Désobéissance civile : Des services paralysés à Kayes

Kayes, 19 juillet (AMAP) Une partie de la population de Kayes a répondu à l’appel à la « désobéissance civile » lancé par le M5-RFP pour réclamer la démission du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, et de son régime, a constaté l’AMAP. Après la grande prière du vendredi, des mouvements et organisations de la société civile ont invité les populations à se rendre à la Tribune de l’Indépendance, située au cœur de la ville, pour le lancement de leur mouvement de protestation. Devant ce haut lieu historique de la capitale de la 1ère Région administrative du Mali, le porte-parole des associations de manifestants, Karamako Djéri Traoré, s’est adressé à la foule, sous un temps ensoleillé, pour expliquer les motifs du rassemblement. « Nous sommes là pour mener une lutte pacifique. Nous n’allons pas casser ou jeter des pierres sur des gens ou des édifices publics. Mais, nous allons faire en sorte que ces services soient paralysés jusqu’à ce que nous obtenions satisfaction. Déjà, certains sont fermés depuis ce matin. Nous allons bloquer le pont », a déclaré M. Traoré. Sur cette place publique, des manifestants portaient des pancartes qui résumaient l’objectif de leur combat. Sur une autre pancarte, on pouvait lire : « Chemin de fer, victime de la mauvaise gouvernance, nous réclamons la relance immédiate ». On apercevait, aussi, une couchette (drap et moustiquaire) sur la place publique, une manière pour certains manifestants dexprimer leur détermination à aller jusqu’au bout de leur combat, même s’il faut y passer la nuit. Quelques minutes plus tard, les manifestants se sont dirigés vers Dialla pour bloquer le pont qui relie Kamankolé à la ville. Ce pont est situé sur la route internationale Kayes-Dakar (Sénégal). Ils se seraient également dirigés vers le nouveau pont, toujours dans la même zone pour bloquer l’accès, bien que l’infrastructure soit en chantier. Dans la matinée, notre équipe de reportage a constaté que certains services (Trésor, Impôts, Domaines, Budget, Conseil régional, Conseil de cercle et Mairie de la Commune urbaine, Douanes) étaient fermés. Les Forces de sécurité suivent ce mouvement, de façon discrète, pour éviter tout acte de débordement ou de sabotage. Un camion-citerne de la Protection civile était aussi garé à côté du gouvernorat pour parer à toutes éventualités. BMS/MD (AMAP)

Rebondissement dans l’Affaire Rokia Traoré : La justice française lance un mandat d’arrêt contre la musicienne malienne

Bamako, 10 juillet (AMAP) Le Parquet de la ville de Paris a requis, mercredi, un mandat d’arrêt national contre la musicienne malienne, Rokia Traoré, dans le procès pour « enlèvement, séquestration et prise d’otage » qui l’oppose à son ex-compagnon belge pour la garde de leur fille, selon le journal français « Le Parisien ». Lors de cette audience, mercredi après-midi, le Parquet a requis seulement l’émission d’un mandat d’arrêt national, exécutoire sur l’ensemble du territoire français, y compris dans les Territoires d’Outre-mer. Le délibéré est attendu pour le 29 juillet prochain. Le risque d’interdiction de séjour en France qu’encourt Rokia Traoré est un nouveau développement d’une affaire dans laquelle un mandat d’arrêt international avait déjà été lancé contre l’artiste malienne, par un tribunal bruxellois, Mlle Traoré avait été écrouée le 10 mars dernier, en France, en vertu de ce premier mandat d’arrêt. La Cour d’appel de Paris avait approuvé sa remise à la Belgique. Mais, avec la situation sanitaire due à la Covid-19, la chanteuse avait été libérée et sous contrôle judiciaire, quinze jours plus tard, par la justice française, conformément aux réquisitions de l’avocat général. Aujourd’hui, l’artiste risque un mandat d’arrêt international, après sa fuite de la France pour le Mali, en avion privé, le 10 mai dernier, pendant le confinement. TC/MD (AMAP)

Covid-19 au Mali : 2370 cas positifs avec les 12 nouveaux cas enregistrés jeudi

Bamako, 10 juillet (AMAP) Quelque 2370 cas positifs à la Covid -19  ont été enregistrés au Mali avec  les 12 nouveaux cas découverts jeudi, dont 1621 guérisons et 120 décès, a appris l’AMAP de source officielle. L’Institut de santé publique (ISP) précise que sur les 12 nouveaux cas décelés ce jeudi, 4 cas ont été enregistrés à Sikasso, 1 cas en CI, 2 cas en CII, 1 cas en CIII, 1 cas en CV et 3 cas en CVI du district de Bamako. Les services sanitaires déclarent que 1170 cas contact font l’objet  d’un suivi quotidien tout en invitant les populations au calme et à l’observation des mesures préventives, KM (AMAP)

Sit-in des enseignants du privé pour revendiquer une Convention collective

Bamako, 09 juillet (AMAP) Le Syndicat libre des enseignants des écoles privées (SYLEEPMa) a organisé, jeudi, à Bamako, un rassemblement pour exiger du gouvernement l’adoption d’une Convention collective pour l’enseignement privé laic et le paiement de cinq mois d’arriérés de salaire causés par la fermeture des écoles, par l’Etat, pour prévenir la propagation de la Covid-19. « Les enseignants ont faim », « Cinq mois sans salaire, on n’en peut plus, les enseignants des écoles privées sont aussi des enseignants » étaient quelques uns des nombreux slogans sur les affiches et pancartes brandies par les manifestants. Foulard jaune autour de la tête et brassard de même couleur, les enseignants du secteur privé ont envahi l’esplanade du Monument de l’indépendance. « Nous sommes sortis, aujourd’hui, pour demander nos arriérés de salaire et également pour dire aux autorités que les enseignants du privé n’ont pas de Convention collective. Nous pensons que seule cette convention peut sauver l’enseignement privé au Mali », a expliqué Abdoulaye Fotigué Berthé, secrétaire général du SYLEEPMa. “Cette convention permettra aux enseignants de bénéficier de contrat de travail en bonne et due forme, de la retraite, de la couverture l’INPS (Ndrl, Institut national de prévoyance sociale) et ses accessoires” , a-t-il ajouté. “Des demarches ont été faites auprès des autorités. Malgré ces efforts, nous n’avons pas été écoutés. Nous avons a été ignorés », a rapporté le leader syndical,. Par ailleurs, le secrétaire général du syndicat des enseignants du privé a indiqué qu’ils continueront la manifestation jusqu’à la victoire finale. Le SYLEEPMa a vu le jour, à Bamako, le 19 décembre 2019. TC/MD (AMAP)  

Covid-19 : L’UNICEF fait don de plus de sept cent millions d’équipements, de matériels et de kits sanitaires au Mali

Bamako, 09 juillet (AMAP) Le secrétaire général du ministère de la Santé et des Affaires sociales, Dr Mama Koumaré, a réceptionné, mercredi, un don d’équipements, de matériels et de kits sanitaires d’une valeur de plus de sept cent millions de francs Cfa des mains de M. Félix Ackebo, représentant l’UNICEF, lors d’une cérémonie à l’Institut de santé publique (ISP). Il s’agit, entre autres, de 27 extracteurs d’oxygène et 15 000 tests de diagnostic de la Covid-19, 120 thermo-flash, 250 000 masques chirurgicaux, des savons, des dispositifs de lavage des mains. La valeur totale de ces matériels et équipements s’élève à 763 090 154 Fcfa. C’était en présence du représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Jean-Pierre Baptiste et du Coordinateur du comité de crise national, Pr Akory Ag Iknane. En réponse à la pandémie du coronavirus, l’UNICEF a mobilisé les ressources humaines pour appuyer les équipes de coordination nationales et régionales au Mali. A la date du 06 juillet 2020, quelque 1.547 cas positifs sont sortis guéris grâce aux efforts conjugués des professionnels de la santé et la coordination du gouvernement et de ses partenaires. Aux ressources humaines, s’ajoutent les ressources financières et matérielles de l’UNICEF qui permettront de soutenir les équipes pour la prévention et la surveillance de la maladie, les centres de prise en charge de soigner convenablement les malades et réduire le taux de décès hospitalier et de sensibiliser la population pour un changement de comportement responsable. Cette opération a été rendue possible grâce à l’appui de la Banque mondiale, du Fonds mondial, de l’Alliance mondiale pour la vaccination (GAVI), de la Suède, du Canada, du Luxembourg, du Danemark, de l’Allemagne, des Etats-Unis d’Amérique via OFDA, du gouvernement des Pays-Bas, du Comité national français, entre autres. Félix Ackebo, a remercié les partenaires qui ont eu confiance à l’UNICEF. « Certes, a-t-il dit, il y a des défis sécuritaires et logistiques sur le terrain, mais nous devons garder à l’esprit que la stratégie nationale d’atteindre chaque district s’applique à d’autres domaines d’intervention appuyés par l’UNICEF. Cela, pour assurer une continuité des services en faveur des enfants au Mali : vaccination de routine, enregistrement de naissances et prise en charge des enfants malnutris ». « Cette approche, dans le contexte actuel, permettra d’assurer la protection des populations contre cette maladie et aux enfants de retrouver les chemins de l’école avec assurance », a-t-il plaidé. Le représentant de l’OMS au Mali, Dr Jean-Pierre Baptiste, a rappelé que le Système des Nations Unies (SNU) se tient aux côtés du Mali dans le cadre de la lutte et la prévention au coronavirus. « Tout concorde, en tenant compte des besoins réels du gouvernement, à porter l’appui nécessaire au Mali de par les agents du Système des Nations Unies, que ce soit l’OMS, que ce soit l’UNICEF ou la MINUSMA », a déclaré Dr Baptiste. Et d’ajouter : « c’est vrai que la situation s’améliore, mais nous devons renforcer, au niveau des communautés, la prévention et dans toutes les régions du Mali ». Le représentant de l’OMS a aussi apprécié l’approche des autorités sanitaires de notre pays dans le cadre de la lutte contre la pandémie. « Votre approche de tester rapidement tous les contacts asymptomatiques ou symptomatiques est la meilleure, avec un suivi régulier de différents contacts », a-t-il dit. Le secrétaire général du ministère de la Santé et des Affaires sociales, Dr Mama Koumaré, a adressé les « sincères remerciements des plus hautes autorités du Mali à l’UNICEF qui œuvre, avec toute son équipe, auprès du ministère de la Santé et des Affaires sociales pour un meilleur accès au service de santé de qualité aux populations du Mali ». Selon lui, « cette remise de don vient, sans nul doute, renforcer les capacités d’intervention de l’Institut national de santé publique (INSP) et améliorer la prise en charge et la prévention au niveau des établissements de santé ». L’UNICEF, dans ses missions d’appui à la santé des populations vulnérables, notamment les mères et les enfants, est un partenaire stratégique du ministère de la Santé et des Affaires sociales. « Et ceci se traduit, a témoigné le secrétaire général du département de la Santé, par des contributions importantes à tous les programmes de la survie des enfants. Par ailleurs, le secrétaire général du ministère de la Santé et des Affaires sociales a invité les bénéficiaires à faire un bon usage des matériels. OD/MD (AMAP)

Kita : La 2e édition du Festival sur le coton prévue du 26 au 29 novembre 2020

Kita, 09 juillet (AMAP) La 2e édition du Festival sur le coton est prévue du 26 au 29 novembre 2020 à Kita (Ouest), a annoncé, le week-end dernier, l’Association des jeunes pour la valorisation du coton (AJVC), initiatrice de l’évènement. Le thème de cette édition est : « l’enjeu de la transformation locale du coton, source de création d’emplois et de réduction de l’immigration irrégulière ». L’AJVC prévoit des innovations pour ce prochain festival: une foire/exposition, une caravane de sensibilisation contre l’orpaillage et l’immigration irrégulière, des visites de sites touristiques, des concours, de vernissages, une formation sur l’entreprenariat agricole, une soirée culturelle et un défilé de mode. Les organisateurs envisagent d’instaurer, en faveur du développement durable pour la culture biologique du coton, des prix dont l’un sera décerné au propriétaire du plus grand champ de coton biologique. Il est, aussi, prévu un prix pour le développement durable de l’agriculture en général. L’AJVC prévoit la mise en place d’une unité de transformation textile artisanale. Il s’y ajoute la promotion de 30 artisans locaux (femmes et jeunes) sur le volet foire et exposition. Le président de l’AJVC, Abdel Rahamane Sy, a indiqué que l’objectif est de faire de la ville de Kita une destination d’éco-tourisme, en mettant en valeurs ses différents sites touristiques attrayants. « Il y aura une présentation de produits innovants pour l’augmentation de la production à travers le volet foire agricole des intrants », a-t-il annoncé. Selon lui, la vision à long terme est de faire de la ville un carrefour panafricain de jeunes cadres, entrepreneurs, investisseurs dans le secteur du coton. « C’est aussi, a-t-il souligné, une opportunité de promotion pour des jeunes talents en coupe et couture et stylistes de la Région de Kayes, évoluant dans l’artisanat textile et des mannequins locaux ». Le 2è adjoint au préfet, Boubacar O. Traoré, apprécié la bonne vision des organisateurs. Il a rappelé, à cet effet, que Kita est, aujourd’hui, l’un des leaders en termes de production du coton, en quantité et en qualité. « Je souhaite que ce festival soit un point de départ pour plus d’usines d’égrenage de la CMDT à Kita afin que nous puissions atteindre, véritablement, nos objectifs pour la création d’emplois pour les jeunes mais, également, réduire les problèmes liés à l’immigration clandestine et à l’orpaillage traditionnel », a lancé le 2ème adjoint au préfet avant d’exprimer l’espoir de compter sur les potentiels appuis sur place pour aider à la réussite de ce programme des jeunes. Plusieurs membres de la société civile, du Conseil local des jeunes ont, tour à tour, apprécié le programme du festival avant de promettre de s’investir pour sa réussite. JMF/OD/MD (AMAP)    

Covid-19 au Mali : 10 nouveaux cas enregistrés mercredi

Bamako, 9 juillet (AMAP) Dix (10) nouveaux cas positifs à la Covid -19 ont été enregistrés mercredi portant le total à 2358 au Mali dont 1597 guérisons et 120 décès, a appris l’AMAP de source officielle. L’Institut de santé publique (ISP) précise que sur les 10 nouveaux cas décelés mercredi, 1 cas a été enregistré à Kalaban Coro (région de Koulikoro), 3 cas à Kéniéba (région de Kayes), 1 cas en CII, 1 cas en CIII, 2 cas en CIV et 2 cas en CVI du district de Bamako. Les services sanitaires déclarent que 1441 cas contact font l’objet d’un suivi quotidien tout en invitant les populations au calme et à l’observation des mesures préventives, KM (AMAP)

Apaisement du climat politique: Une mission de femmes parlementaires chez le Chérif de Nioro

Nioro, 09 juillet (AMAP) Une mission de femmes parlementaires conduite par Mme Aichatou Cissé ‘Chatto’ est arrivée, mercredi, à Nioro du Sahel (Ouest), afin de solliciter du chef religieux, le Chérif Mohamed Ould Cheichnè dit M’Bouillé, sa contribution à une issue favorable à la crise que traverse le Mali en ce moment. Dès leur arrivée à l’aéroport de Nioro, à bord d’un avion militaire, vers 10h30mn, les députées se sont dirigées vers la résidence du Chérif, au quartier Kaimé, où elles ont, d’abord, été accueillies par les membres de la famille du religieux. Après un long moment d’attente, les femmes députées ont été reçues par le Chérif Mohamed Ould Cheicknè dit M’Bouillé qui leur a rendues tous les honneurs dues à des femmes. La cheffe de mission a expliqué les raisons du voyage qui est « une visite de courtoisie » destinée à trouver une solution à la crise que traverse le pays. Il s’agissait, aussi, pour les visiteuses, selon la députée Mme Cissé, « de prier le Chérif pour qu’il use de son influence pour faire suspendre la manifestation du vendredi prochain (Ndlr, 10 juillet) qui menace fortement la stabilité du pays ». Le Chérif a promis de donner, très prochainement, une réponse à la délégation qui a quitté Nioro, après 18 heures, plus ou moins satisfaite de ce qu’elle a vu et entendu. MD/MD (AMAP)

Adresse à la nation du Président Ibrahim Boubacar Keïta (08 juillet 2020)

Maliennes, Maliens, Respectés hôtes du Mali, Comme moi, vous avez tous noté les actes de contestation portés par une partie de nos compatriotes depuis le mois de juin dernier. Ils expriment sans doute une certaine vitalité démocratique. Mais, ils ne sont pas sans conséquences sur le moral et l’image d’un pays comme le nôtre qui doit, pour sa survie, satisfaire à trois exigences : d’abord reconquérir l’intégralité de notre territoire en éradiquant l’insécurité et le sinistre projet de transformer le Mali en califat ; ensuite vaincre la pandémie de la COVID 19 au double plan de la réponse sanitaire et de la résilience économique ; enfin poursuivre les tâches de développement en droite ligne du projet d’émergence nationale qui n’a jamais cessé d’être ma préoccupation. Je sais également, chers compatriotes, les angoisses engendrées par la situation. De chacune de vous, de chacun de vous, je mesure les tourments. Ils sont du reste naturels car ils disent le souci de ce cher pays, ce pays que nous avons en partage et qui attache le plus grand prix au bon voisinage et au compromis que soit préservée la paix sociale. C’est pour cette paix sociale, convaincu que nous avons du ressort pour rebondir à chaque crise, que dans mes précédentes adresses, j’ai tenu à signifier que j’ai entendu les colères et les interrogations qui sont les causes sous-jacentes de la crise actuelle. Et c’est pourquoi, sans hésiter davantage et ce malgré le coût financier de la mesure et ses possibles effets-domino, j’ai instruit l’application immédiate et pleine et complète de l’article 39. Pour les classes concernées, nos enfants ont repris le chemin de l’école. Je rends grâce au corps enseignant et aux parents d’élèves pour leur diligence, leur disponibilité et leur esprit patriotique. Entendre et soutenir les Maliennes et les Maliens, ceux majoritaires qui dépendent du secteur informel, de même que les couches les plus vulnérables de la population, telle est aussi la raison pour laquelle, le gouvernement a mis fin au couvre-feu décrété au mois de mars dans le but de limiter la circulation du corona virus dont les dégâts dans le monde ne sont cachés à personne. Je ne m’étendrais pas sur les mesures sociales mises en œuvre, au niveau national, pour atténuer l’impact socioéconomique de la pandémie. Mes chers compatriotes, Parce que mon objectif est de ne pas ajouter une crise politique aux graves urgences sanitaires et économiques que nous vivons, et parce que c’est dans mes obligations d’écouter et de comprendre les Maliens, je poursuis, depuis plusieurs semaines, les consultations avec les forces vives du pays. Mieux, j’ai proposé, voici maintenant deux semaines, un gouvernement d’union nationale ouvert à toutes les sensibilités, majorité, opposition, société civile. Car je demeure convaincu que c’est au Mali qu’on donne ainsi la chance de bénéficier de l’accompagnement et de l’expertise de toutes les parties. C’est ici le lieu et le moment de vous informer que ma décision de renouveler ma confiance en le Premier ministre, Boubou Cissé, le 12 juin dernier, se fonde sur notre lecture partagée des préoccupations du pays, de ses priorités ainsi que de la stratégie requise par les enjeux du moment, en un temps de turbulences. Nous nous sommes mis d’accord, le Chef du Gouvernement et moi-même, de la nécessité de concevoir et proposer un Accord Politique de Rassemblement National qui s’attellera à la mise en œuvre diligente et mesurable des recommandations du Dialogue National Inclusif. Donc de cet autre grand moment qui a été salué au-dedans comme au dehors du Mali comme une totale réussite et qui a rassemblé les Maliens des communes et des cercles, des régions et du District, de tous les segments et de toutes sensibilités. Cet Accord qui ira jusqu’en 2023, reposera sur les idées-forces suivantes : – Première idée-force : pacifier et sécuriser le pays dans toute son étendue, afin que nos producteurs ruraux puissent s’adonner à leurs activités, que les échanges interrégionaux puissent redevenir fluides, que les communautés retrouvent le légendaire vivre ensemble qui a fait la réputation de notre pays. Le travail de pacification et de sécurisation sera de longue haleine. Mais il s’agit de ne plus concéder un pouce de notre territoire, de faire reculer l’ennemi et de faire en sorte que le Mali en particulier et le Sahel en général ne soient pas le nouveau sanctuaire mondial de l’extrémisme violent. Il est alors indispensable de s’attaquer résolument à la dissolution de toutes les milices d’auto-défense, de porter à son point d’achèvement le processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion et enfin d’accélérer le retour effectif de l’Etat dans les régions Centre et Nord. Deuxième idée force : entreprendre les réformes institutionnelles convenues et ce dans un délai de 12 mois, afin de mettre en adéquation les demandes de notre peuple et les engagements du gouvernement, et nous doter de textes appropriés en capitalisant sur trente ans de vécu institutionnel. – Troisième idée-force : opérationnaliser les régions qui ne le sont pas encore. Ce travail a pris du retard mais il ne saurait être continuellement en accuser sans remettre en cause un des fondements de notre stratégie de développement, à savoir la régionalisation, par une décentralisation poussée, voire irréversible, et cela en ancrant les agences de développement régional où la décision de contrôler leur devenir est laissée aux populations à la base. – Quatrième idée-force : veiller à une saine distribution de la justice. Et cela dans toutes les juridictions et à tous les échelons administratifs du pays. Nous savons que ce pays crie depuis longtemps sa soif de justice. Nous savons que la paix est précaire et volatile sans la justice. Et nous savons hélas que l’engouement des populations pour la justice expéditive des pseudo jihadistes s’explique par le rejet de la justice d’Etat avec les tares qui lui sont connues dont la corruption et la durée des procédures. Cela devra donc recevoir les reponses appropriées. Maliennes et Maliens, Hôtes du Mali, Chaque crise offre une opportunité, dit-on dans les civilisations positives. Celle que nous vivons n’échappe à

Sacs plastiques non biodégradables : Péril sur l’environnement

Par Aboubacar TRAORE Bamako, 09 juillet (AMAP) Mardi 30 juin 2020, il est 19h 30mn à Yirimadio Zerny, un quartier périphérique de la Commune VI du District de Bamako. Dans la boutique de Sidi Mohamed Haïdara, un quadragénaire mauritanien, les clients, dans une quasi bousculade, se succèdent au comptoir pour leurs achats pour le dîner. En 15 minutes, presqu’une dizaine de clients furent tous servis. Du pain, de l’huile, des insecticides, en passant par le savon, le lait ou le sucre en poudre, sont remis aux clients, par le vendeur, dans des sachets plastiques à usage unique. Parmi ces clients sortis de la boutique, Mariam Ongoïba, trentenaire, enseignante et mariée. « J’ai entendu dire que les sachets plastiques sont dangereux pour l’environnement mais j’accepte que le boutiquier y met mes courses puisque que c’est assez pratique », explique-t-elle. A la question de savoir ce qu’elle fera de ces sacs plastiques, une fois débarrassés de leur contenu, sa réponse est sans équivoque. «Après avoir enlevé mes produits, je les jetterai dans la poubelle comme tout le monde », a laissé entendre l’enseignante, sans états d’âme. Quant à notre boutiquier, Sidi Mohamed Haïdara, cela fait plus de 20 ans qu’il exercice ce commerce. « J’ai commencé ce métier depuis 1999, en Côte d’Ivoire jusqu’à l’éclatement de la crise postélectorale en 2011 quand j’ai décidé de venir m’installer, ici, au Mali. J’ai toujours servi mes clients dans des sachets plastiques à usage unique », a-t-il confié. Toutefois, le Mauritanien reconnait que l’utilisation des sacs plastiques contribue à la dégradation de l’environnement, mais ignore complètement l’existence d’une loi interdisant leur usage au Mali. «Depuis que je vends, ici, à Bamako, jamais un client n’a refusé d’être servi dans les sachets. D’ailleurs beaucoup exigent de doubler voire tripler le sachet lorsqu’ils estiment avoir payé suffisamment pour cela », a détaillé le boutiquier. En revanche, depuis quelques années, le gouvernement mauritanien a interdit l’utilisation de ces sachets plastiques à usage unique, se souvient Sidi Mohamed. « En dépit de cette interdiction, certains commerçants continuent, toujours, d’en faire usage en catimini », a-t-il admis. La ville de Bamako produit environ 3.390 tonnes de déchets par jour, dont 5% constitués de matières plastiques soit 169,5 tonnes !!! selon des études réalisées en 2016. Le directeur national de l’Assainissement, du contrôle des pollutions et nuisances, l’Inspecteur général des Eaux et forêts, Ousmane Sidibé, qui cite ces statistiques, pense qu’elles doivent être actualisées aujourd’hui. Il suffit d’une seconde pour fabriquer un sac plastique qui est, en moyenne, utilisé pour à peine 20 minutes mais met entre 100 et 400 ans à se désagréger, soutiennent les experts. Le sac plastique, à usage unique, est devenu le symbole de notre société de consommation. Utilisés en grand nombre pour une utilité limitée, ces sacs se retrouvent sur les rives et au fond de nos fleuves, dans les océans et ont des conséquences avérées sur le milieu marin et l’écosystème en général. Depuis quelques années, l’on constate une prise de conscience internationale concernant la problématique de ces sacs plastiques à usage unique. La célébration, le 3 juillet dernier, au Mali et dans le monde, de la ‘Journée mondiale de lutte contre l’utilisation des sacs plastiques qui ne se décomposent pas’ illustre cette prise de conscience. Certains pays ont, d’ores et déjà, interdit les sacs plastiques sur leur territoire. C’est aussi le cas, depuis 2014, avec l’adoption de la loi n° 2014-024 du 03 juillet 2014 portant interdiction de la production, de l’importation et de la commercialisation des sachets plastiques non biodégradables en République du Mali. Par biodégradable, il faut entendre tout sachet plastique susceptible de se décomposer dans un délai de plus de 18 mois, sous l’action des micro-organismes présents dans la nature. Cette loi interdit, depuis le 1er janvier 2014, la production, l’importation et la commercialisation de sachets plastiques, sac de grand ou petit format à base de matière synthétique (polyéthylène), servant de contenant pour les denrées alimentaires ou tout autre produit. Quid de l’application effective de ce texte plusieurs années après son adoption ? Au Mali, les sachets plastiques prolifèrent partout. Aucun décor n’échappe aujourd’hui à l’invasion de cette matière polluante. Que ce soit dans nos marchés, pharmacies, restaurants huppés ou gargotes, nos ateliers de couture. Mais, aussi, dans nos grandes villes comme en campagne, des milliers de sachets plastiques non biodégradables sont utilisés quotidiennement. Ils sont importés en grande quantité en violation flagrante de la loi. Selon l’Organisation des Nations-unies (ONU), environ 5.000 milliards de sacs en plastique sont consommés, chaque année, dans le monde, soit presque 10 millions par minute. « S’ils étaient attachés ensemble, ils pourraient entourer la planète sept fois toutes les heures », calcule l’ONU. Elle indique, également, qu’un peu plus de 10 tonnes de plastique sont produites, chaque seconde, dans le monde. Le plastique est d’ailleurs devenu le matériau le plus fabriqué après le ciment et l’acier, fait savoir l’Organisation mondiale. «Depuis 1950, 6,3 milliards de déchets plastiques se sont accumulés sur la planète», déplore-t-elle. AT/MD (AMAP)