Concours international de la langue chinoise : Fatoumata Tounkara et Mama Bouaré sont les porte-drapeaux du Mali

Bamako, 17 juin (AMAP) Mlle Fatoumata Tounkara, élève en terminale de Langues et Littérature (TLL) au lycée « Oumar Bah » de Kalaban-Coura et Mama Bouaré, en 2è année de Langue chinoise à l’Institut Confucius de l’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB) défendront les couleurs du Mali, respectivement, à la 15è édition du concours international de langue chinoise des élèves du niveau secondaire de Kunming (Chine) et à la 21è édition du concours international de la langue chinoise des étudiants de Changsha (Chine).  La compétition annuelle dénommée «Pont vers le Chinois», qui a pour thème «Un monde, une famille», aura en principe lieu en été prochain (août-septembre 2022) par visioconférence pour cause de Covid-19.  L’objectif des deux concours est de construire un pont entre les apprenants de la langue et de la culture chinoises, à travers le monde, et cultiver l’esprit de compréhension mutuelle, de tolérance et de partage.  Les représentants maliens ont été sélectionnés lors d’un concours national qui s’est déroulé à l’Institut Confucius de l’ULSHB. sur la colline de Badalabougou, a Bamako. Le chef de cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Yacouba Kébé et l’ambassadeur de la République populaire de Chine, Chen Zhihong, ont co-présidé la cérémonie de sélection de nos deux candidats.  C’était en présence du directeur de l’Institut Confucius, Dr Belko Ouologuem, et de son homologue de la Classe Confucius du lycée «Askia Mohamed», l’inspecteur général de l’éducation nationale, Fayera Sissoko. Chaque candidat est passé sur le podium pour se présenter et parler de la langue chinoise afin de convaincre le jury et le public. Si la maîtrise des compétences linguistiques et de la performance artistique étaient les critères de sélection de Fatoumata Tounkara, la présentation d’un thème en rapport avec la langue et la culture chinoises ont prévalu pour le choix de Mama Bouaré. Le proviseur du lycée « Askia Mohamed » de Bamako, Mahamane Camara, a rappelé que la compétition est organisée par l’ambassade de Chine, conjointement avec la classe Confucius de son lycée et l’Institut Confucius de l’ULSHB. Le recteur de l’ULSHB, le Pr Idrissa Soiba Traoré, a signalé que le Mali a toujours occupé les meilleures places lors de ces concours. L’ambassadeur de Chine au Mali a déclaré que le concours international de la langue chinoise met en relief l’importance de la communication et des échanges entre les différentes ethnies et peuples du monde.  « Le thème, a dit Chen Zhihong, reflète les meilleurs vœux des Chinois sur la paix et l’ordre international et conserve sa pertinence même aujourd’hui ». « L’Education reste le domaine le plus dynamique et promoteur de la coopération entre nos deux pays » a soutenu Chen Zhihong. Le diplomate a, ensuite, donné en exemple la Cité universitaire de Kabala construite par la Chine, les bourses du gouvernement chinois, le Centre de formation professionnelle, les grands projets à impact rapide financés par l’ambassade, la pose de la première pierre de l’école de Gombala (Région de Koulikoro) à titre d’exemples de coopération dans le domaine de l’éducation. Le concours international de la langue chinoise a démarré en 2008 pour les lycées et en 2002 pour les Universités. SYW/MD (AMAP)

Journée de l’enfant africain : Les zones rurales ne sont pas épargnées par le travail des enfants  

Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 17 juin (AMAP) Ce jeudi 14 avril 2022, il est 11 heures sur le site d’orpaillage de Foroko (une localité dans le Cercle de Kangaba, près de la frontière du Mali avec la République de Guinée). Ici beaucoup d’hommes, des femmes et des enfants. Chacun est occupé à faire quelque chose. Tandis que certains garçons de moins de 15 ans creusent les trous, d’autres attendent avec impatience de remplir des seaux qu’ils  tirent du trou. Non loin de là, un petit  groupe de quelques filles qui rincent inlassablement une petite motte de boue, dans l’espoir de tomber sur quelques pépites d’or. La petite Oumou Diarra fait partie du groupe. Elle est là grâce à son oncle, Elle affirme que laver la boue est son quotidien. « Dès que les travailleurs commencent à creuser, on se met en place afin de récupérer la boue susceptible de contenir des pépites d’or », dit la gamine. Elle affirme  qu’en marge des activités d’orpaillage sur le site, de nombreuses jeunes filles s’adonnent à la prostitution pour arrondir les angles. Elle a révélé le cas de son amie, Koro dont l’oncle l’a amenée ici pour travailler. «Apparemment, son parent n’était pas satisfait de l’argent qu’elle gagnait. Il a, alors, commencé à l’encourager à se prostituer. », dit Oumou. Afin de mettre à l’aise sa nièce, l’oncle a ouvert un maquis pour couvrir ses activités louches. « Naturellement, les parents de Koro ne sont pas au courant de sa double vie ici», précise notre interlocutrice.  Oumou a ajouté, également, que des pratiques de mariage sous contrat (communément appelés en bamanankan «Fouroudeni») sont monnaie courante. Par ailleurs, Oumou se souvient encore du viol d’une petite fille sur le site, en 2015. La victime a été retrouvée gravement blessée dans la case de ses deux violeurs. « Fort heureusement, ces derniers ont été rapidement confondus et ils sont actuellement en train de purger leur peine », dit-elle.  Les jeunes garçons sont, aussi, nombreux sur les sites d’orpaillage. Selon Seydou Kanté, un garçon de 14 ans, tirer les seaux, laver la boue afin d’y trouver de l’or, vendre de l’alcool… constituent les activités principales des garçons de son âge. «Nous travaillons de 5 heures du matin à 20 heures. La vie est très dure ici, car il n’y a pas de pitié. L’exploitation, la trahison et d’autres formes de violence constituent notre quotidien», explique-t-il.  PLUTÔT LE COTON QUE LES ETUDES –  S’exprimant sur les difficultés auxquelles les enfants sont confrontés sur le site d’orpaillage de Foroko, Seydou Kanté a révélé que lorsque qu’on surprend un enfant en train de voler de l’or, il s’expose inévitablement à la vindicte populaire et à tous les sévices et atrocités jusqu’à l’arrivée de ses tuteurs. Des justiciers improvisés vont jusqu’à utiliser des méthodes de torture dignes des camps de concentration faisant passer au fautif des moments douloureux, s’il ne rend pas l’âme sous l’assaut des méthodes barbares d’une autre époque. ‘Toutes ces exactions, selon Seydou Kanté, se passaient avant l’installation des «Ton boloma», autrement dit, les protecteurs et gardiens des sites d’orpaillage ».    Il en est du site d’orpaillage de Foroko comme de celui de M’Bèkèla (localité située dans la Commune rurale de Finkolo Ganadougou, Sikasso). Là-bas, les conditions de travail des enfants  sont exécrables. Ils sont mal rémunérés, n’ont pas de dortoirs, boivent de l’eau souillée des drags, etc. C’est aussi un camp de concentration à ciel ouvert, dans un monde disparate où les plus forts règnent en maîtres absolus des lieux. La souffrance physique, morale et psychologique des enfants travaillant sur les sites d’orpaillage est sans commune mesure avec ceux qui courbent l’échine dans les champs. Une ressortissante du village de Koungoba (Cercle de Sikasso), Kadidiatou Fané témoigne. Elle est âgée de 14 ans. L’année dernière, elle était en classe de 6è année, Elle a abandonné les études, car elle n’avait pas de temps à y consacrer à cause des travaux champêtres. Elle est actuellement à Sikasso, chez une tante, afin de rassembler de quoi constituer son trousseau de mariage. Elle raconte que pendant la récolte du coton, chaque matin elle se rend au champ de 8 heures à 18 heures, pendant un mois ou plus. De retour des champs, aux environs de 18 heures, les enfants doivent s’occuper des travaux domestiques. « Donc, je ne disposais pratiquement pas de temps suffisant pour apprendre mes leçons, m’exercer et faire mes devoirs », soupire-t-elle.  «Une fois, j’ai dit à mon père que nous sommes en composition, que je dois apprendre au lieu d’aller au champ, il m’a répondu que j’irai composer au champ», se souvient-elle, avant d’ajouter que « récolter le coton est une obligation pour chaque enfant de Koungoba ». ENGAGEMENT DES ACTEURS – Le travail des enfants peut affecter, non seulement leur santé mais, aussi, leur éducation scolaire. L’effort physique intense demandé aux enfants entraîne des conséquences pour leur croissance. Des enfants peuvent s’adonner, à l’insu de leurs parents, à la consommation de stupéfiants afin de faire face aux lourdes charges des travaux imposés. Pourtant, le Code du travail interdit d’employer « les enfants de moins de 18 ans à des travaux excédant leurs forces, représentant des dangers ou qui, par leur nature et par les conditions dans lesquelles ils sont exécutés, sont susceptibles d’affecter leur moralité ». MFD/MD (AMAP)

Sanké-Mô 2022 : Un rite pluri-centenaire sous le signe de la réconciliation nationale et de la paix 

Envoyé spécial Oumar DIAKITÉ San, 17 juin (AMAP)  Symbole de l’unité et de la solidarité de toute une région, la 622è édition de la pêche collective, Sanké-Mô, s’est tenue, jeudi, à San *dans le Centre du Mali. Le thème, cette année, de la traditionnelle pêche collective est : «Sanké-Mô : facteur de réconciliation nationale, de cohésion sociale et de paix». La pêche collective «Sanké-Mô» se tient depuis 622 ans. Ni les guerres ni les épidémies ni même la colonisation n’ont pu avoir raison de la volonté des habitants de la contrée d’organiser cet événement rituel. C’est pour saluer cette persévérance et cette ténacité que les autorités de la Transition ont voulu donner un cachet particulier, cette année, au Sanké-Mô, dont le parrain était le chef de l’État. Le colonel Assimi Goïta s’est fait représenter à San par le chef du gouvernement, accompagné du ministre en charge de la Culture, Andogoly Guindo. Sur le site, la célébration rituelle a commencé par le sacrifice de deux coqs blancs et des offrandes aux esprits de l’eau qui habitent la mare Sanké. Ce rituel a été suivi de la prestation au bord de la mare de danseurs traditionnels coiffés de chapeaux ornés de cauris et de plumes. Soutenant que son déplacement à San n’était pas anodin, le Premier ministre a cité le président Assimi Goïta selon qui « aucune construction durable et stable de l’Etat ne peut se faire sans s’appuyer sur notre culture, nos traditions et valeurs de civilisation ». Pour le chef du gouvernement, cela traduit la volonté du président de la Transition et du gouvernement de mettre la culture au centre de la refondation de l’REtat malien. « C’est pourquoi, a-t-il expliqué, tous les événements culturels d’envergure sont d’une grande importance pour l’État malien ». «C’est la culture qui fait un peuple. Les populations de San peuvent être fières de ce qu’elles ont donné et de ce qu’elles donnent au peuple malien», a souligné le Premier ministre.  CULTURE LOCALE – Le Sanké Mô a été lancé par les autochtones de San, il y a plus de six siècles. Et c’est en 2009 que l’évènement a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Occasion pour Dr Choguel Kokalla Maïga de remercie r les ancêtres ayant initié cette cérémonie qui constitue, aujourd’hui, une référence pour l’humanité entière.  Le Sanké-Mô est, aussi, « une boussole vers l’enracinement de la souveraineté et de la dignité », a estimé le Premier ministre, ajoutant que « le gouvernement de la Transition n’a d’autre ambition que de restaurer la dignité, l’honneur, l’indépendance et  la souveraineté de l’État malien ». «Nous voulons qu’à la fin de cette Transition, tout Malien, de quelques bord et région qu’il soit, puisse dire, en âme et conscience, que ces hommes ont écrit avec nous une des pages les plus glorieuses de notre histoire», a soutenu Dr Choguel Kokalla Maïga.  Le rite Sanké-Mô marque traditionnellement le début de l’hivernage. C’est, aussi, une expression de la culture locale à travers l’art et l’artisanat, les connaissances et le savoir-faire attachés à la pêche et aux ressources en eau Il renforce les valeurs collectives de cohésion sociale, de solidarité et de paix entre les communautés locales. Ce qui a incité le Premier ministre à solliciter la bénédiction des initiateurs. A cet effet, il a demandé aux anciens, aux légitimités traditionnelles et à l’ensemble de la population de San de prier pour une bonne pluviométrie au Mali, cette année. Moment privilégié de retrouvailles, l’édition de cette année a permis aux Sanois (habitants de la localite de San)  de fêter dans la communion. OD/MD (AMAP)

Mali : Célébration de la journée de l’enfant africain

Bamako, 17 juin (AMAP) La cérémonie de la commémoration de la journée de l’enfant africain (16 juin) a été présidée jeudi à la Cité des enfants par la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Wadidié Founé Coulibaly, a constaté l’AMAP. C’était en présence de son homologue de l’Education Sidibé Dédeou Ousmane, des élus, des représentants de l’UNICEF, de l’ONG Plan, du président de la Coalition malienne pour les droits de l’enfant (Comade), Antoine Akplogan, de la Directrice de la Cité des Enfants, Koumaré Amina Cissé, de son adjoint Famara Keïta, des représentants du Parlement des enfants, de plusieurs invités et de nombreux enfants. Le thème retenu cette année est : « élimination des pratiques néfastes affectant les enfants : Progrès en matière de politique et de pratique depuis 2013 ». Cette journée offre l’opportunité à l’État et ses partenaires, de faire le point des progrès réalisés depuis 2013 dans le cadre de l’élimination des pratiques néfastes affectant les enfants. La ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a expliqué que durant les dix dernières années, de nombreuses mesures d’ordre politique, institutionnel et juridique ont été prises pour renforcer la réalisation des droits de l’enfant. Au nombre de ces mesures, on peut citer, entre autres, l’adoption de la Politique nationale de promotion et de protection de l’enfant en 2014, l’élaboration de la stratégie nationale multisectorielle pour mettre fin au mariage d’enfants, la participation active des enfants à la promotion de leurs droits et à l’accomplissement de leurs devoirs, le renforcement des institutions de protection d’enfants. Malgré ces progrès, force est de constater que de nombreux enfants et leurs parents vivent dans les sites de déplacés et dans les camps de réfugiés à cause de la crise multidimensionnelle que connaît notre pays, a fait savoir Mme Wadidié Founé Coulibaly. Elle ajoutera qu’à cause de cette situation, de nombreux enfants n’ont pas d’actes de naissance, ne vont plus à l’école, n’ont pas accès aux services de santé, à une alimentation saine et à un logement décent. « En outre, il est regrettable de constater que dans nos communautés, des filles continuent d’être données en mariage avant l’âge requis », a indiqué la ministre Mme Wadidié Founé Coulibaly. La représentante intérimaire de l’Unicef au Mali, Andrea Berther a rappelé qu’en jetant un regard rétrospectif sur la situation des enfants, il est à relever d’importants progrès depuis 2013. Selon elle, plus de 1.132 villages ont mené à bout leur processus d’abandon des mutilations génitales féminines (MGF). Ils ont concrétisé leur geste par la signature de conventions locales assorties de déclarations publiques d’abandon. Elle ajoutera que 2.715 agents sociaux et sanitaires ont été formés pour la prise en charge médicale, psychosociale et juridique des survivantes de MGF. Elle a également relevé que plus de 8 millions de personnes ont été sensibilisées sur les violences basées sur le genre, y compris le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines. La présidente du Parlement des enfants, Diaminatou Kanouté a, pour sa part, déclaré que les enfants souhaitent être consultés pour toutes les questions ou décisions les concernant, surtout dans ce contexte particulier où il est question de bâtir le Mali kura (nouveau Mali) qui doit se faire de façon inclusive. Elle a confié ensuite que le Parlement des enfants entend désormais jouer pleinement ses missions notamment de plaidoyer et de sensibilisation sur toutes les problématiques de protection et de promotion de leurs droits. En ce qui le concerne, le président du Comade a plaidé pour la finalisation du projet de loi portant protection de l’enfant, son adoption par les membres du Conseil national de Transition (CNT) et sa promulgation par le président de la Transition. Les autorités ont placé la protection de l’enfance au cœur des programmes de développement du pays. En ratifiant la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant depuis 1998, notre pays s’est engagé à garantir la protection, la participation et la jouissance aux enfants de leurs droits. La Journée de l’enfant africain, a été adoptée par l’Organisation de l’Unité Africaine en souvenir de la répression sanglante des centaines d’enfants de Soweto lorsqu’ils ont battu le pavé, le 16 juin 1976, pour réclamer leurs droits. Depuis, le 16 juin est consacré Journée de l’enfant africain. KM (AMAP)

Alerte sur les conditions précaires d’emploi des domestiques et aide-ménagères au Mali 

Par Amsatou Oumou TRAORE Bamako, le 16 juin (AMAP) Que ceux qui reconnaissent leurs valeurs appellent, pudiquement, ces mains utiles «aide-ménagères». Ou que la tranche de la population, qui les méprise, les qualifie de «bonnes à tout faire», «bonniches» ou encore «52», la vie en ville de ces filles est parsemée d’embûches.  Elles travaillent, dans la plupart des cas, dans des conditions précaires et sont, le plus souvent, victimes de diverses formes de violences, abus, exploitations et négligences (VAEN). Elles ne bénéficient pas d’une bonne alimentation, n’ont pas de bonnes conditions d’hébergement  , leur employeur  accumule, dans certains cas des arriérés de salaire qui leur est dû, elles sont mal payées et sont victimes de discrimination, ce qui renforce leur vulnérabilité et accentue leur mise à l’écart. Leurs opinions ne sont pas prises en compte dans les décisions les concernant, en dépit de leur apport incontournable dans l’entretien des foyers. Malgré ces dénis, le Code du travail malien reconnaît les domestiques comme des travailleurs à part entière et cela en vertu de la Convention 138 de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui fixe l’âge minimum au travail qui ne doit pas être inférieur à 18 ans et de la convention 182 qui condamne les pires formes de travail. Ces conventions qui ont été ratifiées par le Mali ne sont, malheureusement, pas appliquées correctement. C’est l’objet de tout le plaidoyer que mène l’Association pour la défense des droits des aide-ménagères (ADDAD).  L’ADDAD est une organisation à but non lucratif, apolitique et non confessionnelle, initiée en 2009 et officiellement créée en 2013 par les aide-ménagères du Mali. Elle interpelle les autorités et l’opinion publique pour la protection et le respect des droits des filles travailleuses domestiques. Cette association a pour objectifs «de défendre, promouvoir et protéger les droits des aide-ménagères et valoriser le métier d’aide-ménagère en vue d’améliorer leurs conditions de vie et de travail tout au long de leur parcours migratoire». Elle est aujourd’hui présente dans neuf pays de la sous-région ouest-africaine (Mali, Burkina Faso, Togo, Bénin, Côte d’Ivoire, Guinée Conakry, Sénégal, Gambie et Ghana). L’ADDAD-Mali compte aujourd’hui à peu près 1.500 aide-ménagères et est présente dans deux capitales régionales à savoir Ségou (Centre)  et Koulikoro, près de Bamako. Au niveau sous régional, elle compte, au moins,  5.000 filles travailleuses domestiques. Elle a initié un projet de protection des filles travailleuses domestiques contre les violences et exploitations à Bamako, la capitale malienne,  qui a pour objectif de «contribuer à l’exercice des droits des filles et adolescentes travailleuses domestiques». Ce projet est soutenu financièrement par l’Agence basque (Espagne) et bénéficie de l’accompagnement technique de l’ONG de coopération mondiale pour le développement et l’action humanitaire en faveur des enfants et pour la défense de leurs droits «Educo». Dans la mise en œuvre des activités du projet, des journées thématiques ont été initiées à l’occasion de la célébration de la fête internationale du travail le 1er mai dernier. Le projet a mis cette journée à profit pour initier des campagnes de sensibilisation de l’opinion publique sur les dangers liés au travail domestique. en général, et au travail des enfants dans les grandes villes, en particulier.  L’Association interpelle, également. les parents qui envoient leurs enfants mineurs en ville afin de trouver de quoi constituer leur trousseau de mariage et apporter un appui financier a leur famille resté au village. Elle milite tout autant pour le maintien des enfants filles et garçons à l’école et, surtout, pour une plus grande sensibilisation de ces derniers sur les dangers de l’aventure urbaine. AOT/MD (AMAP)

La culture malienne s’expose en Allemagne au 15è Festival Documenta

Bamako, 16 juin (AMAP) L’art et la culture du Mali, à travers le Festival sur le Niger, s’exporte dans la localité de Kassel, en Allemagne,  dès ce samedi 18 juin, où se déroule la 15è édition de le Festival la Documenta, annonce un communiqué. Cette rencontre, l’un des plus grands festivals,  rassemble plusieurs centaines d’artistes du monde entier qui  travaillent dans tous les domaines de la création, sur une longue période soit une centaine de jours. Il a lieu tous les cinq ans. Le directeur, Mamou Daffé, et son équipe, vont déployer un véritable échantillon du Festival sur le Niger. Ils ont rassemblé les grands noms comme le célèbre plasticien Abdoulaye Diabaté, le marionnettiste Yaya Coulibaly, l’organiste et interprète Cheick Tidiane Seck. Ainsi, « la Fondation Festival sur le Niger, en tant que membre du collectif international Lumbung, présentera une série de projets artistiques en résonance avec les pratiques sociales qui influencent le changement dans la société malienne », explique le communiqué de presse publié par la Fondation Festival sur le Niger. Ces propositions artistiques sont présentées dans le concept de «Maaya Bulon/Vestibule Maaya», nom donné à une pièce spécifique de l’architecture des maisons traditionnelles maliennes où se prennent les décisions familiales ou communautaires.  C’est le lieu où se pratique l’hospitalité (accueil, discussion, échange avec l’hôte), notion centrale au Mali. Le travail de la Fondation Festival sur le Niger est fondé sur la philosophie traditionnelle Maaya. Le Maaya est un concept intégral de l’humanité qui parle de la relation entre l’individu et la communauté. Elle est fondée sur des valeurs telles que le respect de l’autre, la solidarité, la générosité, l’hospitalité, la connaissance de soi, la limitation de soi et l’humour.  Pour cette édition de la Documenta, le Festival a invité des artistes de son écosystème à collaborer et à se réunir dans le concept du «Maaya-Bulon». Le Maaya Bulon célèbre la façon dont l’art et le Maaya sont enchevêtrés dans la pratique artistique traditionnelle et contemporaine. Il s’agit d’une interaction entre le travail des artistes tels que Abdoulaye Konaté, Losso Marie-Ange Dakouo, Lassana Koné et Seydou Camara, une forêt sacrée et les marionnettes de Yaya Coulibaly, ainsi que des activations par une grande variété d’artistes de la scène et de la musique.  Plusieurs œuvres font référence au Kôrèûdugaw, une société qui pratique des rites dans l’esprit Maaya, alliant humour, esprit et sagesse, et représentant l’étape suprême du savoir dans la culture Bamanan au Mali. Dans le Maaya Bulon, il y aura des soirées thématiques de spectacles de théâtre, de contes, de danse, de musique, notamment à travers le spectacle Maaya ni Dambé, par les artistes de l’écosystème de la Fondation Festival sur le Niger et les metteurs en scène, comme Lamine Diarra, Mama Koné et N’Dji Yacouba Traoré.  A l’entrée du Maaya Bulon, une tente touarègue et un toguna. Le toguna, ou togouna, ou shônan, est une construction ouverte érigée en général au centre des villages dogons se trouvant le long de la falaise de Bandiagara. Elles sont d’une hauteur insuffisante pour se tenir en position debout de façon à obliger les participants à s’asseoir. L tente et le tigana lors de cette exposition accueillent des rassemblements et des débats, rappelant les liens entre les différents peuples du Mali. YD/MD (AMAP)

Protection de la biodiversité : Déclin du nombre d’éléphants au Mali

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 16 juin (AMAP) Le Mali, qui comptait 600 pachydermes, il y a quelques années, se retrouve aujourd’hui avec seulement 246 têtes. Les efforts en cours permettront d’inverser la tendance, conformément aux recommandations de la Convention sur la diversité biologique La désertification, les feux de brousse, le surpâturage et le braconnage menacent la biodiversité, ensemble des êtres vivants ainsi que les écosystèmes dans lesquels ils vivent. Fléaux face auxquels il urge d’agir. Dans cette optique et dans le but de minimiser les effets néfastes de ces pratiques sur l’homme et son environnement, la Direction nationale des eaux et forêts (DNEF ) profite des activités en cours de la 23è édition de la Quinzaine de l’environnement pour sensibiliser la population.  Elle a organisé, mardi, dans ses locaux une conférence sur la biodiversité, une thématique développée par le point focal national biodiversité à la DNEF, le capitaine Ali Poudiougou, Le capitaine Poudiougou a rappelé les pressions exercées sur la variété des formes de vie, notamment par les actions de l’homme.   Le braconnage, une de ces actions nocives contre la biodiversité, cible principalement les éléphants. Ces mammifères géants chassés pour leur ivoire, qui se vendent à prix d’or sur le marché noir, vivent, selon les explications du conférencier, dans une zone transfrontalière située entre le Burkina Faso et le Mali. Cette zone est, aujourd’hui, confrontée à un problème sécuritaire récurrent. «De 2017 à nos jours, nous avons constaté une perte énorme de nos éléphants qui se trouvent être les derniers spécimens de la zone sahélienne en voie de disparition», a déploré le conférencier. Le capitaine Ali Poudiougou a dit qu’il est  urgent d’inverser la tendance à la dégradation de la biodiversité, dont la diminution des spécimens d’éléphants est un exemple, par l’engagement de la population à abandonner les actes qui vont à l’encontre de cette biodiversité tels que le braconnage, les feux de brousse et l’orpaillage. « Afin, a-t-il insisté, que cette biodiversité puisse être restaurée et préservée pour les générations futures ».  Quant aux efforts en la matière, le capitaine Poudiougou a évoqué le Cadre mondial post 2020 en cours de finalisation. C’est un document stratégique qui fixe des objectifs et cibles à atteindre d’ici 2030. «Il est demandé à chaque pays d’atteindre, au moins 30%, de ses territoires en aire protégée. Nous sommes dans cette mouvance pour sensibiliser la population, les collectivités territoriales pour que chacun à son niveau puisse faire en sorte que nos ressources forestières et fauniques, halieutiques et autres puissent être préservées», a-t-il expliqué. Pour le conférencier, le Mali contribue à l’atteinte des objectifs en matière de protection de l’environnement. Toute chose qui aidera à inverser la tendance à la perte de notre biodiversité, comme recommandé par la Convention sur la diversité biologique (CDB), l’une des trois grandes conventions de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement, tenue en juin1992 à Rio de Janeiro, au Brésil.  La DNEF, à travers le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, a également mis en œuvre plus de quatre projets. Ceux-ci ont permis l’élaboration de 39 plans d’aménagements et la restauration des forêts au niveau des collectivités. À ces projets, s’ajoute la mise en œuvre, en 2017, de la Brigade anti-braconnage qui a contribué à la protection des éléphants. AMK/MD (AMAP)

Recensement général de la population : Combien sont les Maliens ?

Par Oumar SANKARE Bamako, 16 juin (AMAP) Combien de Maliens sommes-nous au total, en réalité : 19, 20, 21 ou 22 millions ? Ces chiffres distillés ça et là sont des estimations qui varient selon les sources ou les méthodes de calculs utilisés. Le Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) est la seule opération de collecte qui fournit des informations exhaustives et fiables sur l’état et la dynamique de la population aux niveaux de l’ensemble du pays, des régions, des cercles, des communes et des villages/fractions/quartiers au Mali. Le dernier, qui remonte à 2009, estimait la population malienne à 14,5 millions d’habitants dont 50,4% de femmes et plus de 70% vivant en milieu rural, selon l’Institut national de la statistique (INSAT). Les travaux de terrain du cinquième Recensement général qui ont été lancés dans cette optique, depuis plusieurs mois, à travers le ministère de l’Économie et des Finances, ont officiellement démarré mercredi 15 juin 2022, à travers tout le Mali, «préalablement découpé en zones de dénombrements». L’opinion nationale et internationale en a été informée la veille (mardi) par un message du Ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou.  « Durant les trois prochaines semaines, les agents recenseurs et les chefs d’équipes, qui sont chargés de collecter des informations sur les caractéristiques socioéconomiques, démographiques et culturelles de la population, passeront, à cet effet, dans nos familles respectives »,  annoncé le ministre en charge des opérations. Selon lui, au total 26.327 agents recenseurs, 4.504 chefs d’équipes et 866 contrôleurs TIC seront engagés sur le terrain auprès des ménages. «Ces équipes seront encadrées par les cadres et responsables de l’Institut national de la statistique, des autres structures du Système statistique national, des directions régionales et des services locaux de la planification, de la statistique et de l’informatique, de l’aménagement du territoire et de la population», explique-t-il.  Aux populations (Maliens et ressortissants d’autres pays vivant sur le territoire national), ils demanderont des informations relatives à plusieurs aspects de la vie notamment l’état civil, l’éducation, la santé, l’emploi, la mobilité et les caractéristiques de l’habitat. « À l’effet de compter le nombre d’habitants, de mesurer la fertilité, la mortalité et les déplacements, de dégager des tendances démographiques et même de contribuer à détecter des inégalités en matière d’emploi, d’éducation et de richesse », comme l’explique le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) sur son site Internet, à propos du recensement.   AVENIR – L’agence directrice des Nations unies en charge des questions de santé sexuelle et reproductive rappelle que ces informations générées par les recensements de la population et de l’habitat (nombre d’habitants, répartition, conditions de vie et autres données clés) sont essentielles pour l’élaboration des politiques de développement. « Car, alerte-t-elle, en l’absence de données précises, les responsables politiques ne sont pas en mesure de déterminer les infrastructures nécessitant des investissements (écoles, hôpitaux, routes) et les populations les plus démunies ne sont pas répertoriées ».  Donc de la réussite de cette opération, dépend le devenir du Mali et l’avenir de ses enfants. Le ministre en charge de l’Économie a, à cet égard, sollicité «l’engagement des chefs de quartier dans nos villes et les chefs de village et de fraction, en vue d’une meilleure orientation des agents recenseurs déployés dans leurs localités ; le dévouement des autorités administratives et municipales (gouverneurs, préfets, sous-préfet, maires), pour la coordination des opérations dans leurs circonscriptions ; l’accompagnement habituel des Forces de défense et de sécurité en vue de la protection et de la sécurisation de cette opération». En réponse à cette sollicitation, le gouverneur du District de Bamako, la capitale malienne, Abdoulaye Coulibaly a procédé au lancement du cinquième Recensement général de la population et de l’habitat pour le District. C’était mercredi chez le chef de quartier de Ouolofobougou, Bourama Ciré Fadiga, en présence du directeur national adjoint de l’INSAT, Dr Issa Bouaré. Il a été organisé par l’INSAT en collaboration avec la direction régionale de la planification, de la statistique, de l’informatique, de l’aménagement du territoire et de la population du District de Bamako.  Prenant la parole, le gouverneur du District de Bamako a levé toute équivoque. «Ce recensement a un but purement statistique et vise à contribuer à l’amélioration de la connaissance de la situation démographique, sociale et économique du pays et de sa dynamique en vue d’une meilleure prise en compte des variables démographiques dans les programmes et stratégies de développement pour la fourniture des données socio-démographiques pertinentes, fiables et à jour», a précisé Abdoulaye Coulibaly.  La maire de la Commune III a exprimé sa satisfaction d’avoir participé à cette activité combien importante pour le Mali. «La population est galopante. Les quartiers s’agrandissent de jour en jour, avec toujours de nouveaux venus en ville. Nous avons donc, régulièrement, besoin d’éléments statistiques pour savoir où aller et prévoir le développement de la Commune et la construction du pays», a souligné Mme Djiré Mariame Diallo.  Tous les intervenants ont invité les populations à coopérer avec les agents de recensement. Ils ont exhorté les responsables administratifs, élus locaux, acteurs de la société civile, femmes, hommes et jeunes à contribuer à la réussite de cette opération dont les résultats «nous serviront ainsi que les générations futures».   OS/MD (AMAP)

Vingt-deux civils tués dans une attaque terroriste à Ihinita (Ménaka), dans le Nord du Mali

Bamako, 15 juin (AMAP) La Plateforme des Mouvements du 14 juin 2014 d’Alger, a dénoncé l’assassinat de vingt-deux personnes lors d’une attaque par des hommes armés non identifiés, le week-end dernier, dans un campement à Ihinita, dans la Région de Ménaka (Nord). Dans un communiqué publié ce mercredi 15 juin 2022, la Plateforme des Mouvements du 14 juin 2014 d’Alger explique que « des hommes armés ont fait irruption, le 12 juin 2022, dans un campement non loin de la localité d’Izingaz (Commune d’Ihinita, Cercle de Tidermene, Région de Ménaka) et ont procédé  à l’exécution sommaire de vingt-deux personnes parmi lesquelles des déplacés venus chercher refuge dans cette zone.» Selon le groupe armé, « ces graves atteintes aux droits humains et à la vie tout court » ont été perpétrées par des terroristes affiliés à «  Daesh » et opérant sur des motos.  Ainsi, la Plateforme des Mouvements du 14 juin 2014 d’Alger, tout en condamnant ces crimes d’une horreur inexplicable, « appelle la division des droits de l’homme de la Minusma, les organisations des droits de l’Homme ainsi que toutes les autorités compétentes à diligenter une enquête » pour traduire les auteurs de ces crimes devant les  juridictions compétentes. Cette tuerie survient la veille de la rétrocession par la Force Barkhane de sa base opérationnelle avancée de Ménaka aux Forces armées maliennes (FAMa) lundi 13 juin 2022. AT/MD (AMAP)

Le Code Craft, un rempart contre le Travail des enfants dans l’orpaillage 

Par Makan SISSOKO Bamako, 15 juin (AMAP) – Solidaridad west africa (SWA), une organisation internationale de la société civile, a organisé, lundi dernier, à Bamako, un atelier sur le thème : «Engagement des parties prenantes sur le Code pour l’atténuation des risques dans l’activité minière artisanale et à petite échelle, s’engageant dans un commerce formel et transparent (Code Craft)».  Cette organisation promeut la production durable, la sécurité alimentaire et les modèles de services robustes des Petites et moyennes entreprises (PME) rurales dans les chaines d’approvisionnement du cacao, du palmier à huile, du coton, de l’aquaculture et de l’or en Afrique de l’Ouest. Son bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest est basé au Ghana, avec des programmes opérationnels au Nigéria, en Côte d’Ivoire, au Cameroun et au Liberia. Organisée en collaboration avec l’Organisation internationale du travail (OIT), cet atelier s’inscrivait dans le cadre du projet régional : Accélérer l’action pour l’élimination du travail des enfants dans les chaines d’approvisionnement en Afrique (Accel Africa), mis en œuvre par l’OIT grâce à un financement du ministère néerlandais des Affaires étrangères.  La rencontre d’un jour a regroupé les acteurs du secteur minier sur l’engagement du secteur privé. Le but était de former les acteurs nationaux sur la chaine d’approvisionnement de l’orpaillage sur le Code Craft. Cela en mettant l’accent sur les risques liés au travail des enfants avec en perspective l’émergence des partenariats public-privé. La finalité étant de soutenir l’élimination du travail des enfants dans le secteur de l’Exploitation minière artisanale à petite échelle (EMAPE) au Mali. Pour y arriver le projet entend s’attaquer aux causes profondes de ce fléau en accélérant son élimination en Afrique. Des actions ciblées seront mises en œuvre dans les chaines d’approvisionnement sélectionnées en Côte d’Ivoire (cacao, extraction d’or), en Égypte (coton), au Malawi (café et thé), au Mali (extraction d’or et coton), au Nigeria (cacao, extraction d’or) et en Ouganda (café et thé).  C’est dans cette optique que SWA Côte d’Ivoire a été engagée par l’OIT pour la mise en œuvre du Code Craft et des processus de diligence raisonnable dans le secteur de l’exploitation minière artisanale à petite échelle de l’or (EMAPE)  au Nigéria, au Mali et en Côte d’Ivoire. «Dans le cadre de ce projet, nous avons signé un accord d’exécution avec l’OIT pour pouvoir travailler sur un projet qui vise à implémenter le Code Craft dans l’exploitation arsenal de l’or au Mali», a expliqué son représentant pays en Côte d’Ivoire, Amadou Cissé. « Pour ce faire, l’organisation va former les acteurs nationaux dans la chaine d’approvisionnement de l’orpaillage sur le Code Craft », a précisé M. Cissé. « Ce qui leur permettra, selon lui, de pouvoir répondre à un certain nombre d’exigences sur le marché international de l’or, notamment celui de l’Union européenne (UE) qui a mis en place un certain nombre de règlementations appelées ‘Les devoirs de diligences’. Il s’agit, notamment, des exigences sociale, environnementale et économique pour pouvoir faire du business avec l’UE. «À travers l’implémentation de ce Code Craft, on arrive à répondre à ces besoins de diligences au niveau de l’UE et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) », a expliqué Amadou Cissé.   Cette phase de transfert de connaissances aux acteurs locaux, qui dure six mois, vise à les outiller afin de former, à leur tour, tous les artisans miniers. «Nous allons former une institution qui formera les acteurs pour que ce Code Craft puisse être disséminé dans l’ensemble des chaînes de valeur pour qu’on aille vers la formalisation des Petites entreprises minières au Mali», a-t-il indiqué. Le conseiller technique au ministère malien des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, chargé des questions minières, Lassana Guindo, a expliqué que le travail des enfants est un gros défi qui figure dans les priorités de son département. « Il y a deux ans, lors de l’élaboration du nouveau Code minier, nous avons fait une mention spéciale pour l’interdiction du travail des enfants dans les sites d’orpaillages», a rappelé M. Guindo. Il a ajouté que cet atelier permettra la mise en place d’une stratégie rigoureuse de lutte contre le travail des enfants. MS/MD (AMAP)