Le colonel Assimi Goïta investi président de la Transition au Mali

Bamako, 07 juin (AMAP) Le colonel Assimi Goïta a prêté serment, lundi, comme président de la Transition, devant la Cour suprême, au cours d’une cérémonie solennelle au Centre international de conférences de Bamako (CICB) devant plusieurs invités dont des chefs de mission consulaire, ainsi que des représentants d’organisations internationales. «Je jure devant Dieu et le peuple malien de préserver en toute fidélité le régime républicain, de respecter et de faire respecter la Constitution et la loi, de remplir mes fonctions dans l’intérêt supérieur du peuple, de préserver les acquis démocratiques, de garantir l’unité nationale, l’indépendance de la patrie et l’intégrité du territoire national», a déclaré le chef de l’Etat, en costume militaire. «Je m’engage solennellement et sur l’honneur à mettre tout en œuvre pour la réalisation de l’unité africaine», a-t-il ajouté. Dans son discours d’investiture, le président de la Transition s’est engagé à réduire le train de vie des institutions. Il a promis que les deux tiers du fonds de souveraineté de la Présidence iront au financement d’infrastructures de base. Il a assuré que les prochaines élections se tiendront à bonne date. Il s’est engagé pour la poursuite de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix signé à Alger et parachevé à Bamako. « La cérémonie procède de la stricte exigence légale », a notamment expliqué le procureur général lors de son réquisitoire qui a précédé la prestation de serment. Le procureur a, par la suite, rappelé le parcours militaire du colonel Assimi Goïta. Le bâtonnier général de l’Ordre des avocats, Me Moustaph Cissé, a, quant à lui, indiqué que le barreau du Mali « salue la Cour constitutionnelle à travers l’arrêt historique » pris le 28 mai dernier, confirmant le colonel Assimi Goïta comme président de la Transition. Le bâtonnier a appelé le nouveau président à s’attaquer aux « travaux herculéens ». Il s’agit, selon Me Cissé, entre autres, de la lutte contre l’insécurité, la corruption, l’impunité ou encore l’incivisme. Le colonel Assimi Goïta a été désigné, le 28 mai dernier par un arrêt de Cour constitutionnelle en qualité de président de la Transition. Ce même arrêt a constaté la vacance du pouvoir suite à l’arrestation et la démission du l’ancien président de la Transition Bah N’Daw et du Premier ministre Moctar Ouane. MT/MD (AMAP)  

La Cité des Enfants célèbre la fête des mères

Bamako, 7 juin (AMAP) La fête des mères qui suscite de plus en plus d’engouement auprès des préscolaires et des groupements des femmes, a été célébrée samedi par la Cité des Enfants, en collaboration avec ses partenaires, dans sa salle des spectacles, sise à Niamakoro, en Commune VI du district de Bamako, a constaté l’AMAP. Placée sous la présidence de la directrice générale de la Cité, Amina Cissé Koumaré, la cérémonie a regroupé le directeur général adjoint de la Cité des Enfants, Famara Keïta, le représentant du maire de la CVI, Chaka Koné, des représentants du département de la promotion de la famille, de l’enfant et de la famille, de la Mairie du district et des partenaires (Baara Muso, Zam-Zam, Capal, Mali – Lait et Diabali Transit). Vêtues de leurs habits de fête et de pagnes événementiels, de nombreuses mères accompagnant leurs enfants ainsi que des pères se sont dirigés ce matin vers la salle des spectacles de la cité des enfants où ils sont installés avec respect des mesures barrières contre la Covid- 19. Sur place tout le dispositif était prêt notamment la présence des membres du jury, les forces de sécurité, les agents de la Protection civile et de la santé ainsi que les invités aux sons de la troupe Babemba pour rehausser le niveau de l’évènement. L’objectif de la rencontre était d’amener les enfants à rendre hommage à leurs mamans à travers des expressions artistiques et culturelles. Il s’agissait de façon spécifique d’offrir aux mamans un espace d’épanouissement et de détente à travers les prestations des enfants ; d’encourager les enfants à rendre hommage aux mamans et de créer un cadre d’émulation et de communion entre les participants à travers les activités artistiques et culturelles. Au cours de la rencontre, une compétition artistique (Chorégraphie et poésies) a été organisée entre huit (8) jardins d’enfants du district de Bamako. Dans son allocution de bienvenue, la directrice de la Cité des Enfants, Amina Cissé Koumaré a souhaité la bienvenue aux participants avant de remercier les partenaires pour leur accompagnement. Mme Amina Cissé Koumaré a, par ailleurs, affirmé qu’être mère est le plus beau métier du mode. « Les mamans peuvent être différentes dans leur manière de s’habiller, de préparer, d’éduquer, … mais elles ont un dénominateur commun qui est l’amour maternel envers leur enfant, partout dans le monde » a –t- elle laissé entendre. A l’issue des compétitions le 1er prix est revenu au jardin d’enfants « Les Daufins », le 2ème à « Kirikou le Génie » et le 3ème « Les Poupons ». Les autres jardins ont reçu des prix d’encouragement car, pour les organisateurs, il n’y a eu ni gagnants, ni perdants et que les gagnants sont les mères et leurs enfants. La cérémonie a pris fin par des animations artistiques dans la salle des spectacles de la cité des enfants à Bamako. La fête des mères organisée pour magnifier la femme par rapport à l’éducation, à l’entretien e tau  suivi des enfants au cours de leur évolution, est organisée le 29 mai de chaque année mais la date peut légèrement être changée en fonction des endroits et des dispositions pratiques. KM (AMAP)

Koro (Centre) : Les acteurs économiques se réjouissent de la reprise du trafic routier

Par Moussa NIANGALY Amap-Koro Koro, 04 mai (AMAP) Le trafic routier entre le Mali et le Burkina Faso, sur la Route nationale (RN15), à partir de la frontière à Koro, a repris officiellement le 8 février 2021, à la faveur des accords locaux signés entre les communautés et l’implication des autorités administratives, politiques et coutumières des deux pays. De cette date à nos jours, le trafic se passe normalement sans incidents, au grand bonheur des populations. Presque tous les usagers de cette route, qui l’avaient abandonnée à cause de l’insécurité ou à cause du sabotage des ouvrages routiers, rendant la route impraticable, sont revenus. Le marché local est bien approvisionné en denrées de première nécessité et les producteurs locaux parviennent à écouler leurs produits vers les pays comme le Burkina Faso, le Ghana, le Togo etc. Tous les secteurs économiques de la ville ont ressenti les impacts positifs de la reprise des activités sur ce tronçon. De la vendeuse de légumes, en passant par le commerçant de céréales ou de bétail, tous reconnaissent que la reprise du transport sur cette route leur a permis de souffler, après plus d’une année d’interruption. Si certains ont eu confiance pour reprendre le trafic sur le tronçon Koro-Burkina Faso, d’autres sont encore dans le doute quant à la sécurité des voyageurs et de leurs marchandises. C’est le cas de Issiaka Ouédraogo, vendeur de cuirs et peaux à Koro. Encore sceptique, il préfère solliciter les services d’intermédiaires pour envoyer ses produits à des partenaires à Mopti, qui se chargent, à leur tour, de les exporter. Il reconnaît que ce détour est coûteux mais plus sûr. Les transports de personnes et de marchandises sont permanents sur la route, sans escorte militaire. Grâce aux accords conclus entre les communautés, il n’y a pas eu d’incidents et tous les acteurs locaux continuent de s’impliquer pour que le trafic ne soit plus interrompu sur ce tronçon. C’est pourquoi, les transporteurs, les commerçants et les transitaires du Burkina Faso et du Mali, qui opèrent sur ce tronçon, ont initié une cotisation volontaire pour réparer un pont saboté dans le village de Nommo, au Burkina Faso, au niveau duquel la déviation est impossible. Cet effort a permis d’assurer la continuité du trafic pendant l’hivernage. Selon Hassimi Dama, transitaire à Koro, l’argent cotisé a atteint plus de 3 millions de Fcfa et la réparation est en cours. Le bureau de Koro est ouvert aux opérations de douane et de transit depuis le 8 février 2021. Si les objectifs assignés au bureau des douanes sont atteints, il faut tout de même reconnaître que les opérations sont quelques peu timides au niveau des bureaux de transit. Cette situation est la conséquence de la fermeture du bureau de Thiou (Burkina Faso) par la direction générale des Douanes du Burkina Faso pour cause d’insécurité. Toute chose qui rend impossible, pour le moment, le transit international à partir de ce tronçon. Les autorités des deux pays doivent s’impliquer davantage pour l’ouverture du bureau de Thiou et la reprise du transit international sur cette route. Mariam Sawadogo, vendeuse de fruits et légumes au marché de Koro reconnaît que l’ouverture de la route a été très salutaire pour elle mais aussi pour tous les usagers de la route Koro-Burkina Faso. Elle souhaite la réparation, avant l’hivernage, du pont saboté de Bih (au Mali). Selon elle, les véhicules empruntent une déviation au niveau du pont sur une route latéritique. Avec l’hivernage, elle craint l’interruption du trafic routier si les pluies sont abondantes. Après plus de trois mois, la reprise du trafic sur le tronçon Koro-Burkina Faso a permis de donner un nouveau souffle à l’économie locale. Cependant, la réparation du pont de Bih, l’implication des autorités pour l’ouverture du bureau de Thiou (Burkina Faso) et la mise en confiance des usagers, encore réticents à emprunter ce tronçon, doivent être des priorités. MN (AMAP)

Mariage à Bamako : La fièvre des uniformes

Par Maimouna SOW Bamako, 04 juin (AMAP) Un dimanche de mariage dans une famille à Bamako, on peut facilement ne pas reconnaître sa femme, sa fille ou sa sœur quand elles auront fini de mettre leurs habits de fête. Elles sont toutes belles, élégantes et fascinantes. Elles sont habillées de leurs plus belles tenues. Elles portent des uniformes, des bijoux, un sac à main neuf, des chaussures de luxe. Les visages ont reçu des touches de maquillage qui rendent éblouissantes. Quand un mariage est annoncé, ou qu’une grossesse est proche du terme, le seul souci de la majorité des femmes,est de préparer les festivités de la future cérémonie. La priorité va au choix des uniformes, plusieurs mois à l’avance. La tendance actuelle est de prévoir deux, trois, quatre, voire plus, pour une seule cérémonie. Pour magnifier ce jour, dans le meilleur des cas, les économies de plusieurs mois sont données aux vendeurs d’habits, aux couturiers. Les rendez-vous sont pris dans les salons de coiffure. Les meilleurs ensembles de griottes et de harangueurs sont invités. Le mois de juillet prochain, Tata a un mariage. Elle a déjà informé ses amies de tontine. Aussitôt, l’uniforme est choisie : c’est le basin riche. Il doit être porté dans l’après-midi, quand on va chanter les louanges de Tata, la marraine de la cérémonie. Le matin, les membres de la tontine seront tenues de se mettre sur leur 31. Elles porteront une autre tenue brillante. Les copines de Tata forment une association. Ce qui rend l’organisation plus harmonieuse. Mme Kamissoko Mah Camara, est la cheffe. Elle tient à ce que tout le monde s’habille pour faire honneur à un de leurs membres. L’uniforme est choisie deux mois à l’avance. Pour magnifier la cérémonie, il faut s’acquitter de la contribution du « kukoni » à hauteur de 50.000 Fcfa. Ce n’est pas tout ! Il faut aussi donner de l’argent à la marraine, quand la griotte chantera ses louanges. AVANTAGE – Les participantes versent une somme d’argent à la hauteur de la bonne relation qu’elles entretiennent avec la marraine. Toutes ces bonnes actions prouvent aux autres invités que l’on est « des grandes dames ! De gros bonnets.» Etre gros bonnet, au top de sa beauté ou au devant de la scène, a un prix. Les engagements sont strictement respectés au selon un Code d’honneur. Ce lien est appelé ‘Fadeya’. Depuis cinq ans, la tontine de Tata existe. Les membres font l’impossible pour être à la hauteur. Ces groupements sont un avantage. A tour de rôle, chacune bénéficiera de la même somme et des honneurs au bon moment. C’est aussi une façon de tisser de belles amitiés et de faire des économies. Mais pour y arriver, il faut être brave, combattante, très intelligente. « Les tontines rendent braves, elles permettent de réaliser pas mal de projets. Quand je me suis mariée, mon trousseau de mariage avait une valeur de près de trois millions de Fcfa. Les femmes sont venues de partout pour m’honorer le jour du mariage. Sans les tontines, cela ne serait pas possible. Ce que tu fais pour les autres, elles le feront pour toi », dit Mme Diakité Aïchata Sidibé, L’avis de B.T, infirmière dans une clinique de la place, est différent. Lors du mariage de sa nièce, en décembre dernier, cette marraine a choisi quatre uniformes trois mois à l’avance. B.T a épuisé ses économies pour les préparatifs. Mais cela n’a pas suffi pour faire face aux dépenses. Il fallait trouver de l’argent ailleurs. Comment faire ? Elle a dû toucher à l’argent que son patron lui confie, chaque mois, pour le partenaire de la clinique. Le jour du mariage, elle a été sublime. Elle a porté chacune des uniformes, payé les cotisations, pris place au milieu de la scène pour être chantée par la griotte, en tant que marraine. B.T a distribué des billets de banque aux différents groupes de griots. Une semaine après la célébration, le jour où la mariée devait rejoindre définitivement son mari, que l’on appelle ‘’minassiri’’, l’infirmière a donné une somme d’argent à la mariée, pour qu’elle s’achète un présent comme veut la tradition. Des jours, après les festivités, notre interlocutrice est revenue sur terre. Il a fallu réparer les dégâts avant que le chef ne se rende compte qu’elle a détourné l’argent de l’entreprise. Trouver l’argent pour combler le trou. Mais où ? Et comment faire ? A l’heure actuelle, elle se couche la nuit, sans trouver le sommeil. Pourtant, B.T est une jeune femme intègre. Depuis plus de 4 ans elle travaille dans la même structure, dignement. Elle bénéficie de la confiance de tous. Une réputation qu’elle risque de perdre. Elle est issue d’une grande famille où la concurrence, le ‘’fadeya’’ est rude. Chacune doit être à la hauteur de l’événement social sont elle est la marraine. Après le mariage ou le baptême, beaucoup ont avoué être allées à contre-courant de leur principe. Certaines ont ouvertement regretté. L’après-mariage a été dur, tout le monde vit la galère. Il faut reconnaître, aussi, qu’on est tombé dans l’excès. L’excès, c’est le mot que la plus âgée de la famille veut bannir de leur vocabulaire. Elle a prévenu que plus jamais, aucun mariage ne sera célébré de cette façon. Dorénavant, il faut se contenter d’un seul uniforme, et se passer de jouer aux stars. Sans doute, les uniformes rendent la cérémonie très agréable. Elles honorent la mariée, surtout s’il s’agit de basin «Geztner», ou de tissu brodé. Malheureusement, cette affaire d’uniforme, de tontine, de contribution et de cotisation ‘’kunkoni’’ est devenue un problème, une épine dans le pied des femmes. Le paradoxe est que les femmes ne cherchent pas à savoir comment s’en sortir. Au contraire, elles entretiennent cette habitude qui, au lieu de resserrer les liens entre les familles, contribue plutôt à les dégrader. Quand les histoires d’uniforme commencent au sein même des familles, les plus pauvres se restreignent mais ne se résignent pas. Ces femmes font l’impossible pour ne pas être indexées, comme les dernières

San organise la 61ème édition du Sankèmo

San, 4 juin (AMAP) La 61ème édition du rituel « Sankèmo », une fête traditionnelle de pêche collective, prendra fin ce vendredi à San, sous la présidence du Gouverneur de région, le Colonel Ousmane Sangaré, en présence du préfet de Cercle, Abraham Kassogué, du maire de la commune Urbaine, Mme Félicité Diarra et de plusieurs ressortissants de cette localité à Bamako et dans la sous-région, a constaté l’AMAP. La cérémonie a été marquée par le sacrifice de coqs et de chèvres et par des offrandes des habitants du village aux esprits de l’eau qui habitent la mare Sanké. En plus de ces différents sacrifices, l’édition a été également marquée par des chants et danses traditionnels des bobos de Térékoungo et de Parana, la préparation de la crème traditionnelle (Moungou Fara), la visite des sites touristiques et les défilés des clowns et bouffons, les expositions des produits locaux et la pêche collective dans la mare du Sanké. Inscrit en 2009 par l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) sur la liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, en raison de la chute du nombre de participants au rituel, de la faible pluviométrie et de la dégradation de la mare. Ce rituel qui a été inscrit en 2009 par l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) sur la liste du patrimoine immatériel nécessite une sauvegarde urgente, en raison de la chute du nombre de participants au rituel, de la faible pluviométrie et de la dégradation de la mare. NC/KM (AMAP)

Investiture du colonel Assimi Goita lundi à Bamako

Bamako, 03 juin (AMAP) Le colonel Assimi Goïta sera investi lundi prochain, en qualité de président de la Transition, annonce le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, à travers la direction du protocole de la République, dans un communiqué publié jeudi. Le département des Affaires étrangères convie à cette d’investiture les missions diplomatiques, les postes consulaires et les représentants des organisations internationales au Mali. « La cérémonie aura lieu le lundi 07 juin 2021 au Centre international de conférences de Bamako (CICB) à partir de 10h00 », précise le communiqué. Le colonel Goïta prend les rênes du Mali après l’arrestation et la démission du premier président de la Transition, Bah N’Daw, et de son Premier ministre Moctar Ouane, tous deux accusés « de gestion clanique de la Transition et de violation de la Charte de la transition ». SS/MD (AMAP)  

Une pluviométrie abondante au Mali pour l’hivernage 2021, selon les spécialistes de la météo

Par Makan SISSOKO Bamako, 03 juin (AMAP) Les spécialistes de la météo annoncent une pluviométrie abondante au Mali pour le prochain hivernage et indiquent qu’à cet effet, le choix des semences et l’utilisation d’autres techniques agricoles seront déterminants pour faire une bonne récolte. L’Agence nationale de la météorologie prédit, pour la campagne agricole 2021, une pluviométrie abondante marquée par des périodes sèches. Les prévisions saisonnières des caractéristiques agro-hydro-climatiques de Mali-Météo, base scientifique de ces analyses, laissent paraître « un hivernage humide avec un démarrage précoce à normal, une fin tardive, des séquences sèches plus longues en début et courtes en fin de saison ». Il est également attendu des écoulements globalement supérieurs aux moyennes de la période 1981-2010 dans les bassins du Niger et du Sénégal. Face à ces prévisions météorologiques, nous avons rencontré des spécialistes en agronomie qui prodiguent des conseils pratiques aux agriculteurs pour les aider à atteindre les résultats escomptés au titre de la campagne qui va bientôt démarrer. Les techniciens conseillent, aussi, les comportements à adopter par les producteurs afin de booster la production agricole de cette saison agricole 2021 Le chef du Laboratoire d’analyse de qualité des semences du Mali (Labosem). basé à Sotuba, Dr Dionkounda Camara, se réjouit de « ces bonnes perspectives pour la campagne agricole en termes de pluviométrie ». Pour booster les rendements, le spécialiste invite les cultivateurs à suivre le calendrier agricole, en écoutant les agents techniques d’agriculture en poste dans leurs zones respectives et, surtout, de suivre les conseils que les techniciens donneront en fonction de l’évolution de la pluviométrie. VARIÉTÉS DE SEMENCES – Parlant des caractéristiques annoncées, Dr Camara explique que la grande pluviométrie prévue suppose que le cycle de la saison sera bouclé sur toute la ligne. À ce titre, l’expert demande aux producteurs de tenir compte de certains aspects techniques au point de vue cultural. En saison de grandes pluies, par exemple, il est recommandé aux producteurs de semer les variétés de semences hybrides qui sont beaucoup plus profitables en termes de rendement et de résistance par rapport aux variétés à pollinisation libre (OPV, sigle anglais). Celles-ci résistent difficilement à la grande pluviométrie, argumente-t-il. Toutefois, insiste Dr Dionkounda Camara, le choix des variétés de semences doit différer en fonction des différentes zones de culture. « Car, ajoute le chef de Labosem, chaque variété est adaptée à une zone agro-climatique bien déterminée en saison de grande pluviométrie ». Prenant l’exemple sur la zone de Sikasso, Dr Camara explique que l’hivernage y commence au mois de mai. S’il devrait beaucoup pleuvoir dans ces zones, les producteurs ne devraient pas semer en fin mai, selon lui. Ils doivent retarder les semis vers la deuxième décade du mois de juin. « En ce moment, ajoute-t-il, les plants vont boucler leur cycle suivant l’intensité de la pluviométrie ». « Par contre, s’ils cultivent au mois de mai, les plants vont grandir. Leur maturité physiologique coïncidera avec la grande pluviométrie qui va sans doute impacter la production », assure le spécialiste. Ainsi, aux paysans opérant dans des zones de grande pluviométrie, comme la Région de Sikasso, Dr Dionkounda Camara demande de s’intéresser aux nouvelles variétés de semences hybrides de maïs, mil, sorgho, niébé, etc. développées par les chercheurs de l’Institut d’économie rurale (IER). Il suggère, aussi, de prendre des informations auprès des agents d’encadrement des différentes zones de production sur les choix des variétés, les techniques culturales et concernant les bons comportements qu’il faut adopter, compte tenu de l’évolution des techniques culturales afin d’obtenir les résultats escomptés. EMBLAVER LES PARCELLES – De son côté, le spécialiste en agro-climatologie et chercheur à l’IER, Dr Salifou Sissoko, invite, sur la base des prévisions annoncées par Mali-Météo, les producteurs à commencer tôt à emblaver les parcelles. Afin d’éviter de prendre du retard par rapport « aux semis qui constituent, selon lui, l’acte principal du paysan ». Le spécialiste conseille aux paysans de semer les variétés de semences adaptées à leur environnement, issues de la recherche ou non, des variétés tardives ou intermédiaires. «Le paysan a un savoir millénaire. Il connaît son environnement mieux que n’importe quel chercheur, de façon globale. Nous, on se permet de leur donner des conseils par rapport aux variétés que nous avons créées et des innovations que nous avons apportées et qui vont dans le sens des savoirs paysans. Que la saison soit précoce ou tardive, le meilleur conseil qu’il faut donner aux paysans est de se lever tôt», insiste le spécialiste. Par rapport aux techniques culturales, le chercheur, qui a foi aux savoirs locaux paysans, exhorte les cultivateurs à aller vers des pratiques agro-écologiques, en utilisant moins d’engrais chimiques. Pour lui, utiliser en abondance les fumures organiques a pour avantage de diminuer les coûts de production et permet de produire des variétés agro-écologiques qui n’ont pas de conséquences sur la santé des producteurs et des consommateurs. Dr Sissoko demande, également, d’éviter surtout de cultiver dans les bas-fonds. En cultivant dans ces zones à forte humidité, l’eau risque de détruire les cultures à cause de l’inondation. Aux producteurs obligés de cultiver dans les bas-fonds, le spécialiste suggère de privilégier des cultures pouvant supporter l’eau notamment, le riz. Pour le Dr Sissoko, la météo donne des prévisions générales qui doivent être complétées par les prévisions quotidiennes tout au long de l’hivernage. À cet effet, le spécialiste encourage les paysans à écouter quotidiennement ces prévisions à travers la radio et la télévision. «On est également en train d’essayer de former les paysans dans l’utilisation du téléphone portable pour avoir accès aux données quotidiennes, c’est aussi une manière qui leur permettra de prendre des précautions nécessaires», explique-t-il. MS (AMAP)  

Cité des Enfants : La lutte contre le Paludisme au centre des échanges

Bamako, 3 juin (AMAP) La Cité des enfants, sise à Niamakoro, en CVI du district de Bamako, en collaboration avec PSI, Vision Mondiale et le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), a organisé mercredi sa 3ème journée thématique sous le thème : « Enfant et paludisme, quelles mesures adoptées », a constaté l’AMAP. C’était sous la présidence du Directeur général adjoint de la Cité des enfants, Famara Keïta, représentant la Directrice de la structure, Amina Cissé Koumaré, en présence des représentants de partenaires au développement, de la CAFO, des encadreurs et des élèves des écoles la Bruyère de Faladié, franco- arabe Oumar Konaté de Daoudabougou et de l’Association pour la promotion des enfants et jeunes communicateurs (APEJEC). Cette activité dont l’objectif est de contribuer à la lutte contre le paludisme à travers la sensibilisation des enfants, s’inscrit dans le cadre de la Journée mondiale/ semaine nationale dédiées à la lutte contre le paludisme. Dans son discours de bienvenue, le directeur général adjoint de la Cité des enfants, Famara Keïta a saisi l’occasion pour remercier les partenaires pour leur accompagnement dans la promotion des droits de l’enfant au Mali. Famara Keïta a rappelé que les activités de sa structure contribuent à l’épanouissement des enfants avant d’inviter les élèves à être des ambassadeurs, des relais auprès de leurs camarades pour véhiculer de bons messages dans le cadre de la lutte contre le paludisme. Après cette intervention du DGA de la Cité des enfants, il a été rappeler les mesures barrières de lutte contre la Covid-19, une réalité et dont les dégâts sont énormes aussi bien dans notre pays qu’à travers le monde, en termes de contamination et de décès. Le conférencier, Amadou Diarra du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) a, avant de développer le thème « enfants et paludisme, quelles mesures adoptées », a tenu à remercier la Cité des enfants pour son partenariat dynamique, son accompagnement dans la lutte contre le paludisme. M. Diarra, dans sa présentation, a mis l’accent sur le mode de contamination de la maladie causée par un moustique, appelé anophèle femelle infectée ; les signes ou les manifestations du paludisme simple (fièvre, maux de tête, diarrhée, vomissements, courbatures du paludisme grave (convulsions, anémie, avortement, petit poids à la naissance, entre autres) ; la prévention (moustiquaires imprégnées, la lutte anti vectorielle, la chimio prévention et la sensibilisation). Le conférencier a saisi l’occasion pour rappeler que malheureusement le paludisme est la maladie qui tue le plus dans notre pays avant de procéder à la présentation du PNLP, notamment sa création, ses objectifs, ses missions et les actions menées, entre autres. Le test de niveau a été concluant chez les enfants présents à la journée et le conférencier ainsi que les responsables de la Cité des enfants n’ont pas manqué d’exprimer leur satisfaction. La cérémonie a pris fin par la remise de moustiquaires imprégnées à chacun des participants et un gouter. En rappel, cette journée est consécutive à deux autres qui avaient pour thèmes respectivement « la mobilité des enfants et la Covid -19 » et « la citoyenneté ». La Cité des enfants est un cadre créé pour l’épanouissement, le divertissement, la formation des enfants ainsi que la promotion des droits de l’enfant dans notre pays. KM (AMAP)

Ciment et fer à béton: les prix montent en flèche

Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 02 juin (AMAP) Le Mali est en chantier. Des maisons d’un autre standing y poussent, un peu partout. Des travaux d’infrastructures de développement sont en cours. Le Grand marché de Bamako, également en chantier, continue sa mue. Ce, malgré les multiples crises quel le pays traverse. Le fer et le ciment sont des éléments indispensables à la réalisation de ces ouvrages qui symbolisent le dynamisme de notre économie. Mais, depuis un certain temps, les prix de ces deux matériaux connaissent une hausse sur le marché. La situation s’expliquerait, en grande partie, par la règle de la demande qui est plus forte que l’offre. Le prix de la tonne du ciment, importé ou local, tournait autour de 90.000 Fcfa dans notre pays. Il a franchi la barre des 100.000 Fcfa pour s’établir à 115.000 Fcfa depuis quelques mois. Il peine à descendre au dessous de 110.000 Fcfa, prix actuel de la tonne du produit dans les différentes quincailleries de Bamako, où le sac (50 kg) est cédé à 5.500 Fcfa. Un risque de l’augmentation du prix du ciment est envisageable dans les jours à venir, spécule Balla, propriétaire de quincaillerie à Kalaban, sans pouvoir dire les raisons. Rencontré à son magasin à Para Djicoroni, un autre revendeur de ciment, Ousmane Tangara, nuance : «Le prix du ciment avait commencé à baisser. C’est la semaine dernière que nous avons remarqué cette hausse auprès des fournisseurs qui l’ont imputé à la grève de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM). Cette cessation du travail a provoqué une rupture. Cette pénurie a fait grimper le prix». Le commerçant dit s’attendre à un fléchissement vers le bas dans les jours à venir. DEUX TYPES DE FER – Tout comme le ciment, le prix de la barre du fer à béton a aussi grimpé. Sur le marché local, on retrouve deux types de fer : importé communément appelé fer blanc et le fer made in Mali avec des calibrages variables. Actuellement, le prix du fer 12 plein qui était vendu à 5.000 Fcfa, varie entre 5.750 et 5.800 Fcfa, selon les quincailleries. La barre du fer 12 simple, utilisé couramment dans la construction des maisons à usage d’habitation, est cédée entre 3.250 à 3.300 Fcfa. La barre de fer 10, elle, est vendue entre 2.250 à 2.300 Fcfa. Le fer 8 se vend entre 1.250 à 1.300 Fcfa, contre 750 à 850 Fcfa pour le fer 6. Cette fluctuation constatée sur le prix du fer remonte à quatre mois, selon Mohamed Koné, gérant d’une quincaillerie. «Je travaille dans le domaine depuis dix ans. C’est la première fois que je vois le prix de la barre du fer à béton atteindre ce niveau », reconnaît-il. Pour lui, cette hausse est due à la pandémie de Covid-19. Car, argumente-t-il, les importations sont limitées. Le stock national est insuffisant par rapport à la demande. « Chaque fois que les clients se bousculent pour avoir un produit, le prix augmente », explique le commerçant. Mais « les gens pensent que c’est le Mali seul qui est confronté à cette situation. Le problème est général», informe Modibo Diakité, revendeur de ciment et de fer à Ouolofobougou. Donc, conformément à la loi du marché, les prix augmentent quand la demande est plus forte que l’offre de produit, ajoute-t-il. Contacté à ce sujet, un responsable d’une industrie locale de fabrique de fer explique cette hausse par deux facteurs : la hausse du cours mondial du fer et l’exportation de la ferraille. « Nous faisons face à cette situation depuis le mois de févier. En tant que producteur, nous ne sommes pas du tout content de cette situation. Nous sommes obligés de suivre le cours mondial », murmure-t-il. Selon lui, la ferraille fait partie de la matière première. Son prix a grimpé à cause de sa rareté sur le marché. Car, à le croire, malgré deux arrêtés interministériels (2018 et 2019) du ministère du Commerce suspendant toute exportation de la ferraille et des sous-produits ferreux au Mali, le produit est toujours exporté. « Du coup, on le retrouve cher. C’est normal : quand nos matières premières sont chères on augmente le prix du produit fini. L’Etat doit s’investir pour mettre un frein à l’exportation de la ferraille pour le bien de tous. A terme, si on n’a pas de matières premières, l’usine risque de tourner au ralenti avec comme conséquence possible le licenciement des travailleurs», prévient le responsable. Comme eux, les propriétaires de chantiers sont inquiets. Certains ont déjà arrêté leurs travaux en attendant la réduction du coût des deux produits. C’est le cas d’une enseignante rencontrée dans une boutique à Kalaban Coura ACI. « Je comptais reprendre les travaux sur mon chantier ce mois-ci. C’est avec une grande surprise que j’ai constaté la hausse du prix de la barre du fer à béton de 300 Fcfa pour certaines et 400 Fcfa pour d’autres. Vu que mes moyens sont limités, j’ai décidé de surseoir à l’achat du produit en attendant la chute du prix. Je viens de faire un dépôt de 500.000 Fcfa auprès du boutiquier. Lorsque les prix commencent à baisser, il me tiendra informer », explique Aïssata Compaoré. Contrairement à cette institutrice, Bouba Maïga pense qu’il n’a pas le choix. « On économise de l’argent pour un but précis. Si le prix augmente, on n’a pas d’autres possibilités que d’acheter pour éviter de dilapider nos économies », soutient-il. L’air frustré, il venait d’acheter cinq tonnes de ciment et plusieurs barres de fer. Le niveau des ventes de certains propriétaires de quincaillerie est également impacté par la hausse du prix de ces deux matériaux. « Les clients achètent, mais l’affluence est faible en ce moment. Certains viennent demander le prix. Réalisant qu’il a grimpé, ils rebroussent chemin », déplore le commerçant Seydou Sinayoko. ADS (AMAP)

Diéma : Gouba Dabo (Ouest) étrenne deux ponts réalisés par ses ressortissants pour plus de 100 millions

Diéma, 1er juin (AMAP) La localité de  Gouba Dabo, dans la commune rurale de Béma (Ouest), a inauguré, dimanche, deux ponts  que ses  ressortissants ont construit  pour plus de 100 millions de francs Cfa. Ces ponts, sur l’affluent d’une rivière, dénommée « Hassèye », pour désenclaver le village et d’autres localités, surtout en période hivernale, mesurent 12 mètres de long, 5 mètres de large et 4 mètres de hauteur, pour le premier ; 5 mètres de longueur, 8 mètres de largeur et 2 mètres de hauteur, pour le second. Ces ponts, solidement bâtis, ont été réalisés dans un intervalle de trois mois, de janvier à mars 2021. Le jour de l’inauguration, hommes, femmes, jeunes et vieux, se sont tous transportés sur le lieu de l’évènement, situé à 1 km, en allant vers Béma. Certains ont effectué le trajet en motos taxis, d’autres ont emprunté des véhicules, des charrettes, d’autres, encore comptaient sur l’agilité de leurs jambes. Le porte-parole des chefs de villages, Habou Tounkara, griot de son état, comme le veut la tradition dans ce milieu, a salué les ressortissants et l’ensemble des populations de Gouba Dabo, et de la Commune rurale de Béma, pour la réalisation de ces infrastructures, sans lesquelles, la localité serait coupée du monde. Pendant l’hivernage la route, à ce niveau, devient impraticable pour les usagers dont de nombreux commerçants qui n’arrivent pas à se tendre aux foires hebdomadaires. Les chefs de village, à travers leur porte-parole, ont prôné la paix et l’entente, pour permettre un développement durable de leurs localités et ont formulé des vœux pour une bonne campagne agricole. Le représentant des ressortissants de la Commune rurale de Béma, Diarra Diawara, qui a été responsabilisé pour le suivi et le contrôle des chantiers, ainsi que l’organisation de la cérémonie d’inauguration, a remercié les populations pour cette marque de confiance les ressortissants et tous ceux qui ont contribué à la construction de ces infrastructures routières d’une grande utilité. Il a remercié particulièrement Abdoulaye Fofana et Issouf Camara, et plusieurs autres natifs de Gouba Dabo, à l’initiative de la construction des ponts. Il a réitéré son entière disponibilité à apporter le meilleur pour toute action  visant le bien-être des populations. Le maire de la Commune rurale de Béma, Madikandia Diawara, a invité les ressortissants à l’union pour braver tous les obstacles au développement de leur commune. M. Diawara est revenu plusieurs fois dans ses propos, sur l’entente et la cohésion sociale, « seule alternative pour relever les immenses défis ». Il a cité en exemples quelques grandes réalisations des ressortissants parmi lesquelles des mosquées, écoles, centres de santé, forages,  périmètres maraîchers… « Des gestes magnanimes, a dit l’édile, qui concourent efficacement au développement de leur commune ». Le sous-préfet de Béma, Mamadou Sissoko, s’est dit plus que comblé par cette action des ressortissants, qu’il a qualifiée de « hautement patriotique », et qui permettront de plus fluidifier la circulation surtout en hivernage. Il a expliqué la politique de l’Etat en matière d’infrastructures routières qui consiste à désenclaver progressivement le pays, mais, a-t-il insisté, « le Mali est vaste, l’Etat à lui seul, ne peut tout faire ». Le sous-préfet Mamadou Sissoko a invité les bénéficiaires à prendre soins des réalisations. Compte tenu des impacts positifs que ces ponts auront sur l’économie des familles, il a souhaité que des actions semblables se multiplient « pour le bonheur de tous ». Le sous-préfet de Béma, Mamadou Sissoko, a coupé symboliquement le ruban, autorisant ainsi la circulation sur les ponts fraîchement bâtis. C’est une danse folklorique du terroir, qui a mis fin à cette cérémonie riche en couleurs. OB/MD (AMAP)