COMATEX : Marche des travailleurs pour la réouverture de l’usine
Ségou, 17 sept (AMAP) Plusieurs travailleurs de la société Compagnie malienne des textiles (COMATEX-SA) ont marché, mardi, sous une chaleur écrasante, à l’appel de l’Union régionale des travailleurs de Ségou (URTS), pour réclamer la réouverture de l’usine, a constaté l’AMAP. Les 1.300 salariés de la première usine textile du Mali, inaugurée en 1968, sont en chômage technique depuis le 03 août et ne perçoivent pas de salaires. La direction de la COMATEX justifie la fermeture du site par l’insuffisance de matières premières, des problèmes de trésorerie, l’absence d’exonération et l’électricité. Après d’âpres négociations, l’usine n’a toujours pas ouvert. Ce qui a suscité la colère des travailleurs. Tôt le matin, ils se sont d’abord massés à la place de l’Indépendance avant de se diriger vers le Gouvernorat de Ségou. Les marcheurs brandissaient des pancartes où on pouvait lire : «Nous, travailleurs de la COMATEX-SA demandons la reprise des activités sans délai». Avançant en rangs serrés, après plusieurs minutes de marche, les manifestants ont été reçus au gouvernorat par le directeur de cabinet, Siné Dembélé. Le secrétaire général de URTS, Issa Touré, a présenté le mémorandum. De façon générale, les revendications de l’URTS s’articulent autour du redémarrage, « sans délai », des activités d’usinage à la COMATEX-SA, le paiement « de manière rétroactive » des salaires de l’ensemble des travailleurs, la signature du nouvel accord d’établissement de l’Usine de sucre SUKALA-SA, sa mise en application « sans délai » par les entreprises parapubliques et sociétés anonymes implantées dans la Région. Les travailleurs réclament, également, les avantages salariaux obtenus, de 2014 à 2019, par l’Union national des travailleurs du Mali (UNTM), l’une des centrales syndicales du Mali, le respect de la liberté syndicale et, enfin, la réduction des taxes imposées sur les transporteurs par les mairies. « Si, toutefois, les revendications ne sont pas satisfaites », l’URTS observera un débrayage de 72 heures, allant du 23 au 25 septembre prochain, avec sit-in dans tous les lieux publics de la Région, afin de soutenir les travailleurs de la COMATEX-SA. En réponse, le directeur de cabinet du gouverneur de Ségou a rassuré les marcheurs que tout sera mis en œuvre afin de répondre à leurs préoccupations. Issa Touré a espéré que la direction de l’usine répondra positivement à la demande des travailleurs. MS/MD (AMAP)
Licenciement à l’hôtel de l’Amitié : La direction donne sa version
Bamako, 17 sept (AMAP) Les responsables de l’hôtel Laïco Amitié et l’avocat de l’établissement, Me Aliou Abdoulaye Touré, ont rencontré la presse, mercredi, pour donner la «vraie version» des faits relatifs au licenciement d’une partie du personnel par la direction de l’établissement de tourisme. Pour rappel, ce congédiement pour motif économique opéré par l’hôtel concerne 66 employés sur les 157 travailleurs que comptait l’entreprise. Tous étaient sous Contrat à durée indéterminée (CDI). Prenant la parole en premier, le directeur général de la société tunisienne «Granada», qui gère l’hôtel de l’Amitié, Karim Debbeche, a rappelé les conditions dans lesquelles son groupe a pris les commandes de l’entreprise. «Nous avons commencé officiellement nos activités au mois de mars 2020. Malheureusement, au bout de quelques semaines, est survenue la crise sanitaire de la Covid-19. Nous étions obligés d’y faire face. Il fallait envoyer certains employés en chômage technique. Et nous étions le dernier hôtel de la place à avoir procédé à la mise en chômage technique d’agents», a expliqué M. Debbeche. L’administrateur général a ajouté que cette décision imposée par la conjoncture a été prise « à contrecœur pour sauver l’entreprise et des emplois ». « Malheureusement, les représentants des travailleurs auprès de la direction n’ont pas collaboré », a-t-il regretté. «Nous avons adressé une liste de personnes licenciées aux délégués du personnel, avec des critères de licenciement tels que mentionné par l’article L48 du Code du travail, mais les délégués ont boycotté les réunions», a déploré le patron du groupe «Granada». « Lorsque la situation financière s’améliorera, le personnel licencié sera prioritaire lors du recrutement, cela conformément à la loi », a-t-il promis. Abondant le même sens, l’avocat de l’établissement hôtelier, Me Aliou Abdoulaye Touré, a insisté sur le fait que «le secteur de l’hôtellerie a été touché par la crise sanitaire ». « Malgré ce contexte difficile, l’hôtel Laïco Amitié a fait l’effort, en tentant de sauver ce qui peut l’être. Et c’est conformément à la réglementation en vigueur au Mali qu’il a été amené à faire de telle sorte que des employés soient mis en chômage temporaire», a défendu Me Touré. Selon lui, l’article 35 du Code du travail au Mali prévoit « la possibilité donnée à l’employeur, lorsqu’il traverse des moments difficiles, de procéder à la mise en chômage temporaire ». « A un moment donné de la crise, on était obligé de dépasser le stade du chômage technique pour aller véritablement au licenciement pour motif économique», a-t-il argumenté, ajoutant que son client a, scrupuleusement, respecté les procédures tout au long des deux procédures. Me Touré a déploré le comportement du personnel licencié qu’il accuse de proférer «des injures», sur des pancartes et des banderoles, à l’encontre de la direction de l’hôtel et à l’endroit des travailleurs dont les emplois ont été préservés. Tout en rappelant que l’hôtel est ouvert au dialogue, il a ajouté que « ces actes ne peuvent pas restés impunis dans un Etat de droit ». La conférence de presse a enregistré la présence du Président directeur général (PDG) de l’hôtel Laïco Amitié, Aldbea Imhamed. Babba B. COULIBALY
Transition au Mali : Le MP4 joue la carte CNSP
Bamako, 17 sept (AMAP) Des centaines de manifestants se sont rassemblés, mardi, à la place de l’Indépendance, à l’appel du Mouvement populaire du 4 septembre (MP4), pour soutenir le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) dans la conduite de la transition qui s’ouvre au Mali, a constaté l’AMAP. «Les militaires pour la transition», «CNSP pour le changement», «MP4 est d’accord pour la Charte de la transition» … étaient, entre autres, slogans qu’on pouvait lire sur les banderoles et pancartes des manifestants. Lesquels ont, à l’unisson, réclamé que la transition soit gérée par les hommes en uniforme. Ils se disent d’autant plus fondés à défendre cette option, que les populations ont vu s’éroder, au fil des années, la confiance aux politiques. «A l’heure actuelle, il n’est pas possible de confier le pouvoir à un civil qui peut faire consensus. Du coup, il faut donner cette transition aux militaires pour que le Mali puisse tirer son épingle du jeu», a indiqué Massama Coulibaly, jeune participant au meeting, Il a estimé que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) doit écouter le peuple malien. «Nous ne sommes pas d’accord pour un diktat mais pour une transition militaire», a lâché celui qui trouve anormales les recommandations imposées par l’organisation communautaire. «Si la CEDEAO veut aider notre pays, elle doit accepter le choix du peuple malien», a renchéri Mamadou Dagnon. L’avis de ce quinquagénaire sur les hommes politiques recoupe celui des autres manifestants. «Ils sont tous les mêmes. Nous ne leur faisons plus confiance. C’est pourquoi, nous voulons que la Transition soit menée par les hommes en kaki», a-t-il déclaré, laissant poindre sa déception. Selon une vieille dame qui a participé au rassemblement, les nouvelles autorités doivent traduire devant la justice toute personne, dont le nom est cité dans le détournement des deniers publics. Un autre interlocuteur a souhaité que « les militaires conduisent cette Transition afin de résoudre le problème du Nord », ajoutant que sur la question, les «civils» ont montré toute leur limite. Dans une déclaration, le MP4 a fait savoir que ce rassemblement avait pour objectif d’accompagner le CNSP dans son combat pour la stabilisation du Mali. Pour les responsables du Mouvement, la concertation nationale organisée par le CNSP ont été l’occasion pour le peuple malien, dans son ensemble, de se retrouver et de se parler. Cette concertation nationale à laquelle le MP4 dit avoir pris part, lui a donné l’opportunité de porter le «message du peuple» : «Laissons le CNSP conduire la transition avec la participation de toutes les forces vives de la Nation». Ce rassemblement, deuxième du genre, se tenait pendant qu’une délégation du CNSP, conduite par son président le colonel Assimi Goïta, participait à un mini-sommet de la CEDEAO sur notre pays à Accra, au Ghana. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation sous régionale ont maintenu leurs sanctions, tout en exigeant que la transition soit conduite par un président et un Premier ministre civils. Pendant ce temps à Bamako, le Mouvement du 5Juin-Rassemblemnt des dorces patriotiques (M5-RFP) s’est dit « disponible à œuvrer, de concert avec le Comité militaire et tous les Maliens épris de changement, pour la renaissance et la refondation du Mali ». Une minute de silence a été observée lors de ce meeting à la mémoire de l’ancien président du Mali, le général Moussa Traoré décédé mardi dernier. BD/MD (AMAP)
Mali: La désignation des dirigeants de la Transition est en cours (CNSP)
Bamako, 17 sept (AMAP) Le porte-parole du Conseil national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel-major Ismaël Wagué, a annoncé, mercredi matin, à Bamako, que le CNSP) a engagé le processus de constitution du Collège qui doit désigner le président et le Premier ministre de la Transition au Mali. Dans une conférence de presse, à Kati, pour restituer les conclusions du mini-sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Accra, au Ghana, auquel le président du CNSP a pris part, mardi, le colonel-major Wagué a déclaré que le CNSP s’engage à respecter toute décision du Collège, en passe d’être constitué pour désigner les responsables du pouvoir intérimaire. Sans donner beaucoup de détails sur les critères de désignation de ses membres, le porte-parole du CNSP a indiqué que ce collège sera composé de militaires, de représentants de la société civile et d’autres sensibilités de la Nation. En engageant le processus de mise en place du Collège pour désigner les dirigeants de la transition, quelques heures seulement après la rencontre de la capitale ghanéenne, le CNSP veut, conformément au souhait des chefs d’État de la sous région, mettre rapidement en place un président et un Premier ministre pour diriger la transition. Les dirigeants ouest-africains avaient donné une semaine à cet effet, à compter du 15 septembre. Ils avaient, aussi, exigé que le président et le Premier ministre soient des civils. Dans ses échanges avec la presse, le porte-parole du CNSP n’écarte pas l’hypothèse de la désignation d’un militaire par le Collège pour diriger la Transition. Il a rappelé que cela est, d’ailleurs, le souhait exprimé, lors de la concertation nationale, par la grande majorité des Maliens. Cependant, il n’exclut pas non plus l’idée d’une concession du CNSP si le choix d’un militaire devait compliquer davantage la situation du Mali. Dans tous les cas, le CNSP s’engage à respecter ce qu’aura décidé le Collège qui, selon Ismaël Wagué, « intégrera dans ses analyses, aussi bien les conclusions de la concertation nationale que la position de la communauté internationale ». Par contre, les fonctions de vice-président et de président du Conseil national de la transition, qui est considéré comme l’organe législatif, seront assumées par des militaires. Lors de cette rencontre avec la presse, le porte-parole du CNSP a fait un compte rendu des échanges que le colonel Assimi Goïta a eus avec les chefs d’État de la CEDEAO. Le chef du CNSP a fait le voyage de la capitale ghanéenne pour présenter les conclusions de la concertation nationale et plaider pour la levée ou l’assouplissement des sanctions prises par l’organisation communautaire contre le Mali. A l’issue des échanges, le CNSP n’a pas eu de suite favorable. Les dirigeants ouest-africains ont, en effet, conditionné la levée des sanctions à la mise en place d’une transition civile. «Ils voulaient que nous donnions un avis favorable à cette requête, dès aujourd’hui, pour qu’on puisse se quitter sur un accord avec un communiqué à la fin », a relaté l’officier supérieur. « Mais, nous leur avons dit que nous n’avions pas ce mandat». Malgré l’intransigeance des chefs d’État, le colonel-major a estimé que ce déplacement à Accra n’a pas été un échec. En effet, selon lui, l’invitation du président du CNSP à ce mini-sommet est une forme de reconnaissance de son statut de chef d’État. Aussi, ce déplacement leur a permis d’expliquer, de vive voix, la situation réelle au Mali et de partager la Feuille de route et la Charte issues de la concertation nationale. Mieux, le CNSP a réussi à convaincre ses interlocuteurs d’étendre la période de transition à 18 mois, au lieu des 12, initialement indiqués par l’institution sous-régionale. ID/MD (AMAP)
Covid-19 au Mali : Cinq nouvelles contaminations enregistrées mardi
Bamako, 17 septembre (AMAP) Cinq (5) nouvelles contaminations à la Covid-19 ont été enregistrées mardi, portant le total à 2.940 cas confirmés dont 2.302 personnes guéries et 128 autres décédées, a appris l’AMAP de source officielle. L’Institut de santé publique (ISP) qui déclare par ailleurs que 427 cas-contacts font l’objet d’un suivi quotidien, invite la population à la quiétude et au respect des mesures préventives. KM (AMAP)
Culture : L’Institut français du Mali rouvre ses portes vendredi
Bamako, 16 sept (AMAP) L’Institut français du Mali (IFM) rouvre ses portes, vendredi, avec une nouvelle programmation culturelle « riche et variée », après quelques mois d’arrêt des activités artistiques et culturelles du fait de la pandémie du coronavirus, ont annoncé, mardi, les responsables de l’établissement. Dans une conférence de presse, organisée dans le patio de l’établissement, le directeur de l’IFM, Patrick Giraudo, la conseillère de coopération et d’action culturelle, Mme Nadège Chouat, et le metteur en scène, Jean Louis Sagot-Duvauroux, ont présenté cette programmation comme « alléchante » avec plusieurs activités culturelles, notamment une exposition sur la danse des «Korédugaw» et une pièce de théâtre. La particularité de la rentrée culturelle 2020 est la programmation d’artistes nationaux. Elle se justifie, selon les conférenciers, par la propagation de la Covid-19 qui a suffisamment perturbé les activités artistiques et culturelles en Afrique et dans le monde. «Nous étions impatients de vous retrouver», a dit Patrick Giraudo, visiblement content de renouer le contact avec les artistes. « Ces mois de fermeture nous ont permis d’achever les travaux du centre de langues, du patio mais aussi de sécurisation des lieux », a-t-il indiqué. Au menu, plusieurs activités artistiques et culturelles. Il y aura une porte ouverte, toute la journée, pour permettre aux usagers de découvrir l’architecture du centre de langues « doté d’équipements de dernière génération, puis une exposition du plasticien, Ibrahim Kébé, sur la danse des «Koréduga», une communauté de bouffons. Une pièce théâtrale, de Kalach Story de Kali Sidibé et de Jean Louis Sagot-Duvauroux, clôturera la soirée. Mme Nadège Chouat a exprimé sa satisfaction de venir servir au Mali, une semaine après sa prise de service. Elle a expliqué le cadre du Projet Africa 2020, une initiative du président français, Emmanuel Macron, qui commence à Paris en décembre prochain. Il est conçu autour des grands défis du 21è siècle. Il présente les points de vue de la société civile du continent africain et de sa diaspora. Les conférenciers ont, aussi, annoncé que deux événements artistiques seront présentés en France dans le cadre d’Africa 2020, en complicité avec la Friche de la Belle de mai, les Bancs publics à Marseille et le théâtre de l’Arlequin dans l’Essonne. Les derniers mois de 2020 et l’année 2021 offriront l’occasion de retrouver les événements sélectionnés par Africa 2020 en France. Patrick Giraudo a expliqué que dans les prochaines semaines, il y aura des concerts animés par des artistes maliens comme Kankou Kouyaté, Néba Solo, Cheick Siriman Sissoko, Songhoy Blues et l’humoriste «ATT Junior». Le directeur de l’Institut a dit que la crise sanitaire a permis de réaliser un projet de partenariat avec cinq médias pour combler le vide pendant la fermeture. Cette collaboration a permis de redynamiser les productions d’émissions, les rencontres littéraires, les diffusions de films et d’organiser des débats sur la toile, entre autres. Un des temps forts a été le témoignage de plusieurs artistes. Ceux-ci ont explicité leurs projets mais aussi témoigné leur reconnaissance à l’IFM pour son soutien constant dans la promotion des acteurs culturels. AS/MD (AMAP)
Filière anacarde : Les acteurs en conclave pour valider la Stratégie nationale de développement
Bamako, 16 sept (AMAP) Le ministère de l’Agriculture, à travers le Projet d’appui à la filière anacarde au Mali (PAFAM), a organisé, mardi, au Palais de la culture Amadou Hampâté Ba un atelier de validation de la Stratégie nationale de développement de la filière anacarde au Mali. La rencontre était présidée par le conseiller technique du ministère de l’Agriculture, Yacouba Koné, en présence de la coordinatrice nationale du projet PAFAM, Mme Baba Kongo, du président de l’Interprofession de la filière anacarde au Mali (IPROFAM), Dr Ibrahim Togola, des partenaires techniques et financiers et de nombreux acteurs de la filière anacarde. Cet atelier de deux jours, vise à consolider et valider les travaux réalisés dans le cadre de l’élaboration du document de la Stratégie nationale de développement de la filière anacarde, ainsi que le plan d’action pour sa mise en œuvre avec la contribution de tous les acteurs impliqués. Mme Baba Kongo a souligné que cet atelier est d’une importance capitale pour la filière, car il réunit « tous les intervenants de la filière pour faire le diagnostic et donner des axes stratégiques pour assurer le développement de la filière avec un plan d’action sur 5 ans ». Selon elle, le point fort est l’organisation des acteurs de la filière pour assurer la production et la productivité de l’anacarde afin d’apporter de la valeur ajoutée. Le PAFAM cofinancé par l’Union européenne (UE) et par l’Agence espagnole de coopération internationale au développement (AECID) à travers le «Fonds fiduciaire d’urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique» a pour mission de valoriser la filière cajou au niveau national. L’objectif principal du projet est de contribuer à la lutte contre la pauvreté, au développement durable et à la réduction de l’émigration au Mali par la mise en valeur de la filière anacarde. La filière anacarde est, aujourd’hui, parmi les plus porteuses au Mali. Les bassins de productions sont situés dans les Régions de Sikasso, Kayes, Koulikoro, Ségou. L’anacarde constitue une source importante de revenu pour une bonne partie de la population de ces zones de production et demeure l’une des principales cultures de rente au Mali. Introduite au Mali depuis les années 60, la culture de l’anacarde connait un essor de développement sans précédent grâce aux appuis des partenaires techniques et la politique de développement sectorielle du gouvernement pour diversifier les produits d’exportation, afin d’équilibrer la balance commerciale. Selon Yacouba Koné, le Mali produisait environ 50.000 tonnes de noix brutes et plus du triple en pomme, et cette production a évolué pour atteindre 87.455 tonnes de nos jours. Elle emploie une frange importante de main d’œuvre surtout en milieu rural et occupe une place importante dans les produits d’exportation. Nonobstant cette place de choix des produits de cajou dans le tissu économique du Mali, la filière reste confrontée à des difficultés telles que, le faible niveau d’opérationnalisation et de coordination entre les maillons de production, de transformation et de commercialisation, l’insuffisance des infrastructures et technologies de transformation à grande échelle. Depuis 2007, un processus de structuration de la filière anacarde au Mali a été engagé. Dans cette dynamique, le PAFAM a commandité, une étude pour l’élaboration de la stratégie nationale de développement de la filière anacarde au Mali. Cette étude a pour but de corriger les insuffisances, disposer d’une vision globale de promotion de la filière, définir les principes d’intervention clairs, fixer les objectifs stratégiques et déterminer les axes de travail et actions concrètes en vue de booster la filière anacarde au Mali. MS/MD (AMAP)
Colonel Assimi Goïta face à la communauté malienne au Ghana : « Tout le monde doit se mettre à la tâche »
Envoyés spéciaux Issa DEMBELE Oumar DIOP Accra, 16 sept (AMAP) Le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi Goïta, a invité, lundi, tout le monde à se mettre à la tâche, s’adressant à la communauté malienne au Ghana, en marge du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) sur la situation au Mali, qui s’est tenu, mardi, à Accra, la capitale ghanéenne. Entouré de ses proches collaborateurs, et l’ambassadeur du Mali, au Ghana, Abdoul Kader Touré, le président du CNSP a évoqué les problèmes comme la mauvaise gouvernance, la corruption, l’insécurité qui font sombrer notre pays qui ont justifie la prise du pouvoir par les militaires. «Nous sommes intervenus pour l’intérêt supérieur du pays. Et cela sans effusion de sang », a-t-il soutenu,. Il a indiqué que son ambition « est de poser les jalons du Mali de nos rêves. Toutes choses qui imposent une conjugaison des efforts ». « Tout le monde doit se mettre à la tâche. Et cela demande des sacrifices à consentir », a prôné le colonel Assimi Goïta, ajoutant que « le Mali est notre seul patrimoine commun que nous devons sauvegarder ». Environ deux millions de Maliens sont établis au Ghana, d’où ils suivent, avec intérêt, l’évolution de la situation politique au Mali. Le déplacement des responsables de CNSP a été aune occasion pour eux de mieux comprendre ce qui se passe au Mali. Massivement, ils étaient venus à l’hôtel Peduase Valley, lundi dans la soirée. Devant nos compatriotes établis au Ghana, le porte-parole du CNSP, le colonel-major Ismaël Wagué, a soutenu que l’Armée est intervenue le 18 août pour sauver la nation. Une « mission de sauvetage » dont l’objectif est, selon lui, de « mettre en place les bases essentielles pour qu’on puisse repartir vers un Mali nouveau, à l’issue d’une transition et des élections générales”. Pour y arriver, le CNSP compte sur l’apport de tous les Maliens. «La contribution de tout un chacun est non seulement essentielle, mais aussi vitale», a lancé le colonel-major Ismaël Wagué. L’urgence pour les nouvelles autorités du Mali est de convaincre les chefs d’Etat de la CEDEAO à lever les sanctions qui vont « surtout contre la population, déjà soumise à de rudes épreuves”. Selon lui, la quasi-totalité de la population fait confiance au CNSP. «Que les uns et les autres comprennent cela», a-t-il déclaré, tout en précisant que c’est un «contrat moral» qui lie désormais le CNSP et la population. Ces messages du CNSP ont rassuré nos compatriotes qui, dans leur majorité, ont accueilli favorablement la prise du pouvoir par les militaires. «Nous avons confiance en vous et à tous ceux qui sont impliqués dans la recherche de solutions à la crise malienne », a indiqué Mohamed Maïga. Pour lui, le déplacement du CNSP au Ghana, à l’invitation du président Nana Akufo Addo, prouve que leur pays d’accueil et l’ensemble de la CEDEAO ont « le souci du Mali ». ID/MD (AMAP)
Produits de consommation : Les stocks peuvent couvrir plusieurs mois, selon la Direction nationale du commerce et de la consommation
Par Cheick M. TRAORE Bamako, 16 sept (AMAP) Les sanctions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) font planer le risque de pénurie de certaines marchandises importées. Mais la Direction nationale du commerce et de la consommation (DGCC) rassure sur le niveau de nos réserves, Un mois après la démission du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, suite à l’intervention de l’Armée, le Mali reste sous embargo de la (CEDEAO). La tenue, les 10, 11 et 12 septembre, de la concertation nationale sur la transition n’a pas fait fléchir les chefs d’Etat de l’organisation ouest-africaine. Ces assises ont même étalé au grand jour les divergences de vue entre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et une partie du Mouvement du 5juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui a rejeté la Charte de la transition. Ces désaccords assumés semblent être mis à profit par certains pour tenter de créer la panique au sein de la population, prédisant ainsi une rupture très prochaine des stocks en denrées de tout genre. Les Maliens doivent-ils craindre ce scénario professé par les individus aux intentions inavouées ? La disponibilité en denrées peut-elle couvrir les besoins essentiels avant la levée des sanctions ? Existe-t-il des alternatives crédibles d’approvisionnement en cas de prorogation ou d’alourdissement du blocus ? Cet embargo arrive au mauvais moment pour le Mali. Très vaste pays sans débouché sur la mer, le Mali vit depuis 2012 une crise sécuritaire, sociale et politique qui affecte, année après année, ses efforts de développement. La croissance de son Produit intérieur brut (PIB) a régresser de plus de 6% à un peu moins de 5% (2019) sur la même période. Ce taux est, selon le dernier rapport des services du Fonds monétaire international (FMI), estimé à 0,9% cette année, contre une projection initiale de 5%. Cette chute drastique est consécutive aux effets de la crise sanitaire. S’il faudrait y ajouter les effets néfastes de l’embargo, l’économie malienne tomberait en récession. Comme ce fut le cas après le coup d’Etat de 2012. Cette régression économique est à nouveau envisageable eu égard au volume des échanges entre le Mali et les autres pays membres de l’organisation sous régionale. Ceux-ci comptent pour environ 17% de nos recettes d’exportation dont 6.1% sur le Burkina Faso, 4,9% vers la Côte d’Ivoire, 4,7% en direction du Sénégal et 0,91% vers la Guinée. En direction de ces pays, le Mali exporte principalement le bétail, les noix de karité, les denrées agricoles (pomme de terre, mangue, etc.). En revanche, notre pays dépend en grande partie d’eux en matière d’importations. Le Sénégal vient en tête avec 21% du volume des produits importés dans la zone. Il est suivi par la Côte d’Ivoire avec 9.7%. Nos achats de biens dans les pays membres de la CEDEAO avoisinent 40% du total de nos importations. A titre illustratif, le Mali a, en 2018, importé pour 472 milliards de Fcfa auprès du Sénégal et 377 milliards de Fcfa auprès de la Côté d’Ivoire. La moyenne quotidienne est de 2,3 milliards de Fcfa de produits importés auprès de ces deux pays : 1,3 milliard de Fcfa en faveur du Sénégal et un milliard de Fcfa pour la Côte d’Ivoire. SOUVERAINETE ECONOMIQUE – “Les hydrocarbures constituent l’essentiel de nos produits d’importation (24%), suivis des machines (8,4%), des véhicules (6.9%), des équipements électroniques (6.6%)”, précise l’analyste Abdoul Karim Coulibaly. Selon lui, ces produits transitent ou sont revendus pour la plupart par ces pays. «C’est par exemple, ajoute le spécialiste, le cas des hydrocarbures dont le Mali s’approvisionne à travers le Sénégal. Bien que n’étant pas producteur de pétrole, le Sénégal arrive à exporter le pétrole en direction du Mali, bénéficiant ainsi dans les termes de l’échange». Il ajoute que d’autres produits tels que le poisson, la banane plantain, le ciment, le bois, sont directement produits par nos voisins de la CEDEAO. Une restriction sur les échanges n’est pas alors sans conséquence pour l’économie et sur la population maliennes. «Un embargo sera très ressenti par la population malienne, car il nous priverait de 40% de nos produits d’importation», analyse M. Coulibaly. Pour l’expert, ce ressenti se manifestera par un accroissement du prix des denrées et des produits manufacturés à cause de leur rareté sur le marché et une baisse des recettes de nos opérateurs économiques. Ces derniers verront leurs biens stockés au niveau des différents ports. « Cela peut avoir des contraintes de coûts de stockage, et même affecter certaines denrées périssables », déplore-t-il. Ces chiffres illustrent à suffisance que le Mali est loin de pouvoir se passer de ses voisins de la CEDEAO. L’économiste Étienne Fakaba Sissoko, lui, rappelle, à juste titre, notre dépendance économique. «Savez-vous qu’aujourd’hui, l’ensemble du patrimoine (argent, liquidité) du Mali est dans un compte unique à la BCEAO ? Avec l’embargo de la CEDEAO, on n’y a plus accès. Aujourd’hui, nous fonctionnons sans caisse régulièrement alimentée, donc exclusivement avec les nouvelles entrées de recettes et la liquidité existante au Trésor», a-t-il écrit dans un récent post. Toutefois, le directeur général du commerce, de la consommation et de la concurrence, Boukadary Doumbia, intervenant sur une radio, invite les consommateurs à la sérénité. « Dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, le ministère en charge du Commerce, à travers la DGCC, avait pris des mesures pour faciliter l’importation des denrées de première nécessité », rappelle M. Doumbia. «Toutes les provisions n’ont pas été utilisées. A ce jour, les stocks que nous avons dans les magasins peuvent couvrir plusieurs mois. Et n’y a pas de raison d’augmenter les prix, comme le font certains commerçants en cas de crise», rassure le DGCC. Menaçant de sanction les contrevenants, il précise que son service a décidé de ne plus donner d’autorisations pour l’exportation des produits de base maliens dans les pays de la CEDEAO. Cela jusqu’à la levée de l’embargo. Rappelons aussi que les produits alimentaires, pharmaceutiques, les hydrocarbures, sont exclus des sanctions de la CEDEAO. ALTERNATIVES – Afin de renforcer notre capacité de résilience, Boukadary Doumbia propose de tout mettre en œuvre
Sommet d’Accra sur le Mali : La CEDEAO réclame toujours une transition dirigée par des civils
Envoyés spéciaux Issa DEMBELE et Oumar DIOP Accra, 15 sept (AMAP) La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) réclame toujours une transition au Mali dirigée par des civils mais a, en revanche, fait une concession sur la durée du pouvoir intérimaire en entérinant la proposition de 18 mois de la délégation malienne, a-t-on appris de source malienne, dans la capitale ghanéenne, Accra, où un sommet de l’organisation commune ouest-africaine sur le Mali. En se rendant à Accra, le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) espérait obtenir la compréhension et l’adhésion des chefs d’Etat de la CEDEAO aux conclusions de la concertation nationale. À l’épreuve, Assimi Goïta et sa délégation ont dû se rendre à l’évidence : l’organisation sous-régionale s’en tient à ses principes. Si les dirigeants ouest-africains sont d’accord pour une transition de 18 mois, ils sont, cependant, restés catégoriques sur le profil des personnalités devant la conduire. En effet, ils ont réitéré leur exigence concernant la restauration d’un pouvoir civil. Et c’est à cette seule condition que les sanctions seront levées. C’est ce qu’a annoncé le président ghanéen à l’issue des travaux du sommet consacré à Mali. Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, qui assume la présidence tournante de l’organisation commune ouest-africaine, était entouré lors de cette réunion consultative par six de ses homologues : Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Mahamadou Issoufou du Niger, Macky Sall du Sénégal, Rock Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, Alpha Condé de la Guinée Conakry et Faure Gnassingbé du Togo. Il y avait également le vice-président du Nigéria. Les échanges avec les dirigeants du CNSP ont permis, au moins, d’éclairer davantage la lanterne des chefs d’Etat sur la situation politique et les souhaits des populations dont une bonne frange n’est pas contre une transition dirigée par les militaires pour une durée de 18 mois. Le président burkinabé, Rock Marc Christian Kaboré, a confié à la presse que les informations fournies par le CNSP ont permis à la CEDEAO de mieux comprendre et d’orienter, par conséquent, sa stratégie de sortie de crise. « Cependant, a-t-il précisé, les chefs d’Etat ont fait comprendre aux dirigeants du CNSP que le président de la transition et le Premier ministre doivent être forcément des civils ». Une position que l’organisation sous-régionale a maintenue parce que cela fait partie de ses principes. Par contre, elle a reconsidéré sa position sur le délai qui pourra légèrement excéder les 12 mois pour atteindre les 18 mois. « Sur ce plan, on n’a pas véritablement de contradiction sur le fond », a indiqué le président Burkinabé qui a justifié cette concession par la nécessité de « bien organiser les choses et permettre au processus de tenir sur le bon délai ». « Une fois que le président et le Premier ministre de la transition seront mis en place, il va de soit que le CNSP serait dissout de fait », a ajouté Rock Marc Christian Kaboré. S’agissant de la vice-présidence, le président burkinabé a révélé que cette question n’a pas été débattue au cours de la rencontre. Ainsi, le CNSP pourrait l’occuper, « mais uniquement pour des questions de défense et de sécurité ». Aussi, a-t-il précisé, ce « vice-président ne pourra pas remplacer le président en cas de vacance du pouvoir ». DEUX HEURES D’HORLOGE– Sans plus de détails, le président Alassane Dramane Ouattara a estimé que les nouvelles décisions prises par la CEDEAO permettront d’aller de l’avant. Selon lui, ce que les chefs d’Etat souhaitent, c’est d’arriver rapidement à la levée des sanctions pour mettre fin à la souffrance du peuple malien. Sur ce chapitre, le président en exercice de la CEDEAO a ajouté que les chefs d’Etat sont « très conscients des difficultés causées par les sanctions » et qu’ils « voudraient aussitôt que possible, les lever ». Pour cela, il y a une seule condition : la nomination d’un président et d’un Premier ministre civils pour diriger la transition. Les chefs d’Etat se sont exprimés à l’issue d’une longue et certainement anxieuse journée pour les membres de la délégation malienne. Le stress a commencé dès la matinée quand, comme pour signifier l’illégitimité du CNSP, les chefs d’Etat n’ont pas autorisé le colonel Assimi Goïta et sa délégation à participer à la cérémonie d’ouverture. C’est à Peduase Lodge, où s’est déroulé l’événement, qu’ils en ont été poliment informés, avant d’être priés de retourner à l’hôtel en attendant la fin de cette cérémonie. De retour sur le lieu du sommet, la délégation malienne a été appelée à rejoindre les chefs d’Etat aux environs de 13 heures, pour une séance de travail qui a duré plus de deux heures d’horloge. Juste avant l’entrée en scène du CNSP, les organisateurs, certainement sur instructions, avaient pris le soin d’enlever le drapeau du Mali. Le geste n’est pas anodin. Pour autant, la délégation malienne, déterminée à se faire entendre par les chefs d’Etat, n’a manifesté, en aucun moment, un quelconque sentiment de frustration. « Il faudra accepter beaucoup choses. L’essentiel est de partir d’ici avec une bonne nouvelle pour le peuple », nous a confié un membre de la délégation. En marge de la rencontre, les membres du CNSP ont eu des tête-à-tête avec chacun des chefs d’Etat présents. ID/MD (AMAP)

