Chambre nuptiale : Ces mariées qui exposent leur intimité sur les réseaux sociaux

Par S. DOUMBIA Bamako, 21 mar (AMAP) La nouvelle génération a franchi le Rubicon. Les règles non écrites de la chambre nuptiale sont aujourd’hui allègrement foulées au pied. De jeunes mariées avec leurs sœurs et copines n’ont plus aucun scrupule à exposer une partie de l’intimité du couple à travers des images postées sur les réseaux sociaux. Se faire photographier ou filmer dans la chambre nuptiale et poster les images sur les réseaux sociaux est le nouveau phénomène qui emballe la jeunesse 2.0. De plus en plus, de jeunes mariées, ne craignant aucune réprobation de la communauté, jouent le jeu. Aujourd’hui, la pratique horrifie les puritains qui entendent la combattre à travers la sensibilisation sur les mêmes réseaux sociaux et l’éducation à un bon savoir-vivre et savoir-être. En tout cas, les aînés ne s’accommodent pas de voir des règles non écrites de la chambre nuptiale allègrement transgressées. Les jeunes mariées qui se retrouvent dans la chambre nuptiale (kognosso) ont inventé le phénomène de la séance de clichés ou de se filmer soit en compagnie de leurs copines soit seules pour ensuite les postes sur les réseaux sociaux. Alors que dans le temps, on retrouvait les images de la chambre nuptiale dans un album photos. Et seuls les intimes avaient le droit d’y jeter un coup d’œil. Une pratique nouvelle aux antipodes de nos traditions. Les conseillères nuptiales ne manquent pas de la dénoncer. Une conseillère nuptiale est très souvent mise au service des jeunes couples durant les noces. Généralement d’un certain âge, elle demeure une encyclopédie qui enseigne aux conjoints, surtout à la jeune mariée, les bonnes pratiques et manières convenables. Mais, aussi, sur le savoir-être dans la société en général et dans la belle-famille en particulier. Mme Gakou Astan Koné est conseillère nuptiale depuis des années. Selon elle, la tradition est en perte de vitesse parce que les jeunes mariées semblent n’accorder aucun crédit aux pratiques traditionnelles qui les mettent pourtant à l’abri de certaines difficultés liées à la vie de couple et en famille. « La chambre nuptiale a été instaurée pour éduquer le couple, apprendre aux conjoints à se respecter, à rester calme. Une autre facette de la chambre nuptiale est de renforcer la foi des mariés à défaut les initier à l’islam. Mais, aussi, d’apprendre à la conjointe une gestion des rapports avec sa belle-famille et à repousser ses limites mêmes dans les situations d’inconfort. L’homme est tout aussi concerné par les conseils », explique la conseillère des traditions. TOHU-BOHU – Tout cela se passe à l’abris des regards, dans le respect strict de l’intimité du couple, notamment de la mariée. Mais, constate Mme Gakou Astan Koné, il y a une nouvelle pratique de la jeune génération. « Les amies de la mariée viennent discuter sous la moustiquaire, couper le gâteau et même se photographier », s’indigne la conseillère nuptiale. Estimant qu’elles transgressent, de ce fait, les règles non écrites de la chambre nuptiale, la conseillère nuptiale dit avoir été scandalisée par le cas d’un couple qu’elle encadrait. « La mariée, ses sœurs et copines ont semé le grand bazar. Cela dans un tohu-bohu qui incommodait même le voisinage », raconte-t-elle. Mme Gakou Astan Koné exprime son sentiment d’impuissance et essaie, avec le recul, de trouver une justification a cette « évolution. » Mais pour elle, cela ne doit en aucune façon justifier les dépravations que nous enregistrons dans la chambre nuptiale. Mme Touré Mamy, interprète et médiatrice pour les migrants résidant en France, abonde dans le même sens. Malienne d’origine, elle n’apprécie pas cette pratique de la nouvelle génération. « Je me suis mariée en 2015 donc il n’y a pas très longtemps. Pour moi, ce changement est lié à plusieurs choses, notamment la famille, la religion et l’éducation. Les règles de la chambre nuptiale sont strictes et beaucoup de nos sœurs ne les supportent pas », dit-elle. « Les filles d’aujourd’hui n’ont pas d’intimité, c’est pourquoi elles s’exposent sur les réseaux sociaux au prétexte d’être au diapason de l’évolution de la société », regrette-t-elle. La jeune génération a-t-elle consciente qu’elle est en train de transgresser cette tradition qui fait partie des règles de fonctionnement de notre société ? Pas du tout si l’on s’en tient aux propos de Néné. Cette jeune fille ne voit pas d’inconvénient à la nouvelle pratique. Elle trouve même normal que quand on se marie, il faut bien le montrer. Et le canal approprié aujourd’hui, ce sont les réseaux sociaux. Face à cette tendance des jeunes qui frôle l’insouciance, Daouda Diarra, imam d’une mosquée à Niamana, invite à se ressaisir. « Revenons à nos fondamentaux, à notre culture mais, aussi, à nos us et coutumes. Référons-nous à la religion, sinon un jour ou l’autre nous le regretterons », a averti le religieux, « Comment expliquer que dans la chambre nuptiale, un couple puisse filmer son intimité et l’exposer sur les réseaux», s’interroge l’imam. Avant de rappeler qu’autrefois, seul le mari pouvait voir le visage de sa conjointe dans la chambre nuptiale. SD/MD (AMAP)

Ségou : Le sucre local disponible en quantité suffisante

Ségou, 18 mar (AMAP) Le gouverneur de la Région de Ségou, le contrôleur général de police Alassane Traoré, a effectué, lundi, une visite dans trois magasins témoins afin de s’assurer de la disponibilité et du respect du prix sucre, a constaté l’AMAP. Dans les magasins visités, il n’y a pas de manque de sucre ni d’augmentation excessive des prix et les réserves sont suffisantes pour répondre à la demande des consommateurs pendant ce mois de Ramadan. Les prix indicatifs plafonds dans les magasins témoins sont de 27 500 Fcfa pour le sac de 50 kg, 28 500 Fcfa la même quantité dans les boutiques de proximité et 575 Fcfa à 600 Fcfa le kg. Le gouverneur Alassane Traoré s’est non seulement réjoui de la disponibilité du sucre sur le marché, mais, aussi, du respect des prix plafonds par les commerçants. Ce qui, selon lui, permettra à la population de « passer ce mois de Ramadan dans la sérénité. » M. Traoré a remercié l’ensemble des acteurs : le ministère de l’Industrie et du Commerce et les opérateurs économiques (commerçants grossistes et détaillants) qui ont contribué à l’atteinte de ce résultat. Pour sa part, le directeur par intérim de la direction du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence de Ségou, Yacouba Yalcouyé, a assuré que les contrôles se poursuivront sur le terrain pour veiller au respect des prix. Il a exhorté la population « à dénoncer tous les commerçants véreux qui s’adonnent à la spéculation. » La forte délégation du gouverneur également le maire de la Commune urbaine de Ségou, Nouhoum Diarra, le préfet de Cercle, Daouda Diarra, le directeur par intérim de la direction régionale du Commerce, de la Consommation et le président de la Chambre régionale de commerce et d’industrie, Ibrahima Doucouré. MS/MD (AMAP)    

Diaspora africaine : La Conférence régionale de l’Afrique de l’Ouest s’est ouverte à Bamako

Bamako, 14 mar (AMAP) La conférence régionale de l’Afrique de l’Ouest en prélude au 9è congrès panafricain sur le thème : «Diasporas, afro-descendants et développement», avec pour but de réfléchir sur les stratégies fédératives de mobilisation des diasporas africaines et des afro-descendants autour du chantier de la renaissance en ayant pour socle le panafricanisme, s’est ouverte, jeudi, à Bamako. Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a indiqué que ce rendez-vous constitue une opportunité réelle de réfléchir ensemble aux enjeux liés au développement de nos pays, de partager nos expériences et de proposer des stratégies innovantes pour mobiliser la diaspora africaine et la communauté des afro-descendants. Il a rappelé à cet effet les données de la Banque africaine de développement (BAD) qui montrent que les transferts de fonds de la diaspora africaine ont progressivement augmenté passant de 37 milliards de dollars en 2010 à 87 milliards de dollars en 2019, pour atteindre 95,6 milliards de dollars en 2021. Le ministre Ag Attaher a ajouté que  la diaspora africaine, le plus grand bailleur de fonds du continent, offre des moyens de subsistance à des millions d’Africains dans la prise en charge des besoins alimentaires, éducatifs, sanitaires et pour le développement local. En outre, Mossa Ag Attaher a soutenu que les intellectuels de la diaspora africaine contribuent largement au renforcement des capacités dans les pays d’origine par le transfert des compétences dans plusieurs domaines. D’après lui, la diaspora malienne, estimée à environ 6 millions de personnes, constitue un pilier du développement national avec un engagement fort. Il dira que selon une étude de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) en 2022, les transferts de fonds de la diaspora malienne ont été estimés à 793 milliards de Fcfa, un apport largement supérieur à l’Aide publique au développement. PARTI PRIS POUR LE PANAFRICANISME – Pour sa part, le ministre togolais en charge des Affaires étrangères, Pr Robert Dussey, a indiqué que cette rencontre a lieu à Bamako, grâce à la bonne volonté des autorités maliennes qui réaffirment ainsi leur parti pris pour le panafricanisme et les nobles causes africaines. Tout comme leur engagement en faveur de la réactivation de la fibre du panafricanisme, « un renouveau dont l’Afrique, sa diaspora et les personnes d’ascendance africaine, ont ardemment besoin. D’après lui, le traitement du thème permettra de réfléchir sur les stratégies fédératives de mobilisation des diasporas africaines et des afro-descendants autour du chantier de la renaissance en ayant pour socle le panafricanisme. Pour le Pr Dussey, la conférence régionale de Bamako offre, également, l’occasion de réfléchir sur les pistes de valorisation et de mobilisation accélérée des capitaux intellectuels, culturels, scientifiques et financiers des diasporas africaines et des afro-descendants au service du développement de l’Afrique. Son homologue malien, Abdoulaye Diop, qui a présidé la séance, dans son discours d’ouverture, a soutenu qu’en tant que terre de migration par excellence, le Mali se reconnait pleinement dans le thème de cette conférence qui va examiner les différents aspects liés aux diasporas, aux afro-descendants et au développement. Abdoulaye Diop s’est dit confiant et optimiste sur les capacités des diasporas africaines et des afro-descendants « à œuvrer en faveur de la redistribution des équilibres multipolaires, dans le cadre de la promotion de la voix de l’Afrique sur la scène internationale dans un contexte de basculement géopolitique. Le ministre burkinabè en charge des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, celui du Cap-Vert étaient aussi présents à cette conférence qui est l’une des six pré-congrès préparatoires prévus dans différentes régions d’Afrique, conformément à la décision de la 6è réunion du Haut comité de l’Union africaine (UA) en charge de l’agenda 2021-2031 tenue le 13 juin 2023. DD/MD (AMAP)

Mali : L’Association des Elèves et Etudiants dissoute (Conseil des ministres)

Bamako, 14 mar (AMAP) L’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM) a été dissoute, a annoncé le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, cité par le communiqué du Conseil des ministres tenu mercredi 13 mars 2024. Le gouvernement reproche à l’association estudiatine des « agissements (qui) sèment des troubles au sein de l’espace scolaire et universitaire et provoquent des perturbations des cours, des assassinats, des meurtres et des destructions de biens publics et privés par des manifestations violentes de rue et des ports illégaux d’armes. » « Depuis plusieurs années, poursuit le texte, force est de constater que l’AEEM ne défend plus les nobles causes des élèves et étudiants conformément à ses objectifs. Elle a été plusieurs fois accusée d’être responsable de violences et affrontements dans le milieu scolaire et universitaire, caractérisés par de nombreux accrochages à main armée entre les différents clans de ladite association. » Le dernier affrontement remonte au 28 février 2024, ayant causé la mort d’un jeune étudiant de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion et plusieurs blessés graves. Ces agissements, d’une extrême gravité, sont survenus dans la perspective du renouvellement des instances du bureau de coordination de l’Association des Elèves et Etudiants du Mali et ont provoqué la suspension immédiate de ses activités dans l’espace universitaire jusqu’à nouvel ordre. « Des pratiques similaires ont eu lieu en décembre 2017 entre des factions rivales du comité AEEM de la Faculté des Sciences et des Techniques et provoqué un mort. En octobre 2018, des affrontements à coup d’armes à feu et de machettes, opposant des clans rivaux du comité AEEM de la Faculté de droit privé, ont fait neuf (9) blessés dont deux (2) graves. » « A chacun de ces événements malheureux, les forces de sécurité ont fait des descentes inopinées au niveau du siège de l’association, qui se sont soldées par des arrestations de certains membres ayant en leur possession des armes létales, des stupéfiants et de grosses sommes d’argent non justifiées. » La dissolution des associations par le Conseil des ministres est prévue et réglée par les dispositions de la Loi n°04-038 du 5 août 2004 relative aux associations. L’AEEM est une association de droit malien créée suivant le récépissé de déclaration d’association n°10281/MAT-DNAT du 20 avril 1991. Cette dissolution contribue à la réalisation de l’une des recommandations des Assises Nationales de la Refondation (ANR) : « Pacifier l’espace scolaire et universitaire pour en faire un lieu d’acquisition de savoirs et de connaissances et non de vandalisme et d’agressions permanentes ». MD (AMAP)

Gingembre, Tamarin, Kinkéliba : Des prix acceptables

Par Ana Coulibaly & Fatoumata Koné Ségou, 05 mar (AMAP) Le gingembre, le tamarin, le citron et le kinkéliba sont également très prisés pendant le mois de ramadan. Utilisés pour la rupture du jeûne, le gingembre, le tamarin, le citron rentrent dans la préparation de la traditionnelle bouillie. Certains transforment également ces produits en jus. Quant au Kinkéliba, Originaire d’Afrique de l’Ouest, elle utilisée en infusion pendant la rupture. L’utilisation de ces quatre denrées n’est point fortuite pour les Maliens si l’on mesure leurs valeurs nutritives. Le gingembre est connu pour sa valeur culinaire mais, également, pour soulager différents maux comme le rhumatisme, la fatigue, les nausées, le rhume et les maux de tête et surtout pour les problèmes digestifs. Quant au tamarin, il est riche en anti-oxydant en anti-cholestérol, protège le foie et anti-diabétique. Le kinkéliba aide à traiter les troubles de la digestion et aussi les problèmes de constipation tout comme les épisodes de diarrhée aiguë. Le citron est notamment connu pour sa teneur en vitamines C et sa capacité à favoriser une bonne digestion grâce à sa concentration en acide citrique. Dans les trois grands marchés quotidiens de Ségou, le grand marché du centre commercial, le marché de Médine et le marché du château, les prix semblent abordables par rapport aux années précédentes si l’on se fie aux confidences de différents vendeurs et consommateurs. Au marché hebdomadaire de Ségou « Ségou ntènè » le kilo du gingembre varie entre 400 et 450 Fcfa. Le kinkéliba est cédé entre 500 et 1 000 Fcfa le seau, selon que le produit soit nouveau ou ancien. Le prix du tamarin varie entre 600 à 650 Fcfa le kilo. Au marché de Médine comme au marché dit « château » les prix sont les mêmes. Le tamarin est vendu entre 750 et 800 Fcfa le kilo. Le gingembre à 400 Fcfa, le kinkéliba à 500 Fcfa le seau. Assan Camara, vendeuse de jus de gingembre et de tamarin pendant le mois de Ramadan indique qu’elle trouve son compte « Pour le moment, les prix sont abordables par rapport à l’année précédente. Nous prions qu’ils restent stables », a-t-elle indiqué avant de confier que pour éviter une surprise désagréable, elle a préféré faire son stock dès maintenant. Il faut signaler que le citron se fait rare sur les trois marchés. Six petits citrons sont cédé à 200 Fcfa, huit à 500 Fcfa. Ce nouveau climat affecte beaucoup les vendeurs ainsi que les consommateurs. « J’utilise beaucoup le citron pendant le mois de Ramadan. Je le préfère dans la bouillie plus que le tamarin. Depuis plusieurs jours, le produit est devenu introuvable sur le marché. Quelques vendeuses qui le proposent vendent très cher. Nous espérons que la donne change d’ici le Ramadan » espère Mariam Kassogué. AC/FK (AMAP)  

Sucre, datte et lait en poudre : les consommateurs plaident pour une baisse des prix

Par Fatoumata Doumbia Ségou, 05 mar (AMAP) Fruit comestible du palmier dattier, la datte est très consommée au mois de ramadan pour sa valeur nutritionnelle et son importance en islam. Elle contient en effet des glucides, des fibres, des protéines, des minéraux (potassium, magnésium, fer…) et des vitamines (A, B, C…) A Ségou, Cité des Balanzans, le produit est vendu dans les trois principaux marchés, (Médine, Château et marché hebdomadaire) entre 900 et 1000 Francs CFA. En ce qui concerne les dattes importées en assiette, plusieurs commerçants ont confié attendre la veille du mois pour apporter le produit afin d’éviter des pertes. En ce qui concerne le sucre, c’est le local qui domine le marché. Le sucre importé se fait rare. Le local est cédé entre 28 000 et 28 500 Fcfa, le sac de 50 kg. Celui importé est vendu à 30 000 Fcfa. Certains commerçants fustigent déjà : « j’ai décidé de ne pas vendre le sac de sucre cette année car c’est cher. En plus de cela, il n’y a pas de bénéfice. Je me limite à le vendre en détail entre 600 à 650 francs CFA », indique Djiré, un commerçant de la place. Une ménagère, Ana Coulibaly, que nous avons rencontrée dans sa boutique soutient, pourtant, que le prix au détail a diminué. « Il y a quelques mois, avec 5 000 Fcfa on ne pouvait acheter que 5 kg de sucre mais, actuellement, avec le même montant, on peut avoir 8 kg de sucre. Nous remercions Dieu pour cette baisse légère du prix du sucre même si nous voudrions que les commerçants revoient les prix en cette veille du ramadan », a-t-elle dit. Quant au lait en poudre, également prisé pendant le mois sacré, son prix reste élevé selon les consommateurs. Un kilo de lait en poudre est vendu à 2 500 Fcfa et 2 600 Fcfa. Dans les trois marchés les plus fréquentés, le prix du sac de 5 kg varie entre 14 500 et 15 000 Fcfa. Le lait en sachet de 400g varie entre 1 400 et 2 400 Fcfa. La boite du lait Nido est cédé à 3 250, 6 500 et 18 000 Fcfa la petite, moyenne et grande boîte. Une consommatrice confie qu’elle a arrêté d’acheter du lait depuis plusieurs mois. « Le kilo de lait en poudre est cher. Ce n’est pas pour nous les pauvres. C’est pourquoi je l’ai enlevé de mon alimentation », confie-t-elle. Boubacar Traoré, un chef de famille, sollicite les autorités en vue d’une diminution des prix qu’il trouve trop élevés. « Mes enfants aiment beaucoup le lait et les dattes. Pendant le Ramadan, la consommation est forte dans ma famille. Je trouve que les prix sont assez élevés cette année. Nous souhaitons que les autorités prennent des mesures pour alléger nos dépenses pendant le mois de ramadan ». FD/MD (AMAP)  

Panier de la ménagère : A Ségou, les ménagères ne se plaignent pas

Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 05 mar (AMAP) Les marchés les plus fréquentés a Ségou, dans le Centre du Mali, sont suffisamment approvisionnés et les ménagères estiment qu’elles n’auront pas assez de difficultés au cours du mois de Ramadan pour concocter les savoureux plats dont les jeûneurs raffolent A l’instar de la communauté musulmane, le Mali observera, dans quelques jours, le mois de Ramadan, le neuvième mois du calendrier musulman. Tout comme l’année précédente ce mois de pénitence va se dérouler dans un contexte socio-économique difficile marquée par une longue crise sécuritaire. Toute chose qui inquiète les fidèles musulmans dont les dépenses se démultiplient pendant ce mois. Il est aussi avéré que les prix flambent pendant le mois de ramadan par le comportement peu catholique de certains commerçants qui profitent de l’occasion pour faire de la spéculation, face à la forte demande des produits. Pour s’imprégner de l’état du marché, notre équipe de reportage a sillonné les trois principaux marchés de la capitale des balanzans, Ségou. Il s’agit du marché dit Château, le marché de Médine et le marché hebdomadaire, communément appelé « Ndènè Sugu ». Constat : ces différents marchés sont suffisamment approvisionnés en produits rentrant dans le panier de la ménagère. Les ménagères n’auront pas assez de difficultés, cette année, à Ségou.  Le mois tombe sur une période caractérisée par l’abondance de plusieurs produits sur le marché comme l’oignon, l’échalote, le gombo, la carotte, la tomate, le haricot vert entre autres. Du coup, beaucoup prix ont baissé pour le bonheur des ménagères. « Cette année on n’a pas trop à s’inquiéter pour le Ramadan en ce qui concerne le panier de la ménagère. Le Ramadan coïncide avec la récolte de plusieurs produits. Actuellement sur le marché plusieurs légumes sont abordables. Nous espérons que les commerçants ne feront pas de spéculation face à la forte demande pendant le mois de Ramadan », a dit une ménagère, Aïssatou Doumbia, que nous avons rencontré au marché de Médine. Pas seulement elle, plusieurs ménagères interviewées ont toutes confié que les produits sont moins chers. A Ségou, dans les trois marchés cités plus haut, les prix sont presque les mêmes. L’échalote est cédée entre 250, 300 Fcfa, l’oignon, entre 200 et 250 Fcfa le kilogramme. La pomme de terre locale est cédée entre 200 et 400 Fcfa le kilo, selon la taille. L’importée qui se fait rare sur le marché. Le prix varie entre 800 et 900 Fcfa. Au moment du passage de notre équipe de reportage, le prix de la viande restait inchangé. Le kilo de ce produit incontournable dans l’alimentation du Malien était cédé à 3 300 Fcfa sans os et 2 750 Fcfa avec os dans les trois marchés. L’huile rouge est cédée entre 14 500 et 15 000 Fcfa, le bidon de 20 litres et 15 500 l’huile blanc. Au détail, l’huile blanc est vendue à 800 Fcfa et le l’huile local entre 700 et 750 Fcfa. Le bidon de 5 litres est vendu à 5 000 Fcfa. ADS/MD (AMAP)                             .

Remariage après le veuvage : Le lévirat, une pratique désuète ?

Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 09 fév (AMAP) Après le décès de son époux, la femme surtout celle qui a des enfants doit surmonter des difficultés pour se mettre de nouveau en couple. Le mariage par héritage ou lévirat qui consiste à épouser l’un des frères du défunt mari contribue à aplanir ces difficultés. Mais, la pratique est en perte de vitesse dans les familles à Bamako. Drissa, un trentenaire, a perdu son cousin germain, il y a environ trois ans. Ses frères et lui refusent d’épouser la veuve du défunt, sous prétexte que celle-ci est une personne peu sociable. « Elle avait peu de considération à notre égard quand nous étions des étudiants. Ce qui fait qu’elle ne bénéficie pas d’estime ou de sympathie de notre part », justifie l’enseignant qui soutient que la bonne conduite de la femme peut lui permettre d’épouser un frère de son défunt époux. Selon le pédagogue, les contraintes économiques dissuadent également les volontaires de pratiquer le mariage par héritage. Aussi, la pratique a tendance à perdre de a valeur réelle du fait que nous avons quitté la grande famille pour la famille nucléaire. « Si le défunt est nanti, la veuve dans le dessein de s’accaparer des biens du mari, refuse d’épouser un frère du défunt. Généralement, ce sont des actes qui se produisent et finissent dans les tribunaux », regrette-t-il. « Pour un défunt qui ne laisse pas derrière lui des richesses, la cohabitation sera difficile, explique Oumar, indiquant que la veuve sera obligée de chercher un époux ailleurs. « Dans ces foyers, précise-t-il, les enfants du défunt peuvent ne pas bénéficier de toute l’attention ou de l’affection dont ils sont en droit d’attendre du fait de leur statut d’orphelins. Notre interlocuteur souligne que l’absence de sociabilité, d’amour entre les frères sont des obstacles à la perpétuation de cette coutume. Il y a moins d’une année qu’Oumar a épousé la veuve de son cousin, maçon de profession. La femme vivait en location avec ses trois enfants. Il explique que ce type de mariage est une bonne chose si la veuve et le frère du défunt acceptent volontairement leur union. Il argumente que les enfants seront à l’abri de beaucoup de problèmes. Et de poursuivre que cette union consolide la famille et garde l’arbre généalogique intact. Selon Aminata Tamina dont la fille a perdu son mari, le mariage dans la famille du conjoint décédé présente des avantages pour les enfants du couple. La sexagénaire indique que la mésentente entre les frères peut inciter une femme à quitter la famille de son défunt mari. Dans le cas où la veuve épouse un autre homme qui n’a pas d’affection pour les orphelins, ces derniers peuvent en être très affectés. « Leur mère, dit-elle, peut divorcer à cause de la mésentente avec son nouvel époux. » La présidente de l’Initiative d’aide et de soutien aux veuves et aux orphélins (IASVO), Massitan Traoré, affirme que le lévirat peut être dangereux pour la santé du futur époux si le défunt était mort d’une maladie sexuellement contagieuse. Cependant, Mme Traoré indique que la pratique permet à la veuve de rester dans la famille de son défunt époux pour élever tous ses enfants. Le chercheur en tradition orale mandingue, Nouhoum Cissé, explique que notre tradition veut que le clan se réunisse après la viduité de la veuve ou «filiya» en langue nationale bamanankan pour savoir si elle souhaite épouser l’un des frères de son défunt mari. Il explique que la tradition n’impose pas à la veuve de nouer cette relation. Le traditionnaliste précise que certaines femmes peuvent accepter parce qu’elles veulent que leurs enfants restent dans la famille de leur père. « Cette décision, dit-il, renforce le lien familial. Selon lui, la possibilité pour la veuve d’épouser son beau-frère est une pratique que notre coutume encourage à travers plusieurs initiatives visant à promouvoir la bonne relation entre la femme et le beau-frère. PERTE DE LA COHÉSION – Nouhoum Cissé cite l’exemple de la présence de certains aliments préférés de la nouvelle mariée «nèguèlan» comme l’arachide dans le trousseau de la femme. Il affirme que cet aliment est destiné à ses beaux-frères «nimôgôni». Le chercheur fait savoir que le geste vise à informer la belle-famille sur l’aliment préféré de leur mariée et les dispositions à prendre par les cadets du marié pour satisfaire cette envie de la nouvelle venue. «Quand elle est dans le besoin ou a des confidences à faire, elle informe le frère cadet qui le transmet à son époux», relève-t-il, avant d’assurer que le mariage ne se fait pas au seul avantage du marié. Le chercheur en tradition orale mandingue regrette que l’individualisme entrave la vie en communauté prônée par nos ancêtres. Il poursuit que les membres d’une famille partagent de moins en moins les repas ensemble. « Ce n’est plus facile, soutient-il, d’épouser la femme d’un frère défunt. Le chercheur dénonce une déperdition de l’affection et de la cohésion au sein des familles. Il pense que la femme doit veiller à l’instauration de ces valeurs dans la famille. Selon lui, la télévision, la radio, la démocratie, l’islam, le christianisme et la culture occidentale ont apporté d’autres valeurs éducatives différentes de celles de nos ancêtres. Abdallah Diallo, imam d’une mosquée à Kalaban Coura, en Commune V du District de Bamako, explique que l’islam accepte que la veuve épouse le cadet ou l’aîné de son défunt époux. Selon lui, la pratique est avantageuse. Le religieux soutient que la femme aura le cœur apaisé parce qu’elle est déjà dans la famille. Selon lui, ses enfants auront la chance de grandir chez leur père. « Si elle doit se remarier ailleurs, elle risque d’être séparée de ses enfants et d’être victime de préjugés offensants », explique l’imam Diallo, avant d’ajouter que la femme sera à l’abri de l’adultère. Par ailleurs, Abdallah Diallo fait savoir qu’après le décès de son conjoint, la femme doit observer la viduité d’une durée de quatre mois et dix jours. L’objectif est de s’assurer qu’elle n’est pas enceinte de son défunt époux.

Sahel et Bassin du Lac Tchad : L’OCI discute de la création d’un fonds de soutien et pour l’emploi des jeunes

Djeddah, 08 fev (UNA-AMAP) Le Secrétariat général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) accueille, du 7 au 8 février 2024, à son siège à Djeddah, un atelier sur l’activation de la recommandation de la 49ème session du Conseil des ministres des Affaires étrangères sur la création d’un fonds pour la réhabilitation, l’emploi et le soutien des jeunes dans la région du Sahel et du bassin du lac Tchad, annonce l’organisation dans un communiqué Ce fonds de l’OCI intervient « dans le cadre d’une stratégie globale visant à lutter contre l’extrémisme, à améliorer la compréhension modérée correcte de la sublime religion islamique et à promouvoir une culture de tolérance parmi les jeunes, avec la participation de fonctionnaires et d’experts des États membres et des organes et institutions compétents de l’OCI. », précise la même source. S’adressant à l’ouverture des travaux de l’atelier, le Secrétaire général de l’OCI, Hissein Brahim Taha, a indiqué que la Région du Sahel et du bassin du lac Tchad a connu, durant ces dernières années, « une recrudescence des crimes terroristes, tout particulièrement, contre des civils non armés, ce qui a entraîné la perte de vies humaines, le pillage de biens, le déplacement de milliers de familles et de millions d’enfants, et la fermeture de milliers d’écoles », Toutes chose qui ont contribué, en même temps, à la multiplication d’autres fléaux, tels que la traite humaine et le trafic de drogue, a ajouté Hissein Brahim Taha estimant que « pareils actes ne font qu’entraver la paix et la stabilité et, par conséquent, paralyser le développement de la région, et que les groupes qui en sont les plus affectés demeurent les jeunes. » Il a également déclaré que cet atelier intervient dans le droit-fil des efforts déployés par l’Organisation « en vue de prêter main forte aux Etats membres et aux organes et institutions concernés dans leur combat contre la pensée extrémiste et le terrorisme chez les jeunes dans la région du Sahel et du bassin du lac Tchad ». Il a rappelé que ces objectifs représentent des thèmes fondamentaux du Programme d’action de l’OCI-2025, de la Stratégie de l’OCI pour la jeunesse et des Résolutions pertinentes de l’Organisation. Le Secrétaire général a, en outre, fait observer que la rencontre visait à discuter et à enrichir le projet de Statut régissant le fonds en vue de soumettre ses recommandations au Conseil des ministres des Affaires étrangères, à travers une réunion préparatoire des hauts fonctionnaires. « Les moyens les plus efficaces de prémunir les jeunes contre l’adhésion à des groupes terroristes et à l’extrémisme violent conduisant au terrorisme ne sont autres que l’emploi et la réhabilitation, dans la mesure où ils renforcent leur implication dans la vie économique et sociale », a poursuivi le Secrétaire général. Il a exhorté, à cet égard, les Etats membres et les organes et institutions compétents de l’OCI et, tout particulièrement, le Groupe de la Banque islamique de développement (BID), l’Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ICESCO) et le Fonds de solidarité islamique, ainsi que les autres institutions relevant de l’Organisation et opérant dans le domaine du renforcement des capacités des jeunes, ainsi que les institutions partenaires, « à appuyer ce mécanisme depuis sa phase de création et à intensifier la collaboration avec lui après sa mise en place, en le dotant de tous les moyens et ressources requis pour lui permettre de mener à bien les tâches qui lui sont dévolus. » MD (AMAP)

Festival sur le Niger : La 20è édition de la Foire artisanale et agricole en marge du spectacle

Envoyé spécial Youssouf DOUMBIA Ségou, 02 fév (AMAP) La 20è édition de la Foire artisanale et agricole, en marge du Festival sur le Niger, a commencé mercredi sur le quai de Ségou, dans le Centre du Mali, avec cette année, 400 artisans, ouvriers agricoles et entreprises venant d’environ 30 pays. Cette activité commerciale et de promotion est initiée par la Fondation Festival sur le Niger dans le but de donner une visibilité aux artisans et aux producteurs agricoles pendant le festival. Elle demeure une opportunité d’affaires et de promotion des différents produits agricoles et artisanaux. Selon le maire de la Commune urbaine de Ségou, Nouhou Diarra, cette Foire contribue énormément à l’économie locale, car elle est une plateforme de nombreux échanges. La cérémonie a donné un avant-goût de la 20è édition du Festival sur le Niger, à travers la mobilisation populaire et les nombreuses prestations d’artistes de Ségou et de Mopti. Il faut préciser que Mopti est la ville invitée d’honneur de cette édition. L’orchestre régional, le Kanaga de Mopti, l’Ensemble instrumental national et les deux célèbres guitaristes Mama Diabaté du Biton de Ségou et Sékou Bembeya de l’orchestre guinéen éponyme ont émerveillé le public par leur belle prestation. « La Foire artisanale et agricole de Ségou attire d’année en année de nombreux exposants. Ils sont au total 400 artisans, ouvriers agricoles ou entreprises venant d’environ 30 pays à y participer cette année », a indiqué le coordinateur du Festival sur le Niger, Djibril Guissé. Le chef de cabinet du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Yamoussa Fané, fait remarquer que « depuis 20 ans, cette foire, organisée dans le cadre de Ségou Art-Festival sur le Niger, est inscrite dans les annales des manifestations culturelles dans notre pays». Malgré les crises multiformes vécues par le Mali, ces dernières années, cet événement culturel est resté constant et résiliant. «Depuis plusieurs années, notre pays traverse des épreuves particulièrement dures pour le secteur de l’artisanat et du tourisme du fait de la crise sécuritaire. Dans un tel contexte, organiser un évènement d’une telle ampleur est un challenge, une victoire sur la crise. Cela ne surprend guère, car au Mali, nous avons toujours cette force, celle de résister, cette capacité de résilience qui tire en partie sa sève de nos valeurs du maya et du danbé», a déclaré Yamoussa Fané. La Foire agricole et artisanale de Ségou consiste à créer un marché à travers l’organisation d’une exposition vente, la valorisation et la promotion des produits de l’artisanat d’art et des produits agroalimentaires au bénéfice des acteurs économiques et des populations. C’est un espace d’échanges, de partage d’expériences, de promotion et de valorisation des produits locaux. Selon Yamoussa Fané, la Foire agricole et artisanale de Ségou s’impose aujourd’hui comme un évènement majeur de la sous-région ouest africaine, un moteur du développement, un facteur de croissance et de création de richesses et d’emplois. « Cet événement joue et continue de jouer un rôle important dans la restauration de l’image du Mali en dépit des crises multiformes que notre pays connaît », a-t-il dit, avant de réaffirmer l’engagement de son département de continuer à accompagner la Fondation festival sur le Niger et ses partenaires pour leur combat pour le développement du Mali et de l’Afrique tout entière. YD/MD (AMAP)