Feu vert du Mali pour 1 000 soldats tchadiens supplémentaires (Gouvernement)
Bamako, 18 déc (AMAP) Le ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a annoncé, vendredi, avoir donné son accord pour le déploiement de 1 000 soldats tchadiens supplémentaires pour le renforcement du contingent du Tchad, dans le Nord du Mali. Dans un communiqué, le département en charge des Affaires étrangères précise que ce « déploiement entre dans un cadre bilatéral et à la demande du Gouvernement de la République du Tchad ». Et d’ajouter qu’il intervient « suite à la reconfiguration de la Force Barkhane, en vue de faire face aux menaces et protéger ses troupes déployées dans la zone ». Le ministère réagissait ainsi à la diffusion, « sur les réseaux sociaux, d’un document relatif à l’accord du gouvernement de la République du Mali pour le déploiement de 1 000 soldats tchadiens supplémentaires au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) » Il insiste que son accord au déploiement de troupes tchadiennes, qui a été notifié aux Nations unies, intervient « dans l’esprit des excellentes relations entre nos deux pays, au regard des sacrifices consentis par ce pays frère pour le Mali, et dans le cadre de la recherche de solutions aux défis sécuritaires » de notre pays. MT/MD (AMAP)
Mali : La visite du président Macron annulée (sources françaises)
Bamako, 18 déc (AMAP) Le président français Emmanuel Macron a finalement renoncé à se rendre au Mali du 20 au 21 décembre, officiellement à cause de la situation sanitaire, ont annoncé plusieurs sources notamment françaises. Cette annulation intervient « surtout pour cause de différend sur le format de la visite avec les militaires au pouvoir au Mali», ajoutent ces mêmes sources. Les autorités maliennes auraient refusé le format proposé par Paris. Et qui consistait à organiser, le 20 décembre, dans la capitale malienne, un mini-sommet du G5 Sahel avec le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, profitant de la présence du président français à Bamako. Par ailleurs, le président du Niger, Mohamed Bazoum, était attendu à Bamako pour ce sommet qui aurait dû permettre d’associer aux discussions des représentants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). « Si Bamako avait, dans un premier temps, accepté le principe d’un tel événement, la junte a finalement fait savoir le 16 décembre qu’elle en refusait l’organisation ainsi que la présence de représentants du G5 Sahel et de la CEDEAO », disent les sources françaises. La présidence française a officialisé l’annulation de ce déplacement au Mali d’Emmanuel Macron, annoncé le 15 décembre dernier. Le président français devait se rendre à la base de l’opération Barkhane de Gao, dans le Nord du Mali. Le chef d’État français devait rencontrer le colonel Assimi Goïta, président de la Transition au Mali pour évoquer plusieurs sujets dont la lutte contre le terrorisme marquée par une réorganisation des forces françaises déployées au Mali. Dans un contexte de tensions diplomatiques entre Bamako et Paris, les avis des deux capitales divergent, entre autres, sur la durée de la Transition et la diversification des partenaires dans la lutte contre le terrorisme prônée par les autorités maliennes. MD (AMAP)
Le M’bolon du Mali inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité de l’UNESCO
Bamako, 17 déc (AMAP) Instrument de musique traditionnelle emblématique en milieu manding, le M’bolon a été inscrit, mercredi dernier, au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Le M’Bolon est utilisé dans plusieurs milieux traditionnels au Mali pour encourager les agriculteurs lors des travaux champêtres ou encore galvaniser les guerriers en période de conflit. Cet instrument à percussion est composé d’une grande caisse de résonance faite d’une calebasse recouverte de cuir de vache, surmontée d’un manche en bois arqué muni de cordes. Selon Moussa Cissé, conseiller auprès de la délégation du Mali à l’UNESCO, le M’bolon dont les origines remontent à Mandé Boukary, au 13è siècle est, de nos jours, menacé de disparition. Son inscription au Patrimoine mondial par l’UNESCO vise à le sauvegarder en « toute urgence et permettre la transmission aux générations actuelles et futures de sa conception et de tout le rituel de son utilisation ». En plus du M’bolon, plusieurs symboles de la culture africaine ont été inscrits par l’UNESCO au patrimoine immatériel de l’humanité, lors de sa 16è session du comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel. Il s’agit notamment du Ceebu jën, plat sénégalais, fait à base de darne de poisson, de brisures de riz, de poisson séché, de mollusques, etc. L’UNESCO a, également, inscrit sur cette liste la Rumba congolaise, genre musical et danse que se partagent la République démocratique du Congo et le Congo Brazzaville. MT (AMAP)
Mali : Six nouveaux ambassadeurs présentent leurs lettres de créance
Bamako, 17 déc (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a reçu successivement, jeudi, au palais de Koulouba, six nouveaux ambassadeurs accrédités au Mali, venus lui présenter leurs lettres de créance. Ce ballet diplomatique, qui s’est déroulé dans la salle de banquets, a débuté par l’ambassadeur de la République populaire de Chine, Zhihong Chen. Né en septembre 1964, le nouvel ambassadeur a, au cours de sa carrière, occupé plusieurs postes de responsabilité. Il fut troisième secrétaire à l’ambassade de Chine au Cameroun, troisième puis deuxième secrétaire à l’ambassade de Chine en Belgique et à la mission diplomatique de son pays auprès de la Communauté européenne. En outre, il fut consul avec rang de premier secrétaire au consulat général de la Chine à Marseille, premier secrétaire à l’ambassade de Chine en Belgique, conseiller à l’ambassade de son pays en République démocratique du Congo puis en Maurice. Mais également, consul général de son pays à Saint-Denis. Jusqu’à sa nomination comme ambassadeur au Mali, Zhihong Chen, qui est marié et père de deux fils, occupait le poste de conseiller au département des Affaires d’Afrique au ministère des Affaires étrangères de son pays. Le deuxième diplomate à présenter ses lettres de créance au président de la Transition est l’ambassadeur d’Algérie El-Haoués Riache. Né le 5 septembre 1953, le nouvel ambassadeur algérien au Mali est un diplômé de l’École d’administration, section diplomatie. Il fut ambassadeur dans plusieurs pays. El-Haoués Riache a occupé le poste d’ambassadeur de son pays auprès du Portugal, ambassadeur-conseiller au cabinet du ministre des Affaires étrangères chargé du dossier Grand Moyen-Orient, puis du Nepad et du Mécanisme d’évaluation par les pairs, ambassadeur auprès de la Confédération helvétique et de la Principauté du Liechtenstein. Parlant l’arabe, le français, l’anglais et le portugais, El-Haoués Riache occupait jusqu’à sa nomination, le poste d’ambassadeur-conseiller au cabinet du ministre des Affaires étrangères chargé de la lutte contre le terrorisme et des dialogues stratégiques bilatéraux sur les questions sécuritaires. Le ballet diplomatique s’est poursuivi avec le nouvel ambassadeur de la Confédération suisse dans notre pays, Andrea Semadeni. Le diplomate suisse, né en 1963, a une riche carrière. Il fut premier secrétaire de l’ambassade de son pays à Naïrobi en 1998 où il était chargé des dossiers de promotion de la paix au Soudan du Sud, en Somalie et dans la région des Grands lacs. Ensuite, il a poursuivi sa carrière à la Mission permanente de la Suisse auprès des Nations unies à New-York où il est promu conseiller d’ambassade. Entre 2006 et 2009, désormais ministre-conseiller, Andrea Semadeni dirige le bureau de représentation de la Suisse auprès de l’Autorité palestinienne à Ramallah. Entre 2009 et 2013, il a successivement occupé les postes d’ambassadeur et représentant spécial pour le Soudan et la Corne de l’Afrique, d’ambassadeur au Ghana avec accréditation au Togo et au Bénin. Entre 2013 et 2017, il dirige l’ambassade de Suisse en Éthiopie, représentation accréditée également à Djibouti, au Soudan du Sud, auprès de l’Union africaine. Avant sa nomination pour représenter son pays au Mali, Andrea Semadeni a été l’ambassadeur de la Suisse au Brésil. Le quatrième diplomate reçu par le colonel Assimi Goïta est Georges Ternes, nouvel ambassadeur du Grand-duché du Luxembourg. Né le 11 mai 1971, il fut chargé de mission à la Représentation permanente de son pays auprès des Nations unies, chargé d’affaires à l’ambassade du Luxembourg à Ouagadougou au Burkina Faso, conseiller à la Représentation permanente du Luxembourg auprès de l’Union européenne, représentant permanent adjoint à la Représentation permanente du Luxembourg auprès de l’Union européenne (UE). Nommé ambassadeur dans notre pays, il couvre également le Sénégal, le Burkina Faso et le Niger. Le président de la Transition a également reçu les lettres de créance d’Henri Kastoun, nouvel ambassadeur du Liban. Diplômé en sciences administratives, politiques et en droit public, le diplomate libanais a occupé plusieurs postes. Il a, entre autres, été attaché au ministère des Affaires étrangères de son pays, secrétaire à l’ambassade du Liban à Tokyo, consul général du Liban à Melboune en Australie, ambassadeur du Liban au Liberia. Le dernier diplomate reçu par le chef de l’État est Jean Pierre Karabaranga, ambassadeur du Rwanda. Né le 7 décembre 1965, le diplomate rwandais fut l’ambassadeur de son pays auprès des Pays-Bas. À partir de son poste à la Haye, il représentait le Rwanda en tant qu’ambassadeur non résident en Bulgarie, en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Slovénie. Il était aussi le représentant permanent du Rwanda auprès de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), de la Cour internationale de justice et de la Cour permanente d’arbitrage. Titulaire d’une maîtrise en gestion du sport, Jean Pierre Karabaranga est marié et père de trois enfants. DD (AMAP)
Mali : Le CNT approuve à l’unanimité la 2è partie de la Loi de finances
Bamako, 17 déc (AMAP) Le Conseil national de Transition (CNT), en plénière au Centre international de conférences de Bamako, a adopté, jeudi, à l’unanimité, la deuxième partie de la loi de Finances présentée par le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. Cette seconde partie du vote, qui est relative aux programmes et aux dotations du Budget d’État 2022, fait suite à l’adoption par le CNT, le 25 novembre 2021, de la première partie du texte consacrée aux conditions générales de l’équilibre budgétaire et financier de la Loi de finances. Les prévisions des recettes budgétaires s’élèvent à 2.130,721 milliards de Fcfa contre 2.188,653 milliards de Fcfa dans la Loi de finances rectifiée 2021, soit une diminution de 57,932 milliards de Fcfa. Les prévisions des dépenses budgétaires pour l’exercice 2022 s’élèvent à 2.748,285 milliards de Fcfa contre 2.841,580 milliards de Fcfa dans la Loi de finances rectifiée 2021, soit une baisse de 93,295 milliards de Fcfa. Au titre des dépenses, le Cadre stratégique pour la relance économique et le développement (CREDD 2019-2023) demeure le cadre de référence pour la mise en œuvre des stratégies de développement et la priorité sera accordée à la prise en charge des mesures inscrites dans le Plan d’action du gouvernement 2021-2022. Le projet de Loi de finances 2022 est le cinquième budget présenté en mode programme. Les membres du CNT ont, aussi, voté par 104 voix pour, zéro contre et une abstention le projet de loi autorisant la ratification de l’accord de financement, signé à Bamako, le 1er octobre 2021, entre le gouvernement du Mali et l’Association internationale de développement (IDA), relatif au projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel. Par cet accord, l’IDA consent au gouvernement un prêt d’un montant d’environ 27,15 milliards de FCFA, assorti d’un don d’à peu près 13,19 milliards. L’objectif de ce projet est de contribuer au relèvement et à la résilience des communautés dans les zones cibles de la région du Liptako-Gourma (Burkina Faso, Niger et Mali), à travers une approche régionale soutenant le renforcement des services et infrastructures socio-économiques intégrées par des moyens de subsistance et du développement territorial. C’est le ministre délégué auprès du ministre du Développement rural, chargé de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba qui a défendu ce projet de loi. Le troisième document approuvé par le CNT est le projet de loi portant autorisation du gouvernement à prendre certaines mesures par ordonnances. Ce texte a pour but de permettre au gouvernement de prendre certaines mesures par ordonnances, durant la période comprise entre la clôture de la session ordinaire d’octobre 2021 et l’ouverture de la session ordinaire d’avril 2022. Dans ce projet de loi, l’autorisation demandée par le gouvernement porte sur les domaines de la création, de l’organisation et du contrôle des services et organismes publics ainsi que de l’organisation de la production. S’y ajoutent les statuts du personnel ainsi que les traités et accords internationaux. Les ordonnances sont prises en Conseil des ministres, après avis de la Cour suprême. Elles entrent en vigueur dès leur adoption. BD/MD (AMAP)
Le président Emmanuel Macron au Mali : pour dissiper les malentendus ?
Par Issa DEMBÉLÉ Bamako, 16 déc (AMAP) La visite du chef d’État français, Emmanuel Macron, à Bamako, lundi, est une opportunité pour crever l’abcès qui gangrène les relations entre le Mali et la France, depuis quelques mois Le président français rencontrera le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, avant de se rendre à Gao (Nord) pour partager un dîner de Noël avec les militaires de l’opération Barkhane. Pour la première fois, les deux chefs d’État aborderont, de vive voix, un certain nombre de sujets, dont le nouveau format de Barkhane, la coopération militaire avec la Russie et la situation politique. Cette visite pourrait être l’occasion de clarifier les choses sur le plan sécuritaire, à la lumière notamment des derniers développements intervenus. Une conciliation des points de vue pour harmoniser la conduite à tenir face aux défis de l’heure, paraît possible. Et c’est, certainement, ce que souhaitent les autorités de la Transition qui n’ont jamais nié l’importance de l’apport des troupes françaises, tout comme celui des Casques bleus dans la stabilisation du Mali. Elles ne sauraient pour autant, lors des échanges qui meubleront cette visite, taire les tares dont l’évocation heurte visiblement l’allié français. Paris n’a jamais caché son agacement face au changement intervenu à la tête de la transition malienne en mai dernier. Et le message délivré par le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, à la tribune des Nations unies à New York, en septembre dernier, accusant la France “d’abandon en plein vol”, a davantage tendu les relations bilatérales. Mais, comment ne pas être d’accord avec les officiels maliens quand on voit la France réduire ses effectifs, sans une réelle concertation avec le Mali. Ce n’est tout de même pas difficile de comprendre l’inquiétude de Bamako et sa volonté de trouver d’autres partenaires capables de l’épauler contre l’hydre terroriste, loin d’être vaincu, malgré les sévères coups que les soldats français et maliens lui ont portés. Le départ de la force Barkhane de Kidal, Tessalit et Tombouctou, dans le Nord du Mali, laisse un vide qui n’échappe pas au plus mauvais des stratèges militaires. Pendant ce temps, la situation sécuritaire continue de se dégrader. Le pays est encore sous le choc du drame de Songho, dans la Région de Mopti (Centre), où 31 personnes, dont des nourrissons et leurs mères, ont péri dans le feu, suite à une attaque terroriste, particulièrement cruelle. Le bilan en rappelle d’autres – Sobane Da, Ogossagou et Ouatagouna -, d’une ignominie tout aussi indescriptible, mais également les attaques qui ont récemment visé des véhicules de transport, dans le Cercle de Niono, toujours dans le Centre. Les passagers de ces véhicules n’ont été que dépouillés de leurs biens, quand ils n’ont pas été tout simplement contraints à les regarder partir en fumée. La Région de Kayes (Ouest) n’est pas épargnée non plus. Tout comme celle de Sikasso (Sud) Clairement, les terroristes veulent transformer les axes routiers stratégiques en mouroirs. Les économies locales, estropiées par ricochet, flancheront inéluctablement. Les populations deviendront alors si vulnérables qu’elles n’auront d’autre choix que de pactiser avec le diable. Songho ne bouclera peut-être pas la série noire. Puisque les lugubres individus qui nous imposent la guerre resteront ce qu’ils ont toujours été, c’est-à-dire des fanatiques arriérés. Que les autorités de la Transition fassent, dans ces conditions, de la sécurité leur priorité absolue relève du bon sens. Tout comme cette volonté assumée de multiplier les partenaires, de sorte à ne plus dépendre d’un seul allié. La coopération militaire entre le Mali et la Russie occupera, sans doute, une place de choix dans les échanges entre Macron et le colonel Goïta. Les susceptibilités quant aux intentions de nos autorités de contracter avec le partenaire russe, ont servi de levier pour braquer la communauté internationale. L’ancienne puissance coloniale a mobilisé tous ses alliés occidentaux pour barrer la route du Mali devant la Russie. Même l’Oncle Sam est entré dans la danse avec le récent communiqué du Département d’État, mettant les autorités maliennes en garde contre l’arrivée de soldats russes sur notre sol. On aurait dit que nous n’étions plus État souverain qui mérite d’être compris et accompagné par la communauté internationale. Les puissances mondiales ayant les gros moyens militaires regardent ailleurs quand elles ne font pas le service minimum, pendant que les populations maliennes continuent de subir le joug meurtrier des hordes obscurantistes, prétendument mobilisés pour défendre l’islam. Le Mali a besoin de soutien. Mais un soutien qui nous permet de venir à bout d’un ennemi retors et cruel. C’est pourquoi, Bamako accueille son allié français, Emmanuel Macron, à bras ouverts. Car, le Mali et la France ont plus à gagner en taisant leurs divergences. Le Mali n’est pas dans une « bonne posture » sur le plan sécuritaire et la France a tout intérêt à faire en sorte que son intervention au Sahel ne se solde pas par un échec. Cette zone de l’Afrique fait partie de sa « sphère d’influence ». Ses alliés occidentaux semblent décidés à l’épauler pour qu’elle ne perde pas pied en Afrique de l’Ouest. Si les relations entre nos deux pays sont glaciales, c’est que l’Hexagone exige que la situation politique se gère à ses conditions, qui ne sont pas forcément celles susceptibles de sortir notre pays du gouffre dans lequel il est plongé depuis une décennie. Certes, il faudra revenir à l’ordre constitutionnel. Mais ce mantra répété pour exiger l’organisation des élections, ramène la crise à sa seule dimension politique. Or, c’est précisément le très peu de tout ce qui est démocratique et républicain qui émerge dans les Régions de Mopti et Ségou où les élections sont certainement le cadet des soucis des populations. À ce sujet, les recommandations issues de la phase communale des Assises nationales de la Refondation dans ces régions sont éloquentes. ID (AMAP)
Attaque contre le camp de Guiré, près de Nara, dans l’Ouest du Mali (Témoins)
Nara, 16 déc (AMAP) Le camp de Guiré, dans la Région de Nara (Ouest), a fait l’objet, ce jeudi matin, vers 9h, d’une attaque dont les auteurs ne sont pas identifiés et le bilan, pour le moment, incertain. D’après des témoins, les assaillants ont profité de la foire hebdomadaire pour lancer des obus sur le camp. Les Forces armées maliennes (FAMa) “ont énergiquement repoussé l’attaque et la situation est sous contrôle”, indiquent les mêmes sources La zone, proche de la frontière mauritanienne, est hors de la couverture du réseau téléphonique. BC/MD (AMAP)
Assises nationales de la refondation : Bamako fait sa voix, les cercles aussi
Par Aboubacar TRAORÉ Bembablin DOUMBIA Oumar DIAKITÉ Bamako, 16 déc (AMAP) Les habitants de la capitale malienne, Bamako, montrent un vif intérêt pour les échanges sur les préoccupations nationales. Ils ont fait le déplacement au niveau des différentes communes de la ville pour exprimer leurs avis sur le devenir du Mali, lors des Assises nationales de la refondation (ANR) de deux jours qui ont démarré, mercredi, dans les différentes communes Bamako. En Communes I et II, les représentants des chefs de quartier, des partis politiques, des confessions religieuses, des associations et organisations de la société civile ont répondu massivement présents aux ANR. On notait, également, la présence remarquable des délégués des organisations de femmes, de jeunes, des ordres professionnels, des organisations socioprofessionnelles, des communicateurs traditionnels, des personnes vivant avec un handicap, de la presse. En Commune I, la rencontre se tient au Musée des femmes (Muso Kunda) sis à Korofina Nord. Le président de la commission d’organisation, Oumarou Togo, par ailleurs maire de cette commune, a présidé la cérémonie d’ouverture des travaux avec, à ses côtés, le coordinateur des chefs de quartier, Sory Diallo. Selon M. Togo, l’objectif global de ces Assises est d’établir un diagnostic rigoureux des problèmes auxquels notre pays est confronté depuis au moins trois décennies. Et d’analyser, de manière participative et inclusive, leurs causes et leurs conséquences en vue de proposer des solutions de sortie de crise avec un plan d’actions ainsi qu’un chronogramme de mise en œuvre. «Pour rendre heureux les gens qui ont bâti ce pays et qui ne sont plus, il est important et nécessaire que les Maliens se retrouvent pour dialoguer afin de donner une nouvelle vision à notre pays, le Mali », a dit le président de la commission d’organisation. Ajoutant que c’est pour cette raison qu’il trouve ces Assises nécessaires, opportunes et indispensables. En Commune II, les locaux de la Fédération malienne des associations de personnes handicapées, à Bakaribougou, abritent les ANR. Le maire, Cheick Abba Niaré, est le président de la commission d’organisation de la rencontre dans sa localité. Il a présidé la cérémonie d’ouverture des travaux en présence du coordinateur des chefs de quartiers de la Commune II, Bamoussa Touré. Cheick Abba Niaré a apprécié l’intérêt et l’engouement que les populations accordent aux Assises. Selon lui, la Commune II jouera pleinement son rôle pour sa réussite. Car, a-t-il dit, c’est un début de solutions aux maux dont notre pays souffre. À noter que 13 thématiques qui tournent autour de l’avenir de notre pays seront débattues au cours des travaux de deux jours. Au niveau de la Commune VI, les ANR se déroulent dans les locaux de la Cité des enfants, sise à Niamakoro. Ici, outre les habitants de la localité, les déplacés de l’intérieur de notre pays prennent part aux travaux. «Nous avons demandé aux autres participants de leur faire la place parce que tout simplement, il s’agit de la cause du Mali», a déclaré le maire de la Commune VI, Aboubacar Keïta. Avant de souhaiter que les cœurs et les esprits se retrouvent. «Je pense qu’on doit mettre le Mali au-dessus de tout. C’est en fonction de cela que nous allons faire des recommandations meilleures qui vont répondre aux aspirations des Maliens», a-t-il dit. Il convient de noter que la rencontre a accusé un peu de retard dans cette commune. À notre passage aux environs de 10 heures 30, l’exercice n’avait pas commencé. Ce retard, selon le président de la commission d’organisation de la localité, est d’ordre «organisationnel». «Mais, nous sommes dans le temps», a assuré Adama Traoré. «Nous sommes déjà à la mise en place des deux organes de travail : deux présidents et deux rapporteurs. Dès que cela sera fait, nous allons diviser les participants en deux groupes et les travaux vont commencer», a-t-il expliqué. Soulignant que chaque groupe planchera sur les 13 thématiques afin d’apporter des propositions de solutions, M. Traoré a tenu à informer les participants de l’absence de primes pour la participation. Même constat au niveau des travaux de la Commune V, où les Assises se tiennent à la Maison de la femme et de l’enfant, à Sabalibougou. Dans ce centre, aux environs de 11 heures 30, le forum n’avait pas encore démarré. Les participants discutaient autour de la mise en place des instances de travail. L’engouement des participants était perceptible dans ces deux centres. En Commune III du District de Bamako, la cérémonie d’ouverture des ANR a été présidée, au Centre Awa Keita, par le maire de la circonscription, Mme Djiré Mariam Diallo, en présence du représentant du gouverneur de la capitale, Yaya Waïgalo, du point focal communal de la rencontre, Mahamadou Kouyaté. Mme le maire a souligné que les Assises qui s’ouvrent sont le signe de l’identité ou de la convergence de nos idées, nos visions ou enfin de nos idéaux. «Aujourd’hui, nous sommes sous l’arbre à palabres que nous connaissons», a souligné l’édile. Pour elle, « les participants devraient, dans la sérénité et sans aucun calcul d’intérêt personnel, de groupe social et même d’organisation politique mais, surtout, sans complaisance, discuter, échanger et débattre de toutes les questions portant sur notre démocratie ». Mais, ils discuteront, également, des sujets « se rapportant à notre modèle de gouvernance, en un mot notre devenir, à travers l’avenir que nous voulons réserver à nos enfants et petits enfants. Afin d’apporter les propositions objectives, pertinentes, efficaces, efficientes, mais surtout nécessaires et utiles pour la reconstruction du Mali dont tous les Maliens rêvent », a déclaré Mme Djiré Mariam Diallo. À ce propos, l’élue a invité les participants à éviter les propos discourtois, désobligeants ou incendiaires au cours des discussions, compte tenu de l’importance des ANR. «C’est à cette seule condition que nous serons fiers, un jour, d’avoir contribué au redressement de notre cher Maliba, à travers l’adaptation de nos institutions à nos besoins vitaux, le renforcement du processus de paix, la consolidation de nos liens d’amitié et de fraternité, valeurs que nos ancêtres nous ont légué», a-t-elle conclu. En Commune IV, l’ouverture des travaux était présidée, dans les
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi du 15 décembre 2021
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 15 décembre 2021, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adoption des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté : des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de financement Mourabha, signé le 04 novembre 2021, entre le Gouvernement de la République du Mali et la Société internationale de Financement du Commerce, pour l’achat de produits relatifs à la sécurité alimentaire et à leur vente à la République du Mali. La Société Internationale Islamique de Financement du Commerce réunie à la disposition de la République du Mali avec un financement d’un montant de 15 millions d’Euros, soit 9 milliards 839 millions 355 mille Francs CFA. Cet Accord est initié dans le cadre du Programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle en faveur des populations cibles. Il permettra à l’Office des Produits Agricoles du Mali de couvrir une partie de son déficit en produits alimentaires, de disposer de moyens supplémentaires pour faire face aux besoins cruciaux du secteur et de respecter les engagements dans le cadre de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. relatifs à la ratification de l’Accord de prêt, signé le 14 septembre 2021, entre le Gouvernement de la République du Mali et le Fonds Qatari pour le Développement, projets pour défendre le secteur de l’éducation en République du Mali par le biais de la Fondation « L’éducation avant tout ». Par cet Accord, le Fonds Qatari pour le développement réuni à la disposition du Gouvernement de la République du Mali, un prêt d’un montant de 24 millions 500 mille dollars US , soit 13 milliards 798 millions 400 mille francs CFA environ . La signature de cet Accord de financement s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Program pour l’Éducation des Enfants hors Écoles qui couvre toutes les Académies d’enseignement du pays et concerné 596 mille 597 enfants non scolarisés, en âge d’aller à l’école primaire dont au moins 50% de filles. La réalisation du Programme financé contribue à garantir l’accès à une éducation de qualité et à maintenir les élèves dans les zones cibles. des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de financement supplémentaire, signé à Bamako le 1er octobre 2021, entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Association internationale de développement, concernant le projet de mobilité et de connectivité rurales et la modification de l’Accord de financement initial. Par cet Accord, l’Association internationale de Développement consent au Gouvernement de la République du Mali un prêt d’un montant de 12 millions 500 mille Euros, soit 8 milliards 199 millions 462 mille 500 francs CFA. Le financement additionnel vise à restructurer et à couvrir les dépassements de coût du projet initial lié, notamment à la réhabilitation des infrastructures critiques dans le centre du pays. La réalisation du projet permettra d’améliorer l’accès routier des communautés agricoles aux marchés et aux services de base dans la zone du projet et d’appuyer les efforts du gouvernement dans la lutte contre la pauvreté. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DE LA PRIMATURE Directeur Général du Contentieux de l’Etat : Monsieur Badou Hasseye TRAORE, Magistrat. AU TITRE DU MINISTERE DE LA DEFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANT Directeur des Ecoles Militaires : Colonel Moussa Yoro KANTE. AU TITRE DU MINISTERE DE LA SECURITE ET DE LA PROTECTION CIVILE Directeur Général Adjoint de la Protection Civile : Colonel Sapeur-pompier Dramane DIALLO. AU TITRE DU MINISTERE DES TRANSPORTS ET DES INFRASTRUCTURES Chargés de mission : Monsieur Amadou SANGHO, Juriste. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE Ambassadeur du Mali à Riyad (Royaume d’Arabie Saoudite) : Monsieur Boubacar Gouro DIALL, Conseiller des Affaires Etrangères. Ambassadeur du Mali à Brazzaville (République du Congo) : Monsieur Aguibou DIALLO, Conseiller des Affaires Etrangères AU TITRE DU MINIS TERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEURET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE Chargé de mission : Madame Aïssata NIARE, Écologue-Biologiste ; Monsieur Ibrahima Bakary TRAORE, Historien, Archéologue ; Monsieur Drissa KANTAO, Journaliste. AU TITRE DU MINISTERE DES MALIENS ETABLIS A L’EXTERIEUR ET DE L’INTÉGRATION AFRICAINE – Conseiller technique : Monsieur Bréhiman SANOGO, Administrateur civil, Membre du corps Préfectoral. AU TITRE DU MINISTERE DE LA COMMUNICATION, DE L’ECONOMIE NUMERIQUE ET DE LA MODERNISATION DE L’ADMINISTRATION – Directeur Général de l’Agence des Technologies de l’Information et de la Communication : Monsieur Mohamed Assalia BONCANA, Ingénieur informaticien. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions et informé le Conseil des Ministres de l’Etat d’avancement des préparatifs des Assises nationales de la Refondation. Le Conseil des ministres une note la bonne tenue des Assises Nationales de la Refondation au niveau des communes sur toute l’Étendue du territoire national. Cette phase s’est déroulée dans 649 Communes à l’engouement des populations. Les participants sont exprimés en toute liberté et ont exprimé avec enthousiasme et l’ensemble des 13 thématiques. Fait sans iLS de have ONU diagnostic complaisances de la gravité et de la profondeur de la crise, de SES et des Réformés Enjeux Globales à opérer. Le Président de la Transition, Chef de l’État, tout en déplorant la non tenue des Assises dans les Communes de certaines régions, a invité l’ensemble des canapés sociales à participer aux étapes du processus des Assises nationales de la Refondation en vue de un nouveau proposeur national de PACTE sociale stabilité, politique, Sécuritaire et économique. Le ministre de la santé et du développement social a informé le Conseil des ministres de l’évolution de la maladie à coronavirus de santé par une forte augmentation du nombre de cas testés positifs par rapport à la
Conseil de cabinet mardi sur la renovation du barrage de Markala
Bamako, 15 déc (AMAP) Le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, a présidé, mardi, à la Primature, un conseil de cabinet restreint avec cinq membres du gouvernement sur la réhabilitation du barrage de Markala, situé dans la Région de Ségou (Centre). A l’issue de la rencontre, le ministre du Développeront rural, Modibo Keïta, a confié que lui et ses collègues concernés par le dossier, en l’occurrence de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel-major Daoud Aly Mohammedine, des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, ont discuté « avec le chef du gouvernement des dispositions à prendre, le plus rapidement possible, pour la réhabilitation du barrage de Markala. Selon le ministre Modibo Keïta, lorsque l’information a été portée à la connaissance du gouvernement, le Premier ministre a aussitôt réuni ce conseil restreint pour que « nous puissions nous entendre sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour sauver le barrage » hautement stratégique pour le développement de la culture du riz et de la canne à sucre dans la zone Office du Niger. À cet effet, les ministres en charge des Finances et de la Sécurité vont prendre les dispositions nécessaires. Ainsi, « les fonds seront mis à disposition par le département des Finances et les travaux de réhabilitation seront effectués par les Ateliers centraux de Markala, afin de réduire les coûts qui tourneraient autour de 3,5 milliards de Fcfa s’ils sont effectués par le secteur privé ». C’est pourquoi, le gouvernement a décidé de faire une dérogation pour que les ateliers de Markala puissent faire ce travail afin d’amoindrir le coût. Le ministre du Développement rural a prévenu qu’au-delà de cette réparation, il faudra complètement rénover le barrage, conformément aux avancées technologiques L’ouvrage a été construit depuis la période coloniale. Interrogé sur la date exacte du démarrage des travaux, le ministre Keïta a souligné que c’est très bientôt, car c’est très urgent. « Le ministre des Finances va déjà mettre les fonds à disposition et dès que le devis sera fait par les Ateliers centraux de Markala, les travaux vont commencer immédiatement », a-t-il assuré. Le barrage hydraulique de Markala est un pont-barrage de dérivation situé dans la ville du même nom, dans l eCentre du Mali. D’une longueur de 816 mètres, le pont est entièrement fait en métal et a été construit en même temps que le barrage, qui a pour but de relever le niveau du fleuve Niger jusqu’à 5,5 m au-dessus de celui de l’étiage. Ce, en vue de permettre l’irrigation gravitaire des zones situées en rive gauche, afin de développer la culture du riz et de la canne à sucre dans le cadre de l’Office du Niger. La construction de l’ouvrage a débuté en 1934 pour s’achever le 30 juin 1947. Sa réalisation a été faite dans le cadre de travaux forcés de milliers de travailleurs provenant de tous les pays de l’Afrique occidentale française (AOF). Un monument situé à l’entrée du pont rend hommage aux personnes décédées pendant sa réalisation. AT/MD (AMAP)

