Pêche et aquaculture à Ségou : un fleuve d’opportunités à développer

Par Mamadou SY Ségou, 17 déc (AMAP) Pratiquée presque un peu partout au Mali, notamment dans divers cours d’eau (fleuve Niger, lacs et mares), la pêche occupe une place importante dans le développement du Mali en termes de création d’emplois. Cependant, et malgré son potentiel indiscutable, il ne contribue encore que faiblement à l’économie nationale avec un Produit intérieur brut (PIB) de 2,4 %. S’agissant de la consommation annuelle de poisson par tête d’habitant, elle s’élèverait en moyenne à 10,5 kg. La capture des produits halieutiques à Ségou (Centre) ne permet pas encore d’assurer l’autosuffisance alimentaire de la population. La raison ? Des défis liés, entre autres, à la raréfaction de certaines ressources halieutiques, au changement climatique dû à la pression des activités humaines, au manque de financement et au coût élevé des intrants compromettent l’essor du secteur. Que ce soit sous un soleil de plomb ou dans le fraîcheur de la nuit, les pêcheurs embarquent chaque jour sur leurs pirogues et naviguent sur le fleuve Niger et son affluent, le Bani, à la recherche du poisson. En ce mercredi du mois de décembre, il est 8h du matin. Nous rencontrons Oumar Salamanta de retour la pêche avec quelques poissons frétillants dans son filet. Selon notre interlocuteur, il lui arrive souvent de sortir de l’eau avec 5 à 6 kilos de poissons, selon les jours. Un peu plus loin, Boureïma Koné assis dans sa pirogue, s’activait à retirer des tilapias de son filet. Tirant la majeure partie de ses revenus de la pêche, M. Koné reste préoccupé, comme bon nombre de pêcheurs, par la l’ensablement progressif du fleuve Niger, la prolifération de plastique et les effets du changement climatique qui bouleversent l’écosystème et mettent en péril les populations de poissons. « Cette situation qui n’est pas porteur d’optimisme menace gravement nos moyens de subsistance », a-t-il déploré. Les embarcations utilisées par les pêcheurs sont composées de pirogues de 4 à 10 mètres, voire plus, ainsi que des filets dormants et maillants, des sennes, éperviers et nasses. Lassine Sinayoko, un autre pêcheur note que la filière pêche à d’immenses potentialités. Cependant, elle demeure le parent pauvre des financements et manque cruellement d’attention de la part des pouvoirs publics pour améliorer les conditions de vie et de travail des pêcheurs. D’après le président régional des producteurs de poissons et de l’Association des pêcheurs résidant au Mali, les carpes et les silures figurent parmi les poissons les plus pêchés. Mamady Dembélé dit avoir constaté ces dernières années, la disparition de certaines espèces comme le citharinus et l’heterobranchus communément appelées «Tala» et «Polio» en langue bamanankan. Il révèle qu’actuellement la demande en poisson est forte et les pêcheurs peinent à satisfaire la clientèle à cause de la faible quantité de poisson pêchée. Contre la raréfaction des ressources halieutiques, Mamady Dembélé propose la promotion de l’aquaculture (l’élevage contrôlé des poissons dans des étangs, bassins ou des cages flottantes). « Cette pratique s’est généralisée dans la région à la demande des pêcheurs pour créer des emplois et améliorer leurs conditions vie », a-t-il fait savoir. Le président régional des producteurs de poissons a ajouté que les mares et étangs communautaires contribuent grandement au développement du secteur et à l’amélioration des revenus des pêcheurs. Comme exemple, il cite la Commune rurale de Dougoufè, dans cercle de Barouéli, où  plus de 5 tonnes de poissons ont été produites. Mamady Dembélé estime que la gestion durable des ressources halieutiques passe par un renforcement des capacités des acteurs du secteur pêche et aquaculture. Pour réduire la surpêche, des mises en défens sont instaurées le plus souvent. Ce repos biologique favorise la reproduction des poissons, mais aussi le retour de certaines espèces qui avaient disparues, fait-t-il remarquer. L’État et ses partenaires ont un rôle à jouer dans la levée des obstacles. Cet appui permettra au secteur d’être plus productif, tout en préservant l’écosystème, a ajouté le président régional des producteurs de poissons. La direction régionale de la pêche de Ségou a en charge la mise en œuvre des plans et programmes, l’aménagement des pêcheries, la promotion et la valorisation des filières et productions halieutiques, le développement de l’aquaculture ainsi que la création des mises en défens dans les milieux piscicoles de l’État. D’après le chef du secteur pêche de Ségou, Baréma Koïta, la production halieutique est en constante progression dans le Cercle de Ségou. « On a pu enregistrer, cette année, 1 730 tonnes de poissons frais contre 1 694 tonnes en 2023. La crue de cette année a beaucoup favorisé la production de poissons, notamment les fretins. « La production dans le cercle dépend globalement de l’état de la crue et de la pluviométrie. Quand ces deux éléments sont réunis, on peut s’attendre à une bonne production », a expliqué M. Koïta. S’exprimant sur les contraintes, il a indiqué que le secteur est confronté au manque d’infrastructures et d’accès au financement des pêcheurs. S’y ajoutent l’insuffisance d’aménagement des pêcheries et d’effectif au niveau de la direction régionale pour assurer l’encadrement des activités de la pêche dans l’ensemble de la région et le coût élevé des intrants de pêche et d’aquaculture. Baréma Koïta soutient qu’il faut davantage développer l’aquaculture à travers l’installation de cages flottantes, de bacs hors sols et d’étangs piscicoles le long du fleuve, aménager les mares et empoissonner les plans d’eau pour réduire notre dépendance extérieure en protéines halieutiques. Le Cercle de Ségou compte plus d’une centaine d’aquaculteurs. L’un de leurs défis majeurs reste l’accès aux intrants (alevins et aliments) à moindre coût pour booster production. Le chef du secteur pêche de Ségou a, sur ce point, fait remarquer que l’État fait des efforts. Cependant, la quantité d’intrants subventionnés est insuffisante. Il suggère également de vulgariser les textes qui régissent la pêche et l’aquaculture, afin que les pêcheurs sachent ce qui est autorisé ou non. MS/MD (AMAP)

Mali : Forum des femmes de foi pour construire des communautés religieuses inclusives

Bamako, 17 déc (AMAP) Le mouvement des cadres et responsables chrétiens du Mali (MCRC) a organisé un forum national des femmes de foi, du 12 au 14 décembre dernier, au Mémorial Modibo Keita de Bamako, sous le thème : « Les femmes de foi face aux enjeux des libertés religieuses pour un Mali nouveau ». Ce forum, organisé en collaboration avec l’Initiative conjointe pour une action religieuse stratégique (JISRA), avait pour objectif global et général « de contribuer à construire des communautés religieuses inclusives, ouvertes et constructives qui interagissaient de manière pacifique pour promouvoir la liberté de religion et de croyance pour une refondation authentique du Mali à travers leur implication dans l’éducation aux valeurs sociétales et religieuses pour la paix, la réconciliation et la refondation du Mali. » Selon l’Abbé Noel Samaké, vicaire général de l’archidiocèse de Bamako, « aujourd’hui, nous avons besoin plus que jamais de solidarité, de dialogue et de cohésion entre tous les Maliens, sans distinction de sexe, de religion ou d’origine. » « Les femmes de foi, en particulier ont un rôle essentiel à jouer dans cette mission. Elles sont les agents de paix, des porteuses de la vérité et des témoins de la justice », a-t-il dit. Pendant trois jours, les participants ont suivi cinq communications sur : « La liberté de religion et de croyance dans la réalité socioculturelle du Mali (rôle et place des femmes) », les textes de lois et les dispositions légales sur la liberté religieuse et de croyance au Mali (rôle et place des femmes) », « les repères doctrinaux et les perceptions sur la liberté de religion et de croyance selon l’islam (rôle et place des femmes) », « les repères doctrinaux et les perceptions sur la liberté de religion et de croyance selon l’Église catholique  (rôle et place des femmes) » et  « les repères doctrinaux et les perceptions sur la liberté de religion et de croyance selon les Églises évangéliques (rôle et place des femmes). ST/MD (AMAP)

Nioro du Sahel : Tenue de la 2e session du Projet brigade verte

Nioro, 17 déc (AMAP) L’initiative présidentielle Brigade verte pour l’emploi et l’environnement, lancé officiellement en 2021, a réalisé plusieurs activités dans la région de Nioro, dans ‘Ouest du Mali, a appris l’AMAP, en marge de la deuxième session du projet. Il s’agit entre autres de la mise en place de neuf sociétés coopératives avec Conseil d’administration, l’aménagement et la mise en valeur d’un site pilote de 120 ha, la réalisation de 31 forages positifs et l’installation de huit châteaux d’eau. Cette session qui a enregistré la présence des autorités politiques, administratives, des représentants de la société civile de la Région de Nioro, portait essentiellement sur la présentation du rapport des activités menées pour la bonne marche du projet. Fruit du partenariat entre l’Italie et le Mali, « le projet vise à contribuer au renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations et à lutter contre le chômage des jeunes. » Le coordinateur régional du projet, Sidy Keita, a exprimer sa satisfaction par rapport à la participation de tous les acteurs impliqués. Il a invité les bénéficiaires « à prendre en compte les différentes recommandations formulées pour les populations des zones affectées par la désertification et la dégradation des terres afin d’affirmer leur résilience à travers la gestion durable des ressources naturelles. » Le gouverneur de la Région le général de brigade, Aly Annaji, a s’est réjoui de la participation de la coopération italienne, à travers l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), partenaire technique et financier « pour son appui constant ». Il a rassuré la coordination régionale de son appui constant dans la mise en œuvre des activités du projet dans la région. MD/MD (AMAP)  

Coopération : Signature d’un protocole entre la Haute autorité de la Communication et l’Unicef

Bamako, 17 déc (AMAP) Le président de la Haute autorité de la Communication (HAC), Gaoussou Coulibaly, et le représentant résident de l’Unicef au Mali, Pierre N’Gom,  ont signé lundi, à la HAC, un protocole destiné à développer des indicateurs permettant d’évaluer et de préciser la place des enfants dans les médias, a constaté l’AMAP. Il s’agit d’encourager les organes de presse à améliorer ou à concevoir des émissions, dans leur programme, sur la protection des droits de l’enfant et la diffusion des contenus éducatif récréatif adaptés aux besoins des enfants. Selon Pierre N’Gom, dans un monde où les médias jouent un rôle important dans la formation des perceptions, des récits et des narratifs, il est impératif de donner la priorité aux voix et aux images de nos enfants. Pour lui, chaque enfant possède une histoire unique, une identité distincte, et son droit d’être représenté avec dignité et respect. Il a déploré les dérives dans  les récits entourant les enfants, entrainant des stéréotypes et pouvant détourner l’attention sur leurs véritables besoins et aspirations. « Ce protocole d’accord représente un phare d’espoir et de responsabilité. Il symbolise notre reconnaissance collective que les médias ont non seulement le pouvoir d’informer, mais aussi celui d’élever, d’inspirer et de protéger. Ensemble nous travaillerons, main dans la main ,avec les journalistes, les rédacteurs et les professionnels des médias pour garantir que leurs productions soient non seulement précises mais, également, adaptées aux besoins des enfants », a précisé le représentant résident de l’Unicef au Mali. M. N’Gom a, également, précisé que l’Unicef  fournit la formation et les ressources nécessaires pour permettre aux journalistes de rendre compte de manière responsable et sensible, « en veillant à ce que les images et les histoires, que les voix et les images des enfants reflètent les droits, les rêves et les réalités de nos plus jeunes citoyens, filles et garçons, qui constituent le socle du Mali Koura. » Il a ensuite adressé ses remerciemnets au ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’administration « pour l’excellente collaboration qui (les) lie et à la HAC pour ce nouveau partenariat qui marque son engagement pour la promotion et la protection des droits des enfants. » « Je suis ravie aujourd’hui d’être là parmi vous de représenter la voix des sans voix. Parce que tout ce qu’on devrait faire pour et au nom des enfants on devrait y participer. Car, si envisagez de faire quelques choses pour nous alors que nous nous ne sommes mêmes pas au courant, c’est comme vous avez juste tenter mais vous ne nous avez pas considéré en fait », a expliqué M’Barka Abdalla, représentante du parlement des enfants. Elle a, au nom des enfant du Mali, remercie de cette initiative, d’avoir pensé eux en leur associant à la cérémonie. Pour sa part, le président de la HAC, a déclaré  que ce protocole d’accord va désormais lier son institution à celle de l’Unicef, leur permettra de collaborer de manière méthodique afin d’atteindre des résultats au bénéficie des enfants qui est l’avenir du pays. Outre des représentants du parlement des enfants, ceux de la primature et du ministère de la Communication,  de l’Économique numérique et de la Modernisation de l’administration, ainsiq ue des  membres du collège de la HAC étaient presents a la cer;omie. ST/KM (AMAP)

Mali : Célébration des avancées dans l’enregistrement des naissances

Le Représentant Pays de l’UNICEF, Mr Pierre Ngom est accompagné d’une forte délégation en visite au CSCOM de Bellafarandi Ces dernières années, le Mali a réalisé des progrès remarquables dans l’amélioration des taux d’enregistrement des naissances, témoignant de l’engagement du pays à garantir le droit de chaque enfant à une identité légale, dans le cadre des systèmes d’enregistrement d’état civil et de statistiques vitales. Bien que des défis subsistent, les avancées obtenues grâce à des stratégies innovantes et à des efforts soutenus illustrent le leadership du Gouvernement ainsi que la détermination des travailleurs de la santé, de la protection de l’enfance, et des acteurs communautaires. Cela suscite un optimisme pour l’avenir. Comme l’indique une nouvelle publication de l’UNICEF, intitulée « Un bon départ dans la vie », le taux d’enregistrement des naissances à l’échelle mondiale a augmenté de 75 % à 77 % depuis 2019, avec plus de 500 millions d’enfants enregistrés au cours des cinq dernières années. Au Mali, des avancées significatives ont été réalisées malgré certaines disparités, avec 87% des enfants de moins d’un an, enregistrés à l’état civil. Ces améliorations sont essentielles, car elles posent les bases permettant aux enfants d’accéder à des services fondamentaux tels que l’éducation et les soins de santé, contribuant ainsi à briser les cycles de vulnérabilité et d’exclusion. Depuis 2022, l’UNICEF accompagne les initiatives du Gouvernement visant à numériser l’enregistrement des naissances. Ce processus a réalisé des avancées significatives avec l’approbation d’un projet de plateforme qui regroupe les principaux événements d’état civil, à savoir les naissances, les décès et les mariages. Cette plateforme a été conçue suite à une consultation approfondie avec toutes les entités et parties prenantes du système d’information des faits et statistiques d’état-civil au Mali. Elle constituera la première plateforme numérique entièrement dédiée à la numérisation des faits d’état civil, répondant aux besoins des utilisateurs tout en respectant les normes internationales et le cadre légal national. Cela marque une étape importante vers la numérisation de l’enregistrement des naissances et offre une réelle opportunité d’accélérer les efforts du Gouvernement en faveur d’un enregistrement universel des naissances de manière efficace et sécurisée. La Direction Nationale de l’État Civil (DNEC) a sélectionné dix zones pilotes qui regroupent toutes les structures et acteurs concernés, tels que les centres d’état-civil, les établissements de santé, les tribunaux et leur personnel. Cette histoire de succès met en lumière l’efficacité de trois stratégies clés : l’interopérabilité, la décentralisation et la numérisation. En intégrant l’enregistrement des naissances dans l’écosystème plus large des services publics, en le reliant aux services de santé, d’éducation et de protection sociale, et en rapprochant les services des communautés, ces stratégies ont rendu l’enregistrement plus accessible et efficace. La numérisation a encore renforcé ces efforts en rationalisant les processus d’enregistrement et en améliorant la précision des données. Les avancées réalisées au Mali démontrent qu’avec de bonnes stratégies et un soutien adéquat, des améliorations significatives dans l’enregistrement des naissances peuvent être obtenues. En continuant d’investir et de donner la priorité aux efforts d’enregistrement des naissances, le Mali peut apporter des contributions notables à l’objectif mondial garantissant qu’aucun enfant ne soit laissé pour compte et que chaque enfant puisse pleinement participer à la société. Le renforcement des systèmes constitue un engagement continental dans le cadre du programme africain d’amélioration accélérée de l’enregistrement des faits d’état-civil et des statistiques vitales, sous la direction du Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, avec le soutien des Directions Nationales et Régionales de l’État Civil. Le droit fondamental de chaque enfant à une identité, y compris l’enregistrement de sa naissance, est inscrit dans la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant. L’enregistrement universel des naissances figure également parmi les aspirations de l’Agenda 2040 pour l’Afrique et des Objectifs de Développement Durable (cible 16.9). C’est pour moi l’occasion de remercier les partenaires bilatéraux et multilatéraux de l’UNICEF, notamment l’Allemagne, le Canada et l’Italie, pour leurs contributions significatives à l’atteinte de ces résultats. Au Mali, toujours selon le dernier rapport mondial de l’UNICEF sur l’enregistrement des naissances – “Un bon départ dans la vie” – au Mali, environ 13% des enfants ne sont pas enregistrés à la naissance. Cela représente des millions de filles et de garçons sans identité juridique, les rendant ainsi vulnérables à divers risques de protection, y compris la traite des personnes. Le Comité des Droits de l’Enfant recommande que les autorités nationales prennent toutes les mesures nécessaires pour que tous les enfants soient enregistrées à la naissance. Ceci peut être facilité par la numérisation de l’enregistrement des naissances ainsi que des mesures spécifiques pour les enfants réfugiés et déplacés internes. En célébrant les avancées réalisées et en poursuivant sur cette lancée, nous pouvons contribuer à briser les cycles de vulnérabilité et d’exclusion, offrant ainsi à chaque enfant la possibilité d’atteindre son plein potentiel. Il est essentiel de continuer à investir et à donner la priorité à ces initiatives afin de garantir que chaque enfant au Mali soit enregistré et ait accès aux services essentiels nécessaires à son épanouissement. Par Pierre Ngom, Représentant de l’UNICEF

La Foire agricole de Sikasso : Promotion et développement de l’agriculture au chœur des débats

Sikasso, 16 déc (AMAP) « L’agriculture durable, facteur de développement économique et d’emploi pour un avenir meilleur », est le thème retenu pour la 6ème édition de la foire agricole de Sikasso (FASKO-2024) qui , du 14 au 19 décembre, au stade Babemba Traoré de Sikasso, s’emploiera à mettre en valeur les produits agricoles, à favoriser les échanges commerciaux et à développer la synergie d’action entre les acteurs agricoles. Il s’agit, aussi, de promouvoir le savoir-faire des exploitants agricoles, de donner de la visibilité au potentiel agricole de la région et de promouvoir l’adoption des technologies agricoles par les exploitants agricoles. « Le secteur agricole contribue à hauteur de 40% environ à la formation du Produit intérieur brut (PIB) et emploie 80% de la population active. Moteur de la croissance économique, le secteur constitue une haute priorité pour le gouvernement du Mali qui lui consacre 10% de son budget », a déclaré le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema qui a presidé la cérémonie d’ouverture. M. Kelema a ajouté que la FASKO constitue un évènement majeur qui rassemble les acteurs des filières agricoles. « Elle cadre parfaitement avec la vision des plus hautes autorités de favoriser la dynamisation du marché national, la fluidification des échanges et l’intégration sous régionale des marchés agricoles et agroalimentaires », a-t-il poursuivi. Ainsi, « l’Etat est à pied d’œuvre pour instituer, en concertation avec la profession agricole, des bourses de produits agricoles primaires. » Le ministre de l’Agriculture a félicité les exploitants agricoles pour leurs efforts et les initiateurs pour la bonne organisation de la rencontre. Quant aux présidents du Conseil régional, Yaya Bamba et de l’Association des organisations professionnelles paysannes (AOPP), Bakary Diarra, ils ont exprimé leur joie pour l’organisation de la foire. Bakary Diarra a salué, d’une part, l’engagement de la commission d’organisation et d’autre part, la forte mobilisation des participants venus de Mopti, Koulikoro, Kati… Yaya Bamba a affirmé que depuis 2012, cette foire permet au public de découvrir le génie créateur des entrepreneurs   agricoles et le caractère innovant de leurs produits. Il a exhorté les femmes et les jeunes entrepreneurs porteurs de projets à faire une participation active aux échanges lors des différents panels. De son côté, le représentant de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Abdoulaye Bamba, a énuméré une série davantages de l’agriculture avant d’inviter « les jeunes à éviter l’exode rural. » Il leur a conseillés de s’intéresser à l’agriculture « car tout le monde ne peut pas devenir bureaucrate. » L’agenda de la FASKO prévoit, entre autres, des conférences-débats sur les changements climatiques, la transformation agroalimentaire… la foire agricole, des prestations artistiques, des remises d’attestions et de kits aux lauréats de la compétition des jeunes talentueux dans le domaine de l’agriculture etc. La rencontre des acteurs du monde agricole de la région est parrainée par le président de la Délégation régionale de la chambre d’industrie et de commerce de Sikasso, Abdoulaye Diawara. La cérémonie a enregistré la présence du chef de cabinet du gouverneur Bernard Coulibaly et de plusieurs invités des pays voisins dont le Burkina Faso et la Côte d’ivoire. MFD/MD (AMAP)  

Dioila : Victimes d’inondations, soixante ménages reçoivent des dons

Dioila, 16 déc (AMAP) Quelque soixante ménages de la Région de Dioila ont reçu, jeudi, chacun un kit d’un sac de 50 kg de riz, 25 kg de sucre, 5 litres d’huile et une natte de deux places, lors d’une cérémonie de remise de don par le Bureau régional de Plan International Mali, à travers son Sponsorship project agreement document (SPAD). Il s’agit de 31 ménages à Kola Bamanan, Kola Foulala, deux villages de la Commune rurale de Les différents chefs de village ont, dans leur allocution, salué les efforts de l’ONG plan international pour ses appuis multidimensionnels. Ils ont, en outre, sollicité plan international pour trouver une « solution définitive aux causes des différentes inondations de leurs villages. » Les autorités politiques ont également loué les efforts et l’assistance de plan au profit des populations, singulièrement les enfants et la jeune fille. L’administratrice de l’ONG plan, Dr Djeneba Doumbia, a tout d’abord salué la disponibilité des populations, l’administration, les services techniques et les élus locaux. Elle a, ensuite, présenté ses excuses pour le retard dans la réalisation de ce « geste de générosité » envers les victimes des inondations. La première responsable de Plan international Mali-Bureau de Dioila a promis de s’investir « dans la mesure du possible pour la cause des enfants et la jeune fille, conformément au lettre de cadrage de sa structure et à côté de l’État malien. » Le représentant du directeur régional du Développement social et de l’économie solidaire. …. a donné la situation des ménages touchés, cette année, par les différentes inondations. Il a, en conclusion, mis un accès particulier sur les immenses efforts de l’ONG Plan international au côté de son service. Après le lancement officiel de la cérémonie de don par le représentant du directeur régional de la protection civile, le porte-parole des bénéficiaires, Kalifa Fomba, ému, a salué l’ensemble des acteurs qui ont contribué à ce geste. Il a émis le vœu de voir Plan international Mali trouver les solutions aux causes des inondations « afin de ne plus vivre ce cycle de main tendue. DF/MD (AMAP)

Déclaration du Collège des Chefs d’Etat de la Confédération des Etats du Sahel (AES) sur la libre circulation, le droit de résidence et d’établissement des ressortissants de la CEDEAO dans l’espace de la Confédération des Etats du Sahel

Le Collège des Chefs d’Etat ; Vu le traité portant création de la Confédération des Etats du Sahel (AES) adopté à Niamey le 06 juillet 2024 ; Vu la Charte du Liptako-Gourma du 16 septembre 2023, instituant l’Alliance des Etats du Sahel ; Convaincu de la nécessité de poursuivre les luttes héroïques menées par les peuples et les pays africains pour l’indépendance politique, la dignité humaine et l’émancipation économique ; Fidèle aux objectifs et idéaux de la Charte des Nations Unies et de l’Acte constitutif de l’Union Africaine ; Guidé par l’esprit de fraternité, de solidarité et d’amitié ; Engagé à renforcer les liens séculaires entre les Peuples d’Afrique. DECLARE : 1 – La Confédération des Etats du Sahel (AES) est un espace sans visa pour tout ressortissant des Etats membres de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). 2 – Les ressortissants de la CEDEAO ont le droit d’entrer, de circuler, de résider, de s’établir et de sortir sur le territoire des Etats membres de la Confédération des Etats du Sahel dans le respect des textes nationaux en vigueur. 3 – Toutefois, les Etats membres de la Confédération se réservent le droit, conformément à leurs lois et règlements, de refuser l’entrée sur leurs territoires à tout ressortissant de la CEDEAO entrant dans la catégorie des immigrants inadmissibles. 4 – Les véhicules particuliers immatriculés sur le territoire d’un Etat membre de la CEDEAO pourront entrer sur le territoire d’un Etat membre de la Confédération conformément aux textes en vigueur. 5 – Les véhicules à usage commercial immatriculés sur le territoire d’un Etat membre de la CEDEAO et transportant des passagers pourront entrer sur le territoire d’un Etat membre de la Confédération AES, conformément aux textes en vigueur. Fait à Bamako, le 14 décembre 2024. Le Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat de la République du Mali, Président de la Confédération des États du Sahel (AES)

Sikasso : Lancement régional de la campagne de lutte contre le SIDA

Sikasso, 16 décembre (AMAP) Le lancement régional de la campagne de lutte contre le SIDA, qui s’inscrit dans le cadre des activités du mois de la lutte contre la pandémie, a été présidé jeudi par le Conseiller aux affaires économiques et financières du Gouverneur de région, Ibrahim Mahamane, a constaté l’AMAP. L’évènement s’est déroulé au lycée technique de Sikasso sous le thème national « Promouvoir les droits humains, c’est contribuer à éliminer le sida ». La rencontre a regroupé le Secrétaire exécutif régional du Haut Conseil National de Lutte contre le SIDA(HCNLS) Mamadou Oury Bah, le directeur régional de la Santé, Dr Dramane Traoré, plusieurs chefs de services régionaux, les acteurs de lutte contre le sida, les enseignants et des élèves. Dans son allocution, le Secrétaire exécutif régional du HCNLS Mamadou Oury Bah a fait savoir que le 1er décembre est l’occasion de se rappeler des personnes infectées et affectées par le VIH. « En 2024, dans les régions de Sikasso, Bougouni et Koutiala, l’activité de prévention de la transmission mère-enfant est disponible dans 277 sites. Cela a permis de conseiller et sensibiliser 97 327 femmes enceintes lors des consultations prénatales. Parmi celles-ci, 70% ont accepté de faire le test de dépistage du VIH et 205 ont été testées séropositives. Ainsi, 101 de ces femmes bénéficient de la prophylaxie ARV », a affirmé Mamadou Oury Bah. Il a précisé que dans le cadre de la prise en charge, ils ont 5 322 patients sous ARV et suivent régulièrement 268 enfants… Cependant, leurs défis sont notamment relatifs à la pérennisation des acquis à travers la mobilisation des ressources internes car les financements extérieurs se font rares, la maîtrise de l’épidémie dans les groupes vulnérables et marginalisés ainsi que l’intensification de la prévention dans les zones à risque (les sites d’orpaillage, mines…). Le Conseiller aux affaires économiques et financières du Gouverneur de région, Ibrahim Mahamane a, pour sa part, affirmé que le thème entend encourager les acteurs à mettre l’accent sur le respect des droits humains dans la lutte contre le sida d’ici à l’horizon 2030. Le représentant du Chef de l’exécutif régional a salué l’engagement des organisateurs avant d’inviter la population à participer activement aux activités de sensibilisation et de dépistage. La séance de dépistage du SIDA, le slam d’Alimatou Samaké sur le sida, le sketch et les jeux concours sur le VIH/ SIDA ont été les temps forts de la cérémonie. MD/KM (AMAP)

Crue exceptionnelle 2024 à Niafunké : Possible déficit agricole

Par Sékou A. MAIGA Niafunké, 12 déc (AMAP) Niafunké, dans le Nord du Mali, était, autrefois, appelé Cercle d’Issa Ber (grand fleuve en sonrhaï) á cause de ses grandes superficies arrosées par le fleuve Niger et ses affluents qui alimentent les nombreux mares et lacs autours desquels sont installés de milliers de personnes, à l’image des lacs Takadji, Koboro, Dagna, Tanda, Kabara, Bili 1 et 2, Soumpi, Goubo etc. Selon beaucoup de vieux sages, la crue de cette année rappelle celle de 1965, d’autres disent qu’elle pourrait même la dépasser voire de loin. Ce qui est clair, très peu de ceux de la génération des années 60 ont vu une telle crue. Elle est exceptionnelle, elle remplit et continue de remplir les mares et lacs autrefois abandonnés ou à moitié exploités à cause de la sécheresse et la rareté des eaux du fleuve. Cette situation climatique qui s’est manifestée par une grande sécheresse telle que vécue par les populations, dans les années 1973 et 1984, en réduisant fortement les zones cultivables, les zones de pâturages avec des conséquences incalculables, en termes de production agricole et de cheptel perdus durant une longue période de sécheresse caractérisée par une rareté des pluies et sa mauvaise répartition, une faible crue. L’instinct de survie aidant, les populations ont multiplié les périmètres rizicoles tout au long des rivières et passages des eaux du fleuve Niger. Cette nouvelle stratégie d’installation de périmètres rizicoles parfois sur des passages ou dans le lit du fleuve durant des années. Cette année, à la surprise générale, la crue, même tardive, a amorcée sa descente depuis juillet et se poursuit à présent, noyant ainsi plusieurs périmètres rizicoles, des mares des lacs. Il faut tout de même signaler que, que ce sont les populations qui ont occupé les passages et réservoirs d’eaux en se disant que, vu la sécheresse, les eaux, en aucun cas, ne pourront atteindre leurs installations. Les mauvaises crues et pluviométries ont été la cause de beaucoup de conflits entre agriculteurs et éleveurs et, quelques fois, avec des pêcheurs, les zones exploitables étant limitées. Chaque année, les textes de gestion de ces mares et lacs subissent des amendements sans satisfaire tout le monde. A tous ces maux, s’ajoutent la situation sécuritaire de 2012 á nos jours avec la présence de groupes armés radicaux qui imposent des lois. A Niafunké cette année, les villages de Dagodji, N’Gourouné et bien d’autres ont été contraints, en pleine campagne de fuire et d’abandonner leurs périmètres rizicoles déjà en exploitation. Le fleuve Niger ayant débordé a inondé des mares et lacs, de milliers d’hectares de terres cultivées et cultivables sont perdues. Selon le chef sous-secteur de l’Agriculture de Niafunké, le cercle dans son ancienne configuration, c’est-à-dire les 8 Communes de Soboundou, Soumpi, Léré, Dianké. Saraféré, Koumaira, N’Gorkou et Banikane, donne les chiffres suivants : En riz sur une superficie réalisée de 31 805 hectares, 6 159 sont irrécupérables ; en sorgho sur 5 260 ha, 830 sont perdus ; en mil sur 52 600 ha réalisés, on dénombre 4 519 ha perdus, soit une perte de 10 508 ha sur 89 665 ha réalisés. Face à cette situation inattendue et au possible déficit de rendement agricole et des milliers de personnes sans récoltes, le préfet du cercle, Modibo Kane Togo, a convié mercredi 27 novembre dernier tous les acteurs du secteur afin d’anticiper les risques de mauvaises récoltes dans une campagne qui serait sans doute déficitaire. A cette rencontre, l’ensemble des présidents des Unions de coopératives agricoles des Communes de Soumpi, Soboundou et Banikane ont pris part ainsi que les sous-préfets de Soumpi et Soboundou, les maires de Niafunké et de Soumpi, le chef secteur de l’Agriculture. Cette rencontre doit accoucher de stratégies afin de trouver des solutions alternatives surtout que le chef secteur Agriculture, en faisant l’état des lieux de la campagne agricole 2024-2025, a alerté les autorités et les producteurs. Le cercle connaîtra des difficultés et il a proposé, déjà, une campagne de sensibilisation des populations et des producteurs sur les réalités de la campagne. Il faut multiplier les rencontres entre producteurs á travers les unions, entre les producteurs par zone et par village pour une bonne gestion et rationnelle des récoltes. Il faut parvenir à murir la réflexion sur comment transformer les difficultés en atouts et trouver des solutions alternatives, tels que : faire des cultures de contre saison et de rente là où c’est possible; sensibiliser les producteurs afin qu’ils évitent de brader leurs récoltes, mieux organiser les paysans pour faire face à cette nouvelle réalité. A la fin de la rencontre, le préfet a appelé les acteurs à poursuivre la réflexions et lui faire des propositions, « car, dit-il, gouverner c’est prévoir. » SAM/MD (AMAP)