Force conjointe du G5 Sahel : Destruction d’un lot de matériels appartenant aux groupes armés terroristes (Communiqué)

Bamako, 21 sept (AMAP) Un véhicule tout terrain, quatre motos, des treillis militaires, un sac contenant des radios appartenant aux Groupes armés terroristes (GAT) ont été détruits par l’Echelon tactique interarmes (ETIA) malien de la Force conjointe du G5 Sahel, lors d’une reconnaissance offensive, à proximité du hameau de Kobo, dans le Gourma malien, indique un communiqué du G5 Sahel que l’AMAP a reçu samedi dernier. Selon ce communiqué, cette opération, menée le 10 septembre dernier, dans le cadre de l’opération SAMA, a permis, également, de saisir du matériel médical de l’ennemi. Ces informations ressortent. La même source indique que des hommes armés ont été aperçus fuyant vers la forêt. Dans le Gourma malien, les GAT ont perdu, au total, un véhicule 4×4, 24 motos, un tricycle ainsi que des fûts d’essence, des armes, des treillis, des radios et quatre plots logistiques. La Force conjointe du G5 Sahel confirme, ainsi, sa bonne capacité de mobilité malgré des conditions météorologiques difficiles et des axes toujours dégradés. « Le 26 août dernier, au cours d’une opération de contrôle de zone, une unité de la Force conjointe du G5 Sahel avait déjà saisi un important plot logistique des terroristes », rappelle le communiqué. La Force conjointe du G5 Sahel assure que la présence de ses troupes armées et aguerries au sol, soutenues par divers types d’aéronefs de combat et de surveillance, dissuade les terroristes de mener toute action offensive. Dans le cadre de l’opération SAMA, la Force conjointe du G5 Sahel contribue, à travers ses reconnaissances et ses missions de contrôle de zone, au retour progressif de l’État dans la région des trois frontières. La Force conjointe du G5 Sahel est une force régionale qui a pour mission de lutter contre les terroristes dans les Régions frontalières communes aux pays du G5 Sahel, en étroite coordination avec toutes les forces nationales et Barkhane. Composée d’unités provenant du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad, la Force conjointe du G5 Sahel est mandatée pour pouvoir intervenir au-delà des frontières de ces pays dans le cadre d’une règlementation paraphée par les cinq chefs d’Etat du G5 Sahel. MDD/MD (AMAP)  

Le Sénégalais Cheikh Tidiane Gadio désigné Envoyé spécial de la Francophonie au Mali

Bamako, 21 sept (AMAP) La Secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, a désigné le Sénégalais Cheikh Tidiane Gadio en qualité d’Envoyé spécial pour le suivi de la situation au Mali, annonce un communiqué de l’Organisation internationale de la Francophone (OIF) publié lundi. « Cette désignation s’inscrit dans le cadre de la résolution adoptée le 25 août par la 111ème session extraordinaire du Conseil permanent de la Francophonie (CPF), pour soutenir le processus de restauration des institutions démocratiques au Mali et contribuer à trouver des solutions de sortie de crise durables et crédibles prenant en considération les attentes des citoyens maliens », indique le communiqué de l’OIF. Selon l’organisation de la Francophonie, en coordination avec les partenaires internationaux, dont la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine (UA), l’Envoyé spécial sera chargé d’appuyer la Secrétaire générale de la Francophonie dans l’accompagnement du processus de transition civile. Le communiqué révèle, également, que Cheikh Tidiane Gadio conduira, dans les prochains jours, une mission de haut niveau à Bamako, au cours de laquelle il sera accompagné de Nadia El Yousfi, députée au Parlement bruxellois et au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, membre du Bureau de la Commission des affaires parlementaires de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) et de Moha Ouali Tagma, ambassadeur de Sa Majesté le Roi du Maroc auprès de la République fédérale du Nigéria et de la CEDEAO à Abuja. Pour rappel, le Dr Cheikh Tidiane Gadio est vice-président de l’Assemblée nationale sénégalaise depuis octobre 2019. Doté d’une grande expérience diplomatique, il est ancien Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères de son pays et preside, actuellement, l’Institut panafricain de stratégie paix-sécurité-gouvernance (IPS). MT/MD (AMAP)

Mali : Le colonel-major à la retraite Bah N’Daw nommé président de la Transition

Bamako, 21 sept (AMAP) Le colonel-major à la retraite, Bah N’Daw, désigné président de la Transition au Mali, n’était pas très bien connu du grand public, jusqu’en mai 2014, avant d’être nommé Ministre de la Défense et des Anciens combattants. Ses compagnons d’armes, eux, savent qu’il est un homme de principe, un militaire engagé au sens très élevé de la loyauté. Né le 23 août 1950 à San, dans la Région de Ségou, au Centre du Mali, le tout nouveau président a fait une brillante carrière au sein de l’Armée de l’air, avant de faire valoir ses droits à la retraite. Après son baccalauréat, il est incorporé comme engagé volontaire dans l’Armée, le 1er juin 1973. L’année suivante, il est désigné pour suivre un stage de pilote d’hélicoptère en ex-Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS). En mars 1976, le jeune militaire qui se laisse affectueusement appelé « Le Grand », intègre la toute nouvelle l’Armée de l’Air. Avec son brevet d’étude militaire supérieur obtenu en France, il alla se former davantage à l’Ecole de guerre (CID) en 1994. Le nouveau président de la Transition est de la 7è promotion (1973) de l’École militaire interarmes (EMIA) de Koulikoro. Comme de nombreux cadres de son corps, il est passé par l’ancienne URSS où il a suivi plusieurs stages. Sa riche carrière lui fit occuper des postes stratégiques : aide de camp du président Moussa Traoré, chef d’état major de l’Armée de l’Air, chef d’état major adjoint de la Garde nationale, directeur du Génie militaire, chef de cabinet de défense à la Primature, directeur général de l’Equipement des armées, chargé de mission au Ministère de la Dèfense et des anciens Combattants (MDAC), directeur de l’Office national des anciens combattants militaires retraités et victimes de guerre (ONAC). L’Officier de l’Ordre national qui parle plusieurs langues dont le Russe est appelé encore une fois à servir le Mali. Pendant une transition de 18 mois, il doit faire appel à tout son savoir-faire militaire et son capital-expérience pour réussir à remettre le train Mali sur les rails. Dans cette tâche, il est secondé par le colonel Assimi Goita, président du Comité pour le Salut du Peuple (CNSP) en qualité de vice-président. AC/MD (AMAP)

Désignation des dirigeants de la Transition au Mali : Le temps des tractations

Par Massa SIDIBÉ Bamako, 21 sept (AMAP) La Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a lancé au Mali un ultimatum qui expire mardi. L’organisation sous-régionale demande, en effet, au pays de désigner, cette date, un président et un Premier ministre civils pour diriger la Transition, faute de quoi, elle imposera un embargo total. Question : le Mali échappera-t-il aux sanctions brandies par les dirigeants de la CEDEAO ? Dès qu’ils ont pris connaissance des conclusions de cette réunion sur la situation au Mali, tenue mardi dernier, à Accra, la capitale ghanéenne, nos compatriotes n’arrêtent pas de se poser cette question et tout le monde retient son souffle, en attendant de trouver une réponse. Lors de la rencontre d’Accra, les présidents de l’organisation communautaire ont, pourtant, lâché du lest sur la durée de la transition. Ils ont accepté que la transition puisse durer 18 mois, au lieu d’un an, comme prévu par les textes de la CEDEAO. L’urgence de trouver une réponse à ce qui est posé comme une condition sine qua non à la levée des sanctions qui frappent le Mali, depuis la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta, a été vite perçue par le président et l’ensemble du Comité national pour le salut du peuple (CNSP). Ainsi, dès la fin du sommet d’Accra, le colonel Assimi Goïta a assuré qu’une fois retourné au Mali, il engagera des consultations. Les nouvelles autorités ont dû se résoudre à donner une suite aux injonctions de la CEDEAO, après avoir échoué à faire adopter les conclusions sur la Transition issues des travaux de la concertation nationale. Conscients que le temps n’est pas leur allié, les membres du CNSP ont enclenché, dès mercredi, le processus de constitution du Collège devant désigner le président et le Premier ministre de la Transition. Le porte-parole du CNSP, le colonel major, Ismaël Wagué, qui a annoncé l’information, s’est contenté d’indiquer que ce Collège sera composé de militaires, de représentants de la société civile et d’autres sensibilités de la Nation. Mettant toutes les options sur la table quant au profil des futurs dirigeants de la Transition, le colonel major Wagué a tenu à préciser que les militaires au pouvoir suivront la décision du Collège qui est désormais à l’œuvre. Pour indiquer la voie, cet organe, a expliqué le porte-parole du CNSP, prendra en compte les conclusions de la concertation nationale et la position de la communauté internationale. Mais jusqu’à dimanche, la composition du Collège n’était pas connue. Selon nos sources, plusieurs rencontres ont eu lieu ces derniers jours entre le CNSP et différents acteurs sociopolitiques, en vue de la nomination du président et du Premier ministre de la Transition. Parmi les délégations reçues par le CNSP, au camp Soundiata Keïta de Kati, indiquent les mêmes sources, figure le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP). Les deux parties auraient eu plusieurs rencontres. Si rien n’a filtré de ces rencontres, on sait, en revanche, qu’elles se sont déroulées dans une bonne ambiance qui incite à l’optimisme quant à la suite des événements. Dans tous les cas, le temps presse puisqu’il ne reste plus que quelques heures avant l’expiration de l’ultimatum fixé par la CEDEAO et tout le monde doit mettre l’intérêt du Mali au dessus de tout, en évitant au pays un embargo total dont les conséquences pourraient aggraver une situation pour le moins très tendue. MS/MD (AMAP)  

Mali : Le chef de la diplomatie algérienne s’entretient à Bamako avec le CNSP et des acteurs politiques

Bamako, 20 sept (AMAP) Le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a eu, dimanche, à Bamako, des entretiens avec une délégation du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP), sur la situation au Mali, indique un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères cité par Algérie presse service (APS) « Ces entretiens ont été l’occasion d’aborder la situation au Mali à la lumière des dernières consultations tenues dans la capitale malienne et des décisions du dernier sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) », selon la même source. Selon le communiqué, M. Boukadoum, dépêché par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, et arrivé en mi-journée, dans la capitale malienne, s’est entretenu, notamment, avec le président du CNSP, le colonel Assimi Goïta, le vice-président, le colonel Malick Diaw et le porte-parole, le colonel-major Ismaël Wagué. M. Boukadoum a mis en exergue « l’intérêt particulier, maintes fois exprimé par le président de la République algérienne, que porte l’Algérie à la stabilité et à la sécurité du Mali et sa solidarité sans faille avec le peuple malien frère », souligne le communiqué. Le ministre Boukadoum, a, dans ce cadre, réitéré « la disponibilité de l’Algérie à poursuivre son accompagnement aux frères maliens, comme elle l’a fait par le passé, dans leurs efforts à conduire une transition calme et apaisée qui soit à la hauteur des attentes du peuple malien et qui permettrait le retour à l’ordre constitutionnel », poursuit la même source. Le chef de la diplomatie algérienne a, également, eu des entretiens avec le chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MUNISMA), Mahamet Saleh Ennadif et le chef de la Mission de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel, Pierre Buyoya. Ces deux entretiens « ont porté essentiellement sur l’évolution de la situation au Mali ainsi que sur la coordination des efforts en matière de stabilisation de la Région », ajoute  le communiqué. Sabri Boukadoum a, aussi, eu une série d’entretiens, toujours, sur la situation au Mali, avec de nombreux acteurs maliens de premier plan, indique le ministère algérien des Affaires étrangères cité par APS. Il s’agit, en particulier, de l’ancien Premier ministre malien, Soumeylou Boubèye Maiga, de Zahabi Ould Sidi Mohamed, ancien ministre et président de la Commission Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger et Sidi Brahim Ould Sidati, chef de la délégation de la Coordination des mouvements de l’Azawad au Comité de suivi de l’Accord d’Alger (CSA). L’Algérie est fortement impliquée dans la mise en oeuvre de l’Accord pour paix et la réconciliation au Mali. Elle assure la présidence du CSA, à travers son ambassadeur au Mali, Boualem Chebihi. M. Boukadoum, « s’est également entretenu avec d’autres acteurs politiques maliens dont notamment l’Imam Mahmoud Dicko, leader du Mouvement M5 et le président de la Convergence pour le développement du Mali (CODEM), Housseini Amion Guindo », ajoute la même source. « Les interlocuteurs maliens ont largement salué le rôle de l’Algérie dans la Région et son engagement indéfectible en direction du Mali et du peuple malien, en exprimant leur appréciation pour la solidarité agissante que l’Algérie a toujours témoignée à ce pays frère et voisin », a conclu le ministère algérien des Affaires étrangères. Le ministre algérien des Affaires étrangères, à la tête d’une forte délégation, était déjà présent, le 28 août dernier, dans la capitale malienne, pour des échanges avec les responsables du CNSP. MD (AMAP)    

Mali: Le chef de la diplomatie algérienne, Sabri Boukadoum, à Bamako

Bamako, 20 sept (AMAP) Le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, est arrivé à Bamako, dimanche, en mi-journée, pour une visite de travail au cours de laquelle, il rencontrera le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), représenté par son porte parole, le colonel-major Ismaël Wagué, annonce Algérie Presse service (APS). Le chef de la diplomatie algérienne, qui effectue cette visite sur instruction du président algérien Abdelmadjid Tebboune, « aura une série d’entretiens avec plusieurs interlocuteurs maliens et internationaux sur la situation au Mali », précise un communiqué diffusé par l’APS. Sabri Boukadoum a été le premier membre d’un gouvernement étranger à se rendre à Bamako depuis les événements du 18 août, en dehors des médiateurs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le ministre algérien des Affaires étrangères était présent, le 28 août dernier, dans la capitale malienne pour des échanges avec les responsables du CNSP. L’Algérie est fortement impliquée dans la mise en oeuvre de l’Accord pour paix et la réconciliation au Mali. Son ambassadeur, Boualem Chebihi, préside le Comité de suivi de cet Accord (CSA). AT/MD (AMAP)

Les Forces armées maliennes ont neutralisé des terroristes et saisi du matériel à Nampala, dans le Centre (Officiel)

Bamako, 19 septembre (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé cinq terroristes, mercredi, à Tolodjé, dans la localité de Nampala, dans le Centre du Mali, a annoncé, samedi, le site officiel de l’Armée. Suite à cet accrochage, les FAMa ont, aussi, saisi du matériel sur les Groupes armés terroristes (GAT), indique la même source. Ces matériels comprennent 04 Pistolets mitrailleurs (PM), 06 fusils de chasse, des munitions en vrac, 09 motos et un important lot de médicaments. Les Forces armées maliennes ne déplorent aucune perte dansa cette opération. MD (AMAP)

Opinion : Le Mali, la crise en Afrique de l’Ouest et les mandats présidentiels (suite et fin) : Quelle lecture ?

Par Mamadou Diop DECROIX Secrétaire Général Ànd-Jëf/Parti africain pour la démocratie et le socialisme  Bamako, 18 sept (AMAP) En Guinée, le ‘NON’ au référendum de 1958 proposé par le Général de Gaulle fait que ce pays n’a pas la même histoire en matière institutionnelle que les autres anciennes colonies françaises. D’ailleurs, jusqu’en avril dernier, la constitution en vigueur dans le pays provenait d’un organe de transition (le Conseil national de transition) et avait été promulguée par un Président de la République par intérim en mai 2010. Cette constitution n’avait pas été soumise à l’approbation du peuple par voie référendaire. Elle a été récemment remplacée par une nouvelle constitution, soumise à un référendum populaire boycotté par l’opposition au motif qu’elle permettait au Président en exercice de briguer un autre mandat. Ce rejet a été accompagné de manifestations marquées par de graves violences avec pertes en vies humaines et destructions matérielles. Toutefois, aujourd’hui, le principal leader de l’opposition dans ce pays et son parti ont décidé de prendre part à l’élection présidentielle d’octobre prochain. Nous noterons que la Guinée est le château d’eau de la sous-région avec des richesses inestimables dans son sous-sol. En Mauritanie, entre le Président nouvellement élu et son prédécesseur, le torchon brûle ce qui aggrave une situation déjà très tendue du fait de vieilles contradictions qui travaillent la société mauritanienne depuis bien longtemps. Dans ce pays voisin, du pétrole et du gaz ont été découverts en sus du fer déjà exploité et des côtes extrêmement poissonneuses. Le Liberia et la Sierra Leone sont en convalescence après avoir connu chacun une décennie de guerres civiles avec des souffrances indicibles. Le tableau ci-dessus fait de notre sous-région l’une des zones de tempête les plus agitées au monde. Les patriotes africains de cette zone auraient terriblement tort de ne pas renouveler leur pensée politique pour se mettre à la hauteur des exigences du moment. Qui peut penser que cette situation va en rester là, avec des états affaissés, des populations exsangues, une jeunesse nombreuse et sans emploi, et des richesses pompées sans arrêt ? Non ! Le couvercle de la marmite finira par sauter si de très sérieuses réformes ne sont pas apportées dans le sens d’une meilleure prise en compte des intérêts des populations. L’on aura remarqué par ailleurs que les officines traitent différemment la question des mandats présidentiels en Afrique selon le type de rapports existant entre les puissances dominantes et les régimes locaux. Par exemple, sur les cas ci-dessous, elles ne donnent pas de la voix et évitent soigneusement d’attirer l’attention sur ces expériences même si les raisons peuvent être différentes d’un pays à l’autre : Au Cameroun, le Président est aux affaires depuis 1982 soit bientôt 40 ans. Au Tchad, le Chef de l’Etat est en place depuis 1990 soit trente ans. Au Togo, le Président a entamé son quatrième mandat en début 2020. Au Rwanda Kagamé, qui est aux affaires depuis 20 ans, a finalement fait supprimer la limitation des mandats. En Libye, sous Khadafi (1969- 2011), il n’y avait pas d’élections au suffrage universel pour élire le Chef de l’Etat. On le voit, c’est toujours le rapport de forces qui détermine la conduite des officines et non le rapport à la démocratie et au respect des intérêts des peuples concernés. Il fut un temps où Khadafi plantait sa tente en plein Paris, mais lorsqu’il leur est apparu que des plages d’entente n’étaient plus possibles avec lui, ils trouvèrent le moyen de l’abattre créant ainsi une crise sécuritaire inextricable dans ce pays et dans tout le Sahel. L’on se souvient qu’au Zimbabwe, pendant des décennies, le Président Robert Mugabe, grand combattant de la libération du peuple Zimbabwéen, avait préféré différer la question de la rétrocession des terres détenues par les blancs aux africains comme le stipulaient les accords de Lancaster House. Pendant toute cette période, les officines et les gouvernements occidentaux ne se sont jamais intéressés aux élections dans ce pays. Mais il a fallu que Mugabe soulevât enfin la problématique de la rétrocession des terres aux Africains pour qu’ils se mettent subitement à s’intéresser à la démocratie et aux élections au Zimbabwe et à découvrir que celles-ci n’étaient, selon eux, ni honnêtes ni transparentes. Les exemples pourraient être multipliés. Venons-en au Sénégal où le métabolisme politique a été profondément chamboulé avec l’élimination à la dernière présidentielle de février 2019 de nombreux candidats sérieux et où les trois prochaines années risquent d’être marquées par une controverse paradoxale sur un troisième mandat de l’actuel Président de la République. D’ailleurs nous n’excluons pas l’hypothèse qu’une telle controverse soit alimentée et entretenue par des spécialistes de la manipulation avec pour objectif d’ancrer d’ores et déjà dans les consciences la faisabilité d’une telle hypothèse. Ce faux débat prendra un temps précieux qui aurait pu être utilisé à meilleure fin dans un pays où pétrole et gaz sont découverts (en haute mer) en sus de l’or, du zircon, etc. et où la pauvreté était au coude-à-coude avec le taux de croissance avant de prendre, hélas, la tête de la course dans un contexte de pandémie qui garrotte littéralement l’économie. En dépit de la bonne volonté jamais démentie de l’essentiel de l’opposition depuis le début du dialogue, des signes apparaissent de plus en plus montrant le peu d’enthousiasme de certains cercles du pouvoir à faire les concessions nécessaires à des consensus sur les modalités de dévolution démocratique et pacifique du pouvoir et d’une vie démocratique apaisée. Le Sénégal est le seul pays dans la sous-région, avec le Cap-Vert, à n’avoir jamais connu l’intrusion de militaires dans ses affaires politiques. Nous devrions en être fiers et nous mettre à la hauteur des exigences de la situation de crise que traverse la sous-région. Nombre de facteurs qui ont créé ou accéléré la crise politique et sécuritaire dans d’autres pays en Afrique de l’Ouest, sont présents au Sénégal. Il est donc impérieux que des dynamiques réformatrices profondes s’enclenchent pour garantir la paix et la stabilité par la sauvegarde et le respect des droits des

Spécial 22 au Mali : Notre Mali d’hier et d’aujourd’hui

Ce hors-série de L’Essor sacrifie à la tradition, désormais établie par le Quotidien national d’information, de marquer chaque date symbolique de l’évolution de notre pays par un numéro qui sort de l’ordinaire. Le Mali a 60 ans cette année. Si pour une personne, la soixantaine est une borne qui signale le seuil du troisième âge, pour un Etat, il s’agit de l’entame d’un parcours au long cours. Dans notre pays, ces 60 dernières années furent jalonnées de nombreux événements, desquels nous pouvons, en y jetant un regard rétrospectif, tirer des enseignements pour éclairer notre chemin vers l’avenir. Relater par le menu toutes les péripéties de la vie d’une nation, durant six décennies, serait une ambition difficile à réaliser dans un ouvrage. Nous n’avons nullement cette prétention. Surtout que notre projet avait une allure quelque peu téméraire, eu égard au contexte de crise. Malgré les écueils, nous ne pouvions pas manquer ce rendez-vous avec les lecteurs. Ce numéro s’inscrit donc dans la lignée des ouvrages « Mali 2000 » consacré aux 40 ans de notre pays et « Notre Mali » publié à l’occasion du Cinquantenaire de l’indépendance nationale. Au-delà du rappel historique, nous nous focalisons dans cet ouvrage surtout sur la crise qui marque notre quotidien depuis le début des 10 dernières années. La crise. Le Mali semble se la coltiner comme une maladie chronique. La République du Mali a été proclamée dans le contexte de la crise de l’éclatement de l’éphémère fédération qui nous unissait au Sénégal. Cette crise fut un stimulant pour le jeune État parce que les dirigeants de l’époque avaient chevillé au corps le patriotisme et les citoyens en avaient pris de la graine. Plus tard, le Mali n’a pas échappé à la crise qui s’est répandue comme une épidémie à travers l’Afrique, affectant nombre des jeunes États au cours de la première décennie des indépendances. Il s’agit des coups d’Etat militaires. Des bruits de bottes ont résonné dans les palais présidentiels de nombre de pays africains, mettant un coup d’arrêt brutal au pouvoir des pères de l’indépendance et, par la même occasion, aux entreprises de développement. L’irruption des militaires sur la scène politique de notre pays, en 1968, a ouvert un cycle de crises politico-militaires avec son lot de troubles et de règlements de compte à coups de procès permettant au pouvoir de se débarrasser des opposants. La révolution de Mars 1991 a nourri l’espoir, pendant un temps, que le pays était entré définitivement dans l’ère de la dévolution du pouvoir uniquement par les urnes. Les deux mandats du premier président démocratiquement élu, en l’occurrence Alpha Oumar Konaré, furent marqués par des troubles politiques plus ou moins violents. Mais il a réussi à passer la main dans le respect des principes démocratiques. A la fin du second mandat d’Amadou Toumani Touré, patatras ! Ce fut le retour des vieux démons qui avaient résisté à l’instauration d’un système politique pluraliste ouvrant la voie au choix des dirigeants par les urnes. Parallèlement aux crises politico-militaires qui agitent épisodiquement les rues de Bamako, l’irrédentisme dans les régions du Nord, tel un serpent de mer, empoisonne la vie publique du pays. Entrée en sommeil après les épisodes de 1963 et 1990, la crise irrédentiste s’est réveillée, de façon éruptive, sous Amadou Toumani Touré. Depuis 2012, ce volcan continue de répandre des laves déstabilisatrices sur l’ensemble du pays. A la crise sécuritaire qui en résulte s’est greffée une autre, consécutive à la pandémie du coronavirus. Comme si cela ne suffisait pas, une crise sociopolitique a conduit à une nouvelle rupture de l’ordre constitutionnel et lestant un peu plus la barque déjà chargée. Face à ces crises multiformes, la résilience du pays a de quoi surprendre aussi bien les citoyens que nos amis étrangers. Le Mali d’aujourd’hui renvoie l’image d’un cycliste engagé dans une ascension sur un sol argileux qui colle à ses roues. Bréhima TOURE Directeur Général amap  

Mali : Discussions entre le CNSP et le M5-RFP pour la mise en place de la transition

Bamako, 19 sept (AMAP) Les discussions entre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et le Mouvement du 5Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), mouvement à l’origine de la contestation contre l’ex président Ibrahim Boubacar Keïta, se poursuivent, aujourd’hui samedi, à Bamako, dans le cadre de la mise en place d’un collège pour désigner les dirigeants et les organes de Transition, a appris l’AMAP de source proche des pourparlers. Les deux parties, qui ont engagé ces discussions, vendredi, divergent sur les résultats de la concertation nationale tenue la semaine dernière. Le (M5-RFP) a dénoncé les pratiques qui ont conduit à l’adoption des textes de la Transition avant de déclarer qu’il « n’entendait ni rompre ni entrer en conflit avec le CNSP ». Il soutient que l’option majoritaire à la concertation nationale est celle d’une transition dirigée par des civils. Pour sa part, le CNSP , qui aparis le pouvoir le 18 aout dernier défend le chois d’un militaire a la tête de la presidence de la Transition. Le porte-parole du Conseil national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel-major Ismaël Wagué, a annoncé, mercredi, à Bamako, que le CNSP a engagé le processus de constitution du Collège qui doit désigner le président et le Premier ministre de la Transition au Mali. Dans une conférence de presse, à Kati, pour restituer les conclusions du mini-sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Accra, au Ghana, auquel le président du CNSP a pris part, mardi, le colonel-major Wagué a déclaré que le CNSP s’engage à respecter toute décision du Collège, en passe d’être constitué pour désigner les responsables du pouvoir intérimaire. Sans donner beaucoup de détails sur les critères de désignation de ses membres, le porte-parole du CNSP a indiqué que ce collège sera composé de militaires, de représentants de la société civile et d’autres sensibilités de la Nation. Les dirigeants ouest-africains, fermes sur la solution d’un président et un Premier ministre de transition civils, avaient donné une semaine à cet effet, à compter du 15 septembre. Dans ses échanges avec la presse, le porte-parole du CNSP n’écarte pas l’hypothèse de la désignation d’un militaire par le Collège pour diriger la Transition. Il a rappelé que cela est, d’ailleurs, le souhait exprimé, lors de la concertation nationale, par la grande majorité des Maliens. Cependant, il n’exclut pas l’idée d’une concession du CNSP si le choix d’un militaire devait compliquer davantage la situation du Mali. Dans tous les cas, le CNSP s’engage à respecter ce qu’aura décidé le Collège qui, selon Ismaël Wagué, « intégrera dans ses analyses, aussi bien les conclusions de la concertation nationale que la position de la communauté internationale ». Par contre, les fonctions de vice-président et de président du Conseil national de la transition, qui est considéré comme l’organe législatif, seront assumées par des militaires. MD (AMAP)