Diéma : La pêche collective pour amélioirer l’ordinaire
Par Ouka BA Diéma, 04 mar (AMAP) La pêche collective dans les deux mares de la ville de Diéma (Ouest), appelées, respectivement Lamba Koré (grande mare en langue soninké) et Bakossa Goumba (la mare de Bakossa), s’est déroulée, lundi, sous un soleil au son zénith. Après le signal donné par le chef coutumier, Balla Konaté, une foule bigarrée d’hommes, de femmes, de jeunes et de vieux, originaires de la ville ainsi que des villages environnants, muni chacun, d’une nasse aux dimensions diverses, s’est élancée, à qui mieux mieux, pour la capture des poissons, frétillant dans une eau boueuse. C’était un tohu-bohu interminable, digne d’une ruée vers l’or. Bousculades, cris à gorge déployée. Parfois, en voulant s’infiltrer parmi les grands, les plus petits glissaient et tombaient. Dans ces mares, on trouve généralement du poisson silure et quelques rares carpes. Mahamadou Konté qui attendait tranquillement ses enfants descendus dans la mare, rappelle que la pêche collective se faisait la nuit ou le matin de bonne heure et, que cette année, selon une décision du chef de village, elle a été ramenée à midi. Il renchérit, en raclant la gorge, qu’avant l’autorisation du chef de village, celui qui se hasardait à mettre pied dans l’une mare, pour se saisir de poissons, sera soumis au paiement d’amendes. Djindé Konté, qui prêtait une oreille attentive à l’entretien, soutient qu’il faut le feu vert du chef de village, pour que la pêche collective puisse démarrer. Après la saison des pluies, lorsque les mares sont en decrue, le chef de village délègue, comme le veut la tradition dans ce milieu, le chef coutumier Balla Konaté, pour aller jauger le niveau réel des eaux stagnantes. C’est en fonction de son constat que l’on organise la pêche collective, un événement culturel majeur. On fait passer l’information pour tous, pour éviter ainsi des frustrations. Halimatou Sissoko dont les habits sont lourdement boueux compte améliorer ses plats pour la coupure du jeûne de son époux, avec les poissons qu’elle a pêchés. Elle avoue que la pêche collective est très utile car les poissons qu’on y attrape, contribuent à réduire les frais de condiments. Le petit-fils de Fatoumata Diaby, a pêché beaucoup de poissons. A la question comment les conserver, la grand-mère répond qu’elle les mettra dans le réfrigérateur. Désenchantées, Kotia Djenepo, une femme bozo, et sa fille rentrent bredouille à la maison, même si, selon la légende, la pêche demeure une activité censée appartenir à son ethnie. Allergique au poisson silure, Sambou Diawara, un migrant dont le séjour à Diéma a coïncidé avec l’événement, se poste quelque part, pour satisfaire sa curiosité. Le chef coutumier, Balla Konaté, explique que si la pêche est jugée insuffisante, on transporte le poisson chez le chef de village, pour le repartir, ensuite, entre certaines familles. De l’avis du représentant du chef de village, Fousseny Sissoko, « le but visé par la pêche collective, n’est pas uniquement d’amasser du poisson mais de renforcer la cohésion sociale, à travers des retrouvailles, tout en perpétuant cette pratique ancestrale. » Le chef traditionnel conseille, surtout, la prudence lors de la pêche collective afin d’éviter des incidents et des dommages. Interrogé sur le sujet, le Directeur technique du Centre de santé communautaire (CSCom) de Farabougou, en séjour dans la localité, explique que « les mares contiennent généralement les germes de la bilharziose, qui pénètrent par la peau, au contact de l’eau. » L’homme en blouse blanche conseille de prendre des précautions. OB/MD (AMAP)
8 mars à Kayes : Mme Niambélé Kadiatou Konaté ouvre un centre d’apprentissage pour les femmes et les jeunes filles
Kayes, 4 mars (AMAP) La directrice de la Maison de la Femme de Kayes, Mme Niambélé Kadiatou Konaté a ouvert un centre dans le but d’aider les femmes et les jeunes filles à apprendre un métier afin d’améliorer leurs conditions de vie, a constaté l’AMAP. Située aux Logements Sociaux ou ATT Bougou de Kayes, la Maison de la Femme joue un rôle majeur dans la formation et l’insertion socioprofessionnelle des femmes et des jeunes filles grâce au dévouement de sa directrice, Mme Niambélé Kadiatou Konaté. Titulaire d’une maîtrise en Histoire-Géographie de l’Ecole Normale Supérieure (ENSUP) de Bamako, cette dame peut se glorifier d’avoir donné un nouveau souffle à cette structure du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Deux ans après sa nomination à la tête de la Maison de la Femme, Mme Niambélé Kadiatou Konaté a conçu un programme de formation en vue d’aider les filles déscolarisées, les filles non orientées après leur admission au DEF (Diplôme d’Etudes Fondamentales) et au Bac, ainsi que les ménagères menant des activités génératrices de revenus, à apprendre un métier pour faciliter leur insertion et leur autonomisation. Dans ce centre, on y retrouve plusieurs spécialités : le henné traditionnel, le tatouage (henné moderne), le maquillage, la saponification et l’informatique. La filière informatique est destinée aux femmes qui mènent des AGR (Activités Génératrices de Revenus). Actuellement, la Maison de la Femme de Kayes assure la formation de 158 auditrices. Cette structure dispose d’un chargé de programme et de 4 encadreurs. Cependant, pour bénéficier d’une formation en couture dans ce centre, l’auditrice doit savoir lire et écrire. La formation s’étend sur trois ans. De ce fait, la directrice est en train d’entreprendre des démarches auprès des structures compétentes, dont la Chambre des métiers, pour que les certificats ou attestations qui seront délivrées aux apprenants puissent être certifiés ou reconnus par l’Etat. La première promotion compte 32 personnes au départ, un chiffre qui ne tient pas en compte les cas d’abandon. S’agissant des autres filières, la formation s’étend sur 3 mois et est sanctionnée par une attestation. Pour la couture, chaque apprenante doit payer 11 000 pour s’inscrire et avoir une tenue et 10 000 F pour la cotisation mensuelle. Mais, le centre prend en charge les frais d’équipement. Pour les autres filières, les frais d’inscription plus la tenue coûtent en tout 5 000 F et la cotisation mensuelle est fixée à 5 000F. D’après la directrice Mme Niambélé Kadiatou Konaté, sa structure a pu suivre certaines auditrices après leur formation. « En général, nous avons constaté que ces gens travaillent bien. Certaines auditrices ont mis du temps avant d’entamer leurs activités c’est pourquoi, elles ont rencontré des difficultés », assure la directrice de la Maison de la Femme de Kayes. « Parmi nos récipiendaires, certaines veulent revenir pour se former dans d’autres spécialités afin de diversifier leurs activités et multiplier leurs gains. C’est le cas de Hawa Fofana de Sadiola qui veut apprendre le maquillage et de Hawoye Touré de Kéniéba. Actuellement, Mme Niambélé Kadiatou Konaté et son équipe ont besoin de partenaires pour équiper leur centre et élargir son champ d’actions et étoffer son personnel. La Maison de la Femme souhaite former des gens dans d’autres domaines comme la transformation des produits alimentaires, le perlage. Mais, cette structure a besoin de partenaires pour financer ses projets. Il est à noter que Mme Niambélé Kadiatou Konaté est née le 1er Avril 1972 à Kita. Mariée et mère de deux enfants, cette dame a suivi les traces de ses parents Mamadou Konaté et Fanta Diallo, tous des enseignants. BMS/KM (AMAP)
Journée Internationale de la Femme à Diéma : Regard sur Mme Assata Traoré, animatrice et militante des droits des femmes
Diéma, 4 mars (AMAP)A l’instar du monde entier, notre pays célèbre le 8 mars, la journée internationale de la Femme. A cette occasion, nous avons décidé à l’Agence Nationale de Presse, de faire le portrait des femmes battantes dans leur localité respective. A cet effet, nous avons rencontré Mme Assata Traoré, animatrice de son état et militante des droits des femmes à Diéma. Agée d’une quarantaine d’années, mariée et mère de nombreux enfants, cette brave dame émerveille les populations de Diéma, de par ses animations en langue foulfoulbé sur une radio privée de la place. Ses émissions concernent la santé, la bravoure et l’engagement des femmes ou « Mussow dambe ni uka tiessiri », le développement de la commune ou « Siguida yiriwali », entre autres. Ses émissions ont contribué a changé les comportements dans la commune à travers l’éducation à la citoyenneté et la sensibilisation. L’animatrice talentueuse ne cesse d’affirmer dans son émission sur l’économie familiale : « Une femme ne doit pas laisser toutes les charges dans les bras du maître de la maison, sans quoi elle devient inutile ». En plus de l’animation à la Radio, Mme Assata Traoré dirige une association qui milite pour la défense des droits des femmes, en vue de leur autonomisation. Dans le cadre de la prévention et la gestion des conflits, les membres de son association, parviennent souvent à réconcilier des couples… Membre de la CAFO, elle excelle dans la fabrication et la vente du savon, ayant reçu une formation dans le domaine de la saponification. L’infatigable dame encourage la tenue périodique du cadre de concertation pour la protection des enfants, initié par le service de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, auquel prennent part, plusieurs acteurs. Par ailleurs, Mme Assata Traoré fait de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), son leitmotiv, afin d’apporter sa modeste contribution à l’éradication de cette pratique néfaste qui semble ne pas faiblir dans cette localité, nonobstant les immenses efforts que l’Etat et ses partenaires ne cessent de consentir. Cette courageuse dame qui s’occupe de son foyer, pratique également l’embauche ovine, disposant de quelques têtes de moutons qu’elle entoure de soins. Aujourd’hui, elle sollicite un appui pour obtenir un appui lui permettant de développer ses activités de saponification et d’embouche et l’acquisition d’un tricycle, lui facilitant le transport de ses produits au marché. En tous les cas, les populations de Diéma sont fières des actions de cette brave dame pour la cohésion et le développement de leur commune. OB/KM (AMAP)
8 mars : Aissata Magassouba transforme son handicap physique en opportunité de réussite
Bamako, 4 mars (AMAP) Frôlant ses 30 ans, célibataire de son état, née d’une malformation congénitale, Aissata Magassouba met ce handicap physique à profit pour s’imposer dans le domaine de la comédie sur le plan national et international. Très joviale, Aissata Magassouba a accueilli, l’équipe de l’Agence Nationale de Presse à son domicile à Magnanbougou le mercredi 26 février 2025 . Celle qui est née le 13 mai 1995 à Nioro du Sahel, d’une beauté magnifique, des cheveux tirés en mode de « queue de cheval », porte une robe longue de couleur rougeâtre. La trentenaire, rayonnante de mille feux, jaillisse la joie à des milliers d’internautes qui la suivent dans ses moments de prestations en ligne. En effet, Aissata Magassouba, née d’une malformation congénitale dont une bosse sur le dos, est la deuxième fille d’une fratrie de sept personnes. Comédienne par vocation, c’est en 2021 qu’elle commença à jouer dans les théâtres. Selon notre comédienne, de cette date à nos jours, elle a joué dans quatre pièces de théâtre que sont : Ada l’orpheline ; Bamako dans l’âme ; la voix du Mali et Crika. Mieux, Aissata Magassouba collabore avec quelques chaines sur YouTube et quelques chaines de télévision de la place. « Toutes mes folies ont commencé seulement quelques années, et ce n’était pas du tout facile à mon début. Car, je n’avais pas aussi confiante en moi-même… », témoigne-t-elle. Car, les gens se moquaient d’elle et certains la dévisageaient. Notre brave jeune dame a pu surmonter cette épreuve malgré sa peur dans les rues de Bamako et devant les médias. Pis, Aissata Magassouba vécu un coup dur de la vie, précisément le divorce de ses parents qui l’a contraint de s’occuper de ses jeunes frères et sœurs tout en jouant le rôle de maman. « A chaque fois qu’un de mes sœurs ou frères avait des soucis de santé, ou des problèmes dans leur école, j’étais là au secours », se confie-t-elle. D’ailleurs, c’est suite à cette étape que notre comédienne s’arme de courage de pugnacité dans sa profession. Du coup, nourrie de confiance, elle se lance dans des prestations en direct sur les réseaux sociaux. Séduisant sa comédie sur les réseaux sociaux, Aissata Magassouba sera contactée par certains prestataires afin qu’elle les fasse des spots. Elle nous révèlera son amour dès le bas âge à jouer des pièces ou scénarios de théâtre. « La première fois que J’ai eu le courage de jouer à un théâtre, c’était il y a 4 ans. Un jour, quand j’étais devant la télé, il y’avait une chaine de la place qui jouait une pièce de théâtre. Et après la fin du film, J’ai pris le numéro du réalisateur et je l’ ai contacté après », nous raconte Aissata Magassouba. Et de préciser que ce réalisateur lui a donné un rendez-vous séance tenante. Et ce fut le démarrage de son aventure avec un rôle dans la scène « Ada l’orpheline ». Le fait de jouer dans les théâtres et d’apparaitre sur les réseaux sociaux a ouvert des portes et d’autres opportunités à la brave comédienne. Et aujourd’hui grâce à ses relations, Aissata Magassouba gagne des revenues de quoi à subvenir à ses besoins et de demeurer en soutien à ses frères et sœurs. Toutefois, elle lance un appel vibrant à toutes les personnes de bonne volonté de la soutenir pour se former davantage et d’avoir un moyen de déplacement propre à elle. Surtout qu’elle souhaite faire carrière dans le théâtre et les moyens font défaut. Souvent, à cause de moyens de déplacement, y égard à sa formation physique, notre comédienne en herbe rate des castings. S’il faut se déplacer en Sotrama (moyen de transport en commun très prisé par une grande catégorie de bamakois). Et dès fois, il lui faut prêter de l’argent pour prendre un taxi, toute chose qui peut conduire au découragement parfois. C’est pourquoi, elle lance un cri de cœur aux réalisateurs nationaux et internationaux de l’aider à concrétiser son rêve le plus ardent, c’est-à-dire, devenir une grande actrice ou encore une star du cinéma. Celle qui est recalée au niveau du Brevet de technicien supérieur en comptabilité reste ouverte à tout accompagnement surtout qu’elle se sert de son handicap physique pour émerveiller le public, comme quoi cette déficience ne saurait être un frein à l’épanouissement humain. BT/KM (AMAP)
Semaine littéraire : « L’édition n’est pas faite absolument pour nourrir son homme tout de suite et maintenant » dixit Fatoumata Keita, écrivaine et éditrice
Bamako, 4 mars (AMAP) Passionnée de littérature depuis une trentaine d’années, promotrice d’une maison d’édition, Fatoumata Keita que nous avons rencontrée le 19 février 2025 à Muso Kunda, s’exprime sur l’état de la littérature au Mali, la situation de l’édition, les relations entre éditeurs et auteurs, le droit d’auteur et les perspectives d’avenir de ces secteurs, entre autres. Comment se porte la littérature malienne ? Pour Fatoumata Keita, « la littérature se porte au mal par faute de structures publiques qui encouragent la création, la production de la pensée écrite et l’insuffisance d’espaces de promotion et de diffusion du livre ». « Or, nous sommes en face d’une jeunesse en besoin d’informations, de formations pour être préparée à faire face aux défis et enjeux de développement de son pays. » poursuit-elle. Figuira éditions a été créée pour donner une grande place à la production d’ouvrages de référence dans divers genres. Elle a 108 ouvrages publié à travers six grandes collections : la collection les grandes Figures, la collection Contes et Légendes d’Afrique, la collection les grandes Voix d’Afrique, la collection Jigiya, la collection Les tout Petits, la collection Guide de décision en médecine en Afrique. Figuira éditions envisage de créer en 2025 la collection Villes et villages du Mali. « Nous avons également initié le concept de village de lecture-contes qui vise à créer des espaces de promotion de la lecture pour la diffusion de notre collection Contes et Légendes d’Afrique auprès des enfants dans les écoles » précise Fatoumata Keita. La collection contes et légendes enregistre 15 nouvelles parutions par an et compte à ce jour 60 ouvrages de littérature de jeunesse (sur les 108 publiés) dont des livres de contes, de légendes, de fiction et des livres factuels. Pour alimenter la collection Contes et légendes d’Afrique, Figura éditions fait des résidences d’auteurs et des ateliers d’écriture pour faciliter la création de textes de littérature de jeunesse aux auteurs et potentiels auteurs. Bien que des initiatives se développent, le monde de l’édition rencontre des difficultés parmi lesquelles « le manque de soutien, le manque de réseau de diffusion, les difficultés d’avoir du personnel qualifié, les difficultés de maintenir ses employés, l’absence de culture de la lecture au Mali, la non valorisation du livre et de son contenu » a-t-elle déclaré. Et de préciser, que les gens préfèrent demander de leur offrir un livre que de l’acheter. De plus, Fatoumata Keita déplore la mauvaise présentation d’un livre au public. En effet, elle soutient qu’au Mali « on présente un livre sans jamais mentionner ni la maison d’édition ni l’année et le pays d’édition, a fortiori la collection dans laquelle il est édité ». Le monde de l’édition est lié aux auteurs. Ces derniers collaborent avec les maisons d’éditions. Il y a 4 types de contrat présenté aux auteurs : les comptes éditeurs, les comptes auteurs, d’autres des comptes sponsoring le contrat mi- auteur mi- éditeur. Combien coûte l’édition d’un livre de la conception à la publication ? « Difficile à dire » soutient Fatoumata Keita. En effet, cela dépend de la maturité du texte à éditer, car c’est ce qui déterminera le volume du travail, du nombre de pages, du nombre d’exemplaires (on y applique l’économie d’échelle quand il ne s’agit pas de l’impression numérique), puis des spécifications de l’impression (type de papier : en couleur ou en noir et blanc? type de finition: dos carré collé, dos carré collé et cousu ou piqué à cheval ?) A titre d’exemple, elle rappelle « il m’est arrivé d’imprimer un de nos livres de la collection contes et légendes à 1100 fr/ l’unité chez l’imprimeur avec les spécifications suivantes : Nombre d’exemplaires 500 Nbre de pages : 48 pages intérieures en couleur, … » « L’édition n’est pas faite absolument pour nourrir son homme tout de suite et maintenant » renchérit-elle. L’éditrice a conclu en ces termes « C’est avec le temps et la mise en place d’un réseau de diffusion sûre, le soutien de l’état, la mise en valeur des productions de qualité, en les achetant pour les coins de lecture et en les mettant au programme d’enseignement, la mise en place d’espaces de promotion et la formation de lectorat que cela se fera ». OS/KM (AMAP)
Goundam : Consommateurs et vendeurs de céréales pour une meilleure utilisation des unités de mesure
Goundam, 03 mar (AMAP) L’utilisation des unités de mesures par les revendeurs notamment, le kilogramme suscite des questionnements dans la commercialisation du riz en particulier et des autres céréales en général sur les différents marchés du Cercle de Goundam (Nord). Depuis un certain temps, les consommateurs ont constaté une anomalie au niveau de l’instrument de mesure que les vendeurs utilisent sur les marchés, dans les commerces pour mesurer et vendre les céréales. Par exemples, des sacs censés contenir cinquante ou cent kilogrammes ne pèsent, en cas de vérification, que quarante-cinq pour le sac supposé en contenir cinquante et quatre-vingt pour cent kilogrammes. Ce constat a fait l’unanimité dans l’opinion et provoqué la colère des consommateurs qui parlent d’abus et vols. Plusieurs missions de sensibilisations ont été menées auprès des revendeurs de céréales en vue de les amener à corriger la situation, mais en vain. C’est dans ce cadre qu’une équipe composée de représentants des consommateurs, des éléments des forces de l’ordre, d’un représentant de la mairie aussi bien que les représentants d’associations des jeunes, de femmes et de producteurs s’est rendue au marché de Goundam. Il s’agissait, d’abord, d’informer et de sensibiliser, pour une dernière fois, les vendeurs détaillants de céréales sur l’utilisation d’un faux instrument qui respecte les normes officielles en vue d’être conforme avec la réglementation en vigueur et éviter d’éventuelles sanctions. A chaque commerçant, un instrument de mesure a été remis pour le respect scrupuleux des normes de l’unité principale de mesure qui est le kilogramme. Selon le président des consommateurs, la vigilance sera de mise quant à l’utilisation de l’instrument légal de mesure mis à la disposition des vendeurs de céréales sur tous les marchés du Cercle de Goundam. Il a également averti que tout contrevenant s’exposera à des sanctions prévues par la loi en vigueur. Il à noter que Le service chargé du contrôle technique et du suivi de la concurrence est absent à Goundam. AAT/MD (AMAP)
Ramadan : Les prières surérogatoires (Nanfila) des nuits du mois
Par Baya TRAORE Le ramadan est le neuvième mois du calendrier islamique. C’est aussi le mois au cours duquel le coran a été révélé au prophète Mohamed, Paix et Salut sur Lui. Selon l’imam des 700 logements sociaux de Yirimadio, dans la Commune VI du District de Bamako, Check Mamadou Konaté, c’est le mois ou les dou’a sont exhaussés et, aussi, le moment où on doit exprimer ses soucis au bon Dieu. Cependant, pour l’imam Konaté, Il y a des nanfila spécifiques que les croyants peuvent faire pendant les différentes nuits du mois de ramadan. Donc, toute personne qui a des problèmes de mariage, de travail, de chance, de santé, de maison, de dette ou des expatriés qui ont des problèmes de dossiers peuvent faire ses nanfila. 4ème nuit : Selon Check Mamadou Konaté, le nanfila proposé pour cette nuit est 4 rakats. A chaque rakat Fatiha 1 fois + Koul Ya Ayyouhal Kafiroune 3 fois (Al Fafiroun n°109) + Zikir – Astagfiroullah 10fois ; -Ya Wahabou 100 fois ; – Salatoul Fati 100 fois fin
Circulation de véhicules en surcharge : A Sikasso, le hors gabarit à la côte
Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 03 mar (AMAP) L’image de véhicules hors normes ou hors gabarit en surcharge, circulant sur les voies interurbaines ou internationales ou manoeuvrant en pleine ville est devenue monnaie courante au Mali. La circulation de ces mastodontes entraîne, pourtant une dégradation rapide du réseau routier national. La situation a amené le ministre des Transports et des infrastructures a faire un communiqué, le 5 février dernier, pour demander « le respect des normes relatives aux gabarits, aux poids et à la charge à l’essieu des véhicules lourds de transport de marchandises », conformément aux dispositions du code de la route et notamment de l’article 32 du décret n°2023-0509/PT-RM du 12 septembre 2023. La mise en application de cette réglementation vise à lutter contre la circulation des véhicules hors normes et hors gabarit en surcharge sur les routes. Le communiqué du Conseil des ministres du 13 février 2025 précise que le réseau routier national subit de graves dommages causés, « notamment par les véhicules gros porteurs hors gabarit et hors normes, qui sont en surcharge de marchandises, en provenance des ports maritimes où transite le fret généré par les importations et les exportations du Mali. » La conception du réseau routier national a été faite sur la base des dimensions réglementaires de 3 essieux pour le tracteur et de 3 à 4 essieux pour la semi-remorque. Les dimensions maximales autorisées sont : longueur : 16,5m pour les véhicules articulés, largeur : 2,55m pour l’ensemble des véhicules, hauteur : 4m pour tous les véhicules, rappellent les services techniques. La troisième région administrative du Mali, Sikasso, au carrefour des frontières du Mali avec le Burkina Faso et avec Côte d’ivoire, est une zone de forte circulation de véhicules de transport de marchandises comme de personnes. « Nous conduisons ces véhicules contre notre gré car on est conscient des multiples dangers qui nous guettent. Mais que faire ? On le fait pour gagner notre pain quotidien », témoigne à notre équipe de reportage un conducteur de gros porteurs de Sikasso qui désire garder l’anonymat. Il poursuit qu’il a passé un bon bout de temps en chômage et ce travail lui permet de subvenir aux besoins de sa famille. « Je salue la clairvoyance du ministre des Transports et des Infrastructures. Son communiqué est d’une importance capitale. Cette lutte est la nôtre. La sécurité routière est l’affaire de tous… », déclare le secrétaire général adjoint du Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (section de Sikasso), Ba Sékou Coulibaly. Selon lui, le Conseil malien des transports routiers (CMTR) a longtemps mené cette lutte mais en vain. Il rappelle que c’est vers 2010, que certains commerçants ont commencé cette pratique dans le but d’accroître leurs revenus. « Ils évoluent dans le commerce et le transport en même temps. Ces individus modifient leurs véhicules en 3m de largeur et entre 16 et 22 m de longueur », explique-t-il. Le slogan de certains d’entre eux : « Même si je me limite à seulement deux voyages par an, si le véhicule est endommagé, cela ne sera pas une perte ». Le syndicaliste enfonce le clou. « Ces commerçants font trois voyages en un. Ils surchargent les véhicules tout en augmentant le taux de chômage des chauffeurs dans le secteur du transport. Ils endommagent non seulement, de façon précoce nos routes mais également entrainent des accidents de la circulation, mettant en danger la vie des populations », détaille-t-il. Ba Sékou Coulibaly dit que cette pratique n’offre aucune garantie ou protection au chauffeur car, en la matière, l’employé ne bénéficie pas de salaire convenable et n’est pas assuré. En bref, le conducteur de véhicules hors normes et hors gabarit en surcharge met sa vie en péril mais, aussi, celle de paisibles populations. C’est pourquoi, en 2020, certains routiers ont commencé à prendre conscience des risques qu’ils courent. Ils se sont à se retirer du jeu. Mais jusque-là, la pratique continue. En outre, le secrétaire général adjoint du Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (section de Sikasso), a invité les autorités de la Transition à obliger les commerçants, qui font du transport, à choisir entre les deux métiers, sinon à respecter les règlements du secteur du transport. Par ailleurs, Ba Sékou Coulibaly attire l’attention des autorités sur l’application de la Convention collective des chauffeurs privés du Mali. Celle-ci, selon lui, permet d’assurer leur métier (salaire convenable, ration journalière, INPS, AMO, prime, allocation des enfants, logement lors des voyages…). Quant à la directrice régionale des transports et des infrastructures de Sikasso Mme Traoré, Lydie M. Fatoumata Jocoué, elle affirme qu’il y a plus de 500 véhicules qui traversent la ville de Sikasso de façon quotidienne. « La quasi-totalité de ce nombre important est hors normes et hors gabarit », confie-t-elle. S’exprimant sur les dispositions prises par sa structure au niveau régional afin d’assurer la réglementation correcte des véhicules concernés, Mme Traoré Lydie M. Fatoumata Jocoué a indiqué avoir informé le Conseil malien des transporteurs routiers et celui des chargeurs des nouvelles dispositions. « Également, poursuit-elle, la direction est en train de prendre les dispositions nécessaires pour faire une large diffusion du communiqué ministériel sur les différentes stations radios. » En termes de difficultés, la directrice régionale du transport et des infrastructures a mis un accent particulier sur l’absence totale de statistiques sur les véhicules hors normes et hors gabarit en surcharge dans la région. Mme Traoré Lydie M. Fatoumata Jocoué a, enfin, invité « tous les transporteurs de la région à respecter les réglementations pour le bien-être de tous. Le communiqué du Conseil des ministres est clair sur le respect de la mesure : à compter du 1er avril 2025, tout transporteur ne respectant pas les dimensions réglementaires s’expose à l’application des sanctions prévues par la réglementation en vigueur. Il s’agit de l’immobilisation du véhicule à la frontière ou aux points de contrôle, l’obligation de transbordement et de correction de gabarit. MFD/MD (AMAP)
Port du foulard : Comme une pièce d’identité
Par Baya TRAORÉ D’aucuns pensent que cette pièce de tissu a vu le jour avec les religions monothéistes. Pourtant, elle a servi notamment d’outil de communication et d’expression des sentiments Il est aux environs de 15 heures. Une cérémonie de mariage au quartier de Missabougou, en Commune VI du District de Bamako. La marraine de l’évènement, Aminata Soucko, très élégante, couverte de parures, se distingue par son habillement. Elle est vêtue d’un basin, porte un foulard volumineux de couleur différente de celui des autres femmes qui, elles, partagent la même couleur. Une bande de tissu dénommé, en bamanakan, «jala» s’ajoute à ses parures. Au fil du temps, le foulard s’est imposé comme un accessoire d’élégance et de piété. Pourtant, l’usage de cette étoffe est riche en significations. Selon Aminata Soucko, le foulard de la marraine d’un mariage a toujours été différent de celui des autres dames, depuis l’époque de nos ancêtres. Elle explique que « le foulard permet aux invités de reconnaitre directement la personne assumant cette responsabilité. » Ce n’est pas tout. « Dans la rue, dit-elle, il était facile de savoir, grâce au foulard que porte une femme, si elle est veuve, mariée ou célibataire. » Le traditionnaliste Nouhoum Cissé affirme que le foulard, autrefois, représentait un moyen de communication dans notre culture. « Chaque ethnie avait une appellation différente. Celui destiné à une fiancée était un morceau de pagne tissé qu’elle attachait au front. C’était un message informant qu’elle a un prétendant », explique Nouhoum Cissé. Le traditionnaliste ajoute que « l’objectif du port du foulard après le mariage est de se protéger la tête, car tout le monde n’a pas le droit de voir la tête d’une femme mariée. » « Aussi, indique-t-il, toutes les femmes n’ont pas la même texture de cheveux car, pour certaines, si de mauvaises personnes voient leurs cheveux, cela peut leur porter malheur. » « C’est pourquoi, dit-il, une femme doit se couvrir la tête pour sa propre protection. En plus, dans notre société, les foulards étaient des cadeaux de souvenir que les femmes donnaient à leur amoureux. « Les femmes offraient leur foulard aux conjoints quand ceux-ci partaient sur les champs de bataille ou pendant les travaux agricoles, en guise d’encouragement », poursuit Nouhoum Cissé. Qui ajoute qu’« une femme, qui n’avait jamais transgressé les interdits dans son mariage, pouvait donner son foulard à son fils qui part pour une mission difficile. » « L’étoffe avait la valeur d’un objet de protection du fils afin qu’il rentre sain et sauf », explique M. Cissé. Au sein du couple, le foulard est un langage. « Quand un homme entrait à la maison, il reconnaissait l’humeur de sa femme à travers sa manière de nouer son foulard», informe le traditionnaliste, avant d’indiquer que celle-ci manifestait sa joie, sa colère, son désir sexuel et son indisposition via cette pièce de tissu. « Ce n’est pas n’importe quel tissu qui était utilisé comme foulard. Maintenant, les femmes ne font plus attention à ces aspects de notre culture. Cela est à l’origine de nombreux problèmes dans nos couples. Si on continue ces pratiques, nous allons perdre tous les éléments de notre culture un à un», prévient-il. MAUVAIS ESPRITS – Il est 11 heures, dans une famille de griots à Missira, en Commune II du District de Bamako. Kadiatou Diabaté, habillé en wax assorti à un foulard qui forme un tas au milieu de la tête. Elle explique que son acte se justifie par le fait qu’elle est la cuisinière du jour. Elle indique que chaque épouse dans leur famille doit observer cette pratique quand c’est son tour de cuisiner. Selon Awa Kouyaté, griotte et enseignante, la façon dont une femme noue le foulard exprime également la richesse de son mari. « Avant, quand tu voyais des groupes de femmes, celle qui portait toujours un foulard volumineux était l’épouse d’un homme opulent. Le foulard de taille moyenne désignait l’appartenance de sa détentrice à la classe moyenne », affirme la pédagogue. Elle précise que la favorite des épouses de l’homme s’identifiait par son foulard empilé au milieu de la tête. Elle signale que les perruques et les chapeaux remplacent de plus en plus le foulard. «Je ne suis pas contre cette tendance mais on a intérêt à promouvoir nos valeurs traditionnelles», conseille-t-elle. Le griot Bourama Soumano affirme que plusieurs personnes pensent que le foulard a vu le jour au Mali avec la religion musulmane. Il indique que nos ancêtres utilisaient des foulards avant l’arrivée de l’Islam. Il soutient que «musoro » en bamanan signifie : «mumana soro», en français «Ce qu’une nouvelle mariée trouvera dans son foyer». Il precise que cette étoffe est différente du «jala», un autre tissu utilisé par les femmes notamment lors des mariages. Auparavant, le «jala» était de petits morceaux de pagne de couleurs différentes. « La couleur noire, dit-il, est destinée à la veuve. » Il cite aussi le «demba jala», en français «le pagne de la marraine» porté par celle-ci lors d’un mariage. « Dans notre culture, témoigne-t-il, le «musoro» n’était pas utilisé pour des besoins esthétiques. Il symbolisait les défis que la femme doit relever dans son nouveau foyer en termes de maladies, de dépenses, de problèmes d’enfantement et d’argent ». Bourama Soumano dit que le foulard préparait la femme à être une bonne épouse et la protégeait contre les mauvais esprits et les « djinns ». Et de poursuivre : « ce tissu faisait également l’objet de préparation mystique pour obtenir de la notoriété pendant les cérémonies. » « Certaines femmes, énumère-t-il, possédaient des foulards pour dompter leur mari durant les moments de disputes. » « Il suffisait, explique-t-il, qu’elles le nouent pour que le conjoint se calme immédiatement ». Le griot relève que le «musoro» a aussi servi à dominer le mari et les autres membres de la famille. Tout n’est pas permis quant au le port de ce foulard. Selon des croyances, « une fille ne doit jamais porter le foulard de sa maman sinon elle va rester célibataire toute sa vie. Une femme enceinte qui néglige de porter le foulard risque d’accoucher d’un enfant malade. Une femme mariée qui refuse le foulard risque d’attirer des mauvais
Ramadan et Carême chrétien : Le Premier ministre vérifie la disponibilité des produits de première nécessité
Bamako, 28 fév (AMAP) Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a effectué, vendredi, une visite de terrain à Bamako, afin de vérifier la disponibilité des produits de première nécessité sur les marchés du pays, a constaté l’AMAP. Il ressort de cette visite, que « près de 25 000 tonnes de riz et environ 12 000 tonnes de sucre sont immédiatement disponibles, avec des quantités supplémentaires en cours d’acheminement », expliquent des sources officielles. Le stock de lait en poudre et d’huile disponible a largement dépassé celui de l’année précédente à la même période. Cette démarche s’inscrit dans un cadre global d’application des mesures visant à garantir l’approvisionnement du pays en produits essentiels, particulièrement durant la période de Ramadan et du Carême chrétien. SS/MD (AMAP)

