Révision annuelle des listes électorales : Faible engouement dans les centres

Par Bembablin DOUMBIA Bamako, 1er nov (AMAP) Mercredi dernier, il est environ 10 heures à Bamako. Nous sommes au Centre secondaire d’état civil de Magnambougou, où les opérations de révision des listes électorales de la Commune VI se déroulent. En cette matinée ensoleillée, il n’y a pas d’affluence autour des agents chargés de ces opérations. La cour du Centre est presque vide. Salia Sangaré, président de la commission administrative de la révision des listes électorales du centre et son équipe s’emploient, activement, à faire les radiations qui consistent à enlever les noms des personnes décédées au cours de l’année et celles condamnées et ne disposant plus du droit de vote. Et ce, sur la base du registre de décès de la mairie de la Commune VI. Salia Sangaré pense clairement que ce travail est alambiqué. «S’il faut regarder dans les registres puis fouiller sur la liste électorale pour voir si la personne y existe ou pas, c’est vraiment un peu compliqué», renchérit-il. Notre interlocuteur pensait que sa structure allait être doté d’un ordinateur par la Délégation générale aux élections (DGE). Cela, afin de pouvoir, une fois qu’ils ont un nom, faire la recherche sur la liste électorale au lieu de fouiller dans les papiers. « Il peut y avoir des homonymes, mais si vous avez la machine pour vérifier cela, c’est plus facile», estime-t-il. Par ailleurs, Salia Sangaré signale que son service n’a reçu la liste de validation, qui consiste à intégrer les nouveaux électeurs, que mardi dernier. « Toute chose qui n’est pas normale », déclare-t-il, avec une pointe d’amertume. Notre interlocuteur dit, en outre, que du 1er octobre à mercredi dernier, son service a enregistré 221 cas de transferts (qui permettent aux gens qui ont changé de domicile de pouvoir voter dans leurs nouveaux lieux de résidence) et 211 radiations. Selon lui, le manque d’affluence autour de ces opérations est dû à un problème de communication. Il déplore aussi le fait que les gens attendent toujours la dernière minute pour venir. A notre passage dans ce centre, un électeur du nom de Lassine Traoré s’était présenté à la commission administrative. Ce commerçant d’une quarantaine d’années était venu transférer son lieu de vote de Sogoniko à Diandjiguila en Commune VI du District de Bamako, où il réside désormais. Comme au Centre secondaire d’état civil de Magnambougou, l’affluence n’était pas au rendez-vous au niveau des commissions administratives des Communes V, IV et III. Au passage de notre équipe de reportage sur ces sites, aucun n’usager n’était présent. Les agents de ces services s’activaient à faire des radiations sur la base du registre des mairies. Les responsables de ces commissions indiquent n’avoir reçu, pour leur part, les listes de validation que ce mercredi. En Commune V, si les radiations et les transferts étaient, respectivement, au nombre de 105 et 129 à la date du mercredi, ils étaient, par contre, de 188 et 27 au niveau de la Commune III. Quant à la commission administrative de la Commune IV, elle peut enregistrer 10 à 20 transferts par jour, selon ses responsables. NOUVEAUX ELECTEURS – Il convient de souligner que les validations ne sont que des formalités. En effet, il n’est pas obligatoire que quelqu’un se déplace pour valider son inscription sur la liste électorale. Lorsqu’on atteint 18 ans, l’individu est automatiquement intégré dans le fichier électoral de la DGE. Toutefois, les intéressés pourront aller vérifier et corriger auprès des commissions s’ils sont inscrits ou pas sur la liste électorale ou pour signaler une erreur. « Sinon, ce n’est pas une opération de validation proprement dite ou si l’intéressé ne vient pas, il est radié », précisent-ils. Ainsi, il ressort des données officielles que les nouveaux électeurs de l’intérieur comme de l’extérieur sont au nombre de 341.653. De ce fait, la révision annuelle des listes électorales pour 2022 s’effectue sur un fichier contenant 8.515.057 électeurs. Il convient de rappeler que le fichier électoral de l’année dernière comportait 8.173.404  électeurs. Dans un rapport d’audit publié en 2018, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) indiquait que «seuls 22% des jeunes et des femmes de 18 à 30 ans figurent sur le fichier électoral de du Mali alors que ceux-ci constituent plus du tiers de la population». De son côté, dans un rapport qu’elle a récemment publié, la Mission d’observation des élections au Mali (Modele-Mali) a salué le démarrage des opérations de révision dans la majorité des communes des 49 cercles et dans les 6 communes du District de Bamako. Cette révision intervient dans un contexte marqué par l’installation des membres de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) «qui doivent superviser les opérations, suivant l’article 57 de la loi électorale». Cependant, notre équipe de reportage n’a pas constaté leur présence dans le dispositif, mercredi. Toutefois, la Modele-Mali a noté que ces opérations suscitent une très faible mobilisation auprès des populations pour diverses raisons. Elle faisait allusion au manque d’informations nécessaires sur l’importance de ces opérations de révision. L’organisation, qui a noté des défis logistiques ayant émaillé les activités sur plusieurs parties du territoire national, a demandé l’envoi diligent des documents de travail aux commissions administratives. S’y ajoutent l’intensification des activités d’information et de sensibilisation autour de cette révision et le renforcement de la sécurité dans les zones à risque pour permettre aux citoyens d’avoir accès aux commissions. Depuis mars 1991, notre pays s’est inscrit dans la voie de la démocratie qui nécessite une bonne organisation des élections. Ainsi, «pour qu’il y ait des élections justes, transparentes et apaisées, il faut un fichier électoral fiable», précise le directeur général de l’Administration du territoire, Abdoul Salam Diepkilé. Il rappelle que la révision annuelle des listes électorales est une opération prévue dans la loi 2022-019 portant loi électorale en son article 51 et suivants. Cette révision annuelle des listes électorales a pour objectifs de permettre aux personnes omises sur la liste électorale ou aux jeunes qui viennent d’avoir 18 ans, de pouvoir s’inscrire sur la liste électorale et de radier les personnes qui sont décédées ou qui ont perdu leurs droits de

Corridor Dakar-Bamako : Réduction drastique des frais d’escorte et de douane

Par Babba B. COULIBALY Bamako, 1er nov (AMAP) Les frais d’escorte et de douane sur le Corridor Dakar-Bamako passent de 145.000 Fcfa à 20.000 Fcfa par véhicule et par convoi de 5 camions, selon un accord scellé, vendredi dernier, à Dakar,  à l’issue d’une rencontre entre le président de la Chambre de commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily, et le directeur régional de Dakar-Port, le colonel Babacar Mbaye. Les négociations amenant la douane sénégalaise à s’engager à réduire les frais d’escorte et de Travail supplémentaire (TS) de la douane ont été menées pendant deux ans par une délégation des chambres consulaires du Mali, conduite par le président de la CCIM, Youssouf Bathily. Ces efforts du secteur privé malien porté par Youssouf Bathily, précèdent ceux fournies pendant les six mois d’embargo que notre pays a subi injustement. Cet accord a été trouvé vendredi dernier dans la capitale sénégalaise avec la douane du pays de la Teranga. Selon nos sources au niveau des chambres consulaires du Mali, cette réduction est une économie de plus de 10 milliards Fcfa par an au profit de nos opérateurs économiques donc de l’économie nationale. Les négociations achoppaient sur cette épineuse question du montant des frais d’escorte de la douane sénégalaise et de TS que la partie malienne jugeait exorbitants. Pour rappel, une forte délégation des chambres consulaires du Mali, avec à sa tête son président Youssouf Bathily, président de la CCIM, avait effectué, du 17 au 25 juillet 2022, une mission dans la capitale sénégalaise, après la levée de l’embargo de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) contre le Mali. Il s’agissait alors, pour les présidents des chambres consulaires du Mali et les techniciens qui les accompagnaient, au premier rang desquels le directeur des Entrepôts maliens au Sénégal (EMASE), Fousseynou Soumano, de négocier, auprès des dirigeants du Port autonome de Dakar et ses partenaires, des facilités pour l’acheminement rapide des marchandises maliennes en souffrance au niveau dudit port. Cela, afin de réduire également les coûts afférents à cette situation. À la suite de cette mission, d’importants résultats avaient été engrangés auprès des autorités portuaires de Dakar et de leurs partenaires tels Dubaï Port World (DPW), Bolloré Transport Logistics, SACS, TOM, MAERSK et la direction générale des douanes sénégalaises. Ceux-ci avaient, presque tous, consenti à l’annulation du magasinage des conteneurs encore en souffrance, à l’annulation des surestaries et détention pour toutes les marchandises traitées ou même à la restitution des paiements effectués, pendant l’embargo, entre autres. Selon des sources, dans le cadre de la poursuite de ces négociations, une importante délégation du secteur privé malien, conduite par le président de la CCIM, Youssouf Bathily, a séjourné à Dakar où elle a rencontré, le 26 octobre dernier, une délégation de l’administration des douanes sénégalaises, avec à sa tête le colonel Babacar Mbaye, directeur régional de Dakar-Port. En ligne de mire, la systématisation de la réduction des frais d’escorte et TS, conformément à la demande de réunion formulée par la partie malienne. Après un rappel des montants en vigueur depuis des années, l’exposé des propositions, tendant à réduire les frais d’escorte a été fait. Notamment, 40.000 Fcfa par unité roulant pour les escortes individuelles allant de 1 à 4 boîtes, ramener le convoyage à partir de 5 boîtes au lieu de 10 avec 20.000 Fcfa par véhicule. Ce qui revient, dans ce dernier cas, à une réduction de 125.000 Fcfa sur les 145.000 Fcfa que chaque véhicule était tenu de payer auparavant. À l’issue d’une seconde rencontre qui a eu lieu le vendredi, 28 octobre dernier, les deux parties ont convenu d’un accord qui scelle les engagements pris comme du fer dans du béton. C’est ainsi qu’elles se sont engagées pour la mise en application diligente de cet accord qui devrait bénéficier, avant tout, aux opérateurs économiques maliens utilisant le corridor Dakar-Bamako. À titre de rappel, 70% de nos importations passent par le Sénégal. Aussi, 80% de nos exportations passent par le même corridor. Il est espéré que l’économie de plus de 10 milliards Fcfa par an, suite à ces réductions de frais d’escorte à différents niveaux et TS, bénéficient, dans les mois à venir, aux consommateurs maliens également. Notamment en termes de réduction des prix sur des denrées, matériels et matériaux de construction, entre autres, qui passent par le corridor Dakar-Bamako. BBC/MD (AMAP)  

Journée mondiale des villes : Un Malien sur deux sera citadin en 2024 (Ministre)

Bamako, 1er nov (AMAP) «Compte tenu du rythme d’accroissement des villes maliennes en général (5,1%) et de la capitale, Bamako, en particulier (5,4%, l’un des plus élevés en Afrique), on estime qu’un Malien sur 2 habitera dans les villes en 2024 », a déclaré lundi, à Bamako, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, Bréhima Kaména. M. Kamena, qui a présidé l’ouverture des travaux de commémoration de la Journée mondiale des villes, a expliqué « tout ce que cela comporte en matière de développement urbain durable : emplois urbains, infrastructures, services urbains, protection de l’environnement. » « Malgré une relative faiblesse de l’urbanisation, a-t-il affirmé, les villes jouent un rôle moteur dans le développement économique à l’échelle nationale et régionale dans la mesure où, avec moins du 1/3 de la population nationale, elles produisent 50 % des richesses nationales ». « Elles pourraient, selon Bréhima Kaména, en produire davantage si les problèmes posés par leur développement sont maîtrisés. »   Le Mali a commémoré cette journée, à travers une journée portes ouvertes dans les locaux de la direction nationale de l’urbanisme et de l’habitat, à Darsalam, dans la capitale, Bamako. Le thème international de la Journée, célébrée chaque année à la date du 31 octobre, est  «Agir localement pour devenir global». La Journée mondiale des villes vise à promouvoir l’intérêt de la communauté internationale pour l’urbanisation mondiale durable, à faire avancer la coopération entre les pays et les villes pour saisir les opportunités, à relever les défis de l’urbanisation et contribuer au développement urbain durable dans le monde. Elle est, aussi, une occasion pour les pouvoirs publics et la société civile d’informer et de sensibiliser par l’organisation d’activités sur les enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Au Mali, les activités commémoratives se sont étalées du 3 octobre au 31 octobre 2022, à travers plusieurs activités notamment la tenue de journées de concertation entre les acteurs du secteur du foncier, de l’habitat, de l’urbanisme. SERVICES DE BASE – Le ministre en charge de l’Urbanisme a rappelé que la Politique nationale de la ville (PONAV) a été initiée pour, notamment, « rendre les villes maliennes conviviales et harmonieuses, renforcer les économies locales pour améliorer les capacités d’autofinancement des villes et favoriser l’expression des diversités socioculturelles. Et d’indiquer que le principal outil de mis en œuvre de cette politique est le programme décennal de développement des villes. Parmi les perspectives, le ministre Kaména a cité la tenue prochaine de la 7ème édition du Salon de l’habitat de Bamako en 2023, la mise en œuvre de la troisième phase du Programme participatif de l’amélioration des bidonvilles (PPAB), la mise en œuvre du Projet de résilience urbaine de Bamako (PRUBA) ainsi que la poursuite de l’élaboration des profils urbains des villes du Mali. S’y ajoutent aussi la poursuite de la réalisation des programmes de logements sociaux, l’amélioration de la mobilité urbaine au niveau de nos grandes villes, la sécurisation et la conservation des espaces publics par leur aménagement et le rapprochement des services sociaux de base de nos populations. Pour sa part, le directeur de l’Observatoire national des villes (ONAV), Moussa Tamba Diakité, a énuméré quelques défis du domaine urbain. Il s’agit, entre autres, de l’accès à l’eau potable, à la santé, à la sécurité, la mobilité urbaine, l’étalement urbain et les constructions illicites. Par rapport à l’évolution de la population de la ville et en zone urbaine, il dira qu’en 1800, 5% de la population mondiale vivaient dans les villes, qui évolue aujourd’hui à 50%. Selon les estimations des Nations-unies, ces chiffres doivent aller de 65 à 70%. «La population nationale a augmenté ce qui fait que cette transformation démographique rapide est source de défis mais, aussi, d’opportunité et de chance à saisir », a dit M, Diakité.  C’est pour cela qu’aujourd’hui, le ministère en charge de l’Urbanisme et de l’habitat, à travers l’ONAV, « est en train de développer un système beaucoup plus numérique, qu’on appelle les villes connectées, les villes intelligentes qui est aujourd’hui à la mode dans le monde urbain », a indiqué Moussa Tamba Diakité. Selon lui, ce système numérique permet de faciliter l’accès aux services urbain de base, de réduire les coûts et un moyen très efficace de contrôler et de diminuer drastiquement l’insécurité urbaine. MS/MD (AMAP)    

Transport en bus universitaires : L’odyssée des étudiants

Par Jessica Khadidia DEMBÉLÉ Bamako, 31 oct (AMAP) Mardi 11 octobre, il est environ 6 heures, notre équipe de reportage en route pour la Cité universitaire sur la colline de Badalabougou, en Commune V, constate une file indienne devant la Faculté d’histoire et géographie (FHG). Certains étudiants font le choix de venir avant l’aube pour ne pas rater le premier bus programmé pour 6h30. A l’heure indiquée, ceux-ci commencent à embarquer, en montrant chacun la carte de transport au contrôleur. Les bus universitaires sont gérés par le Centre national des œuvres universitaires (CENOU). Les premiers ont été offerts en 2001 par l’ancien président, feu général Amadou Toumani Touré. Au total, 12 bus sont opérationnels à Bamako et font la navette, les jours de cours, entre la colline de Badalabougou et la Cité universitaire de Kabala. A.T, étudiant à la Faculté des lettres et sciences du langage (FLSL) de Kabala, habite à Yirimadio en Commune VI. Il s’est réveillé à 4h30 pour pouvoir embarquer dans le premier bus. Pourtant, il n’aura pas la chance de trouver l’une des 70 places assises. Le car, rempli à moins de 5 mn, se met en route pour Kabala et l’étudiant, comme bien d’autres camarades, est contraint de rester debout jusqu’à destination. Ceux qui n’ont pas pu monter attendent le départ du deuxième bus à 7h. Le trajet se fait sur fond de musique comme pour adoucir le trajet. La fatigue est perceptible sur chaque visage. « Le véhicule date de 2006 », selon un passager. Il n’offre plus les commodités. Les espaces entre les sièges sont réduits, laissant peu de places aux mouvements des jambes. Les sièges sont poussiéreux et en mauvais état. «En période de canicule, on étouffe dedans», déplore A.T. Le bus est plein à craquer, mais freine après quelques minutes à l’arrêt devant ud lycée public de Kalabancoro pour embarquer d’autres étudiants qui attendaient sur place. Les nouveaux passagers doivent jouer des coudes pour se faire une place. Certains étudiants désemparés semblent avoir perdu la notion du temps et demandent l’heure parce que les cours commencent à 8h.   ÉPUISÉS – Kabala, c’est la porte d’à côté. Mais le mauvais état de la route fait que le trajet devient un vrai parcours du combattant pour les étudiants. Ceux-ci vivent quotidiennement ce calvaire de secousses et accusent très souvent un retard sur le démarrage des cours. Aliou Bah, chirurgien-orthopédiste et traumatologue à l’hôpital Mère-enfant ou Luxembourg, explique que rouler sur une route en mauvais état peut agir sur le corps à plusieurs niveaux. «Les  secousses peuvent entrainer de microtraumatismes qui, s’ils se répètent, vont  causer un désordre au niveau du dos depuis le bas de la tête jusqu’au niveau des fesses. Cela peut aussi entrainer des problèmes de dos», explique le spécialiste. Après un arrêt du bus au Centre Nour, à Kabala, afin de déposer des passagers, A.T est heureux de pouvoir s’asseoir. «Je suis épuisé avant même que les cours ne commencent», peste le jeune homme. Le premier bus arrive à sa destination avant le démarrage des cours. Un grand soulagement pour les étudiants. «Pendant les cours, les professeurs tolèrent les retards. Ils renvoient les retardataires lorsqu’il s’agit d’examen». Après avoir débarqué les étudiants, le bus repart dans le sens inverse, sens en direction de Niamakoro, près de la Cité Unicef, où des cours sont dispensés aussi. B.D, étudiant en socio-anthropologie, est un retardataire chronique du fait que le bus qui n’arrive jamais à l’heure. Il est obligé de recourir au transport en commun lors des examens pour ne pas rater les épreuves. C’est une situation intenable pour sa petite bourse. Sur le chemin du retour, le chauffeur avait les nerfs à fleur de peau. A cause du mauvais comportement notamment des chauffeurs de transport en commun qui refusaient de lui céder le passage. Pris dans un bouchon infernal, le bus arrive avec un léger retard. Le chauffeur explique être contraint de surcharger parfois avec 130 passagers, y compris ceux qui sont débout. Dr Aliou Bah trouve cette situation « extrêmement grave ». Le médecin évoque des risques de microtraumatismes dans les secousses et de graves blessures en cas d’accident.   INSUFFISANCE – Mamadou T. Kamaté, chef du service transport au CENOU, explique que généralement les passagers restent debout dans les bus universitaires. Il reconnaît que son service n’a pas assez de véhicules. Mais pointe du doigt la  responsabilité des étudiants dans la surcharge. Quelque temps après, le même bus arrive à Badalabougou pour chercher d’autres étudiants. Un autre bus est rappelé de Sébénikoro pour convoyer aussi un groupe d’étudiants à partir de Badalabougou. Il est 9h et la première rotation est terminée. Des étudiants attendent un autre bus. Aucun hangar pour les protéger du soleil. Et c’est encore pire pendant l’hivernage. Mamadou T. Kamaté annonce qu’il y a des projets dans le pipeline de son service pour lesquels il faut se battre pour trouver les financements sur budget d’Etat. I.D, membre de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) proteste contre le système de rotation des bus qu’il juge non efficace. Selon lui, le départ du premier bus est à 6h30, mais déjà à cette heure, il y a une longue file. Il pense que le rythme de sortie des bus doit être accentué pour éviter les désagréments et permettre aux étudiants d’arriver à temps et dans les meilleures dispositions pour les cours. Certains pensent que la carte de transport pose problème. Pourtant, il faut en disposer pour monter dans les bus. Or, les étudiants payaient le ticket à 50 Fcfa à l’aller comme au retour. « C’est à la suite de vérifications, qu’il a été demandé au CENOU de moderniser le transport », indique le chef du service transport. C’est la raison de l’instauration de la carte de transport, en prenant l’exemple sur d’autres pays de la sous-région. Il faut débourser 7.200 Fcfa  pour l’acquérir sur toute l’année. «Le prix n’a pas été fixé par le CENOU. En  concertation avec différents partenaires et l’AEEM, il a été fixé à 20 Fcfa par jour

Championnat professionnel de football : L’arlésienne !

Par Djènèba BAGAYOKO Bamako, 28 oct (AMAP) Le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal, la Mauritanie, presque tous les pays frontaliers du Mali sont entrés dans le football professionnel. La planète foot du Mali doit prendre son mal en patience. Pour le moment, il n’y a aucun signe annonciateur de la création d’un championnat professionnel de football. Le temps presse car depuis plusieurs années, la Fédération internationale de football (FIFA), l’instance suprême du football, exhorte ses associations membres (Ndlr, les fédérations) à intégrer le professionnalisme dans leur programme. Pourtant, le Mali a connu ses premiers clubs bien avant l’indépendance du pays en 1960. Parmi ces formations, figurent le Stade malien, le Djoliba, le Réal etc. Le Mali a disputé les deux premières finales de la Coupe d’Afrique des clubs champions (actuelle Ligue des champions) grâce au Stade malien et au Réal qui se sont inclinés chacun face, respectivement à Oryx Douala (1-2) et Stade d’Abidjan (1-3). Après ces deux finales, il faudra attendre un demi-siècle (2009) pour voir un club malien en finale d’une coupe d’Afrique : le Stade malien qui soulèvera le trophée de la Coupe de la Confédération africaine de football (CAF), en battant aux tirs au but l’Entente de Sétif (Algérie) (2-0 à l’aller et 0-2 au retour puis 3-2 pour le Stade malien). Jusqu’à ce jour, c’est la seule consécration d’une formation malienne sur l’échiquier international. En 2012, le Djoliba a atteint, pour la première fois de son histoire, la finale de la Coupe CAF, mais a trébuché sur la dernière marche, face aux Congolais de l’AC Léopards de Dolisie (2-2 en aller et 1-2 au retour). C’est le dernier haut fait d’armes pour les clubs maliens et plus inquiétant, aucune formation du pays n’a réussi à se qualifier pour la phase de poules de la Ligue des champions depuis le lancement de cette compétition en 1996 Forcément les supporters se posent des questions et ne parviennent pas à s’expliquer cette longue disette. Est-ce le niveau de nos équipes qui est en cause ? Les clubs manquent-ils de moyens pour pouvoir rivaliser avec l’élite africaine ? Les dirigeants sont-ils à la hauteur ? Existe-t-il un problème d’organisation ? Voilà autant de questions qui se posent, chaque année, les supporters. Pour ce footballeur que nous désignons par les initiales A. D., l’amateurisme est le problème principal des clubs maliens. «Nous souffrons énormément ici, le football est notre plaisir, mais nous jouons également pour avoir quelque chose à donner à nos familles. Malheureusement, avec le système actuel, on ne peut pas s’épanouir ou vivre de son travail. C’est la triste réalité du football malien», pointe A. D. Selon lui, quand un joueur se blesse à l’entraînement ou lors d’un match, le club prend seulement en charge les premiers soin. «Ensuite, il faut se débrouiller et ce quelle que soit la gravité de la blessure», poursuit notre interlocuteur qui évolue depuis une décennie dans un grand club de Bamako. Il interpelle les dirigeants du football national pour, plaide-t-il, «revoir la copie afin d’alléger la souffrance des joueurs». A. D. souhaite l’implication des autorités sportives pour faire bouger les lignes et valoriser les footballeurs du pays. «Des fois nous avons honte vis-à-vis de nos familles qui nous soutiennent pendant des années et qui ne reçoivent presque rien en contrepartie. Personnellement, c’est ma mère qui me donne de l’argent pour les petits besoins. Cela ne peut pas continuer», dit-il. Un ancien joueur, sacré plusieurs fois champion national et qui joue actuellement à l’extérieur, témoigne : «Je me rappelle, quand je jouais au Mali, je touchais 15.000 Fcfa par mois, mais pas de façon régulière. Que peut-on faire avec un tel salaire» ? Selon notre interlocuteur, les joueurs percevaient 1 000 Fcfa pour le transport, une somme que la plupart de ses coéquipiers utilisait également pour manger. «Tout le monde connaissait le système », se souvient-il encore. « Après les entraînements, on prenait 500 Fcfa de carburant et on achetait à manger avec le reste. C’était une vie de misère». Le joueur a réalisé son rêve, après le Championnat d’Afrique de nations (CHAN) qui s’est déroulé au Cameroun en 2021, avec la signature de son premier contrat professionnel. Contrairement aux deux joueurs cités plus haut, Abdramane Traoré «RBA», le frère cadet d’Hamari Traoré, se réjouit de sa situation au Réal mais souhaite l’instauration d’un championnat professionnel. «J’ai eu la chance de connaître quelques clubs de Ligue 1. Quand j’étais au Réal, l’année dernière, les salaires étaient acceptables et payés régulièrement, témoigne le joueur ». Mais il s’empressera d’ajouter : « L’arbre ne doit pas cacher la forêt, beaucoup de joueurs souffrent dans leur club. Ils mouillent le maillot sur le terrain mais les salaires sont insignifiants», avoue l’attaquant qui vient de signer en Libye. A l’instar des joueurs, les supporters attendent également avec impatience l’avènement du professionnalisme. Pour Famoussa Diarra, rencontré au stade Modibo Keïta, lors du match amical entre la sélection nationale locale et son homologue de la Guinée, le salut des jeunes se trouve dans le professionnalisme. Selon lui, le football amateur n’apporte rien aux joueurs, alors qu’ailleurs leurs camarades d’âge «gagnent tout grâce au football». «Au Mali, les footballeurs souffrent. Des fois, ils n’ont même pas le prix de l’essence pour retourner à la maison après les séances d’entraînement. Ils sont obligés de demander de l’argent aux supporters et pendant ce temps, les dirigeants roulent dans des voitures de luxe payées avec l’argent des clubs», dit M. Diarra qui enfonce le clou : «C’est tout ça qui tue notre football. Dieu n’aime pas l’injustice». BLOCAGE – Le président du Réal, Me Famakan Dembélé se dit favorable à la professionnalisation pour améliorer la situation des joueurs. Pour lui, le Mali est en retard et il est grand temps que notre football tourne la page de l’amateurisme pour le bien de l’ensemble des acteurs du ballon rond. Certes, le professionnalisme demande beaucoup de choses, admet-il, mais avec l’évolution du football, «c’est quelque chose qui est devenu indispensable». Selon Me Dembélé, l’instauration du professionnalisme va apporter beaucoup de choses au football malien.

Mali : Plus de 700 faux diplômes recensés au dépouillement des dossiers d’un concours du ministère de la Justice (Conseil des ministres) 

Bamako, 28 oct (AMAP) Quelque 39 faux diplômes ont été recensés lors du dépouillement des dossiers pour le concours des auditeurs de justice et 692 faux diplômes pour le concours de recrutement des fonctionnaires du cadre de la surveillance et de l’éducation surveillée, a révélé le ministre de la Justice et des droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mahamadou Kassogué. Dans le communiqué du Conseil des ministres du mercredi dernier, le ministre, qui a fait le point sur le processus de recrutement de 100 auditeurs de justice et de 150 fonctionnaires du cadre de la surveillance et de l’éducation surveillée, a précisé que « ces dossiers seront transmis au procureur de la République. » « La Justice est confrontée à de nombreux défis à la fois matériels, financiers et humains. Pour y faire face, la Loi d’orientation et de programmation du secteur de la justice (LOPJ) prévoit un accroissement continu des moyens matériels, financiers et humains sur la période 2020-2024 », a expliqué en Conseil des ministres, M. Kassogué. Pour la mise en œuvre de cette loi, un concours de recrutement de 100 auditeurs de justice et de 150 fonctionnaires du cadre de la surveillance et de l’éducation surveillée a été ouvert. Selon le ministre, les commissions d’enregistrement et de dépouillement mises en place à cet effet ont reçu 4 201 dossiers pour le concours des fonctionnaires du cadre de la surveillance et de l’éducation surveillée. Pour celui des auditeurs de justice, 8 074 dossiers dont 5 387 pour l’ordre judiciaire et 2 687 pour l’ordre administratif. Ainsi que pour le recrutement sur titre, 55 dossiers de docteurs en droit. Le ministre de la Justice a indiqué que les recrutements permettront de combler, en partie, le déficit de magistrats et de fonctionnaires du cadre de la surveillance et de l’éducation surveillée et d’améliorer la gouvernance au sein de la justice et l’accessibilité de la justice pour tous. SS/MD (AMAP)

Apiculture : Comment organiser la production du miel au Mali

Par N’Famoro KEITA  Bamako, 27 oct (AMAP) Liquide compact de couleur marron à l’état raffiné, le miel est un produit alimentaire naturel, obtenu à partir du nectar. Le nectar est la matière première indispensable à sa fabrication. Le miel est récolté par les abeilles butineuses aux alentours de la ruche pour le remettre aux abeilles receveuses dans la ruche. Chimiquement, le nectar est composé d’eau et de saccharose. Ce sont ces deux éléments qui vont subir des transformations à travers un processus mystérieux pour donner du miel. Ce «miracle de la nature» est reconnu médicalement comme un régulateur de la glycémie pour les diabétiques. Il réduit le stress métabolique et favorise la récupération du sommeil. Il traite la constipation et améliore la fonction cérébrale. Le miel est employé dans le traitement des acnés et les dermatites (inflammations de la peau). Il panse les blessures, les brûlures, les ulcères et hydrate la peau. Compte tenu de ces multiples vertus thérapeutiques, le miel est une denrée de première consommation au Mali. Au-delà de cette réalité, le marché du miel est toujours informel et mal organisé. Son exploitation et sa commercialisation au Mali demeurent le parent pauvre des activités agricoles. Sur la question, Amadou Diarra, apiculteur à Djoulafoundo, un petit village de la Commune de Nouga dans le Cercle de Kangaba, témoigne. Ce cultivateur de céréales s’est reconverti dans l’exploitation et la vente de miel brut. Il dispose dans son entreprise locale d’une cinquantaine de ruches et récolte entre 40 et 50 litres de miel brut par an. Il revend sa récolte à 2.500 Fcfa le litre. Pour l’instant, il perd au change, en termes de pécules (les céréales lui apportaient un peu plus), mais garde espoir de prospérer un jour s’il arrive à bien organiser son entreprise. Il pense que c’est une activité qui peut bien nourrir son homme. La nécessité d’un accompagnement se fait de plus en plus pressante chez lui. Aujourd’hui, il a besoin de se renforcer en matériels de production pour intensifier sa productivité et d’avoir un marché organisé où, il peut tirer un meilleur profit. «Chaque apiculteur doit avoir sa petite unité de raffinage, ne serait-ce qu’artisanale, pour vendre du miel en l’état. ça apporte de la valeur ajoutée», estime-t-il. Malheureusement, ce rêve qu’il caresse est encore loin d’être une réalité à Djoulafondo. produit d’exportation – L’apiculture offre des opportunités, notamment en termes de créations d’emplois, mais aussi d’amélioration des revenus des ménages et de sécurité alimentaire. Elle représente, selon ceux qui officient dans la production de miel, une activité aux intérêts multiples, notamment économique, écologique, alimentaire et thérapeutique. C’est pourquoi, le gouvernement accorde beaucoup d’importance à cette filière émergente. Lors de la 9è session du Conseil supérieur de l’agriculture, tenue en mars 2019, une attention particulière a été accordée à la filière. Ainsi, il a été décidé de professionnaliser l’apiculture et de mieux l’organiser, afin de créer une plus-value pour conquérir le marché international. En d’autres termes, faire du miel, un des produits d’exportation du Mali. Malgré cette volonté politique affichée, le rêve est loin d’être une réalité pour l’apiculteur de Djoulafondo. Cependant, il garde espoir de le voir se concrétiser, un jour, avec les initiatives et les actions de l’Association pour le développement de l’apiculture moderne (ADAM). L’objectif de cette association, selon son président, Mamadou Ba Keïta dit Mamoutou, est de promouvoir la filière apicole au Mali à travers la formation, l’encadrement et l’équipements des professionnels. Pour asseoir cette dynamique, l’ADAM a installé une unité de raffinage et de transformation des produits dérivés du miel (savon, pommade, bougie, crème de cheveux et cirage). L’Association dispose d’un comptoir de vente de matériels et d’équipements apicoles pour la modernisation de l’activité dans le but d’obtenir une importante production. Quelques difficultés liées l’emploi abusif des pesticides et herbicides dans les champs qui sont des réservoirs de nectar pour les abeilles. Cette situation affecte considérablement les productions, souligne le président de l‘ADAM. Les pouvoirs publics semblent avoir pris bonne note de cette situation. Car, l’une des recommandations de la 9è session du Conseil supérieur de l’agriculture (CSA) est l’inscription de la filière apiculture dans les priorités de valorisation des produits agricoles à valeur ajoutée. Un vaste programme de modernisation des infrastructures et d’équipements sera mis en œuvre. Ceci permettra d’introduire de nouvelles technologies avec l’installation de ruches améliorées, d’enfumoirs et de presses-miel, etc… De grandes zones à forts potentiels de production avec une flore abondante et diversifiée seront créées pour permettre aux abeilles de s’approvisionner en nectar et pollen et de produire un miel de qualité. NK (AMAP)

Port du casque par les motocyclistes : Pour de bon cette fois-ci !

Par Amadou GUÉGUÉRÉ  Bamako, 27 oct (AMAP) Les autorités maliennes ont annoncé, lundi dernier, que très prochainement le port du casque sera obligatoire pour les conducteurs et les passagers de certains types d’engins. En effet, le ministère des Transports et des Infrastructures, à travers l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), a, par une décision, annoncé le port du casque de protection aussi bien par les motocyclistes que par leurs passagers. La décision précise que le port obligatoire du casque sera appliqué à partir du 1er janvier 2023. A cet effet, des contrôles routiers seront organisés régulièrement pour faire respecter cette décision.  Si par le passé cette mesure a eu du mal à prospérer, son application sera bel et bien effective cette fois-ci, assure-t-on du côté des services en charge de la sécurité routière. Sur la route qui mène du Dibida au Grand marché de Bamako, Massira Traoré est l’un des rares motocyclistes qui porte un casque. Il dit posséder trois modèles de cet équipement de protection. Selon lui, les gens doivent porter le casque pour leur propre sécurité. Motocycliste depuis plus de 10 ans, il est étonné de voir que certaines personnes attendent que le gouvernement impose le port du casque. Mohamed Lamine Keita est cambiste au niveau de la Banque de développement du Mali (BDM-SA). Si notre interlocuteur est d’avis que le retour du port de casque est une bonne chose, il estime, cependant, que compte tenu de la crise économique que le Mali traverse, cette décision est mal venue. «C’est vrai que le port du casque permet de nous protéger en cas d’accident. Mais, présentement avec la vie chère, ce n’est pas évident que tous les motocyclistes puissent en avoir. Chacun cherche maintenant comment survivre», confie-t-il. Ajoutant que ce n’est pas le bon moment d’imposer le port de casque.   RESPECTER LA DÉCISION – Aboubacar Keïta, un autre cambiste, abonde dans le même sens. Il estime que le moment n’est pas propice pour rendre obligatoire le port de casque. «C’est évident que le casque nous protège dans la circulation, mais il faut voir les conditions de vie des gens. Actuellement, tout le monde sait que la vie est chère. Les gens ont du mal à joindre les deux bouts. Je pense qu’il faut d’abord sensibiliser avant d’imposer le port du casque. Il faut que les autorités essayent de comprendre la population», insiste-il. Un étudiant que nous avons rencontré dans le secteur du Grand marché, pense, lui aussi, qu’il faut d’abord sensibiliser la population avant de sanctionner. Dans une station d’essence au Quartier du fleuve, une étudiante de la Faculté des sciences et techniques (FAST) pousse sa mobylette pour se ravitailler en carburant. Sous anonymat, elle souligne l’importance du port du casque. «On est sensibilisé souvent à l’école sur le port du casque. Malheureusement, on ne le fait pas même si on est conscient du danger qu’on court », dit-elle. « Personnellement, je trouve que le casque est un peu volumineux. Parfois, j’ai pas envie de le porter, mais quand je pense qu’il déforme ma coiffure, je renonce», explique-t-elle. Cependant, l’étudiante se dit prête à respecter la décision des autorités. Un autre motocycliste explique que ce n’est pas le moment de rendre obligatoire le port du casque. «Je ne suis pas d’avis pour l’obligation. Au lieu de fixer une date limite, il serait mieux de miser sur une sensibilisation de masse vu l’état  actuel du pays. Les gens n’ont pas fini de faire face à la cherté de la vie à fortiori acheter un casque», souligne-t-il. Aboubacar Konté est vendeur de casques à la Place de la liberté. Actuellement, les clients sont rares devant son étalage. Ici, le prix d’un casque de qualité commence à partir de 10.000 Fcfa. «Le prix du casque est abordable actuellement. Je pense que les gens doivent acheter avant que la décision des autorités n’entre en vigueur, car les prix vont grimper à cause des grossistes », prévient-t-il. La plupart des gens que nous avons interrogés soutiennent que le port du casque permet non seulement de minimiser l’effet des accidents, mais aussi de protéger contre les insectes volants. À cet effet, les motocyclistes  doivent acheter volontairement les casques sans que ça soit une obligation. AG/MD (AMAP)  

Entretien routier : Les contrats des entreprises défaillantes seront résiliés

Bamako, 28 oct (AMAP) Les autorités maliennes ont décidé que les services techniques vont entreprendre la résiliation des contrats des entreprises dont les défaillances sur les chantiers d’entretien routier ont été dûment constatées, a appris l’AMAP. Le ministère des Transports et des Infrastructures a lancé, en 2022, deux programmes d’entretien routier, à savoir le Programme spécial 2021 des travaux d’entretien routier dans les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (près de Bamako), Sikasso (Sud), Mopti (Centre) et le District de Bamako (la capitale) pour un montant de 15 milliards de Fcfa, et le Programme des travaux d’entretien des routes d’intérêt national dont le financement s’élève à 20 milliards de Fcfa. Ces travaux consistent à prévenir ou réduire les risques d’inondations dans ces villes et atténuer la souffrance des usagers de la route. Plusieurs mois après l’attribution des marchés et malgré la disponibilité des ressources, l’exécution des deux programmes n’est pas satisfaisante. Aujourd’hui, le constat est alarmant sur certains axes du District de Bamako, avec des routes dégradées et des voies fermées à la circulation. Les usagers subissent des restrictions de circulation parce que les travaux n’avancent plus. À ce jour, l’état d’avancement des travaux est estimé à seulement 10%, pour un délai consommé de 90% pour certaines entreprises engagées sur le Programme spécial. Pourtant, les ordres de démarrage des travaux ont été émis dès le mois de juin 2022. Quant au Programme d’entretien des routes d’intérêt national, il ressort du document d’information qu’au niveau des régions, les remises de site ont débuté fin juillet 2022. Et à la date du 30 septembre 2022, aucune mobilisation d’entreprises n’a été constatée sur le terrain alors que le délai consommé est estimé à 60%. SOUFFRANCE DES POPULATIONS – « C’est dans ce contexte que le département des Transports et des Infrastructures a fait une communication verbale sur la question en Conseil des ministres, le 12 octobre dernier », indique le directeur général des routes, Mamadou Samaké. «C’est compte tenu de l’urgence de terminer ces travaux et d’abréger la souffrance des populations que les services techniques du ministère des Transports et des Infrastructures ont été engagés à appliquer les dispositions coercitives prévues par le Code des marchés publics et des délégations de service public », a-t-il poursuivi.   « Les services techniques vont entreprendre notamment la résiliation des contrats des entreprises dont les défaillances sur les chantiers ont été dûment établies par constat d’huissier», explique M. Samaké.   Selon notre interlocuteur, les dispositions seront prises pour confier d’urgence l’exécution des travaux à d’autres entreprises qui ont montré leurs capacités, conformément aux procédures fixées par le Code des marchés publics et des délégations de service public. En réaction au tollé autour de la communication verbale du département des Infrastructures, le directeur général ajoute : «l’administration n’a fait que rappeler les dispositions coercitives prévues par le Code des marchés publics et de délégations de service public, contre tout prestataire défaillant, en vue de préserver l’intérêt public».   FIN DE LA RECRÉATION – Mamadou Samaké assure que les entreprises chargées d’exécuter les travaux ont été interpellées en réunions de chantier, en réunions techniques, par des lettres de mise en demeure, pour résorber le retard accusé au fur et à mesure que les délais s’écoulaient. Malheureusement, ces interpellations n’ont pas été suivies d’effet. «Des demandes de mise en demeure ont été adressées à certaines entreprises dont les défaillances ont été dûment établies par constat d’huissier. Les bureaux d’ingénieurs recrutés par l’AGEROUTE pour assurer le contrôle et la surveillance des travaux d’entretien routier n’ont pas comblé les attentes», précise Mamadou Samaké. Selon lui, il y a eu des manquements au niveau des bureaux de contrôle. Ces infractions sont, entre autres, le faible niveau et le manque d’expérience du personnel mobilisé sur les chantiers, le laxisme dans l’accomplissement de la mission et l’incapacité à affirmer l’autorité sur les entreprises. «Les vieilles habitudes ont la vie dure, la vraie raison du tapage des entreprises sanctionnées, c’est le fait que les autorités aient sifflé la fin de la récréation, du laisser-aller et du laxisme», martèle le directeur général des routes. Selon Mamadou Samaké, par la faute de certaines entreprises et conformément aux principes de la programmation budgétaire, des milliards mis à disposition devront être retournés au Trésor public par le ministère des Transports et des Infrastructures, alors que le besoin d’entretien routier est réel. «Les entreprises n’ont pas été à la hauteur, un point c’est tout», tranche le directeur général des routes. « Si tel est le cas et conformément aux cahiers de charge, le gouvernement pourrait poursuivre en justice les entreprises défaillantes pour réclamer des dommages et intérêts pour les préjudices subis », rappelle-t-il. BBC/MD (AMAP)

Intrants agricoles : Le ministre du Développement rural apporte des précisions sur la gestion de la subvention

Par Moriba COULIBALY Bamako, 25 oct (AMAP) Le ministre du Développement rural, Modibo Kéita, a accordé, lundi, un entretien exclusif à L’Essor dans lequel il a apporté des éclairages sur la gestion de l’approvisionnement des producteurs en fertilisants au titre de la campagne agricole en cours. « Le gouvernement a décidé lors du dernier Conseil supérieur de l’agriculture, présidé par le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, d’apporter une subvention de 17 milliards de Fcfa à la production agricole », a dit le ministre Modibo Kéita. « 60% de ce montant sont destinés à l’achat d’engrais organiques (soit un peu plus de 10 milliards de Fcfa) et les 40% restants aux engrais chimiques notamment le DAP, l’urée et le NPK (soit une enveloppe de plus de 6 milliards de Fcfa) », a-t-il précisé. « La subvention supporte, en réalité, les 15% des besoins d’approvisionnement en engrais et les producteurs doivent supporter les 85% restants », a fait remarquer le ministre. Depuis plus d’une dizaine d’années (plus précisément, la campagne agricole 2008-2009) le gouvernement à travers le département du Développement rural apporte une subvention financière à la production agricole en vue de booster la productivité agricole. Pour la présente campagne agricole, qui ne fait pas exception à la règle, les cultures vivrières comme le riz, le maïs, le mil, le sorgho et le blé sont concernés et le coton pour les zones cotonnières. La clé de répartition de cette subvention a été décidée en fonction de la conjoncture internationale marquée par la guerre en Ukraine. Or, il se trouve que l’Ukraine, avec la Russie, sont les plus grands pays producteurs d’engrais minéraux. La pandémie de la Covid-19 a aussi perturbé d’une part les productions et les transactions d’engrais et, d’autre part le transport maritime par lequel les pays acheteurs s’approvisionnent. Tous ces facteurs exogènes ont amené le gouvernement à privilégier la démarche qui consiste à apporter une grande part de la subvention aux engrais organiques qui sont disponibles sur place et génèrent de l’emploi local et des ressources pour les industries locales productrices. « La part de l’engrais organique dans l’amélioration de la fertilisation des sols a aussi été démontrée par les spécialistes », a assuré le ministre Keita.   PRIX REPÈRES – Si l’approvisionnement des zones cotonnières est géré par les structures habilitées à savoir la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) et l’Office de la haute vallée du Niger (OHVN), celui des zones hors coton est géré et surveillé de près par la direction nationale de l’agriculture, sous la conduite du département du Développement rural. Expliquant la démarche qui a été mise en place pour assurer un approvisionnement adéquat des producteurs en engrais subventionnés pour les zones hors coton, le ministre du Développement rural, a rappelé que le gouvernement a arrêté le prix subventionné de l’engrais chimique à 12.500 Fcfa le sac de 50 kg et celui de l’engrais organique à 2500 Fcfa le sac de 50 kg. En dehors de ces prix subventionnés, le département a jugé utile de convenir avec les fournisseurs de prix repères, soit 33.750 Fcfa pour le sac de 50 kg d’urée, 42.375 Fcfa pour le sac de 50 kg de DAP, 32 500 Fcfa pour le sac de 50 kg de NPK et 5 500 Fcfa le sac de 50 kg pour les engrais organiques. Il y a une majoration de 1 000 Fcfa pour le transport des engrais aux points de distribution. Ces prix repères ont été déterminés et fixés par le ministère de l’Economie et des Finances. Les fournisseurs historiques ont proposé 55 000 Fcfa comme prix repères et ont ensuite posé des conditions qui se sont avérées difficiles à accepter par le département. Ils ont posé comme conditions le paiement intégral des arriérés que l’État leur doit, l’accompagnement de l’État pour obtenir des garanties bancaires et l’achat au comptant des engrais. Ils ont campé sur leur position en dépit de multiples rencontres avec le département. « Pour éviter le blocage, a souligné le ministre Kéita, le département a démarché d’autres partenaires qui ont accepté les prix repères arrêtés et n’ont pas posé de conditionnalités pour satisfaire les commandes ». Le ministre Modibo Kéita a rappelé, ensuite, que l’État accorde la subvention au producteur qui achète l’engrais au prix convenu et le reliquat est remboursé au fournisseur qui doit se présenter aux structures du ministère de l’Économie et des Finances avec la caution mentionnant les quantités livrées aux paysans. Le département en charge du Développement rural doit veiller à la moralité de la procédure d’acquisition des engrais subventionnés par les paysans. L’État n’est pas fournisseur d’engrais. Il veille juste à ce que la procédure mise en place au bénéfice des paysans soit respectée dans les règles de l’art. « Le département du Développement rural n’est nullement impliqué dans la gestion financière des engrais subventionnés », a précisé Modibo Kéita. Le suivi est aussi assuré, à la base, à travers une commission de réception et de distribution des engrais subventionnés qui est présidée par le représentant de la chambre d’agriculture et, avec comme membres, les présidents des interprofessions riz et maïs et l’agent d’encadrement des directions régionales et locales de l’agriculture. Selon le ministre du Développement rural, les services techniques de son département ont assuré le suivi régulier de l’approvisionnement des producteurs en engrais à travers le travail de la commission. Modibo Kéita a assuré avoir « veillé à ce que les producteurs ne soient pas grugés par les fournisseurs ». MC/MD (AMAP)