Fin des Assises nationales sur le coton : De fortes recommandations

Bamako, 9 fév (AMAP) Les Assises nationales sur le coton, qui ont pris fin, lundi, à Bamako, ont recommandé de valoriser la production nationale par le renforcement des capacités des unités de production existantes. Réunis au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les acteurs de la filière coton, ont également proposé de construire de nouvelles unités de transformation et d’accompagner les tisserands traditionnels. Les Assises nationales sur le coton ont pour objectif de contribuer à la relance de la culture du coton au Mali, en vue de la rendre plus résiliente, compétitive et durable. Les travaux ont, également, retenu, pour la gouvernance des organisations, de séparer les fonctions des syndicats de celles des unions de coopératives, d’accorder une importance particulière aux activités de soutien à la filière cotonnière, de prendre en compte l’Office de la haute vallée du fleuve Niger (OHVN) au niveau de l’Inter Profession Coton (IPC), d’adopter une nouvelle clé de répartition du supplément de rémunération et des frais de fonctionnement du coton graine des structures coopératives au bénéfice des producteurs à la base. Concernant le mécanisme d’approvisionnement et de financement des intrants et la subvention de l’Etat aux producteurs de coton, les participants ont recommandé, notamment, le maintien de la subvention sur les engrais sous sa forme actuelle (subvention sur le prix des engrais) pour relancer la production cotonnière dès la campagne agricole 2021/2022. Ils ont retenu le transfert de la subvention sur le prix à la production, à partir de la campagne agricole 2022/2023, le transfert à la CMDT, de la fonction d’approvisionnement en intrants de qualité sur une période de deux ou cinq ans, au regard des insuffisances actuelles du GIE et de l’ampleur des questions de gouvernance qui ont contribué à détériorer le climat de confiance entre les producteurs. Désormais, les organisations de producteurs seront impliquées dans le processus d’acquisition et veilleront à la transparence des opérations, ont recommencé les participants. Ils ont exhorté le gouvernement à s’impliquer, davantage, dans le contrôle de la subvention des intrants agricoles. Pour la relance de la culture du coton les participants ont proposé, entre autres, de fixer un prix incitatif au kilogramme de coton graine et diminuer, autant que possible, le prix des intrants et des matériels agricoles, rendre gratuites les semences de coton aux producteurs, promouvoir la culture du coton bio pour répondre aux exigences de l’évolution du marché mondial, mobiliser des ressources nécessaires au financement des mesures d’adaptation et d’atténuation auprès du fonds climat, du fonds vert climat et d’autres partenaires techniques et financiers pour renforcer la résilience des producteurs de coton aux effets néfastes des changements climatiques. Au regard de leur pertinence, les participants ont, aussi, exhorté le gouvernement à la mise en place d’une commission de suivi des recommandations des assises régionales. Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Mohamed Ag Mahamoud, a souligné que l’originalité de ces assises réside surtout dans l’inclusivité de la démarche « qui a consisté à faire remonter les propositions de solutions de sorties de crises de la base au sommet ». Le Ministre, qui avait à ses côtés le Président directeur général de la CMDT, Dr Nango Dembélé, a dit l’engagement de son département à mettre en œuvre les recommandations, en rapport avec l’ensemble des acteurs de la filière et avec l’accompagnement politique des autorités du pays. « Le coton malien peut et doit reconquérir sa place de leader au niveau sous régional et en Afrique. Le secteur coton doit se surpasser et aider le Mali à briser le cercle vicieux de la pauvreté et de la précarité », a dit le chef du département de l’Agriculture. Et d’affirmer que l’investissement dans la promotion d’un secteur de coton résilient, compétitif et durable est un levier fort pour l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD-1 et 2) à l’horizon 2030. Dans son allocution, le Chef du gouvernement, Moctar Ouane représentant du Président de la transition, Bah N’Daw, a salué la bonne organisation des travaux et la qualité des contributions des uns et des autres. Il s’est surtout réjoui de l’esprit constructif qui a présidé tout au long de l’exercice. « Les présentes assises ont révélé, de nouveau, la centralité de la filière coton dans l’Economie malienne, à travers son apport dans la création et la redistribution de revenus sûrs et importants aux producteurs de coton, la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, le financement d’infrastructures sociales de base dans les zones d’intervention de la CMDT et de l’OHVN ainsi que dans la dynamisation de multiples branches de l’économie nationale » a-t-il dit. Moctar Ouane a salué l’engagement des partenaires techniques et financiers dans la mise en œuvre de projets et programmes. Il a donné l’assurance que le gouvernement continue d’accorder un ordre de priorité élevé à la filière coton, dans le cadre de la réalisation « de nos politiques et stratégies définies dans la Loi d’orientation agricole, le Cadre stratégique pour la relance et le développement durable (CREDD 2019-2023) et la Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (POLNSAN) ». ADS/MD (AMAP)    

Crise cotonnière au Mali : Le ministre en charge de l’Agriculture à la recherche d’un dénouement heureux 

Bamako, 30 Janv (AMAP) Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Mohamed Ould Mahmoud, a appelé les producteurs de coton des Régions de Sikasso et Koutiala, les 27 et 28 janvier dernier, à faire des propositions concrètes pour régler définitivement la crise qui secoue le secteur, a constaté l’AMAP. Dans le cadre des assises nationales sur le coton, le ministre Mohamed Ould Mahmoud, à la tête d’une forte délégation d’acteurs du coton, a effectué une mission de supervision des ateliers régionaux des assises sur le coton, dans les filiales Sud et Nord-Est de la Compagnie malienne pour le développement textile (CMDT), à Sikasso et Koutiala. Mohamed Ould Mahmoud a demandé aux paysans de travailler, pour relever, ensemble, le défi et, surtout, de dépasser les petites incompréhensions. « Nous allons travailler, main dans la main, pour que les choses soient transparentes, claires, que nous fixions les prix ensemble, que nous décidions, ensemble. Mais, le plus important est le produit du coton », a-t-il promis. Le ministre a, aussi, instruit les producteurs à faire de meilleures propositions « pour résoudre, une bonne fois pour toute », la crise cotonnière. Selon lui, il y va de l’intérêt de tous les acteurs du coton. « Nous n’allons pas accepter que la CMDT tombe dans les défaillances qui sont liées à de petites questions de détail pendant que nous avons beaucoup plus intérêt à être ensemble, à avoir plus de cohésion, à voir et regarder l’avenir, en faisant des propositions qui peuvent mieux apporter à l’Economie du Mali, au bien-être du monde rural et, même, à nos familles à Koutiala, à Sikasso ou ailleurs », a-t-il déclaré. Le président de la Confédération des producteurs de coton de Koutiala, N’Fa Coulibaly, a abondé dans le même sens. Selon lui, c’est la troisième fois, en moins deux mois, qu’un ministre vient chez eux pour parler du coton. Il a invité les paysans à s’engager réellement pour trouver une solution définitive à la crise cotonnière qui n’arrange aucunement les acteurs du secteur. Le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche a présenté et confié le nouveau PDG de la CMDT, Dr Nango Dembélé, aux producteurs de coton. Les assises sur le coton ont été officiellement lancées le 18 janvier dernier. Elles doivent contribuer à la relance de la culture cotonnière en vue de la rendre compétitive, rentable, stable et durable. OD/MD (AMAP)    

L’Office du Niger : La douloureuse histoire d’un projet démesuré

Dr Ibrahim MAIGA Fruit d’une grande conspiration bureaucratique et capitaliste, dans le fond, un mensonge génialement astiqué, l’Office du Niger, cet immense projet de colonisation des terres agricoles du Soudan français, à partir des eaux du fleuve Niger, n’a jamais pu atteindre ses objectifs. Et pour cause. Dans cette série, nous faisons un recours à l’histoire agricole pour tenter d’apporter un éclairage sur les facteurs qui hypothèquent aujourd’hui cette entreprise, legs de la colonisation française. De nos jours, le projet gargantuesque se résume principalement à la Région de Ségou, alors que l’idée originelle, outre, les terres de Sotuba et de Baguineda, atteignait l’actuel Cercle de Diré, dans la Région de Tombouctou. C’était même la plus grande des entreprises de toute l’Afrique occidental française. Qu’en est-il véritablement de nos jours ? Le recours à l’histoire s’impose. D’abord, parce que la mise en place de cette infrastructure a généré des connaissances, mis en contact des personnes d’origines diverses. Ensuite, parce que plusieurs des mythes qui continuent de plomber l’essor de l’Office du Niger, ne trouvent leur compréhension que dans ce processus historique. Au-delà des chiffres, plusieurs spécialistes des politiques agricoles qui ont travaillé sur le sujet ont conclu que l’Office du Niger reste le « cas » symptomatique d’un échec patent. À la base, Emile Bélime, l’ingénieur français des Travaux Publics qui pouvait revendiquer une certaine expérience dans la capitalisation des principes d’irrigation éprouvés par les Britanniques en Inde et en Egypte. Bélime n’était pas loin d’un « illuminé ». Mis en mission en 1919, afin d’étudier la faisabilité de l’irrigation dans le delta central du Niger, Emile Bélime écrivit un rapport plein d’enthousiasme et d’approximation. Jean-Loup Amselle et son équipe ont compulsé, plusieurs décennies après, les conclusions de l’ingénieur considéré alors comme le plus grand spécialiste français de l’irrigation. Il faut reconnaître que dans le monde de l’après-première guerre mondiale, Bélime savait vendre l’espoir. Le « Soudan français pourrait être l’un des plus grands champs de coton du monde… pour le plus grand bénéfice de nos industries textiles », rapporte (Jean-Loup Amselle et son équipe dans l’étude intitulée « l’évaluation de l’Office du Niger au Mali, 1985). Bélime proposait à l’Etat français de réaliser un « vaste programme d’aménagement » qui dans le long terme devait permettre à la France d’avoir « progressivement » les moyens de se passer du coton américain et anglais. Dans le principe, Bélime a compris qu’il était possible de redonner vie au delta mort du Niger par une domestication du niveau d’écoulement des eaux de surface. Il lui faut un levier qu’il va situer à Markala. Mais déjà Jean Loup Amselle et son équipe ont fait un terrible constat qui est que la création de l’Office du Niger relevait d’un cas caractéristique d’une économie dominée par la puissance coloniale. Ils précisent que les intérêts des populations locales n’ont pas été pris en compte. « Tout au plus s’est-on préoccupé d’éviter aux populations (main d’œuvre ou clientèle potentielle) de mourir de faim », rappelle Amselle. (P. 8). Le rapport ajoute : « Justifiée par les besoins en coton de la puissance coloniale, soutenue par les visées nationalistes françaises, la création de l’Office du Niger fut ainsi décidée en l’absence de toute justification concernant son intérêt économique et social pour le Soudan lui-même. » (P.9). Mais, il fallait, dans le contexte de l’époque, plus pour arrêter l’élan de Bélime. Il avait des soutiens de taille parmi les nationalistes, les milieux politiques pétainistes qui visaient des objectifs loin de la politique. Les rapports de Bélime ont été produits en 1929. Ils ont été approuvés par le ministère des colonies en 1931, nonobstant des insuffisances apparentes. Rapidement, l’Office du Niger a été mis sur les fonts baptismaux en 1932 sous la forme juridique d’un « établissement public ». Il aura la personnalité civile et l’autonomie financière ». Presque naturellement, c’est Bélime qui été placé à la tête de l’entreprise pour une période qui va durer dix ans, jusqu’en 1942. Le mandat initial confié à l’Office du Niger tenait en deux points : mener l’étude de l’aménagement et mettre en valeur la vallée du Niger. La substance de ce mandat devait trouver sa réalisation dans la mise en valeur du Delta central à partir de l’irrigation et la mise en culture de 510.000 hectares en coton et 450.000 hectares en riz, soit 960.000 hectares au total. Ce n’est pas tout, car après avoir redonné vie à un delta mort depuis des millénaires, il faut des hommes. Bélime et ses amis vont chercher ces hommes dans tout le Soudan et même en Haute-Volta, soit initialement 300.000 colons et leurs familles. Il faut aussi de l’argent. Dans un dépliant de communication du Comité du Niger de 1921 on pouvait lire ceci : « si l’œuvre est géante, l’heure commande l’initiative et, quant aux moyens d’exécution, le génie de la France y pourvoira ». Les 262 millions de francs nécessaires à l’opération seront mobilisés par l’Etat, à travers des emprunts. LA CONTESTATION – De son concept initial à nos jours, l’Office du Niger a toujours eu ses détracteurs. En 1939, déjà, soit sept ans seulement après sa création, Pierre Herbart, aux termes d’une visite de terrain rigoureuse, a parlé, à la place de l’Office du Niger, de « Chancre du Niger ». (Collection Tracts (1934-1939), Gallimard ). Herbart est sans concession quand il indexe et dénonce « la malfaisance […] d’un système », « son pouvoir de multiplication, ruinant l’ensemble d’une contrée ». Son document est une propédeutique. Sur la venue même de Bélime au Soudan, il faut lire « l’Historique des Essais cotonniers dans la vallée du Niger de 1903 à 1923 » de J. Vuillet (Journal d’agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, 1939), pour bien se situer. « Lors de l’arrivée de M. Béltme au Niger, en 1920, les possibilités d’irrigation offertes par la vallée de ce fleuve avaient été déjà l’objet d’études successives d’agents du service d’agriculture de la colonie et de différents chargés de mission. Parmi les premiers, je citerai M. Vitalis,

Assises nationales sur le coton : Pour donner un second souffle à la filière

Bamako, 19 Janv (AMAP Le Premier ministre, Moctar Ouane, a lancé, lundi, les Assises nationales sur le coton qui visent à contribuer à la relance de la culture cotonnière en vue de la rendre résiliente, compétitive, rentable et durable. Ces Assises représentent un rendez-vous important en ce qu’elles doivent permettre l’analyse des voies et moyens susceptibles de favoriser une véritable relance de la culture du coton à partir de la campagne 2021/2022, caractérisée par la rentabilité et la compétitivité de la filière cotonnière du Mali, a déclaré le chef du gouvernement. Le chef du gouvernement a souligné l’importance particulière que son équipe accorde à la tenue de ces assises nationales sur le coton, initiées par le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche. Moctar Ouane a indiqué que nul n’ignore la place centrale qu’occupe la filière coton dans l’économie malienne. Outre la création et la redistribution de revenus sûrs et importants aux producteurs de coton, elle contribue à la sécurité et à l’autosuffisance alimentaire, au financement d’infrastructures sociales de base dans les zones d’intervention de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) et de l’Office de la Haute vallée du Niger (OHVN), à la dynamisation de multiples branches de l’économie nationale, a soutenu le Premier ministre. Il a rappelé que la filière coton contribue substantiellement aux recettes fiscales et douanières, aux bilans des banques, à la stimulation de l’activité hôtelière, du petit commerce ambulant et à la création d’emplois. Au total, plus de 4 millions de personnes bénéficient de la culture du coton comme source de moyens d’existence. Le secteur contribue à hauteur de 15% à la formation du Produit intérieur brut (PIB) et occupe la seconde place, après l’or, au plan des recettes d’exportation. « L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a retenu la culture du coton comme l’une des cinq filières prioritaires devant bénéficier d’un développement soutenu », a rappelé le chef du gouvernement. « En dépit de cette position hautement stratégique dans l’économie nationale, la filière coton reste très fragile face aux fluctuations du cours mondial de la fibre et du prix des intrants agricoles », a relevé M. Ouane. De même, le faible niveau de productivité et de transformation au niveau national ainsi que les nombreux dysfonctionnements dans la gouvernance du secteur obèrent les efforts de développement de la filière. À titre d’exemple, la filière coton a, de 2000 à nos jours, connu quatre crises majeures. « Celle de 2020 aura été la plus emblématique en raison de ses graves conséquences négatives sur l’économie et la sécurisation des moyens d’existence des populations vulnérables. Le tout dans un contexte de changement climatique et de Covid-19 », a illustré Moctar Ouane. Saluant les producteurs de coton pour leurs efforts inlassables visant à hisser haut le pays et préserver son rang de leader dans une filière hautement concurrentielle, il a remercié les Partenaires techniques et financiers pour leur soutien. De son côté, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Mahmoud Ould Mohamed, a expliqué que l’organisation de ces Assises nationales s’inscrit dans l’axe 2 du Programme d’actions du gouvernement de Transition (PAG), à savoir la promotion de la bonne gouvernance. « Car la filière coton est la colonne vertébrale de notre économie, mais confrontée à des crises récurrentes », a insisté Mahmoud Ould Mohamed. « Tout se passe au rythme des fréquentes contreperformances, comme si nous étions dans la fameuse spirale de la pauvreté tant décrite par les économistes. Briser ce cycle infernal est indispensable », a dit le chef du département de l’Agriculture. Cela, conformément aux instructions fermes données par le chef de l’État, Bah N’Daw. Par ailleurs, suite aux différentes crises qui ont ébranlé le secteur du coton, des réflexions stratégiques impliquant les différents acteurs ont été faites, donnant lieu à de nombreuses recommandations, a dit le ministre en charge de l’Agriculture. Les présentes assises doivent, selon lui, répondre à plusieurs questions : quelles sont les leçons apprises des différentes crises et pourquoi les solutions envisagées n’ont-elles pas fonctionné ? Quelles sont les actions de relance de la culture du coton recommandées à partir de la campagne 2021/2022 ? Pour ce faire, le ministre Mahmoud Ould Mohamed s’est engagé à travailler, sans relâche, pour sortir la filière de ce cercle vicieux afin de l’inscrire, dans le plus bref délai, dans un cercle vertueux. À cet effet, il a invité les acteurs de la filière à renforcer la cohésion en leur sein. Le but est de promouvoir la bonne gouvernance et d’en faire une réalité tangible. La rencontre a eu lieu en présence du président directeur général de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), Dr Nango Dembélé et des acteurs du secteur du coton. ADS/MD (AMAP)  

Jardinage en milieu urbain : Ces potagers qui rapportent gros

Par Makan SISSOKO Bamako, 10 Déc (AMAP) La daba à la main en train de biner des planches, la ménagère Fatoumata Traoré est une femme battante qui a aménagé une parcelle à Kalaban-coura pour en faire un jardin potager. Dans ce petit jardin, elle cultive la menthe, la salade, la carotte, le piment, l’oignon et de nombreuses plantes culinaires pour soutenir sa famille. Elle n’est pas la seule à pratiquer cette activité pour joindre les deux bouts. Les maraichers  font pousser de la salade, de la tomate, du gombo, du concombre, de l’aubergine… en plusieurs endroits dans la périphérie de la capitale. Ils contribuent ainsi à l’approvisionnement de la ville en légumes et en tirent des revenus substantiels. Dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale, le jardinage est un business lucratif pour de nombreux ménages. Hommes et femmes s’adonnent principalement à la culture et à la vente des produits pour subvenir à leurs dépenses quotidiennes. Et cela depuis des années. A Niamakoro «Kôda» en Commune V du district de Bamako, le jardinage occupe une place de choix. Nombre d’habitants, avec leurs maigres moyens, s’adonnent corps et âme à l’entretien de jardins potagers. A quelques encablures d’un marigot, se trouve le jardin de Oumar Timbiné. L’espace est clôturé avec des manguiers et d’autres arbres, notamment l’anacardier pour le protéger contre les animaux errants. Le quinquagénaire, père de 7 enfants, exploite à Niamakoro plus d’un ha de jardin potager, contenant plusieurs types de laitues, notamment des salades des feuilles vertes, tomates et gombos. En franchissant le seuil de cet immense jardin, on aperçoit une nature verdoyante et le visiteur se retrouve entièrement plongé dans un calme bienfaiteur. Des manguiers, des bananiers et des papayers plantés dans les parages font de ce jardin un paradis sur terre. A notre arrivée aux environs de 17 heures, l’arrosage des plantes battait son plein. Visiblement très épuisé, Oumar Timbiné se reposait sous un manguier. Pendant qu’un jeune homme d’environ 17 ans s’occupait à faire le tour entre deux mares aménagées pour arroser les plantations. Équipé de deux arrosoirs bien remplis d’eau, le jeune homme, fils ainé de Oumar Timbiné, assiste constamment son père dans cette activité. Avec enthousiasme, Oumar Timbiné explique qu’il pratique le jardinage depuis plus de deux décennies. Une activité dans laquelle, il parvient à tirer son épingle du jeu. « Dans ce travail, je trouve de quoi manger. Chaque matin, je viens dans le jardin et je retourne à la maison vers le crépuscule. Dans ce pays, il n’y a pas de travail, je me suis lancé dans le jardinage pour m’épanouir financièrement. Après quelques années, les affaires ont prospéré et je me suis entièrement consacré à ce travail jusqu’à ce jour », indique-t-il. Pour lui, l’activité de jardinage nourrit son homme mais reste très pénible. Il sollicite plus d’attention pour les jardiniers, en termes de formation sur les nouvelles pratiques et techniques culturales enfin de mieux rentabiliser leurs revenus. Au côté de ces jardiniers, les femmes viennent s’approvisionner en légumes frais, notamment en carottes, en tomates, en piments et d’autres fruits tels que la papaye et la banane pour ensuite les revendre en ville et dans différents marchés de la capitale. Rencontrée, dans le jardin de Oumar Timbiné, Fatoumata Coulibaly ménagère était venue cueillir des feuilles culinaires et des papayes. Elle confie être dans cette activité depuis plus de 10 ans. « Chaque soir, je quitte Sirakoro, pour venir m’approvisionner en légumes et en fruits dans les jardins pour ensuite les revendre au marché de Sénou et dans la ville de Sirakoro», explique Fatoumata Coulibaly. Pour qui, le marché est actuellement moins florissant. Sur la route de l’aéroport, en direction de Kalaban-coura, de nombreuses femmes portaient sur leurs têtes des sacs et des seaux remplis de légumes frais et de feuilles vertes provenant des jardins situés à proximité de l’aéroport. Kadiatou Diarra, l’une de ces femmes, explique qu’elles reviennent de la cueillette pour le marché du lendemain. Plus loin, dans la zone aéroportuaire vers Gouana, le jardinage est une véritable aubaine pour les habitants de cette localité. Cette zone difficile d’accès à cause des tas de déchets déversés partout sur les voies, est considérée par nombre de personnes comme le fief des jardiniers. Des familles y sont installées depuis plus de 20 ans. Et cela, uniquement à cause des travaux de jardinage. Selon de nombreux témoignages recueillis sur place, le jardinage est pratiqué dans cette localité depuis plus de quinze décennies. Amara Koné habite dans cette localité avec son frère ainé et sa famille. « Autrefois, mon grand frère était le seul qui venait dans le jardin après le décès de notre père. J’ai remarqué que c’est un travail pénible pour une seule personne. Nous avons hérité de ces espaces de notre défunt père qui pratiquait le jardinage bien avant que nous ne soyons de ce monde.  À travers le jardinage, nous arrivons à nous nourrir », souligne Amara Koné. Dans ce jardin de plus de deux ha, Amara et son frère possèdent deux machines de pompage, installées dans des puits à grand diamètre pour faciliter l’arrosage des plantations. L’utilisation de ces machines peut souvent coûter plus de 5 à 6 litres d’essence par jour.  Concernant les difficultés, il a souligné le manque d’eau qui survient généralement en saison sèche. Il a aussi signalé la mauvaise qualité de certaines semences qui n’arrivent pas à germer. Notre interlocuteur se rappelle récemment, d’une énorme perte qu’ils ont subie à cause de l’utilisation d’une mauvaise qualité de semence de carotte qui a coûté plus de 150.000 Fcfa. Un peu plus loin, dans le même alignement, nous sommes dans le jardin de la famille Sangaré. Cette famille détient plus de 5 ha. Selon le patriarche de la famille, Moussa Sangaré, bien avant l’aménagement de l’aéroport, ces terres étaient exploitées par leur défunt père. Pour lui, le jardinage est un travail de tous les jours, qui demande beaucoup d’efforts d’entretien des plantes. Cependant, il ajoute que les efforts sont rentabilisés une fois que les plantations arrivent

Goma Coura k23 : Trois exploitants agricoles tués, deux blessés et un disparu (source locale)

Niono, 08 Déc (AMAP) Une attaque d’hommes armés a fait, dimanche, trois morts, deux blessés et un disparu parmi des exploitants agricoles qui voulaient récolter leur champ, dans le village de Goma Coura k23, dans la Commune rurale de Dogofry (Centre), a appris l’AMAP de source locale Selon un élu local, les victimes ont été attaquées, dans les champs par des bandits armés, Après cette attaque meurtrière, la population demande, de plus en plus, à l’Armée de jouer son rôle de protection des personnes et des biens. Selon notre source, des chefs militaires ont été sollicités pour la protection des exploitants agricoles en cette période de récolte. Le niveau de l’insécurité qui prévaut dans le cercle de Niono, en général, et la zone de Kouroumari, en particulier, inquiète les exploitants agricoles de l’Office du Niger qui mène six mois d’activités dans leur champ dont ils ne peuvent plus faire la récolte des champs, Le village de Farabougou, encerclé depuis plusieurs mois par de présumés djihadistes, a reçu les dons promis aux populations lors du Forum de la paix à Niono, il y a un mois. MS/MD (AMAP)  

Une récolte moyenne à Bankass (Centre) 

Bankass, 02 Déc (AMAP) Les eaux en provenance des collines et les inondations ont causé beaucoup de dégâts sur toutes les cultures, dans les Communes de Bankass et Kani Bonzon, dans le Centre du Mali où les calamités naturelles ont fortement joué sur le rendement des cultures, a appris l’AMAP, auprès des services techniques. « Dans le cercle de Bankass, la récolte a été moyenne. La population peut vivre avec ces céréales mais si on les commercialise, il y aura déficit » a affirmé le chef secteur d’agriculture Allaye Guindo. « Ces eaux ont traversé beaucoup de villages pendant cette campagne agricole qui a débuté dans des conditions socioéconomiques, plus ou moins difficiles », a dit M. Guindo. Cependant, les hauteurs de pluie recueillies sont de 677,90 mm en 39 jours pour l’année 2020-2021. Elles sont supérieures à celles de l’année 2019-2020 qui est 525,60 mm en 53 jours, selon la même source. Elle précise que les superficies des différentes spéculations, par abandon des champs après semis, les inondations et les dégâts des oiseaux granivores sont de 33,325 hectares de pertes pour Le mil, 3.969 hectares pour le sorgho et 853 hectares pour le riz des bas-fonds et en submersion libre. Ces pertes, pour le fonio, portent sur 103 hectares, pour le maïs sur 90 hectares, l’arachide sur 2.756 hectares, le niébé sur 1.267 hectares, le sésame sur 729 hectares, le  Voandzou sur 224 hectares. Pour un total de  43.316 hectares. Le nombre de personnes affecté par ces pertes est de 54.234. Le nombre de ménages est de 9,044. AKG/MD (AMAP)

Yélimané : La campagne agricole très satisfaisante grâce à une pluviométrie exceptionnelle

Yélimané, 22 Nov (AMAP) La campagne agricole 2020-2021, dans le Cercle de Yélimané (Ouest), a connu des taux de réalisation très satisfaisants avec de très bonnes hauteurs de pluies, bien réparties dans le temps et dans l’espace, selon les services techniques. Le service local de l’agriculture a annoncé des rendements de 20153,5 tonnes sorgho, 5880,8 tonnes d’arachide, 2260,75 tonnes de niébé, 56,4 tonnes de maïs, 17,02 tonnes de riz et 11 tonnes de mil. Toutes ces données donnent un taux de réalisation de 97,21%. Mme Diallo Fanta Zanga Traoré, une agricultrice de Yélimané se dit très heureuse et satisfaite de l’hivernage de cette année. Elle et tous ceux qui ont semé, cette année, ne le regrettent pas. Malgré tout, le Cercle de Yélimané reste déficitaire en céréales à hauteur de -29108,016 tonnes. Pour le chargé de suivi évaluation, Siaka Coulibaly, la recherche de l’autosuffisance alimentaire aura sa réponse dans une intensification de la diversification de la production agricole, celle de l’adaptation au changement climatique et celle de la culture du riz. AS/MD (AMAP)  

La BAD signe avec le Mali 9 accords pour plus de 50 milliards

Bamako, 22 Nov (AMAP) Le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, et la responsable pays du Groupe de la Banque africaine de Développement (BAD), Mme Haly Louise Djoussou-Lorng, ont signé, jeudi, à Bamako, neuf accords de 50,82 milliards de Fcfa pour financer cinq projets, annonce un communiqué du ministère de l’Economie et des Finances (MEF). Ces Accords, en dons et en prêts, financent le Programme d’appui en réponse à la crise de la COVID-19 dans les pays du G5Sahel (Parc COVID-19 – G5 Sahel) sous forme d’appui budgétaire, le Programme de développement de la zone spéciale de transformation agro-industrielle des Régions de Koulikoro et péri-urbaine de Bamako (PDZSTA-KB), le Programme d’adhésion de la République du Mali à l’Agence pour l’assurance du commerce en Afrique (ACA). Ces opérations de la BAD financent, également, le Projet d’urgence exceptionnel en faveur des pays à faible revenu, membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de Renforcement des systèmes de santé de la Gambie, du Mali et du Niger pour lutter contre la Pandémie de COVID-19 ainsi que le projet de soutien au développement de l’écosystème entrepreneurial des MPME/MPMI. « La cérémonie qui nous réunit, aujourd’hui, revêt un caractère particulier car elle s’inscrit dans le cadre de la signature d’une série d’Accords de financement suite à la pleine reprise de la riche et fructueuse coopération entre la Banque africaine de développement, notre Institution commune, et le Gouvernement de Transition du Mali », a déclaré le Ministre malien de l’Economie et des Finances. M. Sanou a réaffirmé l’engagement et disponibilité des autorités de la Transition malienne “à poursuivre, à renforcer davantage les relations de coopération riche et dynamique” avec la BAD. À travers ces projets, la BAD souhaite réaffirmer son engagement “à soutenir les nouvelles autorités maliennes dans la réalisation de leur mission”, a indiqué la responsable pays de la BAD, Mme Haly Louise Djoussou-Lorng. “La signature de ces accords de financement intervient à un moment crucial et déterminant pour le Mali, à savoir le début d’une transition visant à créer de nouvelles bases pour un Mali plus inclusif et réengagé”, a-t-elle déclaré. MD (AMAP)

Koutiala : Lancement de la campagne de régénération du Parc à karité

Koutiala, 13 Nov (AMAP) La campagne nationale 2020 de régénération du Parc à karité, qui prevoit de planter plus de 8.400 karité dans les zones d’intervention du Projet appui à l’autonomisation économique des femmes dans la chaîne de valeur karité a été lancée, mercredi, à Kaniko, dans la Commune rurale de Sinsina, dans le Cercle de Koutiala (Sud). Financé par l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID) et mis en œuvre par le ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la Famille (MFEF), en partenariat avec Association conseil pour le Développement (ACOD) Nietaaso, ce projet intervient dans les Communes de Sinsina et Nafanga, dans le Cercle de Koutiala, et dans la Commune rurale de Loulouni, dans le Cercle de Kadiolo. Il vise à apporter un appui à la protection, la préservation, la régénération et l’amélioration de la ressource karité. Ces activités visent à produire un changement de comportement des communautés vis à vis de la ressource karité et, surtout, de promouvoir un modèle de gestion durable du Parc à karité. Pour y arriver, le projet collabore avec les services techniques de la conservation de la nature. Une collaboration qui a permis aux productrices et aux communautés d’accéder à des formations techniques d’installation de pépinières, d’entretien et de régénération du Parc à karité. Dans son allocution, lors du lancement, le maire de la Commune de Sinsina, Chaka Coulibaly, a salué l’engagement et la détermination des femmes de Kaniko à s’impliquer davantage dans la lutte contre la pauvreté et la sauvegarde de l’environnement, à travers la transformation de la noix de karité et de la protection de l’arbre karité. Le directeur exécutif de projet, Élysé Sidibé, a rassuré les bénéficiaires que son ONG mettra tout en œuvre pour préserver et promouvoir le Parc à karité. Le conseiller technique en charge des questions de développement et de l’autonomisation de la femme au MFEF, Sayon Doumbia, qui a présidé la cérémonie, a souligné, dans son intervention que cette initiative « contribue, sans nul doute, à la valorisation de la filière karité, l’une des plus dynamiques de notre pays qui constitue une importante source de revenus pour une frange importante de la population rurale, à savoir les femmes, durement touchées par le phénomène de la pauvreté ». Ibrahim DEMBÉLÉ AMAP-Koutiala