Campagne agricole au Mali : Une situation globale en dents de scie

Par Makan SISSOKO Bamako, 13 sept (AMAP) La campagne agricole bat son plein sur l’ensemble du territoire malien. La bonne santé des cultures est indispensable dans l’atteinte des objectifs de production agricole. Au regard de l’importance du secteur agricole pour l’économie nationale, les services techniques d’encadrement de l’agriculture et de la protection des végétaux sont à pied d’œuvre aux côtés des producteurs pour limiter les dégâts des inondations et des nuisibles. À ce stade, la situation phytosanitaire de la campagne est jugée relativement calme dans l’ensemble, dans les différents bassins de production et l’état végétatif des cultures est satisfaisant. Malgré ces appréciations des techniciens de l’agriculture, les producteurs gardent toujours en souvenir les attaques des parasites lors de la campagne précédente. L’on se rappelle que ce contre coup a affecté la production végétale. L’inquiétude des paysans est montée d’un cran face à la réapparition de ces ravageurs malgré la disponibilité des produits dont la qualité est diversement appréciée. Noumou Keïta, un producteur de la zone de Kita (Ouest), cultive notamment du riz, du maïs, du mil, du sorgho, du coton, de l’arachide et de la patate douce sur environ 102 hectares de champs dans les différentes agglomérations de sa zone. Contacté par téléphone, il explique que la campagne se déroule normalement dans sa localité malgré quelques infestations sur les cultures et des cas d’inondations sur les cultures de maïs, de coton et d’arachide qui vont certainement affecter les rendements. Ces cultures de choix de la zone supportent difficilement l’humidité contrairement au sorgho et au riz. Aussi, après plusieurs traitements, le producteur n’arrive toujours pas à se défaire des nuisibles. « Cette année, les produits qui sont mis à notre disposition ne sont pas aussi efficaces pour lutter contre les ravageurs. Après plusieurs traitements, les parasites sont toujours présents sur le cotonnier et sur d’autres cultures maraîchères », explique Noumou Keïta. Les nuisibles ont globalement causé des dégâts sur ses exploitations d’environ 16 hectares. Cette situation donne des soucis au producteur qui commence déjà à se préoccuper pour sa production qui pourrait chuter cette année. Hormis ces difficultés, il juge qu’à ce stade, l’état végétatif des cultures s’est beaucoup amélioré contrairement à l’année précédente. Par ailleurs, Noumou Keïta regrette de ne pas avoir accès aux produits utilisés l’année dernière contre les jassides. Il réclame ces produits qui ont permis, selon lui, de sauver sa production lors de la campagne dernière. Face à cette situation, il exprime son souci sur sa capacité à pouvoir rembourser les dettes contractées qui lui ont permis de s’assurer les services de main-d’œuvre et d’acquérir des intrants agricoles pour cette campagne. DIFFICULTÉS IDENTIQUES – Selon nos informations, ces pesticides qui ont produit un effet foudroyant sur les jassides, ont été conseillés par le programme coton dans l’ensemble des pays producteurs de la plante de l’Afrique. Toutefois, des préoccupations d’ordre environnemental et sanitaire ont été posées. Raison pour laquelle, l’utilisation de ces produits a été interdite au Mali, en attendant la finalisation de son processus d’homologation en cours pour confirmer leur efficacité et leur non toxicité pour l’environnement et pour les personnes. Modibo Camara est le président de la Fédération des producteurs de coton de la Région de Kita. Il possède 20 hectares de coton sur une exploitation globale de 60 hectares et espère un bon rendement cette année. Mais, la présence des nuisibles et l’inondation des cultures suite à l’abondance des pluies sont aussi des difficultés qui affectent ses cultures. La zone est également confrontée à la mise à disposition à temps des intrants agricoles. « À cette étape de la campagne, le cotonnier est très sensible aux attaques des parasites. Les insectes piqueurs sucent la sève des plantes provoquant l’arrêt de leur croissance. Cela peut réduire considérablement la qualité de la production », dit le producteur dont le désarroi est palpable. « L’efficacité des produits phytosanitaires diffère selon les zones agro-écologiques », croit savoir le président des producteurs de coton de Kita. Contrairement à Noumou Kéita, il affirme que les produits disponibles pour cette campagne se montrent efficaces dans le traitement de ses champs. Il espère de ce fait rattraper les pertes enregistrées l’année dernière, à cause des attaques des jassides. Il souhaite que la recherche agricole trouvera une alternative de traitement plus efficaces dans la lutte contre les ravageurs afin de tirer le maximum de profits des productions. Ces mêmes difficultés sont vécues par les producteurs de la Région de Koutiala (Sud). Dans ces localités visitées le mois dernier, les producteurs étaient confrontés, entre autres, aux problèmes de qualité des engrais, à l’inondation des cultures ainsi que l’apparition des jassides sur le cotonnier. Au rythme où se déroule la campagne agricole avec des orages abondants sur l’ensemble du pays, il n’est plus étonnant que toutes les zones de culture connaissent les mêmes inquiétudes quant aux prochaines récoltes au regard des cas d’inondations, d’attaques de nuisibles et d’insuffisance d’engrais minéraux. BIOPESTICIDES CONSEILLÉS – Interrogé sur la question, le directeur général de l’Office de protection des végétaux (OPV) explique que, de façon globale, la situation phytosanitaire de la campagne est relativement calme dans l’ensemble. Toutefois, Halidou Mohomodou rassure qu’à ce stade, les jassides sur le cotonnier et les nuisibles sur les cultures céréalières et maraîchères sont maîtrisés avec les différents programmes de traitement en cours. Par ailleurs, il indique que la chenille légionnaire d’automne est la principale préoccupation qui cause énormément de pertes avec des attaques sur le maïs. Fort heureusement, à ce jour, le pays ne connaît pas de nuisibles susceptibles de causer des pertes significatives sur la production agricole, rassure le directeur général de l’OPV. «Malgré les attaques en dents de scie, il faut souligner que le niveau de la pluviométrie joue beaucoup sur le développement des ravageurs. Là où il y a eu des infestations, des traitements ont été conseillés aux producteurs », affirme-t-il. « Il leur a été demandé de faire remonter toutes les informations relatives aux infestations aux services de la protection des végétaux et aux services régionaux et locaux de l’agriculture», ajoute-t-il.

Filiale sud de la CMDT : Une campagne agricole sous pression, mais pleine d’espoir

Envoyé spécial Amadou GUÉGUÉRÉ Sikasso, 10 sept (AMAP) Le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, a sillonné, du 6 au 8 septembre dernier, la filiale sud (Sikasso et Bougouni) de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT). Une tournée qui lui a permis d’être en contact avec les exploitants agricoles et d’apprécier, à travers des visites de champs, l’état végétatif des cultures. Il a aussi rencontré, samedi dernier, dans un hôtel de Sikasso, les cadres de la CMDT, les services techniques en charge des productions agricoles, ainsi que les représentants de la profession agricole. Lors de cette rencontre, les participants ont évoqué, entre autres, les difficultés liées à l’accès aux ressources financières, l’insuffisance d’engrais, notamment pour les céréales, le problème d’approvisionnement en eau pour les activités de contre-saison. Ils ont également souligné le manque d’équipements, parfois non adaptés et l’absence de collaboration entre les différents acteurs. La campagne agricole 2024-2025 de la filiale sud de la CMDT a démarré dans un contexte difficile en raison des conditions pluviométriques. L’administrateur général de la filiale sud de la CMDT, Mamari Berthé, a expliqué que cette situation a perturbé les semis, notamment dans la division de Bougouni. Au 30 juin, 263.029 hectares avaient été cultivés, soit 82,97% des prévisions. Et grâce à la mobilisation des producteurs et à l’encadrement fourni, les objectifs ont presque été atteints avec 307.475 hectares de coton (97%), 295.973 hectares de maïs (105%), 76.737 hectares de mil (106%) et 109.015 hectares de sorgho (84%). Malgré ces progrès, l’approvisionnement en intrants agricoles a également été affecté par des livraisons tardives. La filiale a reçu 95% des besoins en complexe coton, 99,99% pour le complexe céréale, et 102% pour l’urée, bien qu’une grande partie soit arrivée après les délais requis. Le traitement insecticide a couvert 45% des surfaces de coton, traitées quatre fois, tandis que 9% ont bénéficié de cinq traitements. Cependant, deux facteurs pourraient compromettre la campagne. Le premier est lié aux pluies excessives enregistrées depuis le 10 août, dépassant souvent 120 mm par jour, provoquant des inondations dans les champs. À la fin du mois d’août, 4.789 hectares de coton, 1.125 hectares de maïs, 262 hectares de mil et 323 hectares de sorgho étaient inondés. Le second facteur est l’apparition d’un pic de jassides, particulièrement dans les zones de Kignan, Nièna et Sikasso, contre lequel des mesures sont déployées. Malgré ces défis, Mamari Berthé reste optimiste et espère une production de 293.500 tonnes de coton graine, contre 248.360 tonnes l’année dernière et une auto-suffisance alimentaire avec un excédent estimé à 433.151 tonnes. Le ministre de l’Agriculture s’est montré optimiste face aux préoccupations soulevées par les producteurs agricoles, tout en reconnaissant que tout ne peut être résolu à 100%. Daniel Siméon Kelema a souligné que la mise en œuvre d’une campagne agricole comporte toujours des hauts et des bas, et qu’il est essentiel d’en tirer des leçons. Il a également appelé à la solidarité nationale envers les victimes des récentes inondations. En outre, le chef du département en charge de l’Agriculture a mis en garde les producteurs contre les conditions météorologiques exceptionnelles cette année. Contrairement aux années précédentes, où les pluies s’estompaient fin septembre, des pluies intenses sont prévues jusqu’en novembre, avec des périodes de sécheresse, variant selon les zones agroécologiques. Il a exhorté les producteurs à rester vigilants. Daniel Siméon Kelema a insisté sur la nécessité d’organiser les filières agricoles, de la production à la commercialisation. Il a suggéré que chaque maillon de la chaîne soit structuré, comme cela est fait pour le coton, afin d’attirer davantage d’investisseurs dans le secteur. Le président directeur général de la CMDT a insisté sur l’importance de suivre rigoureusement les calendriers de traitement et d’utiliser des produits adaptés pour garantir une bonne récolte de coton. Mamadou Moustapha Diarra a exprimé que si ces pratiques sont respectées, la récolte de coton sera satisfaisante. Il a aussi souligné l’importance de la diversification des cultures, notamment pour assurer la sécurité alimentaire. À ce propos, il a rappelé que sa structure soutient partiellement l’approvisionnement en intrants pour la culture du maïs. Le patron de la CMDT est revenu sur l’importance de récolter le coton à temps pour éviter que les pluies dégradent sa qualité, car un coton de première qualité est mieux payé qu’un coton déclassé. Le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Sanoussi Bouya Sylla, et le président de la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de Coton (C-SCPC), Yacouba Traoré ont participé à cette mission. AG/MD (AMAP)  

Mise en œuvre des chantiers de l’Union : La Commission de l’UEMOA renforce les capacités de plus d’une quarantaine de Média

Aminata Dindi Sissoko Envoyé spéciale Ouagadoudou, 10 sept (AMAP) Une session d’information et de sensibilisation regroupe, depuis lundi à Ouagadougou, au Burkina Faso, plus d’une quarantaine de journalistes des Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le Mali est représenté par cinq de ses journalistes à cette rencontre organisée par la Direction de la communication de la Commission de l’UEMOA. La cérémonie d’ouverture de la session s’est tenue dans un hôtel de la capitale burkinabè, sous la présidence de la conseillère technique du Président de la commission de l’UEMOA, Mme Aminata Mbodj. Elle avait à ses côtés, le Directeur de la communication de la Commission de l’UEMOA, Arzouma Yendu-Bé Babakan et le coordonnateur de la Plateforme Media UEMOA, Léonard Dossou. L’UEMOA célèbre, depuis le 10 janvier 2024, le 30e anniversaire de sa création sous le thème « UEMOA 30 ans : une expérience d’intégration résiliente face aux chocs exogènes ». Cette session intervient dans ce contexte précis. Elle fait suite à celle de Saly l’année dernière portant sur les enjeux de la conjoncture économique. L’objectif est de partager et échanger avec les journalistes des informations sur la mise en œuvre des chantiers de l’Union. « Il s’agira, notamment, de partager les acquis au cours des 30 années d’existence de l’UEMOA, les activités majeures du Cadre d’Actions Prioritaires de la Commission pour la période 2021-2024 (CAP 2025) dont les actions phares ont fait l’objet de votre session de 2022 ici même à Ouagadougou et les initiatives en cours au sein de l’Union » a précisé Mme Aminata Mbodj. Elle a salué les efforts constants des différents organes de presse et renouvelé les remerciements de la Commission à la Plateforme MEDIAS UEMOA et à l’ensemble des représentants des différents organes des Etats membres de l’Union pour leur accompagnement constant en soutien à la visibilité de ses activités. Le directeur de la communication, de son côté, a salué l’engagement du Président de la Commission à faire des professionnels des médias de l’UEMOA, des acteurs clés dans l’atteinte des objectifs de la Commission. Invitant les journalistes à tirer profit des communications qui seront présentées, il a assuré de toute leur disponibilité. Au nom des journalistes de la Plateforme Médias UEMOA, Léonard Dossou a salué le dynamisme de la conseillère technique qui a permis à la Plateforme de voir le jour. Rappelant que le premier besoin d’un journaliste est la formation, il a transmis toute la gratitude des journalistes de la Plateforme au Président en exercice de la Commission de l’UEMOA. Au cours de cette session de 5 jours les communications porteront essentiellement sur le bilan des 30 ans de l’UEMOA, le renforcement de la résilience des populations face aux aléas et au changement climatique, la coopération transfrontalière dans l’UEMOA, la promotion des entreprises et industries culturelles et créatives, le développement des compétences et l’emploi des jeunes, la cybersécurité, la libre circulation, la convergence des performances et des politiques économiques des États. La journée du lundi a été marquée par une Projection du film sur le 30e anniversaire de la création de l’UEMOA. 
Les thématiques à savoir « UEMOA, 30 ans : une expérience d’intégration résiliente face aux chocs exogènes » ; Le Développement de pôles régionaux de la formation et de la recherche dans l’espace UEMOA ; Les enjeux et défis de la cyber-sécurité dans l’espace UEMOA ; La Convergence des performances et des politiques économiques des États ont été développées par d’éminents experts. En marge de cet atelier, le Président de la Commission de l’UEMOA, recevra en  Audience les journalistes membres de la Plateforme UEMOA-Média. ADS/MD (AMAP)

Le Secrétaire général de l’OCI rencontre le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie à Riyad

Riyad, 9 sept (UNA-AMAP) le Secrétaire général de l’Organisation de coopération islamique (OCI), Hissein Brahim Taha, a rencontré lundi, , à Riyad, le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergey Lavrov, rapporte l’Union des agences de presse de l’OCI. « La réunion a porté sur des questions d’intérêt commun, notamment les efforts conjoints pour relever les défis régionaux et internationaux, en particulier la question palestinienne et les conditions des communautés musulmanes dans le monde », indique l’UNA . Les deux parties ont souligné « l’importance de la coordination et de la consultation pour soutenir les efforts internationaux visant à instaurer la paix et la stabilité dans le monde, en particulier dans les pays de l’OCI. » D’autre part, les deux parties ont apprécié leurs relations et ont exprimé leur « engagement à renforcer le partenariat et la coopération dans le cadre du statut d’observateur de la Russie à l’OCI.} Elles ont, également, souligné l’importance du mécanisme de consultation politique pour poursuivre le dialogue sur toutes les questions et tous les agendas présentant un intérêt pour les deux parties. MD (UNA-AMAP)

Groupe Yiriimex SA au service du développement national

Le Groupe Yiriimex SA et ses partenaires œuvrent pour le développement national notamment dans le domaine de l’énergie domestique, de la biomasse, de la confection des briquettes, entre autres et tout cela constitue des solutions bien adaptées pour le Mali Kura. L’Initiateur principal en la personne de M. Oumar Diallo a expérimenté tout ce savoir aussi bien dans notre bien que sur le continent américain et asiatique. Aujourd’hui ces technologies adaptées à notre pays pour la protection de notre environnement dévasté par la coupe abusive de bois et l’agression de la forêt, de la faune et de la flore. Cette technologie aidera non seulement l’Etat dans sa politique Nationale de protection et de préservation de l’Environnement, également accompagnera les entreprises et les sociétés dans l’exécution de leurs travaux au niveau des Communautés. Pour tous vos besoins, contactez le Groupe Yiriimes SA dont le siège social est à l’Hippodrome Rue 216, Porte 579, BP  E 3144, Bamako, République du Mali et aux n° de téléphone: 20 21 13 29/ 66 67 49 39/ 44 37 14 87/ 76 17 17 22/ 76 22 9101 – Mail : yiriimex@gmail.com. Kader MAIGA    

Un an après l’attaque du bateau Tombouctou : Les populations se souviennent douloureusement du drame

Par Mohamed Gakou Gourma Rharous, 08 sept (AMAP) 7 septembre 2023-7 septembre 2024. Voici, un an déjà que le bateau « Tombouctou » de la Compagnie malienne de navigation fluviale (COMANAF) avait été victime d’une attaque terroriste, d’une rare violence, faisant plus d’une centaine de morts, de nombreux blessés et laissant beaucoup de séquelles psychologiques. Les populations de la bande du fleuve, du Cercle de Gourma Rharous et particulièrement, celles des communes de Banikane, où avait eu lieu le drame et celle de Rharous qui avaient accueilli les rescapés, se souviennent de cette sombre journée, qui a endeuillé des centaines de familles et l’ensemble des Maliens. Les populations des communes de Banikane et Rharous se souviendront longtemps de cette journée du 7 septembre où avait eu lieu, une attaque terroriste contre le bateau long-courrier « Tombouctou », de la COMANAF. Cette attaque lâche et barbare et son chapelet de drames humains continuent de hanter les esprits. La fille d’un enseignant à la retraite, au nombre des victimes, témoigne : « jusqu’à mon dernier souffle, je n’oublierai jamais cette journée où mon père est décédé dans des conditions atroces, victime de la barbarie humaine, sans avoir eu le temps de nous dire adieu. Il est présent à chaque instant dans mon esprit et mon cœur ne pourra jamais se défaire de cette lancinante douleur ». Ce témoignage est interrompu par un long sanglot, suivi de chaudes larmes. A.T, lui, est commerçant de son état. Il était allé se ravitailler en marchandises à Gao et revenait par le bateau, quand l’attaque s’est produite. Les yeux perdus dans le vague, il témoigne : « les passagers étaient à mille lieux de s’imaginer une attaque, quand le ciel nous est tombé sur la tête ». Le bateau est une entité grouillante de vie et à bord, chacun s’occupe de ses activités ou se repose, le temps d’arriver à destination. Ce témoin poursuit : « j’étais là à déguster du thé et à deviser avec des compagnons de voyage, quand une détonation sourde retentit, semblable à un violent coup de tonnerre. Le bateau tangue dangereusement. Le temps s’est comme figé. Puis, soudain, les portes de l’enfer s’ouvrent. De tous les côtés les armes crachent la mort. Le bateau tangue de toutes parts, sous l’impact des projectiles. Les éléments des FAMa qui escortent le bateau ripostent énergiquement. C’est la panique totale à bord. Le sauve-qui-peut s’empare des passagers. Certains sautent à l’eau, d’autres s’enferment dans leurs chambres, bientôt prises par un incendie général. Tout crame à bord. Ce spectacle macabre est ponctué par les cris des enfants et des femmes qui implorent, secours. En face du lieu du drame, les habitants lancent leurs pirogues sur le fleuve, pour porter assistance à ceux qui se débattent dans les eaux, cherchant à fuir cet enfer flottant. Un spectacle à fendre l’âme ». Sur ces mots, le regard de notre témoin s’embue de larmes et il tourne le dos pour s’en aller, incapable de terminer son récit et comme s’il cherche à fuir ce cauchemar. Des témoignages du genre foisonnent et leurs auteurs partent toujours avant de finir de raconter leurs histoires, comme pour exorciser, ce jour tragique. « Ce douloureux souvenir restera gravé dans les mémoires pour l’éternité et sera écrit en lettres de feu, dans les annales de  l’histoire de la lutte contre le terrorisme dans notre pays », conclut un édile de la commune de Rharous. MG/MD (AMAP)

Diéma : prière collective pour la pluie

Diéma, 06 sept (AMAP) L’Imam de la grande mosquée de la ville de Diéma (Ouest), El Hadji Salim Sacko, a initié, ce vendredi matin, une prière collective, sur la place d’indépendance, pour la pluie, a constaté l’AMAP sur place. Plusieurs centaines d’hommes, de femmes et d’enfants, ont imploré le Tout-puissant, afin qu’Il fasse pleuvoir, à Diéma où depuis près de vingt jours, une seule goutte de pluie n’a arrosé la terre de cette localité, reconnue cependant comme zone agro-sylvo-pastorale. On craint que la campagne agricole de cette année ne soit perdue. Selon l’Imam Salim Sacko, « ce genre de prière était organisé par le Prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui), chaque fois qu’il y avait un arrêt prolongé des pluies. » Ainsi, chaque fidèle a fait quelques rakats avant de prêter une oreille attentive aux précieux messages du guide religieux. L’heure est grave à Diéma. Les populations ne savent plus à quel saint se vouer. Les personnes et les animaux souffrent énormément de l’absence prolongée de pluie. Les producteurs agricoles commencent à perdre espoir. A l’heure actuelle, toutes les cultures sont attaquées par la moisissure. OB/MD (AMAP)

Koutiala (Sud) inaugure ses premiers feux tricolores

Koutiala, 05 août (AMAP) La ville de Koutiala, dans le Sud du Mali, a étrenné ses premiers feux tricolores lors d’une cérémonie officielle, jeudi, au rond-point Zanga Coulibaly, dans la nouvelle capitale régionale. Le gouverneur de Région, le général de brigade Abdoulaye Cissé, a présidé cette cérémonie à laquelle ont pris part plusieurs personnalités. Le rond-point Zanga Coulibaly connait un trafic intense de véhicules et d’engins de toutes catégories et constitue un point critique de convergence où la circulation n’est pas sans risque. La place a connu, assez souvent, des accidents de la circulation routière dont certaines sont été tragiques. De janvier à septembre 2024, la police a enregistré 148 cas d’accidents, 196 blessés et 03’morts. « C’est pourquoi, les feux tricolores viennent à point nommé », a dit le gouverneur de Région. Selon le général Abdoulaye Cissé, ces deux feux tricolores « vont sans nul doute réduire le taux d’accidents de la circulation routière dans la ville de Koutiala. » ID/MD (AMAP)

La douane malienne saisit 148 briques de cannabis à Diboli (frontière sénégalaise)

Bamako, 05 août (AMAP) Le bureau secondaire des Douanes du Mali, à Diboli (Ouest), à la frontière avec le Sénégal, a saisi, lundi, 148 briques de chanvre indien transportées sur deux motos, indique un communiqué des services de communication de la direction générale. Selon ce texte, publié mercredi, la drogue, en deux colis, aurait pu être introduits sur le territoire national, n’eut été la vigilance des soldats de l’économie Le Bureau secondaire des douanes de Diboli n’est pas à sa première saisie de drogue. La dernière remonte au jeudi 8 août 2024 quand une patrouille a mis la main sur 78 briquettes de cannabis provenant de Bamako et à destination du Sénégal. Le produit prohibé était caché dans l’habitacle d’une vieille voiture. Pour l’extraire, les douaniers ont dû démonter les sièges arrière, avant d’ouvrir les parois de séparation du coffre du véhicule. AT/MD (AMAP)

Régions du Sahel et du lac Tchad : L’Arabie saoudite accueillera une conférence des donateurs pour soutenir les déplacées et les réfugiés

Riyad, 28 août (UNA-AMAP) Le Royaume d’Arabie saoudite a annoncé qu’il accueillera, le 26 octobre 2024, une conférence ministérielle de haut niveau des donateurs. avec le soutien de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), pour répondre à la crise humanitaire aiguë au Nigéria, au Niger, au Tchad, au Cameroun, au Burkina Faso et au Mali, rapporte l’Union des agences de l’Organisation de la coopération islamique (UNA). La conférence, organisée conjointement par le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salman (KSrelief) et l’OCI, en coopération avec le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), « vise à mobiliser des ressources et à coordonner les efforts pour fournir une assistance essentielle afin de sauver des vies, de protéger les civils et de promouvoir les efforts visant à aider les personnes touchées à sortir de la crise. » La conférence mettra l’accent sur les plans de réponse humanitaire coordonnés par l’ONU (HRP). D’autres objectifs clés comprennent la sensibilisation à la crise multiforme et à la manière d’y faire face ; établir des partenariats solides pour promouvoir une réponse humanitaire efficace et un soutien accru aux solutions à long terme. « Nous reconnaissons l’importance de soutenir les populations des régions du Sahel et du lac Tchad. Cette conférence est une étape cruciale vers la mobilisation des ressources nécessaires et la création de partenariats pour répondre aux besoins humanitaires urgents dans ces régions. Ensemble, nous pouvons apporter de l’espoir et du soulagement à des millions de personnes. », a déclaré le Superviseur général de KSrelief, Dr Abdullah Al Rabeeah. Pour sa part, le Secrétaire général de l’OCI, Hissein Brahim Taha, a appelé, « à cette fin, les États membres donateurs de l’OCI, les institutions donatrices et les partenaires internationaux à saisir cette opportunité et à fournir les ressources financières nécessaires pour aider à améliorer les conditions de vie des communautés vulnérables dans ces régions en difficulté. » « Le Sahel et le bassin du lac Tchad sont confrontés à une crise sans précédent », a déclaré la Secrétaire générale adjointe par intérim aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d’urgence, Joyce Msuya. « Cette conférence représente une opportunité cruciale pour la communauté internationale et les pays touchés de se réunir pour mobiliser davantage de ressources et davantage de soutien – pas seulement pour la réponse humanitaire immédiate, mais pour aider la région à sortir de la crise et à réaliser son énorme potentiel », a-t-elle ajouté. « Les conflits, l’instabilité et la violence continuent de pousser des millions de personnes à fuir leurs foyers au Sahel et dans le bassin du lac Tchad – une région du monde qui doit de plus en plus faire face aux effets déstabilisateurs du changement climatique et de l’insécurité alimentaire. Nous ne devons ménager aucun effort pour aider les populations déplacées de force et les communautés qui les accueillent », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi. « Nous sommes reconnaissants au Royaume d’Arabie saoudite, à l’OCI et à nos partenaires pour leurs efforts visant à mobiliser l’attention et les ressources nécessaires pour remédier à la grave pénurie de financement qui frappe la région, afin de soutenir les réfugiés et les populations dans le besoin. » Les Nations Unies estiment a près de 33 millions, les personnes qui ont besoin d’aide humanitaire et de protection dans la Région. Parmi-celles-ci, environ 11 millions de déplacées à l’intérieur du pays et de réfugiés dans le Sahel et autour du lac Tchad. Les pays du Sahel et du bassin du lac Tchad sont confrontés à une crise multiforme depuis plus d’une décennie. Ces régions sont confrontées à des défis importants qui entraînent une instabilité sociale et économique continue et une perturbation des moyens de subsistance. En outre, l’assèchement du lac Tchad, une bouée de sauvetage pour des millions de personnes, a aggravé la situation humanitaire, nécessitant une intervention urgente. MD (AMAP)