Dr Drissa Coulibaly, Directeur national des Services Vétérinaires : «Nous n’avons pas d’information sur les cas de Covid chez les animaux au Mali»

Propos recueillis par Yacouba TRAORE Bamako, 4 fév (AMAP) La crainte d’une migration de la Covid-19 des humains aux animaux est de plus en plus redoutée. Le Dr Drissa Coulibaly, Directeur national des Services vétérinaires et délégué du Mali auprès de l’Organisation mondiale de la santé animale, évoque la question et d’autres aspects dans cette interview.  L’Essor : Que savons-nous, à l’heure actuelle, de la cause de la Covid-19 ?  Dr Drissa Coulibaly : La Covid-19 est la maladie causée par le coronavirus (CoV) nommé SARS-CoV-2. Les infections à coronavirus sont fréquentes, à la fois chez les animaux et chez l’homme, et certaines souches de coronavirus sont zoonotiques, c’est-à-dire qu’elles sont transmissibles entre les animaux et l’homme. En 2019, un nouveau coronavirus a été identifié comme l’agent causal de cas humains de pneumonie. Depuis lors, des cas humains ont été signalés presque dans tous les pays et l’épidémie de Covid-19 a été classée comme pandémie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).  L’Essor : Les animaux sont-ils à l’origine de la transmission de la Covid-19 chez les humains ? Dr Drissa Coulibaly : La pandémie actuelle se poursuit par la transmission d’humain à humain du germe (SARS-CoV-2). Des preuves actuelles semblent indiquer que le SARS-CoV-2, c’est-à-dire la Covid-19 est apparue d’une source animale. Les données du séquençage génétique révèlent que le plus proche virus connu du SARS-CoV-2 est un coronavirus circulant dans des populations de chauves-souris du genre rhinolophus (rhinolophes). Cependant à ce jour, il n’existe pas assez de preuves scientifiques pour identifier la source du SARS-CoV-2, ou pour expliquer la voie de transmission originelle vers les humains qui serait susceptible d’avoir impliqué un hôte intermédiaire. Des recherches sont en cours pour identifier l’origine du virus et un possible réservoir animal. De récentes découvertes confirment que les infections chez le vison (mammifère vivant en Amérique et Europe) peuvent entraîner à nouveau une transmission chez l’homme. L’Essor : Les animaux peuvent-ils être infectés par le SARS-CoV-2 ? Quelles espèces animales seraient les plus à risque ? Dr Drissa Coulibaly : Oui, plusieurs espèces animales ont manifesté une sensibilité au virus après infection expérimentale et en milieu naturel lors de contacts avec des personnes infectées. Il existe également des preuves que des animaux infectés peuvent transmettre le virus à d’autres animaux après contact en milieu naturel, par exemple des transmissions entre visons et de visons à chats. Cependant, toutes les espèces ne semblent pas être sensibles au SARS-CoV-2. À ce jour, les résultats des études expérimentales d’infection montrent que les volailles et le bétail (bovins, moutons, chèvres, chevaux, ânes, porcs, etc.) ne sont pas sensibles à l’infection. Les animaux, à ce jour, les plus sensibles sont : les chiens, les chats et les visons. L’Essor : Le risque de transmission aux animaux est-il à craindre au Mali ? Dr Drissa Coulibaly : Les cas de contamination et/ou d’infection de l’être humain à une espèce animale domestique restent sporadiques et isolés liés à la promiscuité animal-homme, importante en milieu clos et confiné. Bien vrai que les cas de transmission aux animaux semblent rares, un risque de transmission aux animaux est possible au Mali, dès lors que nous avons des humains malades, si des mesures de protection et d’hygiène ne sont pas pratiquées ou respectées. L’Essor : Est-ce qu’il y a des cas d’animaux infectés signalés au Mali ? Dr Drissa Coulibaly : Nous n’avons pas d’information sur les cas animaux au Mali ; aucune publication ou étude n’ayant été portée à notre connaissance. Cependant, dans beaucoup de pays du monde, des cas animaux ont été enregistrés, notamment chez les animaux de compagnie comme les chiens et chats, les animaux d’élevage comme le vison ; les animaux du zoo ou sauvages comme les tigres et les lions. L’Essor : Quelles peuvent être les conséquences de la transmission du virus de la Covid-19 de l’animal à l’homme ? Dr Drissa Coulibaly : La principale conséquence est que les animaux sensibles ne constituent, demain, des réservoirs du virus pour les humains, en continuant à perpétuer la maladie au sein de la population. Ce qui pourrait constituer un risque permanent pour la santé publique. Par conséquent, les populations animales sensibles en contact étroit avec l’homme comme les chiens et chats doivent être étroitement surveillées. L’Essor : Y a-t-il des précautions à prendre pour éviter la transmission du virus de la Covid-19 aux animaux ? Dr Drissa Coulibaly : Bien qu’il existe une incertitude quant à l’origine du SARS-CoV-2, il convient d’appliquer les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ainsi, les personnes malades ou suspectes, doivent autant que possible éviter tout contact étroit avec leurs animaux, et faire appel à une autre personne pour s’occuper d’eux. Si elles doivent s’occuper de leurs animaux, elles devraient appliquer les principes de base en matière de bonnes pratiques d’hygiène et les gestes barrières (port du masque, lavage des mains avant et après avoir pris soin de leurs animaux etc.) Les animaux appartenant à des propriétaires infectés par la Covid-19 devraient, autant que possible, rester isolés et éviter les contacts avec d’autres animaux. Aussi, il convient d’appliquer des mesures d’hygiène générales lors de la visite des marchés vendant des animaux vivants, de la viande crue et/ou des produits d’origine animale. Il faut notamment, se laver les mains, régulièrement, avec du savon et de l’eau potable après avoir touché des animaux ou des produits d’origine animale, ainsi qu’éviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche. Des précautions doivent être prises pour éviter tout contact avec des animaux malades, des produits d’origine animale avariés, d’autres animaux présents sur le marché (tels que chats et chiens errants, rongeurs, oiseaux, chauves-souris) et des déchets ou fluides d’origine animale sur le sol ou les surfaces des installations du marché. L’Essor : Que peuvent faire les Services vétérinaires nationaux ? Dr Drissa Coulibaly : Les services vétérinaires doivent travailler étroitement avec les autorités de santé publique ainsi qu’avec celles en charge de la faune sauvage, en utilisant une approche : «Une seule santé» pour partager les informations et coopérer dans leur réponse au Covid-19. Une étroite collaboration entre les autorités de santé animale et publique est impérative pour mieux identifier

Extraction de sable et gravier : Une porte de sortie pour la population de Koulikoro

Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 02 fév (AMAP) Il est environ 8 heures. Sur les berges du fleuve Niger, à Koulikoro, à 60 km de Bamako de la capitale malienne. Des dizaines de pirogues et de pinasses sont accostées. Hommes, femmes et enfants travaillent. Les camions-bennes acheminent des chargements de sables et de graviers sur Bamako. D’autres attendent d’être chargés. En effet, la capitale du Meguétan est l’un des principaux fournisseurs de Bamako en sables et graviers. Ces matériaux sont extraits par des travailleurs venus de l’intérieur du pays. L’activité est une source de revenu pour des centaines de personnes dans cette ville qui a, pourtant, du mal à se remettre de la fermeture de l’Huilerie cotonnière du Mali (HUICOMA). Elles y gagnent leur pain grâce au développement du secteur du Bâtiment et des travaux publics (BTP). Bamako et ses périphériques sont en permanence en chantier. Le sable et le gravier sont nécessaires en BTP sont utilisés dans la fabrication de briques, la construction des bâtiments et autres travaux publics. Les jeunes parcourent plusieurs kilomètres sur le fleuve pour atteindre les sites d’extraction, situés loin de la ville. Ils plongent dans les profondeurs du fleuve pour extraire les précieux matériaux. Pour ce faire, les «extracteurs» se repartissent en équipe de sept personnes dont six hommes et une femme. Ils embarquent à bord d’une pinasse qui les conduit au milieu du fleuve. Les hommes descendent sous l’eau pour extraire le sable ou le gravier et remplissent l’embarcation. La seule femme présente à bord évacue l’eau pour éviter à la barque de chavirer. Abdoulaye Nago, 35 ans, est originaire de Tombouctou. Habillé en blouson de couleur bleue et d’un jean gris-clair, le trentenaire est l’un des nombreux jeunes qui vivent de l’extraction de sable. «Cela fait 8 ans que j’exerce cette activité. Elle me permet de subvenir aux besoins de ma famille et d’envoyer de l’argent à mes parents au village», explique-t-il, précisant qu’il gagne entre 5.000 et 7.500 Fcfa par jour. Pour cela, le travail dure de 8 heures à 15 heures. «En période de froid, le travail est pénible. Néanmoins, nous arrivons à soustraire par jour 4 à 5 chargements de pirogues. Ce qui correspond à un chargement de benne», explique Abdoulaye. Cette embarcation qu’ils louent appartient à Issa Berthé. Rencontré sous un hangar installé au bord du fleuve, il estime que cette activité nourrit de moins en moins son homme. «Nous avons des difficultés à écouler nos graviers à cause de la concurrence des producteurs de gravier concassé. Pourtant, nous employons plusieurs jeunes», souligne-t-il. La vente de sable reste la principale source de revenu. En la matière, un chargement de camion-benne à 12 roues est cédé à 60.000 Fcfa contre 40.000 Fcfa pour le camion à dix roues et 30.000 Fcfa à 32.500 Fcfa pour six roues. Signalons qu’il existe plus de deux carrières qui produisent du concassé dont la tonne est vendue entre 8.000 et 9.000 Fcfa. Drissa Diarra est également propriétaire de pirogue qui transporte ces matériaux. Elle est équipée d’un générateur électrogène dont la valeur est estimée à 400.000 Fcfa. «Avec 300.000 Fcfa, on pouvait avoir une pirogue neuve. Il faut maintenant dépenser 500.000 Fcfa pour l’achat du bois. Les frais de fabrication sont passés de 50.000 Fcfa à 110.000 Fcfa», regrette Diarra. Les exploitants sont, aussi, assujettis au paiement d’impôts. «A chaque voyage de benne, nous payons 750 Fcfa et 1.000 Fcfa à la mairie. La taxe d’embarcation s’élève à 300.000 Fcfa par an et par plage », détaille-t-il. En plus de ces charges, ils doivent faire face à la présence d’un extracteur sur le fleuve. «La machine peut faire le travail de 100 pirogues par jour. Il n’y a pas de travail dans ce pays et nous avons des diplômés parmi nous », fait remarquer Diarra qui se demande si l’utilisation d’un extracteur réduit le chômage. Des femmes et des enfants ramassent les restes de sable et de gravier dans les pinasses. Ils les vendent pour gagner un peu d’argent. Aminata Tolo, trentenaire, originaire de Douentza, dans le Centre du Mali, en fait partie. «Je suis là depuis l’année dernière. Dieu merci, je gagne un peu d’argent. J’arrive même à envoyer de l’argent à mes parents au village. Par jour, je peux gagner 2.500 à 3.000 Fcfa voire 4.000 Fcfa», confirme-t-elle. Comme elle, Kadidia Dicko, 28 ans, accompagnée de sa fille de 10 ans, vient de Tonga, un village sur l’autre rive du fleuve à Koulikoro. «C’est à cause de la pauvreté que je fais ce travail. Je suis mariée et mère de quatre enfants. Cette activité me permet de joindre les deux bouts et d’aider mon mari», confie la dame qui espère trouver un travail mieux rémunéré. Elle dit avoir fait une fausse couche l’année dernière. « Mon mari me conseille d’abandonner cette activité mais je n’ai pas le choix. Il me faut gagner de l’argent», avoue-t-elle. Selon Bakoroba Kané, maire de la Commune urbaine de Koulikoro, l’extraction de sable et de gravier permet à la collectivité de payer régulièrement les salaires du personnel. « Grâce à cette activité, la population arrive à s’en sortir », estime l’édile. Il envisage alors de la valoriser afin qu’elle en bénéficie davantage. « Car, les camions viennent de Bamako acheter la matière à vil prix pour la revendre très cher dans la capitale », se justifie M. Kané. AG/MD (AMAP)  

Diéma : La vie du monde interlope du quartier Razel

Par Ouka BA Diéma, 01 fév (AMAP) Le quartier Razel, zone commerciale de la ville de Diéma, doit son nom à l’entreprise de BTP qui a effectué les travaux du tronçon Diéma-Sandaré, sur la route de Kayes, dans l’Ouest du Mali. Le quartier est situé à l’intersection des routes Bamako-Diéma-Nouakchott et Diéma-Kayes-Dakar. A l’absence de taxis et de transports en commun, du genre Sotrama, ce sont des mototaxis qui assurent, quotidiennement, la liaison entre le Razel et les quartiers à l’intérieur de la ville, distant de plus d’un kilomètre. Dans cette partie nord de la ville, il existe des boutiques, des magasins, des logements sociaux, des stations-services, le Centre de santé de référence (CSRéf), des bars, des restaurants, des compagnies de transport, des pharmacies privées, la nouvelle gare routière, le marché à bétail, la centrale hydro-électrique, ainsi que plusieurs autres services. C’est là que se trouve le site du futur aéroport. Malgré la situation sanitaire qui prévaut actuellement au Mali, l’ambiance au Razel reste festive. De jour comme de nuit, des gens déambulent, certains, sans destinations précises. Avec la réalisation de différents corridors de transport, on peut affirmer aujourd’hui, sans risque de se tromper, que le Cercle de Diéma est un important centre pour le désenclavement. La route, selon les spécialistes, est cruciale pour le développement, car elle permet de renforcer les échanges commerciaux, d’attirer des investisseurs et, surtout, de favoriser le brassage des populations. Comme le soutient Hady Coulibaly, géographe. Pour lui, « Sans route, aucun développement digne de ce nom n’est envisageable. « Si certains disent : sans eau, pas de vie. Moi, je dirais plutôt, sans route, pas de vie », renchérit l’homme. Plusieurs gros porteurs, en provenance de Dakar, passent la nuit à Diéma avant de rallier Bamako avec leurs cargaisons de marchandises. On dénombre des dizaines de gros porteurs qui obstruent la voie, rendant difficile la circulation. En se rendant dans son champ, sur sa bicyclette, Bouné Keita peine souvent à se frayer un chemin entre des véhicules stationnés dans le désordre. Au Razel, tout coûte cher. Un article à 500 Fcfa en ville, ici, fait le double du prix.  « C’est à prendre ou à laisser », s’emporte Mariétou, répondant à un client qui l’a traitée de « téfé » (personne qui cherche à réaliser de grande marges sur ses marchandises). La pomme cannelle importée du Maroc, n’est pas à la portée de tous, de même que les légumes.  Selon certains, cette cherté s’explique par le coût du fret que certains commerçants répercutent, selon leurs humeurs, sur le prix de leurs marchandises. Le prix est ainsi à la tête du client. Surtout si celui-ci est un étranger, il hérite d’un prix exorbitant. Au Razel, chacun trouve son compte, Commerçants, entremetteurs, transporteurs, soudeurs, vulcanisateurs, mécaniciens, réparateurs de motos, marchands de bétail, gargotières, vendeurs de café, de thé, vendeuses de « dégué », vendeurs de viande grillée, petits cireurs, tenanciers de débits de boissons, locatrices de chambres de passe, etc. Les mendiants, aussi, gagnent leur pitance. Deux d’entre eux en sont venus aux mains, un jour, pour un billet de banque qu’un généreux passager leur a jeté, en montant dans le bus. Leurs petits camarades ont accouru. Chacun voulait s’accaparer du billet. Ils se tiraillaient. Il a fallu que le donateur les départage. Les malades mentaux ne meurent pas de faim au Razel. Ha ! Tout sauf ça. Ils trouvent de quoi se régaler avec des restes d’aliments qu’ils ramassent ou reçoivent de personnes de bonne volonté. Souleymane Cissé, dit Haoussa numéro 1, qui tient une dibiterie au Razel, exerce son métier depuis 2003. Ce père de 8 enfants se plaint de la cherté des moutons qu’il abat quotidiennement. Il parcourt des kilomètres pour se rendre à la foire hebdomadaire de Fassoudébé pour acheter ses moutons. A l’en croire, il s’acquitte régulièrement de ses taxes d’abattage. Peu de clients se dirigent vers la dibiterie de Bourama Diarra.  Des fois, il est désœuvré, « Chacun a sa chance », se résigne-t-il. Il préfère abattre des brebis, car, d’après lui, elles ont plus de chair et coûtent moins chères. « Aujourd’hui, je n’ai rien trouvé à égorger », regrette-t-il, devant son thé sur un fourneau qu’il surveille. Yacouba Sanogo, conducteur de mototaxi égrène quelques difficultés de son métier. Premièrement, la cherté de la vignette. Pour un engin de 2m de long, il faut une vignette de 47 500 Fcfa. La vignette de celui d’une longueur de 1m 70 cm, fait 32 000 Fcfa. Deuxièmement, le prix de la course. Pour faire déplacer spécialement une mototaxi, de la ville au Razel, et inversement, on prenait 1.000 Fcfa avec les clients. Actuellement, beaucoup n’acceptent plus ce tarif », dit-il, en prenant place sur son engin amorti. Lorsque les travaux de la nouvelle gare routière seront  terminés, Yacouba Sanogo et ses collaborateurs espèrent obtenir une place pour le stationnement de leurs engins. Cet autre conducteur, Oumar Konaté, se plaint de la multiplicité des motos taxis, qui amenuise ses recettes journalières. « Sinon, dit-il avec insistance, je pourrais gagner plus que ces maigres sous que j’ai en ce moment ». Karamoko Coulibaly, routier, explique qu’à cause de l’état calamiteux de la route, entre Kayes et Dièma, beaucoup de conducteurs préfèrent passer la nuit ici pour se reposer et reprendre des forces. Sur ces mots, l’homme reprend son long et pénible trajet. Une tasse de café, sans pain, chez Adama Traoré, coûte 200 Fcfa. Sa « cafétéria » lui rapportait une recette assez correcte. Mais, avec la pandémie du coronavirus, ses clients se font rares. Makan Dicko, propriétaire de dépôt de boissons au Razel, se frotte les mains. Il peut vendre par jour 80.000 à 100.000 Fcfa. Beaucoup de gens y viennent passer commande. La boisson en canette de 12 unités coûte 7.000 Fcfa, alors que la douzaine en bouteille est vendue à 2.000 Fcfa. Le restaurant de Bavieux Koumaré est bondé de clients. Lorsque les passagers des différents bus débarquent, c’est l’affluence. Ces cinq employés sont débordés.  A ce rythme, il compte augmenter le nombre de serveurs. Seydina Diop est routier. Il dit éviter d’acheter de la viande grillée des rôtisseries (Dibissogo), en cours de voyage, « pour ne pas, explique-t-il, avoir des problèmes

Koro : L’économie locale asphyxiée par l’arrêt du trafic routier entre le Mali et le Burkina Faso

Koro, 31 Janv (AMAP) Il y a plus d’une année que le trafic routier entre le Mali et le Burkina Faso, sur la Route nationale (RN15) est interrompu pour causes d’insécurité et de sabotage des ouvrages de part et d’autres de la frontière. Cet interruption du trafic sur cette voie, communément appelée «  La route du poisson » ou encore « la route Liptako-Gourma » à partir de la frontière du Burkina Faso, a eu un impact négativement le quotidien des populations du Cercle de Koro et de toute la Région de Mopti (Centre). Cet axe routier était la principale voie de ravitaillement de toute la Région de Mopti et une grande partie des Régions de Ségou et Gao. De nombreuses activités économiques s’étaient développées autour de cet axe routier. Les conséquences de l’arrêt du trafic sur l’axe Mali-Burkina Faso, à partir de la RN15 sont perceptibles à tous les niveaux : les denrées de première nécessité se font rares sur le marché de Koro, les prix de plusieurs articles ont connu des augmentations vertigineuses, de nombreux jeunes, qui menaient de petites activités liées au trafic sur cet axe, sont au chômage, les agents des services des Douanes et de transit sont au chômage technique, les transporteurs et les commerçants broient du noir. Sur le plan économique, c’est un manque à gagner pour l’Etat. En temps normal, cette route faisait rentrer, annuellement, près de 200 millions de francs Cfa au Trésor public, selon le chef de bureau des douanes de Koro, l’inspecteur Mory Koita. Malheureusement, depuis janvier 2020, il n’y a plus de perception au niveau du bureau des douanes de Koro car le trafic est totalement à l’arrêt. A coté des services des douanes, les agences de transit ont, aussi, du mal à joindre les deux bouts. Pour Assimi Dama, chef d’antenne d’une société de transit à Koro, la fermeture de cette route est un désastre économique pour le Cercle de Koro mais, aussi, pour toute la Région. Selon lui, c’était inimaginable que cette route puisse être fermée pendant plus d’une année. Tous les échanges avec les pays voisins, à partir de la RN15, sont bloqués, Ce qui a eu des répercussions sur le coût du transport et, par ricochet, le prix des denrées de première nécessité. Avant l’arrêt de la circulation sur cette route, le transport de personne entre Koro (Mali) et Ouahigouya (Burkina Faso) était de 2.000 Fcfa pour 97 km. De nos jours, il est de 20.000 Fcfa pour plus de 500 km, en faisant le détour par Bénena. L’arrêt du trafic a contraint une compagnie à affecter certains de ces agents à d’autres bureaux opérationnels à travers le pays. Sékou Sawadogo, habitant de Koro nous a expliqué que cela fait plus d’une année qu’il n’a pas pu rendre visite à ses parents qui sont à seulement 45 km de Koro, dans le village de Thiou, au Burkina Faso. Il n’est pas seul dans cette situation. De Nombreux habitants de Koro, originaires du Burkina Faso, sont séparés de leur famille, du fait de l’arrêt du trafic routier entre les deux pays, à partir de Koro. A ceux-ci, s’ajoutent les commerçants qui souffrent le martyre dans cette situation. Le président de la Chambre local de commerce de Koro nous a expliqué que de nombreux commerçants ont vu leur chiffre d’affaires chuter, suite à l’arrêt du trafic avec le Burkina Faso. Le coût du transport a augmenté et les prix des produits ont surenchéri. Or, malheureusement les populations qui n’arrivent pas à exercer leurs activités économiques traditionnelles (Agriculture et Elevage), à cause de l’insécurité depuis plus de quatre ans, vivent dans la précarité. Le pouvoir d’achat des populations a beaucoup baissé et elles ne sont pas à mesure de se procurer certaines denrées surtout de suivre la courbe ascendante des prix. Le président de la Chambre local de commerce de Koro a lancé un appel de détresse aux autorités du Mali, « pour une reprise dans, un bref délai du trafic routier sur le tronçon Koro-Burkina Faso ». Le cercle de Koro ploie sous le poids des conséquences de plus de quatre ans de conflits communautaires et d’attaques djihadistes. L’arrêt du trafic sur la RN15 constitue un véritable danger qui pourrait plonger toute la zone dans une situation humanitaire catastrophique. Comme pour rappeler le danger permanent qui guette les populations de cette zone, un véhicule mini bus, en provenance de Bankass, a heurté un Engin Explosif Improvisé (EEI) mardi dernier, vers 9heures, au niveau du pont Parou, dans la Commune rurale de Bara Sara, sur la RN15, selon une source locale. Le bilan est de quatre morts et trois rescapés parmi lesquels deux femmes, selon notre source qui précise que les malfaiteurs ont placé la mine au beau milieu du pont. Une équipe de l’Escadron de la gendarmerie de Bandiagara s’est rendue sur les lieux afin de ratisser la zone et de faire évacuer, à Bandiagara, les corps et les rescapés. Ici, on mesure l’impérieuse nécessité pour tous les acteurs de conjuguer leurs efforts afin de trouver une solution urgente à cette situation. De l’avis de plusieurs habitants, la solution devra être bipartite entre le Mali et le Burkina Faso car, l’insécurité et le sabotage des infrastructures routières persistent dans les deux pays. Certains avancent la solution des escortes militaires, pour sécuriser les personnes et leurs biens, depuis Ouahigouya (Burkina Faso) jusqu’à Mopti (Mali), à court terme. Cela, afin de rassurer les usagers et les commerçants à emprunter, de nouveau, cet axe. D’autres pensent qu’il faut installer des bases militaires, de part et d’autre de la frontière, à long terme et s’organiser nettoyer la bande frontalière à travers une présence de l’Etat. En attendant une solution durable, pour leur survie, les populations s’approvisionnent en denrées de première nécessité, au compte-goutte, avec des tricycles qui empruntent des pistes rurales semées de dangers. Il est important de signaler que tous les autres bureaux des Douanes et de transit de la zone parviennent à travailler, malgré l’insécurité, sauf ceux de Koro. Cela depuis plus

Tronçon Bamako-Sikasso : Business des thérapeutes dans les bus

Par Oumar DIAKITE Bamako, 30 Janv (AMAP) Aux fausses allures de psychologues, des thérapeutes gagnent de l’argent, en vendant leurs produits de médecine traditionnelle dans des bus de transport inter urbain, entre Bamako et Bougouni, sur le tronçon Bamako-Sikasso. Pour avoir raté notre convoi d’une mission officielle à Sikasso, le 27 janvier dernier, nous avons été contraint d’emprunter un bus d’une compagnie de transport inter urbain. La réalité dans ce bus est stupéfiante !!! Notamment pour celui dont c’est la première fois de se rendre dans une localité, sur ce tronçon, à bord d’un véhicule de transport collectif. Une fois à l’auto gare, on nous fait savoir qu’il fallait attendre le bus de 14 heures. Nous sommes arrivés aux environs de 11h30, croyant obtenir une place dans le véhicule de midi. Nous avons réussi à s’infiltrer dans le bus de 12 heures puisque, il nous fallait impérativement arriver à Sikasso, avant la nuit, ne connaissant pas la ville et ayant appris d’un responsable de la compagnie de cars qu’il faut six heures de route pour être à destination. Dans le bus, deux minutes plus tard, deux hommes, en uniforme, se tiennent debout dans le bus. Subitement, ils s’engagent dans un jeu d’humour. Pour attirer l’attention des passagers. Ensuite, l’un des deux se présente comme étant un certain Amadou Maïga, avant de se lancer dans un commentaire de ses produits. « Je suis Dr. Amadou Maïga, domicilié à Magnambougou, qui vous parle. Le médicament que nous vous proposons s’appelle Sabu Gnuma, en gélules », annonce-t-il de go. Amadou Maïga commence par un jeu de questions aux passagers sur une mauvaise pratique dont 95% des pratiquants seraient des femmes. Il promet de donner une poudre magique à la personne qui donnera la bonne réponse. Deux passagers se lèvent pour dire que c’est la sorcellerie. Exact. Ainsi, après leur avoir offert le produit, comme prévu, Maïga s’est mis à « révéler et démystifier les secrets de la sorcellerie » tout en vantant les propriétés de ses produits, selon lui, « efficaces » contre le mauvais sort et plusieurs maladies courantes dans notre pays. « Au-delà des produits contre la sorcellerie et le mauvais sort, nous avons des médicaments contre des maladies de l’estomac, les hémorroïdes, les coulées blanches de l’homme, l’impuissance sexuelle, la stérilité des femmes, les difficultés urinaires, les saignées provenant du sexe qui font mal, la fièvre, les infections oculaires », énumère-t-il. Et de lancer, sur un ton convainquant, comme pour interpeller un auditeur précis : « Ne cache pas ton mal, car j’ai le médicament contre plusieurs maladies ». Séduits, plusieurs passagers se sont rués sur ces produits. Le sachet est vendu à 1.000 Fcfa. Nos deux « vendeurs de miracles» descendent au poste de Sénou, à la sortie de Bamako. Quelques minutes après, un autre thérapeute monte dans le bus, pour prendre le relais. Lui, se fait passer pour un Traoré et commence par s’attaquer aux Diarra, qu’il dit être ses cousins à plaisanterie, selon la multiséculaire coutume d’ici. Il n’en oublie pas de faire la promotion de ses produits. Entre temps, nous avons somnolé. Tout d’un coup, un jeune homme, assis à côté, nous réveille pour goûter une poudre du vendeur censé guérir de l’ulcère. Quelques usagers ont vite fait provision de ces médicaments « à base de plantes », soutient le vendeur. Notre tradipraticien ambulant descend, à son tour, à Ouélessébougou, près de 80 km de Bamako. Arrivée au village de Sido, un autre s’invite dans le bus. Il s’appellerait N’Tjiba Koné. Il ne présente aux passagers qu’un seul produit en poudre de couleur noire qu’il appelle ‘’Furudimi Fura’’ (Contre les maux de ventre). Cependant, il explique que ce seul produit soigne plusieurs maladies connues et inconnues !!! « Que celui qui veut acheter achète, celui qui ne veut pas ne l’achète pas… », lance N’Tjiba Koné pour avoir l’attention de la clientèle. Selon certains passagers, il est un doyen du métier. « Il le fait depuis plus de 10 ans. Sa potion est mystique », nous dit un passager. Témoignage que semble confirmer la ruée des passagers sur son produit. Les sachets sont cédés à 500 et 1000 Fcfa. « Cette poudre est exceptionnelle. Elle soigne l’ulcère, les hémorroïdes, le diabète, les kystes, fibromes, pertes blanche, l’asthme, les infections urinaire, la fièvre typhoïde, le paludisme, la tension, les insuffisances ou faiblesses sexuelles, entre autres », criait le « thérapeute » avant de disparaitre du bus, à Bougouni. Aux dires de plusieurs passagers, ces pratiques sont courantes dans les bus de transport inter urbain sur le tronçon Bamako-Sikasso. Ces produits, supposés à base d’arbres provenant de la nature, sont-ils certifiés sans conséquence sur la santé humaine ? Un autre grand débat. En tout cas, certains voyageurs reconnaissent leurs effets positifs. OD/MD (AMAP)

Opération conjointe Barkhane-Armée malienne : Une centaine de terroristes neutralisés et du matériel saisi

Par Dieudonné DIAMA    Bamako, 27 Janv (AMAP) Dans leur lutte commune contre le terrorisme, les Forces armées maliennes (FAMa) et la Force Barkhane mènent régulièrement des opérations conjointes dont la dernière en date a été planifiée et exécutée du 2 au 20 janvier dernier. Depuis le début de ce mois, les terroristes ont à leur actif, plusieurs attaques visant les FAMa, leurs partenaires et les populations civiles. Le jeudi 21 janvier dernier, sur le chemin de Koro, après une mission de ravitaillement du poste de Mondoro, les FAMa ont été victimes d’une attaque à l’engin explosif improvisé (EEI). Pas de perte en vie humaine mais leur véhicule a été endommagé par le souffle de l’explosion qui a fait également des blessés. Ensuite, dans la nuit du 23 au 24 janvier, les camps des FAMa de Mondoro et de Boulkessi ont fait l’objet d’une attaque simultanée. Dans leur riposte vigoureuse, les FAMa ont pris l’ascendant sur leurs adversaires et ont tenu leur position. Elles ont été aidées par la Force Barkhane qui a déclenché une patrouille d’hélicoptères Tigre sur place. En parallèle, une patrouille de Mirage 2000 a survolé les deux emprises. Le bilan est d’une dizaine de terroristes neutralisés et 40 motos saisies. Le lundi 25 janvier dernier, une attaque a été perpétrée par 6 individus armés à bord d’une 4×4 contre des éléments de la gendarmerie assurant leur mission régalienne au check-point à l’entrée de la ville de Goundam. Leur riposte a permis de repousser les terroristes même si l’attaque a fait un mort et deux blessés du côté des FAMa. OPERATIONS CONJOINTES – Face à un ennemi commun, la Force Barkhane et les FAMa mènent ensemble des opérations conjointes qui ont déjà donné de bons résultats. L’opération  conjointe ‘’Eclipse’’ qui s’est déroulée, du 2 au 20 janvier, a permis de neutraliser une centaine de terroristes, de capturer une vingtaine et de saisir plusieurs motos et des matériels de guerre. Elle a été planifiée et exécutée par les FAMa, la Force Barkhane et la Force conjointe du G5-Sahel. Son but étant de bouter l’ennemi hors de ses zones de refuge. Cette opération a concerné les localités de Serma, Boulkessi, Foulssaret et Doni. Selon le colonel Jean-Baptiste, commandant du Groupement tactique de Désert n°1 Lamy de Barkhane, ce Partenariat militaire opérationnel (PMO) a été fondé suite à une séquence très ambitieuse qui a duré presque deux mois. « La première partie consistait à nous entrainer ensemble pour mieux nous connaitre sur le terrain afin d’évoluer entre frères d’armes », a-t-il déclaré, ajoutant que la deuxième partie a consisté à dénicher les terroristes dans le Gourma malien jusqu’à la frontière burkinabè. Le colonel Jean-Baptiste a apprécié la discipline, l’enthousiasme et la volonté combattive des unités des FAMa durant cette opération, ayant permis d’enregistrer d’excellents résultats. Du côté des FAMa, le chef de bataillon Adama Diassana a indiqué que tout le monde a besoin d’un partenariat gagnant, c’est-à-dire après une formation que les FAMa et le partenaire évoluent dans les mêmes fuseaux. Selon lui, cela est mieux que d’envoyer les FAMa dans un fuseau et que le partenaire soit dans un autre. Par ailleurs, la coopération entre la Force Barkhane et les différentes Forces armées partenaires  se poursuit dans la région dite des « trois frontières ». Cette Force poursuit sa traque des groupes armés terroristes dans le Gourma avec les FAMa. Le 13 janvier, après avoir mené un raid dans la forêt de Foulsaré, le Groupement tactique désert (GTD) Lamy et les FAMa ont procédé au ratissage du village de Kobou. Poursuivant leurs fouilles, après avoir découvert quatre motos, les militaires français et maliens ont décelé un important plot logistique comprenant un laboratoire de fabrication d’EEI. Plus d’une quinzaine de téléphones, des batteries, de l’explosif artisanal, cinq fûts d’essence, du cordeau détonant, des télécommandes, trois motos, une ceinture explosive ainsi que du matériel médical ont ainsi été saisis. Les militaires français et estoniens de la Force Takuba accompagnés des FAMa ont, aussi, mené une opération de reconnaissance offensive et de harcèlement dans la localité d’Ansongo. Au cours de leur progression, ils ont stoppé la progression d’un groupe armé. Au sein du dispositif ennemi se trouvait un civil malien capturé par les terroristes que les FAMa ont pu libérer et remettre aux autorités locales. Le 16 janvier dernier, le déplacement suspect d’un groupe d’une trentaine de motos a été identifié par les moyens de renseignement de la Force Barkhane au Burkina Faso, plus précisément, au sud de la localité frontalière de Boulkessi. Dépêchée sur zone, une patrouille de Tigre a effectué une action de feu contre ce groupe armé terroriste. Une dizaine de terroristes ont été neutralisés et près d’une vingtaine de motos ont été détruites. Le même jour, les moyens de renseignement de la Force ont permis de localiser des terroristes dans un pick-up faisant route vers le Nord-Ouest de N’Daki, au Mali. Une frappe par un Reaper a permis de les neutraliser. Auparavant, dans le Liptako, le 2 janvier dernier, une patrouille d’hélicoptères de la Force a détecté deux individus posant un EEI sur l’axe reliant Hombori à Gossi. Une frappe réalisée en leur direction a permis de détruite leur moto. De l’armement et du matériel entrant dans la confection des EEI ont été saisis sur place. Le 4 janvier à Serma, l’action coordonnée entre la Force Barkhane et les FAMa  a permis de découvrir divers emplacements habituellement occupés par des groupes armés terroristes dont un véritable atelier de confection d’EEI. De l’armement individuel, des munitions, des roquettes, sept motos, des moyens de communication ainsi que sept EEI et de nombreux composants servant à leur confection ont été saisis. Enfin, le 2 janvier, un rassemblement d’individus a été détecté entre Hombori et Boulikessi. Caractérisé comme un rassemblement de groupes armés terroristes, une frappe des chasseurs de la Force Barkhane a permis de neutraliser plusieurs d’entre eux.

Le casse-tête des commerces dans les rues à Bamako

Par Mohamed TOURÉ Bamako, 27 Janv (AMAP) Le dos tourné à la grande voie sur laquelle défile un ballet continu d’automobilistes et de motocyclistes, Adama Kanouté, la trentaine, recouvre ses marchandises de bâches en plastique pour les protéger de la poussière. Le jeune homme s’est spécialisé dans la vente de jouets pour enfants. Dans ce bazar, des voitures et motos miniature, des poupées, des peluches d’une myriade de couleurs vives sont exposées à la lisière de la chaussée. Cette panoplie de jouets attire les yeux admiratifs des enfants qui passent. Des deux côtés de la route, pourtant très fréquentée par les usagers, sont alignés de nombreux commerçants qui, comme Adama, exercent leur business au bord de la route. L’ambiance de cette rue devenue désormais « marchande » est agrémentée par une radio dont les hauts parleurs crachent du rap local au grand bonheur du groupe de commerçants. Adama Kanouté et son grand frère, Tahirou, vendent des jouets devant la Bibliothèque nationale depuis plus d’une dizaine d’années. La plupart de leurs marchandises sont de fabrication chinoise. Certains produits, comme les vélos, proviennent du Nigeria ou du Ghana, selon Tahirou Kanouté. Le commerçant a préféré l’activité de vendeur de rue au métier de tailleur, qu’il a quitté parce qu’il avait du mal à recouvrer ses créances auprès des clients. « Dieu merci ! Je ne regrette pas mon choix. Je préfère ce métier à la couture. Avec mon diplôme en dessin bâtiment, je n’ai pas pu avoir un emploi dans ce secteur. Mais, depuis que je me suis lancé dans le commerce en 2008, je m’en sors. Je subviens à tous les besoins de ma famille », confie Tahirou. L’allure de pacotilles que peut dégager les articles étalés au bord de la chaussée n’enlève rien à leur valeur marchande. Certains modèles de jouets représentant des voitures et des motos en miniature ne coûtent pas moins de 100.000 Fcfa. « Pour les modèles les plus rares, les prix peuvent s’envoler autour de 300.000 à 500.000 Fcfa », précise le vendeur installé sur une chaise longue. Les passants sont les principaux clients des commerçants qui ont colonisé les bordures des grandes artères. Leurs marchandises sont aussi prisées, selon Tahirou, par une clientèle fidélisée qui préfère acheter au coin de la rue plutôt que de se rendre dans les grands magasins. « Il nous arrive même d’avoir des commandes à l’intérieur du pays, notamment de Ségou, Nioro, Kayes et Mopti, entre autres », lance le négociant. Masques sur le nez, deux petits garçons se montrent très admiratifs devant une moto en miniature de couleur blanche. Les deux enfants accompagnent leur père, Saer Seck, un ressortissant sénégalais résident à Bamako. Le père ne résiste pas aux sollicitations de ses rejetons. Il achète le simili bolide. Désormais client fidèle de Tahirou, il explique acheter depuis plus de trois ans les jouets de ses enfants chez les vendeurs à l’étal. « Ces gars sont moins chers que les magasins de vente de jouets », se justifie le père, derrière son masque. Il soutient ne pas avoir de problème avec des commerces en pleine rue. Mieux, pour Saer Seck, les installations « les harmonisent et les embellissent. C’est beau, c’est mieux que s’il y avait des tas d’ordures ici ». En 2008, de l’aveu de Tahirou, quand il s’installait, les vendeurs n’étaient pas si nombreux qu’aujourd’hui. De nombreux kiosques, étals et commercse en tout genre ont spontanément essaimé plusieurs artères de Bamako. A quelques mètres de Tahirou et son frère, autour du monument Kwamé Nkrumah, une dizaine d’autres vendeurs occupent les trottoirs. Ici, tout se vend ou presque : de la poterie, des récipients en plastique, les classiques jouets pour enfants, des objets ménagers, de la friperie… Tout un écosystème commercial qui s’est développé dans cet environnement. Les passants, motocyclistes et automobilistes sont obligés d’user de vigilance mais surtout de dextérité pour esquiver les marchandises. C’est à cet endroit que le jeune Ibrahim Cissé a installé ses articles, au pied du mur d’une cour abandonnée et en face de la grande voie. A 21 ans, il gère son business avec ses deux jeunes frères qui lui servent d’aides. Ibrahim Cissé a abandonné l’école en 8ème année fondamentale. Après de multiples petits métiers dont la menuiserie, la réparation de moto, il s’est reconverti en vendeur de jouets depuis six ans au bord de cette voie publique. DIFFICULTÉS – Le problème de Tahirou, Ibrahim et la grande majorité des vendeurs établis le long des rues et ruelles de Bamako, est qu’ils n’ont pas d’autorisation pour leur activité et sont complètement dans l’informel. Ils pratiquent leur activité économique dans des conditions d’extrême précarité et sont exposés à de multiples risques. En plus du danger de la circulation routière, le vol des marchandises est monnaie courante dans ce milieu. Les articles, étalés en plein air, sont des cibles faciles pour les voleurs qui opèrent souvent de nuit. Selon Tahirou, en treize ans d’activité, il a été cinq fois victime de vol. « Il y a trois ans, je me suis fait voler toute ma marchandise d’une valeur d’au moins 3,5 millions de Fcfa. La dernière fois, en août 2020, on m’a subtilisé une marchandise de plus de 1 million », témoigne le vendeur en exhibant, à l’appui de ses dires, une déclaration de vol faite au commissariat du 2ème arrondissement de Bamako. Pour circonscrire le vol, les vendeurs ont engagé un gardien de nuit qui surveille les marchandises exposées en plein air Mais, la principale difficulté liée à cette activité reste son caractère illégal et anarchique. Les marchandises sont exposées sur l’espace public, donc les opérations de déguerpissement peuvent survenir à tout moment. Comme ce fut le cas en 2017, environ 2.700 petits commerçants avaient été déguerpis des espaces publics sur ordre de Mme Amy Kane, alors gouverneur de Bamako. Les vendeurs se souviennent toujours de cet épisode douloureux. « 2017 a été vraiment une année noire pour nous. Sur ordre du gouvernorat, nos marchandises ont été saisies et on ne les a plus retrouvées.

Société : Korodugaw ou les bouffons de chez nous

Par Moussa OUERE Bla, 26 Janvier 2021 (AMAP) Les Kordugaw ou Korodugaw pour d’autres, est un mouvement culturel composé d’hommes et de femmes très répandu au Mali. Ils sont organisés en société secrète très fermée. Cette société a ses règles, ses lois et sa philosophie. Madou Mallé dit Madou Bâ, président du Mouvement culturel des Korodugaw du Cercle de Bla, cultivateur à Dakoumani,  village situé 2 km à l’Ouest de la ville de Bla (Centre) est âgé de 94 ans. Il est marié et père de 9 enfants. Sous un eucalyptus, il nous narre l’histoire des Korodugaw au Mali, en général et à Bla, en particulier. « Jusqu’à aujourd’hui, personne n’a pu me dire, avec certitude, d’où sont originaires les Korodugaw, quelle localité du monde, viennent-ils. Selon nos anciens, le mouvement des Korodugaw n’a pas un fondateur précis. Nous sommes, un peu partout, dans le monde selon les coutumes, les réalités et les traditions du milieu », dit Madou Bâ. Le mouvement des Korodugaw a été créé pour mener des actions de paix et de réconciliation, selon notre interlocuteur. « Bien avant notre existence, les Korodugaw existaient, nos anciens nous ont appris que c’est de quelques personnes (hommes et femmes) qu’est venue l’idée de créer un groupe qui intervient entre des parties qui se sont brouillées ou deux villages en conflit, afin de ramener l’entente entre les communautés voisines », se souvient le doyen de 94 ans. Dans le cercle de Bla, le siège du mouvement  se trouve à Dakoumani. Il y a deux groupes de Korodugaw à Bla. Un groupe uniquement composé de femmes, dans la ville de Bla, dirigé par Tata Mallé et le second, qui est le vrai groupe des Korodugaw, composé d’hommes et de femmes. Le premier groupe se retrouve dans le deuxième. « Pour la bonne organisation du mouvement et sa reconnaissance officielle, nous avons obtenu un récépissé auprès des autorités du Cercle de Bla », explique Madou Ba. Parmi les rôles importants qu’ils jouent, dans notre société, les Korodugaw sont de bons herboristes et guérisseurs traditionnels « car ils connaissent très bien les secrets des plantes pour soigner beaucoup de maladies. Ils conjurent les mauvais sorts, traitent les femmes infertiles qui n’ont pas eu d’enfant dans leur foyer après plusieurs années de mariage ». Selon Bakoro Mallé dit Bâ Djan, vice président des Korodugaw de Bla, « les femmes qui n’ont pas d’enfants dans leur couple, viennent nous consulter, accompagnées de leur époux. Nous leur faisons des bénédictions et leur prescrivons des médicaments et des attitudes à adopter ou des interdits à respecter ». Au nombre de ceux-ci, par exemple, l’absence de rapport sexuel pendant treize mois « ni en couple encore moins avec d’autres personnes ». « Après ce délai, si nos vœux et prières sont exaucés, la plupart de nos patientes tombe en état de grossesse », assure Bakoro Mallé. Ce que les gens appellent Dagaba (la grande marmite), les Korodugaw, eux, l’appellent ‘’Daasigui’’. « C’est une cérémonie qui se tient, généralement, à l’approche de l’hivernage, dans un village, pour résoudre un problème ou prévoir une menace contre quelqu’un ou contre un village », explique Mallé. « Ce jour là, je lance un appel à tous les initiés de notre zone d’intervention car nous sommes organisés par zone, selon les coutumes. Tous les initiés et membres du mouvement du Cercle de Bla et ceux d’ailleurs y prennent part », explique Bâ Djan qui signale que les Korodugaw ont beaucoup de descendants, dans le cercle de Bla et en dehors. Les gens arrivent le jeudi soir. Les festivités commencent la nuit jusqu’à l’aube. La personne à qui la cérémonie est dédiée prend toute la journée du vendredi, sans travailler. Sous un hangar fait de tôles ondulées, non loin de sa demeure, Tata Bâ une ancienne de 62 mariée et mère de 5 enfants dit avoir été initiée dans le mouvement des Korodugaw par sa lignée maternelle. « Ma mère et ma grand-mère étaient des Korodugaw. Après avoir passé quelques années dans mon foyer,  j’ai décidé de suivre mes parents maternels », indique-t-elle. Les Korodugaw sont reconnaissables par leur habillement, En général, ils sont en haillons,  ornés de colliers de fèves rouges et blancs, de cornes de certains animaux et portent des fatras et divers objets et de parures faites de bric et de broc. Sur le ton de la plaisanterie, de l’amusement et de façon théâtrale, les Korodugaw assènent des vérités qui, autrement, passeraient mal.  De la même façon qu’ils édictent des sentences, des leçons et des conseils de la vie en société. « Riez, amusez-vous de nos propos mais appliquez les dans vos comportements, vos rapports » semble être leur leitmotiv. « A Bla ville, je représente le groupe des Korodugaw. Beaucoup de femmes se regroupent chez moi pour d’autres activités comme le filage. Je parlais du mouvement, chaque fois que nous nous retrouvons dans notre atelier de filage », nous a dit Tata Bâ. Elle a, aujourd’hui, dans son association, plus de cinquante femmes qui sont à 60% initiées dans le mouvement des Korodugaw. Ces femmes mènent, aussi, des activités de Korodugaw, non seulement dans la ville de Bla mais aussi en dehors et sur convocation du président des Korodugaw du Cercle de Bla. Kodouba Dao est un jeune enseignant de 38 ans. C’est un ‘’Taden’’ des Korodugaw (Enfant pris par les Korodugaw) « Ma mère a fait dix maternités et aucun de ses enfants n’a survécu. Après avoir parcouru plusieurs localités à la recherche de médicaments, en vain, elle a été orientée vers les Korodugaw. Je suis l’enfant, qui est né après sa rencontre avec les Korodugaw. On m’a ainsi donné le nom Kodouba, qui a une signification chez nous, en milieu Minianka et Bamanan », explique le jeune homme. Si une femme perd ses enfants, on la confie aux Korodugaw. En général, elle arrive à concevoir après. Et ce premier enfant, fille ou garçon, est « remis » aux « Korodugaw. « C’est le sens de mon nom Kodouba. J’évolue dans le groupe. Je suis initié et je participe à tous les mouvements des Korodugaw. Donc je suis Koroduga », a dit Kodouba. Les Korodugaw, qu’on qualifierait de

Colonel Sadio Camara : « L’engagement patriotique de l’armée n’a jamais faibli »

Réalisé par Massa SIDIBE Bamako, 26 Janv (AMAP) La commémoration du 20 janvier 1961, les actions des Forces armées maliennes en 2020, la présence des forces étrangères sont, entre autres, sujets abordés dans cette interview par le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le Colonel Sadio Camara. Il revient, également, sur les allégations d’exactions et de violations des droits humains par les Forces armées maliennes. L’Essor : Le 20 janvier est une occasion renouvelée pour les autorités et les populations du Mali de témoigner leur reconnaissance et exprimer leur soutien et leur confiance aux Forces armées maliennes. Que vous inspirent toutes ces marques de reconnaissance ? Colonel Sadio Camara : Dis-moi de quelle armée tu disposes, je te dirai quelle nation tu bâtiras, dit-on. De sa création à nos jours, l’Armée du Mali a été et continue d’être une force de défense du territoire et de protection des citoyens. En 60 ans d’existence, elle s’est affirmée comme un creuset de notre identité nationale par la diversité de la provenance des hommes et femmes qui servent en son sein. Elle a été de tous les combats pour le développement du pays. Il me plait de souligner que contrairement au concept classique d’une armée, l’Armée nationale ne constitue pas une force en marge de la société. Elle est totalement intégrée au corps social, parce que formée d’hommes et de femmes issus du peuple et proches du peuple. Au-delà de sa mission spécifique, elle a consacré et continue de consacrer tous ses efforts au développement socioéconomique du pays, apportant aux populations un appui et un réconfort à travers les actions civilo-militaires. Les manifestations de soutien dont vous parlez, de toutes les composantes de la République et de l’ensemble des populations maliennes à l’Armée nationale, sont donc la traduction la plus éloquente de la confiance et de la reconnaissance de la nation. Il est important de le souligner, ce soutien des populations est un facteur de motivation et de renfort moral des troupes et de la hiérarchie militaire. Je m’en réjouis et j’appelle tous les Maliens à maintenir et renforcer leur soutien aux FAMa jusqu’à la victoire finale. L’Essor : Quel bilan succinct faites-vous des actions des FAMa en 2020 ? Colonel Sadio Camara : Pour les FAMa, 2020 a été une année opérationnelle particulièrement dense, parce que la crise sécuritaire a persisté, marquée par des attaques terroristes qui ont durement frappé plusieurs localités et communautés de notre pays. Face à cette situation difficile et complexe, les FAMa sont restées engagées et déterminées à poursuivre le combat contre ces forces du mal, en maintenant un niveau d’engagement élevé sur le théâtre des opérations, en planifiant et en exécutant avec succès plusieurs opérations. Je me réjouis et le dis avec une légitime fierté, que ce soit dans l’urgence ou au cours d’opérations planifiées, la compétence, l’engagement patriotique et la réactivité de l’armée n’ont pas faibli face à la récurrence et à la traitrise des attaques Le Mali est un pays très vaste et vous pouvez comprendre que l’armée ne peut pas être partout et en même temps. Nous avons compris que pour protéger les populations, il fallait adopter une posture dynamique. C’est pourquoi, nous avons lancé la stratégie de l’endiguement dont la première phase est la saturation. Il s’agit, pour l’armée, de déployer suffisamment de forces de façon progressive, dans les zones affectées par l’insécurité afin de détruire les groupes armés terroristes, leurs camps d’entraînement, leurs dépôts logistiques, de les chasser des zones qu’ils occupent pour y installer les forces de sécurité et faire face à l’insécurité résiduelle. À titre de rappel, retenez que de nombreuses opérations militaires ont été exécutées pour pacifier et stabiliser le pays. Il s’agit, entre autres : des opérations Horonya, Danaya et Tama menées dans le cadre de la sécurisation de la ville de Gao et ses environs ainsi que la sécurisation des travaux de construction de la route Gao-Bourem ; des opérations Sira, Dongo et Tachamamte qui sont menées dans le cadre de la sécurisation de la ville de Tombouctou et environs ainsi que pour sécuriser les travaux de construction de la route Léré-Niafunké. Sans oublier les opérations Dambé et Soutoura pour sécuriser la frontière Mali-Côte d’Ivoire en coopération avec les forces ivoiriennes et l’opération Seno qui prend en charge la frontière Mali-Burkina Faso et les cercles de Tominian, Koro et Bankass. Plusieurs autres opérations ont été menées avec les forces partenaires de Barkhane, de la Minusma et des pays voisins. Des opérations militaires conjointes transfrontalières communément appelées OMCT sont menées dans le cadre du G5-Sahel. L’Essor : Comment se présentent les Forces armées maliennes aujourd’hui ? Colonel Sadio Camara : Les FAMa viennent de loin. Vous vous rappelez sans doute, que notre pays a connu en 2012 la plus grave crise de son histoire. Sans m’étendre sur les causes et les conséquences de cette crise qui était à la fois politique, institutionnelle, sécuritaire et sociale, je dirais qu’elle a fortement ébranlé notre outil de défense. Suite à ces dramatiques et douloureux évènements de 2012, notre pays a engagé un vaste chantier de reconstruction de notre armée qui vise à donner au Mali les moyens et les capacités d’assurer sa propre défense et sa propre sécurité. La réalisation de ce vaste et ambitieux chantier de reconstruction de notre armée, on peut le deviner facilement, prendra du temps et nécessitera des sacrifices humains, matériels et financiers énormes. La Loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM) adoptée à cet effet a contribué fortement à moderniser et à adapter notre outil de défense au contexte nouveau de promotion de la sécurité, à créer les conditions les meilleures du plein épanouissement des FAMa, à renforcer ses capacités opérationnelles et à améliorer la cohésion et la discipline au sein des Forces armées et de sécurité. Elle a aussi contribué au réarmement moral des troupes, à la réorganisation de la chaîne de commandement, à la mise en condition opérationnelle des troupes, au renforcement des effectifs, à l’amélioration des conditions de vie et de travail des militaires

Rentrée scolaire 2020-2021 : des élèves à l’assaut des salles de classe !

Par Oumar DIAKITE Bamako, 25 Janv (AMAP) De gros bouchons dans la circulation bamakoise, des élèves et lycéens, dans les rues, en route pour les établissements scolaires, des parents d’élèves accompagnant les plus petits à l’entrée des écoles…Ce matin du lundi 25 janvier 2021 a été marqué par la reprise des cours pour l’année 2020-2021 dans la capitale malienne, après le report du 5 janvier 2021 pour cause de coronavirus. Une ruée vers les classes qui illustre l’espoir des élèves et de leurs parents pour, enfin, reprendre les cours en présentiel. Déjà, de 07h à 08h00, l’atmosphère de la ville a changé par rapport à celle des autres jours quand les élèves étaient en congé forcé pour raison de Covid-19. Sur le Boulevard de l’Indépendance, des jeunes, sac d’écolier au dos, sur des motos, souvent, à deux. D’autres à pied, en petits groupe, se dirigeant vers leur école. Certains parents déposent leurs enfants en voiture. Bonjour les embouteillages. Un petit tour de certains établissements, comme au complexe scolaire ‘’Les Ecrivains’’. Très tôt, avant 07h. Des nourrissons, des enfants et des jeunes arrivent accompagnés par les parents. Des policiers assurent la sécurité de l’établissement. Une dame répondant, Fanta Coulibaly, monitrice de son état, nous a signifié qu’elle n’a pas de temps, car l’heure de rentrée est fixée à 07h00. Toutefois, elle s’est dit « très contente de reprendre contact avec les enfants » avec qui elle est très familière depuis quelques temps. Au lycée Askia, Amadou Kéita est prêt pour la reprise des cours. Il est parmi ses collègues assis en groupe, sur un mirador, dans la cour du lycée, tous biens habillés. « J’ai pris mes effets scolaires depuis le vendredi dernier. Je n’attends que l’arrivée des professeurs », nous a confié celui qui se présente comme un candidat au prochain baccalauréat, Série TSCO. De son côté, le directeur coordinateur du Groupe scolaire Mamadou Konaté, Abdrahamane Diallo, a assuré que tout se passe très bien « comme toute le monde l’avait souhaité ». « Au sein du groupe scolaire Mamadou Konaté, on a pris des dispositions en amont : le nettoyage des salles, de la cour. Nous sommes fin prêts pour la reprise des cours ce jour, 25 janvier 2021 », a précisé M. Diallo. Le directeur coordinateur a indiqué que l’école Mamadou Konaté A a reçu la visite du ministre de l’Education nationale « qui a suivi une leçon modèle sur la Covid-19 », signalant que les élèves ont massivement répondu à l’appel, dans une atmosphère bonne et sereine. « Par rapport aux dispositifs sanitaires, explique Abdrahamane Diallo, les autorités nous ont instruits de procéder à la distribution de masques pour tous les élèves et des kits de lavage des mains ». « Tout démarre bien », s’est-il réjoui. Par contre, il a souligné qu’il est difficile de gérer la distanciation compte tenu de l’effectif très élevé dans les classes. « Ce qui est sûr, la consigne est donnée aux maîtres de veiller à ce que les enfants portent obligatoirement les masques en classe. Pour le moment, nous n’avons pas d’autres solutions », dit M. Diallo, ajoutant qu’autrement, il faudra « autant de salles et autant de tableaux pour faire respecter la distanciation ». Au groupe scolaire de Darsalam, des kits de lavage des mains sont disponibles et les élèves et enseignants présents, en nombre, portent le masque. Magassa cherche à inscrire son enfant au lycée du Centre islamique d’Hamdallaye. Le garçon doit aller en 10è, pour cette année scolaire. Le père ne parvenait pas le faire admettre dans cet établissement. « Depuis quand l’inscription d’un nouveau lycéen est fixé à 3.000 Fcfa au Mali!», s’exclame-t-il. Il nous a explique qu’on lui a demandé de payer 3.000 Fcfa dont 500 Fcfa pour les effets scolaires. Notre interlocuteur, pressé de regagner son lieu de travail, a dit qu’il reviendra demander des explications au proviseur du lycée. OD/MD (AMAP)