RDC : le ministre de la Santé appelle à l’implication des élus nationaux dans la lutte contre la Fièvre d’Ebola

Bamako, 4 juin 2026 (AMAP) Le ministre de la Santé, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, le Dr Roger Kamba, lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 29 mai 2026 sur la riposte de la Maladie à Virus Ebola en Ituri (MVE), a particulièrement insisté sur l’importance d’une appropriation de cette lutte par les élus provinciaux pour optimiser la réponse sanitaire face aux épidémies. ​Le Dr Roger Kamba a mis en lumière deux obstacles majeurs qui rendent la riposte extrêmement complexe dans les zones de conflit, justifiant la nécessité d’un engagement politique fort. ​« Nous avons eu une discussion avec les élus pour comprendre pourquoi la maladie a commencé à faire des victimes sans qu’aucune alerte ne soit lancée de leur part pour mobiliser le ministère de la Santé », a-t-il déclaré. ​Selon le Dr Roger Kamba, ces échanges ont révélé l’existence de deux réalités culturelles complexes qui freinent le signalement précoce des cas. « Dans la province, la suspicion d’empoisonnement est fréquente. Lorsqu’une personne tombe malade, le premier réflexe de la communauté est de chercher des remèdes contre le poison plutôt que de se diriger vers un centre de santé. » A-t-il éclairé. ​A l’en croire, le phénomène du cercueil est quant à lui, lié aux croyances de vengeance d’outre-tombe. Le ministre de la Santé a cité un cas tragique survenu le 20 avril 2026. « Le cercueil aurait été changé et brûlé pour que les proches se réchauffent avec le bois. Pour la communauté, les décès suivants étaient la vengeance du défunt pour son cercueil profané. » A-t-il expliqué. ​Ces croyances démontrent que les populations n’étaient pas conscientes de la présence d’une épidémie pour adopter les mesures barrières. Le Dr Kamba a notamment rappelé l’incident de Rwampara, où des jeunes avaient confisqué un corps pour organiser leur propre cérémonie funéraire, s’exposant ainsi à une forte contamination. ​Malgré ces défis, le ministre de la Santé s’est réjoui des progrès enregistrés grâce aux efforts de sensibilisation menés par les agents communautaires. Il a donc insisté sur la nécessité de poursuivre et de renforcer cette communication de risque pour stopper définitivement la propagation du virus. « La perception de la population évolue positivement. A Rwampara, un jeune présentant des symptômes s’est rendu de lui-même au centre de traitement. Les médecins confirment que la communauté commence enfin à comprendre l’importance d’une prise en charge médicale rapide. » A-t-il indiqué. ​Le défi majeur des zones sous contrôle des rebelles ​Selon le Dr Roger Kamba, l’obstacle le plus critique de cette riposte demeure l’accès aux zones occupées par les groupes armés. L’absence de contrôle sur ces territoires rend le suivi des cas contacts extrêmement difficile. ​Il faut une riposte nationale : l’une des stratégies majeures de la riposte c’est de retrouver les personnes contact du malade pour pouvoir les surveiller et empêcher à la maladie de continuer à se propager. Si un contact quitte l’Ituri, nous le suivons partout où il va. Mais si la personne va à Goma c’est compliqué d’y organiser la riposte si celle-ci n’est pas nationale. Pourtant, l’équipe doit y déployer le matériel et organiser la riposte. ​ Le Dr Kamba a saisi l’occasion pour exprimer ses inquiétudes quant à la gestion de la riposte à Goma, rappelant le précédent d’un patient décédé au Sud-Kivu, en provenance de Goma. « Pour que la riposte réussisse, nous devons avoir le contrôle des zones occupées. C’est une situation hautement complexe. Nous ne pouvons pas garantir que nous contrôlerons ces zones, mais nous sommes capables d’y détecter les cas et d’y apporter des éléments de riposte », a affirmé le Dr Roger Kamba. KM (AMAP)  

Vie de la Nation : Le Gouvernement suspend l’importation et la vente de motocyclettes de 125 cm³ pour une durée d’un an

Bamako, 4 juin (AMAP) Le Gouvernement de la République du Mali a suspendu pour une durée d’un an, par un arrêté ministériel datant du 3 juin 2026, l’importation, le transit, la commercialisation, la vente et la distribution gratuite des motocyclettes de cylindrée 125 cm³ et plus, ainsi que de leurs accessoires sur toute l’étendue du territoire national. Cette mesure, prise relative à la securité des personnes et de leurs biens et pour le renforcement de la sécurité nationale, entrée en vigueur est renouvelable. L’arrêté précise que sur le délai de déclaration, les commerçants disposant actuellement de stocks ou ayant des commandes en cours bénéficient d’un délai de 90 jours pour les déclarer auprès de la Direction générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence. Sur les aspects de contrôles et saisies, les agents assermentés du ministère chargé du Commerce sont habilités à effectuer des contrôles et les motocyclettes non déclarées dans le délai prescrit feront l’objet de saisie. Concernant les sanctions, toute infraction à cet arrêté sera sanctionnée conformément à la réglementation en vigueur. Il est à noter que les acquisitions effectuées directement par les Forces Armées et de Sécurité ne sont pas concernées par cette suspension.  KM (AMAP)

Communiqué du conseil des ministres du mercredi 03 juin 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 3 juin 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat.  Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES  Sur le rapport du ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté : un projet de décret portant approbation du marché relatif aux travaux de construction du Lycée d’Excellence de Ségou ; un projet de décret portant approbation du marché relatif aux travaux de construction du Lycée d’Excellence de Badougou Nafadji. Le marché concernant la construction du Lycée d’Excellence de Ségou est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le Groupement d’Entreprises PRO BTP-CHECEC, pour un montant de 4 milliards 369 millions 469 mille 894 francs CFA, Toutes Taxes Comprises et un délai d’exécution de 9 mois. Le marché relatif aux travaux de construction du Lycée d’Excellence de Badougou Nafadji, Cercle de Kati, Région de Koulikoro, est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et la Société Soudanaise de Construction et de Promotion Immobilière et de Commerce, pour un montant de 3 milliards 394 millions 125 mille 328 francs CFA, Toutes Taxes Comprises et un délai d’exécution de 9 mois. La réalisation desdites infrastructures permettra d’améliorer la qualité des enseignements au secondaire. un projet de décret portant approbation de l’avenant n°02 au marché relatif aux travaux d’aménagement de la section Sévaré-Mopti de la route nationale n°6, d’aménagement de 10 km de voiries, dont 5 km dans la ville de Mopti et 5 km à Sévaré ainsi que la construction de la voie de contournement de l’Aéroport de Mopti Ambodédjo. L’avenant, sans incidence financière, est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise Générale Mamadou KONATE pour un délai d’exécution supplémentaire de 11 mois, à compter de la libération totale des emprises des travaux. Il a pour objet la prorogation du délai d’exécution du marché initial et la prise en charge des modifications intervenues à la suite de l’étude de la revue du projet d’exécution des travaux, notamment le remplacement du système d’éclairage public prévu, par un système solaire plus stable, autonome et écologique. Sur le rapport du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation, aux modalités de fonctionnement et au cadre organique de la Direction générale de l’Aménagement et de l’Attractivité du Territoire. La Direction nationale de l’Aménagement du Territoire a été créée par l’Ordonnance n°04-009/P-RM du 25 mars 2004 avec pour mission d’élaborer les éléments de la Politique nationale d’Aménagement du Territoire et d’en assurer sa mise en œuvre. Son organisation, les modalités de son fonctionnement et son cadre organique sont fixés respectivement par les Décrets n°10-441/P-RM du 16 août 2010 et n°2016-0912/P-RM du 06 décembre 2016. Après plusieurs années d’application, ces textes ont révélé des insuffisances liées, notamment au contexte socioéconomique et à la nouvelle organisation administrative ayant engendré une augmentation des besoins en matière d’Aménagement du Territoire. En vue de pallier les insuffisances identifiées, une étude réalisée sur les textes législatifs et règlementaires en matière d’Aménagement du Territoire a recommandé la restructuration de la Direction nationale de l’Aménagement du Territoire pour prendre en compte le caractère multidimensionnel et transversal de l’Aménagement du Territoire. Les projets de texte, adoptés, créent la Direction générale de l’Aménagement et de l’Attractivité du Territoire avec pour mission d’élaborer les éléments de la politique nationale en matière d’Aménagement et d’Attractivité du Territoire. Ils prévoient pour les 5 prochaines années, l’effectif du personnel nécessaire à l’exécution des missions. L’adoption de ces textes vise également à répondre aux exigences de marketing territorial permettant de rendre nos territoires attractifs et compétitifs, d’opérationnaliser les pôles de développement et de renforcer le rôle de veille prospective et de suivi du respect des vocations des sols. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES  Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE LA DEFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANTS  – Chef d’Etat-major adjoint de la Garde nationale du Mali : Colonel Mamady dit N’Fani DIAKITE. – Directeur de l’Information et des Relations publiques des Armées : Colonel-major Bakary Bocar MAIGA. – Directeur adjoint de l’Information et des Relations publiques des Armées : Contrôleur principal de Police Aïssata TOURE. – Directeur central adjoint du Service de Santé des Armées : Colonel-major Mamadou Seydou CISSE. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES  – Conseiller technique : Monsieur Souleymane DIARRA, Inspecteur des Finances. – Président de la Cellule nationale de Traitement des Informations financières : Monsieur Mohamed Bouba TRAORE, Inspecteur des Impôts. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA DECENTRALISATION  – Chef de Cabinet : Colonel Abdramane OUATTARA. – Conseillers techniques : Monsieur Chiaka MAGASSA, Administrateur civil ; Contrôleur général Major de Police Tiantio DIARRA ; Monsieur Oumar COULIBALY, Ingénieur informaticien. – Chargés de mission : Madame Aïssata Cheick SYLLA, Journaliste-Réalisateur ; Madame Khadidiatou KONE, Journaliste ; Monsieur Modibo Bakary TRAORE, Enseignant ; Monsieur Mamadou dit Mariko DIAKITE, Spécialiste en Audit et Contrôle de Gestion. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION  – Conseiller consulaire au Consulat général du Mali à Tamanrasset : Lieutenant-colonel Tidiani DIARRA. AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE ET DU DEVELOPPEMENT SOCIAL  – Inspecteurs à l’Inspection de la Santé : Monsieur Moussa NAKO, Inspecteur des Finances ; Monsieur Zoumana DOUMBIA, Médecin, Pharmacien et Odontostomatologue ; Monsieur Founeké COULIBALY, Inspecteur du Trésor. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS  Le ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances a informé le Conseil des Ministres : de la participation du Mali à la 31ème Réunion du Comité ministériel du Groupe intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment

UEMOA : Une délégation de la Commission attendue pour la 11ère édition de la revue annuelle des réformes

Bamako, 4 juin (AMAP) Une délégation de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA est attendue à Bamako, lundi prochain, pour la revue avec le Gouvernement, les résultats de l’évaluation de la mise en œuvre effective des réformes, politiques, programmes et projets communautaires au titre de l’année 2025, a appris l’AMAP de source proche de l’institution. Le président de la délégation, Abdoulaye Diop aura des échanges avec la délégation ministérielle malienne conduite par le Ministre d’Etat, Ministre de l’Economie et des Finances  Alousséni Sanou. Les entretiens porteront, entre autres, sur les conclusions des travaux des experts tenus du 25 au 27 février 2026 à Bamako et consignées dans un Mémorandum et d’autres questions importantes. A la fin de la rencontre, le Mémorandum sera remis au Premier Ministre Abdoulaye Maïga. Il est à noter que la Revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires au sein de l’UEMOA, placée sous la présidence des Premiers Ministres ou Chefs de Gouvernement, et sous la tutelle des Ministres en charge des Finances, a été instituée par Acte Additionnel de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union, le 24 octobre 2013. ADS/KM (AMAP)

Tenenkou : le concours coranique «Missi» relancé sous le signe de la paix et de la cohésion sociale

TENENKOU, 3 juin (AMAP)– L’esplanade de la grande mosquée de Tenenkou a accueilli, mercredi après-midi, le lancement du concours de lecture et de mémorisation du Coran, appelé Missi en langue fulfuldé, a cobstaté  l’AMAP. Organisée par le bureau local du Haut Conseil islamique, cette compétition réunit 20 jeunes talibés âgés de 15 à 20 ans issus des différentes écoles coraniques de la ville. Les participants, répartis selon leur âge et leur niveau de maîtrise, s’affronteront pendant trois jours sous l’évaluation d’un jury de 13 membres composé d’imams et de spécialistes des sciences coraniques. Les candidats seront départagés sur plusieurs critères, notamment le respect des règles du tajwid (prononciation), la qualité de la mémorisation ainsi que la maîtrise de la récitation à travers le rythme, l’intonation et la voix. Les meilleurs concurrents recevront des prix et des cadeaux à l’issue de la compétition. Selon le président du bureau local du Haut Conseil islamique, Alpha Traoré, cette initiative vise à encourager l’excellence dans l’apprentissage du Coran tout en renforçant l’union, la solidarité et la transmission des valeurs de paix et de cohésion sociale auprès de la jeunesse. Le responsable religieux a également souligné que ce concours contribue à valoriser l’image des jeunes talibés, alors que l’actualité locale a récemment été marquée par des affrontements entre groupes de jeunes. Autrefois rendez-vous annuel très suivi dans le cercle, ce type de compétition avait progressivement disparu en raison du contexte local. Les organisateurs espèrent désormais renouer durablement avec cette tradition. La clôture, prévue le 5 juin, sera marquée par des prières et des bénédictions pour le retour de la paix et de la concorde au Mali. La cérémonie de lancement a mobilisé autorités coutumières, leaders religieux, responsables de jeunesse et de nombreux fidèles. AS/CMT (AMAP)

Spéculation sur le carburant : Ouélessébougou serre la vis

OUÉLESSÉBOUGOU, 3 juin (AMAP)– Face à la multiplication des ventes frauduleuses et à la flambée des prix du carburant, le préfet du Cercle de Ouélessébougou, Moussa Andielou Sagara, a convoqué mercredi une réunion d’urgence réunissant opérateurs pétroliers, autorités communales, représentants de la société civile, collectivités territoriales ainsi que les forces de défense et de sécurité, a constaté l’AMAP. Cette rencontre intervient après plusieurs dénonciations d’organisations locales, de consommateurs et de mouvements de jeunesse sur des pratiques illicites dans la distribution des produits pétroliers. Les professionnels du secteur ont expliqué les tensions observées par les difficultés d’approvisionnement des stations-service. Une justification jugée insuffisante par les autorités et les représentants de la société civile, qui ont dénoncé la persistance des ventes illégales et des spéculations. Le préfet a réaffirmé sa fermeté contre toute hausse abusive des prix et toute vente frauduleuse, rappelant également l’interdiction formelle de la vente de carburant dans des bidons, une pratique considérée comme dangereuse pour la sécurité publique. À l’issue des échanges, plusieurs mesures ont été adoptées. Les participants ont convenu du maintien des prix à la pompe, fixés à 875 FCFA le litre d’essence et à 940 FCFA le litre de gasoil. Ils ont également acté l’interdiction totale de la vente dans les bidons et décidé de la création d’une commission locale de suivi et de contrôle chargée de veiller à une distribution régulière, transparente et conforme à la réglementation sur l’ensemble du cercle. AC/CMT (AMAP)

Souveraineté numérique en Afrique : martin faye plaide pour des solutions adaptées aux réalités locales

Bamako, 3 juin (AMAP)– Le journaliste Martin Faye a appelé, mercredi dans sa conférence inaugurale du FOPAME au CICB de Bamako, à une transformation profonde du modèle économique et éditorial des médias africains, en insistant sur la nécessité de renforcer leur souveraineté numérique, a constaté l’AMAP. Selon lui, l’enjeu central réside dans la capacité des médias africains à «rapatrier leur audience» et à construire des plateformes qu’ils contrôlent entièrement. «L’indépendance, c’est ramener le lecteur à la maison», a-t-il affirmé, estimant que les réseaux sociaux ne doivent rester que des vitrines d’audience. Martin Faye a plaidé pour la création de bases de données locales et de centres de données africains afin de réduire la dépendance aux infrastructures étrangères. «Si l’information malienne est stockée au Mali, elle est protégée par les lois maliennes et non par celles d’un pays tiers», a-t-il expliqué, appelant les États à investir dans des data centers régionaux. Sur le plan économique, il a alerté sur la fragilité des médias locaux face aux plateformes numériques mondiales. «Les revenus publicitaires traditionnels sont captés à plus de 70% par les géants du web[Les GAFAM, ndlr]», a-t-il souligné, estimant que les médias africains ne reçoivent aujourd’hui que des «miettes» du marché publicitaire. Pour répondre à cette situation, il a recommandé la diversification des modèles économiques, notamment par la création de communautés directes via newsletters, SMS et applications mobiles. «Il faut convertir nos audiences en abonnés directs», a-t-il insisté. Sur la question de l’innovation, Martin Faye a encouragé les médias africains à adopter des solutions adaptées aux réalités locales. «Innover ne signifie pas copier la Silicon Valley, mais adapter les technologies les plus pointues à nos réalités sociales et linguistiques», a-t-il déclaré. Il a mis en avant le potentiel de l’intelligence artificielle dans les rédactions africaines, citant la transcription automatique et la traduction multilingue comme leviers de productivité. «L’intelligence artificielle ne remplacera jamais le cœur du journalisme, mais elle nous donne des super-pouvoirs», a-t-il affirmé. Sur le plan éditorial, il a insisté sur la nécessité pour les médias africains de reprendre le contrôle de leurs récits. «Un média souverain ne réagit pas à une actualité dictée par les agences internationales ; il définit sa propre hiérarchie de l’information», a-t-il soutenu. Il a conclu par une dénonciation de la dépendance des rédactions africaines aux contenus étrangers, estimant qu’il s’agit d’une forme de «sous-traitance de la souveraineté mentale», et appelant à renforcer la production locale de l’information. Pour Martin Faye, la souveraineté numérique des médias africains repose sur trois piliers : la propriété des plateformes, la maîtrise des données et la formation des journalistes. «Le premier logiciel de souveraineté, c’est la formation», a-t-il conclu. KD/CMT (AMAP)

Médias africains à l’ère du numérique : le plaidoyer de Martin Faye pour l’indépendance et la souveraineté narrative

Bamako, 3 juin (AMAP) Le journaliste et formateur Martin Faye a appelé mercredi les professionnels des médias africains à renforcer leur indépendance, à accélérer leur adaptation aux mutations numériques et à reprendre la maîtrise des récits sur l’Afrique, lors de sa conférence inaugurale consacrée au thème : «Médias africains à l’ère du numérique : indépendance, innovation et souveraineté narrative» au Centre international de Conférence de Bamako (CICB) à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Forum panafricain des Médias (FOPAME) qui se déroule du 3 au 6 juin 2026, a constaté l’AMAP. S’exprimant dans ce cadre, M. Faye a estimé que les médias africains connaissaient une transformation «profonde» qui dépasse le simple cadre technologique. Selon lui, le numérique a bouleversé le modèle traditionnel de production et de diffusion de l’information en permettant à tout citoyen équipé d’un téléphone portable de publier et de partager des contenus en temps réel. «Le journalisme ne peut plus se contenter d’être le seul porteur de la nouvelle ; il doit redevenir l’indicateur fiable, le filtre critique qui permet de distinguer l’information vérifiée du bruit», a-t-il déclaré. Face à la rapidité imposée par les réseaux sociaux, il a insisté sur la nécessité pour les médias de préserver les exigences de vérification et de rigueur professionnelle. Abordant la question de l’indépendance, Martin Faye a mis en garde contre la dépendance croissante des médias africains aux grandes plateformes numériques, notamment les GAFAM. Il souligne que les modifications d’algorithmes ou de politiques de diffusion peuvent fragiliser des audiences construites sur plusieurs années. «Pour préserver notre liberté, il nous faut diversifier nos sources de revenus, contrôler nos canaux de diffusion et protéger nos données d’audience», a-t-il indiqué. L’intervenant a également présenté l’innovation comme une condition essentielle de la survie et de la compétitivité des médias. Il a plaidé pour le renforcement des compétences numériques des journalistes, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la production multimédia, de la vérification des contenus en ligne et de la lutte contre la désinformation. Le journaliste Faye a défendu le concept de «souveraineté narrative», estimant que les Africains doivent davantage raconter eux-mêmes leurs réalités et leurs trajectoires de développement. «Il nous appartient de produire des récits pluriels, ancrés dans nos contextes, qui mettent en valeur nos dynamiques, nos voix et nos solutions», a-t-il affirmé. Pour l’expert, l’avenir des médias africains dépendra de leur capacité à conjuguer innovation, indépendance et crédibilité afin de conserver la confiance du public et de contribuer au débat démocratique sur le continent. KD/CMT (AMAP)

Mali : le gouvernement suspend pour un an l’importation et la vente des motos de 125 cm³ et plus

Bamako, 4 juin 2026 (AMAP)– Le gouvernement malien a décidé de suspendre, pour une durée d’un an renouvelable, l’importation, le transit, la commercialisation, la vente et la distribution gratuite des motocyclettes de cylindrée égale ou supérieure à 125 cm³ sur l’ensemble du territoire national, selon un arrêté interministériel signé le 3 juin 2026, a appris l’AMAP de sources administratives. La mesure concerne également tous les accessoires entrant dans la fabrication et le montage de ces engins, précisent les autorités. L’arrêté, signé notamment par les ministres chargés de l’Économie et des Finances, de la Défense, de la Justice, des Transports ainsi que de l’Industrie et du Commerce, entre en vigueur dès sa signature. Les commerçants disposant de stocks de motos concernées ou de commandes en cours devront les déclarer dans un délai de 90 jours auprès de la Direction générale du Commerce ou de ses représentations régionales. Les agents habilités du ministère en charge du Commerce sont autorisés à effectuer des contrôles et à saisir les motocyclettes non déclarées. Ils pourront accéder à tous les lieux suspectés d’abriter ou de stocker ces engins. Le texte prévoit également qu’une décision ministérielle déterminera les modalités de gestion des stocks existants et des commandes en cours après consultation des départements en charge des Finances, de la Défense et de la Sécurité. Les contrevenants s’exposent à des sanctions conformément à la réglementation en vigueur. L’arrêté exclut toutefois de son champ d’application les acquisitions de motocyclettes de 125 cm³ et plus destinées aux Forces armées et de sécurité. Cette décision intervient dans un contexte marqué par le renforcement des mesures de sécurité sur l’ensemble du territoire, les motocyclettes étant souvent utilisées comme moyens de déplacement par les groupes armés terroristes dans plusieurs zones du pays. CMT (AMAP)

Mali : les motos de 125 cm³ et plus interdites hors des centres urbains

Bamako, 3 juin 2026 (AMAP)— Les autorités maliennes ont décidé de suspendre la circulation des motocyclettes de cylindrée égale ou supérieure à 125 cm³ en dehors des grandes agglomérations sur l’ensemble du territoire national, selon un arrêté interministériel signé le 3 juin 2026 par les ministres chargés de la Défense, de la Justice, de l’Administration territoriale, de la Sécurité et des Transports que l’AMAP a consulté. La mesure, qui entre en vigueur immédiatement, s’inscrit dans le cadre des dispositifs sécuritaires déployés par l’État, notamment à travers l’opération «Dougoukoloko». Selon le texte, sont considérés comme grandes agglomérations le District de Bamako, les chefs-lieux de région, de cercle et d’arrondissement. En dehors de ces localités, la circulation des motos de 125 cm³ et plus est désormais interdite. L’arrêté prévoit également que les gouverneurs de région pourront, en fonction de l’évolution de la situation sécuritaire, étendre cette suspension à certains chefs-lieux de cercle ou d’arrondissement. Les commandants des théâtres de l’opération «Dougoukoloko», ainsi que les responsables de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale, sont chargés de veiller à l’application de cette décision. Les autorités n’ont pas précisé la durée de la mesure, qui vise à renforcer le contrôle des déplacements dans un contexte marqué par la persistance des défis sécuritaires dans plusieurs zones du pays. CMT (AMAP)