Bafoulabé : Deux vieux bacs de plus de 20 ans assurent la traversée du fleuve

Par Boubacar MACALOU Bafoulabé, 11 oct (AMAP) A Bafoulabé,  dans l;Ouest du Mali, il n’y a pas de pont sur le fleuve Sénégal et les populations riveraines font recours au bac et aux piroguiers pour se rendre d’une rive à l’autre. En cas de panne, comme, c’était le cas en août 2022, bonjour le calvaire pour les transporteurs, passagers et habitants. Le bac fluvial est pour Bafoulabé ce qu’était le train pour Kayes (Ouest), son chef-lieu de Région. En effet, il est impossible au voyageur, qui vient de Kayes et de Diamou, de fouler le sol de la Cité de Mali Sadio sans prendre le bac, à partir de Tintila. Il en va ainsi pour celui qui emprunte l’axe Kita-Toukoto. Ce dernier doit transiter forcément par Babaroto pour arriver à Bafoulabé ou à Tintila. S’agissant des passagers en provenance de Tambaga et de Manantali, ils doivent faire la traversée par le bac pour l’autre côté du fleuve. La traversée du fleuve Sénégal par le Bac est le passage obligé pour tous ceux qui n’aiment pas voyager par pirogue par peur des noyade et autres chavirements, surtout en cas d’orages et de tornades. Le Cercle de Bafoulabé possède deux bacs fluviaux qui assurent la continuité des routes (Kayes-Kita, en passant par Babaroto, Kayes-Tambaga, en passant par Manantali). « Cependant, ces engins sont vieillissants. Ils ont été mis en circulation, depuis plus de 20 ans. Alors, avec de tels bacs, les problèmes ne finissent pas », a déploré le préfet du Cercle de Bafoulabé, Amadou Soumaré, lors d’une rencontre avec la société civile. Selon lui, Il y a longtemps qu’un bac est à l’arrêt, suite à un problème de moteurs dont les pièces sont récupérées pour faire marcher le second engin. « Pour l’instant, c’est un seul bac qui assure la traversée des véhicules avec ses multiples problèmes (moteurs, propulseurs). Un seul de ses moteurs fonctionne. Ce qui explique aussi sa lenteur au cours du trajet », précise le préfet, également président du Comité de gestion des bacs fluviaux (CGBF) . Le préfet a rappelé que les Industries navales et constructions métalliques (INACOM) qui sont basées à Koulikoro, sont les seules habilitées à réparer les bacs fluviaux, un travail qui se fait à coût de millions. Il faut souligner que les populations ne sont pas restées indifférentes à cette situation. Bien avant le calvaire provoqué par l’arrêt de cet indispensable moyen de transport fluvial, la société civile,  avec en tête, sa présidente Salama Sakiliba, le président du Conseil local des jeunes, Boubacar Macalou, les présidents des Conseils communaux de la jeunesse de Bafoulabé, Karamagan Diallo, et de Mahina. Harouna Diop, avaient entrepris des démarches auprès du préfet pour l’organisation d’une rencontre. Celle-ci a permis à l’ensemble des acteurs d’échanger sur des questions liées aux bacs afin que la situation ne tourne au pire. Au cours de cette rencontre, la présidente de la société civile assure avoir suggéré des pistes au préfet. Mais, cette tentative de sauvetage n’a pas été un succès, puisque le 26 août 2022, à 08:16mn, le second moteur du bac a lâché pour de bon. D’où ces exclamations des usagers : « Plus de bac ! Plus de traversée de véhicules » ! Ainsi, a commencé le calvaire pour le personnel naviguant et pour l’ensemble des usagers de ce moyen de transport fluvial. Sans oublier les populations riveraines du fleuve Sénégal formé par le Bafing et le Bakoye dont la rencontre a donné à la ville de Bafoulabé son nom (littéralement, la rencontre des deux fleuves). La problématique a largement animé les débats sur les réseaux sociaux, dans les « grins ».  Partout, ici, on ne parle que du problème de bac. Si cette panne a plongé le personnel et le comité de gestion du bac dans le désarroi, elle a bien profité aux piroguiers qui se sont frotté les mains. Car, comme le dit cet adage populaire : « A quelque chose, malheur est bon ». En effet, ces deux semaines d’arrêt du bac leur ont permis de gagner beaucoup d’argent, étant donné que les pirogues étaient les seuls moyens de transport fluvial. Avec comme conséquence : tous les prix, y compris ceux des produits alimentaires, qui ont doublé, rendant ainsi la vie très chère. RECOURS AUX PIROGUES – On faisait traverser une personne à 200 Fcfa le jour et à 500 Fcfa la nuit. Le transport d’une tonne de ciment, d’une rive à l’autre, coûte 3 000 Fcfa. D’où le ras-le-bol des habitants qui ont manifesté dans les rues contre l’arrêt du bac et la cherté de la vie. Et ils ont enfoncé le clou, en accusant le Comité de gestion des bacs fluviaux d’avoir mal géré les recettes générées par ce moyen de transport. Pour tirer leur épingle du jeu, les transporteurs et les passagers n’avaient qu’une option. Celle de se rabattre sur les piroguiers pour l’acheminement de leurs marchandises et autres bagages jusqu’à l’autre rive où sont stationnés des véhicules prêts à prendre le relais. Pourtant le gérant du bac, Mamadou Diakité, a, dès le début de la panne technique, indiqué qu’il avait informé immédiatement le préfet de la situation. D’après lui, cette situation constituait un coup dur, notamment pour le personnel du bac. « C’est le bac qui nous donne le sourire. Et ce travail nous plait. Bref, le bac est notre vie. Si ce moyen tombe en panne, c’est la galère pour nous tous », affirme-il. Selon certains conducteurs de véhicules, c’était la résignation pour ceux qui ne pouvaient pas traverser le fleuve. D’autres étaient contraints de rebrousser chemin et de rester sur les bords, tout en sympathisant avec les habitants au bord du fleuve, afin d’améliorer leurs conditions de vie, faute de moyens. La nouvelle du bac ayant pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux et lors des causeries de « grins », le préfet a convoqué une réunion d’urgence dans son bureau le 5 septembre 2022 à laquelle a pris part la société civile. Un seul point à l’ordre du jour : « Réfléchir ensemble pour trouver une solution au problème du Bac ». Cette rencontre a débouché sur des propositions concrètes. Certaines

Economie : La bonne affaire du commerce de l’arachide au Mali

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 06 oct (AMAP) «Venez acheter de l’arachide», «Vous en voulez ?». Des vendeurs d’arachides hèlent, presqu’en chœur, la clientèle au marché de Ouolofobougou, en Commune III du District de Bamako, la capitale du Mali. Aux différentes entrées de cette place firte de négoce, ces hommes exposent des sacs de 100 kg d’arachides. En cette période, ce produit s’écoule très bien à Bamako. Assis sur une chaise, Oumar Sangaré accepte de se confier. Il importe l’arachide de Garalo, une localité située à 55 Km de la ville de Bougouni, dans le Sud du Mali. Le commerçant achète le sac de 100 kg à 15.000 Fcfa. Ses fournisseurs le livrent à Bamako où il revend avec une marge bénéficiaire. Il explique clairement qu’il peut avoir en stockenviron 2 000 sacs. Il relève aussi que ce négoce est avantageux en période d’hivernage, mais comporte aussi des risques. Les cacahouètes peuvent, par exemple, pourrir quand le véhicule de transport tombe en panne. Parfois, on peut aussi avoir des graines non mûres. Mais notre vendeur se préoccupe de la récolte globale de l’arachide cette année. «La saison paraît moins productive que les autres années. Les producteurs ont eu des difficultés pour acheter de l’engrais. Ainsi, certains n’ont pu emblaver les superficies habituelles», dit-il. Et d’ajouter que l’abondance du produit sur le marché profite moins aux vendeurs. La quantité écoulée sur les marchés de Bamako dépasse de loin les besoins. Ce qui justifie les exportations vers un pays voisin, en l’occurrence le Sénégal pour faire des profits. Pour les vendeurs, c’est une alternative pour compenser les pertes dues à la mévente sur nos marchés. Depuis plus de 10 ans, Aguibou Diarra s’est installé dans ce domaine comme rabatteur. Il invite la clientèle à s’approvisionner chez un vendeur qui propose de l’arachide de qualité en provenance du Wassoulou, de Bougouni (Sud) et de Niono (Centre). Celui-ci est fourni par les grands commerçants. «Et nous le vendons au prix du marché», laisse entendre Aguibou Diarra. Il dit réaliser un bénéficie de 1.000 Fcfa sur chaque sac d’arachide vendu. Grâce à son entregent, le vendeur arrive à écouler une cinquantaine de sacs certains jours. Ce qui lui rapporte une somme substantielle souvent. « Quand il y a surabondance d’arachides sur le marché, dit-il, les grossistes demandent aux livreurs de limiter l’approvisionnement pour leur permettre d’écouler les stocks ». Daouda Traoré, étudiant à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG), qui cumule une expérience de 8 ans dans le commerce d’arachide qu’il pratique pendant les vacances. Assis devant sa marchandise, il échange avec des clients. Il note qu’il y a peu d’arachides sur le marché mais pense que cette situation est liée à la conjoncture économique. Pas avare en commentaires, il apprécie bien la qualité de l’arachide cette année du fait de l’abondance de pluie. « Des Sénégalais et Nigériens viennent acheter notre arachide pour le revendre chez eux », indique-t-il. «Les Sénégalais représentent le plus gros contingent de notre clientèle d’arachide. Ils peuvent acheter entre 50 à 60 sacs». Des femmes aussi s’approvisionnent chez nous. Celles-ci achètent par jour souvent 2 sacs :, poursuit M. Traoré. «Les cacahouètes qui entrent dans la production de la pâte d’arachide sont cédées à 70.000 Fcfa le sac de 100 kg», rappelle le jeune étudiant de 24 ans. Certains importent l’arachide de la Côte d’Ivoire entre novembre et mai. La production nationale inonde le marché entre juin et octobre. « Cette période, renchérit-il, coïncide avec la récolte de l’arachide au Mali qui s’étend de juillet à octobre ». Par jour, l’étudiant peut gagner 15 000 Fcfa de bénéfice. Il s’en réjouit puisqu’il est soutien de famille. Ce gain lui permet de faire face à certaines dépenses. « Cette année, regrette-t-il, le prix de l’arachide a augmenté à cause de la hausse du carburant ». Alima Traoré, foulard noir sur la tête, sépare le bon grain de l’ivraie. La jeune fille de 18 ans quitte Kati (sur les hauteurs de Bamako) pour s’approvisionner en arachide, tous les quatre jours, chez Daouda Traoré, pendant la saison des pluies. Elle achète le grand seau d’arachide à 5.000 Fcfa. La vendeuse d’arachide grillée, depuis 5 ans, précise que le marché est timide cette année par rapport aux années précédentes. Elle cède l’arachide à partir de 50 Fcfa et y trouve son compte. Parce qu’il lui arrive de faire 1 500 à 2 000 Fcfa de bénéfice. Au Marché de Niaréla, Fatoumata Dacko possède plusieurs fours traditionnels pour la grillade d’arachide. A côté d’elle, une dizaine de femmes sont à l’œuvre. Elle explique louer ces fours à ces femmes et travaille dans ce secteur depuis plus de 20 ans. «L’arachide coûte cher cette année. Nous nous approvisionnons à partir des marchés de Ouolofobougou et «Soukounikoura». Aujourd’hui, j’ai acheté le sac de 50Kg à 10 000 Fcfa. On parvient à écouler le produit en trois ou quatre jours», affirme Maman Tangara, parmi le groupe de femmes. Elle dit que ce travail leur permet de subvenir à leurs besoins. «Je peux gagner 3 000 Fcfa à 4 000 Fcfa de bénéfice par sac», indique-t-elle. Niakalé Fadiga est une vendeuse de pâte d’arachide depuis trois ans à Bozola, en Commune II du district de Bamako. Elle achète deux sacs pour en tirer de la pâte d’arachide et revendre dans des seaux de 5Kg à 7 500 Fcfa l’unité, mais aussi de 10 Kg à 15 000 Fcfa l’unité. Selon le chef de la statistique, suivi et évaluation à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), Samba Barry, la production d’arachide pour la campagne agricole 2021 était de 367.822 tonnes sur une prévision de 512.785 tonnes, soit 71,73% de réalisation. «Cette production était en baisse de 20,8% par rapport à la campagne 2020 qui était de 464.538 tonnes. Ce qui s’explique en partie par des difficultés pluviométriques », dit M. Barry. Les superficies semées en arachide, pour cette année, sont de 339.764 hectares pour les hommes et 188.299 hectares pour les femmes soit un total de 528.063 hectares. Et ce, sur un objectif de 508.749 hectares

Bamako : Les restaurants modernes en vogue

Par Oumar SANKARÉ Bamako, 05 oct (AMAP) La capitale malienne, Bamako, est l’une des villes africaines qui connaît une urbanisation à une vitesse ahurissante. Cette agglomération est de façon permanente en chantier avec des immeubles. Ce boom urbain tient, sans doute, grâce à une classe moyenne de plus en plus ambitieuse, qui aspire à de meilleures conditions de vie. Le «parc» gastronomique n’est pas en marge de cette modernisation. Pâtisseries et restaurants modernes poussent comme des champignons. Et nos compatriotes et ressortissants étrangers se bousculent aux portillons de ces lieux de restauration pour savourer les spécialités maliennes, africaines voire d’ailleurs. Il est 19h au restaurant «Chez Richard» à Bacodjicoroni Golf, en Commune V du district de Bamako. Cet endroit est le point de rencontre de jeunes ivoiriens vivant à Bamako, mais aussi de Maliens. «Très fréquemment, je viens ici pour savourer du Garba (Atièkè) qui est l’un de mes plats préférés», dit Mohamed Bengaly, 27 ans, ingénieur dans une entreprise de la place.   Ce jour-là, la terrasse grouille de monde. Un groupe de jeunes à l’accent ivoirien y discutent. Ces derniers y viennent pour acheter du «garba», du «placali», du «donkounou» et autres. Tout autour, l’éclairage reflète sur le mobilier, luisant davantage le décor moderne. Une dizaine de tables de forme rectangulaire meuble le décor. Des jeunes mangent, en discutant ou en regardant la télévision. Un mach de football cristallise l’attention. Soudain silence total. Pénalty manqué pour le Bayern de Munich : des bruits fusent de partout. Camara, le maître des lieux est un Ivoirien. «Nous sommes ouverts depuis 2019 et rencontrons un franc succès. Les clients sont Ivoiriens, Maliens et autres Africains», explique le gérant. «Chez Richard», les clients ont la possibilité de manger sur place ou de se faire livrer partout à Bamako. Décor occidental – «Los turcos» est un restaurant turc sis à Badalabougou. À l’entrée, des voitures de diplomates (en tout cas les immatriculations sur fond vert l’indiquent). Après, une fouille méticuleuse pour raison de sécurité, nous voici à l’intérieur. L’ambiance est calme, le temps est doux. Des couples se dévorent du regard. Le décor, européen, laisse imager le type de clientèle qui fréquente le lieu. Çà et là, des tables à deux places pour des tête-à-tête. Celles de quatre sont disposées sous un hangar. À droite, des espaces sont aménagés sur le gazon. La luminosité va du sombre à l’éclairé par endroit. Pape Konaté, médecin à Bamako, discute avec des amis venus du Ghana. «Je suis un habitué du coin. Nous prenons un pot après un tour de bateau», explique-t-il. «C’est ma première fois de fréquenter un restaurant turc. Ça me fait du tourisme culinaire», enchaine son camarade Ousmane Atimbila. Ghanéen d’origine malienne, Mohamed Bocoum semble avoir des soucis avec le café turc qu’il vient de commander. «Je suis amateur de café, mais celui-ci passe difficilement. Je vais demander un jus», sourit-il. « Après trois ans hors du Mali, ajoute-t-il, c’est normal de faire le tour pour découvrir les nouveaux coins de la capitale. » Los Turcos est également fréquenté par des jeunes huppés de Bamako. Nice Cream opère au Mali, au Sénégal et dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest. Elle est la propriété d’une famille libanaise. Cette boulangerie-pâtisserie, située à l’ACI 2000, assure une vue panoramique sur la route à travers une baie vitrée. Des comptoirs vitrés longent le hall. Derrière eux sont exposés différents produits. Vêtu d’une chemise assortie au pantalon, Julien Tremblin, un jeune diplômé de commerce, en est le gérant. «La clientèle de Nice Cream est essentiellement familiale, malienne et étrangère. En cette période, il y a également beaucoup de vacanciers», explique Julien Tremblin. Il propose différentes gammes de produits, du pain boulangerie avec des farines spéciales, viennoiserie (beurre, sucre et chocolat), pâtisserie (crème, caramel), aux glaces (lait, crème, à base de fruits locaux), ainsi que la pizza, le burger et la pâte. Comme toute activité, le secteur rencontre des difficultés. Nice Cream possède des établissements à travers la capitale malienne. Le dernier est celui de l’ACI 2000 qui emploie 16 personnes, des Maliens pour la plupart. Il y a également des ressortissants de pays de la sous-région. Julien Tremblin explique avoir un «bon partenariat avec le Centre Chiaka Sidibé». Qui, selon lui, dispense une bonne formation sanctionnée par un diplôme. Nice Cream recrute ceux qui ont de l’expérience et forment certains sur place. «En deux ou trois semaines, ils apprennent le service (servir les clients), les produits (la glace principale production), les différents postes dont la caisse : Le personnel doit être polyvalent», estime-t-il. FORMATION – Awa Bagayoko, teint noire, taille fine, est pâtissière. «J’ai reçu une formation à Azalai hôtel. C’est après avoir travaillé un certain temps là-bas que je suis venue ici», dit-elle. « Le secteur est pourvoyeur d’emplois », confirme-t-elle. Le quadragénaire Alkassoum Maïga est dans l’événementiel (sono, caméra, lumière, photo et vidéo). Apres avoir passé 10 ans en France, il rentre au pays. «Dans le domaine, les opportunités sont nombreuses et la restauration reste un domaine porteur», confirme-t-il. Après une journée de labeur, les gens cherchent où s’asseoir en soirée pour discuter, passer du bon temps. À chaque fois qu’un nouvel endroit ouvre, c’est la ruée », constate-t-il. «J’ai des amis qui sont dans la restauration, il arrive qu’ils manquent de place pour les clients et surtout de parking pour leurs véhicules», explique Alkassoum Maïga. Dr Kawélé Togola est professeur d’anthropologie au département de sociologie et d’anthropologie à l’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako. Selon lui, cette situation est liée à un certain standing économique atteint par certains individus. «Cette prolifération de pâtisseries et restaurants modernes relève d’une occidentalisation du visage de notre société, particulièrement de nos modes de consommation alimentaire», analyse l’universitaire. Cela donne accès à un nouveau type de nourritures préparées selon des standards internationaux. On peut constater que ceux qui servent dans ces restaurants, dans la plupart des cas, ont fait des formations et ont une expertise dans le domaine. « Aussi, soutient l’universitaire, les gens ont le souci de leur santé : on estime en ce sens que

Signature d’un accord de financement de 101 milliards de Fcfa entre les États-Unis et le Mali

Bamako, 05 oct (AMAP)  Les Etats-Unis d’Amérique ont mis à la disposition du Mali 101 milliards de Fcfa (148.5 millions de dollars) dans le cadre d’un amendement à l’accord d’aide au développement entre les deux pays signé le 19 septembre dernier, par le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et la directrice de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) au Mali, Miriam Lutz. Un communiqué de presse de l’ambassade Etats-Unis au Mali, rendu public mardi, indique que l’amendement comprend 17 millions de dollars (soit 11,5 milliards de Fcfa) « en aide d’urgence annoncée précédemment dans le secteur de l’agriculture et la nutrition destinée aux communautés du Mali pour faire face à la flambée des prix sur les aliments; une flambée causée par la guerre de la Russie contre l’Ukraine. » Selon la même source, « ce nouveau financement permettra à directement 300 000 familles d’agriculteurs de bénéficier d’engrais et de semences améliorées afin de renforcer la capacité (du Mali) à pouvoir nourrir sa population sans avoir à dépendre d’importations onéreuses. » Une partie de cette aide « est déjà perceptible sur le terrain avec la distribution par l’USAID de 1,2 million de sacs de 500 g de farine enrichie à plus de cinq mille femmes enceintes et allaitantes et 30 000 jeunes enfants ». Cet appui permettra de lutter contre la malnutrition aiguë en période de soudure dans certaines des localités les plus touchées dans le Centre du Mali. « Ce soutien du peuple américain au Mali, à travers l’USAID, ne représente qu’une partie de notre aide globale », explique le communiqué. « Il couvrira le financement de nouvelles activités et celles en cours dans les domaines de la santé, de la gouvernance, de l’agriculture et de l’éducation de base »,  ajoute le texte. Le montant, objet de l’amendement, s’ajoute aux plus de 250 millions de dollars (soit 170 milliards de Fcfa) que Washington a accordé à Bamako, « à travers l’USAID, au cours de l’année écoulée y compris 90 millions de dollars (soit 61 milliards de Fcfa) en aide humanitaire. » La signature de cet accord d’aide au développement est présentée comme l’illustration de l’engagement « indéfectible des États-Unis en faveur d’un Mali plus pacifique et plus prospère qui dirige son propre développement ». Selon le chargé d’affaires, p.i. de l’Ambassade des Etats-Unis, Brian Neubert, cité par le communiqué, « depuis 1961, nous travaillons aux côtés du peuple malien pour bâtir un avenir meilleur. Ce nouveau financement reflète la force continue de nos liens ». Au cours des vingt dernières années, les États-Unis ont accordé, au peuple malien, à travers l’USAID, près de 3.5 milliards de dollars, soit 2,4 trillions de Fcfa (Un trillion vaut un milliard de milliards) en aide humanitaire et en aide au développement, au taux de change actuel MD (AMAP)

Mossadeck Bally élu président du Conseil national du patronat du Mali

Bamako, 03 oct (AMAP) Le président directeur général du Groupe Azalaï, Mossadeck Bally, été élu, samedi, président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) pour un mandat de cinq ans, par 117 des 129 délégués inscrits, avec un taux de participation de 90,70%. Le nouveau président du CNPM dirige un bureau de 31 membres dont 5 femmes. Ce bureau a été élargi aux 9 membres du Comité statutaire. Les opérations de vote se sont déroulées sous la présidence du président de l’administration provisoire du CNPM, Soya Golfa qui est le président du Groupement des commerçants du Mali. Les opérations de vote se sont déroulées sans incident. L’accès à la salle était conditionné à la présentation d’un badge confectionné à cet effet. Le dispositif technique était aussi en place pour s’assurer du respect des consignes. La sécurité avait été renforcée autour du siège du Patronat. Des éléments des forces de sécurité étaient positionnés à l’entrée du siège du CNPM et devant la salle où se sont déroulées les opérations de vote. Après la cérémonie d’ouverture, les délégués ont installé un bureau de vote présidé par Elhadj Modibo Boundy. Il était assisté par deux assesseurs et deux suppléants. Après 6 heures de travaux (10 h à 16h), Modibo Boundi et ses collègues ont présenté à l’assistance un projet de bureau avec à sa tête Mossadeck Bally qui sera ensuite adopté par l’Assemblée générale. Le président du nouveau bureau, Mossadeck Bally, a invité les acteurs du secteur privé national à l’union sacrée. «C’est le temps de se donner la main, de s’unir, notamment tous les ressortissants du secteur privé sans exclusive. C’est aussi le temps de se projeter vers le futur, car le Mali se porte très mal, ainsi que notre économie. C’est alors le moment de voir comment relever notre pays, nos économies et nos entreprises », a dit M. Bally. Pour lui, c’est le temps pour la CNPM, « en tant qu’organisation et syndicat du secteur privé de défendre nos intérêts et de le faire de façon citoyenne, professionnelle, sans acharnement. Car avant tout, ce pays nous appartient », Le nouveau patron du CNPM s’est, également, dit honoré de la confiance placée en lui par les délégués et a appelé à la mobilisation face aux défis. L’administration provisoire a mis à profit l’assemblée générale pour de faire le point de ses activités et de présenter le rapport financier de ses six mois d’exercice. FC/MD (AMAP)

Travaux d’entretien routier à Bamako : Ces chantiers interminables qui entravent la circulation

Par Babba B. COULIBALY Oumar SANKARÉ  Bamako, 29 sept (AMAP) Dans la capitale malienne, Bamako, plusieurs voies urbaines sont impraticables aujourd’hui. Pas seulement  à cause de la mauvaise qualité de la chaussée. Mais, surtout, à cause des engins et des matériaux de construction souvent laissés à l’abandon par des nombreuses entreprises incapables d’honorer leurs engagements. Les usagers de la route vivent un véritable calvaire. «Nous voulons des routes en bon état. Les travaux d’entretien routier en cours perturbent véritablement la fluidité de la circulation. Ils ont pris trop de retard. Des embouteillages montres partout. Les déviations improvisées rendent la vie dure aux usagers qui ne maîtrisent pas bien les zones concernées. Les entreprises doivent accélérer la cadence pour libérer les voies afin de soulager les usagers». Ce cri du cœur du conducteur Mohamed Diarra, excédé, résume le calvaire que vivent les Bamakois en cette période d’hivernage. Hivernage généralement synonyme de cauchemar pour eux. En ce mois de septembre 2022, il pleut encore,  presque quotidiennement, sur Bamako. Le goudron est inexistant sur plusieurs tronçons. Des nids de poules similaires à des « baignoires d’éléphants » essaiment le bitume qui, un peu partout, ressemble à une gruyère. Pendant ce temps, des chantiers de construction, d’entretien routier et d’ouvrage d’assainissement (caniveaux et collecteurs) sont nombreux à travers la ville, depuis près de trois mois. Des chantiers qui sont au point-mort pour la plupart, si ce n’est à l’arrêt. Des tas de gros cailloux, de sable et de graviers longent les caniveaux et ces routes-là. Réduisant ainsi la largeur des routes qui sont devenues inaccessibles. Les cas les plus emblématiques aujourd’hui sont les voix traversant le Quartier sans-fil, le marché de Sabalibougou, le quartier Golf… Les entreprises abandonnent matériaux et machine sur place, sans aucune mesure pour faciliter la circulation, en créant des déviations. Ce phénomène est récurrent ces dernières années. Les populations, à l’image de Moussa Samaké, vivent très mal cette situation. «À cause de ces travaux à durée illimitée, nous éprouvons toutes les peines du monde à rejoindre nos maisons, après le travail ou des courses en ville. Nous sommes, pour ce faire, obligés de prendre des rues adjacentes souvent en très mauvais état ou des déviations de fortune pour y accéder», déplore-il, suant à grosses gouttes. Sur la rive gauche du District de Bamako, les travaux de réhabilitation du tronçon passant par le marché de Wolofobougou entravent la mobilité des usagers. Ce tronçon est stratégique, car les camions de marchandises, en provenance du Sénégal et de la Mauritanie, empruntent cette voie. Il n’est plus carrossable à cause de son état de dégradation avancé. Les eaux de pluie ont creusé des trous béants, un peu partout, le long du tronçon. Au passage de notre équipe, le contrôleur de chantier était absent. Le chef des ouvriers présent se refuse à tout commentaire sur les raisons du retard dans l’exécution des travaux. À quelques mètres du pont Richard, des engins de construction barricadent carrément la route. Les motocyclistes et quelques automobilistes manœuvrent, souvent de façon dangereuse, pour pouvoir se frayer un passage. Des travaux de curage et de réhabilitation de caniveaux s’y déroulent. CINQ MILLIARDS DE FCFA – Selon une source au ministère des Transports et des Infrastructures, le budget des travaux du premier Programme d’entretien routier, réalisé entre février et juin, se chiffre à 5 milliards de Fcfa. Cette phase a concerné la réalisation des caniveaux et la réhabilitation de certains tronçons à travers la ville de Bamako. Il s’agit notamment de la voie passant devant le Palais des Sports, la Cité des enfants à Niamakoro et Bacodjicoroni. « Concernant le programme actuel, les entreprises peinent à démarrer les travaux », déplore notre interlocuteur, sans préciser le montant exact alloué à cet effet. Selon lui, les entreprises locales qui ont bénéficié des marchés manquent de moyens suffisants. «Nous comprenons la frustration des populations. On a demandé de valoriser les entreprises maliennes. Les travaux d’entretien routier en cours ont été donnés uniquement aux entreprises maliennes. La plupart d’entre elles n’arrivent pas à travailler malgré la remise des sites. L’État leur a pourtant versé les montants», nous confie notre source. Malgré cela, les travaux n’ont pas encore débuté sur certains sites, selon une note d’information fournie par le ministère des Transports et Infrastructures. Il s’agit des voies RN7-Magnambougou-Banankabougou-RN6, corniche (Magnambougou-3eme Pont), la rue OUA Faso Kanu-École Cheick Anta Diop-Marché Magnambougou, la Rue 883, Tour de l’Afrique-intersection Aéroport, (rue du gouverneur Faladié Sema). Les travaux de la RN7- IJA – Niamakoro cimétière Faladiè-voie des 30 m, RN7 (UATT)-CNREX-BTP-Niamakoro-Voie des 30 m, RN7-1008 Logements sociaux-Sirakoro, RN6-Niamana , RN7-Base militaire 101 de Sénou, RN7, Daoudabougou-Limite District Sénou, Marché de Sénou au niveau de la RN7 n’ont toujours pas commencé. «Effectivement, des entreprises sont en retard», reconnaît le président de l’Organisation patronale des entreprises de construction du Mali (OPECOM). Le problème est, selon Boubacar H. Diallo, organisationnel et opérationnel. Il pointe du doigt les changements fréquents demandés par le département des infrastructures. Ce qui, selon lui, rend difficile l’organisation du travail entre les différents acteurs. Au plan opérationnel, des entreprises ont reçu leur note de service au mois de juillet durant lequel «il est interdit de travailler (Ndlr : faire des goudrons)», dit M. Diallo. « Normalement, insiste-t-il, on ne doit faire que des travaux d’urgence maintenant. Regardez les désagréments que les travaux causent en ville actuellement », ajoute-t-il. «En saison sèche, quand on barre une rue, on la finit en une semaine et on la remet en circulation. Pendant l’hivernage, on barre la rue, il pleut. On met les gens sur les autres rues qui ne sont pas aménagées, cela provoque des ennuis à tout le monde», explique-t-il. QUALITÉ, COÛT ET DÉLAI – Toutefois, relativise le patron de l’OPECOM, le département a réalisé de grands travaux durant la saison sèche. Il s’agit de la rue qui passe derrière le champ hippique à Missira. La voix qui relie Suguni Kura, à Djélibougou, Korofina Nord, Banconi, est dégagée maintenant contrairement aux autres années. « La liste est loin d’être exhaustive », dit M. Diallo. Selon lui, il fallait

Bolotchi yoro carré au Quartier du fleuve : Une artère nourricière

Par Fadi CISSÉ Bamako, 29 sept (AMAP) C’est une rue à laquelle l’administration n’a attribué aucun numéro et qu’on ne retrouvera peut-être pas sur Google Maps. Et pourtant, pour ses occupants comme pour nombre de Bamakois qui la connaissent, cette artère a un nom et même deux : Bolotchi yoro carré ou Bada carré (en français, «rue du centre de vaccination» ou «rue qui mène au fleuve»). Située au Quartier du fleuve en Commune III du District de Bamako, Bolotchi yoro carré est situé entre l’ancien Service d’hygiène devenu le Centre de lutte contre le diabète et le grand collecteur de Dibida. C’est un passage à l’aspect peu engageant, au sol creusé de nids de poule et pourtant c’est un site encombré qui accueille une foule de petits métiers. Les réparateurs de motos sont les plus nombreux. Ils côtoient des bouquinistes, des vendeurs de matériels agricoles (dabas, houes, râteaux et arrosoirs), de tuyaux et de bidons de toutes tailles. Ces négociants et leur bric-à-brac prennent tellement de places que la largeur de la rue s’en est trouvée fort réduite. Beaucoup de monde donc et un tintamarre incessant où dominent la musique venant de partout et le grondement de moteurs poussés à fond par les mécaniciens. Ce tapage frappe autant le visiteur que l’atmosphère saturée de fumée d’échappement et un sol noir gorgé d’huile de moteur usagé. Il ne faut surtout pas s’arrêter à ces apparences car Bolotchi yoro carré a aussi ses charmes dont le moindre n’est pas le célèbre restaurant «Bafing», bien connu des touristes et des expatriés. Et toutes ces gargotes à l’air libre font de bonnes affaires, si l’on en juge par leur fréquentation. De la mécanique, de la restauration mais, aussi, de la mode au détour de la rue avec ces vieux tailleurs attelés à coudre des pagnes wax, sous un grand hangar et toutes ces étoffes exposées et proposées à la vente, à l’ombre d’un grand arbre. A l’entrée de la rue, un sexagénaire, Mamadou Bouaré, tient une boutique de produits phytosanitaires, engrais, semences et insecticides. Sa particularité ? Il est le premier occupant du site. Mamadou Bouaré se rappelle ces premières années durant lesquelles cette rue était très peu fréquentée. «Vers les années 1967, l’espace n’était occupé que par des bandits. Personne n’osait s’y aventurer contrairement au marché «Dibida» tout proche et qui était très fréquenté. À cette époque, mon patron et moi vendions des produits phytosanitaires au marché Dibida. », raconte-t-il. « Puis, poursuit-il, les autorités ont ordonné la démolition des installations des occupants du «Dibida». Après cette opération, Mamadou est resté sans activités pendant plusieurs mois, avant de s’installer dans le «Bolotchi yoro carré». UN ANCIEN NID DES BANDITS – « Auparavant, se souvient-il, ce lieu était un dépotoir d’ordures qui dégageait une puanteur insoutenable ». «J’ai tout nettoyé pour pouvoir m’installer. Je vendais la peur au ventre car les bandits étaient fréquents ici. Mais avec l’aide de Dieu, tout s’est bien passé. Voilà qu’aujourd’hui, on ne peut même pas compter le nombre de gens qui gagnent leur vie sur ce site». Mamadou Bouaré souligne qu’à l’époque, sa qualité de premier occupant n’a convaincu personne de le contacter pour acquérir un espace dans la rue. Les choses ont bien changé car le lieu a acquis une valeur marchande certaine. Tandis que la mairie du District prélève sur chacun des business installés ici, une taxe mensuelle de 2.500 Fcfa, les emplacements changent de main, à l’occasion, revendus ou mis en location par leurs «propriétaires». Grâce à Adama Traoré, un des «anciens» de la rue, nous avons une idée des prix pratiqués. En 2003, après avoir vainement tenté de s’installer au marché Dibida, il a déboursé 250.000 Fcfa pour l’emplacement où il a implanté son atelier de réparation de motos et son kiosque de vente des pièces détachées d’engins à deux roues. « Mais peu à peu, les immeubles commerciaux et les boutiques se sont multipliés et les gens ont afflué. Les loyers et les cautions étaient trop élevés pour nous », se souvient Konaré. Son atelier a dû déménager dans cette rue beaucoup moins sollicitée. Après le décès de son patron, Bourama est devenu le gérant principal de l’atelier qui s’est adjoint un kiosque de vente de pièces détachées pour améliorer le modeste chiffre d’affaires. Si «Bada» est un remarquable lieu de commerce et de petits métiers, il est loin de constituer une exception au Quartier du fleuve où nombre de rues irriguant le Dibida affichent un dynamisme et une animation similaires dans l’informel, avec des gens modestes mais entreprenants, travailleurs et opiniâtres. FC/MD (AMAP)

Le Mali assure la présidence du Conseil des ministres de  l’Autorité de développement du Liptako-Gourma

Bamako, 27 sept (AMAP) Le Mali, à travers son ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, assure depuis 17 septembre 2022 la présidence du Conseil des ministres de l’Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma (ALG ), a annoncé, lundi, le correspondant national de l’ALG, Issa Coulibaly. Intervenant, au ministère des Mines, de l’Énergie et de l’Eau lors de la restitution des travaux de la 58è session ordinaire de l’ALG, tenue la veille à Niamey, au Niger,  le conseiller technique et correspondant national de l’ALG a ajouté que cette session ordinaire de l’ALG,  a décidé, également, qu’ « au titre des contributions, le montant de la quote-part de chaque État membre a été fixée à 180 millions de Fcfa, contre 163,8 millions de Fcfa pour l’exercice 2021. » Issa Coulibaly a expliqué que « le secrétariat exécutif est rotatif entre les deux pays n’abritant pas le siège de l’institution (le Mali et le Niger) ». « Quant à la Conférence des chefs d’État et la présidence du Conseil des ministres qui «vont de pair», elles sont tournantes entre les trois États », a précisé Issa Coulibaly. Cette session de Niamey a, également, vu l’adoption du rapport d’activités du secrétariat exécutif au 31 décembre 2021, du Programme triennal d’investissements (PTI) 2022-2024. Elle a été mise à profit pour examiner l’état d’exécution du budget 2021 de l’ALG au 31 décembre 2021, l’adoption, la présentation du rapport du Commissaire aux comptes sur les états financiers de l’exercice clos sur la même période et des documents spécifiques. « À la demande du Mali, a affirmé le conseiller technique, les points relatifs à la nomination du secrétaire exécutif désigné par le Mali, à la rotation de la présidence de la conférence des chefs d’État et de la présidence du Conseil des ministres de l’ALG ont été inscrits à l’ordre du jour. Ils ont été discutés à huis clos ». « L’adoption du Programme d’activités annuel 2022 du secrétariat exécutif de l’ALG, d’un nouvel organigramme et l’élaboration d’un nouveau Plan 2023 ont été reportés à la prochaine session que Bamako devra abriter en décembre 2022, a souligné M. Coulibaly. Pour sa part, le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, qui a présidé la séance de restitution, il a félicité les experts  pour leur «bon travail». Il les a exhortés à redoubler d’efforts. La Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’ALG a décidé de la transformation de l’institution en un espace économique intégré couvrant l’ensemble des territoires des États membres : le Burkina Faso, le Niger et le Mali. C’était lors de sa 7è session ordinaire, tenue le 24 novembre 2011, à Niamey au Niger. Cette volonté a été concrétisée avec l’adoption du Traité révisé de l’ALG, le 24 janvier 2017 à Niamey, à l’issue de la 2è session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement. FC/MD (AMAP)

Zones de production de l’Office du Niger : La campagne agricole s’annonce prometteuse

Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 26 sept (AMAP) Une délégation de l’Office du Niger 9ON) a effectué, du 16 au 18 septembre dernier une visite de terrain dans les sept zones de production, à savoir Ké Macina, Kolongo, M’Bewani, Kouroumari, N’Débougou, Molodo et Niono, dans le cadre de la supervision de la campagne agricole 2022-2023 afin d’apprécier la physionomie de la campagne, de s’imprégner de l’état d’approvisionnement des engrais (chimique et organique) et des efforts fournis par les producteurs. Les trois jours de tournée ont permis à l’équipe de supervision, avec à sa tête, le chargé de communication de l’ON, Moulaye Alassane Diarra de s’enquérir de la situation sécuritaire dans les différentes zones de production. Elle s’est assurée du bon déroulement des travaux d’entretien effectués au début de la campagne et de la disponibilité des producteurs. La mission, lors de son passage, a pu constater un grand engouement dans les différents magasins de vente d’intrants après les efforts du gouvernement d’augmenter et d’ouvrir la livraison aux gros fournisseurs traditionnels. Des camions déchargeaient des stocks d’engrais dans les différents magasins à Ké-Macina et Kolongo. La campagne agricole 2022-2023 dans les zones de production de l’ON, d’une manière générale s’annonce prometteuse. La physionomie des champs est satisfaisante dans l’ensemble, comme a pu constater l’équipe de reportage de l’AMAP. Malgré le retard dans la disponibilité de la subvention du gouvernement en intrants et l’insécurité dans certaines zones, les producteurs espèrent une bonne campagne. Mamadou Diarra est un producteur de riz que nous renncontré dans son champ situé dans la zone de production de Ké-macina. «Nous remercions Dieu. Au début, nous avons eu des difficultés liées l’engrais. Le DAP était cédé à 39.000 Fcfa, l’urée 35.000 Fcfa. Pour mes premiers travaux, j’ai dû vendre des stocks de riz pour acheter de l’engrais. Mais, récemment j’ai reçu la subvention de l’Etat à raison de deux sacs par hectare. Cela a été un bol d’air. A l’heure actuelle, mon champ a reçu tout l’engrais dont il a besoin » a-t-il indiqué. Mamadou Diarra, qui espère une grosse production, cette année par rapport à l’année précédente, salue les autorités pour leur engagement dans le cadre de la sécurisation de leur zone et remercie la direction de l’Office du Niger pour avoir réhabilité le canal et le distributeur de Ké-Macina qui a réglé le problème d’eau dans leur zone. Dans la zone de production de Kolongo, Souleymane Coulibaly dit Koblen, un producteur de riz a pu exploiter une superficie de huit ha et demie cette année. Son champ que nous avons visité, présente une bonne physionomie et est rassurant quant à une bonne récolte. Son secret : la fumure organique. « Je n’ai pas eu de difficulté par rapport à la campagne. J’ai commencé mes premiers travaux avec la fumure organique que je prépare moi-même. Appréciez, vous même, le résultat » s’est-il exclamé. Le vieux producteur salue la présence des forces de l’ordre qui font des patrouilles. « La zone s’est beaucoup stabilisée. Cette année je compte sur 100 à 120 sacs à l’ha » a-t-il confié. De vendeuse de son, Maïmouna Coulibaly dite Bou Maï est aujourd’hui productrice de riz. Dans la zone de production de l’Office du Niger à Molodo, elle exploite une superficie de quatre ha. Bou Maï cultive du riz, du maïs, du haricot et fait du maraîchage en contre saison. Pour la campagne en cours,, elle espère un bon rendement : « Les superficies cultivées nous donnent espoir. La difficulté majeure a été l’engrais. Les sacs que j’ai reçus n’ont pas été donnés à temps. Il y a une période pour mettre l’engrais. Passé ce délai, cela peut avoir un impact sur la production ». a-t-elle expliqué. Tout comme Koblen, elle a d’abord utilisé la fumure organique. Bou Maï estime que la sécurité s’est beaucoup améliorée. «J’ai pu travailler sans contrainte aucune grâce à la présence des forces de l’ordre», a-t-elle dit. Gaoussou Traoré, producteur de riz à Dogofry, souhaite plus de sécurité dans sa zone. « La campagne se déroule bien même si on a été confronté à des difficultés liées à la sécurité et à l’engrais. J’ai dû faire des manœuvres pour acheter la quantité nécessaire pour mon champ. Mais il y a trois jours, j’ai bénéficié de la subvention », a-t-il dit. Il a expliqué que là où se trouve son champ à Dogofry, la situation s’est améliorée. « Cependant, a-t-il indiqué, les producteurs à cause de l’insécurité, n’arrivent pas à accéder à leurs champs situés sur la ligne de Farabougou. » EFFORTS CONTINUS – Dans les zones de production de l’Office du Niger, les directeurs ont bon espoir quant à l’atteinte des objectifs. Ils souhaitent que les efforts se poursuivent sur le plan sécuritaire afin que l’espoir ne s’effrite au moment des récoltes. Le directeur de la zone de production de Ké Macina, Daouda Diarra, a précisé que sa zone compte sur un rendement de 6 tonnes à l’hectare, cette année. «Sur une prévision de 10.352 ha en casier, nous avons tout cultivé soit 100%. La sécurité est assurée dans nos trois casiers. Il n’y a pas d’endroit où nos producteurs ne peuvent se rendre. Les travaux d’entretien ont, aussi, été faits à cent pour cent. C’est ce qui nous a permis cet bon résultat», a-t-il expliqué. A Niono, le directeur, qui se veut rassurant,  est convaincu que sa zone fera une campagne exceptionnelle cette année. « La physionomie est satisfaisante. Sur une prévision de 14.346 ha, nous avons pu mettre en valeur 14.145 soit 98,60%. Un taux record cette année », a-t-il indiqué, soulignant que la situation sécuritaire s’est beaucoup améliorée cette année par rapport à l’année dernière. Le directeur de la zone de production de M’bewani, Auguste Drago, espère sur une production de 149.890 tonnes. Dans sa zone, sur une prévision de  23 060 ha en casier, environ 19.500 ha ont été mis en valeur soit un taux de réalisation de 81%. « Les terres aménagées et réceptionnées de l’Union européenne (UE) et de la Banque mondiale, d’une superficie de 3.000 ha n’ont pas été exploitées à cause de l’insécurité. Les préparatifs

Spécial 22 septembre 2022-Textile malien : Retour en grâce du  «Made in Mali»

Par Amadou SOW Ce grand essor des tissus traditionnels maliens est perçu comme un symbole de fierté nationale et une expression de patriotisme. Mais surtout de soutien à la volonté de s’extraire du joug de la domination extérieure L’affirmation de notre identité passe-t-elle aussi par le textile malien ? Beaucoup répondent par l’affirmative au regard des actions de promotion de nos tissus traditionnels par les autorités de la Transition. Ainsi, celles-ci ont fait du développement du coton local, leur cheval de bataille. La valorisation des habits à base de cotonnade est un grand pas dans ce sens. Le processus remonte aux premières heures de l’indépendance de notre pays. Bien que l’état a réussi des actions comme la création d’usines, de centres de formation, l’organisation des foires et l’adoption de textes relatifs à la promotion et la vulgarisation du textile malien, le chemin à parcourir pour imposer le made in Mali à une plus grande échelle reste long et plein d’embûches. Le «Mali Kura» doit se nourrir d’une gouvernance vertueuse, de la volonté de retourner à certains fondamentaux. Il doit aussi reposer sur la mise en valeur de nos tissus «Malifiniw». C’est dans cette vision que les nouvelles autorités ont entrepris de mettre en exergue le label malien. Un accent particulier a été mis sur la production locale afin d’imposer la marque du pays.   PLUS DE 42% DE LA POPULATION – Le directeur général du Centre de développement de l’artisanat textile (CDAT), Ousmane Coulibaly, rappelle les efforts de relance du textile à travers le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme. Et l’adoption par le gouvernement de la Politique nationale de l’artisanat qui intègre le textile. Notre interlocuteur évoque aussi les mécanismes de production et de consommation du textile malien, l’organisation de la 3è édition du Salon international de l’artisanat du Mali (Siama) qui traduit la volonté du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, de répondre à l’aspiration profonde de faire de l’artisanat un moteur de croissance, de développement, de création d’emplois et de richesses. Ce secteur occupe plus de 42% de la population et contribue significativement au Produit intérieur brut (PIB) du pays.  Ousmane Coulibaly parle également des initiatives privées comme les Journées textiles du Mali à l’initiative de l’Alliance des journalistes pour le développement de la culture (AJDE). Le développement de la filière coton qui a servi de stimulant à la relance des usines et unités de fabrique de tissus, l’appui institutionnel aux faitières, la création de la route du textile (Bamako-Ségou-Markala), de plateformes promotionnelles du textile, entre autres, sont à mettre à l’actif des autorités. L’Etat a aussi relancé la Compagnie malienne de Textile (COMATEX) en injectant une première tranche de plus de 600 millions de Fcfa. Il y a eu aussi l’organisation d’un atelier national intitulé : «Vision concertée dans le secteur de l’industrie textile», la formation des acteurs de la chaine, l’augmentation de la production à travers la validation d’un programme quinquennal du CDAT.  Toutes ces actions ont permis à notre pays de retrouver son leadership dans la production du coton. Environ 2% seulement sont transformés. D’où la nécessité d’œuvrer à la promotion du made in Mali. Cela implique la disponibilité de ressources humaines qualifiées, la revitalisation des structures de formation comme le Centre de recherche et de formation pour l’industrie textile (Cerfitex) de Ségou.  ADHÉSION – «Oui, le textile malien a connu un grand essor pendant la Transition», constate le promoteur de Biotex, Moussa Bagayoko. Le sexagénaire rappelle que jadis, un tissu traditionnel à base de cotonnade était offert au marié par sa belle-mère qui confectionnait elle-même la matière première (le fil). Avec ce tissu, le beau-fils devait coudre un grand boubou.  Aujourd’hui la population adhère à la valorisation du textile malien. Tisserands, revendeurs, tailleurs et autres acteurs des métiers connexes se frottent les mains. Ce boom du made in Mali est perçu comme un symbole de fierté nationale et une expression de patriotisme et de soutien à la volonté de s’extraire du joug de la domination étrangère.  Premier ministre, membres du gouvernement et présidents des institutions s’habillent fièrement de tissus maliens. On se souvient du passage du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga à la tribune des Nations unies en septembre 2021, vêtu de son grand boubou en tissu de cotonnade. Aussi des millions de Fcfa ont été injectés dans des projets de relance d’usines de fabrique de tissus ou de fils. Le gouvernement et ses partenaires entendent convenablement approvisionner le marché en matière première. Un projet de labélisation du textile malien est actuellement en cours en vue de permettre à nos compatriotes de consommer malien.  Aïchatou Dembélé, styliste et promotrice de Farafina Design, souligne les difficultés à accéder aux matières premières : «l’accès aux matières premières est toujours difficile alors que la demande augmente».  Oumarou Tamboura, tisserand à Daoudabougou, confie que sa profession reprend des couleurs. Elle se réjouit du fait que l’accompagnement du ministère en charge de l’Artisanat y est pour quelque chose. Précisons que le CADT a été créé en 2012 grâce au projet Tissuthèque initié par le gouvernement et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel, avec l’appui financier du Japon. La structure a pour mission la transformation artisanale des textiles produits localement.   AS (AMAP)