Afrique subsaharienne : la Banque mondiale appelle à miser sur l’IA pour transformer la croissance en emplois

Bamako, 8 octobre 2026 (AMAP)- La Banque mondiale appelle les pays d’Afrique subsaharienne à jeter les bases d’une économie prête pour l’intelligence artificielle (IA) afin de transformer la croissance économique en davantage d’emplois et d’opportunités pour une population active en forte progression, selon un communiqué de l’institution publié mardi. D’après la dernière édition du rapport économique semestriel de la Banque mondiale consacré à l’Afrique, la croissance de l’Afrique subsaharienne devrait atteindre 4,3% en 2026, contre 4,1% en 2025. Cette prévision, supérieure de 0,3 point à celle publiée en avril, traduit la résilience de l’économie régionale malgré les tensions géopolitiques, les chocs climatiques, le recul de l’aide au développement et les contraintes budgétaires.           La dynamique repose notamment sur une meilleure stabilité macroéconomique, le renforcement de la demande intérieure et les investissements liés à la transition énergétique et aux technologies numériques. Mais la Banque mondiale estime que ce niveau de croissance reste insuffisant pour réduire fortement l’extrême pauvreté et répondre aux besoins d’une main-d’œuvre en expansion rapide. L’inflation médiane devrait, elle, remonter de 3,7% en 2025 à 5,5% en 2026, tandis que la dette publique se stabiliserait autour de 57% du PIB. Le rapport souligne que l’IA peut contribuer à accroître la productivité, améliorer les services et créer des emplois. L’adoption reste toutefois concentrée dans quelques pays, notamment le Kenya, le Nigeria et l’Afrique du Sud. Pour la Banque mondiale, les solutions les plus prometteuses pour le continent sont des applications d’IA abordables et adaptées aux réalités locales, notamment dans l’éducation, l’agriculture, la santé, la finance, la logistique et l’administration publique.                 La réalisation de ces gains nécessitera des investissements dans l’électricité, la connectivité numérique, les compétences et les infrastructures de données, ainsi qu’une gouvernance efficace. La Banque mondiale insiste également sur la coopération régionale, notamment dans le cadre de la stratégie continentale de l’IA de l’Union africaine et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), pour permettre un déploiement à grande échelle des solutions d’IA et favoriser la création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité. CMT (AMAP)