CAN 2025 : Un Burkina Faso renversant
Envoyée spéciale Djènèba BAGAYOKO Casablanca, 24 dèc (AMAP) Scénario de folie au complexe sportif Mohammed V de Casablanca ! Pour son entrée en lice dans cette 35ème édition de la Coupe d’Afrique des nations, Maroc 2025, le Burkina Faso s’est imposé de justesse (2-1) face à une Guinée équatoriale héroïque mais malheureuse. Si les trois points sont au rendez-vous, les Étalons se sont fait peur et devront impérativement corriger leur manque de sérénité défensive pour la suite de la compétition. Alors que la défaite semblait inévitable après l’ouverture du score équato-guinéenne par Marvin Anieboah (85è min), le Burkina Faso a fait preuve d’un mental d’acier. Dans un temps additionnel électrique, les hommes de Brama Traoré ont totalement renversé la vapeur en deux minutes. C’est d’abord Georgi Minoungou qui a redonné espoir aux siens en égalisant dans le temps additionnel (90è min+2). Puis, au bout du suspense, le défenseur du Bayer Leverkusen, Edmond Tapsoba, a surgi pour inscrire le but de la délivrance (90è min+4), faisant exploser de joie le camp burkinabè. En conférence de presse, le sélectionneur Brama Traoré n’a pas caché sa satisfaction, tout en lançant un clin d’œil politique : « Que puis-je dire, si ce n’est féliciter mon équipe pour son réalisme après l’ouverture du score adverse. Je suis fier d’eux. Je les exhorte à continuer sur cette lancée pour décrocher la qualification en huitièmes de finale dès la deuxième journée. C’est la Confédération des Etats du Sahel (Confédération AES) qui triomphe aujourd’hui, » Pour la Guinée équatoriale la pilule est amère. Le « Nzalang Nacional » a frôlé l’exploit, tenant tête aux Étalons malgré l’expulsion de Basilio Ndong dès la 50è minute. Réduits à dix, les Équato-Guinéens ont cru tenir la victoire avant de s’effondrer dans les ultimes secondes. Le Burkina Faso n’aura pas le temps de savourer trop longtemps. Les Étalons ont désormais rendez-vous, le dimanche 28 décembre, au stade Moulay Hassan de Rabat. Un choc au sommet les attend face aux Fennecs de l’Algérie, match qui pourrait déjà valider leur ticket pour le tour suivant. DB/MD (AMAP)
Ségou : La rareté des clients met en péril le tissage traditionnel
Par Aminata PONA Ségou, 24 déc (AMAP) Les gestes techniques millimétrés, les outils finement utilisés, les artisans de Ség continuent de faire vivre l’art traditionnel malgré la chute drastique de leur vente. Ces passionnés de la fibre et du fil créent au quotidien des œuvres d’exception mêlant savoir-faire ancestral et créativité contemporaine. Cependant, les défis, il n’en manque pas qui ont pour noms : pertes de clients, cherté des matières premières et désintérêt pour les tissus traditionnels. Immersion dans un secteur jadis florissant. Acteur majeur de la préservation et de la valorisation des tissus traditionnels, le Centre Ndomo de Ségou est une entreprise évoluant dans l’entreprenariat social. On y retrouve des artisans indépendants. Ils assurent ensemble la production de tissus. Boubacar Doumbia, son fondateur souligne qu’avant la crise sécuritaire, son établissement accueillait des touristes étrangers. « Durant la saison touristique, d’octobre à février, le travail ne manquait pas et les commandes affluaient. Chaque artisan gagnait une part de marché. Aujourd’hui, les touristes ne viennent plus et les Bamakois sont aussi rares à cause de l’insécurité et de la pénurie du carburant », explique-t-il. Soulignant que désormais, les artisans envoient leurs produits en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, en Suède, en France, aux États-Unis, au Japon et en Espagne. Boubacar Doumbia trouve que cette période de vaches maigres est temporaire. Il appelle ses collègues à la patience, les exhorte au travail malgré les conditions difficiles. Almoustapha Soumaré, un artisan, du haut de ses plus de 30 ans d’expérience dans le textile, ne cache pas que le Centre N’Domo traverse actuellement de grandes difficultés dues à la crise que traverse le Mali. La rareté des touristes a considérablement réduit les ventes. « Nos commandes étaient si nombreuses que les artisans du centre avaient parfois du mal à les exécuter », se souvient-il. Il explique que le centre dispose de 25 travailleurs repartis en deux équipes de travail. L’une chargée de la décoration (tapis, tableaux, sous assiettes, couvre-lits et nappes) et l’autre dédiée au trempage. Cependant, l’engouement pour le bazin et d’autres tissus contemporains entraîne une marginalisation des tenues traditionnelles. Pour couronner le tout, le manque de ressources financières freine l’achat de matériels indispensables au fonctionnement du centre. Pour la décoration des tissus, les artisans du Centre N’Domo emploient certaines plantes notamment le N’galama ou Bégou N’gnomo et chaque dessin à une signification spécifique. « On compte 19 symboles, que nos grands-mères utilisaient pour donner des conseils aux mariées afin de maintenir la paix dans les familles. La mère donnait à sa fille un bogolan comme cadeau de mariage pour lui assurer un foyer heureux », révèle Almoustapha Soumaré Il dit que les artisans du centre participent, chaque année, à des foires internationales au Sénégal et au Burkina Faso pour promouvoir et vendre leurs produits. Amadou Diarra, artisan au village artisanal confectionne divers tissus pour ses clients. En plus de sa propre production, il intervient, couramment, pour aider ses collègues confrontés à des fils emmêlés ou à des machines défectueuses. « Certains fils à tisser coûtent cher. Lorsqu’ils se mélangent, il faut tout reprendre », a-t-il déploré. Amadou Diarra vend le mètre de tissu entre 2 000 et 4 000 Fcfa, selon le motif et la longueur. Il souligne que les touristes ne viennent désormais plus à Ségou, à l’occasion du Festival sur le Niger, ils passent leurs commandes en ligne et les colis leur sont envoyés. Difficile, dans ce cas, de sortir la tête de l’eau par les temps qui courent. Pour Yacouba Diarra, tisserand au village artisanal de Ségou, le marché n’est plus comme avant et cette situation a un impact financier considérable sur les artisans. Quant à Awa Coulibaly, artisane, elle est persuadée qu’« une plus grande valorisation de leurs créations à travers la publicité et la vente en ligne permettrait aux acteurs du secteur de vivre de leur art. » Elle évolue dans le domaine depuis sa tendre enfance et est capable de réaliser 10 à 15 mètres de tissus par jour. Awa explique que le métier demande l’apport de chaque partie du corps : les bras et les pieds qui sont constamment en mouvement. Toutefois, elle se réjouit de l’arrivée de visiteurs sénégalais et burkinabè dans leurs ateliers. « Quand ils viennent, on gagne beaucoup. Mais une fois qu’ils sont partis, tout redevient comme avant », affirme-t-elle. Déplorant la cherté des fils à tisser dont le prix varie entre 3 500 Fcfa et 4 500 Fcfa le paquet. Cependant, elle assure pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. AP/ADS/MD (AMAP)
Cartographie des Organisations de la société civile contre la corruption : Atelier de validation du Rapport provisoire
Bamako, le 24 déc (AMAP) L’atelier de validation du Rapport provisoire de la mission de réalisation de la cartographie des Organisations de la société civile (OSC) engagées dans la lutte contre la corruption, s’est ouvert, ce mercredi 24 décembre, à Bamako, a constaté l’AMAP. Selon le ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions, Bakary Traoré, qui a présidé l’ouverture des travaux, « conformément aux recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR), notre pays s’est engagé dans un vaste chantier d’amélioration de la gouvernance. » Notamment, à travers le renforcement de la transparence dans la gestion des Affaires publiques. C’est dans ce cadre que le gouvernement a adopté la Stratégie nationale de lutte contre la corruption, assortie d’un Plan d’actions couvrant la période 2023-2027, en vue de doter le Mali de mécanismes efficaces de prévention et de répression du fléau. « L’un des instruments prévus par ce Plan d’actions, pour renforcer la participation citoyenne et la veille sociale, est la création d’un Observatoire de lutte contre la corruption, qui servira de plateforme de suivi indépendant des efforts de lutte contre la corruption », a expliqué le ministre Bakary Traoré. Il a ajouté que la mise en place de cet observatoire nécessite, en amont, une cartographie des Organisations de la société civile (OSC) active dans le domaine de lutte contre la corruption. Le ministre a indiqué que cette cartographie permettra « de jeter les bases d’une structuration plus efficace du tissu associatif et contribuera à renforcer le rôle de la société civile dans la mise en oeuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption. » C’est dans cette perspective que le ministère de la Refondation de l’Etat, avec l’appui du PNUD, à travers le Projet de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite-phase-2, a engagé un consultant national pour réaliser une cartographie de l’ensemble des OSC du domaine. Selon lui, l’atelier constitue une étape importante du processus de renforcement du dispositif institutionnel de lutte contre la corruption car, il s’agit d’approuver les principales conclusions de la mission et recueillir les contributions des participants. OD/MD (AMAP)
Biennale artistique et culturelle Tombouctou : Comment intégrer le marché de l’art
Tombouctou, 25 déc (AMAP) Le Consortium Fonds africain pour la culture (ACF) / Fonds Maaya a organisé, mercredi, une table ronde au village artisanal de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, en marge de l’évènement, qui a réuni plusieurs acteurs culturels autour de la problématique de l’accès au marché pour les industries culturelles et créatives. La cérémonie officielle était présidée par le Chef de cabinet du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Dr Salia Malé. À ses côtés figuraient le président du Réseau Kya, Djibril Guissé, la responsable de la communication du Consortium, Mme Gabdo Ouattara, ainsi que Salah Touré, Conseiller national de Transition. Plusieurs acteurs culturels ont également pris part à la rencontre. Les travaux ont été coanimés par le critique d’art Chab Touré, le président de la Fédération du Mali, Adama Traoré, et le directeur général de l’Agence de promotion des entreprises et industries culturelles du Niger, Maki Garba. Les échanges ont porté sur les enjeux de la professionnalisation du secteur culturel, en lien avec les normes nationales et internationales. La formation des artistes a été identifiée comme un facteur déterminant pour l’accès au marché de l’art et le développement durable des industries culturelles. À l’issue des discussions, quatre piliers majeurs pour la promotion du secteur ont été dégagés : la structuration, le financement, la diffusion et la promotion, ainsi que la création et la découverte d’espaces culturels. Il a également été relevé que l’accès au marché repose sur la qualité des productions et le respect des exigences du secteur. Les débats ont permis de formuler plusieurs recommandations, notamment la structuration du secteur culturel, le renforcement des capacités des acteurs, la mise en place d’une structure unique et la création d’un fonds d’urgence au profit des artistes. La question du droit d’auteur a également été abordée au cours des échanges. AC/MD (AMAP)
Insertion professionnelle et renforcement de la résilience des jeunes en milieu rural : Lancement d’un projet
Bamako, 24 déc (AMAP) Le Projet contribution à l’insertion professionnelle et au renforcement de la résilience des jeunes en milieu rural au Mali (CIJR), qui concerne les Régions de Sikasso, Koutiala et Bougouni (Sud), a été lancé, mercredi, par le ministre de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la formation professionnelle, Mme Oumou Sall Seck, a constaté AMAP. « Je me réjouis de présider, aujourd’hui, le lancement de ce projet structurant, financé par le gouvernement du Mali à hauteur de 2,5 milliards de fcfa pour une durée de cinq ans », a précisé Oumou Sall Seck, qui s’exprimait, dans la salle de réunion de son département, en présence des représentants des gouverneurs des régions et entrepreneurs locaux bénéficiaires du projet. « Il permettra la création d’au moins 300 nouveaux emplois et l’amélioration de la qualité de 600 emplois existants, au bénéfice des jeunes femmes et hommes (dont la vision du président de la Transition est de faire le pilier central de la refondation pour bâtir un Mali souverain, stable et prospère) des régions de Sikasso, Koutiala et Bougouni », a précisé le ministre de l’Etreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Oumou Sall Seck a expliqué que « ce projet s’inscrit dans la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033, qui fait du secteur agro-sylvo-pastoral, de la diversification agricole et de l’emploi des jeunes des priorités nationales. » « Son lancement, aujourd’hui, marque ainsi l’aboutissement d’un processus exigeant et mûrement réfléchi, au service d’un objectif majeur : offrir aux jeunes ruraux des opportunités réelles d’insertion professionnelle, de résilience économique et de dignité », a évoqué le ministre Oumou Sall Seck. Selon elle, « les résultats attendus contribueront à renforcer les compétences productives des jeunes ruraux, à améliorer leur insertion dans les chaînes de valeur agricoles et à accroître leur compétitivité sur les marchés national et international. » « Il contribue également à la Vision, Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma, portée par les hautes autorités du pays, visant l’indépendance économique et financière et l’émergence d’un Mali apaisé et prospère. » Le ministre a rappelé que « ce programme, conçu dès 2021, a nécessité un important travail de maturation institutionnelle, de consolidation technique et d’alignement stratégique afin de garantir sa pleine efficacité et sa durabilité. » « Grâce à la volonté politique affirmée du général d’armée, Assimi Goïta, president de la Transition », a-t-elle dit. Elle a réaffirmé l’engagement total de toute l’équipe de son département « à accompagner le Coordinateur du projet, Bakary Sangaré, pour la mise en œuvre », tout en lui instruisant de s’atteler à apporter aux bénéficiaires l’acquisition de compétences, de savoir-faire et d’opportunités économiques durables. ST/MD (AMAP)
Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Ménaka et Kidal défendent la paix et la réconciliation
Envoyés spéciaux Amadou SOW Oumar DIOP Tombouctou, le 25 déc (AMAP) « Dans une atmosphère de fête, les troupes de Ménaka et Kidal ont présenté mardi dernier leurs disciplines devant le jury », rapportent nos envoyés spéciaux. Les disciplines en compétition étaient l’ensemble instrumental, le solo de chant, la pièce de théâtre et la danse traditionnelle. Auparavant, les orchestres régionaux de Tombouctou et Douentza avaient déjà concouru dans la salle Ali Farka Touré. Quelques heures plus tard, les festivaliers se sont retrouvés au terrain municipal de Tombouctou pour assister aux prestations des deux régions. C’est Ménaka, la dixième région administrative du Mali, qui a ouvert la soirée avec son ensemble instrumental intitulé « La cohésion sociale et le vivre-ensemble ». Cette composition lance un appel vibrant pour que la paix reprenne sa place dans chaque région, afin de restaurer la cohésion sociale et le vivre-ensemble qui ont toujours caractérisé le Mali. Elle a été suivie de la pièce de théâtre « Le silence des cimetières », qui dénonce la mauvaise gouvernance et les conditions de vie difficiles des enseignants. Elle évoque également le rôle des politiques et de l’Armée dans la reconstruction du pays.La danse traditionnelle « Ekanzam » a ensuite traité la culture comme facteur de paix et de cohésion sociale. À travers les pas de danse, les artistes expliquent que la paix et la cohésion sociale tirent leurs racines de la valorisation et de la préservation du patrimoine culturel. Le passage de Ménaka s’est achevé avec le solo de chant « La refondation du Mali en relation avec l’Alliance des États du Sahel ». Cette chanson met en lumière les sacrifices consentis par les Forces armées maliennes dans la refondation de l’État et plaide pour la paix et la réconciliation au sein des pays de l’AES. La troupe de Kidal a ensuite pris le relais. Elle a débuté par son ensemble instrumental consacré à la réconciliation, fondée sur nos valeurs culturelles et démocratiques. À travers cette création, Kidal lance un appel à tous les frères et sœurs à se donner la main pour retrouver le vivre-ensemble dans une paix durable. Le solo de chant, intitulé « Alhafiat » (qui signifie « la paix »), désigne un état de calme et de tranquillité, l’absence de troubles. Il célèbre la paix comme un idéal social et politique. La pièce de théâtre « Le chant du Tendé » se déroule dans une région récemment sortie d’un conflit armé. Elle retrace le parcours d’un village meurtri par la guerre et montre qu’à travers l’art, la musique et la danse, il est possible de guérir les blessures et d’avancer vers la réconciliation. Le Tendé est un instrument fédérateur utilisé chez les Touaregs et par la communauté Songhoy. La soirée s’est clôturée avec la danse traditionnelle « Cehim », une danse du terroir exécutée par les femmes à l’occasion des fêtes religieuses (Ramadan, Tabaski, Maouloud), des mariages et des baptêmes. Enfin, les troupes de Taoudéni et Koulikoro sont programmées ce mercredi 24 décembre au stade municipal de Tombouctou. AS/OS/MD
Le Sommet de la Confédération des États du Sahel confie au capitaine Ibrahim Traoré la présidence tournante (Communiqué final)
Bamako, 23 déc (AMAP) La 2ème session ordinaire du Collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES) a désigné, mardi, le capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, pour assurer la présidence tournante de la Confédération pour un mandat d’un an, a annoncé le ministre Malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, qui a lu le communiqué final du Sommet. En acceptant cette charge, le capitaine Traoré a rendu un hommage appuyé au leadership du Général d’armée Assimi Goïta et a promis de placer son mandat « sous le signe de la continuité et de la consolidation des acquis de la Feuille de route de l’An II. » Au cours de cette session, le chefs d’Etat de la confédération ont discuté de la situation politique, économique et sécuritaire de l’espace confédéral. Ils ont entériné les conclusions du Conseil des ministres tenu les jours précédents, saluant « les avancées majeures de l’An 1 de la Confédération. » Cette première étape a permis de forger une identité institutionnelle forte, marquée par l’adoption d’un logo, d’un drapeau, d’un hymne, ainsi que par le lancement imminent d’une Banque d’investissement, d’une radio et d’une télévision communes. « Pour faciliter l’intégration, le Collège a également instruit l’accélération de la baisse des tarifs de communication entre les trois États », selon le communiqué final. Sur le plan structurel, le sommet a été marqué par l’adoption de quatre protocoles additionnels. Ces instruments juridiques portent sur la défense et la sécurité, la coordination diplomatique, le développement économique et les sessions confédérales des Parlements. « Ces textes visent à établir une architecture institutionnelle solide pour transformer, à terme, la Confédération en une Fédération des trois États », indique-t-on. Abordant le contexte sécuritaire, les Chefs d’État « ont fermement condamné les tentatives de déstabilisation orchestrées par des groupes terroristes soutenus par des sponsors étatiques étrangers. » Ils se sont réjouis de la solidarité sans faille entre les membres de l’AES et des succès opérationnels de la Force Unifiée (FU-AES), « qui a réduit drastiquement les capacités de nuisance des groupes armés ». Face au « terrorisme médiatique et judiciaire », le Collège des chefs d’Etat a instruit les ministres « de renforcer la communication officielle et la coopération judiciaire pour protéger la souveraineté des États sur leurs ressources naturelles. » Sur le front diplomatique et économique, l’AES « s’affirme, désormais, comme une entité géopolitique incontournable. » Le Collège a salué la coordination des votes dans les instances internationales et l’implication croissante de la diaspora. Le financement des projets structurants sera désormais soutenu par le Prélèvement confédéral (PC-AES) et la nouvelle Banque confédérale pour le l’investissement et le développement (BCID-AES), « garantissant une souveraineté financière face aux partenaires extérieurs. » Concernant la CEDEAO, le Collège annonce avoir « pris acte des négociations en cours, réitérant son esprit constructif tout en plaçant l’intérêt des populations au sommet de ses priorités. » Tenue ce 23 décembre 2025 à Bamako, ce sommet a été présidée par le général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition du Mali, en compagnie de ses homologues, le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, et le général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République du Niger. En clôturant les travaux, le général d’Armée Assimi Goïta a remercié ses pairs pour leur soutien constant. Les Présidents Traoré et Tiani ont, à leur tour, exprimé leur gratitude envers le peuple malien pour l’accueil fraternel. La prochaine session du Collège des chefs d’Etat se tiendra « à une date qui sera fixée par voie diplomatique », marquant ainsi une nouvelle étape vers l’intégration totale des peuples du Sahel. SS/MD (AMAP)
Sommet AES à Bamako : Le Chef de l’Etat du Burkina Faso prévient d’un « hiver noir » en Afruqy-ue de l’Ouest comparable au « Printemps arabe »
Bamako, 23 déc (AMAP) Le Chef de l’Etat du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a brandi, mardi à Bamako, la menace d’un « hiver noir » qui vient comme « le Printemps arabe », dans un discours grave et engagé, à l’ouverture du 2è sommet des Chefs d’Etat de la Confédération des États du Sahel (AES), dans la salle Djeli Baba Sissoko du Centre international de conférences de Bamako (CICB), S’exprimant en présence de l’hôte du sommet, le général Assimi Goita du Mali et du président du Niger, le général d’Armée Abdourahamane Tiani, le capitaine Traoré, a présenté une Afrique de l’Ouest confrontée à un péril qu’il a qualifié d’«hiver noir », « L’hiver noir arrive, il sera très froid, sanglant et meurtrier », a-t-il prévenu, « Une période à venir marquée par des conflits, des divisions internes et des tentatives de déstabilisation orchestrées de l’extérieur », a-t-il ajouté. Se référant au « Printemps arabe », il a rappelé les conséquences dramatiques de ce bouleversement géopolitique et a exhorté les Africains à tirer les leçons de l’Histoire « pour éviter des scénarios similaires » Selon lui, la création de la Confédération de l’AES « vise précisément à préparer la Région à ce défi : unir les peuples, construire des protections symboliques et concrètes et créer des mécanismes de résistance face aux menaces extérieures et intérieures. » Le capitaine Traoré a insisté sur « la nécessité de renforcer l’unité africaine, de résister aux manipulations et à la haine entre communautés et de protéger les populations contre les influences destructrices. » « L’AES vaincra, l’AES grandira », a-t-il lancé, appelant à la sérénité et à la résilience collective. dans un message qu’il a voulu clair : « se préparer à l’hiver noir, c’est s’unir, renforcer la solidarité et agir ensemble pour garantir la paix, la sécurité et le développement durable de la sous-région. » Le ton de ce sommet a été donné, la veille lundi, par la mobilisation populaire des Maliens en accueillant le Président du Niger, le général d’Armée Abdourahamane Tiani. Ce mardi 23 décembre, le president du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré a foulé, à son tour, le sol du Mali. A leur arrivée, les hôtes ont eu droit à un bain de foule témoignant la chaleur humaine et l’hospitalité légendaire des Maliens. Au pas de course, les trois chefs d’ETat de l’AES ont procédé successivement à l’inauguration de la télévision AES et de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES). Avant de se retrouver au CICB pour lancer les travaux de ce 2è sommet. Pour sa part, le Président Abdourahamane Tiani a, plutôt, mis l’accent sur le contexte de la création de la Confédération le 6 juillet à Niamey. Le Général d’Armée Tiani a indiqué que « la sécurité précède le développement. » Il a salué le Président sortant de la Confédération, son homologue malien, pour « les résultats tangibles » obtenus en 17 mois de mise en œuvre de la feuille de route de la Confédération. Quant au général d’armée, Assimi Goïta, il a évoqué le bilan des trois piliers de l’AES en matière de défense etde sécurité, de diplomatie et de développement. du Président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta. NK/MD (AMAP)
Bamako, cœur battant de l’AES : Dans les coulisses d’un sommet historique
Par Souleymane SIDIBÉ Bamako, 23 déc (AMAP) Le Centre international de conférences de Bamako (CICB) a vibré, ce mardi 23 décembre 2025, au rythme de la deuxième session du Collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES). Plus qu’une simple rencontre diplomatique, l’événement s’est révélé être une démonstration de force, d’organisation et de ferveur patriotique. Dès les abords du CICB, le ton est donné. Un dispositif sécuritaire impressionnant, composé des Forces spéciales, de la Police et de la Protection civile, ceinture l’édifice. Rien n’est laissé au hasard : fouilles minutieuses, détecteurs de métaux et vigilance accrue. « Zéro incident enregistré », confie avec satisfaction un haut gradé de la police, soulignant que la sécurité est à la hauteur des enjeux de ce sommet historique. Des ambulances de l’hôpital Golden Life et de la Protection civile restent en alerte, prêtes à intervenir. Dans la cour du CICB, un spectacle haut en couleur. Les drapeaux du Burkina Faso, du Mali, du Niger et de la Confédération AES flottent de concert, portés par un vent qui semble souffler un air de renouveau sur la capitale malienne. Les portraits géants des trois présidents, en harmonie parfaite, accueillent les délégations. Sous les arbres, l’effervescence est palpable : chauffeurs, militaires et accompagnateurs attendent dans une atmosphère calme et sereine. À mesure que l’heure approche, l’affluence grandit. Les bus déversent un flot continu de participants. Dans les couloirs, l’inquiétude de ne pas trouver de place grandit : la salle de conférence est déjà comble. Les escaliers sont pris d’assaut par une foule hétéroclite (civils, militaires, jeunes et femmes) tous venus pour être témoin de l’histoire. Parmi eux, Omar Belem et Tapsoba Adama, membres de l’Unité pour l’avenir (UPA) issus de la communauté burkinabè, ne cachent pas leur émotion : « On se sent libérés. Nous sommes fiers des décisions prises pour que l’Africain retrouve sa dignité et son autosuffisance alimentaire », confient-ils. Mascotte à l’effigie du Président Ibrahim Traoré en main, ils rappellent l’engagement de leur association pour le soutien aux veuves et orphelins des soldats tombés au front. L’ambiance monte d’un cran avec l’entrée de l’Ensemble instrumental national du Mali. Vêtus de somptueux bazins blancs, les musiciens font résonner des sonorités africaines ancestrales et des chants patriotiques, rappelant le chemin parcouru depuis les indépendances. À 11h45, l’apothéose : l’entrée des trois Chefs d’État déclenche une explosion de joie. « On est fiers de vous ! », lance un jeune dans la foule, tandis que le slogan « AES, puissance magnifique ! » électrise la salle. Avant les discours officiels, une projection de film a retracé les avancées majeures de la Confédération : la création de la Force unifiée (FU-AES), la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCI-AES), le lancement du passeport biométrique et de la carte d’identité communs, ainsi que les projets de médias AES (radio, télé, agence de presse). Ce sommet de Bamako n’a pas seulement été une réunion de travail sur les trois piliers (Défense, Développement, Diplomatie), il est la preuve par l’image que l’intégration sahélienne est désormais une réalité vécue et portée par les peuples. SS/MD (AMAP)
Le président burkinabè au 2e sommet des Chefs d’État de l’AES à Bamako (Communiqué)
Bamako, 23 déc (AMAP) Le président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, Chef de l’État, participe, ce mardi à Bamako, au deuxième Sommet du Collège des chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), annonce une source officielle burkinabè à l’AMAP. Dans un communiqué, la Direction de la communication de la Présidence du Burkina Faso, cette rencontre de haut niveau qui réunit le capitaine Ibrahim Traoré et ses homologues du Mali et du Niger, évaluera le rapport de mise en œuvre de la feuille de route de l’an I de la création de la Confédération AES. Lors des travaux, précise la même source, plusieurs autres rapports sectoriels seront examinés et adoptés. Des décisions majeures devraient également être prises en vue de la consolidation des acquis institutionnels, politiques et stratégiques de la Confédération. Le Collège des Chefs d’État de l’AES se penchera également sur les grands défis auxquels fait face l’organisation régionale, notamment en matière de sécurité, de développement et de coopération régionale. En marge du sommet, le Président du Faso aura des échanges avec la communauté burkinabè vivant au Mali, « dans une dynamique de dialogue et de renforcement des liens avec ses compatriotes établis à l’extérieur. » Le capitaine Ibrahim Traoré, est arrivé, ce mardi 23 décembre à Bamako, où il a été accueilli par son homologue malien, président en exercice de la Confédération des États du Sahel (AES), le général d’Armée Assimi Goïta, à l’aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou. L’avion du chef d’État burkinabè a atteri, aux environs de 7 heures 35 minutes, à l’aéroport de Bamako où l’attendait sur le tarmac le chef de l’Etat du Mali, entouré du Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), le général de Corps d’armée Malick Diaw, des membres de gouvernement des pays de l´AES ainsi que ceux du corps diplomatique accrédité au Mali. OS/AC/MD (AMAP)

