La BAD compte au Mali 23 opérations pour environ 422 milliards (Responsable pays de la Banque africaine)
Bamako, 17 juil(AMAP) Le portefeuille actif du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) au Mali compte 23 opérations pour un montant d’environ 422 milliards de Fcfa, a déclaré, jeudi, le responsable pays de la Banque africaine, Albert Nshimymuremyi. M. Nshimymuremy, qui s’exprimait lors de la session politique de la revue conjointe à mi-parcours du Document stratégique pays (DSP) 2021-2025 et du portefeuille des projets et programmes financés par la BAD au Mali, tenue jeudi, a estimé que ce niveau des engagements est une illustration du solide partenariat entre le Mali et le Groupe de la BAD. «Actuellement, le portefeuille actif du Groupe au Mali compte 23 opérations pour un montant de 422 milliards de Fcfa (643 millions d’euros). Les projets couvrent les transports (33,8 %), l’agriculture (30 %), l’énergie (11,2 %), l’eau et l’assainissement (9,5 %), la finance (4%), la gouvernance (4,8%), le social (2,9 %)», a-t-il détaillé. Le représentant de la BAD au Mali a salué le leadership du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, pour les progrès réalisés dans la stabilisation du climat sociopolitique, dans le domaine de la sécurité et celui des réformes politiques et institutionnelles. Selon lui, ces progrès « sont importants et indispensables pour permettre au pays de continuer sa marche vers le développement. « Grâce aux efforts du gouvernement dans la mise en œuvre du Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable (CREDD 2019-2023) et du Plan d’action du gouvernement de transition (PAG 2021-2022), le Produit intérieur brut a augmenté de 3,1% en 2021 à 3,7% en 2022, malgré les chocs », a apprécié M. Nshimymuremyi. Il a ajouté que la mise en œuvre du CREDD et du PAG, sur lesquels la stratégie d’intervention de la BAD pour la période 2021-2025 est alignée, a été déterminante dans l’action de la BAD et des partenaires techniques et financiers au Mali. Il a, aussi, souligné les efforts du gouvernement pour le paiement des arriérés au titre du service de la dette publique extérieure, en dépit des difficultés de trésorerie découlant, en partie, de la crise temporaire de liquidité sur le marché financier de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA), ainsi que de l’absence d’appuis budgétaires. Le ministre de l’Économie et des Finances, gouverneur du Groupe de la BAD pour le Mali, Alousséni Sanou, qui a présidé, la session, a indique que son pays est convaincus que « les leçons tirées de la mise en œuvre à mi-chemin du DSP en cours nous serviront utilement à mieux le réorienter et à l’adapter surtout au contexte actuel de fragilité et aux réalités du pays. » « Cette revue à mi-parcours du DSP coïncide fort heureusement avec la préparation de la nouvelle version de notre document de référence en matière de politique de développement qu’est le Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable au Mali», a fait remarquer le patron de l’hôtel des Finances. Selon lui, cet exercice devra s’aligner étroitement sur les priorités nationales définies par les autorités du pays. «Le portefeuille des projets et programmes financés par le Groupe de la BAD au Mali connaît, depuis quelques années, un niveau avancé de détérioration de sa qualité, soit plus de 60% des projets du portefeuille marqués au rouge à date, autrement dit de projets éligibles à l’annulation», a déploré le ministre Alousséni Sanou. Il a ajouté que « cette revue conjointe est l’opportunité d’identifier ensemble toutes les contraintes ou goulots d’étranglement qui sont à l’origine de cette forte détérioration et de prendre les mesures correctives appropriées. » «Pour ce qui est du Document de stratégie pays 2021-2025, l’exercice de revue à mi-parcours, de façon générale, consiste à s’arrêter (…) en vue de mesurer les progrès réalisés, de diagnostiquer et d’identifier les difficultés qui ont émaillé ledit parcours et de maintenir la dynamique ou le cap si la trajectoire est jugée satisfaisante », a expliqué le ministre. Le DSP a été approuvé le 02 juin 2021 par le Conseil d’administration du Groupe de la BAD. Il s’articule autour d’un pilier unique : «réduire la fragilité économique à travers des chaines de valeur agricoles améliorées». Au cours des deux dernières années de mise en œuvre du DSP, la BAD a financé en faveur du Mali six nouveaux projets, pour un montant total de 76,7 milliards de Fcfa. Cet atelier de restitution, en présence de plusieurs membres du gouvernement, est l’aboutissement et le résultat du travail accompli conjointement par la partie malienne et les équipes de la BAD. Depuis l’approbation, le 4 juin 1970, de sa première opération au Mali, le Groupe de la BAD a financé accordé 117 prêts et dons couvrant l’ensemble des secteurs socio-économiques, pour un montant cumulé d’environ 1.274 milliards de Fcfa (1,94 milliards d’euros), selon le responsable pays de l’institution de financement du développement continental. BBC/MD (AMAP)
Affacturage: Une solution aux problèmes de trésorerie des entreprises
Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 30 nov (AMAP) Les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) éprouvent des difficultés à accéder au financement bancaire en raison des risques qu’elles représentent pour les préteurs. Pour contribuer à la dynamisation du financement de ces entreprises confrontées à des difficultés de trésorerie dans leur cycle d’exploitation, le gouvernement a adopté au Conseil des ministres du mercredi 26 octobre dernier, un projet de loi relatif à l’activité d’affacturage au Mali. Ce projet de loi permettra d’offrir des produits et services financiers variés, abordables, accessibles et adaptés aux besoins des MPME et des start-ups. L’affacturage est une opération par laquelle l’adhérent (entreprise) transfère par une convention écrite avec effet subrogatoire, ses créances commerciales à l’affactureur (banque ou Système financier décentralisé : SFD) qui, moyennant rémunération, lui règle par avance tout ou partie du montant des créances transférées, supportant ou non, selon la convention des parties, les risques d’insolvabilité sur les créances cédées. Il permet à l’adhérent de se procurer des fonds et constitue un moyen de recouvrement qui présente, entre autres avantages, l’optimisation de la trésorerie en réduisant l’impact des échéances de paiement, l’élimination du risque d’impayés. Selon le rapport de présentation du projet de loi sur l’affacturage, il s’agit d’une technique couramment utilisée dans les pays développés. Le paysage de l’affacturage en Afrique est nettement dominé par l’Afrique du Sud (85%), le Maroc (10%) et l’Egypte (3%). La part des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) est encore bien plus faible. Le montant des ressources accordées au titre de l’activité d’affacturage dans notre espace communautaire représente à peine 0,4% du volume global des crédits bancaires qui était de 8.670 milliards de Fcfa en fin septembre 2021. Au Mali, c’est l’Unité d’appui et de suivi de la stratégie de développement du secteur financier (UAS/SDSF), une structure du ministère de l’Économie et des Finances, qui est porteuse du dossier de l’affacturage. Selon son chargé des banques et marchés des capitaux, Aliou Samaké, l’esprit de cette loi part d’un constat qui est commun aux huit pays de l’UEMOA : 80 à 90% des entreprises de cet espace sous-régional sont des MPME. «Partant de ce constat, on s’est dit que soutenir financièrement ces entreprises, c’est in fine soutenir l’économie à 90%», analyse M. Samaké. « Ainsi, poursuit notre interlocuteur, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a organisé en mars 2019 une concertation afin de présenter un projet de loi uniforme sur l’affacturage qui devrait régir de façon homogène les opérations d’affacturage effectuées au sein des pays de l’UMOA. » Selon Aliou Samaké, le Mali doit insérer cette loi dans son ordre juridique. « Les prochaines étapes de ce processus, affirme-t-il, seront l’adoption de la loi par le Conseil national de Transition (CNT) et celle de son décret d’application. » Le chargé des banques et marchés des capitaux de l’UAS/SDSF explique qu’une opération se réalise par l’adhérent qui est une MPME et l’affactureur qui est soit une banque ou un SFD à travers la signature d’un contrat d’affacturage. Ce contrat définit les factures qui peuvent être pris en compte. Aliou Samaké précise que « le SFD, avant d’avancer de l’argent à l’adhérent sur la base de ses factures, doit se faire une idée de la solvabilité des clients dont les factures doivent faire objet d’un affacturage. » En outre, il souligne que les conditions de créance, surtout en termes de délai, ne sont pas modifiées. «Quand il y a transfert de créance, tous les droits liés à la créance sont aussi transférés à l’affactureur. C’est ce qu’on appelle la subrogation des droits», laisse-t-il entendre. Et d’ajouter que l’affacturage donne droit à une commission pour l’affactureur. MOBILISATION DES CREANCES – Parlant des avantages de l’affacturage pour les MPME, le chargé des banques et marchés explique que l’opération dégage l’entreprise de recouvrement. «Dans les entreprises, souvent, il y a un agent qui est chargé du recouvrement. Avec l’affacturage, si les créances sont cédées à l’affactureur, la fonction recouvrement est réduite, comme une peau de chagrin», dit-il. Pour les banques, l’avantage est que cela vient augmenter le produit net bancaire. «Plus une banque fait des prestations, elle encaisse des commissions. Ce qui diversifie les services financiers offerts», affirme-t-il. L’affacturage va, également, permettre à l’entreprise (adhérent) de mobiliser ses créances auprès d’un SFD (affactureur) en attendant que les échéances de paiement n’arrivent. Aïssata Naba Coulibaly, directrice (CEO) d’Affacto group, une fintech spécialisée dans le financement et l’accompagnement des PME-PMI, est convaincue que cette loi va soulager les entreprises. «L’affacturage n’était pas réglementé dans l’espace UEMOA. La BCEAO a essayé de recadrer les bords. Aujourd’hui, pour faire de l’affacturage, il faut être une banque… Il faut essayer de synthétiser l’activité pour que les professionnels puissent le faire et que ça soit surtout réglementée de sorte à aider les PME-PMI», dit notre interlocutrice. Ces entreprises font, en effet, face parfois à des mandats qui tardent à être payés. L’affacturage permet de les accompagner «pendant ce laps de temps où les factures ne sont pas payées», selon Aïssata Naba Coulibaly. En outre, la directrice d’Affacto group souligne que cette loi va faire connaitre l’affacturage au Mali et dans les autres pays où elle a été promulguée. « Déjà, dit-elle, une grande majorité des PME-PMI n’est pas bancarisée. Même celles qui sont bancarisées n’ont pas forcément accès au crédit. Et, l’affacturage est la solution à ce problème, parce qu’il peut servir à financer les entreprises qui sont dans le formel ou un peu dans l’informel», commente-t-elle. Aïssata Naba Coulibaly demande à l’État de les accompagner. «Quand on parle de facture, on parle aussi de mandats de l’État parce que ce sont aussi des factures. Donc, on peut accompagner aussi les opérateurs de l’État en finançant leurs mandants, en attendant que l’État nous rembourse», indique la CEO d’Affacto group. AG/MD (AMAP)
Spécial 22 septembre 2022-Agriculture : Passage obligé par la réforme et la mécanisation
Par Babba B. COULIBALY Le monde rural réclame des équipements modernes et une loi de programmation et d’investissement du secteur agricole à l’image de la loi de programmation militaire. L’état est en train d’œuvrer dans ce sens, convaincu que ces conditions sont nécessaires au développement de la production et de la productivité agricole Adoptée en 2017, la Loi d’orientation agricole est un instrument juridique qui fixe les orientations de la politique de développement agricole de notre pays. à travers cette loi, les pouvoirs publics veulent donner à l’agriculture une dimension très solide permettant de produire plus et d’exporter. De l’avis des acteurs du secteur, cette loi enregistre des acquis notables et les perspectives sont bonnes. Chargé de mission au ministère du Développement rural, Dr Daouda Diarra estime que la loi d’Orientation agricole offre au secteur agricole des outils structurants qui permettent d’apporter le changement nécessaire. De l’analyse de cet expert, l’application d’une loi est une demande structurante. Pour lui, un des enjeux majeurs aujourd’hui, c’est comment sécuriser les terres agricoles ? Sans la terre il n’y a pas d’agriculture. Aujourd’hui le Mali dispose d’une loi sur le foncier agricole, une politique foncière agricole. À partir de cet instant, tout ce que nous faisons, repose sur une dynamique qui donne des moyens permettant aux exploitants de se sécuriser, fait savoir Dr Diarra. Il ajoute que les terres agricoles aux alentours des grandes agglomérations transformées en construction, sont protégées par cette loi. Toute chose qui permet aux exploitants de ne plus être victime de certains abus. Outre la mise en place et le fonctionnement du Conseil supérieur de l’agriculture, présidé par le chef de l’État, la mise en place du Fonds national d’appui à l’agriculture figure parmi les acquis de la loi d’orientation agricole. L’objectif recherché est de doter le secteur agricole des moyens financiers conséquents pour pouvoir faire face à des besoins cruciaux. S’y s’ajoute la mise en place des inter-professions du secteur. S’agissant des perspectives, le spécialiste nous confie qu’il est nécessaire d’offrir des outils structurants. Notamment, l’organisation du monde rural, la protection sociale agricole, appelée instrument assuranciel. Un vaste chantier permettra, selon lui, de donner les moyens aux exploitants agricoles à l’image de l’Assurance maladie obligatoire (AMO). UNE LOI AVANT-GARDISTE – Il ressort des explications de cet expert, que la loi d’orientation agricole, prévoit en son article 195 un chapitre de programmation et d’investissement du secteur agricole à l’image de l’armée. Les perspectives se déroulent autour d’un mécanisme de protection de revenus agricoles. Sans revenu, il n’y a pas d’agriculteurs. Le revenu agricole doit être renforcé par la contractualisation en agriculture. Ce sont des contrats juridiquement solides, établis entre l’exploitant et le transformateur ou le transporteur. Ces contrats s’étaleront sur 5 à 6 ans, sur des moyens solides qui permettront de travailler dans le sens de l’investissement à court et moyen termes, précise notre interlocuteur. Abondant dans le même sens, le président de Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Sanoussi Bouya Sylla, estime que s’il y’a une loi qui a été véritablement débattue par toutes les couches sociales du pays, c’est bien la loi d’orientation agricole. Cependant, il reconnaît que certains décrets d’application tardent à venir. Par exemple, il est prévu une loi de programmation et d’investissement du secteur agricole. à cet effet, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta a donné des instructions pour l’application effective de cette loi. Le patron de l’APCAM estime que si ce document est élaboré conformément à la vision des producteurs agricoles, c’est-à-dire, 75% d’investissement et 25% de frais de fonctionnement, ce sera le début de la relance de l’agriculture de notre pays. « Nous devons refonder l’agriculture et faire un plan maréchal agricole en profondeur avec l’avis des producteurs agricoles », suggère le président de l’APCAM qui plaide pour la loi de programmation et d’investissement du secteur agricole à l’image de la loi de programmation militaire. En termes de perspectives, il estime que l’agriculture doit être repensée à travers un débat franc entre la profession agricole et l’encadrement. « à ce jour, malgré l’impulsion du chef de l’état et les directives données au Conseil supérieur de l’agriculture, la profession l’agricole a des difficultés à faire entendre sa voix », déplore le président de l’APCAM. MÉCANISATION – Notre agriculture est à 90% basée encore sur la traction animale et la daba, selon des experts en la matière. Et avec l’exode rural, trouver la main d’œuvre champêtre relève du parcours du combattant. Face cette situation, la mécanisation de l’agriculture s’impose. Selon Sanoussi Bouya Sylla, pour atteindre notre souveraineté alimentaire et exporter, ce qui est la vocation du Mali, il faut forcément mécaniser l’agriculture. à cet égard, il a félicité le chef de l’Etat pour les 225 tracteurs remis récemment aux producteurs agricoles. Pour le développement de la mécanisation agricole, notre interlocuteur préconise la création des coopératives d’utilisations des machines agricoles. De son point de vue, l’agriculture doit devenir quelque chose qui se pratique 12 mois dans l’année. Pour Aghatam Ag Alhassane, directeur national du Génie rural, la mécanisation devient indispensable pour le pays dans la mesure où la main d’œuvre n’existe plus. Pour ce faire, la population agricole a besoin d’être équipée pour diminuer la pénibilité du travail et permettre d’emblaver beaucoup plus de superficie, poursuit-il. Grace à la mécanisation de l’agriculture, beaucoup de paysans se sont dotés en équipement agricole. La loi d’orientation agricole a été une révolution pour le secteur agricole du pays, qui s’est doté d’une unité d’assemblage des tracteurs (Mali tracteur sa) à Samanko, se réjouit le ministre du Développement rural Modibo Keïta. Pour une plus grande mécanisation de notre agriculture, outre la subvention des équipements agricoles, l’état a ouvert la voie aux investisseurs dans le domaine des équipements agricoles. BBC (AMAP)
Mali-BAD : Des mesures fortes pour améliorer la performance du portefeuille de projets et programmes
Bamako, 19 sept (AMAP) La Banque africaine de développement (BAD) et le gouvernement malien ont évalué l’état de mise en œuvre des projets et programmes que l’institution régionale de développement finance au Mali, au cours de la revue de la performance du portefeuille. La revue politique organisée, vendredi dernier, a été présidée par le ministre de l’économie et des Finances, Alousseini Sanou. Les sessions techniques avaient commencé le lundi 12 septembre dernier. Le but étant d’apprécier ensemble (administration, société civile, secteur privé, collectivités et partenaires techniques et financiers) les avancées, de comprendre les raisons des blocages (s’il y en a) et de formuler des recommandations pertinentes visant à améliorer la qualité du portefeuille. M. Sanou a noté avec satisfaction qu’à l’issue des travaux, «un diagnostic complet a permis d’identifier et d’analyser les contraintes et les difficultés majeures qui plombent la performance du portefeuille», Il a fait remarquer que le portefeuille connaît de nos jours, «un niveau avancé de détérioration de sa qualité, soit plus de 83% d’instruments inscrits au rouge ». « Autrement dit, des projets éligibles à l’annulation», a analysé le ministre. Il s’agit, selon lui, d’un portefeuille vieillissant présentant un besoin d’assainissement. Cette situation est imputable aux conséquences de la pandémie de la Covid-19, à la crise sociopolitique que connait le pays, aux besoins de réformes pour accélérer les processus de passation des marchés et d’indemnisation des personnes. Le mal et ses raisons sont connus, «nous devons agir vigoureusement et avec diligence pour faire reverdir la performance de notre portefeuille commun», a dit le directeur général adjoint Afrique de l’Ouest du Groupe de la BAD, Joseph Ribeiro. Pour ce faire, un Plan d’amélioration de la performance du portefeuille (PAPP) est conjointement élaboré et convenu entre les équipes du Mali et celle de la Banque. Il consiste en des mesures immédiates, à court et moyen terme. Dans un premier temps, les projets seront exécutés dans les délais impartis en évitant de nombreuses prorogations. Ce qui permet d’atteindre rapidement leurs objectifs de développement, de soutenir la croissance économique et améliorer les conditions de vie des populations. En second lieu, le portefeuille sera assaini. Restructuré et alloué, il permettra de mieux recycler le stock de ressources rares dormantes vers des priorités urgentes du pays ainsi que des activités actuelles des projets qui demeurent pertinentes. Cela contribuera à l’efficacité dans l’action gouvernementale et à sa proactivité à mieux répondre aux besoins légitimes des populations. Rendu performant, le portefeuille contribuera en dernier ressort au renforcement de la capacité d’absorption des ressources allouées par le pays ainsi que sa capacité à mobiliser plus rapidement des ressources nouvelles, non seulement au niveau du Groupe de la Banque mais également auprès d’autres bailleurs. Ces propositions n’ont visiblement pas intégré les aspirations de tous les acteurs. Le secteur privé et la société civile ont insisté sur la nécessité de prioriser la production d’énergie solaire au détriment du transport d’énergie à partir des pays voisins. Mais surtout d’investir dans des actions de lutte contre les effets du changement climatique. «L’initiative ne prend malheureusement pas en compte la production d’énergie qui est primordial pour le développement de toute nation», note Cheick Hamala Simpara, membre du secteur privé malien, déplorant que ce soit seulement le volet transport d’électricité entre les différents pays d’Afrique de l’Ouest qui soit préconisé. Ce qui est, selon lui, « insensé au regard du potentiel malien en source d’énergie ». «Avec 3 000 heures d’ensoleillement annuellement, une intensité et une durée d’ensoleillement constante, permettent à notre pays de produire de l’électricité solaire de très bonne qualité et à moindre coût pour booster l’économie en tirant vers le haut les autres secteurs d’activité», a ajouté Cheick Hamala Simpara. Le président du Conseil national de la société civile du Mali a fustigé la lourdeur administrative qui affecte la performance de la Banque et les citoyens. «Le besoin est clairement là, il est incompréhensible que la Banque et l’Etat traîne les pas. Ce sont les populations qui payent le prix de cette lenteur», a commenté Boureima Allaye Touré. Et d’interpeller : «Pour un pays désertique comme le Mali, la Banque ne réserve que 2% de son portefeuille au changement climatique. » La revue politique est assimilable à l’instance de validation ou de rectification des résultats des travaux d’évaluations techniques. «Cette présente revue constitue l’occasion pour nous de nous assurer que notre partenariat avec la BAD s’exécute conformément aux orientations globales et sectorielles stratégiques du Mali et au contenu du Document de stratégie pays (DSP) de la Banque au Mali en vue de répondre aux besoins réels et vitaux de la population», a rappelé le ministre de l’Économie et des Finances. A ce titre, elle a permis « d’examiner l’état d’exécution des opérations de la Banque en cours au Mali avec les Unités de gestion de projets, notamment la gestion fiduciaire et environnementale », a corroboré Joseph Ribeiro. Le portefeuille actif du secteur public de la BAD au Mali compte, à la date du 31 août 2022, vingt projets pour un montant total approuvé de 458,484 millions d’Unités de compte (UC), environ 391,37 milliards de Fcfa. Le total des décaissements effectués sur les montants engagés est estimé à 175,236 millions d’UC, environ 149,59 milliards de Fcfa. Le taux moyen de décaissement est évalué à 38,22% pour un âge moyen du portefeuille de plus de 5 ans. Il couvre les secteurs du transport routier (représentant 39% du portefeuille), l’agriculture (19%), l’énergie (13%), l’eau et assainissement (11%) et la gouvernance (6%). Le secteur privé (finance et industrie) représente 7% de l’enveloppe du portefeuille et les autres secteurs (changement climatique et développement social) 5%. La BAD a commencé ses opérations au Mali en 1975. Les activités qu’elle finance sont cohérentes avec sa stratégie décennale 2013-2022 et ses cinq grandes priorités appelé «High 5» : éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des Africains. OS/MD (AMAP)
Zone UEMOA : Le taux directeur de la BCEAO passe de 2,25% à 2,50% (Communiqué)
Bamako, 16 sept (AMAP) Le taux directeur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), augmente de de 0,25%, passant de 2,25% à 2,50%, à compter de ce vendredi, 16 septembre 2022, a décidé son Comité de politique monétaire (CPM) Selon un communiqué rendu public, mercredi, par le président de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, cette augmentation s’inscrit dans le cadre des efforts pour contenir l’impact de la fièvre actuelle des prix des produits sur, notamment, les ménages et les entreprises, agents économiques déjà affectés par les effets pervers de la Covid-19. La hausse attendue du taux sur la base duquel la BCEAO prête de l’argent aux banques commerciales et qui oblige celles-ci à vendre l’argent plus cher à leur clientèle pourrait, ne peut être suffisante, au regard du niveau actuel de l’inflation établie à 8,1% ,au mois de juillet dernier. Lorsque la BCEAO augmente son taux directeur, les banques commerciales répercutent à la clientèle (ménages et entreprises) pour préserver leur marge, en augmentant le prix de vente de l’argent (prêts notamment). Ces derniers, par effet d’entraînement, se voient obligés de réduire leur consommation pour préserver leur porte-monnaie. La demande en produits baisse. Et, conformément, à la loi du marché, les prix se stabilisent ou baissent lorsque l’offre des produits est égale ou supérieure à la demande. Statutairement, la mission principale de la BCEAO est de lutter contre l’inflation. Cette décision fait suite à la première hausse des taux intervenue en juin. Elle vise à ramener, progressivement, le taux d’inflation (hausse des prix) dans l’intervalle cible de la Banque centrale (1% à 3%) sur le moyen terme, confirme le communiqué. La hausse des prix est consécutive, essentiellement, à la baisse de la production vivrière durant la campagne agricole 2021-2022, aux difficultés d’approvisionnement de plusieurs marchés du fait de l’insécurité dans certaines zones, à l’augmentation des cours des produits énergétiques et des produits alimentaires importés. Ainsi, les prix ont progressé de 7,0% au deuxième trimestre 2022, après 6,4% au premier trimestre 2022. En juillet 2022, le taux d’inflation a atteint 8,1%. Les prix devraient baisser à partir du dernier trimestre, «avec l’arrivée des premières récoltes de la campagne vivrière 2022-2023 qui s’annoncent meilleures que la précédente», prédit la BCEAO. TAUX SOUS-ESTIMÉ – Ce relèvement du taux directeur de la BCEAO était devenu inévitable, une nouvelle fois. Et ce pour, au moins, deux raisons principales, tranchent des économistes. La première a trait au taux d’inflation dans la zone Union monétaire ouest-africaine (UMOA) qui est en moyenne de 8%. Au regard des réalités observées sur les marchés, beaucoup d’analystes estiment que ce taux est largement sous-estimé. En cause, « la fiabilité des données collectées et la complétude des indicateurs de mesure», soutiennent-il. La seconde raison est que la Banque centrale européenne (BCE), qui gère la monnaie ancre des francs CFA (XOF et XAF), a relevé de 0,75 ses taux directeurs et, ce à partir du 14 septembre 2022. C’est la plus forte hausse dans l’histoire de l’institution en deux décennies d’existence. La mesure paraît tout de même insuffisante pour contrer les pressions inflationnistes observées dans tous les pays de la zone Union monétaire ouest-africaine (UMOA), selon des analystes. Ceux-ci invitent à s’attendre à un nouveau tour de vis pour décembre 2022. Option que l’institution communautaire semble déjà intégrée. «Au cours des mois à venir, le Comité de politique monétaire de la BCEAO prendra, si nécessaire, les mesures idoines pour assurer la stabilité monétaire», annonce-t-elle dans son communiqué. CMT/MD (AMAP)
Baisse du PIB au Mali, selon les Perspectives économiques en Afrique 2022 de la BAD
Envoyée spéciale Aminata D. SISSOKO Accra, 26 mai (AMAP) Au Mali, « la croissance du PIB devrait tomber à 2,1 % en 2022 en raison des effets des sanctions de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), associés à l’impact du conflit russo-ukrainien, qui réduiraient la demande de services et d’équipements intérieurs de 4,2 % (3,4 % contre 4,5 % en 2021) », annonce le rapport sur les Perspectives économiques africaines 2022 de la Banque africaine de développement (BAD). Le document de 206 pages, qui porte sur comment : « Favoriser la résilience climatique et une transition énergétique juste en Afrique », a été publié, mercredi, en marge des Assemblées annuelles de la BAD qui se tiennent depuis le 23 mai 2023 à Accra, dans la capitale ghanéenne. Au cours de la cérémonie organisée pour l’occasion, au Centre international de conférences d’Accra, en présence du président du Groupe de la BAD, Akinwumi Adesina, et de nombreux invités, l’économiste en chef par intérim et vice-président chargé de la Gouvernance économique et de la Gestion des connaissances du Groupe de la BAD, Kevin Chika Urama, a présenté des points saillants du document. Le rapport sur les « Perspectives économiques en Afrique 2022 » est structuré en trois parties : la performance et perspectives économiques de l’Afrique ; la résilience climatique énergétique et transition énergétique juste en Afrique ; le financement de la résilience climatique et une transition énergétique juste en Afrique : stratégies et instruments. Il propose, également, une série de recommandations politiques pour mieux reconstruire et engendrer des économies résilientes en Afrique. Parmi lesquelles, l’accélération de la vaccination contre le Covid-19 et un soutien fort aux industries pharmaceutiques nationales, la réduction de la dépendance à l’égard des sources alimentaires uniques et la révision des cadres de la dette mondiale. En ce qui concerne le Mali, le rapport brosse les Développements macroéconomiques et financiers récents. Il se penche également que sur les questions relatives au changement climatique et options politiques. En plus des perspectives et des risques. Il ressort qu’en l’absence des sanctions économiques en 2021 après le coup d’État de mai de la même année, le Mali a connu une reprise économique avec une croissance de 3,2% après une contraction de 1,2% en 2020, causée par le Covid-19 et un précédent coup d’État en août 2020. Le déficit budgétaire s’est amélioré pour atteindre 4,7 % du PIB en 2021. En terme de perspectives et de risques, il ressort du document que la croissance devrait rebondir à 5,4 % en 2023, soutenue par la reprise de la production de coton (25,5 %), de céréales (5,5 %) et d’or (5,6 %), associée à des prix mondiaux favorables. Une forte reprise dans le secteur industriel (6,1 % contre 2,3 % en 2022) et les services (5,5 %) et une augmentation de la demande intérieure de 5,5 % soutiendront également la bonne performance économique en 2023. L’inflation devrait fortement augmenter à 7,8% en 2022 en raison de l’embargo et du conflit russo-ukrainien mais devrait baisser à 3,1% en 2023, parallèlement à l’augmentation de la production céréalière, à la baisse des prix des produits pétroliers, à la baisse de la base taxable de 50% sur les produits alimentaires importés et à la fixation de prix maximums. À partir de 2023, souligne le document, la dette intérieure devrait dépasser la dette extérieure, ce qui suscite des inquiétudes quant à la viabilité et à un effet d’éviction potentiel sur l’accès des entreprises au crédit. L’embargo imposé au pays, l’instabilité politique, la dégradation de la sécurité, le conflit Russie-Ukraine et les poussées de pandémie constituent des risques majeurs pour les perspectives. Le rapport rappelle que le Mali est le huitième pays le plus sensible aux risques climatiques. Il suggère alors que les options de politique publique devraient, d’abord, être axées sur le renforcement de la résilience climatique via une gestion optimale de l’eau et des aménagements hydro-agricoles. Le Mali devrait modifier son programme d’investissement public pour donner la priorité aux énergies renouvelables afin d’assurer la transition vers une croissance énergétique verte d’ici 2023, conformément à l’initiative Desert to Power de la Banque africaine de développement. Il devrait également augmenter son financement pour la protection de l’environnement qui ne représentait que 1,9 % du budget en 2021. Sur le plan régional, il ressort du document que le Produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique s’est fortement redressé l’année dernière, mais les effets persistants de la pandémie de Covid-19, l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la guerre qui s’en est suivie pourraient poser des problèmes considérables à moyen terme. Le PIB de l’Afrique a connu une croissance estimée à 6,9 % en 2021. Les Perspectives économiques en Afrique indiquent, clairement, que « la pandémie et la guerre entre la Russie et l’Ukraine pourraient laisser une impression durable pendant plusieurs années, voire jusqu’à une décennie. Pendant ce temps, environ 30 millions de personnes en Afrique ont basculé dans l’extrême pauvreté en 2021 et environ 22 millions d’emplois ont été perdus la même année à cause de la pandémie ». Et cette tendance devrait se poursuivre au cours du second semestre de 2022 et en 2023. Les perturbations économiques découlant de la guerre entre la Russie et l’Ukraine pourraient plonger 1,8 million de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté sur le continent africain en 2022. Ce nombre pourrait encore augmenter de 2,1 millions en 2023. ADS/MD (AMAP)
Semaine des marques : Six entreprises primées
Bamako, 21 mar (AMAP) Six marques ont été primées et quinze marques sur soixante-quinze, en compétition, ont su se démarquer dans les cinq différentes catégories, à la première édition de la Semaine des marques qui a pris fin samedi, dans l’après-midi. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a présidé la cérémonie de clôture de cet événement lancé lundi dernier au Centre international de Conférences de Bamako (CICB). Ikalook a remporté le prix de meilleure marque féminine. Si la meilleure marque à l’international est revenue à «Thé Achoura », Fofy Industries s’est vu adjuger le prix de la meilleure marque de produit. La catégorie meilleure marque de service a été remportée par l’Université ISPRIC et la catégorie marque préférée du public, par la société Diago. Une catégorie spéciale, la meilleure marque de jeune entreprise, a été ajoutée sur recommandation du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga. Ainsi, parmi 20 jeunes entreprises nominées, c’est Diakité Robotic qui a remporté ce prix en plus d’un chèque de 2.085.000 Fcfa. Diakité Robotic est une société de mécatronique qui est la combinaison systémique et synergique de la mécanique, de l’électronique, de l’automatisme industrielle, le contrôle et l’informatique. Il opère dans le domaine de l’industrie, de la santé, de la sécurité et des biens de consommation. Son directeur général a estimé qu’une telle initiative doit être régulière afin de donner la possibilité à d’autres sociétés et marques de se démarquer. «Mais aussi inspirer la jeunesse pour qu’ensemble nous puissions se donner la main pour bâtir un Mali nouveau, un Mali comme nous l’avons toujours souhaité», a insisté Abdoulaye Diakité. Quant au directeur général de Fofy Industries, lauréat de la meilleure marque de produit, il exhorte la jeunesse à plus d’abnégation, au travail bien fait, à s’inventer et mettre des produits de qualité sur le marché. «Tous les efforts payent», a soutenu Thierno Bah. « Ces distinctions honorent le Mali dans son ensemble et particulièrement le secteur privé malien qui se distingue par son dynamisme et sa résilience malgré le contexte économique et géopolitique difficile », s’est réjoui le ministre du Commerce et de l’Industrie. Dans le but de soutenir les entreprises maliennes, Mahmoud Ould Mohamed a assuré de la «mise en place, dès le mois de mai, d’un accompagnement technique du Centre malien de la propriété industrielle (CEMAPI), à travers un audit de propriété industrielle des lauréats de la compétition». Ce qui permettra, selon lui, « d’identifier le potentiel en propriété industrielle au sein de ces entreprises afin de proposer des stratégies de protection et de gestion optimale des actifs de propriété industrielle ». Le thème choisi pour cette édition initiale était : «Une marque compétitive, un outil de conquête de marché». L’objectif de cette initiative était de mettre en exergue le rôle de la marque comme actif stratégique dans la stratégie commerciale de l’entreprise, d’inciter les opérateurs économiques à prendre conscience de l’importance de la protection de leur marque pour sécuriser leur investissement, d’accroitre les dépôts de demande de titre de propriété industrielle, de créer un espace d’échange et de partenariat entre les acteurs de l’économie au Mali et de prendre en compétition les entreprises malienne possédant une marque. Les ministres en charge de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mahamadou Kassogué, des Transports et des infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko ont pris part à la rencontre. C’était en présence du 6ème vice-président du Conseil national de Transition, Hamidou Traoré et du président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily. OS/MD (AMAP)
Le Forum maroco-malien des diasporas plaide pour des investissements productifs
Bamako, 21 mar (AMAP) Les participants au Forum maroco-malien pour la mobilisation des compétences et l’investissement productif de la diaspora ont formulé une série de recommandations invitant notamment à une mobilisation des ressources additionnelles pour la prise en charge de l’ensemble des porteurs de projets de la diaspora, Ouvert le jeudi le 17 mars au Centre international de conférences de Bamako CICB, les rideaux sont tombés, samedi, sur cette rencontre qui a, aussi, recommandé la signature d’une Convention d’établissement entre le Mali et le Maroc et à l’opérationnalisation de l’émission des diasporas bonds dans le cadre du Fonds d’appui à l’investissement productif (FAIP). Organisé dans le cadre du «Projet de coopération sud-sud», ce forum participe de la mise en œuvre de la politique nationale de migration (PONAM), portée et pilotée par le ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine. La ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, qui a présidé la clôture du forum, s’est réjouie du fait que la rencontre a pu démontrer comment la diaspora peut réellement contribuer au développement de notre pays dans sa diversité. Pour la cheffe du département en charge des Transports, assurant l’intérim de son collègue en charge des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, l’un des temps forts du forum a été la présentation du Fonds d’appui à l’investissement productif. À ce propos, elle a noté que l’opérationnalisation de cet outil pour accroire l’investissement productif exige un engagement de toutes les parties prenantes, particulièrement le gouvernement. C’est pourquoi, elle a rassuré «l’ensemble des acteurs concernés de l’adhésion de l’Etat à ce mécanisme d’accompagnement et (qui) jouera toute sa partition pour l’opérationnalisation de cet instrument». Mme Dembélé a, également, invité les institutions financières, les acteurs du secteur privé et les Maliens établis à l’extérieur à s’inscrire dans cette dynamique. L’ambassadeur de l’Union européenne (UE), Bart Ouvry, a expliqué que « le Projet de coopération sud-sud est une initiative qui stimule les échanges de bonnes pratiques sur l’accueil et le retour des personnes de la diaspora, afin de créer une synergie entre les pays du Sud, voisins directs du continent européen ». Le diplomate européen a réaffirmé l’engagement de l’UE à soutenir les autorités dans la gouvernance des migrations et l’appui à la diaspora. L’ambassadeur du Maroc, Driss Isbayene, qui n’a pas caché sa satisfaction, a relevé que les trois jours de travaux ont permis de rassembler ses compatriotes, les Maliens et leurs amis « autour du développement d’une relation de confiance entre les diasporas des deux pays et leurs gouvernants ». En plus, la rencontre a renforcé «la participation de ces diasporas au développement de nos pays respectifs », selon Driss Isbayene qui a annoncé l’organisation du prochain forum au Maroc. AT/MD (AMAP)
Quelque 75 concurrents en compétition à la Semaine des marques au Mali
Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 15 mar (AMAP) Soixante-quinze marques sont en compétition pour divers prix, lors de la première édition de la Semaine des marques qui se tient, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), depuis lundi jusqu’au samedi 19 mars 2022. «Nous avons commencé par la sélection des candidats par catégorie de marque préférée du public. Cette sélection, qui a été présentée au public depuis le 8 mars dernier, continuera jusqu’au 18 du même mois», a annoncé le président du jury, Arouna Kanté. Les marques ont été répertoriées sur la base des fiches de représentation électronique mises à disposition par le Centre malien de promotion de la propriété industrielle (CEMAPI), a révélé M. Kanté. La Semaine des marques vise à valoriser et à donner une meilleure visibilité aux marques nationales, prévenir contre les risques et dangers de la contrefaçon. Ainsi, pour inciter les entreprises à protéger leurs marques au CEMAPI, les organisateurs ont mis en compétition les marques nationales protégées, établies, exploitées et celles exerçant une activité économique ou sociale régulière. Les prix en compétition sont, entre autres, le Prix de la marque préférée du public, de la meilleure marque de produit, le Prix de la meilleure marque de service, le Prix de la meilleure marque à l’international, le Prix de la meilleure marque féminine et le Prix de la meilleure marque du plus jeune entrepreneur. Le president du jury a expliqué que le choix revient aux consommateurs qui peuvent voter, par SMS ou en appelant les numéros : 71 52 30 30/61 52 30 30 et 52 52 31 31 pour leurs marques préférées. Ces marques nominées ont été présentées au public. Il s’agit, pour la catégorie «Meilleure marque du produit», de Fofy, Sapec, Diago. La catégorie «Meilleure marque de service» met en compétition Sama Money, Ispric, Imafer. Quant à la catégorie «Meilleure marque à l’international», elle concerne la société Bara Musso, Thé Achoura, l’hôtel Azalai. Faso Kaba, I ka look sont nominées pour la catégorie «Meilleure marque féminine» et Waati, Diakité robotique pour «la marque du jeune entrepreneur». «Ces activités initiées par les organisateurs de la Semaine permettront « de faire la promotion de nos produits », a commenté la responsable marketing et communication de Sapec. « Remporter par exemple ce prix donnera une grande visibilité à notre marque qui existe depuis 2003 », a ajouté Ramatoulaye Berthé. «Notre objectif est d’avoir le trophée de la meilleure marque de produit», a-t-elle dit. Ewaati est une startup spécialisée dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la robotique. Pour ses responsables, c’est pour promouvoir leurs produits et services qu’ils ont participé à cette Semaine des marques. «Nous avons des produits et services comme e-school, e-security e-marketing, e-care, e-face», ont-ils expliqué. Responsable marketing de Sahel infusion qui existe depuis 2013, Aissata Cissé se dit heureuse de compter parmi les nominées et espère que son entreprise sera retenue pour cette première édition. Quant à la chargée de communication de la société Bara Musso, elle souhaite que cette activité soit encouragée et soutenue. «La Semaine des marques nous a montré qu’on est parmi les grandes entreprises et qu’on est considéré», se réjouit Fatou Sidibé, rappelant que Bara Musso existe depuis 2008. FMS/MD (AMAP)
Plus de 14 000 entreprises voient le jour au Mali, chaque année (Le Premier ministre)
Bamako, 15 mar (AMAP) Chaque année, plus de 14 000 entreprises voient le jour au Mali où 1 055 marques déposées ont été enregistrées, de 2016 à 2022, a-t-on appris, lundi, de source officielle, à l’ouverture de la Semaine des marques. « Ces chiffres placent le Mali dans le Top 5 des gros déposants de l’Organisation africaine de la propriété industrielle (OAPI) », a souligné le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, qui a présidé cette cérémonie, au Centre international de Conférences de Bamako (CICB). La Semaine des marques, qui se déroulera jusqu’au 19 mars, est organisée par le Centre malien de promotion de la propriété industrielle (CEMAPI) et son partenaire Spirit, avec comme thème : «Une marque compétitive : un outil de conquête de marchés». La rencontre mettra en compétition les marques nationales protégées, établies et exploitées et celles exerçant une activité économique ou sociale régulière. Les prix en compétition sont, entre autres, «la marque préférée du public», «la meilleure marque de produit», «la meilleure marque de service», «la meilleure marque à l’international», «la meilleure marque féminine», «la meilleure marque du plus jeune entrepreneur». Pour cette grande première, il y aura une série d’activités, notamment des panels qui permettront aux participants et aux visiteurs de mieux appréhender la question de la marque, comprendre son utilité et savoir comment la protéger. Des conférences sur la contrefaçon et ses méfaits et des ateliers de formation à l’intention des jeunes et des femmes entrepreneurs et de la société civile sont, aussi, au menu de cette Semaine des marques. Il y aura également des émissions télévisées comme «Grin de midi», des caravanes sur les deux rives du fleuve Djoliba (Niger) avec les produits et les sponsors de l’événement, une journée porte ouverte au CEMAPI, des animations et des jeux concours. Pour le chef du gouvernement, cette manifestation économique offre l’occasion de célébrer et magnifier le secteur privé malien qui se distingue, aujourd’hui, « par son dynamisme, sa résilience, son sens patriotique et son engagement de tout instant malgré le contexte économique et géopolitique particulièrement difficile ». Choguel Kokalla Maïga a indiqué qu’avec la mondialisation, la concurrence constitue une menace pour les entreprises qui ne sont pas préparées. D’où la nécessité pour elles de faire recours à la propriété industrielle. « En effet, a ajouté le Premier ministre, la propriété industrielle constitue un outil précieux pour le développement économique de notre pays et pour satisfaire aux impératifs du développement ». Il convient, pour ce faire, d’innover et de créer pour permettre d’améliorer constamment la qualité de vie de nos populations à travers la production et la commercialisation de nos biens de services. Selon le chef du gouvernement, derrière ces biens de services de consommation, il y a une identité, une marque qui permet de créer et de renforcer les liens entre les entreprises et les consommateurs. Pour le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, cette Semaine des marques servira donc à donner une meilleure visibilité et à sensibiliser les opérateurs économiques sur l’importance de la marque dans leur stratégie commerciale. Mahmoud Ould Mohamed a précisé que la marque, comme tout autre signe distinctif, est un enjeu incontournable et essentiel en termes de communication d’entreprise. Elle apporte notoriété et confère à l’entreprise une image positive lui permettant de créer un lien fort avec les consommateurs. La marque a une valeur ajoutée et est un véritable capital pour les entreprises. Il s’agit, a poursuivi le ministre de l’Industrie et du Commerce, « de faire valoir la marque malienne qui fait face à une lourde concurrence sous régionale et internationale ». De son côté, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily, a indiqué que la Semaine des marques vise à inciter les opérateurs économiques à prendre conscience de l’importance de leurs marques, « afin de sécuriser leurs investissements ». M. Bathily a invité les opérateurs et les promoteurs de marques à engager, au niveau du CEMAPI, les démarches nécessaires en vue de la protection de leurs marques contre les contrefaçons et la piraterie. AMK/MD (AMAP)

