Formation professionnelle : Promouvoir la Citoyenneté et l’emploi à partir des centres agréés

Bamako, 21 mai (AMAP) Mme le ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, a effectué ce jeudi, une visite au Centre d’Orientation Professionnelle de Coupe et Couture (COPCC) et à l’École de Santé Bucco-Dentaire Tamadian Nianbélé (EDTN), dans le cadre d’une rencontre de sensibilisation avec les responsables des centres de formation professionnelle agréés, a constaté l’AMAP. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par les récentes attaques du 25 avril 2026 à Bamako et vise à mobiliser les acteurs de la formation professionnelle autour des valeurs de citoyenneté, de patriotisme et de cohésion sociale. Au COPCC, le directeur du centre, Sambou Fané, a rappelé que l’établissement, créé en 1972, accueille chaque année 1.000 apprenantes, réparties entre les sessions du matin et de l’après-midi. Selon lui, le centre a pour mission d’offrir aux jeunes filles et aux femmes dont la scolarité a été interrompue, la possibilité d’apprendre un métier afin d’assurer leur autonomie économique. Saluant le parcours du fondateur, la ministre a mis en avant son engagement en faveur de la jeunesse et de la résilience nationale. « Nous sommes venus parce que nous savons que vous êtes l’un des piliers parmi ceux qui croient en leur nation, qui défendent leur nation et qui, dans les moments difficiles, innovent et restent résilients », a déclaré Mme Sall Seck. La délégation ministérielle s’est ensuite rendue à l’École de Santé Bucco-Dentaire Tamadian Nianbélé (EDTN), spécialisée dans la formation des professionnels de la santé dentaire. Le directeur de l’établissement, le Dr Boubacar Nianbélé, a présenté les différentes filières proposées par l’école, notamment celles d’odontologiste, de prothésiste et d’hygiéniste dentaire. Il a souligné que les diplômés de la filière odontologie sont rapidement intégrés dans les structures de santé du pays. La ministre a salué les efforts de l’école en faveur de l’employabilité des jeunes ainsi que l’octroi de bourses à des enfants de militaires. « Vous faites des choses qui contribuent aujourd’hui non seulement à l’employabilité des jeunes, mais aussi au développement du pays », a-t-elle déclaré, promettant un accompagnement du département pour mieux faire connaître certaines filières encore peu sollicitées. Pour sa part, le directeur national de la Formation professionnelle, Yacouba Garba Maïga, a relevé les performances des établissements visités en matière d’insertion professionnelle. Il a également invité les jeunes à faire preuve de vigilance face aux défis sécuritaires et à lutter contre la désinformation sur les réseaux sociaux. Cette visite s’inscrit dans les efforts du gouvernement visant à renforcer le rôle des centres de formation professionnelle dans l’insertion des jeunes et la consolidation de la cohésion nationale. OS/KM (AMAP)
Rharous : lettre à mon cousin, agaly, vendeur ambulant de cigarettes, allumettes, « woro » et bonbons, à Bamako

Rharous, 21 mai (AMAP) Jusqu’à l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), notamment, l’internet, via les réseaux sociaux, la communication interpersonnelle se faisait par le biais d’échanges épistolaires. La lettre-papier ou le télégramme postal étaient les seules passerelles qui liaient les parents, amis et autres alliés qui se donnent des nouvelles. C’était aussi, l’âge d’or, des écrivains publics ou épistoliers, ces personnages discrets, confidents muets, détenteurs de mille secrets jamais éventés. Ils personnifient, sans exagération, « le secret professionnel ». On les trouve devant les bureaux de poste et aux abords de certaines administrations publiques. Leur matériel de travail est composé d’une table, des chaises et bancs, une machine à écrire, une pile de papiers à lettres et une panoplie de stylos et crayons. Il existe encore de nos jours, des nostalgiques de ce proche passé qui continuent encore de conserver avec soin, ces lettres-papiers, comme de précieuses reliques. À l’heure de WhatsApp, Messenger et autres messageries électroniques, peut-on redonner à la lettre-papier son âme et au service postal, son lustre d’antan ? Nouvelles de la famille et du village- Cher, cousin, je t’envoie cette lettre pour te donner les nouvelles de la famille et du village. Nous nous portons tous bien, en famille, malgré que nous sommes encore, sous le choc, des attaques terroristes dont le village a été victime le mercredi 29 avril et le 1er mai derniers. Comme l’adage le dit, chez nous : « raconter un fait est maigre ». Que dois-je te dire pour narrer, la réalité de ces violentes attaques qui ont sèmé, une totale psychose, dans les esprits ? La première a débuté aux environs de 12 heures passées, quand, les premiers fracas d’armes lourdes et légères ont commencé a faire trembler les murs, trouvant la population entrain de vaquer tranquillement à ses occupations, sans douter un seul instant, qu’elle allait vivre une journée de cruelle angoisse. Vecteurs aériens– Venus en surnombre sur des motos et dans des pick-up, les assaillants ont ciblé, simultanément, les deux compagnies des FAMAS (garde nationale) qui sécurisent la ville. Cette situation a tout de suite créée la panique. Chacun s’est réfugié, là, ou il peut. Pendant ce temps, l’intensité des combats croit. Les fracas d’armes lourdes et le staccato des kalachnikovs dechirent l’air sans interruption. Cette séquence d’enfer à duré plus d’une heure. Nos cœurs ne se sont apaisés que quand, le vrombissement des vecteurs aériens ont déchiré le ciel. Dès cet instant, un calme à couper au couteau, s’est abattu sur la ville, comme une chappe de plomb. Cet intermède silencieux est juste coupé par des tirs intermittents et le mouvement de nos FAMAS, dans les rues. Ceci nous a mis du baume au cœur, car, nous avons compris à partir de nos cachettes que les nôtres ont pris le dessus. Défaite cinglante– C’était le cas. Nos hommes se sont battus comme des lions et ont infligé une défaite cinglante a l’ennemi, malgré son nombre et ses équipements. Abou, le boute-en-train de notre « grin » de thé, jure qu’il a vu l’entrée de l’ennemi en ville, à travers un trou de sa cachette et qu’ils sont aussi nombreux que les sauterelles de l’invasion acridienne de 2004. Il exagére, mais, ses pitreries nous font toujours rire aux éclats. Le seul point noir au tableau de ce jour, a été, la désertion du sergent-chef qui a trahi la troupe, en s’évadant avec une pick-up équipée d’une arme lourde. Tu te rappelles, quand nous étions petits, notre tante Hawoye, citait, souvent, ce proverbe de notre terroir : « nourris le serpent au sein et tu seras, la première personne qu’il mordra ». L’indigne comportement de cet élément en est la parfaite illustration. Pourtant, voici, un monsieur dont la bonhomie a trompé la vigilance de tous. Parfaitement intégré à la population, ce bougre a même pris une femme, ici. Jour de foire– Au lendemain de cette attaque, jeudi, notre jour de foire, comme tu le sais, pendant que les gens vaquaient à leurs affaires au marché et se perdaient en commentaires sur la bravoure de nos FAMA, une folle rumeur commence à parcourir la ville. L’ennemi a encore été aperçu, à quelques encablures de la ville. Cette funeste nouvelle sème encore la panique. Toute la population regagne ses pénates, la peur au ventre. Nous allons encore vivre, sous cloche. L’appétit manquant, peu de personnes ont dîné. Le lendemain vendredi, peu de mouvements étaient perceptibles en ville. La psychose a pris ses quartiers, dans les esprits. L’ennemi n’a pas digéré sa défaite et n’a pas dit son dernier mot, non plus. Qu’elle n’a été encore la surprise de la population d’entendre de violents tirs, après la prière de Asr, ce vendredi. Cher cousin, et voilà, un déluge de feu commence à s’abattre de nouveau sur la ville. Comme le mercredi, nous voilà encore terré, au fond de nos maisons, à reciter et à marmoner, prières et bénédictions. Le combat a duré, deux heures d’horloge, environ. Deux heures d’angoisse. Comme tout le monde, j’avais l’impression que mon cœur sortait de mes entrailles. Le fracas des armes résonnait jusque, dans le corps. Courage et professionnalisme– Pour la deuxième fois, le courage et le professionnalisme des FAMAS ont eu raison de l’ennemi. Aux environs de 18 heures, vaincus, les assaillants s’estompent dans la nature, dans une débandade totale ; laissant derrière eux, d’énormes dégâts humains et matériels. Cher cousin, à ces chers héros (FAMAS), on doit jouer « Tamala ». À l’heure où je t’envoie ces nouvelles, nous ne nous sommes pas encore remis de notre frayeur. Toutes les activités sont à l’arrêt. Songes à nous envoyer un peu d’argent par Orange Money, pour payer les médicaments de ta grand-mère Sohoye. Ces derniers temps, sa tension artérielle monte fréquemment. J’espère que tu seras là, pour les labours ? Cette année, nous risquons de manquer de main d’œuvre pour la saison agricole, car, la majorité des jeunes est allé vers les mines d’or de Intahaka, pour chercher fortune. Je m’arrête là, en espérant lire la réponse de cette lettre très
Sanankoroba : la mairie récompense les meilleurs villages payeurs d’impôts

Kati, 21 mai (AMAP) – La mairie de la Commune rurale de Sanankoroba, dans le Cercle de Kati, a organisé ce jeudi une cérémonie de restitution publique de l’exercice 2025 animée par le maire, Mamadou Zan Traoré. La rencontre, présidée par le 1er adjoint au préfet du cercle de Kati, Issa Pléa, a réuni les représentants des 26 villages de la commune ainsi que plusieurs acteurs locaux, a constaté l’AMAP. Selon le bilan présenté, les recettes réalisées s’élèvent à 280.625.358 FCFA sur une prévision de 374.917.792 FCFA, contre 111.763.500 FCFA de dépenses. Le représentant du préfet a rappelé que cette restitution publique s’inscrit dans le cadre de l’article 222 du Code des collectivités territoriales relatif à la redevabilité citoyenne, saluant au passage les efforts du Conseil communal dirigé par Mamadou Zan Traoré dans la gestion administrative et financière de la commune. La cérémonie a également été marquée par la remise d’attestations de reconnaissance et de sacs de riz aux villages distingués pour le paiement des impôts et taxes. Touréla a remporté le premier prix du meilleur village payeur, suivi de Niengue-coura, Tamala, Toyan, Sinsina, Niengue-coro, Falani-Coungo et Sicoro. Les responsables des 18 autres villages ont été invités à s’inspirer de ces exemples de civisme fiscal et ont chacun reçu un sac de riz ainsi qu’une attestation de félicitations. Un sketch de sensibilisation sur le paiement des impôts et taxes a mis fin à cet espace de redevabilité citoyenne. ALK/CMT (AMAP)
Niafunké : écoles et CGS unissent leurs efforts pour booster la réussite au DEF et au BAC 2026

Niafunké, 21 mai (AMAP)– À quelques semaines des examens de fin d’année, les responsables scolaires de Niafunké ont décidé de mettre les bouchées doubles pour améliorer les conditions des candidats au DEF et au BAC 2026. Réunis mercredi lors de la rencontre préparatoire des examens, les directeurs des seconds cycles de la ville et leurs Comités de gestion scolaire (CGS) ont annoncé une série de mesures destinées à permettre aux élèves de composer dans de meilleures conditions malgré la forte canicule qui frappe la localité, a constaté l’AMAP. Au total, 243 candidats, dont 120 filles et 16 candidats libres, prendront part aux épreuves du DEF dans deux centres d’examen. Les organisateurs ont décidé de garder sur place les candidats qui le souhaitent durant les journées d’examen. Repas et eau seront distribués afin d’éviter les déplacements entre les épreuves et réduire les risques d’accidents liés aux allers-retours précipités à moto. Cette initiative, financée par les directeurs d’écoles et les CGS à hauteur de près d’un million de FCFA, vise également à renforcer la concentration des candidats dans une zone où les repas de midi sont souvent servis tardivement. Les responsables scolaires ont aussi pris des dispositions sécuritaires avec l’appui des Forces de défense et de sécurité, des surveillants et des superviseurs. Ils ont rassuré les autorités que tous les candidats disposent déjà de leurs pièces scolaires ou d’identité. Les collectivités locales, saluant cette première initiative dans le cercle, ont décidé d’apporter leur contribution pour assurer la bonne tenue des sessions du DEF et du BAC. La rencontre était présidée par le 2e adjoint au préfet de Niafunké, Abdoulaye Ousmane Konaré, en présence de l’ensemble des acteurs scolaires du cercle. Pour les participants, cette mobilisation collective représente une véritable lueur d’espoir pour la réussite des examens dans le Cercle de Niafunké. SAM/CMT (AMAP)
Veille de la Tabaski à Tenenkou : les points de transfert d’argent débordés par l’affluence

Tenenkou, 21 mai (AMAP)- Tenenkou, quelques jours avant la fête de l’Aïd el-Kébir, vit au rythme de la grande foire de Tabaski. Dans cette capitale du Massina, située au cœur du delta intérieur du Niger et entourée de plus de 200 villages, le jeudi, foire hebdomadaire, est traditionnellement un jour d’intense activité commerciale. Mais aujourd’hui 21 mai, dernier jeudi avant la fête prend une dimension particulière. Entre achats de moutons, habits de fête, condiments et accessoires, les familles se mobilisent pour les derniers préparatifs, dans une ambiance marquée par une forte circulation d’argent. Dans cette zone rurale où de nombreuses familles dépendent des proches établis à l’extérieur du pays, notamment au Gabon, au Cameroun, en Guinée équatoriale, au Congo ou encore en Côte d’Ivoire, les transferts monétaires deviennent essentiels à l’approche de la Tabaski. Si les envois d’argent sont fréquents chaque jeudi, les retraits prennent cette semaine des allures de véritable parcours du combattant tant l’affluence est grande dans les points de service. Au marché de Tenenkou, la boutique de Lamine Dembélé, vendeur de téléphones devenu l’un des principaux opérateurs de transfert d’argent de la ville, ne désemplit pas. À 7h30 déjà, les clients faisaient la queue devant son établissement. À 9h, les lieux étaient bondés, à l’intérieur comme à l’extérieur, dans une chaleur étouffante. Les opérations de retrait dominent largement les dépôts, signe de la forte demande liée aux dépenses de fête. Entre deux clients impatients, Lamine Dembélé explique travailler sans interruption de 8 heures jusqu’à la tombée de la nuit avec l’appui de deux assistants. «C’est un privilège pour moi d’être au service des gens», confie-t-il, disant ressentir «une certaine fierté» en voyant le soulagement sur les visages après chaque retrait. Selon lui, les montants retirés atteignent habituellement près de 40 millions de Fcfa chaque jeudi, mais ce dernier jeudi avant la Tabaski pourrait largement dépasser ce chiffre. La ville compte près d’une dizaine de points de retrait d’argent, mais leurs capacités restent limitées. Celui de Lamine Dembélé est considéré comme le plus fiable par de nombreux habitants, certains étant assurés d’y trouver de la liquidité. Dans les autres points de service, l’ambiance reste la même : longues files d’attente, cohue et impatience des clients venus récupérer l’argent envoyé par leurs proches. À Tenenkou, où aucune institution bancaire n’est implantée, les services de transfert monétaire occupent une place centrale dans la vie économique et sociale. Deux opérateurs dominent le marché, Orange et Malitel, mais Orange Money demeure le service le plus sollicité par les populations, particulièrement en cette période de forte mobilisation financière liée à la fête de Tabaski. AS/CMT (AMAP)
Conseil national de Transition : L’ordonnance du 02 mars 2026 portant statut général des fonctionnaires adoptée à l’unanimité

Bamako, 21 Mai (AMAP) Les membres du conseil national de Transition (CNT) sont depuis ce jeudi et jours suivants en séance plénière et de session ordinaire d’avril 2026 à Bamako. Les points à l’ordre du jour sont : l’adoption de procès verbal et délibération sur les projets de loi, a constaté l’AMAP. Il s’agit au total de 12 projets de loi, qui sont entre autres, des projets de loi organique fixant les attributions, la composition, l’organisation et les règles de fonctionnement du conseil supérieur de la magistrature, le projet de loi portant ratification de l’ordonnance n°2026-004/PT-RM du 02 mars 2026 portant création de la société de patrimoine minier du Mali, le projet de loi portant ratification de l’ordonnance n°2026-003/PT-RM du 02 mars 2026 portant statut général des fonctionnaires. Ce dernier a été voté à l’unanimité par les membres du CNT à 124 voix, pour 0 abstentions et 0 contre. C’est une loi composée de 142 articles qui contient des innovations major. « L’ordonnance du statut général des fonctionnaires est un outil de management et de gestion des carrières des fonctionnaires. Ce présent statut qui vient d’être ratifié contient 24 innovations par rapport à l’ancien statut de 2002. L’innovation major d’abord c’est de ce conformer à la constitution du 22 juillet 2023, qui en son article 115 cite limitativement les statuts constitutionnels et tous les statuts qui ne sont pas cités dans cet article sont considérés non constitutionnels et devraient être abrogés, et qui seront remplacés par des statuts particuliers », a précisé le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Fassoun Coulibaly. ST/KM (AMAP)
Economie : un Incendie violent s’est déclaré au Grand Marché de Bamako, dans la nuit du mercredi au jeudi

Bamako, 21 mai (AMAP) Un violent incendie s’est déclaré mercredi soir au cœur du Grand Marché de Bamako, près de la Galerie Djigué, sur la rue Brière de Lisle, dans les environs de 19 Ha constaté l’AMAP. Les flammes ont rapidement provoqué un mouvement de panique parmi les commerçants, les clients et les habitants du secteur. Les témoignages recueillis sur place ont donné plusieurs versions qui ont provoqué le sinistre notamment l’utilisation du gaz pour du thé et les mauvaises installations électriques. Pour l’instant nous n’avons pas pu recevoir l’avis des secouristes de la protection civile qui se sont déployés sur les lieux pour empêcher la propagation du feu en d’autres lieux. Les enquêtes sont en cours pour déterminer les causes de l’incendie et établir le bilan officiel du drame, concernant d’éventuelles victimes ou l’étendue exacte des dégâts matériels, nous a confié un responsable de la Protection civile qui a requis l’anonymat. Pour rappel, en mars 2014, un violent feu avait ravagé plusieurs dizaines de boutiques, causant d’importantes pertes matérielles pour les commerçants. D’autres incendies avaient également été signalés en 2020 et 2023 dans différentes zones du marché, relançant à chaque fois le débat sur les conditions de sécurité, les installations électriques vétustes et l’étroitesse des accès pour les secours. KM (AMAP)
Culture : « « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle » dixit Amadou Hampaté Ba, un homme d’une grande valeur culturelle

Bamako, 21 mai (AMAP) Dans l’histoire culturelle du Mali et de l’Afrique, certaines figures traversent les générations et les frontières grâce à la puissance de leur pensée et de leur héritage. Amadou Hampâté Bâ est de ceux-là. Écrivain, ethnologue et défenseur infatigable des traditions orales, il a su bâtir un pont entre passé et modernité. Son parcours, à la fois enraciné dans la culture africaine et ouvert sur le monde. Né vers 1900 à Bandiagara, Amadou Hampâté Bâ grandit dans une famille noble peule. Très tôt orphelin de père, il est élevé par sa mère, Kadidja Diallo, une femme profondément attachée aux valeurs traditionnelles. Elle se remarie ensuite avec Tidjani Amadou Ali Thiam , qui devient son père adoptif. Dans cet environnement marqué par les récits oraux, les coutumes et la spiritualité, le jeune Amkoullel reçoit une éducation fondée sur le respect, la sagesse et la transmission. Confié à des maîtres religieux, il apprend le Coran et s’initie à la pensée soufie sous l’influence déterminante de Tierno Bokar qui devient son maître spirituel. Cette formation dépasse largement le cadre religieux : elle lui inculque une conduite basée sur la tolérance, la paix et une ouverture au monde qui marquera toute son œuvre. Parallèlement, sous la pression de l’administration coloniale française, il intègre l’école occidentale. Il fréquente l’école des otages à Bandiagara puis à Djenné. Après la mort de son beau-père, il rejoint sa mère à Kati en 1915 pour poursuivre ses études. Ce double apprentissage, entre tradition africaine et école coloniale, lui forge une identité intellectuelle unique. En 1921, il refuse d’intégrer l’École normale de Gorée, acte de résistance qui entraîne son affectation dans l’administration coloniale. Ce choix marque le début d’un parcours atypique où il devient observateur attentif des sociétés africaines. Un parcours intellectuel au service de l’Afrique Dans les années 1920, Amadou Hampâté Bâ travaille comme commis et interprète à Ouagadougou, puis à Bobo-Dioulasso et à Bamako. Cette immersion dans différents milieux lui permet de découvrir la diversité culturelle de l’Afrique de l’Ouest. Sa vie prend un tournant décisif dans les années 1940 lorsqu’il rencontre Théodore Monod. Grâce à lui, il rejoint l’Institut Français d’Afrique Noire (IFAN) à Dakar comme chercheur en ethnologie. Il parcourt alors le Mali, la Guinée, le Niger et la Haute-Volta pour collecter contes, mythes et traditions orales. Après les indépendances africaines, il poursuit sa mission à l’international. Entre 1962 et 1970, il travaille au sein de l’UNESCO à Paris, où il défend avec conviction les cultures africaines. C’est dans ce cadre qu’il prononce sa célèbre phrase : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. » Une formule devenue symbole de l’importance de la transmission orale. Une œuvre riche entre sagesse et mémoire Amadou Hampâté Bâ est l’auteur d’une œuvre abondante, nourrie de ses recherches et de son vécu. Parmi ses livres les plus célèbres figurent : Kaidara (1969), un conte initiatique peulh ; L’Étrange destin de Wangrin (1973), couronné du Grand Prix Littéraire de l’Afrique Noire en 1975 ; Jésus vu par un musulman (1976), plaidoyer pour le dialogue interreligieux ; Vie et enseignement de Tierno Bokar (1980) ; L’Empire peulh du Macina (1984) ; Amkoullel, l’enfant peul (1991), autobiographie ; Oui mon commandant ! (1994), récit de la période coloniale. À travers ces œuvres, il valorise la tradition orale comme source de savoir et outil de compréhension du monde africain. Il transmet également des leçons universelles, comme celle du caméléon, symbole d’adaptation et d’harmonie. Reconnu de son vivant, Amadou Hampâté Bâ reçoit de nombreuses distinctions, dont le titre de Grand Officier de l’Ordre National du Mali. Son influence dépasse largement les frontières africaines. Aujourd’hui encore, ses écrits sont étudiés dans les universités et font l’objet de colloques internationaux. Au Mali, le Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ porte son nom, témoignant de l’importance de son héritage. De nombreuses écoles et institutions culturelles lui rendent également hommage. Décédé le 15 mai 1991 à Abidjan, il laisse derrière lui un héritage inépuisable. Plus qu’un écrivain, il demeure un passeur de mémoire, un sage dont la pensée continue d’éclairer les générations. Comme il le disait lui-même : « La beauté d’un tapis provient de la diversité de ses couleurs. » Une métaphore puissante pour rappeler que la diversité culturelle est une richesse essentielle pour le Mali, pour l’Afrique et pour le monde entier. Aboubacar DIALLO est un ingénieur en énergétique et un grand admirateur d’Amadou Hampaté Ba reconnait être très fasciné par la sagesse de ce dernier et l’adaptabilité de ses œuvres à toutes les réalités africaines. Il dit également être très émerveillé par la leçon sur l’école du caméléon Ainsi, Amadou Hampâté Bâ ne disparaît pas : il vit à travers ses mots, ses enseignements et la mémoire collective qu’il a contribué à préserver. MLHD/KM (AMAP)
La ZLECAf : levier majeur de transformation économique en Afrique selon Faure Gnassingbé

Bamako, 20 mai (AMAP) La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) peut devenir l’un des plus puissants leviers de transformation économique jamais entrepris sur le continent, a déclaré le président du Conseil du Togo, Faure Gnassingbé, lundi 18 mai 2026 à Lomé lors de l’ouverture de la troisième édition du Forum du secteur privé « Biashara Afrika ». Placée sous le thème « Accélérer la transformation économique de l’Afrique grâce à la ZLECAf », cette rencontre vise à promouvoir l’intégration économique régionale, les investissements et la transformation structurelle des économies africaines. Plus de 1 500 participants, issus de plusieurs pays africains et d’autres régions du monde, y prennent part, notamment des investisseurs, chefs d’entreprises, experts, décideurs publics et représentants d’institutions financières. Selon Faure Gnassingbé, ce potentiel ne sera réalisé qu’à trois conditions : le maintien de la volonté politique, l’accélération de la mise en œuvre de la ZLECAf et la construction d’une intégration africaine « pragmatique, opérationnelle et tournée vers les résultats ». Il a insisté sur la nécessité de concevoir la ZLECAf comme un projet de mobilité économique pour la nouvelle génération africaine. « Elle doit permettre à davantage de jeunes entrepreneurs africains d’accéder aux marchés régionaux, à davantage de femmes entrepreneures de participer aux chaînes de valeur continentales, à davantage de PME africaines de bénéficier des opportunités offertes par le commerce intra-africain », a-t-il souligné. Le chef du gouvernement togolais a ajouté que l’intégration africaine ne réussira que si elle est perçue comme une réalité concrète pour les citoyens et non comme un projet réservé aux grandes entreprises ou aux institutions. « L’Afrique entre aujourd’hui dans une période décisive de son histoire économique. Nous savons que les défis restent nombreux. Mais nous savons également que le continent dispose désormais d’une opportunité historique », a-t-il déclaré. OS/KM(AMAP)
Nécrologie : Décès du chef de village de Ouélessébougou à l’âge de 90 ans

Ouélessébougou, le 21 mai (AMAP)- La population de Ouélessébougou s’est réveille avec la triste nouvelle du rappel à Dieu de son chef de village, Facoroba Samaké, a appris. Le décès est survenu ce jeudi 21 mai 2026 vers 4h à l’hôpital du Point G de Bamako, des suites d’une courte maladie à l’âge de 90 ans. Selon une source locale, son enterrement aura lieu demain vendredi après la prière dans sa famille à Bamananking. AC/CMT (AMAP)

