Gestion des intrants agricoles : Concertation gouvernement-fournisseurs pour aplanir les problèmes
Bamako, 20 oct (AMAP) Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, a rencontré, mercredi, le Collectif des fournisseurs d’intrants agricoles pour des discussions sur les problèmes relevés dans l’approvisionnement du Mali en fertilisants chimiques cette année, a constaté l’AMAP. Au cours des échanges, le chef du gouvernement par intérim et ses interlocuteurs ont largement évoqué ces difficultés dans la satisfaction des besoins des producteurs en intrants agricoles lors de la présente campagne. La principale difficulté est le volume des intrants agricoles subventionnés par l’État estimée à seulement 15% cette année. Ce quota est largement insuffisant pour satisfaire les besoins des paysans, notamment les producteurs de coton. Ces derniers comptent beaucoup sur les engrais subventionnés pour booster leur rendement afin de permettre au Mali de maintenir son statut de grand producteur cotonnier en Afrique. Les gros fournisseurs connus de la place étaient presque tous présents dans la salle : Seydou Nantoumé de Toguna agro-industrie, Dadié Bah de la Société Gnoumani SA, Ibrahima Doucouré de Doucouré partenaires agro-industries (DPA) et Youssouf Coulibaly qui est, d’ailleurs, le président du Collectif. DES OPERATEURS INEXPERIMENTES – À l’issue de la rencontre, le Collectif des fournisseurs des intrants agricoles, par la voix de son président, a déclaré que les échanges avec le Premier ministre par intérim avaient pour but d’apporter des pistes de solutions pour un meilleur approvisionnement du Mali en intrants agricoles. Youssouf Coulibaly est revenu sur les difficultés rencontrées cette année, tout en déplorant le fait que les marchés d’approvisionnement du Mali en intrants agricoles soient attribués à des personnes n’ayant aucune expérience dans le domaine. À ce propos, M. Coulibaly a dit que le Collectif ne s’oppose pas à la libéralisation du secteur mais qu’il faudra alors confier les commandes aux opérateurs qui sont capables d’honorer leurs engagements. Par ailleurs, le président du Collectif a évoqué la lenteur dans la prise de décisions concernant, notamment l’ouverture des appels d’offres pour permettre aux fournisseurs de s’exécuter à temps. Le Collectif des fournisseurs a assuré de son « engagement à approvisionner le Mali en intrants agricoles au profit des paysans comme il a l’habitude de le faire par le passé. » En outre, le Collectif s’est réjoui de la mise en place d’une Commission sur la vie chère par le Premier ministre par intérim. « Cette commission, a indiqué Youssouf Coulibaly, travaillera à résoudre la problématique liée à l’approvisionnement de notre pays en intrants agricoles. » La gestion des intrants agricoles, notamment les engrais chimiques subventionnés par l’État, a été très décriée pendant de la campagne agricole en au cours. Le ministre en charge du Développement rural a donné des explications sur cette gestion mais l’opinion publique n’est pas satisfaite des argumentaires avancés. Le Front populaire contre la vie (FPCVC) était monté au créneau pour réclamer des comptes. Dans un communiqué largement diffusé par la presse, le FPCVC a exigé des autorités, l’ouverture d’une enquête sur ce qu’il appelle «l’affaire des intrants de la campagne agricole 2021-2022». C’est dans ce contexte un peu délétère que le Premier ministre par intérim a rencontré hier au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Collectif des fournisseurs d’intrants agricoles. La rencontre s’est déroulée en présence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, et du ministre délégué auprès du ministre du Développement rural chargé de l’Élevage et de la Pêche, Youba Bah. OD/MD (AMAP)
Légumes : Valse des prix à Bamako
Par Fatoumata M. SIDIBE Bamako, 19 oct (AMAP) Assise sur une chaise, Kia Diarra appelant les clients du geste et de la voix. La vendeuse de tomate installée sur le bitume, à l’entrée du marché Wonida, propose des grands et petits paniers de tomates. Elle explique se frotter les mains depuis quelques jours. Or, les prix ont baissé sur le marché. Pour le marché de tomates, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes pour les marchandes de t. «Les prix ont diminué en cette période. Il y a 15 jours, le grand panier était cédé à 20 000 Fcfa, aujourd’hui, on peut l’avoir à 15 000 Fcfa. Par contre, le prix du petit panier de tomates varie de 500 Fcfa à 1 000 Fcfa», souligne-t-elle. Et de préciser qu’à l’approche de la saison froide, la tomate sera encore plus abondante sur le marché et coûtera encore moins cher. Non loin de la vendeuse de tomates, se trouve Maïmouna Fofana. Autour d’elle, on aperçoit les céleris et les persils étalés par terre. Pour elle, le marché des légumes est maintenant acceptable. Les feuilles sont de bonnes qualités et peuvent faire 2 à 3 jours sans se faner. Elle dit acheter les tas de feuilles de céleris à 25 F au champ pour les vendre entre 100 et 250 Fcfa. Assétou Sow est de passage pour emprunter un véhicule de transport en commun. «Quand j’ai vu le tas de céleri, j’ai décidé d’en acheter pour le conserver dans mon frigo. Je trouve le marché Wonida moins cher que les marchés du quartier», explique Assétou Sow, qui vient d’en acquérir pour 1 000 Fcfa. A l’intérieur du marché, Assétou Niaré, est assise sur un tabouret, Elle arrose les poivrons et les aubergines avec de l’eau. Elle souligne que les prix des poivrons et des aubergines n’ont pas baissé pour le moment, mais qu’avec le changement de saison, les prix chuteront. Selon elle, le sac de poivrons, qui était cédé à 9 000 F cfa est vendu à 11 000 Fcfa aujourd’hui. «Ici, le tas est cédé entre 250 Fcfa et 500 Fcfa. Quant aux aubergines, les tas sont vendus à partir de 250 Fcfa», fait-elle noter. Quant à Mme Dramé Maman Touré, elle vend de la carotte, des choux et de l’ail. Tout en arrangeant ses marchandises, elle précise que le sac de carottes coûte un peu cher, même s’il a connu une baisse ces derniers temps. Le sac de carotte est obtenu à 35 000 Fcfa aujourd’hui contre 28 000 Fcfa précédemment. Le carton de l’ail est obtenu à 10 000 Fcfa au lieu de 11 000 Fcfa. Le sac de chou à 25 000 Fcfa contre 15 000 F cfa auparavant et le détail oscille entre 500 et1 000F cfa. Entouré de sacs d’oignon rouge et blanc et de pommes de terres dans des paniers et des sacs de 100 kg, Mamadou Traoré rappelle qu’il évolue dans ce domaine depuis dix ans. Il dit que ses oignons viennent du Maroc. Le sac coûte 12 250F cfa. Il fait noter qu’en cette période, les oignons du Mali se font rares et plus chers. Le kg d’oignon est vendu, de nos jours, à 550 Fcfa contre 700 Fcfa, il y a un mois. Djènèba Diarra est venue se ravitailler en oignon. Elle relève que l’oignon et la pomme de terre ne sont pas accessibles à toutes les bourses. Selon elle, il y a des périodes où on achète le kg de l’oignon à 250 ou 300 Fcfa et la pomme de terre ne dépasse pas 400 Fcfa le kg. Elle espère que les prix vont bientôt baisser. La ménagère se réjouit du fait que le gombo est moins cher, car il est passé de 10 000F à 7 500F cfa le sac. Selon elle, le petit seau varie de 750 à 1 000 Fcfa. Le piment est aussi très abondant sur le marché en ce moment. FMS/MD (AMAP)
Lait et viande de dromadaire : Que de vertus et de vitamines !
Par Abdourhamane TOURE Gao, 18 oct (AMAP) « Le dromadaire est très utile. Son utilité ne se limite pas seulement au transport des bagages. Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que le lait et la viande du dromadaire ont des vertus et sont très riches vitamines A et C», révèle le directeur du Centre régional de recherche agronomique (CRRA) et représentant de l’Institut d’économie rurale (IER) à Gao, le Dr Mohomodou Moussa. Selon le directeur du CRRA, qui a soutenu sa thèse de doctorat sur l’évaluation de la production et de la productivité du dromadaire en zone subhumide et sahélienne, assure que le lait du dromadaire contient du cholestérol digestif qui n’a pas d’inconvénient sur la santé. « Le lait du dromadaire est très digestif, il contient beaucoup d’insulines et peut aider à traiter le diabète. Un litre de lait du dromadaire peut contenir jusqu’à 5,8 unités d’insulines », indique-t-il. Ce n’est pas tout, notre interlocuteur ajoute que le lait du dromadaire « est également très efficace dans le traitement des maladies métaboliques notamment l’hypertension artérielle et peut être utilisé dans le traitement de l’arthrose. » Selon Dr Mohomodou Moussa qu’il n’existe pas de chameaux au Mali, mais plutôt des dromadaires dont le nom scientifique est «camelus dromaderus». Le dromadaire a seulement une bosse. Le Mali compte environ 1,2 million de têtes de dromadaire, grand mammifère domestique du genre camelus, selon les statistiques de 2015 de la Direction nationale des productions et industries animales (DNPIA). «En fonction des localités, notre pays possède plusieurs espèces de dromadaires : le dromadaire de Tamasna, de Dossahak , du Sahel, de Berebiche, de l’Adrar des Ifogas et le dromadaire de Timitrine de Gao», précise-t-il. VERTUS THERAPEUTIQUES – Selon Dr Mohomodou Moussa, la direction du CRRA a déjà lancé des projets de recherche pour la production de fromages et de yaourts à base de lait de dromadaire mélangé avec de la papaye. La structure a également initié l’élevage des dromadaires au centre, à l’IER de Bamako et Niono. Le président de la Coopérative des éleveurs de dromadaires du Sahel de Gao, Mohamed Ag Hamati, indique que le regroupement est constitué de 80 éleveurs. Elle compte des hommes et des femmes et dispose d’un point de vente de lait qui peut collecter 20 litres de lait par jour. La vente du lait de dromadaire est lente, parce que les populations de Gao ne sont pas friandes de ce lait. Ce sont surtout les nomades qui consomment le lait de cet animal. Ils achètent un à trois litres chaque semaine à raison de 1 500 Fcfa le litre. « Le problème principal de la coopérative, explique Mohamed Ag Hamati, c’est le manque de vétérinaires et le fait que l’animal ne peut pas être élevé en ville ». Le directeur général de l’hôpital de Gao, Dr Youssouf Touré, se souvient que que durant son enfance, ses parents lui donnaient à boire le lait de dromadaire pour étancher sa soif. A cette époque-là, les puits n’étaient pas nombreux dans la brousse. «A cause de la rareté de l’eau, souvent nous constations sur le passage des ossements de bergers ou de voyageurs morts de soif. » CINQ TÊTES PAR JOUR – Dr Touré ne cite pas de documents scientifiques sur le dromadaire au Mali, mais il se souvient que ses parents utilisaient l’urine, l’estomac et les bouses du dromadaire pour traiter des maladies comme le paludisme, l’ulcère, le hoquet etc. La viande du dromadaire a les mêmes vertus que le lait de l’animal. L’estomac du dromadaire est utilisé dans le traitement traditionnel de l’hémorroïde, de l’ulcère gastrique et de l’asthme. Certaines personnes traitent le rhumatisme avec les os de l’animal. Médecin nutritionniste à la Direction régionale de la santé de Gao, Dr Isaac Kodio affirme que la viande de dromadaire diffère de la viande bovine. Boucher de son état, Hado vend la viande de dromadaire au marché de Gao depuis près d’une trentaine d’années. «Avant la crise (Ndlr, sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA), je pouvais abattre cinq têtes par jour. Sur le marché de Wabaari, le prix d’achat d’un dromadaire varie entre de 600.000 à 650.000 Fcfa. Un kilo de viande du dromadaire sans os coûte 3 000 Fcfa contre 2 500 Fcfa pour la viande avec os ». « La viande du dromadaire est meilleure que celle de la vache», tranche le boucher qui ajouter «La viande du dromadaire, la peau, l’estomac et même les sabots de l’animal sont utilisés dans le traitement de plusieurs maladies. Quant à son urine, elle sert pour le traitement du paludisme». Harber Maiga est routier entre Gao et le Ghana. Lui aussi connaît bien la viande de dromadaire et ne tarit pas d’éloges sur l’animal. Selon lui, la plupart des médecins traditionnels conseillent la viande de l’animal aux personnes du troisième âge à la place du boeuf, du mouton ou de la chèvre. Harber Maiga assure que la consommation de la viande du dromadaire peut guérir de nombreuses maladies. « Quand on y goûte une fois, on ne peut plus s’en passer », affirme-t-il. AT/MD (AMAP)
Goundam, dans le Nord du Mali : Les commerçants et détaillants en proie aux pillages et braquages
Goundam, 14 oct (AMAP) Ni la présence d’un camp des Forces armées maliennes (FAMA), ni celle d’un contingent de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) basé à Goundam (Nord), étoffés d’un bon nombre de gendarmes, gardes et, récemment, de policiers ne dissuadent nullement les bandits armés qui continuent de semer la terreur dans la ville de Goundam. Les bandits avaient d’abord pour cibles les jeunes chauffeurs et transporteurs de la ville qui, pour la plupart, voyant leurs activités de transport vers les centres importants bloquées, et ne pouvant plus disposer ni de véhicules 4×4, ni de véhicules neufs, de crainte d’en être dépossédés ou tués, se sont résignés à assurer au moins le transport sur la Route nationale (RN) 33, Goundam-Tombouctou, au moyen de vieilles guimbardes. Cette pratique a permis à certains jeunes de tirer leur épingle du jeu, car leur transport a bien prospéré. Ce business a intéressé les bandits armés qui font tout pour ne pas se faire identifier au cours de leurs différentes opérations. Les jeunes transporteurs ont fini par devenir la cible de bandits armés jaloux de leur réussite. Ainsi, les bandits ont-ils commencé à couper la route aux véhicules de transport pour dépouiller les passagers. Et, comme cela ne suffisait pas, il fallait aussi décourager les transporteurs afin qu’ils abandonnent le transport. Pour y parvenir, il fallait tirer, à bout portant, sur les chauffeurs. C’est ainsi que quatre chauffeurs ont perdu la vie. Malgré ces quatre victimes dans le rang des chauffeurs, les transporteurs de Goundam ont tenu à assurer la liaison Goundam-Tombouctou, au prix de leur sang. Ces derniers temps, des jeunes armés non identifiés font des irruption, nuitamment, dans la ville et s’attaquent à une boutique ciblée, C’este cela leur modus operandi. Plusieurs boutiques ont, ainsi, été braquées et des sommes importantes emportées, en quelques mois. Le plus récent coup a eu lieu, mercredi, au quartier populaire d’Alphaou où un commerçant, du nom de Hamadoun Ahmadou dit Ulysse, a été attaqué en plein centre-ville, entre 19h30 et 19h45 dans son échoppe. Toute sa recette de la journée lui a été arrachée. Lui-même a été soumis à des menaces et tortures, sans pouvoir recevoir la moindre aide ou secours. Les bandits, après leur forfait, ont fait des tirs de sommation pour couvrir leur fuite. Des motos achetées par les ressortissants de Goundam, venus d’exode, et qui rejoignent leur village, sont régulièrement braqués et dépossédés de leurs engins et de tout ce qu’ils possèdent, sans qu’ils reçoivent une quelconque assistance. La population semble désemparée face à cette vagues de grand banditisme qui déferle sur la ville de Goundam, malgré la présence de toutes ces forces armées. Ces bandits non identifiés se déplacent à moto et sont armés de pistolets et souvent de kalachnikovs ou de carabines. La question sur toutes les lèvres, ici, est : « Quand est-ce que toutes ces forces présentes à Goundam se mettront ensemble pour une plus grande sécurisation des populations, à travers des patrouilles, des fouilles de toutes les maisons de la périphérie de la ville, de tous ces camions et 4×4 qui traversent la ville dans toutes les directions ? » Des camions et des véhicules tout-terrain chargés de fûts de carburant traversent régulièrement la ville pour des destinations inconnues, sans aucun contrôle. De l’avis de certains habitants, ce trafic prospère sur le même terreau que le banditisme. AMAP
Banconi-Djalokorodji-Safo : Le tronçon de tous les dangers
Par Oumar SANKARE Bamako, 12 oct (AMAP) Le soleil est déjà haut dans le ciel, en cette matinée. Des ménagères, paniers sur la tête pour certaines, transpirent à grosse goutte, le long de la route reliant Bancononi à Djalakorodji. Aux abords de la voie sont installés de nombreux commerces. Certains marchands portent le cache-nez rendu rouge par la poussière. Même leurs cheveux, leur barbe et leurs sourcils ne sont pas épargnés. La route Nionsombougou-Banconi, en passant par Djalokorodji et Safo, est aujourd’hui en très mauvais état. De gros trous béants sont visibles par endroits. Les eaux de pluies y sont, certainement, pour quelque chose. Les quelques Sotrama (minibus de transport en commun), qui osent s’aventurer sur cette piste de rallye, font vivre le calvaire aux passagers. «Ouille!», «que Le Puissant nous assiste! » «Quelle misère !» répètent en chœur les passagers d’un Sotrama, dandinant dans tous les sens. «Vous n’avez encore rien vu», leur lance un passant. Mohamed Diarra, réparateur de moto, la trentaine révolue, est assis dans son atelier. Il regard fixé sur la route. «Nous en avons assez de cette route. Les canaux d’évacuation d’eau sont bouchés de tous les côtés. En cas de pluie, l’eau inonde les maisons et les boutiques», raconte-t-il. « Des femmes ont fait des fausses couches sur cet axe, long d’environ 10 km », renchérit Bamoye Sow, court de taille, teint noir. Son collègue Alhassane confie : «Un ami a abandonné sa nouvelle maison construite dans le quartier pour retourner dans la grande famille à Médine, avec toute sa famille, à cause de l’état de la route». Comme lui, plusieurs habitants des quartiers desservis par cette voie retournent en location, abandonnant carrément leur habitation. De l’autre côté de la route, se trouve la résidence du chef de quartier. Traverser cette voie, même à pied, est pénible à cause des trous. Taille moyenne, barbe grisonnante, Yacouba Koné, fils du chef de quartier de Layebougou, nous reçoit. Coiffé d’une casquette, un turban blanc au tour du cou, il décrit la souffrance de la population. «En saison sèche, nous sommes envahis par la poussière. En saison pluvieuse, nous pataugeons dans les eaux stagnantes et boueuses. Les véhicules s’embourbent, les motos patinent. Conducteurs et piétons trébuchent. Des personnes âgées se relèvent avec des fractures», témoigne Koné. IMPORTANCE CAPITALE – Abdoulaye Diallo, un habitant de Dialakorodji, fait le même constat. «Quatre années après le début des travaux de construction de la route, le chantier est à l’abandon. On a l’impression de circuler sur une piste rurale drainant sur des familles, toutes les eaux venant des collines», décrit Sahidou. «Sur cette route, plusieurs vies ont été fauchées. Les Sotrama roulent à vive allure soulevant la poussière, obstruant ainsi la visibilité. Et bonjour les dégâts ! Nous sommes fatigués d’enterrer les nôtres », dit le jeune commerçant Seydou Dembélé. Le maire de Dialakorodji rejette toute responsabilité dans cette situation. «La population s’en prend à la mairie à tort. Même dans les Sotrama, on m’insulte», regrette Oumar Guindo, précisant que la construction des routes au Mali relève de la compétence du gouvernement. La construction de la route Nionsombougou-Banconi a été initiée par les autorités en vue de permettre aux gros camions venant du Sénégal ou de la Mauritanie d’entrer à Bamako , la capitale malienne, sans passer par Kati. C’est une voie de contournement pour les poids lourds afin d’accéder au port sec de la Zone industrielle, en Commune I du district de Bamako. «C’est une route CEDEAO qui est d’une importance capitale pour l’économie nationale», indique Ousmane Diabaté, 2e adjoint au maire, chargé des routes, confirmant que les camions en provenance de la Mauritanie et du Sénégal passent par là car le tronçon Samé est accidentogène. Sotigui Niaré, 1er adjoint au maire, rappelle que le lancement des travaux à Safo remonte à novembre 2017. « Le peu qui a été réalisé est déjà dégradé», déplore-t-il. Le ministère des Transports et des Infrastructures rejette, lui aussi, la faute sur les riverains. «Les populations refusent de libérer les emprises de la voie entravant toute progression du travail. L’entreprise burkinabè sur ce chantier a fait faillite car elle louait des engins à coup de millions», révèle Mohamed Ould Mamouni, chargé de communication au ministère des Transports et des Infrastructures. Contacté, le ministère en charge des Domaines n’a pas répondu à nos sollicitations. OS/MD (AMAP)
Bafoulabé : Deux vieux bacs de plus de 20 ans assurent la traversée du fleuve
Par Boubacar MACALOU Bafoulabé, 11 oct (AMAP) A Bafoulabé, dans l;Ouest du Mali, il n’y a pas de pont sur le fleuve Sénégal et les populations riveraines font recours au bac et aux piroguiers pour se rendre d’une rive à l’autre. En cas de panne, comme, c’était le cas en août 2022, bonjour le calvaire pour les transporteurs, passagers et habitants. Le bac fluvial est pour Bafoulabé ce qu’était le train pour Kayes (Ouest), son chef-lieu de Région. En effet, il est impossible au voyageur, qui vient de Kayes et de Diamou, de fouler le sol de la Cité de Mali Sadio sans prendre le bac, à partir de Tintila. Il en va ainsi pour celui qui emprunte l’axe Kita-Toukoto. Ce dernier doit transiter forcément par Babaroto pour arriver à Bafoulabé ou à Tintila. S’agissant des passagers en provenance de Tambaga et de Manantali, ils doivent faire la traversée par le bac pour l’autre côté du fleuve. La traversée du fleuve Sénégal par le Bac est le passage obligé pour tous ceux qui n’aiment pas voyager par pirogue par peur des noyade et autres chavirements, surtout en cas d’orages et de tornades. Le Cercle de Bafoulabé possède deux bacs fluviaux qui assurent la continuité des routes (Kayes-Kita, en passant par Babaroto, Kayes-Tambaga, en passant par Manantali). « Cependant, ces engins sont vieillissants. Ils ont été mis en circulation, depuis plus de 20 ans. Alors, avec de tels bacs, les problèmes ne finissent pas », a déploré le préfet du Cercle de Bafoulabé, Amadou Soumaré, lors d’une rencontre avec la société civile. Selon lui, Il y a longtemps qu’un bac est à l’arrêt, suite à un problème de moteurs dont les pièces sont récupérées pour faire marcher le second engin. « Pour l’instant, c’est un seul bac qui assure la traversée des véhicules avec ses multiples problèmes (moteurs, propulseurs). Un seul de ses moteurs fonctionne. Ce qui explique aussi sa lenteur au cours du trajet », précise le préfet, également président du Comité de gestion des bacs fluviaux (CGBF) . Le préfet a rappelé que les Industries navales et constructions métalliques (INACOM) qui sont basées à Koulikoro, sont les seules habilitées à réparer les bacs fluviaux, un travail qui se fait à coût de millions. Il faut souligner que les populations ne sont pas restées indifférentes à cette situation. Bien avant le calvaire provoqué par l’arrêt de cet indispensable moyen de transport fluvial, la société civile, avec en tête, sa présidente Salama Sakiliba, le président du Conseil local des jeunes, Boubacar Macalou, les présidents des Conseils communaux de la jeunesse de Bafoulabé, Karamagan Diallo, et de Mahina. Harouna Diop, avaient entrepris des démarches auprès du préfet pour l’organisation d’une rencontre. Celle-ci a permis à l’ensemble des acteurs d’échanger sur des questions liées aux bacs afin que la situation ne tourne au pire. Au cours de cette rencontre, la présidente de la société civile assure avoir suggéré des pistes au préfet. Mais, cette tentative de sauvetage n’a pas été un succès, puisque le 26 août 2022, à 08:16mn, le second moteur du bac a lâché pour de bon. D’où ces exclamations des usagers : « Plus de bac ! Plus de traversée de véhicules » ! Ainsi, a commencé le calvaire pour le personnel naviguant et pour l’ensemble des usagers de ce moyen de transport fluvial. Sans oublier les populations riveraines du fleuve Sénégal formé par le Bafing et le Bakoye dont la rencontre a donné à la ville de Bafoulabé son nom (littéralement, la rencontre des deux fleuves). La problématique a largement animé les débats sur les réseaux sociaux, dans les « grins ». Partout, ici, on ne parle que du problème de bac. Si cette panne a plongé le personnel et le comité de gestion du bac dans le désarroi, elle a bien profité aux piroguiers qui se sont frotté les mains. Car, comme le dit cet adage populaire : « A quelque chose, malheur est bon ». En effet, ces deux semaines d’arrêt du bac leur ont permis de gagner beaucoup d’argent, étant donné que les pirogues étaient les seuls moyens de transport fluvial. Avec comme conséquence : tous les prix, y compris ceux des produits alimentaires, qui ont doublé, rendant ainsi la vie très chère. RECOURS AUX PIROGUES – On faisait traverser une personne à 200 Fcfa le jour et à 500 Fcfa la nuit. Le transport d’une tonne de ciment, d’une rive à l’autre, coûte 3 000 Fcfa. D’où le ras-le-bol des habitants qui ont manifesté dans les rues contre l’arrêt du bac et la cherté de la vie. Et ils ont enfoncé le clou, en accusant le Comité de gestion des bacs fluviaux d’avoir mal géré les recettes générées par ce moyen de transport. Pour tirer leur épingle du jeu, les transporteurs et les passagers n’avaient qu’une option. Celle de se rabattre sur les piroguiers pour l’acheminement de leurs marchandises et autres bagages jusqu’à l’autre rive où sont stationnés des véhicules prêts à prendre le relais. Pourtant le gérant du bac, Mamadou Diakité, a, dès le début de la panne technique, indiqué qu’il avait informé immédiatement le préfet de la situation. D’après lui, cette situation constituait un coup dur, notamment pour le personnel du bac. « C’est le bac qui nous donne le sourire. Et ce travail nous plait. Bref, le bac est notre vie. Si ce moyen tombe en panne, c’est la galère pour nous tous », affirme-il. Selon certains conducteurs de véhicules, c’était la résignation pour ceux qui ne pouvaient pas traverser le fleuve. D’autres étaient contraints de rebrousser chemin et de rester sur les bords, tout en sympathisant avec les habitants au bord du fleuve, afin d’améliorer leurs conditions de vie, faute de moyens. La nouvelle du bac ayant pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux et lors des causeries de « grins », le préfet a convoqué une réunion d’urgence dans son bureau le 5 septembre 2022 à laquelle a pris part la société civile. Un seul point à l’ordre du jour : « Réfléchir ensemble pour trouver une solution au problème du Bac ». Cette rencontre a débouché sur des propositions concrètes. Certaines
Economie : La bonne affaire du commerce de l’arachide au Mali
Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 06 oct (AMAP) «Venez acheter de l’arachide», «Vous en voulez ?». Des vendeurs d’arachides hèlent, presqu’en chœur, la clientèle au marché de Ouolofobougou, en Commune III du District de Bamako, la capitale du Mali. Aux différentes entrées de cette place firte de négoce, ces hommes exposent des sacs de 100 kg d’arachides. En cette période, ce produit s’écoule très bien à Bamako. Assis sur une chaise, Oumar Sangaré accepte de se confier. Il importe l’arachide de Garalo, une localité située à 55 Km de la ville de Bougouni, dans le Sud du Mali. Le commerçant achète le sac de 100 kg à 15.000 Fcfa. Ses fournisseurs le livrent à Bamako où il revend avec une marge bénéficiaire. Il explique clairement qu’il peut avoir en stockenviron 2 000 sacs. Il relève aussi que ce négoce est avantageux en période d’hivernage, mais comporte aussi des risques. Les cacahouètes peuvent, par exemple, pourrir quand le véhicule de transport tombe en panne. Parfois, on peut aussi avoir des graines non mûres. Mais notre vendeur se préoccupe de la récolte globale de l’arachide cette année. «La saison paraît moins productive que les autres années. Les producteurs ont eu des difficultés pour acheter de l’engrais. Ainsi, certains n’ont pu emblaver les superficies habituelles», dit-il. Et d’ajouter que l’abondance du produit sur le marché profite moins aux vendeurs. La quantité écoulée sur les marchés de Bamako dépasse de loin les besoins. Ce qui justifie les exportations vers un pays voisin, en l’occurrence le Sénégal pour faire des profits. Pour les vendeurs, c’est une alternative pour compenser les pertes dues à la mévente sur nos marchés. Depuis plus de 10 ans, Aguibou Diarra s’est installé dans ce domaine comme rabatteur. Il invite la clientèle à s’approvisionner chez un vendeur qui propose de l’arachide de qualité en provenance du Wassoulou, de Bougouni (Sud) et de Niono (Centre). Celui-ci est fourni par les grands commerçants. «Et nous le vendons au prix du marché», laisse entendre Aguibou Diarra. Il dit réaliser un bénéficie de 1.000 Fcfa sur chaque sac d’arachide vendu. Grâce à son entregent, le vendeur arrive à écouler une cinquantaine de sacs certains jours. Ce qui lui rapporte une somme substantielle souvent. « Quand il y a surabondance d’arachides sur le marché, dit-il, les grossistes demandent aux livreurs de limiter l’approvisionnement pour leur permettre d’écouler les stocks ». Daouda Traoré, étudiant à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG), qui cumule une expérience de 8 ans dans le commerce d’arachide qu’il pratique pendant les vacances. Assis devant sa marchandise, il échange avec des clients. Il note qu’il y a peu d’arachides sur le marché mais pense que cette situation est liée à la conjoncture économique. Pas avare en commentaires, il apprécie bien la qualité de l’arachide cette année du fait de l’abondance de pluie. « Des Sénégalais et Nigériens viennent acheter notre arachide pour le revendre chez eux », indique-t-il. «Les Sénégalais représentent le plus gros contingent de notre clientèle d’arachide. Ils peuvent acheter entre 50 à 60 sacs». Des femmes aussi s’approvisionnent chez nous. Celles-ci achètent par jour souvent 2 sacs :, poursuit M. Traoré. «Les cacahouètes qui entrent dans la production de la pâte d’arachide sont cédées à 70.000 Fcfa le sac de 100 kg», rappelle le jeune étudiant de 24 ans. Certains importent l’arachide de la Côte d’Ivoire entre novembre et mai. La production nationale inonde le marché entre juin et octobre. « Cette période, renchérit-il, coïncide avec la récolte de l’arachide au Mali qui s’étend de juillet à octobre ». Par jour, l’étudiant peut gagner 15 000 Fcfa de bénéfice. Il s’en réjouit puisqu’il est soutien de famille. Ce gain lui permet de faire face à certaines dépenses. « Cette année, regrette-t-il, le prix de l’arachide a augmenté à cause de la hausse du carburant ». Alima Traoré, foulard noir sur la tête, sépare le bon grain de l’ivraie. La jeune fille de 18 ans quitte Kati (sur les hauteurs de Bamako) pour s’approvisionner en arachide, tous les quatre jours, chez Daouda Traoré, pendant la saison des pluies. Elle achète le grand seau d’arachide à 5.000 Fcfa. La vendeuse d’arachide grillée, depuis 5 ans, précise que le marché est timide cette année par rapport aux années précédentes. Elle cède l’arachide à partir de 50 Fcfa et y trouve son compte. Parce qu’il lui arrive de faire 1 500 à 2 000 Fcfa de bénéfice. Au Marché de Niaréla, Fatoumata Dacko possède plusieurs fours traditionnels pour la grillade d’arachide. A côté d’elle, une dizaine de femmes sont à l’œuvre. Elle explique louer ces fours à ces femmes et travaille dans ce secteur depuis plus de 20 ans. «L’arachide coûte cher cette année. Nous nous approvisionnons à partir des marchés de Ouolofobougou et «Soukounikoura». Aujourd’hui, j’ai acheté le sac de 50Kg à 10 000 Fcfa. On parvient à écouler le produit en trois ou quatre jours», affirme Maman Tangara, parmi le groupe de femmes. Elle dit que ce travail leur permet de subvenir à leurs besoins. «Je peux gagner 3 000 Fcfa à 4 000 Fcfa de bénéfice par sac», indique-t-elle. Niakalé Fadiga est une vendeuse de pâte d’arachide depuis trois ans à Bozola, en Commune II du district de Bamako. Elle achète deux sacs pour en tirer de la pâte d’arachide et revendre dans des seaux de 5Kg à 7 500 Fcfa l’unité, mais aussi de 10 Kg à 15 000 Fcfa l’unité. Selon le chef de la statistique, suivi et évaluation à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), Samba Barry, la production d’arachide pour la campagne agricole 2021 était de 367.822 tonnes sur une prévision de 512.785 tonnes, soit 71,73% de réalisation. «Cette production était en baisse de 20,8% par rapport à la campagne 2020 qui était de 464.538 tonnes. Ce qui s’explique en partie par des difficultés pluviométriques », dit M. Barry. Les superficies semées en arachide, pour cette année, sont de 339.764 hectares pour les hommes et 188.299 hectares pour les femmes soit un total de 528.063 hectares. Et ce, sur un objectif de 508.749 hectares
Bamako : Les restaurants modernes en vogue
Par Oumar SANKARÉ Bamako, 05 oct (AMAP) La capitale malienne, Bamako, est l’une des villes africaines qui connaît une urbanisation à une vitesse ahurissante. Cette agglomération est de façon permanente en chantier avec des immeubles. Ce boom urbain tient, sans doute, grâce à une classe moyenne de plus en plus ambitieuse, qui aspire à de meilleures conditions de vie. Le «parc» gastronomique n’est pas en marge de cette modernisation. Pâtisseries et restaurants modernes poussent comme des champignons. Et nos compatriotes et ressortissants étrangers se bousculent aux portillons de ces lieux de restauration pour savourer les spécialités maliennes, africaines voire d’ailleurs. Il est 19h au restaurant «Chez Richard» à Bacodjicoroni Golf, en Commune V du district de Bamako. Cet endroit est le point de rencontre de jeunes ivoiriens vivant à Bamako, mais aussi de Maliens. «Très fréquemment, je viens ici pour savourer du Garba (Atièkè) qui est l’un de mes plats préférés», dit Mohamed Bengaly, 27 ans, ingénieur dans une entreprise de la place. Ce jour-là, la terrasse grouille de monde. Un groupe de jeunes à l’accent ivoirien y discutent. Ces derniers y viennent pour acheter du «garba», du «placali», du «donkounou» et autres. Tout autour, l’éclairage reflète sur le mobilier, luisant davantage le décor moderne. Une dizaine de tables de forme rectangulaire meuble le décor. Des jeunes mangent, en discutant ou en regardant la télévision. Un mach de football cristallise l’attention. Soudain silence total. Pénalty manqué pour le Bayern de Munich : des bruits fusent de partout. Camara, le maître des lieux est un Ivoirien. «Nous sommes ouverts depuis 2019 et rencontrons un franc succès. Les clients sont Ivoiriens, Maliens et autres Africains», explique le gérant. «Chez Richard», les clients ont la possibilité de manger sur place ou de se faire livrer partout à Bamako. Décor occidental – «Los turcos» est un restaurant turc sis à Badalabougou. À l’entrée, des voitures de diplomates (en tout cas les immatriculations sur fond vert l’indiquent). Après, une fouille méticuleuse pour raison de sécurité, nous voici à l’intérieur. L’ambiance est calme, le temps est doux. Des couples se dévorent du regard. Le décor, européen, laisse imager le type de clientèle qui fréquente le lieu. Çà et là, des tables à deux places pour des tête-à-tête. Celles de quatre sont disposées sous un hangar. À droite, des espaces sont aménagés sur le gazon. La luminosité va du sombre à l’éclairé par endroit. Pape Konaté, médecin à Bamako, discute avec des amis venus du Ghana. «Je suis un habitué du coin. Nous prenons un pot après un tour de bateau», explique-t-il. «C’est ma première fois de fréquenter un restaurant turc. Ça me fait du tourisme culinaire», enchaine son camarade Ousmane Atimbila. Ghanéen d’origine malienne, Mohamed Bocoum semble avoir des soucis avec le café turc qu’il vient de commander. «Je suis amateur de café, mais celui-ci passe difficilement. Je vais demander un jus», sourit-il. « Après trois ans hors du Mali, ajoute-t-il, c’est normal de faire le tour pour découvrir les nouveaux coins de la capitale. » Los Turcos est également fréquenté par des jeunes huppés de Bamako. Nice Cream opère au Mali, au Sénégal et dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest. Elle est la propriété d’une famille libanaise. Cette boulangerie-pâtisserie, située à l’ACI 2000, assure une vue panoramique sur la route à travers une baie vitrée. Des comptoirs vitrés longent le hall. Derrière eux sont exposés différents produits. Vêtu d’une chemise assortie au pantalon, Julien Tremblin, un jeune diplômé de commerce, en est le gérant. «La clientèle de Nice Cream est essentiellement familiale, malienne et étrangère. En cette période, il y a également beaucoup de vacanciers», explique Julien Tremblin. Il propose différentes gammes de produits, du pain boulangerie avec des farines spéciales, viennoiserie (beurre, sucre et chocolat), pâtisserie (crème, caramel), aux glaces (lait, crème, à base de fruits locaux), ainsi que la pizza, le burger et la pâte. Comme toute activité, le secteur rencontre des difficultés. Nice Cream possède des établissements à travers la capitale malienne. Le dernier est celui de l’ACI 2000 qui emploie 16 personnes, des Maliens pour la plupart. Il y a également des ressortissants de pays de la sous-région. Julien Tremblin explique avoir un «bon partenariat avec le Centre Chiaka Sidibé». Qui, selon lui, dispense une bonne formation sanctionnée par un diplôme. Nice Cream recrute ceux qui ont de l’expérience et forment certains sur place. «En deux ou trois semaines, ils apprennent le service (servir les clients), les produits (la glace principale production), les différents postes dont la caisse : Le personnel doit être polyvalent», estime-t-il. FORMATION – Awa Bagayoko, teint noire, taille fine, est pâtissière. «J’ai reçu une formation à Azalai hôtel. C’est après avoir travaillé un certain temps là-bas que je suis venue ici», dit-elle. « Le secteur est pourvoyeur d’emplois », confirme-t-elle. Le quadragénaire Alkassoum Maïga est dans l’événementiel (sono, caméra, lumière, photo et vidéo). Apres avoir passé 10 ans en France, il rentre au pays. «Dans le domaine, les opportunités sont nombreuses et la restauration reste un domaine porteur», confirme-t-il. Après une journée de labeur, les gens cherchent où s’asseoir en soirée pour discuter, passer du bon temps. À chaque fois qu’un nouvel endroit ouvre, c’est la ruée », constate-t-il. «J’ai des amis qui sont dans la restauration, il arrive qu’ils manquent de place pour les clients et surtout de parking pour leurs véhicules», explique Alkassoum Maïga. Dr Kawélé Togola est professeur d’anthropologie au département de sociologie et d’anthropologie à l’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako. Selon lui, cette situation est liée à un certain standing économique atteint par certains individus. «Cette prolifération de pâtisseries et restaurants modernes relève d’une occidentalisation du visage de notre société, particulièrement de nos modes de consommation alimentaire», analyse l’universitaire. Cela donne accès à un nouveau type de nourritures préparées selon des standards internationaux. On peut constater que ceux qui servent dans ces restaurants, dans la plupart des cas, ont fait des formations et ont une expertise dans le domaine. « Aussi, soutient l’universitaire, les gens ont le souci de leur santé : on estime en ce sens que
Signature d’un accord de financement de 101 milliards de Fcfa entre les États-Unis et le Mali
Bamako, 05 oct (AMAP) Les Etats-Unis d’Amérique ont mis à la disposition du Mali 101 milliards de Fcfa (148.5 millions de dollars) dans le cadre d’un amendement à l’accord d’aide au développement entre les deux pays signé le 19 septembre dernier, par le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et la directrice de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) au Mali, Miriam Lutz. Un communiqué de presse de l’ambassade Etats-Unis au Mali, rendu public mardi, indique que l’amendement comprend 17 millions de dollars (soit 11,5 milliards de Fcfa) « en aide d’urgence annoncée précédemment dans le secteur de l’agriculture et la nutrition destinée aux communautés du Mali pour faire face à la flambée des prix sur les aliments; une flambée causée par la guerre de la Russie contre l’Ukraine. » Selon la même source, « ce nouveau financement permettra à directement 300 000 familles d’agriculteurs de bénéficier d’engrais et de semences améliorées afin de renforcer la capacité (du Mali) à pouvoir nourrir sa population sans avoir à dépendre d’importations onéreuses. » Une partie de cette aide « est déjà perceptible sur le terrain avec la distribution par l’USAID de 1,2 million de sacs de 500 g de farine enrichie à plus de cinq mille femmes enceintes et allaitantes et 30 000 jeunes enfants ». Cet appui permettra de lutter contre la malnutrition aiguë en période de soudure dans certaines des localités les plus touchées dans le Centre du Mali. « Ce soutien du peuple américain au Mali, à travers l’USAID, ne représente qu’une partie de notre aide globale », explique le communiqué. « Il couvrira le financement de nouvelles activités et celles en cours dans les domaines de la santé, de la gouvernance, de l’agriculture et de l’éducation de base », ajoute le texte. Le montant, objet de l’amendement, s’ajoute aux plus de 250 millions de dollars (soit 170 milliards de Fcfa) que Washington a accordé à Bamako, « à travers l’USAID, au cours de l’année écoulée y compris 90 millions de dollars (soit 61 milliards de Fcfa) en aide humanitaire. » La signature de cet accord d’aide au développement est présentée comme l’illustration de l’engagement « indéfectible des États-Unis en faveur d’un Mali plus pacifique et plus prospère qui dirige son propre développement ». Selon le chargé d’affaires, p.i. de l’Ambassade des Etats-Unis, Brian Neubert, cité par le communiqué, « depuis 1961, nous travaillons aux côtés du peuple malien pour bâtir un avenir meilleur. Ce nouveau financement reflète la force continue de nos liens ». Au cours des vingt dernières années, les États-Unis ont accordé, au peuple malien, à travers l’USAID, près de 3.5 milliards de dollars, soit 2,4 trillions de Fcfa (Un trillion vaut un milliard de milliards) en aide humanitaire et en aide au développement, au taux de change actuel MD (AMAP)
Mossadeck Bally élu président du Conseil national du patronat du Mali
Bamako, 03 oct (AMAP) Le président directeur général du Groupe Azalaï, Mossadeck Bally, été élu, samedi, président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) pour un mandat de cinq ans, par 117 des 129 délégués inscrits, avec un taux de participation de 90,70%. Le nouveau président du CNPM dirige un bureau de 31 membres dont 5 femmes. Ce bureau a été élargi aux 9 membres du Comité statutaire. Les opérations de vote se sont déroulées sous la présidence du président de l’administration provisoire du CNPM, Soya Golfa qui est le président du Groupement des commerçants du Mali. Les opérations de vote se sont déroulées sans incident. L’accès à la salle était conditionné à la présentation d’un badge confectionné à cet effet. Le dispositif technique était aussi en place pour s’assurer du respect des consignes. La sécurité avait été renforcée autour du siège du Patronat. Des éléments des forces de sécurité étaient positionnés à l’entrée du siège du CNPM et devant la salle où se sont déroulées les opérations de vote. Après la cérémonie d’ouverture, les délégués ont installé un bureau de vote présidé par Elhadj Modibo Boundy. Il était assisté par deux assesseurs et deux suppléants. Après 6 heures de travaux (10 h à 16h), Modibo Boundi et ses collègues ont présenté à l’assistance un projet de bureau avec à sa tête Mossadeck Bally qui sera ensuite adopté par l’Assemblée générale. Le président du nouveau bureau, Mossadeck Bally, a invité les acteurs du secteur privé national à l’union sacrée. «C’est le temps de se donner la main, de s’unir, notamment tous les ressortissants du secteur privé sans exclusive. C’est aussi le temps de se projeter vers le futur, car le Mali se porte très mal, ainsi que notre économie. C’est alors le moment de voir comment relever notre pays, nos économies et nos entreprises », a dit M. Bally. Pour lui, c’est le temps pour la CNPM, « en tant qu’organisation et syndicat du secteur privé de défendre nos intérêts et de le faire de façon citoyenne, professionnelle, sans acharnement. Car avant tout, ce pays nous appartient », Le nouveau patron du CNPM s’est, également, dit honoré de la confiance placée en lui par les délégués et a appelé à la mobilisation face aux défis. L’administration provisoire a mis à profit l’assemblée générale pour de faire le point de ses activités et de présenter le rapport financier de ses six mois d’exercice. FC/MD (AMAP)

