Femmes battues, drames familiaux

Par Maïmouna SOW Bamako, 24 fév (AMAP) Beaucoup endurent les coups et les injures, encouragées par la tradition à rester stoïques, afin de récolter les dividendes de la patience notamment au profit des enfants quand ceux-ci grandiront. De plus en plus, il y en a qui osent se confier aux associations de défense des femmes. A l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la femme, dans deux semaines, l’AMAP met en lumière les malheurs de femmes, très souvent, à huis clos dans les demeures. «Si je ne retrouve pas mes 500 francs, je te tue. Nous ne sommes que deux dans la chambre et c’est toi qui as pris cet argent !». Pour la énième fois, Yacou Tangara menace de mort son épouse Rokia. La scène se passe à Sébénicoro, un quartier populeux de Bamako, la capitale malienne. Les colocataires restent sourds aux éclats de voix. Ils ne se mêlent pas à la bagarre qui s’en est suivie. Tangara est passé des injures à l’agression physique contre sa femme qui endure au quotidien ses excès de colère. Badri, leur enfant unique, un garçon âgé seulement de cinq ans, ne pleure plus devant les violences faites à sa mère. Au fil du temps et des coups, la femme a appris à se défendre. Rokia est sortie indemne de cette dernière bagarre parce que son mari vient, à peine, de se relever d’une maladie de plusieurs semaines. Pendant cette période, elle a passé des nuits blanches à veiller sur lui. Elle a même emprunté de l’argent pour payer les ordonnances de son époux et le loyer de leur demeure. «Un jour, elle est venue me supplier de la conduire, avec son mari, chez un guérisseur traditionnel. Pour arriver là-bas, il fallait partir à 5 heures du matin. J’ai accepté parce que je connais l’histoire de Rokia», témoigne un voisin. Apparemment, notre interlocuteur a une dent contre Yacou qui est chauffeur de poids lourd et qui s’absente de la maison, parfois longuement. «Parfois, quand il voyage, sa famille n’a rien à manger. Mais dès qu’il est de retour, il se remet à frapper sa femme pour un rien. Si son portable sonne, il la frappe en l’accusant de recevoir des messages de ses amants et de le tromper en son absence», s’indigne un voisin. TEL PÈRE… – Le comportement violent de Yacou influe négativement sur son fils. Ce dernier se montre très agressif à l’égard de ses camarades d’âge, au point que dans le voisinage, très peu de parents laissent leurs enfants jouer avec lui. Tous se méfient de Badri qui a deux manières de s’en prendre aux enfants : soit il tente de les étrangler, soit il leur lance tout ce qui lui tombe sous la main. En fait, le garçon fait exactement comme son géniteur. Il n’épargne pas sa mère qu’il bombarde d’objets divers quand elle lui fait des remarques déplaisantes. « Le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre. Je ne sais que faire de lui. Il va jusqu’à injurier mes parents. Il fait exactement comme son père», soupire Rokia chaque fois que ses voisins se plaignent de l’enfant. Malgré tout ce qu’elle endure, la jeune femme d’une trentaine d’années n’a jamais envisagé d’aller se plaindre à la police. «Je ne le ferai pas. C’est mon mari. Le jour où j’en aurai marre, je m’en irai», lance-t-elle. Quand Yacou n’est pas en voyage, un groupe de chauffeurs et d’apprentis viennent régulièrement chez lui à la maison. C’est là que son fils apprend les grossièretés. Rokia a finalement décidé de se battre pour sortir son foyer de la spirale de la violence. «J’ai connu mon mari il y a huit ans, et il n’était pas l’homme qu’il est devenu. Il n’était pas violent. Son nouveau comportement découle des difficultés financière et sanitaire qu’il endure», explique-t-elle. «La patience est une qualité, mais elle court beaucoup de dangers et subit trop d’humiliations en restant près de ce mari», déplore sa voisine, Awa. Toutefois, Rokia ne se voile pas la face. Il y a 3 mois, elle a commencé à vendre du charbon de bois. « Les choses vont un peu mieux parce que je constate une diminution des penchants violents de mon mari», confesse-t-elle. Même si elle garde toujours en mémoire certains épisodes désagréables de sa vie. «Un jour, mon mari m’a traitée de pétasse parce qu’un numéro inconnu m’avait appelée. Il m’accusait de le tromper parce qu’il était malade, qu’il ne pouvait pas travailler et ne gagnait plus d’argent», confie-t-elle. Mais Rokia ne désespère pas. Aujourd’hui, en dehors du commerce de charbon, elle mène d’autres activités. Son cadre de vie s’améliore et le mari devient moins violent. BARAKA – Chaque début de semaine, l’Association pour le progrès et la défense des femmes maliennes (APDF) reçoit les victimes des Violences basées sur le genre (VBG). Ce 17 janvier 2021, elles sont cinq à attendre la présidente de l’Association. Kandia, une charmante dame au teint noir, affirme que les VBG font partie de son quotidien depuis plus d’une décennie. Les injures versées sur elle et ses parents, les coups de poing n’étonnent plus le voisinage. «Mes enfants ont grandi dans cette atmosphère. Maintenant, c’est le tout dernier qui s’interpose entre nous, quand mon mari commence», regrette celle qui ne se plaint plus chez ses parents, car sa famille paternelle, très conservatrice, tient au respect de certaines coutumes et prône la patience sur les aspects négatifs au sein du ménage. «Supporte avec dignité les caprices de ton conjoint, c’est le prix à payer pour la baraka, la force qui fera que tes enfants réussissent », conseille la mère de la dame. Kandia, âgée de 34 ans, affirme que son mari a épousé cinq autres femmes qui ont, toutes, fini par divorcer. Sa belle-famille lui en veut pour cela, estimant qu’elle a envouté son mari. «C’est le caractère de l’homme qui fait fuir les femmes», soutient-elle. Après 18 ans de mariage, Kandia se souvient qu’au début de leur vie commune, tout allait bien. «Aujourd’hui, mon

Mali: 18 nouveaux cas de Covid-19 mardi

Bamako, 23 fév (AMAP) Les services de santé ont enregistré 18 nouvelles contaminations à la Covid-19, mardi, sur plus de 900 prélèvements réalisés, annonce le communiqué du ministère de la Santé et du Développement social. Par ailleurs les médecins ont déclaré deux patients guéris contre zéro décès au cours des dernières 24 heures, ajoute la même source Selon le communiqué, les infections du jour ont été identifiées dans la Région de Kayes (Ouest) et les Communes ll, lV et V du District de Bamako, la capitale malienne. Au total, le Mali enregistre 8.324 cas confirmés de Covid-19 dont 6.305 guéris et 348 décès. AT/MD (AMAP)

Le Mali obtient un décaissement immédiat du FMI de 31, 09 milliards de Fcfa (Communiqué)

Bamako, 23 fév (AMAP) Le Mali a obtenu, lundi, un accord pour le décaissement de 57,6 millions de dollars US, soit environ 31,09 milliards de Fcfa, du Fonds monétaire international (FMI) afin de soutenir son programme de réforme économique, annonce un communiqué du ministère de l’Economie et des Finances. Cet accord est intervenu, à Washington, aux Etats-Unis, à l’issue du Conseil d’Administration du FMI dont les membres ont salué les réformes mises en œuvre par le gouvernement malien, “orientées vers la lutte contre la crise sanitaire du Covid-19 et ses conséquences sur le plan économique et social, la réduction des dépenses non prioritaires, la stabilité macroéconomique à court terme et la viabilité budgétaire à moyen terme ainsi que les mesures favorables à la croissance et à la lutte contre la pauvreté”, ajoute le communiqué Le renforcement de la mobilisation des recettes internes à travers les téléprocédures (télédéclaration et télépaiement), la poursuite de la mise en œuvre du Compte unique du Trésor, l’aide aux ménages pauvres et vulnérables, conformément au Plan d’action du gouvernement (PAG) adopté par le Conseil national de transition (CNT) sont, entre autres, des réformes qui ont retenu l’attention des administrateurs du FMI. Ce financement arrive au terme de la conclusion des 2ème et 3ème revues du programme économique et financier avec le FMI soutenu par une Facilité élargie de crédit (FEC) approuvé par le Conseil d’administration du FMI, le 28 août 2019. “Il permettra de soutenir les efforts du gouvernement pour faire face aux besoins de financement du pays, de soutenir les dépenses sociales et la relance économique post-pandémique”, indique le communiqué. Cette approbation pourrait décider d’autres partenaires techniques et financiers pour le décaissement de leur appui budgétaire, estime-t-on côté malien. MD (AMAP)  

La commission technique mixte se penche sur la matérialisation de la frontière Mali-Mauritanie

Bamako, 23 fév (AMAP) Les travaux de la commission technique mixte de matérialisation de la frontière Mali-Mauritanie se sont tenus, mardi, à Bamako, en prélude à la rencontre ministérielle sur la question prévue vendredi prochain. Sous la présidence du secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Adama Cissouma, les échanges entre Maliens et Mauritaniens ont porté sur les questions administratives et de sécurité ainsi que celles liées à la matérialisation de la frontière. Cette rencontre est destinée á réaffirmer la volonté des autorités des deux pays de faire avancer le processus de matérialisation de la frontière dans le souci de faire face aux préoccupations et attentes des populations frontalières. La coopération entre le Mali et la Mauritanie a été éprouvée depuis deux ans par des conflits souvent sanglants. Cela a été relevé par le secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation dans son intervention. Adama Cissouma a souligné qu’au moment où nous mettons en avant les questions d’intégration et de coopération transfrontalière, « nos actions doivent s’orienter plus vers le développement harmonieux des zones frontalières et la promotion de la coopération de proximité ». Pour le secrétaire général du ministère, les deux Etats doivent ouvrer pour faire de leur frontière une véritable passerelle plutôt qu’une ligne de séparation entre les populations. « Elle devra être une ressource pour le bien-être des populations frontalières au lieu d’un théâtre de conflits emportant toutes les potentialités que nous avons en partage », a-t-il dit. Et de nourrir l’espoir que cette réunion va marquer un tournant décisif dans le processus de la matérialisation de notre frontière commune dont la non démarcation reste au centre des facteurs de conflits. Du reste, M. Cissouma a espéré que des travaux de cette réunion sortiront des recommandations et propositions permettant, entre autres, de  renforcer les relations de coopération administrative frontalière, de proposer un tracé de la ligne frontalière porteuse de réponse aux diverses préoccupations, de prendre en compte le fait transfrontalier dans les politiques d’aménagement du territoire des deux pays. Rappelant l’importance de la rencontre, le directeur national des Frontières, Ladji Sogoba, a soutenu qu’après le bornage de la frontière, « il faut travailler au niveau des autorités administratives, des collectivités territoriales, des opérateurs économiques et tout les intervenants autour de la frontière pour que cette cohabitation soit parfaite ». Il a mis l’accent sur les échanges afin que les ressources partagées au niveau de cette frontière soient profitables à l’économie locale et à celle des deux pays. Le chef de la délégation mauritanienne, Sidi Mohamed Abderrahmane, a indiqué que cette rencontre va permettre d’évoluer en direction de la finalisation du processus de matérialisation de la frontière Mali-Mauritanie. Et, aussi, de faire des propositions concrètes qu’ils soumettront à la rencontre ministérielle des deux pays. SST/MD (AMAP)          

Les accusés dans l’Affaire des bérets rouges comparaissent jeudi

Bamako, 23 fév (AMAP) Le général Amadou Aya Sanogo et ses co-inculpés, accusés « d’enlèvement et de complicité d’enlèvement, d’assassinat et de complicité d’assassinat », dans l’affaire dite des «bérets rouges», seront de nouveau à la barre, jeudi 25 février 2021, selon une source proche du dossier, qui n’a pas donné plus de détails. Les mis en cause avaient bénéficié de la liberté provisoire par une décision de la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bamako en janvier 2020, dans cette affaire à rebondissements. Le 30 avril 2012, des «bérets rouges» ont tenté un contre-putsch, qui a été sévèrement réprimé par les tombeurs du président Amadou Toumani Touré, regroupés au sein du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNDRE), dirigé par le capitaine Amadou Aya Sanogo. C’est ainsi que 21 soldats et officiers du 33è régiment des commandos parachutistes seront enlevés et assassinés. Lorsqu’il a ouvert l’instruction du dossier, le juge Yaya Karembé du pôle économique de Bamako avait d’abord retenu l’inculpation «d’enlèvement de personnes». Le 10 avril 2015, il a requalifié les faits en assassinat. Infraction retenue par la Chambre d’accusation, la juridiction d’instruction du second degré, qui, au passage, a mis hors de cause le général Sidi Alassane Touré, patron de la sécurité d’Etat au moment des faits. Parmi les accusés, l’adjudant-chef Fousseyni Diarra dit Fouss ou encore le «boucher de Kati», Tiémoko Adama Diarra et Mamadou Koné sont déjà passés aux aveux depuis l’instruction du dossier. Mais, Amadou Aya Sanogo, tout comme Oumar Sanafo dit «Kif Kif», Blonkoro Samaké, Soïba Diarra et Christophe Dembélé ont nié en bloc les faits de complicité d’enlèvement de personnes tant à l’enquête préliminaire que devant le juge d’instruction. Le général Yamoussa Camara, alors ministre de la Défense et Dahirou Dembélé, chef d’état-major au moment des faits, étaient également poursuivis pour complicité d’assassinat. La Cour d’assises de Bamako en transport à Sikasso avait tenté, en 2016, de trancher l’affaire. De suspension en suspension, le procès avait finalement buté sur une irrégularité de taille, relative à l’expertise des corps déterrés à Diago. La Cour avait alors ordonné une nouvelle expertise au niveau du laboratoire Charles Mérieux de Bamako. Ainsi, Amadou Aya Sanogo et les autres accusés sont restés en prison, malgré les tractations menées par leurs avocats pour obtenir une mise en liberté provisoire. Ils ont finalement pu l’avoir il y a une année de cela. MK (AMAP)  

Complot contre le gouvernement : De nouveaux débats mardi prochain sur l’annulation de la procédure et la levée des mandats de dépôt

Bamako, 23 fév (AMAP) La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bamako a décidé de ne pas délibérer et de rouvrir les debats, mardi prochain, dans l’affaire du «complot contre le gouvernement, association de malfaiteurs et outrage à la personne du chef de l’État» dans laquelle, fin décembre 2020, plusieurs personnalités civiles ont été interpellées puis placées sous mandat de dépôt. La Chambre d’accusation devait délibérer, mardi 23 février 2021, sur le réquisitoire de l’avocat général près la Cour d’Appel de Bamako, lors de l’audience du 16 février dernier. L’avocat général avait demandé «l’annulation de la procédure et la levée des mandats de dépôt contre le chroniqueur Youssouf Mohamed Bathily et ses coaccusés ». La Cour d’appel a «rabattu le délibéré et ordonné la réouverture des débats, en renvoyant la cause et les parties à l’audience du 2 mars 2021 », a expliqué Me Abdourhamane Ben Mamata Touré, un des avocats de la défense que nous avons interrogé, à l’issue de l’audience qui n’aura duré qu’une dizaine de minutes. «La Cour a renvoyé son délibéré au mardi prochain. Nous allons réagir dans la presse plus tard », a renchéri son confrère Me Kassoum Tapo. En fin d’année 2020, des personnalités civiles ont été interpellées puis placées sous mandat dans cette affaire. Il s’agit de Youssouf Mohamed Bathily, activiste et chroniqueur radio, Vital Robert Diop, directeur général du Pari mutuel urbain (PMU-Mali), Aguibou Tall, directeur général adjoint de l’Agence de gestion du Fonds d’accès universel (AGEFAU) et Mamadou Koné, payeur général du Trésor public. Dr Boubou Cissé, ancien Premier ministre et Sékou Traoré, ancien secrétaire général de la Présidence de la République sont cités dans la même affaire. Si Boubou Cissé serait «introuvable», par contre Sékou Traoré a été entendu et relâché du «fait de son statut de magistrat et de son rang de ministre au moment des faits présumés». AT/MD (AMAP)

Présidentielle au Niger : Mohamed Bazoum élu avec 55,75% des suffrages (CENI)

Bamako, 23 fév (AMAP) Le candidat du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-Taraya), Mohamed Bazoum, a remporté, avec 55,75%, des suffrages, l’élection présidentielle dont le deuxième tour s’est tenu dimanche dernier, selon les résultats provisoires publiés par la Commission électorale indépendante (CENI). Son challenger, l’ancien président, Mahamane Ousmane, candidat du parti Renouveau démocratique et républicain (RDR-Tchanji) a obtenu 44,25% et le taux de participation est de 62%. Ces résultats, encore provisoires, seront transmis à la Cour constitutionnelle du Niger pour confirmation. Mais, en attendant, ils sont diversement accueillis dans les états-majors des deux candidats. Des scènes de liesse et de danses sont diffusées de la direction de campagne du PNDS Taraya via les réseaux sociaux. « Je remercie vivement le peuple du Niger pour la confiance qu’il vient de me témoigner en m’élisant Président de la République. Je lui serai un loyal serviteur pour affronter tous les problèmes auxquels notre pays est confronté », a lancé Mohamed Bazoum sur sa page Facebook, en réaction aux résultats de la CENI le donnant vainqueur. Dans le camp de Mahamane Ousmane, les résultats sont contestés et jugés « non conformes à l’expression de la volonté du peuple ». Dans une déclaration de sa coordination de campagne, le RDR-Tchanji dénonce « un hold up électoral ». MT/MD (AMAP)

Devant le CNT : Les précisions du Premier ministre sur les questions de Défense, Sécurité, Politique et Élections

Par Issa DEMBÉLÉ Bamako, 23 fév (AMAP) De la relecture de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale au dialogue avec les groupes terroristes, en passant par la dissolution des milices et le processus de Démobilisation, désarmement réinsertion (DDR)… la question sécuritaire a drainé un flot d’interrogations sur les actions annoncées dans le Plan d’action du gouvernement (PAG). Le sujet est d’autant plus une préoccupation générale que le Premier ministre y a consacré le premier axe du Plan, dans lequel il esquisse sa stratégie en termes d’actions prioritaires ayant notamment trait à l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Jusque-là poussif dans son application, cet Accord devra être revu. Le principe de relecture est désormais acquis, il ne reste plus qu’à déterminer les dispositions à relire. À cet égard, le PAG, présenté par le chef du gouvernement, est moins explicite. Plusieurs membres du CNT, notamment Hamidou Traoré et Aboubacar Sidiki Fomba ont donc souhaité avoir plus de précisions. En réponse, Moctar Ouane a juste dit que les concertations à propos de cette relecture sont en cours, sous l’égide du ministère en charge de la Réconciliation. Signe positif : «Toutes les parties sont d’accord pour envisager cette relecture qui sera l’occasion de mettre sur la table toutes les difficultés et de trouver les solutions pour aller de l’avant», a-t-il souligné. Des débats, il est ressorti le besoin de communiquer davantage sur l’Accord pour une meilleure appropriation par les populations. Surtout qu’il mentionne des concepts dont nombre de Maliens n’arrivent pas à cerner les implications. En atteste la question posée par Dina Dolo sur la «différence entre l’Armée républicaine et l’Armée reconstituée, et entre la police territoriale et la police nationale ». Expliquant l’articulation entre ces polices, le Premier ministre a tenu à préciser que la police territoriale tire son fondement des textes de base de la décentralisation. Il s’agit d’une police qui, sans préjudice de la compétence générale de la police nationale et des autres forces de sécurité, sera chargée de l’exécution de mesures de police des organes délibérants des collectivités. Par ailleurs, en réponse à une question posée par Salif Doumbia sur le démarrage des patrouilles de l’Armée reconstituée au Nord, le Premier ministre a rappelé que les premières unités sont, depuis mars 2020, à Gao, Tombouctou, Kidal et Ménaka. Et de confier que le dernier réglage politique est en cours pour que ces unités puissent débuter incessamment les opérations. RECRUTEMENT MILITAIRE – Le chemin de la paix passera aussi par la résolution de l’équation des groupes d’autodéfense. Moctar Ouane se propose d’accélérer le processus de DDR et en procédant à une dissolution effective de toutes les milices. Une tâche qui s’annonce ardue. Pessimiste, Sidi Soumaoro a estimé que ce serait «utopique de penser pouvoir le faire en si peu de temps et avec peu de moyens». «Chaque village de Mopti en possède», a aussi fait remarquer Amadou Keïta. Pourtant, le Premier ministre croit en la capacité du gouvernement pour résoudre cette équation, de façon pédagogique et pragmatique. Pour y arriver, Moctar Ouane s’appuiera sur la stratégie de stabilisation des régions du Centre, envisagée par le cadre politique de gestion de la crise au Centre et le Programme de réduction de la violence communautaire. Son approche est axée sur le DDR. Selon le chef du gouvernement, une opération de DDR spécial a déjà permis de recenser 8.500 éléments des groupes d’autodéfense et des groupes signataires de l’Accord dans les Régions de Mopti et de Ségou. Aussi, a-t-il ajouté, les forces armées envisagent un recrutement massif spécial parmi les éléments des groupes armés et autres personnes détentrices d’armes de guerre. L’intégration des ex-combattants sera effectuée selon les règles connues en la matière. De façon globale, le gouvernement est résolument engagé sur le front de la sécurisation des personnes et de leurs biens. Il a, selon le Premier ministre, entrepris des démarches pour l’élaboration d’une politique de sécurité nationale, à l’instar du livre blanc sur la défense et la sécurité. Ce document sera présenté au CNT dans les meilleurs délais. Le chef du gouvernement a aussi annoncé le recrutement de 25.000 militaires pour renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire. Parallèlement à l’intensification de l’action militaire, les efforts continuent en vue d’identifier les voies et moyens susceptibles d’instaurer un dialogue fécond avec les groupes terroristes. Mais, prévient Moctar Ouane, le « dialogue à lui-même ne constitue pas une panacée». Il est surtout perçu comme une opportunité d’engager des discussions avec tous les «groupes de tous les espaces concernés afin que l’on puisse parvenir à un nouveau mode de gouvernance». C’est dire que ce dialogue sera engagé dans un cadre élargi. «Il ne s’agit pas d’engager des discussions avec tel ou tel leader, mais de faire en sorte qu’il y ait de vastes discussions impliquant toutes les communautés vivant dans ces localités pour que l’on puisse redéfinir le mode de gouvernance », a-t-il insisté. Et d’indiquer que c’est justement dans le prolongement de ce dialogue que le gouvernement envisage d’élaborer « une stratégie nationale de dialogue et de déradicalisation ». Il a, également, été question des reformes politiques et institutionnelles. Sur ce chapitre, le Premier ministre a assuré qu’elles seront menées en concertation étroite avec les partis politiques et la société civile. Un processus déjà en marche, car Moctar Ouane a lui-même récemment rencontré les acteurs politiques pour dessiner les contours d’un cadre formel de concertation. Et au sein de ce cadre, qui sera bientôt mis en place, tous les aspects des réformes seront abordés, y compris celui relatif à la création d’un organe unique de gestion des élections. Mais déjà, le chef du gouvernement a estimé, au regard du temps imparti, qu’il serait plus judicieux de perfectionner le dispositif actuel. ID (AMAP)  

Plan d’action du gouvernement : Le quitus du CNT

Bamako, 23 fév (AMAP) Les membres du Conseil national de la Transition (CNT) ont approuvé, lundi, par 100 voix pour, 4 contre et 3 abstentions le plan d’action du Gouvernement que le Premier ministre Moctar Ouane, a présenté vendredi dernier aux conseillers. Au premier passage, 59 membres du CNT ont posé des questions au Premier ministre contre 23 au second passage. Tous ont qualifié ce document d’ambitieux, clair, cohérent et concis. Même si certains ont émis des réserves quant à la possibilité de sa mise en œuvre dans les délais de la Transition. Ainsi, certains voulaient savoir, entre autres, les moyens financiers et humains dont dispose le gouvernement en dehors des promesses des partenaires pour la mise en œuvre des actions prévues dans ce plan. Ils voulaient, aussi, savoir si les priorités qui y sont dégagées pourront être exécutées dans le temps, parmi les six axes du document. Les membres du CNT ont, également, demandé au chef du gouvernement des assurances concernant l’application correcte de ce plan d’action et lui ont posé d’autres questions liées à l’école, à l’accès à la carte Nina, à la zone aéroportuaire, à la place de la culture, de la presse, sur le redécoupage territorial, des chiffres, le chronogramme pour la mise en œuvre dudit plan d’action, etc. Le Premier ministre a, d’abord, condamné fermement le saccage du Consulat du Mali à Paris. Il a promis de diligenter des enquêtes à cet effet. Sur la question des cartes Nina, il a assuré la disponibilité d’un stock d’environ 500.000 cartes personnalisées. Avant d’ajouter qu’il est prévu une production de 2,5 millions d’autres et la possibilité de recourir à la carte biométrique de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Aussi, est- il prévu l’enrôlement des Maliens établis à l’étranger dans les zones de forte concentration de nos compatriotes. Sur la durée de la Transition, Moctar Ouane a précisé que celle-ci a été établie à 18 mois et que le président Bah N’Daw a promis de respecter ce délai. Parlant du Plan d’action, le chef du gouvernement a souligné que c’est un document assorti d’un chronogramme d’exécution couvrant la période 2020-2022. « Nous allons mettre les bouchées doubles pour que cela se passe dans les règles de l’art », a-t-il promis. Répondant à plusieurs questions concernant le coût financier de ce plan, le Premier ministre a fait savoir que cela représente, en quelque sorte, la majeure partie du budget national au regard de son extension à l’ensemble des domaines. Mais, il a déclaré qu’il sera complété par l’apport des Partenaires techniques et financiers comme cela se fait habituellement. Moctar Ouane a indiqué que les 275 actions programmées ont été reparties entre les trois semestres des délais de la Transition. Ces axes feront l’objet d’évaluation et les résultats seront connus par axe, par objectif, par département ministériel pour impulser la dynamique de performance. Parlant du redécoupage territorial et de l’opérationnalisation de nouvelles circonscriptions, le Premier ministre a souligné qu’il a toujours été une prérogative de l’administration territoriale. Il a annoncé plusieurs mesures concernant la culture, l’éducation, l’autonomisation des femmes, la transcription en braille des documents administratifs et pour la garantie d’une éducation inclusive pour les enfants malvoyants en réalisant les infrastructures nécessaires. 25 MILLIARDS DE FCFA – Pour le chef du gouvernement, le Plan d’action n’est pas plus ambitieux que l’est la feuille de route à partir de laquelle il a été élaboré. Concernant le genre, il a annoncé le financement de plus de 500 groupements de femmes en milieux urbain et rural pour leur autonomisation. Pour ce qui concerne le barrage de Taoussa, il a précisé que le projet est financé conjointement par le gouvernement du Mali et un consortium de banques arabes. Et les travaux avaient été attribués à des entreprises chinoises qui ont fini par abandonner pour raison d’insécurité. Il a annoncé une table ronde des partenaires pour la relance du projet. Répondant à une question sur le retard dans le traitement des salaires des enseignants des collectivités, il dira que cela est dû à la longueur du circuit. Mais des actions sont en cours pour que le payement de leurs salaires se fasse au plus tard le 25 du mois en cours. Le chef du gouvernement a, aussi, répondu à une question sur les démolitions en cours dans la zone aéroportuaire, précisant que ledit domaine est classé parcelle de terrain à usage d’emprise aéroportuaire, sur une superficie d’environ 7.194 hectares. Le Premier ministre a répondu également à des questions sur la cherté de la vie. Selon lui, face à la flambée des prix, le gouvernement n’est pas resté les bras croisés. Mieux, des actions sont en cours pour faire face à la cherté de la vie, par un mécanisme de maintien du prix des denrées de première nécessité telle que l’huile. Il a aussi annoncé des mesures visant la réduction du train de vie de l’État. Lesquelles portent sur la rationalisation des dépenses liées au carburant, aux produits alimentaires, aux frais de mission, etc. D’après lui, le budget de fonctionnement, hors salaires, pour 2021 a diminué de 25 milliards de Fcfa. Et en ce qui concerne le financement du Plan d’action du gouvernement, la Loi de finances 2021 va prendre en compte la feuille de route de la Transition dont a découlé le Plan 2020-2022. Pour l’apaisement du climat social, Moctar Ouane a annoncé l’organisation d’une conférence sociale dans les prochaines semaines. Après l’approbation du Plan d’action, le chef du gouvernement a tenu à remercier les membres du CNT pour la qualité des débats. Il a promis que les questions n’ayant pas eu de réponses au cours de la séance de lundi pourraient faire l’objet de questions orales aux ministres concernés. Avant de procéder à la clôture de la séance, le président du CNT, le colonel Malick Diaw, a assuré que l’institution législative ne se ménagera pas pour accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre du Plan d’action. DD/MD (AMAP)    

Covid-19 au Mali : Quelque 6303 guérisons, 348 décès sur 8306 cas enregistrés, lundi

Bamako, 23 février (AMAP) Quelque 6303 personnes sont guéries de la Covid- 19, 348 décédées sur un nombre total de 8306 cas enregistrés au Mali avec les 7 nouveaux cas décelés, sur l’ensemble du territoire national lundi, a appris l’AMAP de source proche des services sanitaires. L’Institut de santé publique (ISP) précise que les 7 nouveaux cas ont été enregistrés dans la région de Koulikoro et le district de Bamako. Les services sanitaires qui invitent les populations au calme et au respect des mesures de prévention, déclarent par ailleurs, que 660 personnes -contact font l’objet d’un suivi quotidien. KM (AMAP)