Cour d’Assises spéciale : Affaire de l’avion présidentiel et des équipements militaires renvoyée au 02 juin prochain
Bamako, 22 mai 2025 (AMAP) L’audience de l’affaire de « l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires », qui devrait reprendre ce jeudi 22 mai, a été renvoyée au 02 juin 2025, en raison de l’état de santé de Mme Bouaré Fily Sissoko, actuellement hospitalisée dans un centre de santé, a constaté AMAP. A l’ouverture de la Session spéciale de la Cour d’assises, la défense, constituée en collective des avocats défenseurs, avec comme chef de file Me Mamadou Bobo Diallo, a formulé deux demandes au jury, présidé par le magistrat de classe exceptionnelle, Bamma Sissoko. Il s’agit de la liberté provisoire pour l’ex-ministre, Mme Bouaré Fily Sissoko, en prison depuis 2021 et le colonel-major Nouhoum Dabitao, lui aussi, en prison depuis le 14 mars 2024, et le renvoi du procès. Le jury s’est retiré pour examiner ces deux demandes de la défense. Quelques minutes après, le jury est revenu pour délibérer. La demande de la liberté provisoire a été purement et simplement rejetée et celle de renvoi de la session a été acceptée, La prochaine session est prévue le 02 mai, Ce permettra à la défense « de se donner les moyens de s’assurer de la santé Mme Bouaré Fily Sissoko », a dit le magistrat Bamma Sissoko. ST/MD (AMAP)
Ouélessébougou se mobilise pour des examens de fin d’année sans fraude ni fuite de sujets
Ouélessébougou 21 mai (AMAP) Les autorités administratives et scolaires du Cercle de Ouélessébougou, ont, dans la dynamique enclenchée par le département de l’Education nationale, de lutte contre la fraude et la fuite des sujets lors des examens de fin d’année, organisé une grande marche sportive, mercredi 21 mai 2025, allant du lycée public de la ville à la préfecture. La manifestation, qui vise à informer et sensibiliser la communauté éducative, non seulement sur les dangers liés à la fraude aux examens mais, aussi, à la consommation et le commerce illicite des drogues dans l’espace scolaire, a vu la participation des élèves, parents d’élèves, enseignants et des directeurs d’écoles. On notait, également, la présence des sous-préfets des arrondissements, du maire, du commissaire de la ville et tous les responsables des services techniques, sous l’égide du préfet, Moussa Sagara. Une marche sportive d’une distance de 2 kilomètres environ a couronné cette activité sur des slogans des marcheurs : « Non à la fraude, Non à la fuite des sujets », « Non à la drogue », « Non à la violence en milieu scolaire », « Vive des examens sans fraude », entre autres. « Cette marche est une initiative des autorités nationales, à travers le ministère de l’Education, depuis quelques années, une manière de mobiliser tous les acteurs du secteur contre la fraude et la fuites de sujets qui sont des fléaux pour le niveau de l’enseignement dans notre pays », a expliqué, le directeur du Centre d’animation pédagogique (CAP) de Ouélessébougou , Karim Coulibally, avant d’inviter les élèves, « à compter sur l’effort individuel lors des examens à venir. » Pour sa part, le préfet Sagara, s’est réjoui de l’effort des élèves, des responsables scolaires, et de tous les acteurs de l’Education, « pour la réussite de cette activité », au niveau local. « Les slogans et messages véhiculés lors de cette marche vous interpellent tous. Ils ne sont pas des simples mots, ils doivent vous conduire tout au long des examens. La consommation de la drogue constitue un danger pour votre santé », a-t-il lancé. Il a, également, sollicité « une conscience collective et un engagement général, pour des examens sains et transparents » dans le Cercle de Ouélessébougou. AC/MD (AMAP)
Réunion des experts de l’AES à Bamako : La création d’une Banque de développement au cœur des échanges
Bamako, 21 mai (AMAP) La rencontre des ministres du comité ministériel « développement » de la Confédération des Etats du Sahel (AES) sur l’opérationnalisation des actions prioritaires « pilier » de développement, a débuté, ce mercredi, au Centre international de la conférence de Bamako (CICB), afin « de permettre aux experts d’échanger sur la création d’une Banque de développement », a constaté l’AMAP. La cérémonie d’ouverture de cette réunion a été présidée par le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, accompagné de sa collègue en charge des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko et du Président de la section des comptes de la Cour suprême, Abdoulaye Sow. Depuis la création de l’AES, « nous avons développé différents mécanismes de dialogue et de coordination des efforts pour un développement équilibré de nos pays et cela sous le leadership de nos trois chefs d’Etat », a rappelé le ministre Sanoui. Et de poursuivre : « aussi est-il envisagé de renforcer les bases de la construction d’un espace d’intégration favorisant les investissements structurants et intégrateurs, de poursuivre les réformes, favoriser les politiques et de garantir une stabilité financière, qui permette de soutenir le développement de nos états ». A ce titre, la création d’une Banque régionale d’investissement a été retenue, qui sera dénommée « Banque confédérale pour l’investissement et le développement de (BCID-AES). Outil essentiel de promotion et de financement de projets structurants dans les secteurs stratégiques », a fait savoir, le ministre de l’Economie et des Finances, Il a ajouté que « la BCID-AES aura pour mission de mobiliser des ressources financières à grande échelle en vue de soutenir le développement de nos infrastructures essentielles, notamment énergie, transport, agriculture, etc. » Et de préciser : « je tiens à souligner que la création de la BCID-AES n’est pas seulement une décision politique mais, aussi, une réponse pragmatique et stratégique aux défis économiques de notre confédération, car nous savons que nos Etats possèdent un potentiel immense de croissance et de développement. » La réussite de l’implantation de la Banque confédérale « dépendra de notre capacité à travailler ensemble à mettre en place des structures de gouvernance efficaces, à garantir la rigueur et la transparence dans l’application et la mise en œuvre des décisions adoptées », a estimé le ministres des finances, avant de déclarer ouverte la réunion. MMD/MD (AMAP
Le Mali met en avant ses avancées judiciaires au 13e Forum juridique international de Saint-Pétersbourg
Bamako, 21 mai (AMAP) Le ministre malien de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, a mis en lumière, mardi, à Saint-Pétersbourg, en Russie, les progrès réalisés par le Mali dans la lutte contre la criminalité économique, avec un accent particulier sur le recouvrement des avoirs issus d’activités illicites. Le ministre Kassogué, qui représente le Mali, intervenait devant le 13e Forum juridique international de Saint-Pétersbourg, une rencontre d’envergure réunissant des experts et responsables du droit, venus du monde entier pour débattre des défis contemporains du droit international. Dans son allocution, il a rappelé les réformes majeures engagées dans le pays, notamment la révision du Code pénal et du Code de procédure pénale, ainsi que la création de nouvelles institutions telles que l’Agence de recouvrement et de gestion des avoirs saisis ou confisqués et le Pôle national économique et financier. Grâce à ces initiatives, plusieurs centaines de milliards de FCFA ont pu être récupérés au profit de l’État. La participation du Mali à ce forum témoigne de sa volonté de renforcer la coopération juridique internationale et de partager son expérience en matière de gouvernance judiciaire et de transparence. En marge de l’événement, le ministre Mamoudou Kassogué a, par ailleurs, procédé à la signature d’un Mémorandum d’entente avec le Procureur général de la Fédération de Russie, consolidant ainsi les liens de coopération entre les deux pays dans le domaine judiciaire. OS/MD (AMAP)
Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale : La culture au centre du règlement de conflits
Bamako, le 21 mai (AMAP) « Nos us et coutumes occupent une place de choix dans le document de référence dans le cadre du règlement de conflits dans notre pays », ont déclaré des membres de la Commission de rédaction du projet de Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale, devant la presse mercredi 21 mai, au Centre international de conférences de Bamako. Parlant du déroulement des travaux de la Commission de rédaction de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale, Pr Oumar Camara Ka, membre de la Commission, a indiqué que le projet de Charte nationale, qui devrait être restitué, dans les jours à venir, au président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, est composé de 105 articles. Selui lui, le caractère endogène du document remonte au Dialogue inter-Maliens (DIM) tenu l’année dernière. « Toute la Charte parle de la culture. Il y a huit éléments que le gouvernement a édictés, notamment sur l’éducation à la citoyenneté et le patriotisme qui est fondamental dans la Charte. Partout dans les chapitres du document, l’accent est mis sur la culture, l’éducation familiale, préscolaire, universitaire, entre autres, les valeurs fondamentales de notre société… », a détaillé le Pr Kamara Ka, directeur du Conservatoire Balla Fassekè Kouyaté, pour insister sur les éléments culturels de notre pays dans le cadre du règlement de conflits. Il a ajouté que «la question de la gestion endogène des conflits fondamentaux est centrale dans toute la Charte ». » Car, a-t-il indiqué, parmi les articles de la Charte, le plus long est le 9 portant sur les valeurs partagées qui concernent essentiellement la culture endogène dans nos communautés. » « Il y a deux articles, a-t-il souligné, qui portent sur l’éducation civique et morale, précisément leurs valeurs basées sur la culture endogène. » «Deux autres articles importants sont basés sur la culture de la paix et l’éducation à la paix, toute chose qui pousse le citoyen malien à adopter des attitudes positives concourant à la paix, à la sécurité et à la cohésion sociale dans notre pays», a continué le conférencier. Par ailleurs, selon lui, « les mécanismes de gouvernance sont également mis en place par les différentes autorités des communautés de notre pays pour prendre en charge la gestion endogène des conflits. » OD/MD (AMAP)
Mariage collectif annuel chez les Dafing de Marani, près de Tominian (Centre)
Par Jérémie DEMBÉLÉ Mandiakuy, 20 mai (AMAP) Un mariage collectif et traditionnel a été célébré, à Marani, gros village Dafing situé dans la Commune rurale de Tominian (Centre), les 17 et 18 mai 2025, unissant pour le meilleur et le pire, trente et deux jeunes couples de garçons et de filles, toutes ayant l’âge minimum, a constaté l’AMAP. Les Dafing exercent, majoritairement, dans le commerce formel, l’agriculture de subsistance et vont beaucoup à l’exode rurale. Pour participer à cette activité culturelle annuelle, qui marque le début de l’hivernage, tous, où qu’ils soient, se convergent vers le village. Cette année, le 18 mai a été retenue rendant cette date inoubliable pour les habitants et ressortissants. La nuit du samedi, nuit de noce, les nouvelles mariées ont reçu des conseils et bénédictions de leurs parents, avant de rejoindre leur mari dans la belle-famille. Le matin du 18 mai, tout le village a partagé un petit déjeuner commun, puis après les jeunes mariés ont fait le tour de la localité pour les salutations d’usage. Dans l’après-midi, juste après la prière de 14 heures, le podium s’est installé sur la place publique afin de recevoir les couples. La cérémonie a été dirigée par l’imam Beh Karamoko Dembélé, entouré de nombreux notables dont le chef de village Komane Dembélé et plusieurs invités. Le guide religieux a formulé des bénédictions pour les nouveaux foyers, leur bonheur, leur santé, la longévité de leur couple et beaucoup d’enfants. Ensuite, les forgerons du village ont agrémenté la soirée par l’exposition de masques appelées ‘Tioko’ en langue Dafing. Ils ont parfaitement exécuté une danse folklorique au rythme des tams-tams des griots. La cérémonie purement traditionnelle et religieuse a pris fin avec la montée des nouvelles mariées au-dessus du puits sacré du village. Où chacune des trente-deux désormais épouses/femmes devrait puiser, au moins, un seau d’eau, signe de stabilité de son foyer et de fertilité. Les réjouissances ont continué toute la nuit. Une longue nuit…Et rendez-vous est pris pour l’année prochaine. JD/MD (AMAP)
Devant le CNT, le Premier ministre présente un ambitieux Plan gouvernemental d’actions 2025-2026
Bamako, 19 mai (AMAP) Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a dévoilé, devant le Conseil national de Transition (CNT) à Bamako, le Plan d’action du gouvernement (PAG) 2025-2026, présenté vendredi puis soumis lundi à débat, jusque tard dans la nuit. « Chaque acte que nous posons sera marqué du sens des priorités et de la pleine conscience de l’urgence », a déclaré le Premier ministre, rendant hommage à la résilience du peuple malien et à l’héroïsme des Forces armées et de sécurité (FAMa). Il a réitéré sa gratitude au président Goïta pour la confiance accordée depuis sa nomination le 21 novembre 2024. Structuré autour de huit axes prioritaires définis par le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, ce programme vise à consolider la refondation du Mali face à une crise multidimensionnelle. La présentation, qui a duré trente minutes, a été suivie d’une suspension de séance par le président du CNT, le général de Corps d’Armée Malick Diaw. Le PAG, inspiré des Assises nationales de la Refondation, du Dialogue inter-Maliens et de la vision « Mali Kura » pour 2063, s’articule autour de la sécurité, des réformes institutionnelles, des besoins fondamentaux, de la santé, de l’éducation, de la cohésion sociale, de la diplomatie et des élections transparentes. RESILIENCE ET LA SOUVERAINETE – Face aux menaces terroristes, le gouvernement prévoit de renforcer les FAMa avec de nouveaux équipements, la construction de camps militaires à Bougouni, Koutiala, San, Kita, Diéma et Nioro du Sahel, et le recrutement de 15 000 soldats. Un hôpital militaire à Banakoroni et un mémorial pour les héros tombés sont également programmés. « La liberté et l’indépendance ont un prix, et nous en payons un lourd tribut », a souligné M. Maïga, observant une minute de silence pour les victimes. Pour assurer la souveraineté alimentaire, le PAG ambitionne une production céréalière de 11 millions de tonnes, la distribution gratuite de 17 666 tonnes de céréales à 1,115 million de personnes vulnérables, et l’équipement de 380 exploitants agricoles. « Nous importerons 300 000 tonnes de riz et 200 000 tonnes de sucre, tout en contrôlant les prix pour juguler la cherté de la vie », a précisé le Premier ministre. Le secteur sanitaire bénéficiera de sept cliniques modulaires et d’équipements pour les centres de santé, tandis que 85 écoles et 11 lycées, dont deux d’excellence, renforceront l’éducation. Pour apaiser le climat social, le gouvernement opérationnalisera le Conseil national du dialogue social, intégrera 34 000 ex-combattants et organisera des dialogues intercommunautaires et religieux. « Ensemble, nous ferons le Malikura », a lancé M. Maïga, citant le Président Goïta. Sur le plan diplomatique, le Mali s’appuiera sur la Confédération des États du Sahel (AES) pour défendre ses intérêts, tout en valorisant les 700 milliards de Fcfa de contributions de la diaspora en 2023. Des élections transparentes seront préparées avec l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE). Les réformes institutionnelles incluent le Système intégré de gestion des ressources humaines (SIGRH) et une lutte accrue contre la corruption. En conclusion, le Premier ministre a insisté sur les principes de responsabilité, de redevabilité et d’exemplarité. « Ce plan pose les bases d’un Mali souverain et uni, malgré les défis financiers et sécuritaires », a-t-il affirmé, sollicitant l’approbation du CNT. OS/MD (AMAP)
Le Programme d’Action du Gouvernement 2025-2026 adopté à l’unanimité par le CNT
Bamako, 19 mai (AMAP) Le Conseil national de Transition (CNT) a approuvé, à l’unanimité, ce lundi 19 mai 2025, le Programme d’action du gouvernement (PAG) 2025-2026, avec 128 voix pour, 0 contre et 0 abstention, lors d’une session marathon de plus de huit heures au Centre international de conférences de Bamako (CICB). « Ce PAG est la preuve d’une démocratie vivante, un socle commun, un pacte républicain qui nous engage tous », a déclaré le général Maïga en conclusion de son intervention, soulignant l’importance de l’unité nationale pour relever les défis actuels. Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a répondu à plus de 300 questions des membres du CNT, couvrant les huit axes de la lettre de cadrage présentée le 16 mai dernier. Les discussions ont porté sur des enjeux cruciaux pour le Mali, notamment la lutte contre les inondations, l’emploi des jeunes, la sécurisation des personnes et des biens, ainsi que le financement du PAG. Le président du CNT, Malick Diaw, a félicité le Premier ministre pour la clarté et la pertinence de ses réponses. « Les éclaircissements apportés par le chef du gouvernement ont répondu de manière satisfaisante aux préoccupations des membres », a-t-il affirmé. Les débats, selon lui, ont reflété l’engagement du CNT à répondre aux besoins des populations dans un contexte où le Mali joue un rôle de plus en plus affirmé sur les scènes régionale et internationale. Le Premier ministre a rendu « un vibrant hommage » aux membres du CNT pour leur sens du devoir, qu’il a qualifié de « reflet de la vitalité du processus de transition ». Il a également salué « le courage et la résilience du peuple malien » et appelé à « une union sacrée autour de nos forces de défense et de sécurité » pour consolider les acquis de la Transition. Avec cette adoption unanime, le gouvernement dispose désormais d’un cadre clair pour la mise en œuvre du PAG 2025-2026, qui vise à répondre aux aspirations des Maliens tout en consolidant la position du pays sur l’échiquier régional et international. Le général Maïga a réaffirmé son engagement « à traduire ce programme en actions concrètes pour le bénéfice de tous. » OS/MD (AMAP)
Le Premier ministre Abdoulaye Maïga detaille le Programme d’action du gouvernement
Bamako, 19 mai (AMAP) Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a présenté, devant le Conseil national de Transition (CNT) les grandes lignes du Programme d’action du gouvernement (PAG), lundi, mettant en avant des mesures concrètes pour la gestion de la dette, la relance économique, l’assainissement, la sécurité et le développement durable. Le chef du gouvernement, qui intervenant lors des débats, après la présentation du PAG vendredi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), a annoncé le déblocage de 2,253 milliards de Fcfa pour apurer les dettes des fournisseurs de l’État, avec un effort supplémentaire de 1,103 milliard de Fcfa en 2024. Par ailleurs, 963 milliards de Fcfa ont été mobilisés pour les dépenses du personnel de l’État, des collectivités et des établissements publics, tandis que 194 milliards de Fcfa et 114 milliards de Fcfa ont été alloués, respectivement, aux dettes extérieure et intérieure. Un programme spécial, lancé en octobre 2024, en partenariat avec les sociétés minières, a permis d’injecter 402 milliards de Fcfa dans l’économie nationale, à travers le paiement de mandats aux fournisseurs. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie de mobilisation accrue des ressources intérieures et de réduction du déficit budgétaire, malgré les sanctions économiques de 2022 et le resserrement monétaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) depuis 2023. Le Premier ministre a confirmé la mise en place de l’Agence du bassin du fleuve Niger, créée par l’ordonnance n°02-049 du 29 mars 2022, pour assurer le draguage ciblé du fleuve et lutter contre la pollution. Concernant la restitution des espaces verts, un cadre juridique rigoureux, appuyé par la loi n°10-028 du 12 juillet 2010 et la loi n°2021-032 du 24 mai 2021, encadre leur protection et leur classification. Des actions d’identification et d’immatriculation des espaces verts sont en cours pour garantir leur restitution aux citoyens. À l’approche de la fête de Tabaski, prévue le 7 juin 2025, le gouvernement, via les ministères chargés du Développement rural et de la Pêche, organisera des ventes promotionnelles de béliers dans plusieurs régions et à Bamako. Avec un objectif de 34 150 béliers contre 31 000 en 2024, cette opération vise à réguler les prix, lutter contre la spéculation et garantir des revenus aux éleveurs. Sur le plan sécuritaire, le Premier ministre a évoqué des initiatives comme le Comité consultatif de sécurité et la police de proximité renforcent le lien entre les populations et les forces de défense. En matière de dialogue social, le gouvernement a honoré ses engagements avec les syndicats, notamment en payant 5,821 milliards de FCFA de droits de travail pour certaines entreprises d’État et en négociant le règlement de 18,395 milliards de Fcfa pour d’autres sociétés. Le gouvernement prévoit le démarrage des travaux du pont métallique provisoire de -Woyowayanko le 5 juin 2025, avec une ouverture au trafic fin août 2025. Concernant le transport fluvial, des projets comme le bateau-bus et la relance du transport Bamako-Koulikoro sont en cours. Pour la mobilité urbaine à Bamako, des études sont lancées pour l’acquisition d’un tramway et de bus modernes. Pour 2026, la relance économique repose sur le soutien aux entreprises, la création d’emplois via le Fonds de garantie du secteur privé et la mise en œuvre de la vision « État-stratège ». En matière d’assainissement, des campagnes de sensibilisation, le curage des caniveaux et l’augmentation des effectifs de la voirie (400 manœuvres et 250 agents) sont prévus à Bamako. Une usine de transformation des déchets, capable de traiter 1 400 tonnes par jour et de produire 40 MW d’énergie, est également à l’étude. Le gouvernement a mis en place un dispositif d’assistance pour le rapatriement des Maliens en détresse, en partenariat avec l’Organisation internationale des migrations (OIM). Des campagnes de sensibilisation contre la migration irrégulière et la création de la Maison du Malien de l’extérieur en 2018 renforcent ces efforts. Par ailleurs, 45 personnes en situation de handicap ont été recrutées lors des deux derniers concours de la fonction publique, avec des quotas prévus pour les futurs recrutements. La réhabilitation du chemin de fer Bamako-Diboli se fera en écartement standard, en coordination avec le Sénégal. La compagnie aérienne Mali Airlines avance avec la nomination d’un coordonnateur, l’ouverture d’un compte bancaire et des missions pour trouver des partenaires stratégiques. Le Premier ministre a conclu en réaffirmant l’engagement du gouvernement à répondre aux défis économiques, sociaux et sécuritaires, tout en consolidant les acquis pour un Mali résilient et prospère. OS/MD (AMAP)
Le scandale des aides ménagères mineures à Bamako : une exploitation silencieuse
Par Rokiatou TRAORE Bamako, 19 mai (AMAP) Dans la capitale du Mali, Bamako, des adolescentes âgées de 12 à 16 ans, venues de villages voisins ou de régions reculées, travaillent dans les foyers comme aides ménagères. Attirées par l’espoir d’un avenir meilleur ou poussées par la nécessité d’alléger le fardeau familial, elles s’acquittent de toutes les tâches domestiques pour un salaire dérisoire, oscillant entre 7 500 et 15 000 Fcfa par mois. Certaines repartent même sans avoir touché leur dû. Ces jeunes filles, souvent corvéables et malléables, sont recherchées par de nombreuses familles bamakoises. Maïmouna Traoré, mère de famille, vante leur sérieux : « Elles savent pourquoi elles sont là, elles travaillent bien et ne répondent pas quand on les réprimande. » Elle ajoute, non sans préjugés, que les adolescentes présentent moins de risques de « voler un mari » comparées aux employées plus âgées, soupçonnées de convoiter les époux des foyers. Nana Traoré, une patronne d’une vingtaine d’années, partage cet avis : « Employer une majeure, c’est risquer de briser son foyer. Avec les mineures, je les traite comme mes enfants, je leur apprends la cuisine, la propreté, la vie en société. » Pourtant, toutes les employeuses ne partagent pas cette préférence. Adja Koné, vivant dans une famille élargie, privilégie les majeures pour les tâches ardues, comme cuisiner pour de nombreuses maisonnées. « Charger une petite de telles responsabilités est impitoyable », estime-t-elle, soulignant l’énorme quantité de nourriture préparée dans les marmites de 20 kilos utilisées dans son foyer. UN QUOTIDIEN DE PRECARITE – Derrière ces arrangements domestiques, se cachent des réalités douloureuses. Rokia Keïta, 14 ans, originaire de San (Centre), incarne cette détresse. En larmes, elle raconte sa séparation déchirante avec sa mère : « Elle disait que je n’avais pas l’âge de travailler en ville, mais je ne pouvais pas regarder mes parents se tuer à la tâche pour nous nourrir. » Employée à Sotuba chez Djénéba Sylla, une quinquagénaire sans enfant, Rokia peine à trouver du réconfort. Maltraitée et agressée verbalement, parfois physiquement, elle confie, assise sur un tabouret, vêtue de haillons : « Je n’ai que trois tenues. Avec ma patronne, je ne suis même pas sûre de rentrer au village avec mon salaire. » Sur le plan légal, l’emploi de mineurs est strictement encadré. Me Bakary Mamadou Konaté, avocat, rappelle que le travail des enfants est interdit, sauf dans des cas exceptionnels nécessitant l’accord des parents et le consentement de l’enfant. « Sans ces conditions, tout contrat est nul », précise-t-il. Amadou Thiam, directeur de la Cellule nationale contre le travail des enfants, va plus loin : employer des mineures comme aides ménagères constitue une infraction aux conventions internationales, notamment la convention n°182 de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants et la convention n°138 fixant l’âge minimum d’emploi à 15 ans. Malgré ces cadres juridiques, l’exploitation des adolescentes persiste, alimentée par la pauvreté et la demande de main-d’œuvre docile. Entre misère familiale et abus des employeurs, ces jeunes filles payent un lourd tribut pour un rêve de mieux-vivre souvent hors d’atteinte. RT/OS/MD (AMAP)

