Apprentis chauffeurs : En attendant le permis de conduire

Par Oumar SANKARE Bamako, 03 nov (AMAP) Le soleil darde ses premiers rayons du ciel d’un lundi matin. Une centaine de camions citernes fait la queue dans les alentours de l’Office nationale des produits pétroliers (ONAP) à Faladié. Certains passent au bureau des douanes, pour des formalités, d’autres attendent, impatiemment, de reprendre la route ou sont en réparation dans les nombreux garages installés dans la zone. La providence a fait se croiser le destin d’un groupe de jeunes qui, aujourd’hui, forment une famille. Venus tous du Mali profond, leur objectif est de réussir à Bamako afin de s’occuper de leurs parents restés au village. Assis sous un hangar en paille, qui leur sert de terrasse, leurs sacs et objets personnels cohabitent avec quelques pièces de rechange de camion, dans un kiosque métallique rouge. Les six garçons sont assis, deux sur des chaises et deux autres se partagent un lit pliable. Seul, Adama Sangaré, 28 ans, le plus âgé du groupe est sur sa chaise et prépare du thé, l’infusion préférée au Mali. A la radio, un titre populaire du rappeur Master Soumy passe en boucle, musique qui se mêle aux coups de marteau et vrombissements de moteur de camions en réparation. A côté, des poules gloussent, grattent et picorent des graines visibles d’elles seules. Ils viennent de Ségou, Bamako, Sikasso, Loulouni, Fana, Baraoueli et espèrent devenir, un jour, des chauffeurs de poids lourds. Moulaye Konta, Oumar Seck, Mamoutou Berthé, Mamadou Diabaté et Gaoussou Diarra sont, tous, « apprentis », pour le moment. Bien que le métier soit rude, avec des revenus dérisoires, ils l’aiment. En effet, grâce à leur travail, ils voyagent dans différents pays de la sous-région, rencontrent de nouvelles personnes, découvrent d’autres cultures, d’autres mets, d’autres réalités mais, aussi, de mauvaises expériences, des attaques de bandits armés et des accidents mortels qui les marquent à vie. Moulaye Konta, 23 ans, a réussi à l’examen du baccalauréat, il y a deux ans. Après 6 mois sur les bancs de l’université de Ségou, il rejoint Bamako sur instruction de son père. Ce dernier, le confie à un chauffeur de camion-citerne. Un peu réservé, le seul rêve de Moulaye est de devenir aménagiste. En attendant que son père réunisse les moyens pour financer ses études, il se rend utile et espère gagner un peu d’argent pour le soutenir. Pour son premier voyage, il se rend au Ghana avec son patron pour transporter du carburant au retour. « Un choc de culture !!! Ce voyage m’a beaucoup marqué. Accra, la capitale est tellement propre que je me croyais dans une ville européenne, comme on les voit dans les films », se remémore-t-il avec un large sourire. « Nulle part à Accra, on ne voit de déchets. Un peu partout, il y a des poubelles. Les taxis, sont propres et en bon état. Pas comme les nôtres qui sont sales et vieux », raconte Moulaye. Dans les régions de Téma, Takoradi et Cape Coast qu’il a pu visiter, « les universités sont immenses. Pas comme chez nous ». « En fait, ce sont des villes dans les villes où il faut des bus et taxis pour se déplacer à l’intérieur, tellement elles sont grandes », ajoute Adama Sangaré. Certains confient avoir vu des agents de police ghanéens verbaliser des étrangers pour avoir jeté des déchets à tout va. Mamoutou Berthé, 25 ans, abonde dans le même sens et dit à quel point il a été émerveillé, lors de son premier séjour à Abidjan. « Les gratte-ciels à perte de vue, les transports en commun ultra modernes, la mer et, surtout, la nourriture qui coûte moins chère ». Mais, aussi, voir tous ceux qui roulent à moto, porter un casque, une chose inimaginable pour ces jeunes apprentis. Souvent, après de longs séjours, de découvertes et de belles rencontres avec des apprentis d’autres pays, le chemin du retour est souvent semé d’embûches. « A l’aller, le voyage est en général calme », confie Adama Sangaré, le plus âgé des apprentis. Les difficultés interviennent au retour, lorsque les citernes et autres camions sont chargés de marchandises. Il y a, très fréquemment, les cas de pannes qui peuvent, souvent prendre jusqu’à deux ou trois semaines avant d’être réglées. « Dans ces cas, on se trouve en plein milieu de nulle part. Pour trouver un mécanicien ou des pièces de rechanges, on fait de l’auto-stop pour rallier la ville la plus proche », relate Mamadou Diabaté. UNE VIE DURE – Certains chauffeurs donnent gentiment de l’eau à boire et, souvent, quelques provisions. Il y a une grande solidarité, sur la route, les chauffeurs ghanéens, ivoiriens, togolais, béninois et autres ne manquent jamais d’apporter assistance et c’est réciproque. Il arrive que certains chauffeurs laissent l’apprenti se débrouiller en pleine campagne mais cela reste des cas rares car la marchandise transportée est sous sa responsabilité. En plus de cela, il y a les cas d’attaques par les bandits armés, friands de camions chargés de marchandise. Il y a deux mois, un camion en route pour le Mali a été attaqué sur la route de Bouaké (Côte d’Ivoire). La cabine a été criblée de balles. L’apprenti a reçu deux projectiles, un au bras et l’autre à la hanche. « Il est, aujourd’hui, hors de danger », confie Mamadou Diabaté. Il y a eu une attaque similaire au Ghana, plus précisément à Wale-Wale, au cours de laquelle la cabine du camion a reçu quatre impacts de balle, deux sur le pare-brise et deux autres, un peu au-dessus de la roue arrière gauche. Enfin, il y a les cas d’accidents mortels, aussi horribles les uns que les autres. « Une fois au Burkina Faso, l’une des roues d’une citerne était enfoncée dans un trou. Avec d’autres personnes, nous leur avons porté notre aide, », relate Oumar Seck, entre deux gorgées de thé à la menthe. Un camion grue est venu assister, mais pendant plusieurs heures il n’y avait pas d’évolution. « On ne sait comment, le camion a pris feu », raconte le jeune apprenti. « Nous avons dû prendre nos distances de la scène. Le carburant, la citerne, la grue et un autre véhicule ont tous brulé », dit-t-il.

Banques et établissements financiers du Mali : La grève se poursuit pour la détresse des clients

Bamako, 02 nov (AMAP) Après une grève de 72 heures largement suivie par les banques et établissements financiers, les stations-services, la semaine dernière, le Syndicat national des banques, assurances, micro finances, établissements financiers et commerces du Mali (SYNABEF), a entamé depuis, hier lundi, un nouveau débrayage de 72 heures. Ce mouvement fait suite à un préavis déposé le 7 octobre dernier, annonçant la reconduction de l’arrêt du travail si aucun compromis n’était trouvé. En conséquence, seuls les guichets automatiques des banques concernées étaient en service hier. La Banque de développement du Mali (BDM SA) et la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC) se sont désolidarisées de la grève. Quant à la Bank of Africa (BOA), son comité syndical n’est pas membre du SYNABEF. Les points de revendication du SYNABEF portent sur le départ du directeur général de la BDM, Brahima Haïdara, à l’affaire de Mme Kané Djénaba Sall (convaincue de détournement), à la transposition et la relecture de la Convention collective. La reconduction de la grève est insoutenable pour de nombreux clients, privés d’opérations aux guichets. Beaucoup de personnes n’arrivent pas à toucher leur salaire. Rencontré à l’ACI 2000 devant une banque de la place, Mamadou Danfaga, agent de police, était venu pour une opération bancaire. «Franchement, cette situation est inadmissible. Les grévistes doivent tenir compte de la situation actuelle du pays», a-t-il dénoncé, avant d’attirer l’attention des grévistes sur le fait que certains parents qui doivent payer les fournitures scolaires pour leurs enfants, n’ont pas encore touché leur salaire, à cause de ces arrêts consécutifs du travail dans certaines banquiers. Moussa Dembélé, un autre client, a invité les protagonistes à la retenue. « Ils doivent, selon lui, faire passer l’intérêt des clients qui traversent déjà des périodes très difficiles à cause de la situation du pays, devant leurs intérêts personnels». Dimanche dernier, les syndicalistes étaient autour de la table de négociations avec l’Association des banques et établissements financiers (APBEF) et le Comité des compagnies d’assurances (CCA) au ministère du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, de 17h à 02h du matin, en présence du ministre de l’Économie et des Finances. Mais aucun point des revendications concernant le SYNABEF n’a été accepté par l’APBEF et le CCA. « Autrement dit, les patrons de banques restent sur leur position », a regretté le secrétaire administratif du SYNABEF, Cheick Oumar Diakité. Selon les grévistes, seules les requêtes relatives aux conditions de vie et de travail des pompistes des stations services Shell, Total et Oryx et des agents du Pari mutuel urbain (PMU), ont été acceptées. « Quitus a été également donné pour la régularisation de ceux qui travaillaient en gestion déléguée », a encore ajouté le syndicaliste. « Le gouvernement, dans son rôle d’arbitre, s’est beaucoup impliqué dans les négociations », a reconnu notre interlocuteur. « Soucieux de la situation du pays, le SYNABEF a retiré devant le ministre en charge du Travail, les points relatifs au directeur général de la BDM, Bréhima Haïdara, à Mme Kané Djénaba Sall et à la transposition et la relecture de la Convention collective », a détaillé Cheick Oumar Diakité. « Ces concessions n’ont pas pu faire fléchir la position des patrons de banques », a-t-il regretté, menaçant de poursuivre la grève si les doléances ne sont pas satisfaites. Une source à l’APBEF indique que les parties vont se retrouver, à nouveau, autour de la table de négociations afin de parvenir à un compromis. «Faute de satisfaction, la grève sera reconduite pour 72h», avait menacé la semaine dernière, le secrétaire général du SYNABEF, Hamadoun Bah. Il avait rappelé que son organisation exige, entre autres, le retour à la BDM de Mme Kane Djénébou Sall, «arbitrairement licenciée», la relecture de la convention sur la grille salariale pour une augmentation de 30% qui, selon la convention, doit se faire tous les trois ans. Le syndicat réclame, aussi, de remettre dans leurs droits les 45 travailleurs d’Ecobank-Mali licenciés pour motif économique. Hier, la direction générale de la Banque nationale de développement agricole (BNDA) et Ecobank ont assuré un service minimum, une manière de répondre aux cris de détresse  de leurs clients. Les grévistes vont-ils entendre les cris de détresse de leurs clients ? Pas si sûr. Les syndicalistes semblent déterminés à faire aboutir leur lutte. Ils montaient hier la garde dans les cours des banques concernées pour s’assurer du suivi strict du mot d’ordre de grève. À la Banque malienne de solidarité (BMS S.A), le secrétaire administratif du Synabef et ses camarades assuraient le piquet de grève. BBC/MD (AMAP)

Rentrée scolaire : Les cours n’ont pas commencé partout à Bamako

Par Amadou SOW Bamako, 02 nov (AMAP) La rentrée des classes est effective au Mali depuis lundi 1er novembre 2021. Le constat général est que les cours n’ont pas démarré partout dans la capitale, Bamako. Apres un tour dans certains établissements publics te privés, dans bien des cas, élèves, enseignants et responsables de l’administration scolaire étaient bien sur place. Les directeurs des établissements scolaires nous ont exprimé des appréhensions par rapport au communiqué des Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 (Synergie), notamment la rétention des notes. Aux environs de 9 h 30, notre équipe de reportage est arrivé au groupe scolaire Mamadou Konaté. Les enseignants étaient regroupés sous un grand manguier. Certains élèves étaient dans les classes et d’autres en train de deviser dans la cour de l’établissement. Le directeur-coordinateur de l’établissement a expliqué que la reprise était effective mais que les cours n’avaient pas encore commencé. «Jusque-là, nous n’avons pas encore la décision de passage. En outre, le conseil de proposition de passage en classes supérieures n’est toujours pas fait. Impossible de travailler si nous n’avons pas cette décision qui permet de savoir qui passe en classe supérieure ou qui redouble», a dit le pédagogue. Le directeur du groupe I de l’école Mamadou Konaté, Abdoul Salam Sidibé, a confirmé ces difficultés. Il a ajouté qu’il y a aussi des travaux de rénovation de son établissement. Malheureusement, la réception officielle des salles de classes n’est pas encore faite. «Nous avons occupé les classes en attendant la réception officielle », a-t-il signalé, avant d’inviter à aplanir rapidement les difficultés. Au niveau du groupe scolaire Karamoko Sangaré à Ouolofobougou Bolibana, les élèves étaient dans les classes pour certains (mais ils ne prenaient pas de cours), d’autres dans la cour de l’école. Le directeur de cet établissement scolaire, Soriba Koné, a confirmé aussi la non disponibilité de la liste de passage qui détermine les élèves qui passent en classes supérieures. Il a expliqué qu’il attendait cette liste pour que les enseignants de son établissement commencent à dispenser les cours. A l’école de Dravela I, les cours ont bel et bien démarré hier. Le directeur de l’établissement, Mamadou Doumbia, a indiqué que toutes les dispositions ont été prises pour le bon déroulement de l’année scolaire, même si on attend encore la décision de passage des élèves. Le censeur, Karim Goïta, du groupe scolaire Ba Nanssou, un collège privé, a aussi affirmé que tout se passe bien au sein de son établissement. «Les élèves sont venus récupérer leurs fournitures. Tout est prêt pour respecter la décision gouvernementale», a-t-il souligné. Cependant, il a déploré la lenteur dans l’octroi des subventions aux établissements scolaires privés pour l’enseignement secondaire. Il a ajouté que depuis deux ans, son établissement, tout comme d’autres, n’a pas encore reçu le moindre Kopeck de l’État. Notre interlocuteur espère que les négociations en cours entre le gouvernement et les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 aboutissent pour que l’école malienne reparte sur des bases plus saines. Il a souhaité vivement une solution définitive aux maux qui minent notre système éducation. AS (AMAP)  

Sikasso : Rentrée scolaire effective

Sikasso, 02 nov (AMAP) Les enseignants et les élèves ont répondu présents, lundi, dans les établissements scolaires de, Sikasso (Sud), la capitale du Kénédougou où. Gouverneur de la Région régional, Siné Dembélé, accompagné de ses proches collaborateurs et des responsables du monde scolaire, a sillonné quelques écoles pour constater l’effectivité de la rentrée. La délégation s’est rendue au groupe scolaire Oumar Kéletigui Berthé où une leçon modèle portant sur le changement climatique a été dispensée par un enseignant en présence des visiteurs. Le même exercice au lycée public III et au Lycée technique où les élèves ont exprimé leur impatience de reprendre les cours. La dernière étape de la visite a eu lieu à l’Institut de formation des maitres (IFM) où la leçon modèle a été dispensée par un professeur de psychopédagogie devant les visiteurs. Selon le directeur de l’Académie d’enseignement (AE) de Sikasso, Sinaly Togola, la rentrée scolaire a été plus ou moins effective dans sa circonscription. «Je place la nouvelle année scolaire sous le signe de l’espoir», a-t-il affirmé. Sinaly Togola a regretté la situation sécuritaire dans la région. Ce qui a empêché les élèves des zones de Danderessso et de Nogon Souala d’effectuer leur rentrée scolaire. « A cause de l’insécurité, les élèves de ces localités ont même été obligés de venir passer leurs examens de l’année 2021 dans la ville de Sikasso », a-t-il déploré, soulignant que jusqu’à présent, ce problème n’est pas résolu. Il a rappelé que le thème de la rentrée scolaire, pour cette année, est : «un enfant, une plante». A cet effet, les membres de la délégation ont planté, chacun, un arbre dans chaque école. En termes de problèmes dans sa circonscription, M. Togola a évoqué le difficile respect des mesures barrières contre le Covid-19 à cause des effectifs pléthoriques dans les salles de classes (100, 200 élèves), les multiples mutations des enseignants, le manque d’enseignants et l’insécurité. Il a invité tous les acteurs du secteur de l’éducation à s’unir afin de sauver l’année scolaire dans toutes les localités. MFD (AMAP)

San : Une rentrée sans incident

San, 02 nov (AMAP) Jour de rentrée scolaire. Il est environ 7h 45 dans l’enceinte du groupe scolaire Amitié, lorsque le directeur de cabinet du gouverneur de la Région de San, Karim Coulibaly, arrive sur les lieux pour le démarrage de l’année. On notait la présence des autorités politiques, scolaires et sécuritaires. Il a assisté à la montée des couleurs et à la présentation de la leçon modèle sur le changement climatique dans une classe de 6e année. Le directeur de cabinet et sa délégation ont, ensuite, rallié le lycée public de San pour y constater aussi l’effectivité de la rentrée des classes. Les autorités régionales ont invité élèves et enseignants à se mettre au travail en vue d’obtenir de bons résultats scolaires. Après le lycée public, la délégation a poursuivi sa visite dans d’autres établissements de la ville. Dans toutes les écoles visitées, élèves, enseignants et personnel de l’administration scolaire étaient bien présents. NC (AMAP)

Niono : Des écoles encore occupées par les déplacés

Niono, 02 nov (AMAP) La nouvelle année scolaire a débuté, lundi, à Niono, dans le Centre du Mali où des populations déplacées par l’insécurité occupent certains établissements de la localité, a constate l’AMAP sur place. La 2è adjointe du préfet, Mme Diassana Fatou Daou, à la tête d’une importante délégation comprenant le maire de la Commune urbaine de Niono, le directeur du Centre d’animation pédagogique (CAP) et des représentants des Forces de défense et de sécurité, s’est rendue dans une classe de 2è année à Nango du Sahel pour constater l’effectivité de la reprise des cours. La délégation a prodigué de précieux conseils aux élèves dans cet établissement scolaire et d’autres mais leur a, surtout, souhaité une bonne année scolaire 2021-2022. Elle a regretté que des salles de classes soient encore occupées par des déplacés à cause des conflits dans la zone. MS/MD (AMAP)

Basket-ball Africa League : L’AS Police obtient son ticket pour l’élite 16

Bamako, 2 novembre (AMAP) L’AS Police disputera l’Elite 16 de la deuxième édition de Basketball Africa League (BAL) 2022, a appris l’AMAP de source proche de la fédération malienne de Basketball (FMB). Le champion du Mali en titre a décroché son billet pour le Top 16 continental, en dominant 80-72 Seydou Legacy athlétic club (SLAC), dimanche au Palais des sports de Conakry. Les Policiers ont terminé avec le même nombre de victoire (1) que le représentant guinéen, mais se sont qualifiés à la faveur du goal-average particulier. La compétition devait regrouper trois équipes, mais Predio Basket-ball du Cap-Vert a déclaré forfait, laissant ainsi la voie grandement ouverte à l’AS Police et aux Guinéens de SLAC. Ces deux équipes se sont affrontées en aller-retour pour déterminer le premier du groupe A. Lors de la première journée, disputée le vendredi 29 octobre, l’AS Police s’était inclinée 93-95 devant l’hôte du tournoi. Mais 72h plus tard, c’est-à-dire dimanche, le représentant malien s’est racheté de belle manière, en battant largement le même adversaire 80-72, soit 8 points d’écart. Suffisant pour les protégés du coach Boubacar Kanouté pour terminer en tête du classement et se qualifier pour le Top 16 «Je suis très content et fier de l’équipe après cette qualification. Je dis bravo à mes joueurs, ils ont mouillé le maillot et méritent cette qualification pour le prochain tour», a confié au téléphone le manager de l’AS Police. L’ancien international s’est, ensuite, projeté vers le Top 16. «Après cette qualification, c’est toute l’AS Police qui va se mobiliser pour représenter dignement le Mali au Top 16. Notre ambition est d’aller le plus loin possible dans la compétition», a martelé coach Kanouté. Pour l’intérieur de l’AS Police, Benké Diarouma, il faut oublier la tournoi qualificatif et ses concentrer déjà sur le prochain tour «Après le faux pas de la première journée, on s’est fixé comme objectif de remporter la manche retour et de terminer premier du groupe. L’équipe a abordé le deuxième acte avec courage et abnégation et a relevé le défi. Le haut niveau a des exigences, on va se préparer en conséquence pour porter haut les couleurs du Mali dans ce tournoi continental», promet l’international malien. SSK (AMAP)

Kayes : Rentrée scolaire partielle

Kayes, 02 nov (AMAP) Le directeur de cabinet du gouverneur de Kayes (Ouest), Amadou Dicko, a procédé, lundi, au lancement officiel de la rentrée scolaire 2021-2022 dans l’enceinte du Complexe scolaire Boubou Sow de Khasso (CSBSK), une école privée. Il a aussi offert des arbres aux élèves de cet établissement dans le cadre de la campagne de reboisement en cours visant à atténuer les effets néfastes du changement climatique et à contribuer à l’embellissement de la ville. Amadou Dicko, qui représentait le gouverneur à cette cérémonie de lancement, a prodigué des conseils aux élèves, tout en les invitant, sans oublier les autorités scolaires, à bien entretenir ces arbres qui améliorent leur cadre de vie ou d’études. « L’arbre est la source de vie. Quelqu’un qui plante un arbre, n’a pas vécu inutile », a-t-il ajouté, en présence du Dr. Moussa Sow, promoteur du Complexe scolaire Boubou Sow de Kayes. Après Khasso, Amadou Dicko et sa délégation ont mis le cap sur le Complexe scolaire Hadja Safi N’Diaye de Légal-Ségou, situé également dans la ville de Kayes. Il a assisté à une leçon modèle sur le changement climatique dans une salle de classe. Le représentant du gouverneur a félicité et encouragé les élèves, tout en leur demandant de bien attacher leur ceinture. « L’examen se prépare dès le premier jour de la rentrée » a-t-il dit, en guise de conseils. Seydou Nourou Maïga, directeur de l’Académie d’enseignement de Kayes, a abondé dans le même sens. Au terme de ces visites, il a déploré l’absence de certains enseignants des collectivités qui n’ont pas encore rejoint leurs classes, à cause de la grève des syndicats de l‘Education. Si dans les établissements privés, la reprise est effective, dans le public la situation est différente. La rentrée n’a pas été effective à cause de la grève du Syndicat des travailleurs de Kayes, dont des enseignants et les agents de santé. Les grévistes réclament 15 mois de primes de zone. Au lycée Dougoukolo Konaré (LDKK), tout comme à l’Institut de formation des maîtres (IFM), les élèves qui étaient venus tôt, en masse, pour pouvoir suivre les cours, étaient obligés de retourner à la maison. « Peu de temps après 8 heures, quelqu’un a fermé les portes des classes. Seules la salle des professeurs et la direction étaient ouvertes. On nous a dit de revenir lundi prochain », nous a confié une élève du LDKK. Autre problème affectant la rentrée : la rétention des notes. Dans certains établissements de la capitale de la 1ère région administrative et dans d’autres cercles, les élèves, à l’exception de leurs camarades des 9è et 12è années (classes d’examen), ne sont pas encore fixés sur leur sort. MK (AMAP)

Diéma : La pastèque introuvable sur le marché

Par Ouka BA Diéma, 1er nov (AMAP) Exceptionnellement, cette année, la culture de la pastèque n’a pas réussi dans le Cercle de Diéma. La plupart des plantes ont séché avant même leur floraison, à cause des fréquentes ruptures de pluie, Ce qui aurait influé d’une manière générale sur l’ensemble des cultures, notamment le mil, le maïs et l’arachide. Sur les grands axes, il est rare de voir aux abords des routes des tas de pastèques réservés aux passagers. Dans le Kaarta, aujourd’hui, la culture de la pastèque permet de renforcer l’autosuffisance alimentaire. De nombreuses familles génèrent des ressources à travers la culture de la pastèque. Hommes, femmes et jeunes, tous s’adonnent à cette activité lucrative. Dès que les premières pluies tombent, tous se dirigent vers les champs pour labourer et semer. Mais beaucoup de gens commencent à se faire des soucis et pensent que dans les années à venir, la culture de la pastèque finira par remplacer totalement celle du mil, à cause des revenus intéressants qu’elle génère. Avec la production et la commercialisation de la pastèque, de nombreux jeunes se sont mariés. Certains se sont octroyés des motos, d’autres ont investi dans le commerce, l’élevage et autres activités génératrices de revenus. Aujourd’hui, dans le Cercle de Diéma, la culture de la pastèque a permis de fixer beaucoup de jeunes, les empêchant d’aller mourir sur les côtes méditerranéennes. Les femmes en tirent le plus grand profit. Certaines achètent des pastèques, qu’elles découpent en petites tranches vendues à cent francs cfa. Mais toutes déplorent la rareté et surtout la mauvaise qualité de la pastèque. C’est pourquoi, la marchande Djéba Traoré, ne laisse jamais un client goûter sa pastèque avant de l’acheter. Dans ces conditions, s’exclame la dame, je risque de perdre tous mes avoirs. Les deux hectares de pastèque de Baba Traoré, 3è adjoint au maire de la Commune rurale de Gomintradougou, n’ont rien produit. Auparavant, cet élu-producteur pouvait réaliser des recettes de près d’un million de francs cfa avec la vente de ses pastèques. Il évoque la rareté des semences de pastèque, qui, pour s’en procurer, il faut se rendre jusqu’à Kayes ou Bamako ou passer la commande. « Des transporteurs sont venus récemment dans notre village, mais ils en sont retournés bredouilles. Tous nos champs sont rasés. Pas de pastèques cette année », ajoute l’homme. D’après Bassi Baba Diarra, résident à Dioumara, la culture de la pastèque se porte mal dans cette localité. « De nombreux producteurs affluaient de Ségou pour venir cultiver la pastèque chez nous, mais cette année, on pouvait les compter sur le bout des doigts. On dirait qu’ils ont présagé cette mauvaise campagne « , se désole-t-il. Pour promouvoir la culture de la pastèque, il propose de rendre disponibles les semences jusqu’au niveau villages et hameaux. Il faut équiper les producteurs agricoles avec des matériels et intrants afin d’accroître leurs productivités. Même plainte chez le président de la chambre locale d’agriculture, Boubou Traoré, qui explique que son champ de pastèque a produit des fruits maigres et fades, à cause de l’insuffisance de pluies. Cette année, le prix de la pastèque a grimpé. « L’année dernière, avec 200 Fcfa, dit le représentant du monde rural, on pouvait avoir une pastèque de son choix ». « Il faut rentabiliser cette filière en implantant des unités de transformation », suggère-t-il. A Nafadji, selon Kantara Traoré, ce sont des gens de Ségou et Bougouni qui viennent cultiver de la pastèque. Ils vendent leurs produits aux commerçants de Bamako qui remplissent des camions pour aller ravitailler des unités de transformation. Mais cette année, aucune commande n’a été satisfaite dans ce village. La crise de la pastèque est ressentie partout. Modibo Fofana, résident à Fangouné Kagoro, rencontré au secteur de l’agriculture, dispose de deux hectares de pastèque. Il explique que le champ qu’il exploite avait été mis à la disposition du directeur d’école du village. « Un soir, lorsque je me promenais, dit-il, j’ai constaté que le champ en question n’avait pas été utilisé depuis deux ans. C’est ainsi que j’ai ordonné à mes enfants de le labourer et d’y semer de la pastèque », explique-t-il. Aucun champ de pastèque n’a fleuri cette année à Diangounté Camara. Bakary Sacko, rapporte qu’au moment où les plantes ont commencé à pousser, les pluies ont été interrompues. Quand il parcourt son champ, le bruit des feuilles mortes de pastèque sous ses pieds lui fait grincer des dents. Fatoumata Traoré aide sa mère à vendre des pastèques au quartier Razel. Assise sous un hangar de fortune, la fille attend les clients qui tardent à se présenter. De passage, s’il vous arrive de regarder du côté de son étal, elle vous invite à venir acheter de la bonne pastèque. Les prix de la pastèque, ici, vont de 300 à 500 Fcfa, malgré leur petite taille. Sa mère sillonne les villages environnants pour s’approvisionner. Gaoussou Diarra, producteur agricole à Dianguirdé, dit que la pastèque a réussi dans sa localité. « Les enfants de notre chef de village passent le plus clair de leur temps à charger des camions en provenance de Kayes et de Bamako. Je n’ai pas fait de champs de pastèque cette année, j’ai cultivé un peu de sésame, c’est mon seul regret », dit Gaoussou. Tama Diarra, déclare qu’à Kana, son village natal, personne ne cultive de la pastèque. « Les gens n’accordent pas d’importance à cette culture qu’ils considèrent comme une perte de temps. Seul, le mil compte pour nos braves paysans », dit-il. «La pastèque c’est de l’eau, poursuit-il, elle n’arrange que ceux qui souffrent de déshydratation ». « Moi, je n’en veux pas», renchérit Seiba Kanté, réparateur de motos. «Les Chinois ne mangent pas la chair rouge de la pastèque dont nous raffolons, mais plutôt l’intérieur. Il paraît que c’est la partie dure qui renferme plus de vitamines», croit savoir Sékou Camara, manœuvre sur un chantier. On rapporte qu’un âne en divagation s’est introduit nuitamment dans la maison d’une femme et a dévasté son petit champ de pastèque situé dans un coin de la cour. L’entrée de la maison était restée ouverte> Son fils qui est rentré

Sur le vif: Soutien de poids

«Les États-Unis ont engagé des ressources supplémentaires au Sahel pour soutenir les efforts de lutte contre le terrorisme menés par la France». Les présidents américain et français en ont fait l’annonce dans un communiqué commun, à l’issue de leur entretien à Rome vendredi dernier, en marge du sommet du G20. Le communiqué ajoute que «la France et les États-Unis rechercheront les moyens d’accroître le soutien multilatéral au G5 Sahel, à ses États membres et à la Minusma». Joe Biden tient ainsi la promesse faite à Emmanuel Macron, en septembre dernier, alors qu’il tentait d’apaiser la tension entre la France et les États-Unis, suite à l’affaire des sous-marins australiens. À titre de rappel : Paris s’est fait chiper par Washington le gros marché des sous-marins commandés par l’Australie. Ce qui a fait planer, pendant un temps, de gros nuages sur les relations franco-américaines. Le nouvel engagement américain a de quoi faire retomber la colère des Français. L’Oncle Sam semble bien décidé à regagner la confiance de son ami français, passablement froissé par l’affaire du marché des sous-marins australiens. Le président américain s’est même soumis à un exercice de contrition – ce qui est rare de la part de la superpuissance – en reconnaissant que l’Amérique a fait preuve de «maladresse» vis-à-vis de son «allié précieux» dans cette affaire. Paris ne peut qu’accueillir avec un ouf de soulagement la nouvelle promesse de plus d’engagement de la part des Américains. Déjà, le Pentagone apporte un appui précieux à la force française Barkhane dans la traque contre les groupes terroristes dans l’espace sahélo-saharien. Grâce aux renseignements fournis par les grandes oreilles américaines, l’armée française a réussi à éliminer la plupart des leaders des groupes terroristes. L’annonce par les Américains de plus de «ressources supplémentaires au Sahel» s’apparente à un changement notable dans leur politique au Sahel. Jusqu’ici, les pays regroupés au sein du G5 Sahel s’étaient heurtés à la réticence américaine d’inscrire la coalition militaire sahélienne sous le chapitre 7 de la Charte des Nations unies, afin de lui conférer un financement pérenne. Même le soutien actif de la France n’avait pas permis de faire fléchir la position de l’Amérique. La promesse de Biden va-t-elle ouvrir la voie au financement onusien pour le G5 Sahel ? Possible. La France aura beau jeu à pousser dans ce sens. Créer des conditions pour que le regroupement militaire sahélien, mis sur pied avec sa bénédiction, gagne en efficacité serait un bon point pour Paris. Washington peut aider aussi à muscler la «Task Force Takuba» en amenant d’autres alliés européens à y adhérer. Lancée le 27 mars 2020, Takuba est composée uniquement des éléments de quelques pays européens intégrés dans l’opération Barkhane. La perspective de plus d’appui américain est de nature à atténuer la violente contestation à laquelle la France fait face actuellement car les critiques pointent surtout l’insuffisance de résultat dans la lutte contre le terrorisme. En annonçant davantage d’engagement, Washington vole ainsi au secours de son allié, en grande difficulté dans sa traditionnelle zone d’influence. De nouveaux acteurs comme la Russie, la Turquie ou encore la Chine sont en train de tailler des croupières à l’influence française en Afrique. Après avoir aidé le pouvoir centrafricain à desserrer l’étau des groupes armés autour de Bangui, la Russie pourrait séduire d’autres pays africains si d’aventure elle débarquait au Mali et réalisait des résultats probants. Voilà qui explique le battage médiatique contre la volonté de notre pays de se tourner davantage vers le pays de Poutine. Le coup de main des Américains est un soutien de poids susceptible de donner des ailes à la France pour redorer son blason. Il contribuera à aider l’ex-puissance coloniale à mieux résister face aux velléités des puissances qui menacent de la supplanter en Afrique. Washington fait jouer ainsi la solidarité occidentale pour contrer la réduction de l’influence de son allié sur notre continent. Nous avons tout à gagner de l’accroissement de l’engagement américain si nous jouons la carte de l’affirmation de notre souveraineté en exigeant que toute action sur notre sol soit conforme à nos aspirations. Si nous ne pouvons pas éviter les convoitises des grands pays, il nous appartient de travailler à tirer profit de leurs actions. B. TOURÉ