Koutiala, de Sikasso et de Bougouni : Les constats rassurants du ministre Modibo Keïta

Par Kadiatou OUATTARA Envoyée spéciale Bamako, 16 nov (AMAP) Le ministre du Développement rural, Modibo Keïta, s’est rendu, le weekend passé, dans les Régions de Koutiala, de Sikasso et de Bougouni (Sud), en zone cotonnière pour constater la commercialisation de la production. Pour la première étape de la visite, samedi, la délégation composée des membres de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), a mis le cap sur un espace de commercialisation cotonnière, à Koutiala, capitale de l’or blanc. Sur le marché de coton de la coopérative « Koto gnogon tala » au village de Signe situé à 17 km de la ville de Koutiala, la délégation a pu voir les expositions des récoltes de coton graine de la saison en cours. Le coton sera pesé avant de l’acheminer vers les unités d’égrenage. Cette période de commercialisation a débuté depuis le 27 octobre dernier. Le secrétaire général de la coopérative, Drissa Koné, a révélé que 250 hectares de coton ont été cultivés et 100 tonnes sont vendues. « C’est une grande satisfaction pour moi de voir ce rendu », s’est réjoui le ministre du Développement rural. La visite a permis à Modibo Keïta de recenser les difficultés auxquelles les cotonculteurs ont été confrontés lors de cette campagne. Evoquant les difficultés, le président de la coopératif, Aguibou Sounkara, a souligné les maladies du cotonnier provoquées par les ravageurs piqueurs suceurs appelé « Jassides ». Ce ravageur s’est mué en deux nouvelles espèces qui sont apparues pour la première fois au Mali. Il s’agit de Jacobiasca et Amrasca biguttula. Selon M. Sounkara, les pluies abondantes et l’insuffisance d’engrais ont réduit la quantité de récolte. Il a également demandé la mise en place à temps des subventions nécessaires pour les cultures. La visite s’est poursuivie dans la ville de Koutiala, à l’usine d’égrenage. Là, le directeur industriel de la filiale Nord-Est de la CMDT, Moussa Yattara, a expliqué que les balles sont classées par catégorie, stockées et expédiées vers les ports de Lomé (Togo) et d’Abidjan (Côte d’Ivoire). Après cette étape, le ministre du Développement rural a réuni les directeurs des services techniques et les responsables des producteurs. Au cours de cet échange, ils ont fait le bilan des travaux réalisés. Pour le ministre Keïta, la campagne a été bonne en matière de pluviométrie. Il a invité les exploitants agricoles à bien gérer les céréales. « J’espère que nous allons conserver notre position de premier producteur en Afrique », a dit Modibo Keïta. Auparavant, la délégation avait rendu une visite de courtoisie aux autorités religieuses et coutumières de la région de Koutiala. Nkouroula, une localité située à 50 km de Sikasso, fut la deuxième étape de la tournée. La délégation a fait une descente dans le champ de coton de Adama Sanogo qui fait une superficie de 17 hectares. Ce cultivateur natif de la zone, a effectué les premières récoltes dans son champ. Il a également fait face aux attaques du « Jassides » dans son cotonnier, ce qui lui a causé beaucoup de pertes. « Les cotonniers qui ont été plantés très tôt ont donné quelques capsules. Par contre, ceux qui ont été plantés en retard, n’ont rien donné. Ce qui a joué sur le rendement », a-t-il dit. Modibo Keita a, au cours d’une rencontre avec ses collaborateurs, membres de la filiale Sud Sikasso et les producteurs, assuré que les chercheurs mènent des travaux en vue d’anéantir les insectes qui font des ravages. Il a également expliqué que les contraintes d’approvisionnement en engrais sont dues au conflit en Ukraine et à la fermeture des frontières de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour sa part, l’administrateur général de la filiale Sud-SA, Kabaou Dolo, a déclaré que durant cette campagne agricole, sa filiale a fait une production de 307 926 tonnes de coton graine, à raison d’un rendement de 1 041 kg/ha. « Cette production représente 40 % de la production nationale avec une valeur de production de 88 milliards de Fcfa », a-t-il estimé, ajoutant que le prix du coton est de 285 Fcfa le kilogramme. L’administrateur général a souligné que les travaux des routes dégradées ont commencé, en vue de faciliter le transfert des produits. Parlant des difficultés, le délégué régional, Hamidou Goscoko, a évoqué les besoins en aliment bétail. Le périple de deux jours s’est achevé à Zantiéla, une localité de Bougouni par la visite du champ de 5 hectares de coton de Bakary Kouyaté. Le paysan s’est réjoui de la présence de la délégation sur son périmètre au moment où il avait entamé la cueillette du coton. Sur place, le ministre du développement rural s’est dit satisfait. Modibo Keita a salué et félicité les efforts du producteur. KO/MD (AMAP)

Mali-BAD : Le ministre de l’Economie et des Finances reçoit l’administrateur du Groupe de pays du Mali

Bamako, 16 nov (AMAP) Le ministre de l’Economie et des Finances et gouverneur du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) au Mali a reçu en audience, lundi, Désiré Guedon, administrateur siégeant au Conseil d’administration de la BAD pour le compte du Mali en visite de consultation et d’orientation, a annoncé le département en charge de l’Economie. Nommé il y a quelques semaines, Désiré Guedon, qui est chargé de défendre les intérêts du Mali au sein de la BAD, « est venu se présenter au ministre-gouverneur Sanou et recevoir ses conseils et orientations avisés dans le cadre d’un meilleur accomplissement de sa mission au service du Mali », précise la source Après l’avoir félicité pour son élection au poste, le ministre Alousséni Sanou a partagé avec M. Guedon « les orientations des autorités du Mali en matière de politique économique, financière et budgétaire, leurs attentes en termes d’amélioration de l’état du portefeuille des projets et programmés financés par le BAD. » M. Sanou a, aussi, porté à l’attention de son hôte « les nouvelles perspectives, notamment dans les domaines agricole et énergétique qui constituent des piliers essentiels de l’économie malienne. » Il a indiqué que ces orientations des autorités du Mali et les priorités du gouvernement sont destinées à mieux conforter l’administrateur au Conseil d’administration de la BAD dans son rôle de promotion et de défense des intérêts du Mali au sein de l’institution financière. L’administrateur qui s’est dit « satisfait de la qualité des orientations et conseils reçus » a assuré le ministre de tout son engagement à défendre les positions maliennes au sein de la BAD. À la date du 31 octobre 2022, le portefeuille actif du secteur public de la BAD au Mali compte vingt projets pour un montant total approuvé de 458,484 millions d’Unités de compte (UC), soit environ 391,37 milliards de Fcfa. Le total des décaissements effectués sur les montants engagés est de 175,236 millions d’UC, soit environ 149, 59 milliards de Fcfa. Le taux global de décaissement à la date du 31 octobre 2022 affiche 38,22 % pour un âge moyen du portefeuille de 5,41 ans. Le portefeuille de la BAD compte deux opérations en faveur du secteur privé pour un montant total de 33, 895 millions d’UC, soit environ 28,93 milliards de Fcfa. Le conseiller supérieur au Bureau de l’administrateur, Gaoussou Sylla, et le représentant pays de la BAD au Mali ont pris part à cette séance. MD (AMAP)

Campagne agricole 2022/2023 : La CMDT revoit ses ambitions à la baisse

Par Cheick M. TRAORÉ Bamako, 16 nov (AMAP) La direction générale de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) a revu ses ambitions à la baisse, en prévoyant une production cotonnière inferieure à celle annoncée au titre de la campagne agricole 2022/2023, a annoncé la compagnie étatique, dans une note consultée, samedi dernier, par l’AMAP. «La production de coton graine attendue sera en deçà des prévisions fixées au début de la campagne agricole et inférieure à la production de la campagne 2021/2022», précise la Holding CMDT dans sa note. Cette source précise que la baisse pourrait dépasser 20%, par rapport au niveau de production de 2021/2022. Cette contreperformance attendue est, selon le document de deux pages, due à l’abondance de pluies, aux inondations, au lessivage des sols, aux attaques des jassides. La conjonction de «ces facteurs défavorables» a entrainé l’abandon par les paysans d’une superficie totale de 158.090 ha sur un total 743.824 ha semés. En effet, analyse la CMDT, les hauteurs de pluies enregistrées jusqu’en fin septembre 2022 ont été excédentaires au niveau de plusieurs postes pluviométriques. De fortes pluies ont été enregistrées dans toutes les zones de production. Elles ont entrainé des inondations dans les parcelles situées au bord des cours d’eau et dans les bas-fonds. L’encadrement dit avoir, en la matière, dénombré en début du mois d’octobre 34.596 ha de coton inondés. Or «le cotonnier n’aime pas les fortes pluies et les fréquences élevées de pluies», expliquent les experts de la Compagnie. En conséquence, des cas de lessivage sont visibles dans plusieurs parcelles. « Les plants sur ces parcelles sont rabougris. La pourriture des capsules de base est constatée sur plusieurs parcelles de coton . » Les excès de pluies ont toujours été contreproductifs pour le rendement du coton, font remarquer les spécialistes. Ils illustrent leur analyse par les contreperformances de la campagne 1999/2000 au cours de laquelle la pluviométrie «très excédentaire» a occasionné des inondations. La production du coton graine est ainsi passée de 518.364 tonnes en 1998/1999 à 459.123 tonnes en 1999/2000, soit une baisse de 11%. Il en a été de même pour la «campagne 2018/2019 où la pluviométrie a été également très excédentaire, occasionnant des submersions. «La production du coton graine est ainsi passée de 728.606 tonnes en 2017/2018 à 656.531 tonnes en 2018/2019, soit une baisse de 10%», rappelle la CMDT. Elle ajoute : «Le seul fait de la forte pluviosité entrainant les inondations, favorisant l’enherbement des parcelles et le lessivage peut occasionner une baisse de production de plus de 10% par rapport à une campagne normale.» PULLULATION DE JASSIDES– Des superficies d’environ 32.523 ha n’ont pas pu être entretenues. Il s’agit des parcelles très enherbées à cause de la fréquence élevée des pluies, celles endommagées par les animaux et quelques cas de reconversion en d’autres cultures. À ces phénomènes est venue se greffer la forte pullulation des jassides, depuis fin juillet 2022. L’espèce de jassides habituellement connue dans la sous-région est Jacobiella fascialis. Les produits insecticides disponibles permettent de la maîtriser. Mais la capture et l’analyse des individus de jassides de cette campagne dans les pays infestés a abouti à l’identification de deux espèces dominantes : Jacobiasca lybica et Amrasca biguttula. Ces deux espèces font leur apparition pour la première fois au Mali. C’est surtout l’espèce Amrasca biguttula qui était beaucoup plus dominante. Cette espèce se multiplie très rapidement et fait plus de dégâts que la Jacobiella fascialis. Les attaques sévères de l’Amrasca ont amené les producteurs à abandonner 90.971 ha. La mission conjointe traditionnelle CMDT-Institut d’économie rurale (IER) relative au suivi phytosanitaire des cultures du système coton s’est rendue sur le terrain pour faire le constat. Le PDG de la CMDT, Dr Nango Dembélé, et ses techniciens ont pris des mesures urgentes pour limiter les dégâts. Il a ainsi été demandé à l’encadrement et aux producteurs un changement immédiat de stratégie de protection phytosanitaire du cotonnier en réduisant l’intervalle de traitement de 14 à 07 jours et l’utilisation des produits indiqués contre les jassides. Le GIE C-SCPC/CMDT/OHVN a commandé et mis à disposition des quantités d’insecticides contre les jassides recommandés par le Programme coton de l’IER. Des campagnes de sensibilisation ont été diffusées dans ce sens sur les radios pour informer les producteurs des mesures à prendre pour maîtriser les jassides. Ce phénomène de pullulation de jassides est un problème sous régional. Les pays touchés sont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal et le Togo. Le Bénin, le Cameroun et le Tchad sont moins touchés. Ainsi, la production de coton de l’Afrique de l’Ouest et du Centre devrait sensiblement diminuer lors de la campagne 2022/2023 pour se situer à environ un million de tonnes de coton-graine, selon des chercheurs. D’après les estimations de plusieurs négociants, comparativement au niveau de production de 2021/2022, la baisse pourrait même dépasser 20%. SOUTIEN DES AUTORITES – Le mauvais signal avait commencé dès le début de la campagne agricole 2022/2023 qui a démarré dans un contexte difficile marqué par deux principales situations défavorables. La flambée des prix des intrants agricoles sur le marché mondial (suite de l’impact de la pandémie de Covid-19 et du conflit entre la Russie et l’Ukraine). L’embargo imposé au Mali par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de janvier à juillet 2022, privant le Mali de l’accès aux principaux ports d’approvisionnement du pays. Ce qui a entrainé une hausse des prix des engrais du système coton (coton, maïs, mil et sorgho). À titre d’exemple, le prix fournisseur du complexe coton est passé de 383.000 Fcfa en 2021/2022 à 620.000 Fcfa/tonne. Celui du complexe céréales est passé de 380.000 Fcfa/tonne à 615.000 Fcfa/tonne. Et celui de l’urée est passé de 370.000 Fcfa à 640.000 Fcfa/tonne. Il faut, aussi, noter l’insuffisance de cet engrais sur le marché mondial. Pour y faire face, le président de la Transition, lors de la 12ème session du Conseil supérieur de l’Agriculture en mars 2022, a pris des décisions qui ont encouragé les producteurs. Le prix

Un crédit de 20 milliards de Fcfa de la Banque mondiale contre l’insécurité alimentaire au Mali (Communiqué)

Bamako, 11 nov (AMAP) La Banque mondiale a approuvé un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) d’un montant de 30 millions de dollars soit environ 20 milliards de Fcfa alloués au Mali pour améliorer la productivité agricole et renforcer la résilience des ménages ruraux vivant dans les zones arides ciblées, a annoncé un communiqué de l’institution de financement du développement. «Ces ressources supplémentaires augmenteront le nombre de ménages bénéficiaires de transferts monétaires directs de plus de 40.000 à 193.000 ménages et contribueront à atténuer l’insécurité alimentaire dans laquelle ils se trouvent», a expliqué la Directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Clara De Sousa. Ce financement additionnel, au titre du Projet de développement de la productivité et de la diversification agricole dans les zones arides du Mali (PDAZAM), s’inscrit dans les objectifs de la Banque mondiale « visant à renforcer la production et la résilience des systèmes alimentaires, faciliter les échanges commerciaux, développer des chaînes de valeur inclusives et soutenir les ménages vulnérables ainsi que les producteurs », précise le communiqué. Selon la même source le crédit couvrira « les coûts d’une réponse d’urgence à l’insécurité alimentaire ainsi que ceux occasionnés par les pressions inflationnistes, dues en partie à la crise ukrainienne et à l’insécurité. » Les activités du Projet « ciblent les pauvres et les personnes vulnérables y compris les femmes les jeunes, et les personnes déplacées à l’intérieur du pays », explique le document. La directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali précise que « les femmes qui jouent un rôle dominant dans l’agriculture de subsistance et dans la vente d’aliments transformés sur les marchés ruraux et urbains, les ménages qu’elles dirigent ainsi que les agricultrices seront ciblés pour amplifier les bénéfices du projet. » Avec ce fonds additionnel, le PDAZAM pourra couvrir un plus grand nombre de bénéficiaires éligibles dans la zone d’intervention, notamment les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (Près de Bamako), Ségou et Mopti (Centre), et ailleurs en cas de déclaration de crise alimentaire. selon la Bamque mondiale. Ce fonds additionnel arrive, quelques jours, après le lancement de la 27ème Conférence des parties sur le changement climatique (COP 27) à Sharm-el-Sheik en Egypte. L’IDA est l’institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète. Fondée en 1960, cette institution accorde des dons et des prêts à taux faible ou nul pour financer des projets et des programmes de nature à stimuler la croissance économique, réduire la pauvreté et améliorer la vie des plus démunis. BBC/MD (AMAP)  

Visite du DG des douanes à Ségou : Mobilisation pour l’atteinte des objectifs quantifiés de recettes

Ségou, 10 nov (AMAP) Le directeur général des douanes, l’inspecteur général Amadou Konaté, a effectué mercredi une visite de travail dans la Région de Ségou (Centre) en vue de la réalisation des objectifs quantifiés de recettes. Lors d’une rencontre, dans la salle de conférence de la direction régionale des douanes de Ségou, regroupant les directeurs régionaux des douanes de Mopti, Koutiala et Ségou, il est ressorti qu’en matière de perception des recettes, de janvier à septembre 2022, sur une prévision de 12.915.000.000 Fcfa, la direction régionale de Ségou a pu réaliser 11.160.300.000 Fcfa, pour le dernier trimestre. Sur une prévision de 5.421.000.000 Fcfa, elle a recouvré 1.266.000.000 Fcfa en fin du mois d’octobre 2022. Les facteurs qui justifient ces chiffres par rapport aux objectifs « sont l’insécurité dans les deux régions administratives (Ségou et San) et la faiblesse des effectifs », a fait savoir le directeur régional des douanes de Ségou, le lieutenant-colonel Oumar Tangara. Intervenant à la fin de la rencontre , le directeur général des douanes a déclaré à la presse qu’ « un seul point figurait à l’ordre du jour de cette rencontre à savoir la mobilisation de l’ensemble des douaniers pour l’atteinte des objectifs quantifiés de recettes et bien d’autres qui sont en rapport avec les trois orientations » qui lui ont été assignées par le ministre de l’Économie et des Finances. « Il s’agit de la mobilisation des recettes douanières, de la lutte contre la fraude et la réalisation des reformes pour améliorer nos prestations», a indiqué l’inspecteur général Amadou Konaté. Le DG des douanes a révélé que l’activité douanière s’est réalisée, en 2022, dans des conditions extrêmement difficiles, marquée par des crises multidimensionnelles (crise sécuritaire, Covid-19, embargo imposé par la CEDEAO et conflit russo-ukainien). Selon Amadou Konaté, « l’ensemble de ces crises a coûté au cordon douanier près de 142 milliards de FCFA de pertes de recettes. » Le patron des douanes n’a pas manqué de saluer l’accompagnement de l’État dans la mise en œuvre des réformes entreprises par sa structure à savoir l’adoption de la loi portant Code des douanes, la récompense du mérite par l’octroi d’une médaille aux douaniers, la  construction du nouveau siège de la direction générale des douanes, etc. Selon Amadou Konaté, les douanes ont un devoir de retour envers l’État « en réalisant tout simplement les objectifs quantifiés de recettes qui lui sont assignés durant cette année. Il a rappelé que, de janvier à octobre 2022, les douanes ont réalisé un total de 464,155 milliards de Fcfa, malgré le contexte difficile. Le DG des douanes a appelé à l’implication effective du personnel des douanes de Ségou, Mopti et Koutiala afin d’atteindre, en décembre 2022, les objectifs quantifiés de recettes à la direction des douanes qui sont de l’ordre de 611.290.000.000 Fcfa. Le directeur général des douanes et sa délégation se sont également rendus au gouvernorat pour rencontrer le chef de l’exécutif régional. Le contrôleur général de police Alassane Traoré a salué le travail abattu au quotidien par les soldats de l’économie, avant de souligner « la nécessité de renforcer la direction régionale des douanes de Ségou en personnel afin de réussir les objectifs qui lui sont assignés. » MS/MD (AMAP)  

Le Mali crée une commission de lutte contre la hausse des prix 

Bamako, 10 nov (AMAP) Le gouvernement malien a institué une Commission interministérielle de lutte contre la hausse des prix et de facilitation de l’approvisionnement du pays en intrants agricoles et produits de première nécessité, a appris l’AMAP de source officielle. Créée le 2 novembre dernier, par décret, cette Commission,  « a pour mission de coordonner et de suivre toutes les initiatives visant à lutter contre la flambée des prix des produits de première nécessité et à faciliter l’approvisionnement du pays en intrants agricoles et en produits de première nécessité. » Précisément, elle est chargée d’analyser les causes de la flambée des prix des produits de première nécessité et de l’approvisionnement difficile du pays en intrants agricoles, de prendre des mesures pour une meilleure gestion de la période de soudure, de coordonner et évaluer les actions et mesures prises au niveau des départements ministériels. La commission est, également, chargée de proposer des mesures correctives en vue d’améliorer les conditions de vie des populations et d’assurer l’approvisionnement correct du pays en intrants agricoles et en produits de première nécessité. Elle aura la tâche d’entreprendre toute autre action pouvant contribuer à l’atteinte des objectifs du gouvernement en matière de réduction ou de maîtrise des prix des produits de première nécessité et de facilitation de l’approvisionnement correct du pays en intrants. Présidée par le Premier ministre, la Commission interministérielle « se réunit en session ordinaire chaque mois et en session extraordinaire chaque fois que de besoin, sur convocation de son président ». MD/MD (AMAP)

Mopti, au Centre du Mali : La campagne agricole en zone Office riz suscite de l’espoir

Par Dramane COULIBALY Mopti, 9 nov (AMAP) La campagne agricole 2022-2023 en zone Office Riz Mopti (ORM), dans le Centre du Mali,  à la faveur de la crue exceptionnelle et de la bonne pluviométrie, augure de bonnes perspectives. Les producteurs de la zone entendent contribuer à la sécurité alimentaire du Mali avec une production attendue de 164.685 tonnes de céréales, toutes spéculations confondues, avec un accent particulier sur le riz qui occupe 73% au titre de ladite campagne. Celle-ci a démarré dans des conditions agro-climatiques et socioéconomiques difficiles, liées à la crise sécuritaire et humanitaire avec le sabotage de la station de pompage du périmètre moyen de Sofara, de l’ouvrage du casier de Torokoro-Kouna par des groupes armés non identifiés et le déplacement massif des populations. Selon le directeur général de l’ORM, Yaya Amadou Téssougué, « ces difficultés ont été aplanies avec des mesures prises » par son service et l’État. Il s’agit de la distribution gratuite de 21 tonnes de semence de riz certifié aux producteurs, l’entretien et la réhabilitation des infrastructures hydro-agricoles et le renforcement de la confiance entre l’encadrement, les organisations professionnelles agricoles, les partenaires au développement par des actions de concertation et de dialogue. Et d’ajouter que « l’État, suite aux évènements malheureux de Sofara, a octroyé gratuitement aux producteurs du périmètre moyen les 50% de leurs besoins en engrais minéraux et mis à leur disposition 8 moto pompes et intrants pour sauver la campagne ». Le premier responsable de l’ORM a, aussi, expliqué que la subvention des engrais par l’État pour 6.135 tonnes et la bonne répartition des pluies dans le temps et l’espace, associée à la bonne crue, ont permis la réalisation d’un objectif d’emblavure de 93.104 ha, soit 9,95% d’augmentation par rapport à la précédente campagne. Pour lui, il y a également un taux de germination satisfaisant. La zone d’intervention de la structure, qui couvre les parties inondables des Cercles de Djenné, Mopti, Ténenkou et Youwarou (Centre), est un bassin de production de céréales par excellence ou l’état végétatif et l’aspect général des champs est bon dans l’ensemble. Le riz est au stade épiaison en maîtrise totale et au stade levé de feuille dans les autres modes de riziculture. Le mil, le sorgho et le maïs sont au stade maturation (récolte en cours). C’est le constat établi par Yaya Amadou Téssougué après une série de visites de supervision de la campagne. Selon lui, malgré les difficultés liées au mauvais état des infrastructures hydro agricoles, le faible équipement des producteurs et la crise sécuritaire, ayant réduit la mobilité du personnel d’encadrement, « les efforts d’accompagnement des autorités à travers le ministère du Développement rural ont permis d’atteindre des objectifs d’emblavure avec une production attendue de 164.685 tonnes de céréales en zone ORM ». Pour booster la productivité et la production, la direction de l’ORM a initié un projet intitulé : «Projet de développement intégré de l’Office Riz Mopti» pour transformer les casiers rizicoles en maîtrise totale de l’eau. Cet ambitieux programme donne espoir aux producteurs de riz dans un contexte de changement climatique, dont l’adaptation reste une alternative crédible. Le projet qui ambitionne la transformation de 4.260 ha à cours termes bénéficie de l’accompagnement de l’État. Pour le président de la coordination des producteurs, Moussa Diallo, la difficulté majeure de cette campagne réside au niveau de la couverture du bassin de production en engrais minéraux. Contrairement aux années précédentes, l’accent a été mis sur l’engrais organique un système auquel les paysans n’étaient pas préparés. « Le système est à l’essai et sera évalué à la fin de la campagne », a-t-il indiqué. En termes de conseil, le DG de l’Office a invité les producteurs à élaborer un plan de fertilisation organique et de renouvellement des semences, à ne pas brader la production, à veiller sur la dynamique des oiseaux granivores ». Yaya Amadou Téssougué et le président de la coordination, Moussa Diallo, ont salué les efforts des plus hautes autorités à travers le ministre du Développement rural, Modibo Keïta, engagées pour réussir la campagne afin d’assurer l’auto-suffisance alimentaire du Mali. DC/MD (AMAP)    

Culture du blé au Mali : Péril sur l’immense potentiel

Par Mohamed TOURÉ et Almahadi A. TOURÉ Bamako, 9 nov (AMAP) On pourrait bien appeler cela le paradoxe malien. L’État renonce à des milliards de Fcfa chaque année pour encourager l’importation de denrée de base : riz, blé… Le pays dispose, pourtant, de potentialités immenses inexploitées pour la production à grande échelle de ces produits, notamment du blé. Plus de 45.000 ha se prêtent à la culture irriguée du blé dans la Région de Tombouctou et 100.000 ha aménagés dans la zone Office du Niger avec une disponibilité des ressources hydriques et des conditions agro-climatiques favorables, selon les estimations de l’Institut d’économie rurale (IER). Ce potentiel est loin d’être exploité. Les données officielles soulignent que le Mali n’exploite qu’environ 10.000 ha sur ce potentiel immense. La production totale moyenne s’élève à 45.000 tonnes soit une productivité moyenne de 3,5 tonnes par ha. La consommation annuelle de blé dépasse 365.000 tonnes, dont seulement 12,33% produits localement. Le pays importe une grande quantité de graine de blé d’Europe pour la consommation domestique. Les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) montrent que le Mali dépend fortement des importations de blé. «De 2015 à 2018, environ 278.550 tonnes de blé ont été importées en moyenne pour un coût annuel moyen estimé à près de 69 millions de dollars (environ 45,4 milliards de Fcfa)», souligne un document de recherche que nous avons consulté. À titre illustratif, « le Mali a importé 380.000 tonnes de blé en 2020 pour une consommation de 420.000 tonnes soit une production nationale de seulement de 40.000 tonnes », note le même document. Seulement ces derniers mois, le blé est devenu une denrée stratégique dans un contexte mondiale marqué par les effets de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Ces deux pays en sont les principaux producteurs mondiaux. «30% du blé au monde provient de la Russie et de l’Ukraine. Le blé est une céréale très consommée dans le monde et la plupart des pays importent de ces deux pays», explique l’économiste Modibo Mao Makalou, à propos de l’importance du blé dans le contexte de ce conflit qui secoue le monde depuis le 24 février 2022. La principale conséquence de ce conflit sur le continent africain a été la flambée des prix des denrées importées de ces deux pays. L’opportunité pourrait ainsi venir de la mise en valeur de la production locale pour les pays disposant de potentialités agricoles. «Le blé a la particularité d’être cultivé pendant la période froide alors que le riz par exemple est cultivé au cours de la période chaude», explique le Dr Oumarou Goïta, chercheur à l’IER. Ce spécialiste travaille, depuis plus de 20 ans, sur la sélection, le choix des variétés et les innovations dans la culture du blé au Mali. Les différents travaux qu’il a menés avec ses collègues ont permis de connaître avec précisons les conditions environnementales et les périodes de semi favorables au blé au Mali. Le Dr Goïta souligne que la culture du blé demande une grande technicité dans la gestion de l’eau pour fructifier les températures. Cette céréale a aussi la particularité de ne pas consommer beaucoup d’eau et les températures fraiches lui sont propices. Une aubaine pour certaines localités de la Région de Tombouctou, dans le Nord du Mali. La première région du Mali où la culture du blé aurait été introduite dès le 15è siècle, selon des sources historiques, par les Almoravides (Confrérie de moines guerriers, Berbères sahariens). ABANDON AU PROFIT DE L’OIGNON – Dans le Cercle de Goundam (Nord), le blé est en effet cultivé depuis des générations. Trois communes sont les fiefs de cette culture : Douékiré, Kanèye et Doukouria, situées à l’est de la Commune urbaine de Goundam, respectivement à 45 km et 5 km du chef-lieu de Cercle. Selon le chef du service local d’agriculture à Goundam, Amadou Almoudou, près de 2.500 ha de terres y sont exploités, chaque année, avec une production annuelle de 18.750 tonnes soit 7,5 tonnes à l’hectare. « Les surfaces cultivables sont façonnées en casiers, la méthode culturale est le semi par poquet et l’irrigation faite à l’aide de motopompes », explique Amadou Almoudou. Regroupés au sein de la coopérative des producteurs de blé du Cercle de Goundam, les producteurs écoulaient à perte une grande partie de la production. Le reste était vendu aux populations locales. Toute la production locale du Cercle, avant l’installation de l’insécurité et la survenue de la pandémie de Covid-19, intéressait un seul gros client : Achcar. « Il sillonnait les cercles de Diré et de Goundam à la fin des campagnes pour acheter les récoltes de blé, mais à un prix jugé presque dérisoire faute de concurrence », se souvient le président de cette unique coopérative des producteurs de blé. Mossa Ag Demba. Il juge que cette situation a découragé plus d’un exploitant. En plus de la vente à perte, les producteurs de blé demeurent confrontés à de nombreux défis dont la vétusté du système de canalisation, l’inflation du prix de l’engrais et autres intrants agricoles. Ce cumule de problèmes démotive de plus en plus les exploitants. Face à la situation, beaucoup de producteurs sont tentés d’abandonner la culture du blé, ces dernières années, au profit de l’oignon, du cumin et de l’anis, vendus dans les région situées au sud du pays à des prix plus alléchants. Avec l’argent obtenu, ils parviennent à payer des intrants, des tonnes d’engrais, des pièces de rechange et du carburant pour les motopompes. Une alternative à la perte causée par la mauvaise commercialisation du blé. Aujourd’hui, les blés produits dans les zones d’exploitation sont achetés et consommés par les populations des Régions de Tombouctou et Gao. Ils s’écoulaient très timidement, mais avec la crise actuelle les derniers stocks de blé ont été raflés par les consommateurs locaux. Le «sawal» l’unité de mesure du marché de la localité qui correspond à 3 kg est vendu à 1.750 Fcfa la mesure. Selon des documents de recherches, le blé est le deuxième produit agricole le plus important au Mali pour la sécurité alimentaire

Office du Niger : 800.000 tonnes de riz attendues

Par Mamadou SY Ségou, 8 nov (AMAP) La production attendue de riz paddy est 800.000 tonnes sur une prévision de 900.000 tonnes, au sortir de la campagne 2022-2023, avec une mise en valeur de plus de 115.000 ha, dans l’ensemble des zones de production de l’Office du Niger (Kolongo, Ké-Macina, Niono, Molodo, N’Débougou, Kouroumari et M’Bewani). Le directeur de l’informatique, de la planification et des statistiques de l’Office du Niger, Bamoye Keita, qui l’a annoncé mercredi dernier, intervenait lors d’une visite de terrain du Président directeur général (PDG) de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, accompagné de ses proches collaborateurs, dans les zones de production de M’Bewani, N’Débougou, Niono et Kouroumari. Il en ressort que les activités agricoles ont été réalisées conformément au calendrier agricole. De Niono en passant par N’Débougou, Kouroumari et M’Bewani, la récolte et le battage du riz de la saison d’hivernage sont en cours. La mise en place de pépinières pour les spéculations maraîchères a débuté. L’insécurité caractérisée par la présence de quelques cellules dormantes de terroristes dans certaines zones de production et le retard accusé dans l’approvisionnement des exploitants en engrais subventionnés ont impacté la campagne agricole. La première étape de cette visite de terrain a concerné la zone de production de M’Bewani. Le PDG de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, et sa délégation ont successivement visité les parcelles de riz de Seydou Coulibaly et Issouf Diarra. Avant d’assister à la récolte et au battage du riz. Seydou Coulibaly cultive la variété Gambiaka sur une superficie de 2,27 ha. Le visage illuminé par un sourire, il savoure l’instant présent et se dit satisfait du climat qui a prévalu. «La pluie a été au rendez-vous cette année. Sur le plan sécuritaire, l’appui des forces armées et de sécurité nous a permis de travailler en toute sérénité. Je n’ai pas rencontré de difficultés majeures au cours de cette campagne», a expliqué M. Coulibaly. Après M’Bewani, la délégation a mis le cap sur Ringande, un village situé dans la zone de production de N’Débougou. Sur place, elle a visité le champ de riz de Djénéba Ouédraogo. Cette exploitante agricole cultive la variété Kogoni 91-1 sur une superficie de 2,1397 ha. Son riz est au stade de la récolte. Sa médaille de l’ordre du Mérite agricole en évidence, Djénéba Ouédraogo se réjouit du bon déroulement de la phase de récolte et espère obtenir 8 tonnes de riz à l’hectare. À quelques mètres du champ Djénéba Ouédraogo, plusieurs hommes et femmes s’activaient, sous un soleil ardent, autour de la machine de battage. Souleymane Zango, un autre exploitant agricole que nous avons rencontré espère récolter 50 sacs de riz paddy par hectare malgré le retard dans l’approvisionnement des exploitants en engrais. À en croire le directeur de zone de Kouroumari, Salif Ouédraogo, les dispositions prises par les forces armées et de sécurité ont permis d’atteindre un taux de mise en culture de 89%, contre 71% pour la campagne agricole 2021-2022. M. Ouédraogo a rappelé que l’année dernière, à la même période, les activités agricoles avaient été perturbées par des hommes armés non identifiés. «Cette année, avec à la présence de patrouilles de l’armée, les opérations de récolte et de battage se déroulent normalement», nous a-t-il confié. Et le directeur de zone de Kouroumari d’ajouter que les paysans sont satisfaits des résultats engrangés, y compris l’encadrement technique qui parvient désormais à surveiller et conseiller les producteurs. SECURITE – Dans la zone de production de Niono, où la délégation s’est rendue, plusieurs producteurs étaient en pleine récolte. C’est le cas de Souleymane Dembélé qui pratique la riziculture sur une superficie de 10,13 ha. «Cette année, la campagne agricole s’est bien déroulée et nous sommes actuellement en plein dans la récolte du riz», a dit Souleymane Dembélé. Toutefois, il a déploré le fait que certains exploitants agricoles n’ont pas pu cultiver cette année à cause de l’insécurité. Il a salué les efforts des FAMa et des autorités de la Transition en faveur du bien-être des acteurs du monde rural. Le directeur de l’appui au monde rural, Djimé Sidibé, lui, a estimé que la gestion de la production destinée à l’autoconsommation et à la commercialisation demeure un défi majeur après la phase de récolte et de battage du riz. Afin de pallier ce problème, M. Sidibé a revélé que l’encadrement a entamé la sensibilisation des paysans au niveau des villages et des exploitations familiales. En marge de cette visite, le PDG de l’Office du Niger s’est rendu sur le site devant abriter le Projet N’Débougou IV, financé par la Banque allemande de développement (KFW) pour un montant d’environ 30 milliards de Fcfa. Selon Tidiane Traoré, le directeur de l’aménagement et de la gestion du foncier de l’Office du Niger, ce Projet concerne non seulement la réhabilitation du casier de N’Débougou sur 4.200 hectares, mais aussi le renforcement de capacités des paysans et l’installation de mini-rizeries. Le lancement des avis d’appel d’offre pour l’ensemble des travaux est prévu pour décembre 2022, a annoncé le directeur de l’aménagement et de la gestion du foncier de l’Office du Niger.   RESSOURCES HUMAINES – Après cette tournée dans les champs de riz, le Président directeur général de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, a eu une séance de travail avec les agents et les directeurs des zones de production de Niono, N’Débougou, Kouroumari et M’Bewani. C’était dans la salle de réunion de la direction de zone de Niono. L’objectif de cette rencontre était de partager avec eux les réformes entreprises par l’Office et recueillir leurs préoccupations. Intervenant à l’issue de la rencontre, la directrice des Ressources humaines de l’Office du Niger, Mme Sylla Ramata Djiguiba, a rappelé que ces différentes réformes sont issues des recommandations des audits externes. Parmi ces réformes figurent le cadre organique, les plans de formation et de carrière. «Ces documents majeurs ont été adoptés lors de la dernière session du Conseil d’administration de l’Office du Niger», a déclaré Mme Sylla Ramata Djiguiba. Elle a ajouté que l’objectif global est la valorisation des ressources

Fousseyni Maïga, directeur général du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) : «Faire du cinéma un pilier du développement économique»

Propos recueillis par Amadou SOW Bamako, 07 nov (AMAP) Pour les cinéphiles, le glorieux passé du cinéma malien évoque en eux des souvenirs agréables. Ils souhaitent de tout cœur que le 7è art malien retrouve son lustre d’antan à travers des films, mais aussi des hommes et des femmes (ces cinéastes qui ont fait du Mali une grande nation de culture cinématographique). Malheureusement, depuis quelques années, le secteur connait des difficultés. Pour en savoir plus, nous avons échangé avec le nouveau directeur général du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM), Fousseyni Maïga, qui a fait le check-up du cinéma malien. AMAP : Votre nomination à la tête du cinéma malien a été largement commentée sur les réseaux sociaux comme étant un coup de pouce pour le 7è art. Quelle appréciation en faites-vous ?  Fousseyni Maïga : Permettez-moi tout d’abord d’adresser ma reconnaissance à toutes les personnes ayant commentées positivement ma nomination sur les réseaux sociaux. Je voudrai également exprimer toute ma gratitude aux plus hautes autorités du pays, à travers le ministre en charge de la Culture, Andogoly Guindo. J’ai été agréablement touché par la motion de soutien de la Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel du Mali (FENACAM) qui regroupe tous les corps de métier du cinéma et de l’audiovisuel. Malgré des défis structurels auxquels le cinéma fait face, depuis plusieurs années, nous avons apporté notre modeste contribution au rayonnement du secteur à travers des productions régulières, le développement d’un nouveau modèle économique et une nouvelle offre cinématographique plus volontariste. Au-delà de nos ambitions, nous avons mesuré les attentes de cette responsabilité. AMAP : Le cinéma malien peine, depuis 20 ans, à se hisser au sommet des grands événements cinématographiques comme le Fespaco. Quelle lecture faites-vous de cette situation ? FM : Les brillants résultats engrangés par le cinéma malien en son temps étaient le fruit d’une série d’initiatives volontaristes entreprises par les plus hautes autorités du pays et plaçant le cinéma au cœur de la dynamique de construction d’une identité culturelle forte. Cette volonté politique a permis la formation de nombreux cinéastes, et s’est traduite par la valorisation d’un marché avec l’ouverture de salles de cinéma dans presque toutes les agglomérations du pays. L’acquis le plus important à l’époque était le financement de la filière avec des guichets internationaux qui ont renforcé les moyens locaux mis à la disposition par l’État. Les résultats, naturellement, ont été à hauteur d’ambitions. Hélas, depuis quelques années, le Mali brille par son absence. Cette léthargie s’explique essentiellement par le manque de financement, mais aussi un déficit de structuration des différents corps de métier, le faible niveau des ressources humaines et bien entendu un manque de volonté politique. Malgré cette faiblesse, les films maliens sont bel et bien présentés au FESPACO. Ils concourent avec des films dont le budget est 40 fois plus élevé que celui des nôtres. Il faut l’admettre aussi, les œuvres proposées par nos cinéastes ne sont pas très compétitives et ne bénéficient toujours pas du lobbying ou de la promotion nécessaires pour maximiser leurs chances. AMAP : De votre prise de fonction à nos jours, quelles ont été les grandes actions menées par le CNCM pour le réveil du cinéma malien ? FM : Après trois mois d’activité, des résultats concrets ont été enregistrés sur tous les chantiers malgré la situation conjoncturelle du pays, marquée par le gel des crédits et les restrictions budgétaires. La première action a porté sur une série de consultations et de réflexions qui nous ont permis d’écouter les acteurs et professionnels de la filière cinéma, de recueillir leurs attentes et d’analyser avec eux les pistes de solution pour la relance du secteur. Cela a permis d’élaborer un plan d’action stratégique qui couvre la période 2022-2024 et une proposition de relecture et d’adoption d’une  Politique nationale pour le cinéma. Cette réflexion a, aussi, permis de faire des recommandations qui sont, entre autres, la gouvernance, la formation, la professionnalisation, l’augmentation substantielle et qualitative des productions et le développement d’un marché intérieur du cinéma. En effet, l’approche managériale a été repensée et orientée vers une gestion inclusive. Un système de gestion intégré a été initié au CNCM afin de moraliser la gestion des ressources financières et d’augmenter substantiellement les recettes. Il faut également noter la relecture des contrats et une augmentation de 100% de la masse salariale du personnel contractuel. La FENACAM et l’ensemble des partenaires sociaux internes sont associés dans les prises de décisions et consultés pour les orientations stratégiques. Le processus de relance de la carte professionnelle, la structuration avec les organisations faitières et la relecture des textes ont été déclenchés. Les programmes de formation, production et diffusion ont été lancés. Pour la formation, «In pact cinéma» est un projet fédérateur qui forme 50 nouveaux talents dans tous les corps de métier du cinéma. Ces derniers seront formés sur une période de 6 mois, accompagnés dans la réalisation de leurs premiers ou seconds projets et coachés pour faciliter leur intégration dans les métiers du cinéma. Durant ce trimestre, ont été produits 4 films dont 2 longs métrages fiction et documentaire. Cette performance s’explique autant par la motivation du personnel. Le CNCM a, aussi, soutenu 10 projets de cinéma qui  seront disponibles d’ici le 31 décembre prochain contre une moyenne de 2 à 3 projets par an. Pour le marché intérieur, nous avons acquis un financement pour les études de réhabilitation de 7 salles de cinéma dans  les localités de  Bamako, Kati, Ségou, Koulikoro, Markala, San et Mopti avant fin  2024. AMAP : Selon vous, quelles sont les difficultés qui plombent le 7è art au Mali  ?  FM : Depuis de nombreuses années, il n y a plus aucun dispositif de formation dans les métiers du cinéma. Les stages et opportunités ponctuels, ayant permis d’avoir des alternatifs de formation pour la génération intermédiaire de cinéastes maliens, se font de plus en plus rares. Le déficit de productions locales, faute de financement, l’absence de structuration et de compétitivité des sociétés de productions nationales, l’inexistence d’une