Diplomatie: «Au-delà du règlement de la question du Sahara, l’initiative marocaine est un levier de paix et de sécurité régionales», dixit l’Ambassadeur du Maroc au Mali

Bamako, 31 Octobre (AMAP) L’ambassadeur de Sa Majesté le Roi du Maroc au Mali, M. Driss Isbayene, a défendu ce samedi 31 Octobre l’initiative marocaine d’autonomie comme une solution de compromis pour mettre fin à la crise du Sahara et relancer les processus d’intégration en Afrique du Nord et dans l’espace sahélo-saharien, a constaté l’AMAP. Le diplomate marocain intervenait lors d’une Table ronde initiée par l’ambassade pour célébrer le premier anniversaire de la Fête de l’Unité, décrétée il y a un an par le Roi Mohammed VI, suite à l’adoption au Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution historique 2797 sur le différend du Sahara. Elle avait pour thème : «L’unité nationale du Maroc, facteur de stabilité et de développement dans l’espace sahélo-saharien». Présenté comme une proposition ouverte et responsable, ce projet prévoit de confier aux populations de la région la gestion démocratique de leurs affaires à travers des institutions dotées de compétences législatives, exécutives et judiciaires, a expliqué M. Driss Isbayene. Selon le diplomate, le dispositif prévoit notamment la mise en place d’un Parlement régional composé de membres élus, d’un conseil transitoire chargé de préparer les consultations électorales, ainsi que d’instances judiciaires et consultatives. La région disposerait également, a-t-il précisé, de ressources financières propres, issues notamment de ses recettes et de l’exploitation de ses ressources naturelles. Pour le représentant marocain, cette initiative, proposée en 2007, constitue une voie de règlement politique dont la primauté a été régulièrement réaffirmée dans les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Il a estimé que l’option référendaire se heurtait notamment aux difficultés d’identification des populations concernées. L’intervenant a également dénoncé les conditions de vie des réfugiés dans les camps, affirmant que leur recensement faisait défaut depuis plusieurs décennies et évoquant des détournements de l’aide humanitaire. Il a notamment fait référence à des enquêtes de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF). Au-delà du règlement de la question du Sahara, le Maroc présente son initiative comme un levier de paix et de sécurité régionales. Sa mise en œuvre pourrait, selon l’intervenant, contribuer à relancer l’intégration maghrébine et à renforcer la coopération face aux menaces transfrontalières, notamment le terrorisme, les trafics illicites et la migration clandestine. «Le règlement de la question du Sahara est de nature à libérer tous les processus d’intégration de l’espace nord-africain et nord-ouest-africain», a-t-il souligné, estimant que cette dynamique est essentielle à la stabilité du continent. CMT (AMAP)