Promulgation de la loi électorale : Un grand pas vers les élections au Mali 

Par Dieudonné DIAMA Bamako, 28 juin (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, à qui revenait le dernier mot, a donné son onction à la nouvelle loi électorale en la promulguant, vendredi dernier, une semaine après son adoption par le Conseil national de Transition. Ainsi le processus de retour à l’ordre constitutionnel au Mali suit, inexorablement, son cours avec l’adoption de ce texte déposé sur la table du Conseil national de transition (CNT), le 3 décembre 2021. Son adoption intervient à un moment où notre pays est sous le poids des sanctions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui exigent des gages pour le retour à l’ordre constitutionnel, avant une levée progressive de ces mesures qui pèsent sur les populations. Cette loi constitue un autre palier important franchi par les autorités de la Transition pour conduire notre pays vers un ordre constitutionnel normal. Mais, aussi, pour lui éviter de revivre les évènements ayant conduit à la démission du président défunt, Ibrahim Boubacar Keïta, le 18 août 2020.  C’est donc à juste titre qu’à l’ouverture de la séance plénière du vendredi 17 juin, le président du CNT, Malick Diaw, a souligné qu’au regard des défis de refondation de notre pays, notamment en matière électorale, est apparue la nécessité voire l’obligation de doter le Mali d’une nouvelle loi électorale et d’un organe unique de gestion des élections.  DIVERGENCES – L’adoption de ce texte majeur s’est faite dans un contexte de divergences profondes entre le gouvernement et le CNT. Le président de la Commission des Lois constitutionnelles, de la Législation, de la Justice, des droits de l’Homme et des Institutions de la République, Dr Souleymane Dé, a donné certains détails sur le processus qui en disent long sur les divergences entre les pouvoirs exécutif et législatif sur ce texte. Selon Dr Dé, le projet de loi électorale est parvenu au CNT 11 jours avant la clôture de la session ordinaire d’octobre 2021. Et ces 11 jours ne suffisaient pas pour examiner ce texte d’une telle envergure et le soumettre au vote. Raison pour laquelle, sa commission avait sollicité la tenue d’une session extraordinaire pour l’étude au fond.  « Malheureusement, a-t-il dit, sa commission a dû attendre la session ordinaire d’avril 2022 pour commencer à travailler sur ce projet avec l’ouverture des écoutes ». Dr Souleymane Dé a révélé aussi que le texte a fait l’objet « de débats houleux, démocratiques, francs et constructifs » avec l’ensemble des acteurs du processus électoral. Il a précisé que 87 entités et au total 260 personnes ont été écoutées. A l’issue de ces écoutes, la commission a fait ressortir les insuffisances pour les soumettre au gouvernement. « Mieux, a fait savoir Dr Dé, dans le cadre de l’examen de ce texte, la commission Lois a reçu trois fois la ministre déléguée chargée des Réformes politiques et institutionnelles. Et les amendements du gouvernement qui pouvaient être pris ont été fondus dans le document à l’exception de quelques-uns ».   Cela n’a pas permis d’aplanir les divergences car devant le CNT, la ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Réformes politiques et institutionnelles a clairement déclaré que « le gouvernement ne se reconnaissait pas dans les amendements proposés ». Fatoumata Sékou Dicko a soutenu que « le fondement même de la vision de refondation du système de gouvernance électorale est atteinte ». Après des débats houleux, les 92 amendements et le projet de loi proprement dit ont été adoptés par les membres du CNT.  Le texte initial qui comprenait 225 articles a été ramené à 219 articles. Certains articles ont été supprimés. La principale innovation est la création de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) qui aura comme missions, l’organisation et la gestion de toutes les opérations référendaires et électorales. Son collège qui était de 9 membres a été augmenté à 15 membres comprenant 8 représentants des pouvoirs publics, 4 représentants des partis politiques et 3 représentants de la société civile.  Pour les représentants des pouvoirs publics, 3 sont désignés par le chef de l’Etat, 1 par le Premier ministre, 2 par le président de l’organe législatif, 1 par le président du Haut conseil des collectivités et 1 par le président du Conseil économique, social et culturel. REACTIONS – Avec cette nouvelle loi, tout membre des Forces armées et de sécurité, qui désire être candidat aux fonctions de président de la République, doit démissionner ou demander sa mise à la retraite au moins 06 mois avant la fin du mandat en cours du président de la République. Mais, pour les élections pendant la Transition, ceux-ci doivent démissionner ou demander leur mise à la retraite au moins 04 mois avant la date de l’élection présidentielle marquant la fin de la Transition. Ce point a suscité moult réactions au niveau de la classe politique et de la société civile. Si certains saluent cette disposition, d’autres estiment qu’elle viole la Charte de la Transition qui interdit aux autorités de la Transition de se porter candidats aux élections bouclant cette période. Dans son rapport, la Mission d’observation des élections au Mali (MODELE-Mali) a souligné que cette disposition laisse la possibilité aux autorités de la Transition de se porter candidat à la prochaine élection présidentielle.  De nombreux partis politiques ont salué l’adoption de ce texte à l’image du parti Yèlèma, de l’Alliance pour l a démocratie au Mali-Partri africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ), du Parti de latrenaissaince africaine (PARENA), de l‘Alliance pour la solidarité au Mali-Convergence des forces patriotiques (ASMA-CFP), etc. Par contre, le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), qui estime que les propositions d’amendements faites sont de nature à remettre en cause la vision de réforme du système électoral, notamment le statut et la nature juridique de l’AIGE, avait suggéré au président de la Transition de ne pas promulguer cette loi en l’état. Mais de le renvoyer pour une seconde lecture. Le dernier mot revenait donc au chef de l’Etat qui a tranché vendredi. Le colonel Assimi Goïta

Diomansi Bomboté : Formateur de journalistes dans l’âme

Par Mohamed TOURÉ  Bamako, 27 juin (AMAP) La première promotion de l’École supérieure de journalisme et des sciences de la communication (ESJSC) porte le nom de Diomansi Bomboté. Une belle récompense pour ce journaliste-formateur, dont la rigueur frise le perfectionnisme. A 78 ans, Diomansi Bomboté traîne derrière lui une quarantaine d’années de pratique professionnelle. Il continue encore de partager ses connaissances et son expérience avec les étudiants de l’ESJSC.  Le samedi 18 juin, l’hommage qui lui a été rendu, constitue une reconnaissance du mérite amplement justifiée. Une École de formation de journalistes maliens par des Maliens, Diomansi Bomboté en avait l’obsession. Et celle-là, il la considère comme son «bébé». En 2015, l’ancien fonctionnaire à l’Unesco (1979 à 2004) se voyait confier le projet de création de l’ESJSC par le gouvernement.  Sept ans de sacrifice et de travail acharné plus tard, les premiers produits de cette école sortent enfin, à la grande fierté de leur parrain. Absent de la cérémonie de remise de diplômes pour des raisons de santé, Diomansi Bomboté a tenu tout de même à livrer un message au ton poétique, via son représentant. Le parrain de la promotion y exprime une «fierté» qui l’étreint, ainsi que les enseignants et administrateurs et tuteurs du gouvernement, qui se sont investis pour que ce jour de gloire arrive. Il se réjouit de cette récompense du dévouement qui, pour lui, «rejaillit sur tout le peuple malien dont les efforts, dans une admirable abnégation, ont investi dans cette formation».  Aux nouveaux diplômés qu’il a encadrés pendant trois ans, Bomboté, comme on l’appelle familièrement, a sans doute transmis le virus du journalisme pratiqué dans les règles de l’art. «Nous nous évertuerons aussi à être rigoureux et très pointilleux car, comme vous aimez le dire, cher Papi Bomboté, «le diable est dans le détail», promettent les jeunes journalistes de la promotion par la voix de leur porte-parole, Aminata Cheick Tall.  PARCOURS EXCEPTIONNEL – De quoi encourager leur passionné de formateur qui, dès 1972, montrait son amour pour la formation, lors de son passage comme enseignant au Centre d’Études des Sciences et Techniques l’Information (CESTI) de 1980 de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Dans cette école, il a participé à la formation de plusieurs cadres et personnalités de premier plan du continent, avant de passer à l’UNESCO de 1979 à 2004 comme fonctionnaire.  Diomansi Bomboté est originaire de Logo Sabouciré, dans la Région de Kayes 9Ouest). Il a passé sa «tendre enfance, bercé par les effluves qui se dégagent de l’indolent fleuve Sénégal au mois de novembre», se souvient-il, en racontant ces moments où son village natal, est encore «embaumé par les senteurs du fleuve en décrue après l’hivernage».  Il est diplômé d’une Licence ès lettres – sociologie et d’une Licence de journalisme obtenues à Dakar en 1967 et 1968. Insatiable de connaissance, il ajoute à son parcours académique une Maîtrise en sciences de la communication (Strasbourg 1970) et un Diplôme d’études approfondies en sciences de la communication (Paris II 1975).  Sur le plan professionnel, il a servi dans les médias publics, d’abord à L’Essor puis à la Radio nationale. Le journaliste passionné a travaillé pour plusieurs titres internationaux et agences de presse dont Jeune Afrique, La Croix, Croissance des Jeunes Nations, Miroir du Football, en France avant d’être correspondant d’Associated Press (AP) à Dakar. Il a été également Conseiller spécial du Premier ministre du Mali entre 2017 et 2018 et rapporteur général du Dialogue national inclusif (DNI). En 2019, il a effectué une évaluation des médias en Côte d’Ivoire à la demande de gouvernement ivoirien via l’UNESCO.  Aux jeunes journalistes qu’il amène souvent en milieu rural, lors de sorties pédagogiques, il apprend toujours les mêmes principes cardinaux. «Le journaliste est un intermédiaire entre ce qui se produit et un public qui a le droit de savoir. Un journaliste fait son travail quand il apprend aux autres ce qui leur échappe, ce qui est méconnu ou inconnu, ce que l’on ne voudrait pas qu’ils sachent, ce qu’on leur dissimule», souligne-t-il. Attaché à ses valeurs fondatrices du métier de journaliste, il appelle les jeunes diplômés, à «l’exigence professionnelle, qui prend appui sur la conscience personnelle, est nécessairement conditionnée par l’élaboration de pratiques rigoureuses, des principes et des codes de déontologie qui nous font l’obligation de traquer les faits avérés et de les exposer avec exactitude, bref, d’agir de manière indépendante mais responsable».  Bomboté assure que l’École de journalisme tient à ce haut degré de responsabilité qui exige une maitrise exemplaire de la pratique de la profession. Et d’ajouter que le travail journalistique ne doit s’inscrire dans aucune volonté de plaire ou de nuire. «Le journaliste arbitre les faits de façon neutre», insiste le parrain qui appelle encore les jeunes fraîchement diplômés à relever le défi. Celui «de faire donc en sorte que la presse malienne ne soit pas réfractaire à la culture démocratique».  MT (AMAP) 

Stabilisation du Liptako-Gourma : Un plan d’action pour la Région de Bandiagara, dans le Centre du Mali

Bamako, 27 juin (AMAP) La première réunion du Comité national de pilotage de la Facilité de stabilisation de la région du Liptako-Gourma Fenêtre du Mali a discuté du plan de travail de la mise en œuvre du projet, jeudi, à l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Beye (EMP-ABB), a constaté l’AMAP. Des consultations ont abouti à l’élaboration de ce Plan d’action conjoint couvrant cinq communes de la localité (Bandiagara, Pignari-Bana, Doucoumbo, Dandoli et Dourou). Il vise des activités dans le cadre de la sécurité et du retour de l’Etat, la mise à disposition d’infrastructures de services sociaux. Sans oublier le renforcement des moyens de subsistance pour relancer l’économie locale, ainsi que la cohésion sociale et la mise en place du mécanisme de gestion de la Facilité. Le projet permettra notamment l’amélioration de la sécurité et de la présence de l’Etat, la disponibilité des moyens de subsistance pour toutes les populations cibles, le renforcement de la cohésion sociale et de la paix dans les zones ciblées. Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga, qui a présidé la session, a réitéré « l’intérêt que portent les autorités du Mali à la stabilisation du pays et, particulièrement, les régions frontalières du Liptako-Gourma ». Il a rappelé que « les départements ministériels impliqués, les partenaires au développement et les autorités régionales se sont investis pour poser les jalons majeurs de la mise en œuvre de ce projet de stabilisation ». Ces efforts communs ont permis, très tôt, de définir de façon coordonnée les zones d’intervention du projet de facilité de stabilisation, couvrant les Régions de Bandiagara, Douentza, Mopti, (Centre), Gao, Ménaka et Tombouctou (Nord).  Le ministre Maïga a apprécié l’expertise opérationnelle et programmatique du PNUD qui, en rapport avec le Comité d’experts et les autorités régionales, a enclenché des actions sur le terrain à Bandiagara et réalisé des diagnostics qui ont permis de disposer : de plans d’actions conjoints dans la Région de Bandiagara, d’un aperçu global de la situation sécuritaire et d’en mesurer l’impact sur la mise en œuvre du projet et d’un Plan annuel de travail. Au regard de ces avancées, le colonel Abdoulaye Maïga a réaffirmé « la détermination de (son) département à œuvrer, en rapport avec toutes les parties prenantes, pour la réussite de la Facilité de stabilisation au Mali. Cette facilité qui vient s’ajouter aux actions du Cadre politique de gestion de la crise du centre, expression de la ferme volonté de l’Etat de développer une approche holistique de la stabilisation du pays ». Le représentant des bailleurs de la Facilité au Mali, par ailleurs, ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Mali, Dietrich Pohl, a rappelé l’importance de combler le vide sécuritaire dans la Région du Liptako-Gourma. Pour cela, Il a préconisé  des « mesures qui doivent être conçues et mises en œuvre avec un certain sens de la patience stratégique ». Le diplomate allemand a indiqué qu’avec des mesures ciblées, ils veulent stabiliser et renforcer les capacités des structures étatiques locales. Ainsi, elles seront en mesure d’étendre leur présence sur le terrain et d’assurer les services sociaux de base pour les populations locales. « Ceci contribuera, de façon durable, à la stabilité de la région dans son intégralité », a-t-il assuré. La rencontre s’est déroulée en présence du représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Mali, Jo Scheuer et de nombreuses autres personnalités.  JKD/MD (AMAP)  

Société : Les veuves, un quotidien difficile

Par Baya TRAORE Bamako, 17 juin (AMAP) «Depuis la mort de mon mari, il y a plus de 20 ans, je m’occupe seule de mes 5 enfants, dont deux handicapés. Étant la cheffe de famille, je devais prendre en charge les frais de loyer, de nourriture et de santé de mes enfants.», se souvient Aïssata Diaby, veuve et vice-présidente de l’association Benkadi des veuves de Sébénicoro, un quartier de Bamako.  « Pour subvenir à ces dépenses, j’ai travaillé durement pour prendre en charge ma famille. Ces années d’activités m’ont rendue malade. Cela a joué sur l’éducation de mes enfants», regrette-t-elle. Ces difficultés d’Aïssata Diaby sont le vécu d’un grand nombre de veuves dont certaines, à l’occasion de la Journée internationale dédiée à cette couche vulnérable, nous ont raconté leur quotidien.  Sitan Diallo, présidente de l’association Benkadi qui compte beaucoup de veuves, témoigne dans ce sens. Elle soutient que beaucoup de veuves vivent les mêmes difficultés que notre interlocutrice Aïssata. Sitan Diallo explique que son association fabriquait du savon pour subvenir aux besoins de ses adhérentes grâce à un appui matériel d’une ONG de charité. « Il y a trois ans, poursuit-elle, cette activité a pris fin à cause des coûts élevés des matières premières. Elle a également apprecié appui de l’ONG pour le parrainage de certains de leurs enfants âgés de 0 à 10 ans. Ceux-ci bénéficient de la somme de 50.000 Fcfa par trimestre pour contribuer à leur éducation et la prise en charge de leurs besoins. Actuellement, l’association Benkadi connaît beaucoup de difficultés parce que les appuis multiformes en sa faveur ont  diminué  ou  carrément cessé dans certains cas.  La perte d’un conjoint est un véritable chemin de croix pour chaque femme et foyer conjugal. « Les conséquences, avance une veuve, sont notamment la perte des droits d’héritage, l’expulsion du foyer et le manque de soutien. Les veuves, parfois abandonnées et laissées à leur propre sort, doivent se battre au quotidien pour survivre, accentuant leur vulnérabilité ».  Consciente des difficultés que connaissent les veuves, l’Organisation des Nations unies (ONU) a décidé de dédier le 23 juin de chaque année à la sensibilisation contre la marginalisation de cette couche vulnérable. Mouneïssa Tangara, vendeuse ambulante d’eau et d’arachide au rond-point de Kalaban Koro à Bamako, est en quête de clients. Elle salue cette initiative de la communauté internationale.  Mouneïssa  explique qu’après le décès de son époux il y a 5 ans, ses six enfants et elles ont été mis à la porte. «Ma belle famille a demandé à ce que je me remarie avec mon beau frère. J’ai refusé et mes beaux-parents m’ont demandé de quitter mon foyer avec mes enfants. Je ne pouvais pas épouser un homme qui ne s’entendait pas avec mon mari», se défend Mouneïssa qui habite seule avec ses enfants à Sabalibougou, dans une maison de bric et de broc qui lui coûte 15.000 Fcfa par mois. Le gouvernement malien est aussi préoccupé par le cas des veuves et notamment celles des militaires morts sur les théâtres d’opération. A leur intention, les autorités ont adopté l’ordonnance n°2022-013/PT-RM du 01 avril 2022, portant modification de l’ordonnance n°2016-020 /P-RM du 18 août 2016 modifiée portant Statut général des militaires. Ainsi l’ordonnance n°2022-013/PT-RM du 01 avril 2022 en son article 25 stipule que « la famille de tout militaire décédé sur le théâtre d’opération a droit à une indemnité forfaitaire égale à 10 ans de salaires calculé sur la base de l’indice maximal du grade immédiatement supérieur ». Ouleymatou et ses enfants sont assis dans la cour de leur maison à Yirimadio Zerni, en train de jouer à la belote. Cette veuve de militaire âgée de 37 ans a perdu son mari sur le front il y a trois ans. Elle a reçu les droits de son époux. Sur ces droits, Ouleymatou a acheté la maison dans laquelle elle habite avec ses enfants. «Je sais que l’argent ne va pas me ramener mon mari, mais il va aider mes enfants et moi à l’avenir», dit-elle, résignée.  Rokia Diarassouba, une jeune veuve habitant Niamakoro, attend de recevoir les droits de son époux mort lui, aussi, au front, il y a quelques mois. Son défunt mari lui a laissé un enfant âgé d’un an et demi. Le retard dans l’obtention des droits des militaires décédés au front peut aussi être dû au temps de traitement des dossiers qui ne relèvent pas des compétences du service social des Armées. Concernant les dons destinés aux veuves des militaires, la Direction du service social des Armées explique qu’ils sont distribués en fonction de critères qui privilégient les veuves qui sont dans le grand besoin.  Mme Dembélé Oulématou Sow, présidente de la coordination des associations et ONG féminines (CAFO) explique que son organisation apporte des appuis multiformes aux veuves. Ces actions sont, entre autres, le renforcement de leurs capacités pour la résilience (leadership, formation aux métiers, droits des femmes, entreprenariat, management et gestion d’Activités génératrices de revenus…) Des aides humanitaires en vivres et non vivres, notamment pendant les fêtes religieuses sont apportées aux veuves. Mme Dembélé Oulématou Sow plaide pour l’élaboration d’une stratégie spécifique de prise en charge des veuves.  BT/MD (AMAP)

Région de Kayes (Ouest du Mali) : Flambée des prix de l’engrais non subventionné

Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 27 juin (AMAP) Dans la Région de Kayes (Ouest), la problématique de l’accès aux intrants agricoles plonge les producteurs dans l’inquiétude. Les paysans attendent avec impatience les engrais qui sont subventionnés par l’Etat. Alors que sur le marché, on assiste à une flambée des prix des produits non subventionnés. Certains commerçants abusent souvent de la naïveté des clients en proposant leurs marchandises à des coûts très élevés. Il faut user de l’art de la négociation ou de la persuasion pour espérer obtenir ces produits à moindre coût. Actuellement, le prix d’un sac de 50 kg d’engrais coûte 40.000 Fcfa dans certains points de vente de la Cité des rails (Kayes). Mais, d’autres engrais sont écoulés à un prix inférieur ou égal à 25.000 Fcfa dans la cité et dans certaines localités de la région. Au grand marché de Kayes, le commerçant Bakary Boundy soutient que les engrais sont chers cette année. Il vend le sac de 50 kg d’urée à 40.000 Fcfa. Pour avoir la même quantité de complexe céréales, il faut débourser 35.000 Fcfa contre 15.400 Fcfa l’an dernier et le kilo est cédé à 500 Fcfa. Ce commerçant vend une autre variété d’intrants agricoles, appelée « Complexe 17 17 17 », produite par Boubacar Sow. Le sac de 50 kg de cette variété est cédé à 35.000 Fcfa. Bien que le marchand reconnaisse la cherté des prix, il ne peut cependant donner aucune explication à sa clientèle sur la question. Selon lui, seuls les fournisseurs peuvent éclairer les producteurs sur cette flambée soudaine des prix. Par ailleurs, il déplore la lenteur dans la livraison des intrants agricoles subventionnés. Or, les producteurs en ont urgemment besoin en cette période de semis. Selon le directeur régional de l’Agriculture de Kayes, Ousmane Camara, le producteur doit débourser 31.875 Fcfa pour un sac de 50 kg d’urée, 40.500 Fcfa pour le DAP, 30.625 Fcfa pour le complexe céréales « NPK » et 3.000 Fcfa le kg de semence de maïs hybride. Il précise que les trois premiers engrais (urée, DAP et complexe céréales NPK) sont subventionnés par l’Etat à hauteur de 12.500 Fcfa, l’engrais organique à 2.500 Fcfa et la semence de maïs hybride à 1.500 Fcfa. La gamme des engrais organiques industriels est estimée à 5.500 Fcfa le sac. La direction régionale de l’Agriculture a fait diffuser des communiqués à la radio pour informer la population sur les prix standards. Le directeur Ousmane Camara est aussi intervenu sur les ondes de la station régionale de l’ORTM pour informer et sensibiliser les citoyens afin d’éviter la hausse des prix. S’agissant des engrais subventionnés, Ousmane Camara a expliqué que ses services avaient invité les producteurs à se faire inscrire, tout en donnant des informations sur leurs parcelles, au niveau des mairies. « Il n’y a pas de problème avec les engrais subventionnés. Seulement, le stock couvre à peine les 10% de nos besoins », a souligné le directeur régional. Contrairement à l’année dernière, les besoins de la Région de Kayes sont estimés à 1.368 tonnes en 2022 contre 1.336 en 2021. La région attend 91 tonnes d’urée cette année contre 311, 10 tonnes de DAP contre 23 tonnes, 34 tonnes de NPK contre 419. La part des engrais organiques industriels est très importante cette année. Les besoins sont de l’ordre de 1.242 tonnes contre 98 tonnes en 2021. Les engrais organiques industriels sont moins chers. Le directeur relève une insuffisance dans le suivi des marchés, en raison de cette période de crise et de libéralisme économique. L’encadrement technique encourage beaucoup l’utilisation des engrais organiques industriels qui favorisent la fertilisation des sols et l’accroissement de la production. Ces derniers sont produits localement contrairement aux engrais chimiques qui proviennent essentiellement d’Ukraine et de Russie. Le conflit entre ces deux grands producteurs a provoqué un renchérissement des prix de ces produits sur les marchés nationaux et internationaux.  BMS/MD (AMAP) 

Interêt croissant pour la production de melon et de pastèque au Mali

Par Kadiatou OUATTARA Bamako, 27 juin (AMAP) Salla, village situé à environ 13 km de Bamako, la capitale du Mali. Cette bourgade, de plus en plus célèbre, relève de la Région de Koulikoro. Entourée de villages abritant des unités industrielles, des auberges, des champs, elle draine des foules de visiteurs depuis quelques temps. Hommes d’affaires de premier plan, médias, politiques… y défilent souvent. Motif : visiter les champs de pastèque et de melon du richissime homme d’affaire malien, Ibrahim Diawara. Le patron de la société d’un groupe spécialisé dans l’agro-business, y possède cinq hectares : un destiné à la culture du melon et les quatre autres consacrés à celle de la pastèque. Issu de la famille des Curcubitacées, le melon, nom scientifique «Cucumis mélo », est de deux types repartis entre plusieurs variétés. Celles rencontrées sur le marché malien, ont la peau colorée et l’intérieur est orange (Cantaloup charentais) ou la peau colorée et l’intérieur est vert (Galia), les premiers sur le marché national avant l’indépendance. Puis vient le jaune canari (à la peau jaune et la chair blanche (Moussa melon) qui a été introduit par l’ancien président de la République, feu Moussa Traoré.  De la même famille que le melon, la pastèque ou «Citrulus vulgaris» est, également, de deux types avec une diversité de variétés. Celle à la chair rouge avec plusieurs variétés (Charleston gray, Sagar baby, Kaolac, Crimson sweet) est la plus répandue sur le marché malien. Jadis saisonniers, ces deux produits sont maintenant disponibles presque toute l’année dans les rayons de supermarchés locaux, les coins de rues et le long des grandes artères. Accusés à tort ou à raison d’avoir une propension à vendre cher, leurs vendeurs font croire aux clients qu’ils sont importés du Maroc. Peut-être une manière de justifier le prix onéreux qu’ils imposent à la clientèle. «En réalité, la plupart sont cultivés au Mali notamment dans la périphérie de Bamako pour le melon et dans la zone de Barouéli pour la pastèque, précisément à Sanankoroba (Près de Bamako), Ségou, Bla, (Centre), Sikasso (Sud), Samé, Diéma (Ouest)», confirme Dr Aminata Dolo Nantoumé, spécialiste au programme fruits et légumes du Centre régional de recherche agronomie (CRRA) de l’Institut d’économie rurale (IER), basé à Sotuba. La société de M. Diawara a décidé d’investir dans ce «secteur très rentable», afin de booster davantage la production nationale. Le promoteur, l’opérateur économique, lui-même, pilote le projet de la filiale «Diazon». Il tend à devenir l’un des grands producteurs de ces fruits notamment hors saison habituelle de production. Pourquoi ce choix ? MICRO-IRRIGATION – «Je suis un grand amateur de la pastèque. Un jour, une dame a voulu me vendre le kg à 7 000 Fcfa, prétextant que les pastèques provenaient du Maroc. Je me suis alors demandé comment parcourir 4 000 km pour venir nous vendre ici des fruits constitués à 90% d’eau. C’est à partir de ce jour que j’ai décidé de m’engager dans la culture de la pastèque», explique Ibrahima Diawara. Pour y arriver, l’opérateur économique jette son dévolu sur une technique appelée micro-irrigation ou la méthode «goutte à goutte». Elle consiste à diluer de l’engrais dans une machine contenant de l’eau pour ensuite l’évacuer goutte à goutte au pied des végétaux, soit 1,5 litre d’eau par heure. Selon lui, cette technique est la meilleure parce qu’elle permet d’économiser en engrais et en eau, tout en assurant une bonne récolte.  Grâce à cette technique, Ibrahima Diawara a eu 41 600 melons sur un total de 10.400 pieds plantés, chaque pied donnant quatre fruits. Avec 6 250 pieds de pastèques par hectare, notre interlocuteur assure avoir obtenu une production de 86 200 kg, soit un total de 344 800 kg pour les quatre hectares. Ce qui lui a permis de vendre le kilo du melon à 500 Fcfa, contre 350 Fcfa pour la pastèque. « En principe, il faut deux mois et 15 jours au melon et à la pastèque pour atteindre la maturité. 48 jours pour le cycle végétatif et 25 jours pour la récolte », explique celui qui dit se faire le devoir de mobiliser tous les opérateurs économiques du Mali pour qu’ils s’engagent dans ces productions «économiquement très rentables». Sans préciser combien sa production lui a apporté, M. Diawara se dit disponible à accompagner gratuitement, en termes d’appui conseil et technique, ceux qui veulent se lancer dans le domaine.  Fournisseur d’intrants au sein de l’entreprise sémencière Technisem, Bablé Diarra. confie que les semences de ces fruits sont importées d’Europe et du Maghreb. Selon lui, le sachet de 100g du «melon charentais» coûte 6 870 Fcfa contre 11.740 Fcfa pour 500g de la «pastèque kayak». Parlant des difficultés liées à la culture de ces fruits, Dr Aminata Dolo Nantoumé, évoque la non maîtrise de l’itinéraire technique, les problèmes de conservation, de commercialisation et une multitude de parasites et de maladies qui peuvent attaquer les fruits.  Par ailleurs, Dr Aminata Dolo Nantoumé explique que la culture du melon se fait en plein champs, en saison sèche et fraiche. Elle exige des températures diurnes assez élevées ainsi qu’un bon ensoleillement. Ce fruit succulent supporte moins les températures nocturnes élevées, une forte humidité de l’air et un temps couvert. «L’hivernage provoque donc des baisses de qualité et de rendement», conclut-elle. KO/MD (AMAP)

Coupe du Mali de football : Le Djoliba s’impose, 13 ans après 

Bamako, 25 juin (AMAP) Le Djoliba Athletic Club (DAC)  de Bamako a remporté la 61è édition de la Coupe du Mali de football en battant le Réal (2-0), samedi après-midi, au stade Modibo Keïta. Le DAC met fin à 13 ans de disette dans une compétition où son dernier sacre remonte à 2009 à Ségou (Centre) contre le Stade malien (1-0). L’attaquant Ousmane Coulibaly (38è min s.p.) et Hamidou Sinayoko (87è min) ont permis aux Rouges de décrocher leur 20è trophée du Coupe du Mali, à une unité désormais du Stade malien (21 trophées), vainqueur de la précédente édition. En remportant la Coupe du Mali, l’équipe du Complexe sportif Karounga Keïta empoche 10 millions de Fcfa contre 5 millions de Fcfa pour le finaliste perdant et 500. 000 Fcfa pour le meilleur joueur de la finale,  Aboubacar Diarra  « Senior ».  Leader du championnat national, le Djoliba est en route pour le doublé Coupe-Championnat. En cas de doublé du Djoliba, le Réal représentera le Mali à la Coupe de la Confédération de CAF 2022-2023. La finale a été présidée par le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, en présence de plusieurs membres du gouvernement. LMD/MD (AMAP)

Centre du Mali : L’Armée neutralise une soixantaine de terroristes dans le secteur de Diallassagou (Communiqué)

Bamako, 25 juin (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé une soixantaine de terroristes dont des responsables, lors d’un ratissage dans le secteur de Diallassagou, près de Bandiagara, dans le Centre du Mali. a annoncé l’état-major général des Armées dans un communiqué publié vendredi 24 juin 2022. « Le bilan des opérations menées dans la forêt de Sama – Sosso dans la zone de Ouenkoro a fait état de 59 djihadistes neutralisés dont des responsables et sept véhicules détruits », précise le communiqué. Il s’agit, notamment, de Djibril Sangaré, du village de Ouenkoro, Hamidou Barry,  du village de Mondoro, Abou Youssouf dit Bodédjo, Imam Hassane Dicko et Moctar Dicko de nationalité étrangère.  En plus, « deux terroristes guetteurs ont été neutralisés et leurs matériels récupérés dans la zone Mondoro », lors de ces ces opérations dont les priorités ont été orientées sur la stabilisation du secteur de Diallassagou, suite à l’attaque terroriste contre les populations dans la nuit du 18 au 19 juin 2022, explique l’état-major général. Il indique, aussi, que la dynamique offensive des FAMa se poursuit pour rechercher et détruire les sanctuaires terroristes dans le cadre du plan Maliko et de l’opération Kèlètigui. Ainsi, depuis le dernier communiqué hebdomadaire du 11 juin 2022, « les FAMa ont consolidé les succès tactiques avec des actions majeures contre des terroristes, de plus en plus fébriles et orientant désormais leurs actions désespérées et pressions sur les paisibles populations civiles ». Sur le théâtre Centre de l’opération Maliko, dans les régions de Koutiala, Bougouni, Sikasso (Sud) et Nara  (Ouest), les reconnaissances offensives de sécurisation de la campagne agricole ont permis « d’interpeler 08 suspects terroristes mis à la disposition de la prévôté », dit le cmmuniqué. La même source ajoute que sur le théâtre Est de l’opération Maliko, les priorités opérationnelles ont porté sur la consolidation des positions FAMa, notamment à Ménaka (Nord-Est). Ce, à travers «des vols de réassurance des populations dans les secteurs de Fafa, Djebock, Imenas et In-Ekar dans la Région de Gao. (Nord) Par ailleurs, en soutien aux populations, les FAMa ont transporté 177 tonnes de vivres aux populations de Farabougou, escorté 150 camions civils sur le tronçon Gao- Labbezanga-Gao, distribué aux populations martyrs de Diallassagou 10 tonnes de vivres. Elle ont aussi aidé à l’acheminement de 50 tonnes de vivres au profit des populations de Mondoro, ajoute le document. L’état-major général des Armées « appelle à la vigilance des populations dont la protection et la sécurité restent la priorité et. cela, conformément au respect des droits de l’Homme et du Droit international humanitaire ». AT/MD (AMAP)

Le médiateur de la CEDEAO constate les progrès de la Transition au Mali 

Bamako, 24 juin (AMAP) Le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour le Mali, l’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan, s’est dit « heureux » de constater les progrès effectués par le gouvernement malien sous l’autorité du président de la Transition.  Goodluck Jonathan, en mission au Mali, du jeudi au vendredi, s’est, également, dit « convaincu » que « très bientôt, les populations maliennes se rendront compte du travail abattu par la Transition pour atteindre ce niveau de progrès réalisé dans sa marche ». Au cours de son séjour, le médiateur de la CEDEAO s’est entretenu, vendredi, avec le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, au Palais de Koulouba. Au terme de la rencontre il a déclaré que sa mission visait à suivre tout ce qui a été entrepris dès le départ afin d’aider le Mali à sortir de la situation dans laquelle il se trouve. « Nous savons que c’est une crise qui frappe non seulement le Mali, mais également les pays de la sous-région et de l’Afrique de l’Est », a relevé le médiateur ouest-africain Au cours de la rencontre, Goodluck Jonathan a présenté ses condoléances au peuple et au gouvernement du Mali suite aux récents événements tragiques ayant causé la mort de plus de 100 civils dans des localités le Centre du pays.  Cette rencontre a enregistré la présence de plusieurs membres du gouvernement et du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Mali, par ailleurs chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), El-Ghassim Wane.    BD/MD (AMAP) 

Sikasso : Lancement du projet media citoyens pour la paix

Sikasso, 24 juin (AMAP) Le préfet du cercle, Dramane Diakité a présidé mercredi à Sikasso, la cérémonie de lancement du projet média citoyens pour la paix et le vivre ensemble (Benkunko), initié par le consortium : le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-terre solidaire), la migration-citoyenneté-développement (GRDR) et l’ONG Azhar, a constaté l’AMAP. C’était en présence des représentants du coordinateur régional de l’Union des radios et télévisions libres (URTEL) de Sikasso, Lassine Doumbia, de l’ONG Azhar, Issa A. Coulibaly, du coordinateur des chefs de quartiers de Sikasso, Sidiki Diawara, de nombreux hommes de médias et des membres de la société civile. L’objectif de la rencontre était de « contribuer au renforcement de la paix et de la cohésion sociale au Mali à travers la participation citoyenne des organisations de la société civile et la professionnalisation des hommes de médias », Pour un coût total d’environ 690 000 000 de Francs CFA, ce projet d’une durée de trois ans couvrira les régions de Sikasso, Kayes, Nioro du sahel et les six communes du district de Bamako. Ledit projet ciblera les acteurs des medias, la société civile et les collectivités locales. Le chef de l’exécutif local a saisi l’occasion pour déclarer que ce projet entend créer les conditions favorables à l’émergence des médias dans le cadre de la production des informations citoyennes, la promotion du vivre-ensemble et de la cohésion sociale. « La professionnalisation des hommes de médias revêt d’une importance particulière pour la communauté », a-t-il souligné avant de rappeler que les médias jouent un rôle très important dans la stabilisation du pays. Dramane Diakité a par ailleurs souligné que les hommes de médias peuvent être des catalyseurs de paix, de vivre-ensemble et d’apaisement s’ils sont bien formés. Mais mal formés, ces mêmes hommes de médias peuvent être à l’origine des conflits et des troubles. A cet effet, le préfet du cercle de Sikasso a salué la bonne initiative des organisateurs avant d’inviter les participants à suivre avec intérêt la présente rencontre. « Si la maitrise de la communication constitue un pan important de la gestion des crises, le renforcement de capacité des acteurs de médias, de la société civile et autres communicateurs demeure une nécessité au Mali », a détaillé le représentant de l’ONG azhar, Issa A. Coulibaly. Il a par ailleurs, salué les efforts des médias et de la société civile dans le cadre de la promotion de la démocratie et de la restauration de l’Etat de droit au cours des trente dernières années. Pour sa part, le représentant du coordinateur de l’URTEL de Sikasso, Lassine Doumbia s’est réjoui du choix porté sur la 3ème région pour la tenue de la rencontre. Il a réitéré l’engagement des radios dans le cadre de la diffusion des informations précises et fiables avant de remercier les initiateurs du projet. La mise en place du comité régional d’orientation dudit projet a constitué le clou de l’évènement.  MD/KM (AMAP)