CAN 2023 : La Côte d’Ivoire remporte sa CAN

Envoyés spéciaux Ladji M. DIABY Habibou KOUYATE Abidjan, 11 fév (AMAP) Les feux d’artifices qui grondent dans le ciel d’Ébimpé, dans la sous-préfecture et commune d’Anyama, les artistes qui passent sur la pelouse du stade olympique Alassane Ouattara (Alpha Blondy, Roseline Layo, Tam Sir et Team Paiya, Serge Beynaud, la musique nigériane, le coupé-décalé, la cérémonie de clôture de la CAN, Côte d’Ivoire 2023 a été riche en couleurs. «Le coup de marteau» de Tam Sir et Team Paiya cartonne en Côte d’Ivoire depuis le début de la CAN. Le stade olympique Alassane Ouattara en feu. Tout annonce était l’occasion d’égayer les 57.094 spectateurs (selon les données de la Confédération africaine de football). Quelques minutes avant le coup d’envoi, un tonnerre d’applaudissement a accueilli Didier Drogba, ancien capitaine des Éléphants et Gadji Celi, capitaine de la Côte d’Ivoire lors de son premier sacre en 1992 au Sénégal, qui sont venus présenter le trophée de la CAN. Et s’en suit la musique à l’honneur de l’ancien attaquant de Chelsea que tout le stade chante. Une banderole géante s’est affichée sur laquelle est mentionné « Éléphants commando». L’annonce de la composition des équipes a été aussi l’occasion pour les supporters de donner de la voix. L’annonce du nom de chaque joueur ivoirien est applaudie. La Côte d’Ivoire a évolué en 4-3-3 alors que le Nigeria a joué en 3-4-2-1. Comme d’habitude, les Nigérians laissent l’initiative du jeu à leurs adversaires et les Éléphants la prennent volontiers. Devant leurs supporters, chaud-bouillants, le capitaine Serge Aurier et ses partenaires sont déterminés, Seko Fofana, au milieu de terrain, Max Alain Gradel et Simon Adingra dans les couloirs, sont remuants, mais à chaque fois, ils tentent de trouver la tête de leur longiligne avant-centre, Sébastien Haller. Sans succès. Les supporters applaudissent chaque action offensive, les interventions défensives des Éléphants et huent les Nigérians, notamment Victor Osimhen, à chaque qu’ils touchent le ballon. Le Nigeria, en difficulté, hésite à presser au-delà de la ligne médiane, de crainte de libérer des espaces. La Côte d’Ivoire aurait pu ouvrir le score après la demi-heure, mais la tentative du gauche de Simon Adingra est déviée par Stanley Nwabali (34è min). Les supporters font l’ambiance, leurs joueurs dominent les débats. «héééé, héééé, héééé», scandent-ils. Mais les plus sages s’inquiètent : « Ce n’est pas bon de dominer sans marquer », s’angoissent-ils. Mais le déroulé du match leur donne raison. Les Super Eagles débloquent le tableau d’affichage grâce à leur capitaine William Paul Troost-Ekong qui a marqué de la tête suite à un corner (38è min). « C’était prévisible. Le Nigeria est très efficace », dit-il. Quelques supporters nigérians exultent alors que c’est silence radio pour les Ivoiriens. Les joueurs s’encouragent sur le terrain et les supporters applaudissent pour les motiver. Le Nigeria semble avoir fait le plus difficile car la Côte d’Ivoire n’a jamais marqué de but dans une finale de CAN alors que le pays en a disputé quatre (1992, 2006, 2012 et 2015). Les deux CAN remportées l’ont été après la séance de tirs au but. A la mi-temps, le Nigeria ne compte que deux tirs dont un cadré, 33% de possession de balle contre neuf tirs dont trois cadré, 67% de possession pour la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire revient fort en deuxième période. La défense nigériane est à la peine. Les Éléphants portent sans cesse le danger dans le camp nigérian, mais le gardien Stanley Nwabali repousse l’égalisation à l’image de son intervention sur la frappe du défenseur ivoirien Kouakou Kossonou (62è min). C’est sur ce corner joué par Simon Adingra, que Franck Kessié, seul au deuxième poteau, place une tête piquée pour remettre les pendules à l’heure (1-1, 62è min). Les supporters fêtent le but de la plus belle de manière. Les Éléphants continuent de dominer les débats. Ils sont accompagnés par les supporters qui chantent et dansent dans les gradins. Les lampes de téléphones sont allumées pour signifier aux supporters qu’ils sont présents et sont avec eux. Le match est à sens unique.   Sur le côté gauche, Simon Adingra, intenable, se joue de Temitayo Aina avec un crochet éclair et enchaîne un centre à mi-hauteur du gauche. Haller est plus vif que le capitaine Troost-Ekong au premier poteau et donne l’avantage du bout du pied droit (81è min, 2-1). La Côte d’Ivoire renverse la tendance. C’est la fête au stade olympique Alassane Ouattara d’Ebimpé. Les supporters sont tous debout pour la fin du match alors que le Nigeria pousse pour revenir au score. Les sept minutes de temps additionnels sont longues pour les Ivoiriens. «Ce sont les sept minutes les plus longues de la CAN», exprime une supportrice. 90è minute + 7, les supporters réclament la fin de la partie, ce qui n’a pas tardé. « On a organisé la CAN, on l’a remportée. Quelle belle souvenir », exclame un supporter. La joie est débordante au stade. «Le coup de marteau» de Tam Sir et Team Paiya résonne encore, les supporters et les joueurs dansent et se félicitent pour cette 4è sacre du pays. La Côte d’Ivoire a enfin marqué dans une finale et devient le premier pays à remporter la CAN à domicile depuis l’Égypte 2006, vainqueur de la Côte d’Ivoire (0-0, 4-2 t.a.b.). « Je suis fier d’être Ivoirien. On a dit qu’on va gagner, on l’a fait », déclare un autre supporter. Alors que l’organisation prépare la remise des médailles, la musique coupé-décalé, dont celle de Dj Arafat, et l’hymne de la CAN «Bienvenue à Babi» passent en boucle et les supporters sont «enjaillés». «Je suis très content. Les joueurs ont fait preuve de caractère. On a eu une cérémonie d’ouverture splendide, une cérémonie de clôture époustouflante. C’est magnifique. C’est la meilleure CAN de l’histoire », affirme Mark Eli. « Nous avons perdu dans ce stade 4-0. Nous remportons la CAN ici. Dieu est fort», ajoute un autre supporter. Les Ivoiriens vont célébrer ce sacre jusqu’au petit matin. Les autorités ivoiriennes ont déclaré la journée de lundi chômée et payée pour prolonger

Finale de la CAN 2023 : Un inédit Nigéria-Côte d’Ivoire

Envoyés spéciaux Ladji M. DIABY Habibou KOUYATE Abidjan, 08 fév (AMAP) Nigeria-Côte d’Ivoire, c’est l’affiche de la finale de la 34è édition de la Coupe d’Afrique des nations. Les deux équipes ont décroché leur ticket de pour la finale, mercredi, à l’issue des demi-finales. Le Nigeria a battu l’Afrique du Sud (1-1, 4-2 t.a.b.), au stade de la Paix de Bouaké quand la Côte d’Ivoire a dominé la RD Congo (2-0), au stade Alassane Ouattara à Abidjan. Les deux pays ne se sont jamais rencontrés en finale de la CAN. Ils s’affronteront dimanche pour titre continental, au stade Alassane Ouattara à Abidjan. L’Afrique du Sud ne remportera donc pas son deuxième titre cette CAN. Les Sud-Africains, qui ont disputé la demi-finale de la compétition pour la première fois depuis 2000, ambitionnaient de faire, en Côte d’Ivoire, d’une pierre deux coups : prendre leur revanche sur le Nigeria qui les avaient battus à ce stade de la compétition en 2000 et se qualifier en finale pour viser un deuxième sacre, après 1996 à domicile. C’est raté ! Les Bafana Bafana se sont encore inclinés devant le Nigeria, en demi-finale de la CAN, Côte d’Ivoire 2023. Pourtant, les Sud-Africains ont dominé le jeu, ayant la plupart du temps le ballon sans concrétiser leur domination. Les chiffres de la rencontre sont éloquents : 14 tirs de chaque côté dont 6 tirs cadrés pour l’Afrique du Sud contre 5 pour le Nigeria. La possession de balle était largement à l’avantage des Bafana Bafana qui ont obtenu 61% et réalisé 616 passes avec 86% de précision contre 39% de possession, 382 passes avec 80% de précision pour le Nigeria qui a commis 22 fautes, écopé de 2 cartons jaunes et obtenu 5 corners contre 11 fautes, 1 carton rouge, 1 hors-jeu et 4 corners pour l’Afrique du Sud. Pour se hisser en demi-finale, le Nigéria a terminé 2è du groupe A avec deux 2 victoires, un nul avant d’éliminer le Cameroun (2-0) en huitièmes et l’Angola (1-0) en quarts de finale. De son côté, l’Afrique du Sud a terminé 2è du groupe E (1 victoire, 1 nul et 1 défaite) derrière le Mali avant de créer la surprise en huitièmes face au Maroc (2-0) et de se défaire du Cap Vert (0-0, 2 tab à 1) en quart de finale. Dans cette rencontre tactique, l’Afrique du Sud a réalisé une belle première période. Séduisants, les Sud-Africains usent de longs ballons pour porter le danger sur les buts nigérians. De son côté, le Nigéria a été méconnaissable, friable derrière et timide offensivement. Les belles occasions de la première période étaient à l’actif des Sud-Africains, notamment la frappe du milieu de terrain Sphephelo Sithole captée par le gardien nigérian Stanley Nwabali (10è min). Le gardien arréte aussi la tentative de Percy Tau (28è min) avant d’être encore décisif sur la frappe enroulée de Sekotori Makgopa qui partait dans les buts (39è min). Auparavant le Nigiera a cadré sa première frappe mais le ballon du milieu de terrain Alexander Iwobi n’a pas inquiété le gardien Ronwen Williams (37è min). L’Afrique du Sud a mieux joué avec le ballon mais le danger pour la défense nigériane est toujours venu de longs ballons. La tête sous l’eau en première période, le Nigeria est parvenu a fait le dos rond et laisser passer l’orage avant d’émerger l’eau en deuxième période. Les Nigérians sont revenus des vestiaires avec de meilleurs intentions. Les joueurs de José Peseiro sont bien plus agressifs à la perte du ballon, plus précis dans leurs transmissions. Peu avant l’heure de jeu, Victor Oshimen, qui était incertain pour ce match pour cause de problèmes à l’abdomen, s’impose physiquement à la retombée d’un centre de Bright Osayi-Samuel mais, un peu en arrière, il ne peut cadrer sa reprise de la tête (57è min). Le Nigeria a débloqué le tableau d’affichage grâce au défenseur William Paul Troost-Ekong qui a transformé un penalty consécutif à une faute de Mothobi Mvala sur Victor Osimhen (67è min). Le Nigéria semble avoir fait le plus dur, mais l’Afrique du Sud n’a pas dit son dernier mot. Alors que Victor Osimhen croit réaliser le break pour son pays (85è min), les Sud-Africains réclament une faute au départ de l’action, obligeant l’arbitre égyptien Amin Mohamed Omar à recourir à l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) qui a finalement annulé le but du Nigeria et accordé un penalty à l’Afrique du Sud pour une faute de Alhasan Yusuf sur Percy Tau. Le milieu de terrain Teboho Mokoena transforme le penalty pour remettre les pendules à l’heure (1-1, 90è min). Un match fou ! Dans le temps additionnel, les Sud-Africains sont passés à côté du 2-1, pour crucifier les Nigérians mais Khuliso Mudau, seul face au but vide, tire au-dessus après un coup franc Teboho Mokoena repoussé par le gardien Stanley Nwabali (90è min +6). Les deux équipes jouent la prolongation. Malgré les occasions de part et d’autre et l’expulsion du défenseur sud-africain Gomolemo Grant Kekana (115è min), elles ne parviendront pas à se départager. Place à la séance des tirs au but. Brillante à ce jeu lors du quart de finale contre le Cap-Vert, l’Afrique du Sud craque devant le Nigeria. Le gardien des Super Eagles Stanley Nwabali a volé la vedette à Ronwen Williams (auteur de quatre arrêts contre le Cap-Vert) effectuant deux arrêts durant la séance. Le Nigeria transforme 4 tirs contre 2 pour les Bafana Bafana. Même bousculé, le Nigeria s’est montré solide et confirme une fois de plus son statut de favori de cette compétition. Les Super Eagles vont disputer leur 8è finale de la CAN et visent un 4è sacre après 1980, 1994 et 2023. Les Nigérians atteignent la finale pour la première fois depuis 2013. LMD/MD (AMAP)  

Dialogue inter-Maliens : Le comité de pilotage installé

Bamako, 06 fév (AMAP) Les 140 membres du Comité de pilotage du dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation dirigés par l’ancien Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, ont été installés dans leur fonction, lundi. La cérémonie d’installation, au palais de Koulouba, a été présidée par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, en présence des présidents des institutions, des membres du gouvernement, notamment le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué. Créé par le décret n°2024-0053/PT-RM du 26 janvier 2024, le Comité de pilotage du dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation comprend 140 membres. Dirigé par l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, ce Comité est chargé de la préparation et de l’organisation du dialogue inter-Maliens. Le dialogue a pour but de restaurer la paix, consolider l’unité nationale et raviver le vivre-ensemble. Cette cérémonie d’installation marque le début d’un processus destiné à aboutir à la paix des cœurs et au retour de la grande fraternité légendaire entre l’ensemble des filles et fils de notre nation. « Oui, le Mali éternel a vacillé, mais il ne s’est pas écroulé contrairement à certaines prédictions», a déclaré le président de la Transition sous un tonnerre d’applaudissements. Et de poursuivre : « Nous devons cela à notre histoire millénaire, marquée par l’existence de grands empires et royaumes qui ont réalisé un brassage socioculturel donnant naissance à des communautés ayant toujours vécu en symbiose et dans la complémentarité ». TISSU SOCIAL – « Même au plus fort de la crise multiforme que traverse notre pays, pendant que les services de l’État s’étaient retirés de certaines localités, c’est le tissu social pétri de solidarité et d’humanisme qui a permis aux populations de se supporter pour mieux envisager l’avenir », a rappelé le colonel Assimi Goïta. Il a dit ensuite que c’est pour cette raison que « les ennemis de notre peuple ont essayé de créer la mésentente entre nos populations pour les entraîner dans des conflits intra et intercommunautaires. » C’est ainsi que plusieurs de nos communautés ont été endeuillées par des meurtres de femmes, d’enfants et de vieilles personnes. « Nos Forces de défense et de sécurité, dans leur mission régalienne de protection du territoire, des personnes et des biens, ont également payé un lourd tribut. » Cependant, grâce à la bravoure et au don de soi des Forces armées maliennes (FAMa), notre État a recouvré son autorité sur l’ensemble du territoire, dont «certains avaient voulu faire une enclave, en ayant pris le soin d’opposer les enfants du même pays», a indiqué le chef de l’État. Selon le président Goïta, cette unité retrouvée par notre peuple a été saluée par l’ensemble de ses filles et fils, fiers de leur histoire commune et animés par un fort sentiment patriotique et la volonté ferme de recoudre le tissu social malheureusement fragilisé par les conflits inutiles. «Ainsi, nous avons décidé de créer les conditions d’un dialogue entre les filles et les fils de notre peuple, conduit par eux-mêmes, en vue de restaurer la paix, de consolider l’unité nationale et de raviver le vivre-ensemble», a souligné le chef de l’État. Pour lui, ceci était d’une urgente nécessité, « tant l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger était devenu, pour certains acteurs, un fonds de commerce et un moyen de prolonger la souffrance de nos populations meurtries. » « C’est la raison pour laquelle, les autorités de la Transition ont décidé, en toute responsabilité, d’y mettre fin», a expliqué le colonel Assimi Goïta. D’après lui, «nous avons tous les atouts pour réussir un dialogue direct entre les Maliens». À travers des valeurs sociétales et des formes de spiritualité, nos ancêtres ont instauré une culture de paix et de solidarité fondée sur des règles dont le respect était garanti par l’ensemble de la communauté, a rappelé le président Goïta.   DIALOGUE FRANC ET SINCÈRE – « Il nous faut donc puiser dans notre histoire pour construire une mémoire collective à la fois pour notre génération actuelle et future, afin que nous ne retombions plus jamais dans des situations de déchirements », a exhorté le colonel Assimi Goïta, qui a demandé de questionner sans complaisance, notre société afin de comprendre les causes apparentes et profondes des conflits qui la minent. Ceci exigera « de nous un exercice d’autocritique et de vérité qui sera le véritable socle de la paix durable que nous recherchons tant », a ajouté le président de la Transition. Il a, par ailleurs, demandé aux membres du Comité de pilotage de créer les conditions d’un dialogue franc et sincère entre les Maliens de manière inclusive, afin que nul ne se sente exclu. « Toutes les voix doivent être écoutées et tous les avis doivent pouvoir s’exprimer. Il s’agit donc, comme le dit l’expression populaire, de laver « le linge sale en famille », a détaillé le colonel Assimi Goïta. « Toutefois, ajoutera-t-il, tout au long du processus de dialogue, les membres du Comité doivent avoir comme boussole, les trois principes qui guident désormais l’action publique dans notre pays, à savoir le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques et de partenaires opérés par notre pays et la défense des intérêts du peuple malien dans les décisions prises. À l’issue de ce dialogue, décidé et conduit par les Maliens eux-mêmes, « c’est un peuple réconcilié et rassuré qui devra pouvoir exprimer à l’unisson sa confiance en l’avenir. » Ce faisant, il aura prouvé encore une fois de plus, « sa capacité à régler lui-même ses propres problèmes et à renforcer chaque jour sa souveraineté. » Cependant, a précisé le président Goïta, « il n’y aura aucune place dans ce grand forum national pour les ennemis de notre peuple qui veulent remettre en cause l’unicité et la laïcité de l’État, ainsi que l’intégrité de notre territoire. » De son côté, le président du Comité de pilotage du dialogue inter-Maliens, Ousmane Issoufi Maïga, a, au nom de son équipe, remercié le chef de l’État pour la confiance placée

Demi-finales de la CAN Côte d’Ivoire 2023 : De la revanche dans l’air

Envoyé spéciaux Ladji M. DIABY Habibou KOUYATE  Bouaké, 06 fév (AMAP) Nigeria-Afrique du Sud, Côte d’Ivoire-RD Congo sont les affiches des demi-finales de la CAN, Côte d’Ivoire 2023, prévues demain mercedi. En 2000, les Super Eagles ont écarté les Bafana Bafana à ce stade de la compétition alors qu’en 2015, les Éléphants ont éliminé les Léopard. L’Afrique du Sud et la RD Congo ont donc une revanche à prendre leurs adversaires. La compétition tend vers sa fin. Le stade de la Paix à Bouaké et le stade Alassane Ouattara à Abidjan s’apprêtent à accueillir les demi-finales. La première rencontre mettra aux prises le Nigeria et l’Afrique du Sud à Bouaké (17h) alors que la deuxième mettra face à face le pays hôte, la Côte d’Ivoire et la RD Congo, à Abidjan. Quelle que soit l’issue des deux matches, la finale opposera un pays francophone et un pays anglophone. Les deux pays de l’Afrique de l’Ouest aborderont ces demi-finales avec les faveurs des pronostics. Toutefois, dans cette compétition, les observateurs se méfient bien de la « notion de favori ». C’est une CAN si particulière dans laquelle tout est possible. En tout cas, les Bafana Bafana ont une revanche à prendre sur les Super Eagles qui les avaient dominés 2-0, à Lagos, en demi-finale de la CAN 2000. Après la défaite en demi-finale de 2000, les Super Eagles ont battu 2-1 les Bafana Bafana en quarts de finale de l’édition 2019 en Égypte. Le Nigeria vise un quatrième titre après 1980, 1994 et 2013 alors que l’Afrique court toujours derrière un deuxième sacre après 1996 à domicile. Les deux équipes se sont rencontrées 14 fois. Les Super Eagles se taillent la part du lion avec 7 victoires contre 2 pour l’Afrique du Sud. Cinq matches se sont terminé sur des scores nuls. Ce sera une nouvelle page dans l’histoire du football africain, avec les Bafana Bafana désormais sous la direction de deux anciens champions d’Afrique contre une équipe de stars des Super Eagles. Monté en puissance durant la compétition, le Nigeria reste sur quatre victoires consécutives sans prendre de but. Après avoir fait match nul contre la Guinée équatoriale (1-1) lors son entrée en lice, le Nigeria a successivement dominé la Côte d’Ivoire (1-0), la Guinée Bissau (1-0), le Cameroun (2-0) en huitième de finale, l’Angola (1-0) en quart de finale. Dans un système 4-3-3, les Super Eagles sont solides derrière, puisqu’ils défendent à 11 et sont forts dans le jeu de transition avec une attaque rapide composé de grands dribleurs dans les couloirs, Ademola Lookman et Moses Simon et le dangereux Victor Osimhen. Mais, ils doivent se méfier de l’Afrique du Sud, dirigée par Hugo Broos, qui a conduit le Cameroun à la victoire surprise en 2017. Le technicien belge est épaulé par Helman Mkhalele, un membre clé de la génération dorée de 1996 qui a remporté le premier et unique titre africain de l’Afrique du Sud. Certes les Bafana Bafana n’étaient pas attendus à ce stade de la compétition surtout après la défaite lors de leur premier match contre le Mali. Pourtant, dès la première conférence d’avant-match contre le Mali, le Belge a martelé que son ambition est de remporter la compétition pour la deuxième fois. C’est la première demi-finale des Bafana Bafana depuis 2000. Dans cette compétition, ils n’ont plus perdu depuis leur défaite face aux Aigles (0-2). Après une victoire devant la Namibie (4-0) et un nul devant la Tunisie, ils ont battu le Maroc, battu 2-0 en huitième de finale avant d’éliminer le Cap-Vert (0-0, 2-1 t.a.b.) en quart de finale grâce à la prestation XXXL de leur gardien Ronwen Williams. Ceui-ci a réussi un arrêt décisif pour arracher la prolongation dans les dernières minutes et réalisé 4 arrêts lors de la séance de tirs au but. «Beaucoup de gens en Afrique du Sud ne croyaient pas en cette équipe, mais nous y croyions, et les joueurs croyaient en eux-mêmes», a déclaré Hugo Broos après la victoire en quart de finale. Le sélectionneur belge a également reconnu la tâche difficile qui attend l’Afrique du Sud face à une équipe nigériane de stars comme Ademola Lookman. Mais, il a insisté sur le fait que son équipe serait prête pour la confrontation de ce mercredi après avoir dissipé les doutes passés sur sa qualité. « La demi-finale sera difficile contre les grands joueurs nigérians mais nous n’avons plus rien à perdre maintenant », a déclaré le Belge. La première demi-finale est le remake de celle de 2000, la deuxième sera celle 2015 entre la Côte d’Ivoire et la RD Congo. Aujourd’hui, les joueurs congolais ont tous à l’esprit l’élimination en demi-finale en Guinée équatoriale par la Côte d’Ivoire (3-1), futur vainqueur de la compétition. A domicile, portée par une ferveur nationale, la Côte d’Ivoire a l’occasion de remporter son 3è titre après 1992 et 2015. Mais les Éléphants peuvent-ils toujours compter sur le miracle ? En tout cas, ils sont portés par les dieux du stade avec une qualification miraculeuse en huitième de finale en tant que meilleurs troisièmes, une victoire surprise devant le Sénégal (1-1, 5-4 t.a.b.) et un succès incroyable devant les Aigles (2-1 a.p.) pour se hisser en demi-finale. Pour ce match, le sélectionneur Emerse Faé sera privé des services quatre joueurs suspendus. Il s’agit du défenseur central Odilon Kossonou, l’arrière droit-capitaine Serge Aurier, les attaquants Oumar Diakité et Christian Kouamé. Si Odilon Kossonou et Oumar Diakité ont été expulsés en quart de finale contre le Mali pour cumul de cartons, Serge Aurier et Christian Kouamé ont écopé de deux cartons jaunes lors des deux derniers matches. Privé de ces joueurs qui, individuellement et collectivement, pèsent dans l’équipe, le sélectionneur doit trouver la solution pour combler les vides que vont sûrement laisser ses absences. Tout comme la Côte d’Ivoire, la RD Congo vise un 3è titre après les sacres de 1968 et 1974. Comme les Bafana Bafana, les Léopard n’étaient pas attendus à ce stade de la compétition. Auteurs de 4 matches nuls, ils ont

CAN 2023 : Les Aigles du Mali éliminés et déçus

Envoyés spéciaux Ladji M. DIABY Habibou KOUYATE Bouaké, 03 fév (AMAP)  Le Mali a été éliminé en quart de finale de la CAN 2023 par le pays hôte, la Côte d’Ivoire (2-1), samedi, au stade de la Paix de Bouaké. C’est une fin parcours cruelle pour les Aigles en larmes. La sélection malienne a vécu au stade de la Paix de Bouaké la déception totale au coup de sifflet final de l’arbitre égyptien, Mohamed Adel Elsaïd Hussein, au bout des prolongations. Les joueurs versent de grosses et chaudes larmes, les membres du staff sont tous en larmes. Le sélectionneur national, Éric Sékou Chelle, accroupi sur le terrain, s’est fait verser de l’eau sur la tête par un membre de son staff. Le choc est dur et personne n’a été épargné par la secousse. Pourtant, le Mali avait le match en main pour dominer enfin sa bête noire de la plus belle des manières. Mais patatras. Manque de maturité, mental, malédiction contre la Côte d’Ivoire, tous les mots sont utilisés pour expliquer la défaite, mais en réalité, les Aigles ne peuvent s’en prendre qu’au eux-mêmes. Ils ont dominé le match de bout en bout avec 62% de possession de balle, 629 passes, 11 tirs dont 4 cadrés, 10 corners et 1 carton rouge contre 38% de possession, 389 passes et 11 tirs dont 3 cadrés, 2 corners, 2 cartons rouges pour la Côte d’Ivoire. En supériorité numérique pendant plus de 75 minutes (la deuxième période et les prolongations), les Aigles se sont permis de rater un penalty que les supporters vont regretter jusqu’au moins à la CAN 2025 au Maroc. Si l’on peut reprocher le manque d’efficacité aux joueurs, le sélectionneur n’est pas exempté de tout reproche. Si à l’heure de jeu, l’entrée de Nene Dorgelès et Fousseni Diabaté a été salutaire, il a ensuite détruit l’équilibre de son équipe pour conserver le but marqué par Nene Dorgelès à la 71è minute. Si cela a marché contre le Burkina Faso, battu 2-1, il faut reconnaître que la Côte d’Ivoire n’est pas le Burkina. En effet, Eric Sékou Chelle a tendance à paniquer pendant le temps fort de l’adversaire et le choix de défendre un petit but à coûter cher aux Aigles. «C’est difficile. Nous n’avons pas les mots. Je pense que nous avons manqué de maturité, sinon le match était à notre portée. Nous avons obtenu un penalty et l’adversaire a été réduit à dix. Nous n’avons pu faire mieux. Ce sera un regret éternel. Nous irons dans nos tombes avec ces regrets. Je pense que cette année était la bonne pour le Mali, malheureusement nous n’avons pas été capables », a déclaré le défenseur central Boubacar Kiki Kouyaté après le match « Nous présentons aux excuses au peuple malien. Si les Maliens sont en colère c’est à cause de nous. Nous demandons pardon à tout le monde. S’il plait à Dieu, le Mali va remporter la coupe un jour, même si ça ne sera pas notre génération », a-t-il ajouté. Le milieu de terrain, Adama Traoré demande également pardon au peule malien. « Nous voulons gagner ce match mais Dieu en a décidé autrement. Le public est venu en nombre. C’était à nous de calmer le jeu et de gagner, mais Dieu n’en a pas voulu. Nous présentons des excuses au peuple et nous allons essayer de rattraper nos erreurs», a déclaré Adama Traoré «Noss». Pour ce match, un changement chez les Aigles par rapport au onze aligné en huitièmes face au Burkina Faso (2-1). Le milieu de terrain Mohamed Camara (malade) laisse sa place à Diadié Samassékou, le nouveau joueur de Cadix en Espagne. Chez les Ivoiriens, Franck Kessié, Nicolas Pépé et Christian Kouamé reviennent au premier plan et remplacent Ibrahim Sangaré, Oumar Diakité et Jean-Philippe Krasso. Pour atteindre ce niveau, le Mali, invaincu, a terminé leader du groupe E avec 5 points en phase de poules devant l’Afrique du Sud (4 points) et la Namibie (4 points) avant d’éliminer le Burkina Faso en huitièmes (2-1).  Sortis miraculeusement de la phase de groupes, les Éléphants, troisièmes du groupe A (3 points) derrière la Guinée équatoriale (7 points) et le Nigeria (7 points) ont retrouvé de la confiance et de l’ambition et ont éliminé le tenant du titre, le Sénégal (1-1, 5-4 t.a.b.) en huitièmes de finale. Comme lors de ses derrière rencontres avec la Côte d’Ivoire, le Mali a fait fort impression dans le jeu. Les Aigles ont dominé la première période. Dès la 8è minute, le Mali pouvait bénéficier d’un penalty. Après un corner Kamory Doumbia repoussé par la défense ivoirienne, la reprise d’Amadou Haïdara semble déviée par la main du défenseur central ivoirien, Kouakou Odilon Koussounou. Après une longue attente, l’arbitre égyptien, Mohamed Adel Elsaïd Hussein fera recours l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR). Le penalty qui semblait évident n’est pas sifflé pour une position de hors-jeu. Ce sera que partie remise quart quelques minutes plus tard, le Mali obtient un penalty suite à une faute du même défenseur Kouakou Odilon Koussounou sur Lassine Sinayoko dans la surface ivoirienne. Adama Traoré exécute la sentence et bute sur le gardien, Yaya Fofana (16è min). Le stade de la Paix exulte. Plus technique, les Aigles dominent dans tous les compartiments de jeu et les Ivoiriens multiplient les fautes et l’arbitre égyptien multiplie les cartons dont l’expulsion de Kouakou Odilon Koussounou pour cumul de cartons après une faute sur Lassine Sinayoko qui partait seul vers les buts gardés par Fofana (44è min). «Que faire ? Ils sont techniquement plus que nous », s’interroge un confrère ivoirien à la pause. Déjà en difficulté, les Éléphants laissent toute l’initiative de jeu aux Aigles en deuxième période. Ils défendent à 9 en comptant sur les contres pour trouver la faille dans la défense des Aigles. Le stade de la Paix, plein, est totalement acquis à la cause des Éléphants qui ont misé sur Sébastien Haller, entré aux débuts de la deuxième période. Il y avait 39 836 dans un stade de 40.000 places. Les Aigles

Mali : L’autorité de régulation retire la télévision France 2 des bouquets pour quatre mois

Bamako, 02 fév (AMAP) La Haute autorité de la communication (HAC) a décidé, mardi, de retirer la télévision France 2 des bouquets de tous les distributeurs de services de radiodiffusion sonore ou télévisuelle autorisés au Mali pour une période de quatre mois, a annoncé la HAC. Selon la même source, cette décision fait suite aux manquements graves à l’éthique et à la déontologie du journaliste, décelés dans l’élément présenté sous le titre de « Décryptage », dans le JT du 20 janvier 2024 de la télévision France 2. « Les manquements se résument, entre autres, au manque d’équilibre de l’information et à l’apologie du terrorisme en vue de démoraliser les troupes et les populations. » À cet effet, la HAC invite les distributeurs à mettre en application les dispositions de l’article 41 du décret n°2016-0715/P-RM du 14 septembre 2016 fixant le cahier des charges des entreprises de diffusion et de distribution de programme, Ce texte stipule : « L’opérateur de diffusion et/ou le distributeur de services doit immédiatement suspendre la diffusion d’un service de radiodiffusion étranger si la HAC le lui enjoint. » En avril 2022, la HAC a retiré définitivement la Radio France Internationale (RFI) et la chaine de télévision France 24 des bouquets de tous les distributeurs de programmes audiovisuels, des plateformes, des sites des organes de médias en ligne et des opérateurs de téléphonie mobile. Elle reproche à ces médias français d’avoir animé des émissions ayant « porté atteinte à la défense et à la sécurité nationales ». Selon la HAC, ces chaînes diffusaient depuis plusieurs mois des émissions constituant des manquements à l’éthique et à la déontologie et violant les dispositions de l’article 2 points 2 et 5 et de l’article 4 de la loi n° 2012-019 du 12 mars 2012 relative aux services de communication audiovisuelle. Il ressort également de l’examen de la Commission de l’éthique, du contentieux et de la déontologie, suite à l’auto saisine de la HAC, « le non-respect des principes d’éthique et de déontologie sur le traitement professionnel de l’information, le non-respect du pluralisme et de l’équilibre des points de vue, les pratiques de parti pris dans la couverture des actes de guerre, des attentats, des violences armées contre les civils, entre autres. » SS/MD (AMAP)

 Ousmane Issoufi Maïga nommé président du comité de pilotage du Dialogue direct inter-Maliens (Journal officiel)

Bamako, 1er fév (AMAP) L’ancien Premier ministre, Ousmane Issoufi Maiga, a été nommé président du comité de pilotage du Dialogue direct inter-Maliens pour la paix et la réconciliation nationale, indique le décret portant nomination des membres de ce Comité publié, mercredi, dans le Journal officiel. Le poste de vice-président est confié à Jean Bosco Konaré. Boubacar Sow et Abdoulaye Nantoumé en sont, respectivement, le rapporteur général et le rapporteur général adjoint. Le Comité compte un centaine de personnes dont la plupart sont des représentants des associations et organisations de la société civile. Le Comité de pilotage du dialogue direct inter-Maliens pour la paix et la réconciliation nationale a été créé auprès du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, par décret du 26 janvier 2024. Il est chargé de la préparation et de l’organisation du dialogue direct inter-Maliens. À cet effet, il élabore les termes de référence du Dialogue et les soumet à la validation d’un atelier national qu’il organise et dont il assure la programmation, la coordination et la supervision des différentes activités à l’intérieur et à l’extérieur du territoire national. Le Comité de pilotage conçoit et veille également à la mise en oeuvre du plan de communication et élabore le rapport final du Dialogue et le rapport d’exécution de sa mission. MD (AMAP)  

CAN 2023 : Le Mali en quart de finale

Envoyés spéciaux Ladji M. DIABY Habibou KOUYATE Korhogo, 31 janv (AMAP)  Les Aigles Mali ont composté leur ticket pour le quart de finale en dominant (2-1), mardi, les Étalons du Burkina Faso, en huitième de finale au stade Amadou Gon Coulibaly de Korhogo. Les deux buts de la partie portent les signatures d’Edmond Tapsoba (3è min, c.s.c.), Lassine Sinayoko (47è min) pour le Mali alors que Bertrand Traoré a réduit la marque pour le Burkina Faso (57è min, sur penalty). Le Mali retrouve le quart de finale après les échecs en huitième de finale en 2021 au Cameroun contre la Guinée équatoriale (0-0, 5-6 t.a.b.), 2019 en Égypte, contre la Côte d’Ivoire (1-0) et au premier tour en , au Gabon et en 2015 en Guinée équatoriale. Le dernier quart de finale disputé par les Aigles remonte à l’édition 2013, en Afrique du Sud, lors duquel le Mali a terminé à la troisième place de la compétition. Une place que les Aigles ont occupé une année plutôt (2012) lors de l’édition co-organisée par le Gabon et la Guinée équatoriale. Les Aigles, qui ont terminé premiers de leur poule avec 5 points (une victoire et deux nuls), ont fait l’honneur à leur statut face aux Burkinabè, deuxième du groupe D avec 4 unités (une victoire, un nul et une défaite) et imitent leurs aînés qui ont battu les Étalons (3-1) lors de la phase de poule de la CAN, Tunisie 2004. Contrairement à son premier match contre l’Afrique du Sud (2-0) et son troisième match contre la Namibie (0-0), mais comme contre la Tunisie (1-1), le Mali s’est présenté en 4-4-2 avec Falaye Sacko, qui est revenu dans le 11 de départ, et Hamari Traoré dans les couloirs défensifs alors que Mohamed Camara, Lassana Coulibaly, Amadou Haïdara (gauche) et Adama Traoré (droit) forment l’entrejeu, derrière la paire Lassine Sinayoko-Kamory Doumbia. Le Burkina Faso était en 4-3-3. Le Mali ne pouvait rêver une meilleure entame de match avec un but dès la 3è minute de la partie. Après une excellente combinaison dans l’axe, le ballon finit sur l’aile droite avec un bon centre de Hamari Traoré, mais la tête d’Amadou Haïdara heurte le poteau et revient dans les pieds du défenseur central burkinabè Edmond Tapsoba qui envoie le cuir dans son propre but pour ouvrir le score. Les Aigles ont largement dominé la première période avec 63% de possession, 8 tirs dont 2 cadrés contre 3 tirs dont 2 cadrés pour les Étalons. Les joueurs du sélectionneur Eric Sékou Chelle ont effectué 263 passes avec une précision de 85% contre 151 passes avec un précision de 77% pour les Burkinabés qui ont couru derrière le ballon insaisissable. Les Aigles étaient les seuls sur le terrain, le capitaine burkinabé Bertrand Traoré était bien canalisé par Falaye Sacko. Le Mali aurait pu aller à la pause avec un écart conséquent, mais les Aigles ont gâché quelques occasions, à l’image des tentatives de Lassine Sinayoko, repoussées par le gardien burkinabé, Kouakou Hervé, aux 30è, 36è minutes ou celle de Kamory Doumbia dont le tir croisé du droit passe de peu à gauche du but (33è min). La défense burkinabé était en grande difficulté. Ce sera que partie remise pour les Aigles, Lassine Sinayoko a rapidement doublé la mise en début de deuxième période. Lancé par Hamary Traoré sur le côté droit à la limite du hors-jeu, Lassine Sinayoko se présente face à Hervé Koffi dans un angle fermé et le trompe d’une frappe du gauche entre ses jambes (47è min). L’attaquant des Aigles marque ainsi son troisième but à la CAN et atteint le même nombre de but que Cheick Tidiane Diabaté (2012) et Ibrahima Koné, absent à cette édition pour cause de blessure. Les choses changent sur la pelouse quand l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) intervient pour accorder un penalty au Bufkina Faso après une faute de main de Boubacar Kiki Kouyaté sur un centre de l’arrière gauche Issa Kaboré, côté droit. Le capitaine Bertrand Traoré exécute la sentence et transforme le penalty, relançant le suspense au stade Amadou Gon Coulibaly. Il y avait 19.184 spectateurs, mais les Burkinabè étaient logiquement plus nombreux. Le ballon vole d’un camp à autre, les deux sélectionneurs effectuent des remplacements et le Mali évolue désormais en 4-2-3-2 avec l’entrée de Diadié Samassékou au milieu de terrain, Fousséni Diabaté et Sékou Koïta dans les couloirs offensifs. Les Burkinabè poussent pour remettre les pendules à l’heure, mais les Aigles résistent et terminent le match avec 5 défendeurs après l’entrée de Mamadou Fofana à la place de Mohamed Camara dans le temps additionnel. Lassine Sinayoko est désigné Homme du match. En plus de son but, il a abattu un travail remarque, en revenant soutenir les défenseurs. Au coup de sifflet final, les supporters burkinabè quittent le terrain alors que les Etalons sont à terre et en larmes. Ils sont consolés par les Aigles qui resteront sur la pelouse pendant quelques minutes pour danser avec les supporters maliens au rythme des instruments de l’Union nationale des associations des supporters des Aigles du Mali (UNASAM). Après donc le troisième de la précédente édition, le Cameroun, la vice-championne l’Égypte, le champion en titre, le Sénégal, ce fut le tour du 4è, le Burkina Faso de quitter la compétition. C’est dire que les demi-finalistes de la précédente édition sont tous éliminés et ne feront pas mieux lors de la précédente édition. LMD/MD (AMAP)   Mali-Burkina Faso : 2-1 Buts d’Edmond Tapsoba (3è min, c.s.c.), Lassine Sinayoko (47è min) pour le Mali ; Bertrand Traoré (57è min, s.p.) pour le Burkina Faso.   Arbitrage du Libyen Mutaz Ibrahim, assisté du Tunisien Khalil Hassani et de la Zambienne Diana Chikotesha.   Mali : Djigui Diarra, Falaye Sacko, Sikou Niakaté, Boubacar Kiki Kouyaté, Hamari Traoré (cap), Mohamed Camara (Mamadou Fofana, 90è min +3), Lassana Coulibaly (Fousseni Diabaté, 74è min), Amadou Haïdara (Diadié Samassékou, 74è min), Adama Traoré «Noss» (Sékou Koïta, 74è min), Kamory Doumbia, Lassine Sinayoko (Boubacar Traoré, 90è min +3). Sélectionneur : Eric Sékou Chelle.   Burkina Faso : Kouakou Hervé

CAN 2023 : Mali-Burkina Faso, le duel des voisins

Envoyés spéciaux Ladji M. DIABY Habibou KOUYATE  Korhogo, 30 janv (AMAP) Le 30 janvier 2004, le Mali et le Burkina Faso se sont affrontés en phase finale de la Coupe d’Afrique des nations. C’était au stade olympique d’El Menzah en Tunis au compte de la 2è journée du groupe B. Ce jour-là, les Aigles s’étaient imposés 3-1. L’attaquant Frédéric Oumar Kanouté (34è min), les milieux de terrain Mahamadou Diarra (38è min) et Soumaïla Coulibaly (78è min) ont marqué pour les Aigles alors que l’avant-centre Dieudonné Minoungou (50è min) avait réduit la marque pour les Étalons. C’était l’unique rencontre entre les sélections à la phase finale de la CAN. Aujourd’hui, 20 ans plus tard, jour pour jour, les deux pays s’affrontent en huitième de finale de la 34è édition de la compétition, au stade Amadou Gon Coulibaly, à Korhogo. Pour se hisser aux huitièmes d de finale, le Mali a terminé leader de la poule E avec 5 points alors que le Burkina Faso a été deuxième du groupe B avec 4 unités. Les joueurs du technicien Éric Sékou Chelle ont réalisé une victoire contre l’Afrique du Sud (2-0) et deux matches nuls contre la Tunisie (1-1) et la Namibie (0-0) alors que les joueurs de Hubert Velud ont battu la Mauritanie (1-0) avant de faire match nul contre l’Algérie (2-2) et perdre contre l’Angola (2-0). Mais les rencontres de la phase de poules ne comptent plus et sont dans les oubliettes. C’est une nouvelle compétition dans laquelle le vainqueur passe et le perdant rentre à la maison. Cette rencontre est particulière pour les deux pays qui seront toutes bien soutenus par leurs supporters. Les deux pays sont frontaliers avec la Côte d’Ivoire et les Maliens et les Burkinabé sont très nombreux à Korhogo. Il faut donc s’attendre à un stade plein comme un œuf si la billetterie le permet. Le match est important pour les Aigles qui n’ont pas atteint les quarts de finale de la CAN depuis la troisième place obtenue en 2013 en Afrique. Le Mali a été éliminé au premier tour en 2015 en Guinée équatoriale et 2017 au Gabon et en huitième de finale en 2019 en Égypte et lors de l’édition 2021 au Cameroun (disputée en 2022). Cette année, la sélection nationale aspire aller loin. « Nous avons un bon état d’esprit. On s’est bien préparé comme on a préparé les autres matches. On va aborder cette rencontre comme on a abordé les autres matches. Tous les matches sont des finales pour nous. Il n’y a pas de match à minimiser, toutes les rencontres sont à jouer et à gagner », déclare le défenseur des Aigles, Falaye Sacko. « Ce ne sera pas facile, mais on va tout donner. Je demande aux supporters de sortir massivement pour nous soutenir et de faire des bénédictions pour l’équipe », conclut-il. Même son de cloche chez Fousseni Diabaté. « On est concentrés. On travaille beaucoup et on essaie de gérer les derniers petits détails pour être prêts », explique l’ailier des Aigles. « Que ce soit la phase de poules ou les huitièmes, pour nous, c’est la même chose. Chaque match est une finale pour nous. Nous avons un objectif, c’est d’aller jusqu’au bout et ramener la coupe au Mali. On est concentrés. On sait que c’est une marche à franchir pour aller bout de notre objectif », ajoute Fousseni Diabaté qui révèle qu’il n’y a pas stress dans le groupe et ni d’atmosphère qui a changé. « C’est toujours la même chose. On est une famille. On veut aller au bout », ajoute-t-il. Tout comme les Aigles, les Etalons sont aussi confiants pour ce choc des voisins. «Le Mali est une très bonne équipe. Nous sommes aussi une très bonne équipe, avec de très bons joueurs. On va se préparer à atteindre les 200% pour avoir cette victoire qui est très importante. On va voir tout ce que le staff va nous proposer, voir toutes les vidéos », a déclaré Kilian Nikiéma, gardien des Étalons. « La CAN a commencé il y trois semaines. Il est clair que les choses sérieuses commencent maintenant, Nous n’avons droit à aucune erreur. Une seule victoire à remporter. Nous avons déjà commencé à voir des vidéos des matches de groupe », a-t-il ajouté. Tout comme le Mali, le Burkina Faso participe à sa 13è CAN après 1978, 1996, 1998, 2000, 2002, 2004, 2010, 2012, 2013, 2015, 2017, 2021. Tout comme les Aigles, les Étalons n’ont pas encore inscrit leur nom au palmarès de la compétition. Tout comme le Mali (1972 au Cameroun), le Burkina Faso n’a disputé qu’une finale (2013 en Afrique du Sud). Le Mali a été quatre fois demi-finalistes (3è en 2013 et 2015, 4è en 2002 et 2004) alors que le Burkina Faso a été demi-finaliste trois fois (3è en 2017, 4è en 1998 et 2021). Tout comme le Mali, le Burkina Faso vise son premier titre.  Il y a deux ans, le Burkina Faso a perdu en demi-finale contre le Sénégal (3-1), futur vainqueur de la compétition. Cette année, Edmond Tapsoba et ses partenaires ambitionnent de faire mieux et le défenseur central du Bayer Leverkusen estime que son équipe est plus forte qu’il y a deux ans. « Nous nous sommes améliorés dans toutes les parties du terrain. Donc, je peux dire que si nous continuons à travailler dur comme ça, nous pouvons aller plus loin que le dernier tournoi », a déclaré Edmond Tapsoba à nos confrères de l’Associated Press. Dans leurs histoires, le Mali et le Burkina Faso ont disputé 38 matches avec 21 victoires pour les Aigles, 5 matches nuls et 12 succès pour les Étalons. Mais les deux pays n’ont joué que quatre matches officiels. Lors des éliminatoires de la CAN 1968 en Éthiopie, le Mali et le Burkina étaient dans le même groupe. Les Aigles s’étaient imposés à l’aller à l’extérieur contre la Haute Volta (1-0, le 26 mars 1967) avant de remettre ça au retour avec une victoire de 4-0 à domicile, le 02 mai

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger se retirent « sans délai » de la CEDEAO

Bamako, 28 janv (AMAP) Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont décidé, ce dimanche 28 janvier, de se retirer avec effet immédiat de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ont annoncé les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) dans un communiqué conjoint. « Après 49 ans d’existence, déplore le communiqué, les vaillants peuples du Burkina, du Mali et du Niger, constatent avec beaucoup de regrets, d’amertume et une grande déception que leur Organisation s’est éloignée des idéaux de ses pères fondateurs et du panafricanisme. » «En outre, la CEDEAO, sous l’influence de puissances étrangères, trahissant ses principes fondateurs, est devenue une menace pour ses États membres et ses populations dont elle est censée assurer le bonheur», poursuit le communiqué. « En effet, l’organisation n’a pas porté assistance à nos Etats dans le cadre de notre lutte existentielle contre le terrorisme et l’insécurité ; pire, lorsque ces États ont décidé de prendre leur destin en mains, elle a adopté une posture irrationnelle et inacceptable en imposant des sanctions illégales, illégitimes, inhumaines et irresponsables en violation de ses propres textes. Toutes choses qui ont davantage fragilisé les populations déjà meurtries par des années de violence imposée par des hordes terroristes instrumentalisées et téléguidées. » Face à cette situation qui perdure, le capitaine Ibrahim Traoré, le colonel Assimi Goïta et Le général de brigade Abdourahamane Tiani, prenant toutes leurs responsabilités devant l’histoire et répondant aux attentes, préoccupations et aspirations de leurs populations, décident en toute souveraineté du retrait sans délai du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO. Le communiqué rappelle que le général Aboubacar Sangoulé Lamizana, le général Moussa Traoré et le lieutenant-colonel Seyni Kountché, respectivement défunts chefs d’État de la Haute Volta (actuel Burkina Faso), du Mali et du Niger, qui étaient « désireux de réaliser l’intégration entre les États de la sous-région et mus par les idéaux de fraternité, de solidarité, d’entraide, de paix et de développement », ont créé la CEDEAO avec douze de leurs pairs, le 28 mai 1975, à Lagos, au Nigeria. SS/MD (AMAP)