avant de disparaitre dans la nature. Notre source qui déclare par ailleurs que le troisième policier, seul sur sa moto a eu la vie sauve,  précise que les agents ont été suivis depuis le poste avant d’être coincés à une intersection avant d’atteindre le centre-ville. Informés, les forces de défense et de sécurité ont investi les lieux à la recherche des auteurs de cet acte ignoble selon notre source qui précise que les corps des victimes (promotion 2015 de la police nationale en service au commissariat de Tombouctou), ont été transportés à la morgue en attendant leurs obsèques.  MS/KM (AMAP)

Lutte contre le terrorisme : les Forces paramilitaires mobilisées

Envoyés spéciaux  M.K. O.D Mopti, 22 fév (AMAP) Dans les Régions de Mopti, Bandiagara et Douentza, la vie reprend petit à petit son cours normal grâce à la montée en puissance des Forces de défense et de sécurité. La libération des villes comme Bandiagara, à la suite de combats ou de frappes aériennes a permis le redéploiement des forces paramilitaires, notamment la police, le service de la protection civile ou le service des eaux et forêts. Tous viennent en appui aux Forces armées maliennes (FAMa) dans leur croisade contre les groupes terroristes dans le secteur 4 de l’opération Maliko couvrant les Régions de Mopti, Bandiagara et Douentza (Centre). Le commandant Ousmane Samassékou est le directeur régional des eaux et forêts de Mopti. Il rappelle que la direction nationale des eaux et forêts a signé en 2004 une convention avec l’état-major général des armées pour la protection des éléphants dans le Gourma. Ce travail était rendu difficile à cause de la présence massive des groupes terroristes dans le secteur, notamment la Katiba du Gourma. «Avec la montée en puissance de l’armée, nous allons reprendre les patrouilles dans le Gourma pour protéger les éléphants et les ressources végétales», annonce le directeur régional des eaux et forêts, signalant que certains de ses agents ont déjà regagné leurs postes.  «Avant, nous ne pouvions pas travailler dans nos zones d’intervention, car nous étions aussi une cible pour les djihadistes. Mais avec la montée en puissance de l’armée, les gens ont commencé à regagner leurs postes. Cela est nécessaire pour permettre l’octroi de permis aux populations afin qu’elles aient accès aux ressources naturelles. Les actions en cours par l’armée rassurent tout le monde», se réjouit le commandant Samasékou. Les agissements des terroristes ont aussi considérablement joué sur les rendements de la direction régionale des douanes de Mopti. Le trafic sur la Route nationale (RN15) appelée route du Poisson qui relie Mopti à Ouagadougou (capitale du Burkina Faso) en passant par Bandiagara, Bankass et Koro avait été fortement perturbé à cause de multiples attaques terroristes. Toute chose qui a aussi affecté les recettes de la douane sur ce corridor international. Grâce aux différentes patrouilles des Forces armées et de sécurité, notamment les unités spéciales de la gendarmerie, le trafic est devenu presque normal sur la RN15 pour le grand bonheur aussi bien des populations que de l’administration douanière de Mopti. «Aujourd’hui, la situation est meilleure sur la RN15 par rapport à un passé récent. Le bureau d’entrée de la région, c’est le bureau de Koro qui n’arrivait pas à fonctionner de façon normale, à cause de l’insécurité. Mais aujourd’hui, il y a des entrées et sorties des camions sur cet axe, ça veut dire que la circulation est redevenue fluide sur cette route», fait savoir le directeur adjoint de la douane de Mopti. L’inspecteur Cheick Oumar Tangara rappelle qu’en tant que force paramilitaire, la douane vient en appui aux Forces de défense et de sécurité. « C’est une mission traditionnelle de l’administration des douanes, en plus de ses missions fiscales. Dans la Région de Mopti, nous constations que la situation s’améliore grâce aux actions des Forces de défense et de sécurité», explique-t-il. Le responsable douanier fait remarquer qu’avant, la situation était extrêmement difficile pour son service. «Avant, il y avait des postes qu’on ne pouvait pas tenir. Aujourd’hui, avec l’amélioration de la situation sécuritaire dans la région, les agglomérations (Bankass, Douentza et Youwarou) sont occupées de nouveau par nos éléments», dit-il. Le directeur adjoint de la direction régionale de la douane de Mopti espère qu’avec l’évolution de l’opération Maliko, des postes avancés de la douane, notamment celui de Hombori où des agents douaniers ont été tués lors d’une attaque terroriste, seront occupés, de nouveau, par les brigades mobiles d’intervention.  Avec la montée en puissance des FAMa, la douane de Mopti a l’espoir d’atteindre les objectifs qui lui sont assignés. Déjà le mois dernier, elle a réalisé plus de 70% de ses objectifs. Une prouesse qui pourrait être rééditée, voire dépassée à la fin de ce mois. En ce qui concerne le service de la protection civile de Mopti, elle appuie aussi les FAMa dans leurs opérations sur les théâtres d’opération. Lors des attaques terroristes, elle se déploie sur le terrain pour transporter les blessés vers les centres hospitaliers. Comme en témoigne le directeur régional de la protection civile de Mopti, le lieutenant-colonel sapeur pompier, Namaké Dembélé. «Nous participons pleinement à l’opération Maliko dans le cadre des missions qui sont confiées à la protection civile, notamment la lutte contre les incendies, les cas d’attaques terroristes, l’évacuation des blessés de guerre’, dit-il.  « Si les villages sont attaqués par les terroristes, on évacue les blessés ou quand les assaillants brûlent les maisons, éteint les feux. Je vous cite le cas de Songho où l’attaque terroriste a fait une trentaine de morts et 18 blessés. Nous intervenons également sur le fleuve dans le cadre des patrouilles nautiques avec les Forces de défense et de sécurité», explique le directeur régional de la protection civile de Mopti. Le lieutenant-colonel Dembélé salue les autorités pour avoir mis à la disposition de son service de nouveaux équipements lui permettant d’accomplir pleinement ses missions sur le théâtre d’opérations.  A l’image des autres forces paramilitaires, la police est aussi très engagée dans la lutte contre le terrorisme. Elle mène des patrouilles régulièrement dans les villes où est elle est présente. C’est le cas notamment à Mopti et Bandiagara où notre équipe s’est rendue. MK/OD (AMAP)

De présumés terroristes aux mains de la Prévoté

Envoyés spéciaux Madiba KEÏTA Oumar DIOP Mopti, 22 fév (AMAP) De présumés terroristes appréhendés lors des opérations militaires sont mis à la disposition de l’unité prévôtale de la gendarmerie qui mène des investigations pour décider de leur sort. Actuellement, plusieurs d’entre eux sont en garde à vue à Mopti dans le cadre des enquêtes préliminaires. Selon un officier de la gendarmerie, la plupart de ces présumés terroristes ont été capturés sur le front ou sur renseignement. Parmi lesquels, il y a des adultes mais aussi de très jeunes. «Ils sont ici dans de bonnes conditions. Ils bénéficient de tous les droits d’un prisonnier. On leur donne à manger régulièrement et on soigne aussi ceux qui sont malades», assure notre interlocuteur. Après la phase d’enquêtes préliminaires, les présumés djihadistes sont remis à la justice, en attendant leur procès. Il arrive que certains d’entre eux soient relaxés après les enquêtes de la gendarmerie. MK/OD (AMAP)

Lutte contre le terrorisme à Mopti (Centre) : Les gendarmes en première ligne

Envoyés spéciaux Madiba KEÏTA Oumar DIOP Mopti, 22 fév (AMAP) La Route nationale (RN 15), appelée route du Poisson, a beaucoup fait parler d’elle ces dernières années à cause des attaques répétées de groupes armés terroristes. Les habitants des villages riverains ne dormaient que d’un œil, car à tout moment, les terroristes pouvaient faire irruption dans leurs localités pour tuer des innocents, brûler des maisons ou encore emporter le bétail. Ces hommes sans foi, ni loi tendaient aussi des embuscades aux forains et aux Forces de défense et de sécurité en utilisant les Engins explosifs improvisés (EEI). Dans leur dessein de faire mal aux populations, les groupes terroristes ont saboté la plupart des ouvrages se trouvant sur le tronçon Sévaré-Bandiagara sur la RN 15. Aujourd’hui, le trafic a repris normalement sur ce corridor qui relie le Mali et le Burkina Faso, grâce aux patrouilles des unités de la 6è Région de la gendarmerie nationale. Le colonel Mahamadou Siné Doucouré et ses hommes ont la lourde tâche de sécuriser la circulation des personnes et des biens sur la RN 15.  Ce mercredi 16 février 2022, nous les avons suivis durant une bonne partie de la journée. Plusieurs véhicules Pick-up remplis de gendarmes armés jusqu’aux dents se mettent en branle vers midi en direction du village de Ficko, sur la RN 15 où les mouvements de Groupes armés terroristes (GAT) avaient été signalés par les villageois. Le chef de village, Bréhima Traoré, et ses conseillers ont fait part de leurs inquiétudes aux patrouilleurs par rapport à cette situation. «Avec les différentes opérations de l’armée, les terroristes se sont regroupés à 3 km de notre village. Pour le moment, ils ne sont pas venus nous attaquer comme ils le faisaient avant, mais nous avons peur», s’inquiète Sékou Traoré, un des conseillers du chef de village. Il a ainsi demandé à l’armée de bombarder la position des terroristes pour les éloigner loin de son village. «Nos femmes et nos enfants ont peur d’aller en brousse pour ramasser le bois ou faire d’autres activités. C’est vrai que les hommes n’ont pas encore commencé les travaux champêtres, mais nous ne voulons pas avoir affaire à ces gens qui n’hésitent pas à tuer nos enfants ou à violer nos femmes», dit le vieux Traoré, tout en reconnaissant que la présence des gendarmes rassure les populations locales. Le colonel Mahamadou Siné Doucouré explique aux villageois que l’armée est désormais dans une posture offensive, dans le but de sécuriser les personnes et les biens. Il promet que les patrouilles seront menées de jour comme de nuit afin de débusquer les terroristes dans leur dernier retranchement. Les gendarmes ont continué la patrouille en remontant vers Yawakanda où un pont a été détruit par les terroristes. Les travaux de rénovation sont sécurisés par les hommes du peloton de surveillance de la 6è Région de la gendarmerie nationale, le lieutenant Harouna Dembélé. «Cette patrouille s’inscrit dans le cadre de la sécurisation du trafic sur la RN15. C’est pour permettre aux populations de circuler en toute quiétude sur cet axe routier que nous menons intensivement des patrouilles», explique l’officier de gendarmerie. Les patrouilles permanentes que mènent le colonel Mahamadou Doucouré et ses hommes sur la RN15 font que les populations riveraines ont repris leurs activités commerciales. «En menant ce genre de patrouilles, nous faisons ce que nous appelons la police de proximité. On s’arrête dans les villages pour parler avec les populations, pour savoir ce qui se passe chez elles, pour connaître leurs problèmes et leur faire comprendre notre mission. La population de Ficko était contente de nous recevoir, tout cela contribue à la montée en puissance des FAMa», indique-t-il. «La gendarmerie est partie intégrante des Forces armées maliennes (FAMa). Dans le cadre de nos missions régaliennes, nous travaillons dans le secteur 4 de l’opération Maliko. à travers notre présence dans certaines emprises, nous travaillons, souvent, en solo ou avec d’autres forces sous le commandement du commandant du secteur 4 de l’opération Maliko », explique le colonel Doucouré. « Ces derniers temps, nous sommes plus offensifs. Les opérations que nous menons sur le terrain sont concluantes», explique l’officier supérieur, tout en se réjouissant des moyens mis à la disposition de la 6è Région de la gendarmerie nationale par les autorités de la Transition. «Nous avons, pratiquement, les mêmes armements que l’Armée de terre. Nous avons aussi des capacités de déminage. Nous sommes, aujourd’hui, à un certain niveau par rapport à la montée en puissance des FAMa», dit le colonel Doucouré. De Yawakanda, la patrouille de la gendarmerie a regagné la base à Sévaré vers le petit soir. L’unité nautique a pris la relève par une patrouille sur le fleuve Niger, à Mopti. Nous avons embarqué à bord des bateaux dont certains sont équipés de mitrailleuses. En effet, les patrouilles sur les eaux dans la Venise malienne ont permis, dans un passé récent, d’intercepter du carburants et des vivres destinés aux GAT. Au cours de notre incursion, la patrouille est tombée sur une grosse pinasse en provenance de Diré. Les gendarmes ont procédé au contrôle qui a duré une demi-heure.  Selon le colonel Doucouré, Mopti étant entourée par les eaux, la surveillance du fleuve est très importante pour, non seulement, lutter contre le trafic illégal mais, aussi, pour faire en sorte que les groupes terroristes et leurs complices ne viennent se ravitailler à Mopti par pirogues. La 6è Région de la gendarmerie nationale est aussi dotée de motos pour mener des patrouilles nocturnes dans la ville de Mopti. Il est 21 heures, une vingtaine de motos conduites par des agents armés se mettent en branle dans Sépare avec pour mission de sécuriser les personnes et les biens. Ayant reçu l’information de l’infiltration d’une trentaine de présumés terroristes à Sévaré, les gendarmes avaient pour mission de s’informer auprès des habitants de la présence de ces individus suspects dans leurs alentours. Interrogé, le colonel Doucouré a tenu à préciser qu’avec ces patrouilles nocturnes qui sont menées régulièrement à Mopti et Sévaré, il ne s’agit pas de contrôler

Révision de la Charte de la Transition : Le feu vert du Conseil national de la transition (CNT) 

Bamako, 22 fév (AMAP)  Le Conseil national de la transition (CNT) a adopté, lundi, le projet de loi portant révision de la Charte de la Transition du 12 septembre 2020, sans débat contradictoire, à l’unanimité de ses membres présents par 120 voix pour, zéro contre et zéro abstention.  Le vote a eu lieu lors de la séance plénière au Centre international de conférences de Bamako (CICB), sous la présidence du président du CNT, Malick Diaw.  La nouvelle version de la Charte de la Transition prévoit, notamment, l’élargissement du gouvernement et l’augmentation du nombre des membres de l’organe législatif de 121 à 147. A propos de la durée de la Transition, les membres du CNT s’en sont tenus aux recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR) en attendant la fin du processus de pourparlers avec les partenaires du Mali. Cette loi portant révision de la Charte de la Transition s’articule autour de trois articles. Malgré la volonté des autorités de la Transition de tenir le délai, exprimée dans le Plan d’action du gouvernement (PAG) adopté, la durée se révèle intenable. selon les autorités de la transition. Elles justifient cet état de fait par  les réformes indispensables initialement retenues et confirmées par les recommandations des ANR. D’où la nécessité de réviser la Charte de la Transition, sur le fondement des dispositions de l’article 21, « pour procéder aux ajustements nécessaires et permettre ainsi sa mise en œuvre efficiente et l’atteinte des objectifs de la transition ».  Ainsi, le préambule tiendra compte des recommandations des ANR en ses dispositions relatives à la durée de la transition. Les modifications portent également sur la suppression du poste de vice-président « pour, d’une part, réduire le train de vie de l’Etat et, d’autre part, permettre au ministre chargé de la Défense et celui chargé de la Sécurité de recouvrer et d’exercer la plénitude de leurs attributions traditionnelles ». L’augmentation du nombre des membres du CNT de 121 à 147 et la non limitation des membres du gouvernement renforceront davantage l’inclusivité et la stabilité de la gouvernance politique et sociale. « Toute chose qui aboutira  à une bonne réussite de la transition en cours ». Un décret du président de la Transition fixe la clé de répartition entre les composantes du CNT. Et le CNT exerce les prérogatives définies par cette Charte et la Constitution du 25 février 1992. S’agissant du délai de la transition allant dans le sens de la prolongation telle que voulue par les ANR, « il doit s’établir sur la base du réalisme politique et des négociations sincères avec les partenaires de notre pays ». Mais surtout en se conformant aux recommandations des Assises. Sur ce sujet, il est important de tenir compte des réformes nécessaires à entreprendre pendant cette période de transition.  En cas de vacance de la présidence de la Transition pour quelque cause que ce soit ou d’empêchement absolu ou définitif du président de la Transition pour quelque cause que ce soit, constaté par la Cour constitutionnelle saisie par le président du CNT et le Premier ministre, les fonctions du président de la Transition sont exercées par le président du CNT jusqu’à la fin de la transition. Un autre article de la Charte révisée énonce que le président de la Transition n’est pas éligible aux élections présidentielle et législatives qui seront organisées pour marquer la fin de la transition. Cette disposition n’est pas susceptible de révision.   Par ailleurs, plusieurs missions sont confiées à la transition par la présente Charte, notamment le rétablissement et le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire en passant par le redressement de l’Etat ainsi que la création des conditions de base pour sa refondation. La promotion de la bonne gouvernance, la refonte du système éducatif, l’adoption d’un pacte de stabilité sociale tout comme les réformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives sont d’autres  tâches que doivent gérer les autorités. S’y ajoutent l’organisation des élections générales, la mise en œuvre intelligente de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger et la mise en œuvre intelligente et efficiente des recommandations des ANR. La Charte révisée stipule que les membres du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et tous les acteurs ayant participé aux évènements allant du 18 août 2020 à l’investiture du président de la Transition, et ceux du 24 mai 2021, ne peuvent être poursuivis ou arrêtés pour les faits et actes commis lors desdits évènements. Une loi d’amnistie est adoptée à cet effet. Pour sa part, le ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politiques et institutionnelles s’est réjoui du vote de la Charte par le CNT. Mme Fatoumata Sékou Dicko a promis de prendre en compte les amendements et recommandations formulés. C’était en présence du ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga. OD/MD (AMAP)

Goodluck Jonathan attendu à Bamako jeudi prochain

Bamako, 21 fév (AMAP) Le médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) pour le Mali, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, effectuera une mission à Bamako le jeudi 24 février 2022, annonce la commission de l’organisation sous-régionale. Dans un communiqué, rendu public lundi,  la Commission de la CEDEAO précise que la « mission fait suite aux rencontres techniques qui se sont tenues, la semaine dernière, sur le chronogramme des élections et permettra de discuter des prochaines étapes avec les autorités de la Transition ».  « Le médiateur de la CEDEAO sera accompagné du président de la Commission, Jean-Claude Kassi Brou et du commissaire en charge des Affaires politiques, de la Paix et de la Sécurité », selon la mêne source. Goodluck Jonathan dont la dernière visite au Mali date du 21 décembre 2021 était porteur, lors de ce déplacement, d’un message des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. SS/MD (AMAP)

Sanctions de l’UEMOA : Le gouvernement du Mali saisit la Cour de justice communautaire 

Bamako, 21 fév (AMAP) Bamako a constitué un collectif de six avocats maliens pour saisir la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) de deux recours contre les décisions issues de la Conférence des chefs d’Etats et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) du 09 janvier 2022, annonce un communiqué de ces avocats daté du lundi 21 février.  A la demande des autorités de la Transition, ce pool d’avocats conduits par Me Moustapha Cissé, Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Mali, a introduit un « premier recours (qui) tend à obtenir de la Cour de Justice de l’UEMOA sise à Ouagadougou, au Burkina Faso, l’annulation des décisions sus visées ».   Le deuxième recours tend à demander « la suspension de l’exécution des sanctions eu égard aux effets gravement préjudiciables à l’Etat du Mali, aux populations maliennes et africaines vivant au Mali », souligne le communiqué.  La même source précise que les deux recours, évoquant « l’illégalité absolue des sanctions au regard des textes et objectifs de l’organisation régionale, ont d’ores et déjà été formellement enregistrés au greffe de la Cour de justice de l’UEMOA le 15 février 2022.  Ces décisions des deux organisations sous-régionales imposent de lourdes sanctions économiques et financières au Mali qui réagit, ainsi, sur le terrain juridique et entend  « user de toutes les voies de recours légales pour exiger l’annulation de ces mesures restrictives. AT/MD (AMAP)

Faits d’armes

Envoyés spéciaux MT & HK  Koutiala, 21 fév (AMAP) L’opération d’envergure «Kélétigui» a été lancée en décembre 2021 pour traquer les groupes terroristes jusque dans leurs sanctuaires les plus reculés. Cette mission à laquelle participe le Groupement tactique inter-armé (GTIA 2) basé à Karangana, localité située à 70 km de Koutiala, a réalisé plusieurs succès probants sur le terrain.  Les terroristes qui écumaient certaines localités des Régions de Sikasso et Koutiala (Sud) ont pris la fuite face à la puissance de feu des Forces armées maliennes.  «Le GTIA est une composante inter-armé. Nous avons des blindés, l’artillerie, la prévôté et d’autres entités comme les renseignements qui participent aux opérations», explique le capitaine Amadou Diallo, commandant sous GTIA 1 de l’opération Kélétigui.  Cette coordination dans la mise en actions des opérations se révèle décisive dans les victoires militaires sur le terrain. Les différentes entités de l’opération Kélétigui ont à leur actif des faits d’armes remarquables comme la neutralisation de groupes terroristes dans les collines de Tièrè, le 14 janvier dernier, la récupération de véhicules, d’engins à deux roues et de matériels militaires.   Entre le 17 et le 22 janvier 2022, les reconnaissances offensives dans les secteurs de Tièrè, Tanguela, Danderesso, Mizansso, Kougniou et Kabalé ont été menées avec des fouilles de la forêt de Tandio et la destruction à l’artillerie d’une base terroriste dans les collines de Tièrè. Ces opérations ont conduit à la récupération d’un véhicule, d’un camion-citerne de 10 tonnes transportant du carburant, un camion de contrebande, la saisie de sept motos, l’interpellation de 22 suspects terroristes.  Sur les collines de Tandio, les opérations avec l’appui de l’artillerie ont permis la destruction de base terroriste et la récupération de deux véhicules et l’interpellation de suspects. La montée en puissance des Forces maliennes dans les localités de Koutiala et Sikasso rassure les populations. Celles-ci reprennent leurs activités économiques longtemps perturbées par la présence des groupes terroristes. MT/HK (AMAP)