Forum panafricain des médias : Les professionnels plaident pour une refonte du modèle économique des médias africains

Bamako, 5 juin (AMA) Les acteurs des médias et de la publicité africains, réunis à la faveur de la 3ème journée de la 1ère édition du Forum panafricain des médias, ont appelé ce vendredi à une transformation profonde du modèle économique de la presse afin de faire face aux mutations technologiques, à la baisse des revenus publicitaires et aux difficultés structurelles du secteur. Intervenant lors d’un panel consacré à l’économie des médias, le président du Groupement professionnel des agences-conseils en communication (GPAC) du Mali, Sidi Dagnoko, a estimé que le modèle traditionnel fondé sur les ventes, les abonnements, la publicité et les soutiens publics montre désormais ses limites. Selon lui, le secteur est confronté à trois principales fragilités : technologique, institutionnelle et commerciale. «Ce modèle a montré des fragilités», a-t-il déclaré, évoquant notamment l’impact de la révolution numérique et de l’intelligence artificielle sur les modes de production et de diffusion de l’information. Le responsable a également souligné l’affaiblissement du rôle traditionnellement reconnu à la presse comme service d’intérêt public et acteur de la gouvernance démocratique. Il a estimé que cette évolution contribue à réduire le soutien institutionnel dont bénéficiait historiquement le secteur. Sur le plan commercial, Sidi Dagnoko indique qu’une part croissante des revenus publicitaires est désormais captée par les plateformes numériques mondiales, tandis que les budgets de communication se réorientent progressivement vers les actions de marketing opérationnel et les supports digitaux. Concernant le Mali, il rélève une contradiction entre la multiplication des médias et la stagnation, voire la baisse des recettes publicitaires disponibles. Selon lui, cette situation fragilise l’ensemble des acteurs du secteur dans un marché qu’il juge limité par la faible diversification de l’économie nationale. Face à ces défis, le président du GPAC recommande une évolution vers de véritables entreprises de presse structurées autour de modèles économiques viables, de plans d’affaires, d’investissements privés et d’une gestion professionnelle. Il a également plaidé pour une meilleure mutualisation des ressources, davantage de synergies entre médias, publicitaires, investisseurs et pouvoirs publics ainsi qu’une diversification des sources de revenus. «Ce n’est plus le journaliste talentueux fondateur qui fera le média de demain. C’est plutôt le modèle économique», a-t-il affirmé. Prenant la parole à la suite de cette intervention, le directeur général de la Maison de la presse du Sénégal, Sambou Biyagui, estime que les médias africains doivent réduire leur dépendance à l’aide extérieure et accélérer la diversification de leurs revenus à travers les abonnements, les événements, les contenus numériques, les podcasts et les documentaires. Il a également plaidé pour la création de fonds d’investissement dédiés aux médias africains, le développement d’aides publiques transparentes et un renforcement de la formation aux nouveaux métiers du numérique. Selon lui, «la réponse passe par la réinvention des modèles économiques et la reconnaissance du rôle stratégique des médias dans la société». Les deux intervenants ont enfin insisté sur la nécessité de valoriser les contenus locaux, de renforcer la coopération entre les acteurs du secteur et de développer des mécanismes collectifs permettant d’assurer la durabilité économique des médias africains. OS/CMT (AMAP)
Forum panafricain des Médias : Les maisons de la presse africaines appellent à renforcer la mutualisation des ressources médiatiques

Bamako, 5 juin (AMAP) Les responsables de plusieurs maisons et centres de presse africains ont plaidé pour un renforcement de la coopération, de la mutualisation des ressources et de la solidarité entre médias du continent, lors d’un panel consacré à la «Coopération médiatique : mutualisation et solidarité entre médias africains». Animée par le journaliste Martin Faye, la rencontre portait sur le sous-thème «Place et rôle des centres et maisons de presse». Les échanges ont mis en lumière les initiatives développées dans plusieurs pays africains pour soutenir les professionnels des médias et renforcer les capacités des rédactions. En ouverture, Martin Faye a souligné que les médias africains demeurent souvent isolés face aux défis de l’environnement numérique mondial. «La solidarité est notre propriété morale la mutualisation est notre bras armé technique», a-t-il déclaré, estimant que le partage des contenus, des infrastructures et des expertises est devenu indispensable. Les représentants de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Sénégal, du Burkina Faso, de la Guinée et du Togo ont présenté les mécanismes mis en place dans leurs structures respectives. Ces dispositifs comprennent notamment des espaces de travail partagés, des salles de formation, des services de restauration, des bibliothèques, des centres de santé et des programmes de renforcement des capacités. Les intervenants ont également insisté sur la nécessité de développer des passerelles entre rédactions africaines afin d’accroître la circulation de l’information produite sur le continent et de renforcer la résilience du secteur face aux difficultés économiques. Le panel s’est tenu dans le cadre du Forum Panafricain des médias organisé à Bamako. Il a réuni plusieurs responsables de maisons et centres de presse du continent venus partager leurs expériences en matière d’organisation, de solidarité professionnelle et de mutualisation des ressources. OS/CMT (AMAP)

