L’intelligence artificielle au service de l’apprentissage des enfants au Mali
Crédit photo : UNICEF/UNI922640/Keïta. Légende : Dans le cadre de la septième édition du SEBA, les enfants ont bénéficié d’ateliers pratiques en salle informatique à la Cité des Enfants, où ils ont été initiés à la construction et au montage de robots. Au Mali, de nombreux élèves font face à des classes surchargées et à un manque de manuels scolaires. Pourtant, une nouvelle technologie commence à changer leur façon d’apprendre : l’intelligence artificielle (IA). De plus en plus utilisée par les élèves, elle devient un soutien précieux pour mieux comprendre les cours et réussir à l’école. Pour Abdoulaye, élève, en 11e série Sciences, l’IA est devenue un véritable assistant scolaire : « J’utilise des outils comme ChatGPT, Gemini et DeepSeek pour m’aider en physique, chimie et mathématiques. Je prends une photo de mes exercices, j’explique ce que je n’ai pas compris et l’IA me montre la solution étape par étape », raconte-t-il. Grâce à cette méthode, Abdoulaye progresse à son propre rythme. Il peut revenir sur chaque étape, poser plusieurs questions et mieux consolider ses connaissances, même lorsqu’il étudie seul à la maison. Dans plusieurs localités du Mali, les enseignants doivent encadrer un grand nombre d’élèves avec peu de ressources pédagogiques. Pour Aïcha, élève du fondamental, l’IA est une aide rassurante : « Quand le professeur n’a pas le temps de tout expliquer, je demande à l’IA. Elle m’aide à comprendre sans avoir peur de me tromper », confie-t-elle. Au-delà de l’aide aux devoirs, l’IA favorise la créativité, l’autonomie et la pensée critique. Les élèves peuvent explorer différentes méthodes de résolution, tester leurs idées et apprendre autrement. Cependant, l’IA ne remplace pas les enseignants. Elle agit comme un complément à l’enseignement traditionnel. « Les professeurs sont là pour nous guider, nous encourager et nous expliquer la réalité », souligne Abdoulaye. « L’IA nous aide surtout à mieux comprendre et à pratiquer. » Les enseignants jouent donc un rôle central dans l’orientation, la motivation et le suivi des élèves, tandis que l’IA permet un apprentissage plus personnalisé. Utilisée de manière responsable, l’intelligence artificielle offre un potentiel énorme pour améliorer l’éducation des enfants au Mali. Des outils comme ChatGPT, Gemini ou DeepSeek permettent aux élèves de mieux comprendre leurs leçons, de résoudre des exercices complexes et de développer des compétences essentielles pour le monde de demain. L’IA devient ainsi un allié important pour préparer les jeunes Maliens aux défis du XXIe siècle. Amadou, 11 ans Enfant journaliste – Région de Mopti
Le calvaire des filles vendeuses ambulantes à Bamako : l’histoire bouleversante de Mariam

Crédit photo : UNICEF/UN0293787/Keïta Légende : Image illustrative d’une fille travaillant sur un site d’orpaillage dans la région de Kayes. À Bamako, derrière les rues animées et les étals colorés, se cachent des destins brisés. Celui de Mariam*, 13 ans, en est un exemple poignant. Retirée de l’école pour vendre de l’eau et des fruits, elle incarne la réalité de milliers d’enfants privés de leurs droits fondamentaux. Mariam* vit chez sa tante à Magnambougou à Bamako. Depuis l’âge de neuf ans, elle arpente les rues, chargée de bassines d’eau et de paniers de fruits. « Je peux passer deux jours sans manger un repas complet », confie-t-elle, la voix basse. Ses journées sont longues, pénibles, et souvent dangereuses. Dans son témoignage, Mariam raconte les humiliations subies : vols et violences physiques. Elle est aussi exposée aux accidents de la circulation. « Je rentre tard la nuit et avant de dormir, je prépare les produits pour le lendemain », dit-elle. Une routine qui ne laisse aucune place à l’insouciance. Un rêve simple : retourner à l’école Malgré son quotidien éprouvant, Mariam garde une lueur d’espoir : reprendre ses études. « Je veux apprendre, avoir une vie meilleure », murmure-t-elle. Mais comme elle, des milliers d’enfants à Bamako sont contraints de travailler, sacrifiant leur droit à l’éducation, à la protection et à la santé. 📊 Chiffres clés 12,3 % d’enfants travaillent au Mali, selon le rapport de l’EMOP 2023. Ce récit interpelle chacun de nous. Derrière chaque vendeuse ambulante, il y a une histoire, un rêve, une vie en suspens. Investir dans la protection des enfants, c’est investir dans l’avenir du Mali. Maimouna, 12 ans et Ousmane, 13 ans, Enfants Journalistes du district de Bamako. * Noms modifiés pour protéger l’identité des enfants.
Éducation pour tous au Mali : un droit fondamental encore à concrétiser

Crédit photo : UNICEF/UNI688160/Bamba. Légende : Célébration de la Journée Mondiale de l’Enfance 2024 au Centre International de Conférence de Bamako, en présence de l’artiste malienne et championne des droits de l’enfant pour l’UNICEF Mali, Fatoumata Diawara. L’éducation est un droit fondamental qui devrait être garanti à chaque enfant, où qu’il vive. Au Mali, ce principe est reconnu par la loi. « Si l’éducation était vraiment pour tous, je serais avec ma famille. » Drissa, originaire de la région de Sikasso et élève à l’INAM à Bamako, vit difficilement l’inégalité d’accès à l’éducation : « Si l’éducation était vraiment accessible à tous, je ne passerais pas les vacances loin de ma famille. À Sikasso, il n’y a pas d’école adaptée pour moi. Je suis obligé de rester à Bamako », confie-t-il. Son témoignage met en lumière le manque d’inclusion à l’école dans certaines régions du pays, qui contraint des enfants à s’éloigner de leurs familles pour poursuivre leurs études. « Le Mali a fait des efforts, mais les défis restent énormes. » Pour Mme Bamba Alimata Dao, cheffe de division de l’éducation de base à l’académie de Sikasso, le principe de l’éducation pour tous existe bel et bien : « Depuis l’indépendance, le Mali dispose de lois, y compris dans sa Constitution, qui garantissent le droit à l’éducation gratuite pour tous les enfants, de la maternelle à l’enseignement supérieur. Le pays a aussi signé des conventions internationales, comme la convention relative aux droits de l’enfant. » Cependant, elle reconnaît que de nombreux obstacles subsistent, notamment pour les enfants ayant des besoins spécifiques : « Les écoles spécialisées sont insuffisantes et ne couvrent pas tous les besoins. Les infrastructures scolaires ne sont pas toujours adaptées et les enseignants manquent souvent de formation en matière d’inclusion. » Selon elle, l’État malien s’efforce de promouvoir une éducation inclusive, mais les efforts doivent être intensifiés, en particulier dans les zones rurales. Des actions concrètes restent nécessaires pour garantir une éducation réellement inclusive. Pour rendre l’éducation accessible à tous les enfants du Mali, plusieurs actions sont essentielles. Celles-ci vont de la sensibilisation partenariats avec les acteurs locaux en passant par la formation des enseignants à la prise en charge des enfants à besoins spécifiques, a l’adaptation des infrastructures scolaires, au soutien des familles démunies et a l’intégration des langues nationales dans l’enseignement. Garantir l’éducation pour tous aujourd’hui, c’est construire un avenir meilleur pour le pays demain. Mamadou, 14 ans et Fata, 16 ans Enfants journalistes – District de Bamako
L’école fermée, l’avenir en suspens : récits d’enfants en zone de conflit

Crédit photo : UNICEF/UNI430630/N’Daou Légende : Le Directeur Exécutif Adjoint de l’UNICEF, Ted Chaiban (chemise bleue), ici lors d’une visite d’un espace d’apprentissage temporaire aménagé par l’UNICEF avec le soutien de la République d’Allemagne en Aout 2023. Dans la région de Gao, plusieurs écoles restent non fonctionnelles à cause de la crise sécuritaire et humanitaire. De nombreux enfants ne vont plus à l’école. Depuis plus d’une décennie, notre pays connaît un conflit armé. Cette situation a affecté tous les secteurs socio-économiques et culturels. Ainsi, plusieurs familles ont été contraintes de quitter leur localité. Avec ce conflit les écoles sont non fonctionnelles. Cette situation touche plus particulièrement les enfants car elle les empêche de regagner les classes et cela peut entrainer leur déscolarisation. Gao est l’une des capitales régionales confrontée à cette situation qui a fait en sorte que beaucoup d’enfants sont déscolarisés. 12% soit 109 écoles sont fermées privant 333000 enfants de leur droit à l’éducation, selon le rapport d cluster de l’éducation de novembre 2025. Quand les enfants ne vont pas à l’école, cela peut les exposer à d’autres risques tels que le mariage précoce, l’exode rural ou l’engagement dans la délinquance. Ils peuvent être utilisés par des adultes de façons malintentionnées. À Gao, les autorités régionales, l’UNICEF et les partenaires travaillent ensemble pour que les enfants aient une bonne école où ils se sentent en sécurité. Un exemple est le programme Programme de Résilience Pluriannuel MYRP, dont la phase deux a été lancée le 15 mai 2025 grâce au soutien d’Education Cannot Wait. Ce programme couvre la région de Gao où il aide 717 écoles et touche plus de 55 000 enfants, dont 28 160 filles et 23 637 enfants vulnérables (PDI, réfugiés, en situation de handicap). Les actions aident les enfants à être en sécurité, à avoir de l’eau propre, une bonne hygiène et à mieux apprendre. Dans 178 écoles où les cours avaient été arrêtés, les Comités de Gestion Scolaire ont été renforcés et ont été renforcés et dotés de plans d’action pour rouvrir les écoles et faire revenir les élèves et les enseignants. L’UNICEF a aussi construit ou réparé des classes : 26 salles, 27 espaces temporaires et 7 centres pour les plus petits, pour que plus d’enfants puissent retourner en classe. Grâce à l’aide donnée aux familles, via des transferts monétaires, aux repas à l’école et aux stratégies de scolarisation accélérée, 44 550 enfants qui n’allaient plus à l’école ont pu y retourner. Et 351 adolescents apprennent maintenant un métier et reçoivent du matériel et un petit soutien pour commencer. Pour aider les enfants à mieux apprendre, 433 enseignants et animateurs ont été formés et ont reçu du matériel. Aussi 31 002 enfants ont eu des kits scolaires et des cours de soutien qui les aident à mieux comprendre leurs leçons. Assetou, 15 ans, Enfant journaliste – Région de Gao
Kangaba : Les travaux préliminaires de la réfection septennale du Kamablon ont débuté samedi

Kangaba, 13 avril (AMAP) Les travaux préliminaires de la réfection septennale de la case sacrée de Kangaba (Kamablon) ont débuté samedi, avec la mobilisation de centaines de jeunes pour des travaux d’intérêt public, première étape de cette cérémonie traditionnelle organisée tous les sept ans, a constaté l’AMAP. Cette phase consiste en la participation des adolescents âgés de 13 à 17 ans à des travaux communautaires, avant les travaux de réfection proprement dits. Après concertation, les sages de Kangaba ont confié aux jeunes le curage du canal longeant la route goudronnée traversant la ville. Encadrés par leurs aînés, ces jeunes, venus de Kangaba et des localités environnantes, exécutent ces travaux dans le cadre d’un rite marquant leur passage à une nouvelle étape de leur vie. Le préfet du cercle, Abou Dao, s’est dit satisfait du démarrage des activités et a instruit les Forces de défense et de sécurité d’appuyer les jeunes. «La cérémonie de réfection septennale de la case sacrée de Kangaba est une tradition qui se situe en droite ligne des aspirations du Président de la Transition qui a fait des années 2025-2026 années de l’éducation et de la culture», a-t-il déclaré. Les jeunes participants ont, pour leur part, pris l’engagement de mener les travaux à terme dans les délais. «C’est l’union qui fait la force», ont-ils affirmé, promettant d’accomplir leur tâche «dans un bref délai pour passer à autres choses et être baptisé dans l’honneur et la dignité». Le Chef de l’exécutif local, accompagné d’une délégation, s’est également rendu chez le chef de village pour apporter la contribution des autorités administratives et sécuritaires à cette cérémonie. Les autorités traditionnelles ont salué l’initiative, estimant qu’«assister à une cérémonie de réfection septennale du Kamablon est une chance qui n’est pas donnée à n’importe qui», tout en formulant des bénédictions pour «un Mali apaisé, prospère, solidaire et enraciné dans la tradition». SD/CMT (AMAP)
Neguela : Sept (7) morts et sept (7) blessés dans un accident de la circulation

Bamako, 14 avril (AMAP) Sept (7) personnes ont trouvé la mort lundi et sept (7) autres blessés dans un accident de la circulation survenu à l’entrée de la ville de Neguela, à 65 km de Bamako à l’ouest du pays, a appris l’AMAP de source sécuritaire La même source précise qu’ aux environs de 13 heures deux véhicules de transport en commun appelés communément « Sotrama » quittant Kati pour la foire hebdomadaire de Neguela, dans une course poursuite sont entrées en collision avec un camion muni d’une grue . Selon toujours notre source sur place, le bilan fait état de 7 morts dont plusieurs femmes et des enfants et 7 blessés graves tous évacués aux centres de santé de Kati. Quant aux chauffeurs des deux sotromas, tous ont été mis aux arrêts, selon les autorités communales et l’un aurait une jambe cassée. Un habitant d’un hameau de culture de la localité qui a lui seul perdu deux filles et un petit fils dans ce drame est inconsolable depuis hier. Rappelons que Neguela est un gros village de la commune de Bossofala, cercle de Neguela, région de Koulikoro. C’est sur la route de Kita à 40 km de la ville de Kati. ALK/KM (AMAP)
Environnement social et familial : un pilier essentiel du bien-être de l’enfant au Mali

Crédit photo : UNICEF/UNI519516/Keïta Légende : Portrait de Fadimata 4 ans, joyeuse juste après son retour du jardin d’enfant avec avec sa maman Kadia Keita dans leur maison à Ségou. Le bien-être d’un enfant ne se limite pas à sa santé physique ou à ses résultats scolaires. Il dépend aussi, et surtout, de l’environnement social et familial dans lequel il grandit. C’est dans ce cadre que l’enfant apprend à aimer, à respecter les autres et à trouver sa place dans la société. L’environnement familial au Mali tout comme ailleurs, constitue la première base du développement de l’enfant. Il lui apporte l’amour, la sécurité, la stabilité et les premières règles de vie en société. Un cadre sain favorise son épanouissement émotionnel, social et intellectuel. L’environnement façonne la personnalité de l’enfant Selon Mme Bamba Alimata Dao, sociologue et éducatrice basée à Sikasso, l’environnement social joue un rôle déterminant dans la vie de l’enfant : « L’environnement social dans son ensemble influence profondément la personnalité de l’enfant et la personne qu’il deviendra à l’avenir. Un enfant qui grandit dans un environnement malsain peut subir des conséquences négatives. » Elle explique que les conflits familiaux, le manque de respect entre les parents ou une mauvaise fréquentation peuvent affecter l’enfant : « Lorsqu’un enfant est témoin de disputes à la maison ou exposé à de mauvaises influences dans la rue, il peut être orienté vers des comportements déviants ou la délinquance. » Pour Mme Bamba, la famille est le premier espace d’apprentissage : « Les parents doivent être des modèles pour leurs enfants. Ils doivent leur apprendre les bonnes valeurs, la manière de parler, de se comporter devant les aînés et surtout le respect. » Elle insiste sur la responsabilité des parents dans la transmission des bonnes manières et du vivre-ensemble. La rue et l’école : des influences à ne pas négliger L’environnement extérieur, notamment la rue, influence également l’enfant : « Entre eux, les enfants apprennent beaucoup de choses, parfois positives, parfois négatives. Ils peuvent être exposés à la violence ou à l’irrespect. C’est pourquoi l’environnement extérieur doit aussi contribuer à une éducation saine. » L’école, quant à elle, joue un rôle complémentaire : « L’école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage scolaire, mais aussi un espace de socialisation où l’on transmet des valeurs comme la discipline, le respect et le vivre-ensemble. » Offrir un cadre sain pour construire l’avenir Pour devenir une personne équilibrée et responsable, l’enfant a besoin d’un environnement sain et protecteur. « Être parent, c’est une grande responsabilité. Il faut tout mettre en œuvre pour offrir à l’enfant une bonne éducation et lui transmettre les valeurs qui feront de lui un adulte responsable demain », conclut Mme Bamba Alimata Dao. Protéger l’environnement social et familial de l’enfant, c’est investir dans l’avenir de toute la société. Cette mission relève d’une responsabilité partagée par toutes les composantes de la société dont les parents en premier lieu. Adiaratou, 16 ans Enfant journaliste – Région de Ségou
Diré : Un jeune assassiné en détention par les terroristes à Kirchamba

Bamako, 13 avril (AMAP) Un jeune répondant au nom de Mahamoudou Mahamane Traoré a été assassiné ce lundi, par ses ravisseurs, dans la localité de Kirchamba, Cercle de Diré, au nord du pays, a appris l’AMAP de source locale. La même source précise que le jeune avait été enlevé au mois de décembre dernier alors qu’il récoltait son champ Selon la même source, les terroristes ont accusé le jeune d’avoir été candidat au recrutement dans l’Armée en 2024 Notre source a déclaré que dimanche dernier, les terroristes ont tenu une réunion sur la place publique de Kirchamba pour informer le village que Mahamoudou Mahamane Traoré est mort en détention. « Il est décedé en détention » a affirmé les terroristes, selon notre source. BD/CTM (AMAP)
La sécurité des enfants sur le chemin de l’école au Mali : la peur quotidienne des parents

Crédit photo : UNICEF/UN0580319/Keïta Légende : Tableau réalisé par un enfant lors de la quinzième édition d’Oxyjeunes, organisée dans la région de Koulikoro en septembre 2021. Cette œuvre lance un appel à renforcer la sécurité routière, notamment la traversée des routes par les enfants lorsqu’ils se rendent à l’école. Chaque matin, des milliers d’enfants maliens prennent la route de l’école. Pour beaucoup de parents, ce trajet est une source permanente d’inquiétudes. Parmi les victimes figurent de nombreux jeunes et enfants. Le ministère des Transports. Selon l’Agence Nationale de la Sécurité Routière (ANASER), 7685 accidents de la route ont été enregistrés en 2023, causant 689 décès et 7938 blessés. Parmi les victimes figurent de nombreux jeunes et enfants. Le ministère des Transports du Mali indique que près de 70 % de ces accidents sont dus au comportement humain, notamment l’excès de vitesse et le non-respect du code de la route. « Chaque matin, je prie pour qu’ils arrivent à l’école sains et saufs » – Devant une école primaire de Bamako, une mère de deux élèves, partage son angoisse : « La route est très étroite et remplie de motos. Chaque matin, je prie pour que mon fils arrive à l’école sain et sauf. Il n’y a même pas de passage piéton. » Comme elle, de nombreux parents s’inquiètent de l’insécurité aux abords des écoles, surtout aux heures de pointe. Le mélange des motos, bus, tricycles et piétons rend la circulation très dangereuse. Les spécialistes expliquent que les enfants ont du mal à estimer la vitesse des véhicules, ce qui les expose davantage aux accidents. Les distractions, comme l’utilisation du téléphone ou des écouteurs, augmentent aussi les risques, tout comme les conditions météorologiques qui rendent la route glissante pendant la saison des pluies et réduisent la visibilité pendant les tempêtes de sables, fréquentes ici à Tombouctou. Pour Madame Adiawiakoye, enseignante en deuxième année à l’école Abba Cisse de Tombouctou, la solution passe par l’éducation : « Nous faisons des cours en morale sur la sécurité routière, mais cela ne suffit pas, il faut aussi faire des activités pratiques pour mieux faire comprendre aux enfants. » La sécurité routière des enfants au Mali concerne tout le monde : parents, enseignants, autorités et citoyens. Améliorer les infrastructures, respecter le code de la route et sensibiliser les enfants sont des actions essentielles pour réduire les accidents. Protéger les enfants sur le chemin de l’école, c’est protéger l’avenir du Mali. Ensemble, rendons les trajets scolaires plus sûrs. Hamidou, 17 ans Enfant journaliste – Région de Tombouctou
Tombouctou : Quand le jeu devient un souffle de liberté pour les enfants

Crédit photo : Arkia, 15 ans. Légende : Un angle de vue du parc Bouctou de la région de Tombouctou. À Tombouctou, après une journée d’école, les enfants cherchent un espace où ils peuvent rire, courir et oublier la fatigue des cours. Mais ces lieux de respiration sont rares. Entre espoir et réalité, les enfants plongés dans un univers où le jeu devient un enjeu de société. Le soleil décline à Tombouctou. Dans le Parc Bouctou, des éclats de rire résonnent. Ali, 10 ans, court derrière un ballon, ses sandales à la main. « Quand je viens ici, je me sens libre », dit-il, le visage illuminé. Autour de lui, des enfants parfois accompagnés de leurs parents, improvisent des jeux, échangent des secrets. Pour eux, ces instants sont précieux. Aminata, 9 ans, observe la scène avec un sourire timide : « J’aime venir au parc parce qu’on rencontre d’autres enfants et on apprend à partager. Mais il n’y a pas assez d’endroits comme ça. » Son constat est simple, mais il révèle une réalité : ces espaces sont trop peu nombreux pour répondre à la demande. Ces aires de jeux extrascolaires ne sont pas de simples lieux de divertissement. Elles sont des bulles d’oxygène. « Les jeux en groupe inculquent la solidarité et le respect des règles », explique Mme Anna Diallo éducatrice au jardin d’enfants Beyrey de Tombouctou. Pour elle, ces espaces sont des laboratoires sociaux où les enfants apprennent à vivre ensemble. Les familles saluent ces initiatives, mais elles en mesurent aussi les limites. « Avant, mon fils restait enfermé à la maison après l’école. Maintenant, il joue, il rit et il revient heureux », témoigne Mme Haidara Anna Diallo, mère de trois enfants. Yehia Dicko, père d’une fillette de 8 ans, explique pour sa part : « Ces espaces sont sécurisés et encadrés, mais il n’y en a pas assez. Nous souhaitons que l’État en construise davantage. » Pour Fatoumata Hamadoun, chargée de l’éducation au bureau de l’UNICEF à Tombouctou, la question ne se pose pas : « Les aires de jeux extrascolaires ne sont pas un luxe, mais une nécessité. Elles contribuent à l’équilibre émotionnel et social des enfants, favorisent leur apprentissage informel et renforcent leur capacité à interagir avec les autres. Investir dans ces espaces, c’est investir dans la santé mentale et le futur des enfants. » Les enfants eux-mêmes portent ce message avec force. « Nous voulons plus de parcs pour jouer, comme la Cité des Enfants à Bamako », lance Abdel Kader, 14 ans, les yeux brillants d’espoir, tout juste de retour du Salon de l’Enfance de Bamako, une activité organisée chaque année pendant les congés de décembre pour les enfants. Derrière cette demande, il y a un rêve simple : celui d’une enfance où le jeu n’est pas un privilège, mais un droit. Arkia, 15 ans Enfant journaliste – Région de Tombouctou

