Macina : Cadre de concertation entre l’administration et les légitimités traditionnelles
Macina, 20 mar (AMAP) Le préfet du Cercle de Macina, Albaraka Ag Amarizak Kounta, a rencontré, mercredi, les légitimités traditionnelles, dans le cadre de la 1ère réunion entre le représentant de l’administration et les autorités traditionnelles, autour des rôles de ces derniers en période de conflits d’insécurité et le développement locale, a constaté l’Amap Sur le plan développement local, le Cercle de Macina est confronté à des multiples défis qui entravent son développement. Ces défis, pour la plupart, dépassent les seules compétences du cercle, Ils s’articulent, entre autres, autour de la reprise des travaux de la route Macina-Diafarabé, la réparation de la route Macina Monimpébougou, la nécessité d’aide alimentaire, du risque de famine, du besoin de château d’eau dans certains villages. Y figurent également la réinstallation des villages déplacés, le besoin de matériel et équipement agricole et l’électrification du quartier Némabougou. Le préfet Albaraka Ag Amarizak Kounta a rappelé aux participants le rôle de prévention de conflit que chacun d’entre eux doit jouer pendant la période de crise. « Toutes les dispositions doivent être prises par vous pour identifier et dénoncer tout cas suspect dans vos différentes localités à temps réel », a-t-il instruit. Et de promettre que son soutien ne fera jamais défaut, tout en demandant aux légitimités traditionnelles « de prendre toutes leurs responsabilités pour la bonne marche et la quiétude dans les différents villages de la circonscription administrative de Macina. » Le préfet a, enfin, souhaité que les chefs de village communiquent entre eux. afin de ,rouver des solutions consensuelles pour tout éventuel cas de conflit ou mésentente sur fond de problème territorial. Ont pris part à cette rencontre, en plus des chefs de village du cercle et les dozos, les chefs de service technique, les représentants des Forces armées maliennes (FAMa), les organisations féminines et de la jeunesse ainsi que les leaders religieux. DG/OD/MD (AMAP)
Jarre d’eau de la mariée : Des vertus et des préceptes
Par Nahawa SANGARE Bamako, 20 mar (AMAP) Le trousseau de la nouvelle mariée comprend beaucoup d’éléments qui sont aussi importants les uns que les autres dans la consolidation du couple, selon les croyances populaires, la culture et les traditions. Et chaque élément constitutif de ce trousseau a un rôle particulier dans le raffermissement des liens conjugaux. La jarre d’eau généralement fabriquée en terre cuite fait partie de cette panoplie d’éléments de trousseau. Son transport, sa disposition et son entretien sont des détails que nulle femme au foyer ne doit négliger au risque de faire face à des conséquences désastreuses, selon toujours les croyances populaires. « La jarre d’eau doit être le premier élément du trousseau installé dans la véhicule qui conduit la nouvelle mariée et ses bagages chez son mar . Lorsqu’elle arrive à destination, ce récipient de terre cuite n’est pas installée par n’importe qui et n’importe comment », informe la conseillère conjugale Fatoumata Koïta. « La mission est confiée à une épouse modèle qui n’a jamais abandonné son foyer. Elle l’installe à droite dans la maison sur une tasse remplie de sable qui a été offerte par la grand-mère de la mariée. Cet acte protège et consolide le foyer de la nouvelle mariée», aoute Fatoumata Koïta. Elle explique que si l’action est exécutée par une épouse qui a l’habitude d’abandonner son foyer, la stabilité du nouveau couple en souffrira. Cette affirmation montre l’importance de ce récipient dans les ménages. « Il apporte, selon notre interlocutrice, la stabilité dans le foyer de la nouvelle mariée, car tous les membres de la famille boivent l’eau de la jarre, tout comme ils partagent le même bol de nourriture. Fatoumata Koïta ajoute que la jarre apporte beaucoup de bonheur à la nouvelle mariée lorsqu’elle est bien entretenue. « Toute femme qui lave et remplit quotidiennement sa jarre, serra aimée par son mari et sa belle-famille. Elle aura la paix du cœur », confie-t-elle « Les moments les plus propices pour remplir la jarre d’eau, qui s‘est vidée, sont le petit matin, avant le lever du soleil ou après le crépuscule, avant la nuit profonde », recommande la conseillère conjugale. La jarre détient des secrets qui peuvent consolider les liens familiaux. Selon toujours Fatoumata Koïta, lorsque deux femmes mariées, vivant sous le même toit, ne s’entendent pas, il suffit de puiser un peu d’eau dans la jarre de l’une et la verser dans celle de l’autre et vice-versa sans qu’elles s’en rendent compte. La conseillère conjugale affirme que ces deux femmes trouveront un terrain d’entente à jamais. Elle conseille aux jeunes mariées de boire souvent l’eau de la jarre et d’habituer leur époux à faire autant. » Cela, soutient-elle, les poussera à être plus tendres et doux avec leurs épouses. » Gare à la femme qui laisse sa jarre vide pendant la nuit. « Nous ne sommes pas les seules à consommer cette eau. Pendant la nuit, les anges, les défunts et autres êtres viennent y boire. S’ils la trouvent vide, ils seront déçus. Cette déception se répercutera sur l’épouse de la maison et sur son foyer », prévient Fatoumata Koïta. Elle ajoute que la femme ne doit jamais partir avec sa jarre, après une dispute ou encore moins la casser sinon le mariage sera brisé. À l’en croire, la même situation se produira si le mari casse la jarre de son épouse. Fatoumata Koïta signale que lorsque « la jarre se brise, sans avoir subi un choc au préalable, cela prédit souvent la fin du couple. » NS/MD (AMAP)
Maladies animales : Des conséquences multiples
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 20 mar (AMAP) La contribution économique de l’élevage dans notre pays n’est plus à démontrer. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INSAT), l’élevage constitue la principale source de subsistance pour plus de 30 % de la population malienne. Il contribue pour 15% au Produit intérieur brut (PIB), 24% à la production du secteur rural, environ 80% aux revenus des populations rurales et près de 20% aux recettes d’exportation. Ce sous-secteur fait face aujourd’hui, à des difficultés dues aux maladies animales, entrainant ainsi d’importantes répercutions sur la productivité, la santé animale, la santé et le bien-être de l’homme. En effet, les maladies animales génèrent des coûts directs pour le secteur de l’élevage qui se traduisent par la mort d’animaux, une productivité amoindrie et des frais occasionnés par la lutte contre ces maladies. Ces maladies concernent tous types d’animaux, à savoir le gros bétail et les petits ruminants, les volailles locales et exotiques ou importées, et l’élevage traditionnel et moderne. Ousmane Cissé est un jeune éleveur. Son troupeau compte plus de 200 têtes de bœufs. Dans l’année, il peut en perdre plus d’une vingtaine à cause des maladies. Parlant des conséquences sur la production, il explique que quel que soit le type de maladie, quand une vache est malade, sa production laitière diminue et, par ricochet, l’éleveur perd beaucoup en terme de revenus. À l’en croire, les éleveurs subissent de plein fouet les conséquences des maladies animales à cause du coût élevé du vaccin. Selon Cheickna Dianka, agroéconomiste de son état, ces maladies ont plusieurs causes, notamment l’insuffisance de la couverture vétérinaire des exploitations d’élevage, le coût relativement élevé des produits vétérinaires en matière de prévention et de traitement en cas de maladies localisées ou d’épidémies, l’insuffisance des connaissances en matière de bonnes pratiques d’élevage, l’inadaptation des infrastructures en matière d’habitat (étables, bergeries, poulaillers). «Les maladies animales ont des incidences négatives au sein des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux au plan productif, économique, nutritionnel et de la sécurité sanitaire des aliments issus des différentes chaînes de valeurs», dit-t-il. Ajoutant qu’au plan productif, ces maladies contribuent à la diminution du cheptel disponible à cause des pertes plus ou moins élevées au niveau de toutes les espèces animales et notamment au niveau des volailles pour lesquelles les maladies se propagent à une vitesse très rapide. Aussi, explique-t-il, les maladies animales touchant les animaux reproducteurs ou servant à la multiplication, peuvent gravement perturber la multiplication et le renouvellement des effectifs. À ce propos, il estime que les chaînes d’approvisionnement peuvent être aussi fortement perturbées et les fortes mortalités peuvent occasionner la baisse de l’offre potentielle d’animaux sur les marchés. Sur le plan économique, Cheichna Dianka soutient que les maladies animales contribuent à la perte de revenus dans les exploitations d’élevage et affaiblissent la chaine de commercialisation des produits d’origines animales, tels que la viande, le lait et les œufs. «En plus de ces pertes de revenus, elles ralentissent et entravent les investissements et les réinvestissements dans les différentes filières et chaînes de valeurs», dit l’agronome. Et au Dr Modibo Ongoïba, vétérinaire à la direction nationale des services vétérinaires, de renchérir : «En cas de maladies, les animaux produisent moins et maigrissent et on ne trouve pas assez de viande, de lait, ni d’œuf. Si un animal tombe malade, il faut forcément payer des médicaments, trouver un vétérinaire pour les prestations et dépenser pour des mesures de bio sécurité pour se protéger. Tout cela génère des coûts, donc des pertes économiques chez les éleveurs», affirme le docteur vétérinaire. À ces pertes, s’ajoutent des difficultés de commercialisation aux plans national et international, car dans un pays où il y a la grippe aviaire par exemple, l’importation des produits avicoles est interdite. QUANTITÉ ET QUALITÉ – En outre, les maladies animales peuvent constituer des risques financiers lorsque les activités mobilisent des ressources financières importantes investies par les exploitants et à travers des ressources externes (dons, subventions, emprunts bancaires ou privés), indique l’agroéconomiste. Cheichna Dianka rappelle que la recrudescence des maladies est accentuée par l’absence d’un système de couverture des risques garantis offerts par une assurance agricole, indemnisations institutionnelles de l’État. Au plan nutritionnel, Chéichna Dianka souligne que les maladies animales, en affectant l’offre sur les marchés, entravent l’accès des consommateurs aux produits issus des filières et chaînes de valeur du sous-secteur de l’élevage en termes de quantité et de qualité. Il explique que la diminution de l’offre sur les marchés de consommation des produits frais et transformés est un facteur d’augmentation des coûts de production et des prix de vente au niveau de l’ensemble du circuit de collecte et d’approvisionnement. Toute chose qui provoque des phénomènes de spéculation. Pour lui, la diminution de l’offre peut constituer des difficultés pour atteindre les seuils de consommation recommandés ou observés dans d’autres pays. À titre d’exemple, au Maroc, la consommation de viande de volailles est estimée à 12 kg par habitant, moins de 5 kg en Côte d’Ivoire. Au Mali, ce seuil semble se situer entre 1,5 et 2 kg par habitant. Chéichna Dianka note que l’utilisation des produits vétérinaires pour la prévention ou le traitement des maladies de façon abusive ou non conforme aux normes d’emploi, peut constituer un risque de santé, notamment lorsque les dates limites avant consommation ne sont pas respectées. Parlant des impacts sur la santé publique, Dr Modibo Ongoïba précise que certaines maladies génétiques se transmettent de l’animal à l’homme comme la rage, la grippe aviaire, la tuberculose, le charbon bactéridie… On les appelle les zoonoses. Selon lui, les personnes les plus exposées à ces zoonoses sont les exploitants, les vétérinaires et autres individus travaillant dans le domaine de l’élevage. Aussi, le docteur vétérinaire attire l’attention sur le fait que la sécurité alimentaire peut être menacée par ces maladies animales qui peuvent entraîner des intoxications alimentaires. Lors du lancement de la campagne nationale de vaccination 2025 du cheptel à Konobougou en décembre dernier, le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, affichait l’ambition de son département d’augmenter la
Vaccination du cheptel : C’est indispensable
Par Makan SISSOKO Bamako, 20 mar (AMAP) À Kalaban Coura, au cœur de la Commune V du District de Bamako, Cheick Oumar Sissoko est un éleveur discret mais déterminé. À son domicile, des lapins, poulets et pigeons s’épanouissent grâce à ses soins. Il achète des vaccins dans les pharmacies vétérinaires sans consulter de vétérinaire. Ce mardi 3 mars 2025, alors que le soleil commence à se coucher, Cheick Oumar Sissoko s’affaire dans sa cour. « J’achète des vaccins dans les points de vente, mais je n’ai jamais consulté un vétérinaire pour mes animaux. Cela me semble suffisant », confie-t-il. Pourtant, l’année dernière, Oumar a perdu une dizaine de ses sujets à cause d’une maladie virale dont il ignore jusqu’à présent les raisons. Éleveur et marchant de bétail, depuis plusieurs années, Adama Bah est tout simplement réticent à la vaccination de son cheptel. En effet, les animaux qu’il élève, ne sont pas vaccinés. « Depuis que je m’occupe du bétail, je m’intéresse pas aux produits vétérinaires car mes animaux sont en bonne santé », assure-t-il, fière.ment. Et il ose même mettre en doute l’efficacité des vaccins. « On nous dit que ça protège contre certaines maladies, mais on ne voit pas les résultats sur le terrain », explique-t-il. En décembre 2024, le gouvernement a lancé la campagne nationale de vaccination du cheptel, visant à vacciner et prémunir 81 millions d’animaux contre diverses maladies animales et zoonotiques. Cette initiative vise à renforcer la protection sanitaire du cheptel national et à contrôler des maladies telles que la peste des petits ruminants, la péripneumonie contagieuse bovine, la maladie de Newcastle, le charbon bactérien et symptomatique et surtout la rage. Malgré la disponibilité de vaccins subventionnés et l’encouragement des autorités à faire vacciner les animaux, de nombreux éleveurs, comme Oumar, continuent d’acheter des vaccins sans prescription vétérinaire. Le vaccin qu’il utilise, sans avis médical, pourrait être inefficace ; ou pire, s’il est mal administré, il pourrait causer la perte de son cheptel. Pourtant, l’État a mis à disposition des vétérinaires pour accompagner les éleveurs et garantir une couverture sanitaire optimale et sécurisée. MANDATAIRES SANITAIRES – En la matière, pour encadrer la vente et l’utilisation des médicaments vétérinaires, la loi n°028 du 14 juillet 2011 institue le contrôle des denrées alimentaires d’origine animale et des aliments pour animaux, stipulant que les agents des services vétérinaires sont habilités à accéder aux documents liés aux activités de production et à effectuer des prélèvements pour analyses. Cependant, la vente de médicaments vétérinaires sans ordonnance persiste, ce qui complique le contrôle de la qualité et de l’efficacité des vaccins utilisés. Pour améliorer la situation, l’Association nationale des vétérinaires mandataires du Mali (ANAVEM) mise sur la sensibilisation des éleveurs, sur l’importance de consulter les vétérinaires pour la vaccination et le traitement de leurs animaux. Son président, Mady Keïta, rappelle qu’avant le mandat sanitaire, c’est l’État qui vaccinait les animaux à travers les vétérinaires publics. « Depuis un certain moment, explique-t-il, l’État s’est désengagé pour confier la vaccination aux vétérinaires appelés mandataires sanitaires. » « Dans les localités où ces vétérinaires privés ne sont pas présents, l’État assure la vaccination des animaux pour combler le vide », ajoute M. Keïta, Aujourd’hui, ils sont au nombre de 159 vétérinaires titulaires du mandat sanitaire repartis sur l’ensemble du territoire qui, chaque année, mobilisent les éleveurs pour la vaccination du cheptel. « À ce titre, chaque titulaire du mandat sanitaire se fixe un objectif par rapport à l’effectif de son cheptel dans la localité qu’il couvre, en se donnant une prévision pour faire le bilan à la fin de la campagne », explique le président de l’ANAVEM qui apprécie, globalement, la vaccination à mi-parcours comme satisfaisante. Par ailleurs, Mady Keïta souligne la faible mobilité des agents dans certaines localités du pays comme dans les Régions de Mopti, Bandiagara (Centre) et une partie de Gao, Kidal, Tombouctou et le Cercle d’Ansongo, dans le Nord du Mali. Mais, aussi, dans la bande sahélienne comme Nara, Nioro, Troungoumbé où le déplacement du vétérinaire en moto devient difficile à cause de l’insécurité. Parlant de l’acquisition des vaccins, il précise qu’il existe un seul circuit d’approvisionnement à travers le Laboratoire central vétérinaire (LCV) qui fabrique des produits vétérinaires. Les vaccins de ce laboratoire sont subventionnés par l’État au prix fixe de 30 Fcfa pour les vétérinaires titulaires de mandats sanitaires. « Si les vaccins appelés morts sont disponibles chez les grossistes, seuls les titulaires de mandats sanitaires ou les vétérinaires étatiques ont accès aux vaccins vivants utilisés contre la peste des petits ruminants et la péripneumonie contagieuse bovine. Ils doivent être impérativement gardés dans la glace », argumente le président de l’ANAVEM. Il précise que la vaccination n’est pas gratuite et la prestation du vétérinaire est payée en fonction des localités. VACCINATION OBLIGATOIRE – Outre les difficultés liées à l’insécurité, Mady Keïta souligne la problématique de la vente illicite des vaccins vivants qui sont à la portée de tout le monde. « Ce qui, estime-t-il, rend le travail difficile. » « Quand un vaccin passe par la main d’un non professionnel, dans des conditions de conservation qui ne sont pas respectées, cela affecte l’efficacité du produit », regrette-t-il. Le vétérinaire appelle les éleveurs à aller vers les bons produits en approchant des spécialistes assermentés pour protéger la santé humaine et le cheptel. Le chef de la section surveillance épidémiologique à la Direction nationale des services vétérinaires (DNSV), Dr Boundiala Sissoko, explique que la campagne de vaccination est planifiée en fonction de la mobilité et de l’effectif du cheptel dans chaque zone. Par exemple, pendant que les animaux du Nord migrent vers le Sud à la recherche de pâturages et d’eau, la vaccination commence au Sud pour finir vers le Nord. Aujourd’hui, la vaccination contre la péripneumonie contagieuse bovine se chiffre à 776 000 têtes vaccinées contre 831 000 têtes pour la peste des petits ruminants (moutons et chèvres) et 1 909 410 de volailles vaccinées contre la maladie de Newcastle. Le vaccin contre la rage n’est pas subventionné ce qui fait que la vaccination à
Ramadan et mariage : Pour seulement faire la bouliie de rupture…
Par Aminata DJIBO Bamako, 20 mar (AMAP) Le mois de Ramadan représente un défi énorme pour les nouvelles mariées, désignées souvent par ceux qui ont le sens de la dérision comme celles qui viennent « pour préparer la bouillie du Ramadan ». Les veilles de Ramadan, les mariages se multiplient. À titre d’illustration, la mairie de la Commune V a célébré 767 mariages en février dernier contre 236 en janvier à l’hôtel de ville de la mairie de la Commune IV. Des célibataires voire des « célibattants » affluent devant les officiers d’état civil, très fréquemment, pendant les deux ou trois mois qui précèdent le mois de Ramadan, pour intégrer le club des mariés. Mais, surtout, pour passer le mois béni dans de meilleures conditions psychologiques, morales et alimentaires avec des épouses disponibles pour faire la cuisine. Pourtant, c’est une tâche immense qui attend les nouvelles élues des cœurs. Celles-ci doivent préparer les repas pour leurs époux et belle-famille durant ce mois béni. Les cordons bleus s’en sortent souvent avec le satisfecit de la famille. Elles sont souvent élevées au rang de « houris » (ces femmes promises aux croyants dans le paradis). C’est une toute autre histoire pour les nouvelles mariées qui n’excellent pas dans l’art culinaire et qui n’arrivent même pas à bien préparer la bouillie de rupture de jeûne. « Ma belle-sœur est une nouvelle mariée. En cette période, elle prépare mal la bouillie. Il n’y a même pas de grain. Dieu m’en est témoin », dénonce Oumar Diarra, un étudiant. Celles qui ne sont pas toujours préparées à ce qui les attend rencontrent des surprises comme le cas de cette jeune fille qui s’est mariée à deux semaines du Ramadan. Sous anonymat elle dit : « Je viens de me marier. Je n’étais pas préparée à tout ça. Ici, on me laisse seule. Le matin, on me donne l’argent de la popote et personne ne s’intéresse plus à ce que je fais. Chacun s’attend à une table garnie lors de la rupture. Je ne m’attendais pas à ça. Chez nous, ma mère m’aurait aidée », confie-t-elle avec une pointe d’amertume. Il est 4 heures, dans la famille Diallo à Kalaban Coro. Aminata,17 ans, est déjà active pour servir cette famille élargie de plus de 60 membres dont une dizaine de femmes. « C’est mon premier Ramadan en tant que femme mariée. Dans la famille, il y a beaucoup de belles-sœurs, mais aucune d’entre elles ne lève le petit doigt pour m’aider. Je me demande pourquoi cette indifférence à mon égard. Des fois, je prépare des plats dont la famille se plaint, les trouvant fades. Je fais avec », déclare-t-elle. Aminata qui vient d’une famille nucléaire n’apprécie guère de vivre dans une telle atmosphère. Et de préciser que le slogan de sa belle-famille-famille est : « Tu t’es mariée pour ça, il faut assumer ». Nombreuses sont les jeunes filles qui, même si elles ne l’expriment pas ouvertement, ressentent un regret intérieur, comme l’explique Fanta Cissé, dont la belle-famille habite à Baco Djicoroni Golf, en Commune V du District de Bamako. « Moi, je conseillerais à toutes les filles de ne pas se marier à l’approche du Ramadan. Ça enlève toute l’allure d’une nouvelle mariée. Entre incompréhension, cuisine, cherté des condiments et organisation, il faut être prête », affirme-t-elle. Mais certaines nouvelles mariées piochent des recettes sur les réseaux sociaux ou on recourt à des produits pré-conditionnés dans des sachets comme des grains secs de bouillie. C’est du moins ce qu’affirme Aïcha Diarra à Torokorobougou, drapée dans un boubou de nouvelle mariée et foulard au rein. « S’il arrive que je me gamberge, plusieurs femmes sont sur Tik Tok pour nous apprendre des recettes comme Mamy ka épices, secret de cuisine ou encore Tatiakasougouba. MANGER LA BEAUTE – Il me suffit de m’entrainer et, pour les bouillies, c’est disponible dans les supermarchés. Au début, j’avais vraiment des difficultés mais, aujourd’hui, je m’en sors », indique-t-elle, en dressant la table pour la rupture. Pour préparer les nouvelles mariées à ce qui les attend, Mme Sissoko Metou Dembélé, conseillère matrimoniale à Daoudabougou insiste sur l’importance de l’éducation et de l’engouement pour les mariages à l’approche du Ramadan. « Le mois passé, j’ai suivi 18 filles dans leurs mariages à la veille de ce mois de Ramadan. Je leur ai conseillées d’être à hauteur des attentes de leurs belles-familles en termes de tâches domestiques surtout culinaires », explique-t-elle, en regrettant les difficultés d’initiation des jeunes filles. Ceci résulte d’une faible communication entre les mamans et leurs filles. « On ne leur apprend pas comment gérer un foyer, encore moins une famille pendant le Ramadan », souligne la conseillère matrimoniale. Elles sont nombreuses, ces filles, dont les belles-familles se plaignent comme le déclare Mme Sidibé, une doyenne de 88 ans. « Ces filles pensent qu’on mange la beauté. Je recadrais toutes mes belles-filles qui ne savaient pas cuisiner. Elles avaient le choix de partir, car je ne peux pas accepter ça dans ma famille », déclare l’octogénaire, tout en continuant à égrener son chapelet. Se marier à l’approche du mois béni n’est pas une tendance selon le sociologue Savadogo Modibo. Il invite les parents à enseigner les notions culinaires élémentaires de recettes locales à leurs filles avant que celles-ci ne se mettent en en couple. Selon lui, l’une des raisons du nombre croissant de mariages célébrés généralement un mois avant le début du Ramadan, c’est pour préparer le mois qui précède le Ramadan dénommé en bamanakan «Sounkalo Mankono», un mois béni, tout comme le Ramadan. Mais dans la société, trop de spéculations tournent autour des jeunes filles, notamment l’absence de talent pour la cuisine et plusieurs divorces y sont liés car toutes les familles ne tolèrent pas une femme qui ne sait pas cuisiner», fait observer le sociologue. AD/MD (AMAP)
URGENT: un incendie en cours dans la ville de Mopti (Centre)
Bamako, 20 mar (AMAP) Un incendie s’est déclaré il y a quelques minutes dans la ville de Mopti, dans le Centre du Mali), précisément au centre commercial, au niveau de la station Pagou1 ,près de la représenattaion de la Compagnie malienne de textiles (COMATEX), selon des témoins.
Kolokani : Remise officielle des premières cartes biométriques sécurisées
Kolokani, 19 mar (AMAP) Le préfet du Cercle de Kolokani (Ouest), Alou Diarra a procédé, ce mercredi, à la remise officielle des premières cartes biométriques sécurisées établies au Commissariat de police de la ville, a constaté l’AMAP sur place. Cette remise en présence de adjoints du préfet, du maire de la Commune rurale de Kolokani, du représentant de la chefferie, de la présidente de la CAFO, du président du Conseil communal de la jeunesse, intervient après la réception du matériel de production des cartes biométriques sécurisées par le même commissariat, le 26 janvier dernier. Les premiers bénéficiaires, Fatou Daou, Hawa Diarra et Amadou Traoré, tout comme les invités et le préfet ont exprimé leur joie. Ils ont exprimé leur satisfaction au Commissaire Divisionnaire Mahamadou Traoré dit Dou et ses hommes « pour tout ce qu’ils font pour le développement de Kolokani. » Cette remise concerne les citoyens ayant fait l’enrôlement biométrique et dont les pièces d’identité biométriques ont été soit perdues, soit endommagées ou encore ceux qui n’ont jamais eu leur carte biométrique mais détiennent les pièces requises. Les intéressés doivent se munir de l’une des pièces suivantes : la carte NINA, le passeport biométrique, la fiche descriptive individuelle avec photo, la carte d’électeur biométrique ou la carte AMO sur laquelle figure le numéro NINA de l’intéressé. Les frais s’élèvent à 5 000 Fcfa. Le paiement est électronique et se fait sur place au commissariat, par mobile money avec le téléphone. AK/MD (AMAP)
Les syndicats des pharmaciens d’officine et des laboratoires d’analyses lèvent le préavis de suspension des services AMO (Communiqué)
Bamako, 19 mar (AMAP) Les syndicats des pharmaciens d’officine (SYNAPPO) et des laboratoires d’analyses biomédicales privés (SYNAPHARM) ont annoncé, mercredi, dans un communiqué daté du 19 mars 2025, la levée de leur préavis de suspension des prestations de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) dans les pharmacies et les laboratoires conventionnés à travers le Mali. Cette décision intervient après une commission paritaire d’urgence tenue le vendredi 14 mars 2025 et les jours suivants. Les syndicats saluent « le soutien massif des pharmaciens au préavis transmis au ministre de la Santé et du Développement social », qui prévoyait une suspension des services AMO, « en raison des retards de remboursement des factures échues » par la Caisse nationale d’assurance maladie (CANAM). « Nous partageons pleinement les difficultés liées à l’approvisionnement, aux retards de remboursement par la CANAM et au respect des engagements contractés auprès des grossistes répartiteurs », précisent les syndicats dans leur communiqué. La levée du préavis, effective à compter de ce mercredi 19 mars 2025, repose sur plusieurs éléments : « le niveau actuel du remboursement des factures échues », « les dispositions annoncées par la CANAM et les Organismes de gestion déléguée (OGD) », ainsi que « l’engagement des plus hautes autorités à procéder, dans un bref délai, au remboursement de toutes les factures AMO échues ». Les syndicats soulignent également « l’intérêt supérieur de la population » comme facteur clé dans leur décision. Malgré cette désescalade, le SYNAPPO et le SYNAPHARM exhortent la CANAM et les OGD à redoubler d’efforts pour assurer « le remboursement effectif des factures AMO en respectant les délais conventionnels », « la tenue régulière des commissions paritaires » et « l’examen et la résolution des préoccupations liées aux services AMO ». Parmi les problèmes persistants figurent « le contrôle de droit des assurés AMO » et « les nombreux rejets injustifiés de fiches de soins », qui continuent de peser sur les professionnels. Cette reprise marque le retour temporaire à la normale, tout en maintenant une pression sur les autorités pour des améliorations structurelles. OS/MD (AMAP)
Retrait de la Confédération des États du Sahel (AES) de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF)
Bamako, 19 mar (AMAP) Les ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES), composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, ont annoncé, dans un communiqué de presse conjoint daté du 18 mars 2025, le retrait de leurs pays de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Le communiqué souligne le rôle historique de ces nations au sein de la Francophonie. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, « mus par les idéaux de rapprochement des peuples par la coopération multilatérale fondée sur la promotion de la diversité linguistique et culturelle et le dialogue des civilisations, ont participé activement, en qualité de membres fondateurs, au Sommet de Niamey qui a donné naissance, le 20 mars 1970, à l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) ». Cette dernière est devenue l’Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF) en 1998, puis l’OIF en 2005. « Pendant les 55 années d’existence de la Francophonie, ces trois pays qui forment aujourd’hui la Confédération des États du Sahel (AES), ont contribué inlassablement, et de manière significative, à la construction et au renforcement de cette organisation », ajoute le texte. Cependant, les ministres dénoncent un changement d’attitude de l’OIF depuis les transitions politiques dans leurs pays respectifs. « Depuis l’avènement de la transition au Mali, au Burkina puis au Niger, l’OIF, au lieu d’accompagner ces pays dans la réalisation des aspirations légitimes de leurs peuples, conformément à ses objectifs de paix, de coopération et de solidarité, s’est illustrée par l’application sélective de sanctions sur la base de considérations géopolitiques et le mépris pour leur souveraineté », déplore le communiqué, qui accuse l’organisation de s’être transformée en « un instrument politique téléguidé ». En réponse à cette situation, les chefs d’État de l’AES ( le capitaine Ibrahim Traoré, le général d’Armée Assimi Goïta et le général de Brigade Abdourahamane Tiani) « ont décidé en toute souveraineté, du retrait des États membres de la Confédération AES de l’Organisation internationale de la Francophonie », indique le texte. Cette décision, conforme à l’article 10 de la Charte de l’OIF, a déjà été officiellement notifiée par les trois pays. Ce retrait reflète, selon le communiqué, la détermination des leaders de l’AES à rester « fidèles aux aspirations profondes de leurs peuples et résolus à défendre leurs intérêts légitimes ». Signé à Ouagadougou, Bamako et Niamey, ce document marque un tournant dans les relations entre la Confédération des États du Sahel et l’OIF. OS/MD (AMAP)
Koro/Bandiagara : Restrictions sur le flux des camions-citernes de carburant
Koro/Bandiagara, 19 mar (AMAP) La Région de Bandiagara et les cercles de Koro et Bankass, dans le Centre du Mali, font l’objet de restrictions du transport de carburant par décision des autorités d’arrêter momentanément le flux des citernes de carburant vers destinations, qui reçoivent plusieurs citernes dans la semaine, en attendant de voir clair dans la vente du carburant,, a constaté l’AMAP Les stations-services de Koro, font ainsi face, depuis trois jours, à une difficulté d’approvisionnement en essence à la suite de cette décision, qui, selon une source locale, de est destinée à comprendre la ou les destinations du carburant transporté par ces nombreuses citernes Concernant ces restrictions sur le transport du carburant, le gouverneur de la Région de Bandiagara, le colonel-major Olivier Diassana, a, pour sa part, expliqué qu’ « il ne s’agit nullement d’une mesure arbitraire, mais plutôt d’une stratégie de lutte contre le terrorisme qui affecte gravement la Région. » Intervenant, mardi, devant les légitimités traditionnelles et religieuses dans le cadre de la sensibilisation sur les taxes sur les recharges téléphoniques et les transferts monétaires, ainsi que les mesures de sécurité visant à limiter l’afflux massif du carburant dans la région, le gouverneur a mis « en garde contre toute forme de complicité avec les groupes armés » et a appelé les populations à faire preuve de vigilance et de collaboration avec les forces de sécurité. » A Koro, à la suite de la difficulté d’approvisionnement en carburant, presque toutes les stations-services de la ville, une quinzaine, ont déclaré être en rupture de stocks d’essence, provoquant une pénurie dans la ville. De cette situation a fait le lit d’un business de vente de carburant pour les petits revendeurs et les revendeurs de circonstance, qui pratiquent des prix variant de 1 500 Fcfa à 2 500 Fcfa le litre par endroits. Le samedi, jour de foire de Koro, de nombreux forains, se sont retrouvés bloqués dans la ville, faute de carburant. Les spéculateurs en ont profité pour vendre le litre à des prix exorbitants. Après avoir examiné la situation, le Conseil communal de la jeunesse de Koro, dirigé par Ousmane Edem Niangaly et les forces vives de Koro, ont publié un communiqué « pour attirer l’attention des promoteurs et des revendeurs de carburant sur la hausse abusive des prix du carburant dans la ville. » « Une augmentation de prix qui vient alourdir davantage le coût de la vie et considéré comme un acte criminel contre une population éprouvée par les effets de la crise sécuritaire », selon les termes du communiqué. Par ailleurs, le communiqué signé par le chef de village de Koro, les président du Conseil communal de la jeunesse, de la société civile, de la Chambre locale de commerce, des transporteurs routiers et la présidente de la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO), précise que « toute personne qui se permettra de vendre de l’essence à un prix supérieur au prix officiel, sera interpellée et traduite devant les autorités compétentes. » Un comité de veille a été mis en place pour sillonner la ville, dans le but de vérifier les prix du litre d’essence auprès des revendeurs. Quant au gouverneur de Bandiagara , lors de sa rencontre et sur le sujet de la taxation des recharges téléphoniques et des transferts monétaires, il expliqué que la mesure s’inscrit « dans une dynamique de souveraineté économique, telle que voulue par les plus hautes autorités du pays. » Il a insisté sur le caractère civique de cette contribution, soulignant qu’elle participera au développement socioéconomique de la nation. En conclusion, cette rencontre a permis un échange constructif entre les autorités régionales et les représentants des légitimités traditionnelles et religieuses qui ont réitéré leur engagement à soutenir ces initiatives. Le Gouverneur a appelé à une prise de conscience collective pour assurer la stabilité et le développement de la région de Bandiagara. MN/OG/MD (AMAP)

