CHAN 2023 : Les Aigles locaux s’imposent face à la Sierra Leone
Bamako, 28 août (AMAP) L’équipe nationale locale de football du Mali a battu la Sierra Leone 2-1, samedi 27 août, dans une rencontre délocalisée au Libéria, au compte du match aller du dernier tour des éliminatoires du Championnat d’Afrique des nations (CHAN 2023). Les buts maliens ont été marqués par Hamidou Sinayoko et de Ousmane Kamissoko. Le match retour est prévu samedi prochain à Bamako. Les hommes de l’entraineur Nouhoum Diané ont pris une belle option sur la qualification au tournoi prévu en Algérie. Lors de la dernière édition, les Aigles locaux ont terminé sur la deuxième marche du podium après une finale perdue contre les Lions de l’Atlas du Maroc. MT/MD (AMAP)
Football : Les Aiglons du Mali bien arrivés en Mauritanie pour le tournoi U20 UFOA-A
Bamako, 27 août (AMAP) La sélection malienne U20 de football est arrivée en Mauritanie pour le tournoi U20 de la Zone A de l’Union des fédérations ouest-africaines (UFOA) qui démarre ce dimanche 28 août et la finale aura lieu le 11 septembre. Logés dans la poule A, le Mali affronte le pays hôte, la Mauritanie, la Sierra Leone et la Guinée Bissau, alors que la Gambie, championne en titre, en découdra avec le Sénégal, finaliste de la précédente édition, le Cap-Vert, le Liberia et la Guinée. Les deux premiers de chaque poule se qualifient pour les demi-finales et les finalistes décrocheront les deux tickets qualificatifs de la zone pour la Coupe d’Afrique des nations (CAN) U20, prévue du 18 février au 10 mars 2023 en Égypte. Le sélectionneur Demba Traoré et ses protégés feront leur entrée en matière contre la Sierra Leone, lundi prochain à 19h30 au stade Cheikha Boidya de Nouakchott. SSK/MD (AMAP)
Football : Les Aigles du Mali affrontent, en septembre, la Libye et la Zambie en amical
Bamako, 27 aout (AMAP) Les Aigles du Mali vont profiter de la prochaine fenêtre FIFA pour jouer deux matches amicaux contre la Libye et la Zambie, le 24 et 27 septembre, à Benghazi en Libye, a annonce la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) L’instance dirigeante a confirmé que les Aigles affronteront d’abord les Chipolopolo de la Zambie avant de jouer contre les Chevaliers de la Méditerranée. Ces deux matches amicaux vont permettre aux Aigles de préparer les 3è et 4è journées des éliminatoires de la CAN, Côte d’Ivoire 2023. Après deux journées, le Mali occupe la première place de son groupe grâce à ses deux victoires 4-0 et 3-1 contre le Congo-Brazzaville et le Soudan du Sud. Les prochains adversaires des hommes d’Eric Sekou Chelle sont les Scorpions de la Gambie. Ce sera une double confrontation en mars 2023, avec match aller à Bamako. MT/MD (AMAP)
A Dio, près de Bamako, les fermes poussent comme des champignons
Par Rokiétou MAÏGA Bamako, 27 août (AMAP) Située à Magnambougou, village de la Commune rurale de Dio-Gare, Cercle de Kati et Région de Koulikoro, la ferme de Ousmane Diakité offre depuis 13 ans une gamme variée de produits agricoles. Avec le phénomène de «fermage» qui se développe de plus en plus autour de la capitale malienne, notamment à Baguinéda et périphérie, la Commune rurale de Dio, à 40 kilomètres seulement de Bamako, accueille un chapelet de fermes. Aménagée sur une superficie de 15 hectares, la ferme de Diakité est le résultat de son amour pour le travail de la terre. Fils d’agriculteur, sa passion pour l’agriculture n’a pas tardé à éclore. «Mes frères et moi travaillions au champ, et de fil en aiguille, j’ai pris du plaisir à gratter la terre», explique Ousmane. La ferme est composée en grande partie d’orangers de variétés différentes, d’un hectare de papayers et de melons encore à l’état brut. Les variétés d’orangers s’étalent tout le long de la ferme. Les 2 000 à 3 000 pieds d’agrumes constituent son patrimoine. Le sol gravillonnaire de la zone s’adapte à tout type de cultures. Dans la ferme et aux environs, il cultive de la vigne, le pommier, ce qui peut surprendre, ou encore l’avocatier. L’orange du Mali «lemourouba», «le tengelo », de son nom scientifique citrux-tengelo, ou encore «le niva» qui a sa pulpe rouge, sont autant de variétés qui sur l’exploitation. Le choix de cette production agricole s’explique par la rentabilité du produit qui, une fois planté, génère des bénéfices à long terme. «Après leur implantation, au bout de deux ans à deux ans et demi, ils commencent à donner les premiers fruits. Et cela est valable pour toutes les saisons», se réjouit Diakité. Avec un investissement personnel et des prêts auprès de deux banques de la place, l’exploitation agricole de Diakité a débuté en 2009. Pour les cinq ouvriers qui y travaillent et le gardien, le travail de la ferme n’est pas de tout repos. Arrosage et désherbage par-ci, cueillette des fruits par-là, l’effectif est insuffisant, mais cela se comprend aisément. L’arrivée de l’hivernage fait que beaucoup d’entre eux rentrent chez eux pour les travaux champêtres en famille. L’ensemble des produits de la ferme sont écoulés sur place. Un groupe de cinq hommes sont venus acheter chacun un kilo d’oranges à 350 Fcfa. Tous enseignants de la localité, ils préfèrent acheter directement à la ferme pour le prix car chez les revendeurs, il s’élève à 750 FCFA voire plus. Et en même temps, ils viennent profiter de l’air frais et pur que dégagent les plantes en harmonie avec la nature. «À la saison des fruits, c’est un véritable marché qui règne là», commente le gardien Kariba Diarra. Électromécanicien de formation, Ousmane Diakité fait remarquer qu’il fait face à beaucoup de difficultés : la commercialisation des produits sur le marché avec la redoutable concurrence des importations, le manque de main d’œuvre qualifiée et la non-maitrise de l’activité agricole. RM/MD (AMAP)
425 soldats ivoiriens de la MINUSMA déployés à Tombouctou, dans le Nord du Mali
Bamako, 27 août (AMAP) Quelque 425 soldats ivoiriens sont arrivés au Mali, en fin de semaine dernière, pour le compte 2è Bataillon de casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), basé à Tombouctou, dans le Nord du Mali. Selon un communiqué de l’état-major général des Armées ivoiriennes, cité par le quotidien Fratmat, ce Bataillon est fort de 650 soldats au nombre desquels 56 officiers. Le contingent compte 25 femmes et est déployé pour un engagement de 12 mois à Tombouctou. S’adressant aux soldats avant leur départ, le jeudi 18 août 2022, au cantonnement de AK Camp, selon la même source, le chef d’état-major général des Armées ivoiriennes, le général Lassina Doumbia, a dit son soulagement de voir enfin cette relève s’effectuer après plusieurs reports. Puis, il a évoqué avec la troupe, les conditions particulières de ce déploiement, en revenant sur la situation des 49 soldats interpellés et détenus à Bamako. « Vous devez rester des soldats ivoiriens, avec une parfaite connaissance de la mission et l’exécuter avec professionnalisme. Vous devez porter encore plus haut, cette renommée acquise durement en mission extérieure et qui est reconnue dans les instances onusiennes », a-t-il conseillé. Évoquant les nouvelles dispositions réglementant l’exploitation par la MINUSMA de l’espace aérien malien, le chef d’état-major général ivoirien a recommandé le professionnalisme aux soldats. SS/MD (AMAP)
Mali-Côte d’Ivoire : L’UEMOA fait de la médiation
Bamako, 25 août (AMAP) Le Comité interparlementaire (CIP) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a annoncé, mercredi, l’envoi d’une délégation à Abidjan et à Bamako pour « un dénouement heureux » du différend né de l’arrestation des 49 militaires ivoiriens au Mali, rapporte l’Agence Anadolu. Selon la même source, le CIP, réuni mercredi à Abidjan, s’est dit « vivement préoccupé » et a appelé « les hautes autorités de ces deux pays au dialogue ». Il s’engage à «se servir de la diplomatie parlementaire afin d’aboutir au règlement pacifique de ce différend opposant les deux Etats frères », selon une résolution lue par le premier secrétaire permanent, Sana Kandé, cité par Anadolu. Le 10 juillet dernier, le gouvernement de la Transition du Mali a annoncé l’interpellation à Bamako de 49 militaires ivoiriens dont une trentaine appartenant aux forces spéciales, qualifiés de « mercenaires ». Le 15 août dernier, ces soldats ont été inculpés pour « tentative d’atteinte à la sûreté de l’État » par le juge d’Instruction du Pôle anti-terrorisme de Bamako. Le Togo a été le premier pays à jouer le rôle de médiateur entre les deux Etats voisins. Et les premières négociations, démarrées à Lomé le 28 juillet dernier, n’ont pas permis d’enregistrer de progrès. Les initiateurs de cette nouvelle approche de l’UEMOA espèrent trouver une solution à cette crise diplomatique entre la Côte d’Ivoire et le Mali. SS/MD (AMAP)
Le Tribunal administratif de Gao (Nord) tient sa première audience publique (MINUSMA)
Bamako, 25 août (AMAP) Le Tribunal administratif de Gao a tenu le 15 août dernier sa toute première audience publique, depuis sa création le 15 juillet 2011, sur demande du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, selon un communiqué de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). « Quatre juges du Tribunal administratif ont été déployés pour statuer sur quatre dossiers inscrits au rôle de l’audience », indique le communiqué, publié ce jeudi 25 août. Ces affaires concernaient des recours en annulation pour excès de pouvoir de décisions prises par des préfets et des procès-verbaux d’attribution de parcelles dressés par des chefs de village. Deux dossiers ont été également renvoyés pour instruction complémentaire et deux autres dossiers ont fait l’objet de débats puis mis en délibérés. Cette juridiction a pour attribution de sanctionner l’administration en annulant ses actes entachés d’illégalité et causant du tort aux administrés. « Il fait de l’État un justiciable au même titre que les citoyens », souligne le communiqué de la Mission onusienne. Et d’expliquer que ses décisions, qui obligent l’État à se soumettre à la loi qu’il a lui-même édictée, « participeront à la restauration de la confiance entre celui-ci et les populations ». La MINUSMA dit avoir fait un plaidoyer auprès des autorités pour le déploiement de ces magistrats, établis à Bamako depuis leur nomination. Outre l’appui logistique, un appui technique pour la tenue de cette première audience a également été fourni par la mission onusienne. « Compte tenu du fait que nous avons des besoins colossaux par rapport même au fonctionnement du Tribunal administratif, la MINUSMA nous a prêté son accompagnement et son concours et nous ne pouvons que nous en réjouir », a dit le président du Tribunal, Seydouba Laïco Traoré, cité par le communiqué de la Mission. L’opérationnalisation de cette juridiction constitue non seulement une avancée significative dans la restauration de l’autorité de l’État, mais aussi dans l’extension et la consolidation de l’État de droit. SS/MD (AMAP)
De Sikasso à Bamako, récit d’un périple de 6 heures en car
Par Aboubacar TRAORÉ Bamako, 25 août (AMAP) A 11heures, le soleil brille de tout son éclat. Le ciel semble gorgé de pluie en cette période d’hivernage, lorsque nous arrivions, ce dimanche de juillet 2022, dans la cour d’une compagnie de transport, l’une des nombreuses sociétés de transport voyageur à la gare routière de Sikasso. La veille, nous y avions réservé notre ticket à 7 000 Fcfa pour le trajet Sikasso-Bamako. C’était 5 000 Fcfa avant la crise qui a fait grimper le prix des hydrocarbures sur le marché mondial. Malgré l’assouplissement des mesures de prévention contre la Covid-19 par les autorités maliennes, quelques rares passagers portent toujours des masques. Une attitude qui rappelle les pires moments de la pandémie ayant secoué la planète entière en 2020 et 2021. Le départ du bus est annoncé pour midi. Le moteur de l’engin crache le feu depuis notre arrivée et la climatisation à l’intérieur est au point. Mais avant l’embarquement des passagers, on procède à l’enregistrement des bagages. Pour gagner du temps, l’équipe de la billetterie procède à un contrôle vérification physique à travers un appel. Le principe est simple : chaque passager donne le numéro de son billet au bagagiste qui le marque sur les bagages. Seul argument valable pour récupérer ses effets à l’arrivée. Comme tout le monde, nous nous plions à l’exercice, de bonne grâce. On y aperçoit des sacs de pommes de terre, patates, igname, banane plantain (Aloco), du souchet, d’agrumes d’avocats, ananas, bananes, oranges, mangues, du gingembre, bref un peu de tout ce que la cité verte du Kénédougou peut offrir aux visiteurs en cette période de l’année. À 12h 05mn, le car quitte la gare en direction du centre-ville que nous traverserons avec beaucoup de difficultés. La ville est en plein chantier. Un échangeur et ses voies d’accès, plus un viaduc sont en construction, nécessitant des déviations avec énormément de poussière à avaler pour les riverains. Néanmoins, une vingtaine de minutes suffiront à notre chauffeur pour traverser la ville par la Route nationale (RN-7) qui mène à la ville des «trois caïmans», Bamako, la capitale du Mali. CHANSONS DU TERROIR – Ha ! Qu’il est agréable de voyager sur ce trajet de 375 km en période d’hivernage : on contemple une végétation verte et luxuriante et autres merveilles de la nature. Après le poste de sortie de Sikasso, le spectacle commence avant de traverser les villages de Banankoroni, Kampiasso, Mpébougou, Farakala, Fantérila, Nkourala où les constructions en dur sont de plus en plus nombreuses. Même constat à Niéna, le village natal de Malamine Koné, promoteur de la marque Airness. Niéna est aussi connu pour être la capitale du cyclisme au Mali. Le chauffeur est obligé de ralentir pour ne pas écraser un âne en errance. Nous continuons notre chemin pour arriver à Koumantou, reconnaissable par les usines de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT). Après Koumantou et Koualé, nous atteignons Zantièbougou où une plaque annonce à gauche, la ville de Kolondièba, une sortie vers la Côte d’Ivoire sur une voie bitumée. Une demi-heure de route après, voilà le poste de péage de Bougouni. Le conducteur ralentit pour permettre à son apprenti d’aller payer le péage. Nous enjambons ensuite le fleuve Baoulé par son pont d’une centaine de mètres. À l’intérieur du bus, les passagers sont bercés par la musique du terroir avec en vedette, celles de la diva du Wassoulou , Oumou Sangaré et de la reine du Didadi, Nahawa Doumbia. Difficile d’adopter une autre démarche si l’on sait que près de 90% des passagers sont des fils de la contrée. Soudain, une voix attire l’attention de tous, annonçant l’escale de la capitale du Banimonotié, Bougouni. «Nous arrivons à Bougouni. Vous avez droit à une pause de 5 minutes pour vous soulager et prier pour ceux qui le souhaitent. Mais, que tous ceux qui portent des effets personnels dans le car prennent le soin de descendre avec», explique Ayouba Traoré, le convoyeur du bus. Sans doute, une manière pour la Compagnie de décliner toute responsabilité en cas de perte. Le jeune convoyeur demande par la même occasion aux clients de sortir leurs pièces d’identité pour faciliter le contrôle au poste installé à l’entrée de Bougouni. Un poste réputé le plus difficile à franchir si l’on n’est pas en règle. Après l’escale de Bougouni, nous reprenons la route. Le car se transforme en un restaurant ambulant où les odeurs de nourriture agressent les narines. Qu’à cela ne tienne. Pour 6 heures de route, il faut bien s’alimenter. MANA ET L’ÉGLISE DU PASTEUR MICHEL SAMAKE – Nous apercevons ensuite Ouéléssébougou vers 16h 20mn après avoir dépassé Sido, Soulouba et Kéléya. Et cinq minutes plus tard, nous sommes à Mana, village où le pasteur Michel Samaké a transféré son église, il y a plus de deux ans. Auparavant située au village de Tenkelé à une dizaine de kilomètres de Ouéléssébougou sur la route de Sélingué, le pasteur Samaké y a transféré son lieu de culte après des histoires avec la Mairie de la commune rurale qui a morcelé une partie du site abritant l’édifice religieux, nous a raconté un de ses fidèles. Au bord de la route, une grande plaque indique l’église qui se trouve à droite à une centaine de mètres. « Depuis son implantation à Mana, le visage du village a carrément changé avec de nombreuses constructions en dur », dit notre interlocuteur. À 17 heures, nous arrivons à Dialakoroba, l’une des plus grandes bourgades sur la RN-7. Au bout de 15 minutes, nous sommes au poste de péage et de pesage de Sanankoroba où il y a une longue file de voitures comme pour nous annoncer le début des embouteillages monstrueux de la capitale. « De nombreux véhicules dans cette file indienne reviennent de l’église du pasteur Michel Samaké », fait savoir un habitué de la localité. On y aperçoit des voitures de particuliers, des minibus de transport den commun « Sotrama », des taxis, des bus et même des gros camions. Entre Sanankoroba et Senou, la lumière du soleil filtre par les
Campagne agricole : La promesse de pluies régulières
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 25 août (AMAP) L’hivernage atteint sa vitesse de croisière. Caractérisée par de longues périodes sèches au début, la pluie est de plus en plus régulière et abondante. À vue d’œil, les parcelles sont bien entretenues. À l’Office du périmètre irrigué de Baguinéda (OPIB),pres de Bamako, la capitale malienne, les cultures ont amorcé leur phase de maturité. L’aspect végétal des champs de riz, de maïs et de sorgho est prometteur. À condition que «les paysans maintiennent la cadence quant à l’entretien des champs et les traitements phytosanitaires, indispensables au bon développement des plantes». Baguinéda est une ville et une commune, dans la sous-préfecture du Cercle de Kati, dans la Région de Koulikoro. Située à 30 km de Bamako sur le fleuve Niger, cette commune rurale qui regroupe 32 villages, abrite plus de 3.000 hectares aménagés en maîtrise totale d’eau par l’OPIB. Créée en janvier 1998, cette structure est la plus grande zone de production agricole de notre pays, après l’Office du Niger (ON). Elle est chargée du développement intégré, de promouvoir le développement des principales cultures vivrières de base et maraichères. En plus des activités agricoles possibles en saison des pluies, les paysans de Baguinéda pratiquent aussi la culture de contre-saison. Celle-ci est une activité agricole consistant à faire le maraîchage et des cultures céréalières pendant la saison sèche. Elles s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique nationale de développement de l’État. Le but étant de mettre un accent particulier sur les aménagements de terres agricoles au profit des producteurs et de combler le déficit céréalier du Mali. Paysan à l’OPIB depuis plus de 15 ans, Mahamadou Diarra, œuvre pour l’atteinte de ces objectifs. Il trouve que la campagne évolue bien. Arguant qu’il pleut en abondance, le cultivateur prédit : «Cette année, la campagne sera meilleure que l’année dernière car les paysans ont commencé à semer à l’OPIB depuis le mois de juin. Alors que l’année dernière, les semis ont débuté en juillet». « Cela à condition qu’il n’y ait pas une fin précoce de la pluie comme cela a été le cas l’année dernière », ajoute M. Diarra qui exploite un hectare de riz, deux hectares de maïs et un demi-hectare de gombo. Son collègue Bakary Doumbia est producteur à Kognimba, dans la Commune de Baguinéda. Il détient à l’OPIB un champ de riz et de maïs d’une superficie d’un hectare chacun. De l’avis de celui qui accumule 22 ans d’expérience dans l’agriculture, le niveau satisfaisant des pluies présage d’un bon rendement et d’une bonne campagne. Le directeur général de l’OPIB, Mamadou Togola, partage les constats de des producteurs. M. Togola estime que l’allure que présentent les champs permet d’espérer que les objectifs de production pour cette année pourraient être atteints. Ils sont, a-t-il dit, estimés à 24.419 tonnes pour les céréales, dont 17.722 pour le riz, 6.300 pour le maïs et 299 tonnes pour le mil et le sorgho. Concernant les cultures maraîchères, les objectifs sont évalués à 27.995 tonnes, toutes spéculations confondues. En la matière, le niveau de réalisation est de 104% pour le mil, 86% pour le sorgho, 82% pour le maïs. Pour le riz cultivé en maîtrise totale d’eau (riz repiqué dans le périmètre), la réalisation est de 70% pour une superficie de 1.935 hectares. « Les emblavures se poursuivent en ce qui concernent le riz et sont à un niveau satisfaisant », assure le premier responsable de l’OPIB. Il faut ajouter qu’à l’OPIB, l’Adny 11 est la variété de riz la plus cultivée. Son cycle est de 120 jours. En matière de cultures sèches, c’est le Sotubaka, une variété de maïs dont le cycle est de 90 jours. Elle arrive à boucler son cycle pendant la période d’hivernage sans un grand souci de sècheresse. À propos des équipements agricoles, Mamadou Togola a dit que le taux d’exploitation est également acceptable. « La situation phytosanitaire, elle, est jugée calme. Les produits phytosanitaires sont disponibles », assure-t-il. « Néanmoins, des problèmes existent », nuance le patron de l’OPIB. Selon lui, la difficulté principale concerne l’acquisition des engrais minéraux, une situation générale liée au conflit en Ukraine. Autres difficultés, selon lui, l’insécurité dans la zone OPIB, l’insuffisance des ressources financières, les besoins en matériels agricoles pour les producteurs, le manque de main-d’œuvre. Sur les difficultés d’acquisition des engrais minéraux, il estime que les sols sont si pauvres qu’il faut des appoints. Le paysan Mahamadou Diarra, natif de Kobalacoro, Commune de Baguinéda, déplore également le problème d’accès aux intrants surtout les engrais minéraux. «En attendant la mise à disposition de la subvention de l’État, nous achetons le sac d’engrais entre 35.000 et 40.000 Fcfa», explique-t-il. «Nous sommes toujours en attente de l’engrais minéral. À part ce problème qui nous inquiète un peu, la campagne agricole est rassurante cette année car il pleut suffisamment», confirme Rokia Samaké, exploitante d’un demi-hectare de riz à l’OPIB. « L’État a déjà fait des acquisitions avec certains fournisseurs qui ont été déjà mises à la disposition de certaines structures agricoles’, annonce le directeur général de l’OPIB qui assure que les objectifs seront atteints si la pluie maintenait la même cadence. AMK/MD (AMAP)
Sécurité à Bamako : La garde plus que jamais haute
Reportage de Mohamed TOURE Bamako, 25 août (AMAP) Une attaque au poste de contrôle de Zantiguila, le 16 juillet 2022, puis une tentative d’incursion au camp militaire de Kati, le 22 juillet 2022. La menace terroriste s’était dangereusement rapprochée de la capitale du Mali et de certaines agglomérations. Depuis ces récentes attaques terroristes qui ont visé la garnison de Kati et certaines localités proches de Bamako, la capitale malienne, les autorités ont pris des mesures fortes pour renforcer la sécurité. L’état-major général des Armées estimait, en juin dernier, que les groupes radicaux « essoufflés, sont soumis, depuis plusieurs mois, à une forte pression des Forces armées maliennes (FAMa) jusque dans leurs zones sanctuaires où ils disposaient d’un certain confort et d’une grande influence par le passé», Selon l’Armée malienne, les Groupes armées terroristes (GAT) ont «adapté leur mode d’actions et orienté désormais leur attaques lâches contre des cibles molles et des civils désarmés». Un changement de stratégie que confirme également le chercheur Ibrahim Maïga, conseiller spécial pour le Sahel à l’International Crisis Group (ONG spécialisée dans la prévention et l’aide à la résolution des conflits meurtriers). Cet expert souligne que les groupes terroristes ont adopté la stratégie de «ne plus affronter l’adversaire de façon frontale et de ne plus faire de l’occupation territoriale un objectif en soi». Et de rappeler que les GAT tentent, depuis quelques années, de tisser leur toile à travers le pays. Désormais, l’option privilégiée par les terroristes serait de «mener des attaques sporadiques, parfois ponctuelles sur des positions de l’armée, des camps ou des convois», estime-t-il. Les dernières incursions près de Bamako et à Kati seraient dans cette logique. « Des coups d’éclat voire médiatiques plus que de réelles actions militaires », ajoute le chercheur. DES TERRORISTES NEUTRALISÉS – Quand l’ennemi change de stratégie, il faut en faire de même. Les services maliens de sécurité ont adopté cette nouvelle posture. En riposte aux tentatives d’incursion et aux attentats kamikazes, les responsables sécuritaires ont instauré un dispositif considérable sur l’ensemble du territoire. Des mesures incluant des contrôles accrus sur les principaux axes, aux abords des bâtiments et lieux stratégiques sont perceptibles. Dans la capitale, des véhicules de police ont notamment renforcé les dispositifs existants au niveau de plusieurs édifices. Les forces de l’ordre mènent également des patrouilles, tout en faisant des descentes en certains endroits ciblés. « Des opérations spéciales qui ont permis l’interpellation de plusieurs suspects », selon des sources sécuritaires. Sur le front militaire, plus d’une centaine de terroristes ont été «neutralisés» entre le 19 juillet et 20 août dernier, selon l’état-major général des armées. «Ces derniers mois, l’Armée a mené un certain nombre d’offensives dont certaines ont abouti à la neutralisation de nombre de combattants des groupes terroristes, à la découverte de caches d’armes, de minutions et de provisions alimentaires. C’est aussi en représailles à la multiplication des attaques de l’Armée que ces groupes ont décidé de mener ses incursions», analyse Ibrahim Maïga. Selon lui, les groupes essayeraient aussi de «desserrer l’étau qui semble se resserrer sur eux dans une partie du territoire, en particulier dans le centre». Dans cette forme de lutte que les groupes terroristes ont adoptée, il arrive qu’ils emploient des techniques effroyables comme celles des cadavres piégés, récemment apparues au Mali. À ce sujet, Ibrahim Maïga déplore l’arrivée de ce mode opératoire au Sahel. «Au Sahel, on a un rapport particulier aux morts. Les proches ont besoin d’enterrer leurs morts. Le fait qu’un cadavre puisse servir de chair à canon ou de bombe est très inquiétant», relève-t-il. LOURD TRIBUT – Cependant, le chercheur estime que la réponse à la crise multidimensionnelle que traverse le Mali et d’autres pays du Sahel devra tenir compte de toutes les dimensions, en plus de la réponse militaire. «On voit une montée en compétence de l’armée avec un renforcement en termes d’équipements militaires, un engagement beaucoup plus fort d’aller à l’offensive, de sortir de la position statique. Mais il est tout aussi important de s’intéresser aux autres dimensions», propose-t-il. Parmi ces réponses, la priorité, de son point de vue, serait d’améliorer la gouvernance dans les localités les plus touchées. «Il est important de rétablir la confiance entre les gouvernants et les citoyens. Une dimension qui a été négligée est la prévention. Les États ne doivent pas s’enfermer dans une seule dimension notamment celle militaire», suggère-t-il. L’expert rappelle que ce sont les civils qui payent le plus lourd tribut aux attaques et violences des groupes armés terroristes. «Ce qu’on peut craindre, les autorités en sont conscientes, ce sont des attaques plus ciblées notamment à Bamako qui auraient des résonnances médiatiques et politiques beaucoup grandes que dans l’arrière-pays», explique-t-il. Ainsi, Ibrahim Maïga juge que les populations ne doivent pas oublier le contexte et adopter des mesures de vigilance indispensables. Pour lui, cela passe par la sensibilisation et des mesures visibles. «Les populations doivent obéir aux consignes de sécurité, accepter de se faire checker (fouiller) à l’entrée d’un stade ou d’une salle de spectacle», conclut-il. La plupart des Bamakois que nous avons interrogés se disent rassurés par le renforcement du dispositif sécuritaire en certains lieux et services publics. «C’est bien de renforcer les contrôles devant le palais présidentiel, la Cité administrative et d’autres services publics, il faut, aussi, penser à faire de même au niveau des marchés, des écoles, des stades qui sont censés accueillir des milliers de personnes», préconise Moussa Dembélé, chauffeur de taxi. MT/MD (AMAP)

