Bamako : trois affaires de meurtres élucidées par la police

Bamako, 28 octobre (AMAP) La Police nationale a élucidé trois affaires de meurtres et d’assassinats survenus récemment à Bamako, avec l’interpellation de plusieurs suspects dans des délais de 24 à 48 heures. Le directeur général de la Police nationale, le Contrôleur général Youssouf Koné, a présenté les résultats des enquêtes, mercredi, lors d’un point de presse, tenu à la Direction générale de la Police nationale (DGPN), a constaté l’AMAP. La première affaire porte sur l’assassinat de Broulaye Doumbia, 23 ans, promoteur d’un salon de coiffure, résidant à Sébénikoro. Le 14 octobre, vers 4 heures, son corps sans vie a été découvert dans un caniveau derrière un restaurant de l’ACI 2000. Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime avait été abattue par balle dans un appartement meublé avant que son corps ne soit abandonné sur les lieux de la découverte. Les investigations ont permis d’interpeller six personnes, dont le principal suspect, un militaire radié de 21 ans, qui a reconnu les faits. Le mobile présumé serait lié à une tentative de viol, selon les déclarations du suspect rapportées par la police. La deuxième affaire concerne le meurtre de Moctar Fofana, 53 ans, boutiquier à Djélibougou. Le 18 octobre, vers midi, les policiers du commissariat de Boulkassoumbougou sont intervenus après la découverte de son corps dans l’antichambre de sa boutique. Deux jours plus tard, un étudiant de 18 ans a été interpellé puis placé en détention. Selon les éléments présentés par le directeur général de la Police nationale, le suspect aurait agi dans un contexte de chantage, la victime menaçant de diffuser des vidéos compromettantes à caractère sexuel tournées à son insu. Le jeune homme a également déclaré avoir subi des faits de harcèlement sexuel de la part du défunt depuis l’âge de 17 ans. La police a, par ailleurs, évoqué des antécédents présumés d’abus sexuels sur de jeunes talibés fréquentant la boutique de la victime. La troisième affaire est celle de Boubacar Ly, 23 ans, dont la disparition avait été signalée sur les réseaux sociaux. Le 26 octobre, vers 21 heures, l’exploitation de cette alerte a conduit les commissariats de Sébénikoro et de l’ACI 2000 à interpeller plusieurs suspects. Selon le directeur général de la Police nationale, cinq jeunes ont d’abord été appréhendés, parmi lesquels le principal suspect, un ami de la victime. Après le meurtre, celui-ci aurait dissimulé le corps dans un tas d’ordures en feu à Sébénikoro pour tenter de faire disparaître les preuves. Le crime serait lié à un différend financier portant sur la vente d’un véhicule d’une valeur de 30 millions de francs CFA. Les parties n’auraient pas trouvé d’accord sur le règlement d’un reliquat de 10 millions de francs CFA. Le principal suspect, déjà connu des services de police pour avoir mortellement fauché un policier en 2023, a été placé en détention avec d’autres suspects. Le bilan des interpellations communiqué pour cette affaire, fait toutefois état de cinq jeunes appréhendés, puis de six suspects placés en détention. À l’issue du point de presse, les journalistes ont été invités au commissariat du 14ᵉ arrondissement, situé à l’ACI 2000, pour constater la présence des suspects et réaliser des prises de vues. En clôturant la rencontre, le Contrôleur général Youssouf Koné a salué les avancées des services de sécurité, qu’il a attribuées à l’impulsion et aux orientations du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général de division Daoud Ali Mohammedine. Il a assuré que la lutte contre la criminalité se poursuivrait sans relâche et souligné l’importance de la coopération policière internationale, notamment à travers Interpol. Il a enfin appelé la population à collaborer davantage avec les forces de l’ordre pour renforcer la sécurité de proximité. SS/CMT (AMAP)

