Coopération : L’Union européenne et l’Union africaine prêtes à relancer leurs efforts de développement au Mali

Bamako, 4 Oct (AMAP) Le Premier ministre, Moctar Ouane, a accordé, vendredi, des audiences à l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Mali, Bart Ouvry, et le chef de la Mission de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel (MISAHEL), Pierre Buyoya, venus annoncer, au chef du gouvernement, leur soutien à la Transition au Mali, Les échanges, avec les deux personnalités reçues, successivement, par le chef du gouvernement de la Transition, ont tourné autour des efforts pour appuyer le retour de l’Etat malien sur tout le territoire, préparer des élections, progresser dans la construction de la route Alatona-Tombouctou, et aider le Mali à revenir à un ordre constitutionnel normal, « dans les meilleurs délais ». Lors de son entretien avec le Premier ministre, l’ambassadeur de l’UE au Mali, Bart Ouvry, parlant de la coopération entre l’Europe et le Mali, a annoncé que certaines décisions doivent être prises par le gouvernement de la Transition, avant la fin de cette année. M. Ouvry a indiqué que ces décisions concernent des dossiers concrets. Par exemple, « la route de Tombouctou sur laquelle nous espérons progresser, bientôt, la préparation des élections mais, avant, le dossier du retour de l’Etat sur tout le territoire du Mali, sur lequel l’Union européenne et d’autres partenaires internationaux travaillent, jour après jour, pour intensifier notre appui à la présence de l’Etat malien, partout sur le territoire ». Le diplomate européen a dit avoir noté la volonté du Premier ministre, avec son gouvernement, qui est en cours de formation, de faire un suivi immédiat de sorte que des réalisations concrètes soient possibles sur le terrain. De son côté, le représentant de l’UA pour le Sahel, Pierre Buyoya, est venu assurer le chef du gouvernement de la transition de l’expérience de l’organisation africaine, dans le cadre du bon déroulement de cette période que vit le Mali. « Nous l’avions fait, ici, au Mali en 2012 », a-t-il rappelé. Il a ajouté qu’un groupe international de suivi de la transition, co-présidé par l’UA, les Nations unies et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a été créé à l’époque. « A travers ce groupe, a-t-il dit, nous nous sommes réunis, régulièrement, pour mobiliser tous les partenaires du Mali afin qu’ils soutiennent la transition ». OD/MD (AMAP)

Poisson de mer : Les prix prennent l’ascenseur

Par Maimouna SOW Bamako, 2 Oct (AMAP) Si l’hivernage nous livre les aliments frais de la nature, il nous prive de certains condiments essentiels pour une sauce délicieuse. Qui peut préparer sans viande, ni poisson, encore moins l’oignon et l’ail ? Les prix de ces produits, indispensables au panier de la ménagère, ont pris l’ascenseur. Les vendeuses prétextent la crise politique et l’hivernage pour justifier l’augmentation, les ménagères dénoncent la hausse des prix et l’amour du gain ainsi qu’une pratique qui tue le marché. Le poisson de mer voit son prix grimper en flèche, depuis le début de la saison pluvieuse. Importé de plusieurs pays voisins, il permet aux familles, plus ou moins aisées, de profiter, elles aussi, des bienfaits du vertébré aquatique (riche en protéine). Le poisson de mer a comblé le fossé entre les couches de la société. Autrement dit, les riches ne sont pas les seuls à l’avoir dans l’assiette. Les moins nantis, eux aussi, grâce au prix abordable, peuvent se le procurer. Du moins. C’est ce qu’a cru Mme Sylla, jusqu’à ce que la réalité la rattrape, ce matin du 15 septembre. Avec peu d’argent, elle repartait, habituellement, avec assez de poissons. Mais cette année, les prix sont vertigineux et l’étonnement est à son comble chez la ménagère. Le mets du jour de la dame risque de décevoir plus d’un. Au marché « Soukouni-Coura » qu’elle connait sur le bout des doigts, quel ne fut son étonnement ! La vendeuse de poissons lui annonce les nouveaux prix. Elle reste interloquée ! Momentanément incapable de placer un mot. Sa surprise était palpable. Finalement, Mme Sylla marmonne, inconsciemment, les prix «  700, 750 Fcfa pour les petits poissons, 900 et 1.250 Fcfa pour les grands ». Ayant, pour ainsi dire, retrouvé la lucidité, elle rétorque, non sans énervement, à la vendeuse. « Mais c’est trop cher ! C’est loin du prix habituel, pourquoi cette augmentation ?», interroge-t-elle. La réponse de la mareyeuse ne se fait pas attendre. «Je ne suis qu’une revendeuse, vous savez, tous, ce qui se passe dans ce pays». La discussion prend des allures de polémique. «C’est pas une raison ! Vous n’êtes que des sangsues (Ndlr, un ver à anneaux aquatique qui se nourrit de sang), vous sucez notre sang ! » réagit violemment la ménagère. Elle a saisi l’opportunité de déverser sa bile à propos de l’augmentation du prix du poisson. « C’est vrai que nos frontières sont fermées, mais les denrées de première nécessité sont exemptes des sanctions de la CEDEAO (Ndlr, Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Il ne doit donc pas y avoir une telle différence», ajoute-elle. La différence constatée sur le kg du poisson varie entre 200 à 250 Fcfa. L’écart est assez grand, en tout cas suffisant pour mettre en colère les ménagères qui n’apprécient guère la situation. Prise de court par la réaction de la clientèle, la mareyeuse reste sans réaction, jusqu’à ce que sa voisine, une autre commerçante, vole à son secours. « Vous savez Mesdames, en cette période d’hivernage tout devient cher, la mer prend du volume et les poissons sont difficiles à pêcher. Idem pour les poissons d’eau douce, plus le fleuve est rempli, plus les poissons vont au fond de l’eau et nos pêcheurs ne trouvent que des petites espèces », plaide-t-elle. « En outre, dans peu de temps, ces petits poissons vont inonder le marché. Mais une chose est sûre, le prix du poisson a toujours été instable », soutient la dame, avant de préciser que le prix peut varier, au moins, deux fois dans la journée. Pour elle, certains cartons de 20 kg ont augmenté jusqu’à 5.000 Fcfa, ce qui influe forcément sur la vente. Au marché « Soukouni Coura », appelé aussi marché du poisson, la machine commerciale est grippée en ce moment et le prix y est pour quelque chose. Selon les avis de diverses vendeuses, elles ne cherchent que 50 Fcfa de bénéfice sur le kg. Qui croire, entre vendeuses et clientes ? Pour tirer son épingle du jeu, Mlle Haidara a fait le choix d’un marketing agressif pour écouler beaucoup de marchandises. Grâce à son sourire et sa bonne humeur, difficile pour la clientèle de s’échapper de ses griffes. « Venez voir, je vous offre le meilleur prix de la place. Je ne cherche pas à faire du surprofit. Tout le monde gagne avec. C’est du poisson sain». Sans doute, accueillant toujours les clientes avec bonhomie, elle semble s’en sortir mieux que les autres. Dans ce marché idéal pour faire la provision du mois, on trouve à moindre coût, presque tous les aliments, surtout ceux qui sont importés. Poisson, « attiéké », « aloco (banane plantain », pomme de terre, avocat, oignon, ail etc. Mme Sylla fait ses achats mensuels. C’est avantageux de procéder ainsi, car il y a toujours une différence entre le prix d’ici et ceux des autres marchés. « Le poisson que j’achète ici à 700 Fcfa le kg est cédé, dans mon quartier, à 1000 Fcfa et ceux d’eau douce que l’on a ici à 1.250 le kg sont vendus, chez nous, à 2000 Fcfa». Selon cette femme au foyer, il faut juste admettre que les gens n’ont pas d’argent. Elle qui fait sa provision mensuelle, habituellement, se contente, cette fois-ci, d’achats pour une semaine. Pour Mme Diallo Balki Traoré, le prix de certains produits grimpe en flèche. L’ail, le persil, l’oignon, tout est hors de portée. En « plus du poisson, je viens d’acheter un kg d’oignon à 500 Fcfa, c’est trop cher pour le citoyen lambda. Pire, ça peut culminer jusqu’à 750 Fcfa», s’indigne-t-elle. A l’en croire, l’idée de faire le marché, en ce moment, effraie plus d’une ménagère, car on peut dépenser tout l’argent de la popote pour peu d’aliments. Pendant la grande chaleur, le poisson importé est abondant et le prix est bas. Maqueron shasha, tilapia, milieu, tiopa zébré sont, entre autres, variétés qui inondent nos marchés. « Elles sont importées du Sénégal, du Maroc, de la Mauritanie, de la Chine, de la Côte d’Ivoire », nous confie Koura Traore, âgée d’une trentaine d’années. Cet après midi, sous un temps orageux, Coura, couchée sur un

Kadiolo : Affrontements sanglants à Bananso pour un site d’orpaillage (Sources locales)

Kadiolo, 2 Oct (AMAP) Des affrontements entre populations, samedi dernier, ont fait quatre blessés dont deux cas graves et des dégâts matériels, dans le village de Bananso, à 67 km de Kadiolo, précisément dans la Commune de Fourou, dans le Sud du Mali, a appris l’AMAP. Pour la propriété d’un site d’orpaillage, les jeunes du même village se sont affrontés, à coups de machettes, de fusils, de bâtons et autres objets tranchants. Il n’y a pas eu de perte en vies humaines, selon le bilan fourni par des sources sur place. Les blessés ont été évacués au centre de santé de Kadiolo et à l’hôpital de Sikasso. Chacune des parties réclame la paternité de ce site d’orpaillage que la communauté villageoise exploitait, illégalement. Aujourd’hui, un quartier exige le droit exclusif de propriété du site. En réalité, la zone litigieuse est une propriété de la Société des mines d’or de Syama (SOMISSY SA). Donc son exploitation par quiconque est illégale. Les services de sécurité de Kadiolo se contentent de rappeler que l’exploitation du site contesté a été suspendue par les pouvoirs publics. Avec l’arrivée de l’hivernage, le préfet a pris une décision pour la fermeture de tous les sites d’orpaillage du Cercle de Kadiolo. Mais, les orpailleurs du village ont ignoré cette interdiction pour prendre le contrôle de la gestion du placer. Les jeunes des quartiers de Watola et de Karamogola seraient à l’origine des tragiques événements du samedi dernier, Le groupe de jeunes Watola se serait rendu sur la partie du site qu’exploitent des jeunes de Karamogola, dans le but de les empêcher d’extraire le métal jaune. Ils auraient éteint, d’abord, la motopompe. Ce geste aurait donné le départ des accrochages entre les deux camps. Aux dernières nouvelles, le calme est revenu sur le site. Et la gendarmerie de Kadiolo dépêchée sur les lieux est en train d’enquêter pour élucider la situation. Le village de Banansso est considéré, aujourd’hui, comme un eldorado. De très nombreux habitants ont bâti fortune grâce au métal jaune. Les maisons en banco ont cédé la place à de luxueuses villas et des maisons à étages. De grosses motos et des voitures y circulent partout. Toute cette richesse provient du sous sol du village gorgé d’or. Depuis, une farouche rivalité s’est installée entre les villageois et les quartiers, chacun réclamant le droit de propriété sur le site orifère. Dans un premier temps, l’exploitation se faisait par rotation des quartiers et les familles se partageaient les recettes. NIO/MD (AMAP)

Pratiques coloniales: L’or de la Banque de France à Kayes, au Mali

Par Dr Ibrahima MAIGA  Bamako, 2 Oct (AMAP) Episode insolite que cette féerique quantité d’or, propriété de l’auguste Banque de France, cachée et sécurisée à Kayes, au Soudan Français, deux semaines seulement avant la déroute de l’Armée française, pendant la Deuxième guerre mondiale ! Le fait est connu. Il a été conséquemment documenté par quelques historiens et spécialistes de cette époque-là, dont des chercheurs maliens. Il faut, cependant, aller plus loin dans l’effort de reconnaissance et même de compensation en ces temps où des théoriciens d’un nouveau genre professent que l’histoire et la mémoire doivent être dissociés ! En 1996, l’économiste malien, Dr Guimbala Diakité a, le premier, évoqué « l’histoire de cet or de la Banque de France », dans les colonnes de l’hebdomadaire malien « Le Républicain ». Au-delà de l’information factuelle, Guimballa a avancé l’idée d’une indemnisation, au regard des risques qui ont pesé sur les populations locales. En 2019, l’économiste et essayiste malien, Cheikna Bounajiim Cissé, s’est intéressé au sujet. Il a publié aux éditions Bo D « FCFA : Face Cachée de la Finance Africaine ». Après une description de l’itinéraire du précieux métal, Cissé a insisté sur le travail des porteurs africains qui ignoraient tout de l’objet de leur réquisition, des porteurs qui sont passés inaperçus dans les versions rapportées par les Français. Mais, « Combien de Français savent que la moitié de l’or de leur pays (1 100 tonnes), convoité et activement recherché par l’Allemagne hitlérienne, a été caché après moult péripéties dans une petite bourgade africaine, à l’Ouest du Mali », s’est interrogé l’auteur ? Dix ans auparavant, en 2001, l’historien Bakary Kamian a documenté la présence et l’entreposage de l’or français à Kayes. Dans son ouvrage « Des tranchées de Verdun à l’église Saint Bernard.. », il nous donne des indications de taille sur les lieux, les bâtiments qui ont abrité le métal jaune. Le bâtiment qui portait le numéro 5 était une propriété de la régie des chemins de fer, « le Dakar-Niger ». Il est aujourd’hui un édifice quelconque. « Aucun écrit, aucune enseigne, aucun monument, aucune mention dans un livre d’histoire ou dans un manuel scolaire, n’évoquent ce devoir de mémoire, n’indique que Kayes, première capitale du Soudan français, a polarisé le regard et l’espérance de tous ceux qui, en France, sous l’occupation et hors de la France, avaient la responsabilité de protéger cette partie essentielle de la richesse nationale ayant échappé à l’ennemi, le trésor de la Banque de France. Les sans-papiers des foyers d’émigrés maliens, en majorité de Kayes et de sa Région, ignorent totalement cette aventure du trésor français sur les rives du Sénégal, dans la capitale du Khasso, aux heures sombres de l’histoire de la France et les services rendus à l’ancienne métropole », s’est-il indigné. (P. 327) Comme pour répondre aux préoccupations soulevées par Cissé, il y a une documentation consistante sur le sujet en France. La Banque de France, elle-même dispose d’archives structurées sur ce magot qui a échoué à Kayes et tant d’autres destinations. Didier Bruneel, conseiller auprès du gouverneur de la Banque de France pour les questions historiques et directeur général honoraire de la même institution, a donné un récit fin et fouillé de l’odyssée du trésor français. Dans « L’incroyable sauvetage des 736 tonnes d’or de la Banque de France ! » («  Cahiers Anecdotiques de la Banque de France », N° 26, 2007), il retrace quasiment les minutes d’une opération hautement stratégique et dangereuse. Son récit est d’autant plus pénétrant que l’opération s’est déroulée quasiment sous la menace des armées allemandes. Le 17 mars 2013 et le 2 février 2014, « France 5 » a télédiffusé « L’or de la France a disparu », un film documentaire réalisé par Alain-Gilles Minella et Jean-Philippe Immarigeon. Les auteurs ont pu reconstituer les étapes. Ils ont également recueilli plusieurs témoignages qui valorisent essentiellement le travail abattu par les agents de la Banque de France qui ont réussi l’exploit du sauvetage. Cette investigation fait l’impasse sur le travail de bouviers de tous les ouvriers et soldats, qu’ils soient français ou africains. L’accent a été mis sur l’organisation intellectuelle qui a pu concevoir et exécuter le transport et la sécurisation de la marchandise. De ce point de vue, la question précédemment posée par Cissé garde toute ta pertinence. LES FAITS ET LES EVENEMENTS – En 1940, après seulement six mois de combats, après le déclenchement de la Deuxième guerre mondiale, la France a capitulé. Le 15 juin, l’Armée allemande a pris la ville de Paris. Le 23 juin 1940, Hitler y débarque en conquérant. Il s’arrête à l’Opéra qu’il apprécie en connaisseur, « Le plus beau théâtre du monde » (Le Parisien), surfe sur les grandes places de la ville, s’arrête aux Invalides, …… Il se fait photographier devant la tour Eiffel. C’est l’absolue humiliation, une fois de plus, dans la tumultueuse histoire entre la France et l’Allemagne, depuis 1870. Les officiers allemands qui ont « pris » la ville ont reçu une mission prioritaire : se rendre au siège de la Banque de France et mettre la main sur tout l’or en réserve dans les coffre-fort. La Banque de France est une vieille institution dont la création remonte au 18 janvier 1800, sous Napoléon 1er, en tant que structure privée. Elle sera nationalisée par De Gaule le 1er janvier 1946. L’adresse de la Banque de France est connue. Elle est à la rue de la Vrillière, dans le premier Arrondissement de la capitale française. L’immense édifice sorti de terre entre 1924 et 1927, a un sous-sol d’une trentaine de mètres. On l’appelle la « souterraine », une gigantesque salle de 11.000 mètres carrés. Là, se trouve une importante quantité de métal jaune, propriété de la France, de la Belgique et de la Pologne. Un véritable trésor qui pèse 2.500 tonnes. Le deuxième stock mondial après celui des Etats-Unis. Les officiers allemands, qui devaient mettre la main sur ce trésor, vont avoir une grande déconvenue. Ils descendent directement dans le puits N° 11, supposé être la cave dorée. Mais, point d’or. Pas de trace. Les coffres sont tous vides. Comment l’or a-t-il disparu ? En réalité, une stratégie d’une grande minutie avait été mise

Mali : Les pouvoirs du vice-président clarifiés par la Charte de la Transition publiée au Journal Officiel

Bamako, 2 Oct (AMAP) Les autorités maliennes ont publié, jeudi, dans le Journal officiel, le Décret n°2020-0072/PT-RM du 1er octobre 2020, portant promulgation de la Charte de la Transition, qui clarifie les rôles et pouvoirs du vice président, a constaté l’AMAP. Publié dans le numéro spécial N°17 du 1er Octobre 2020, ce décret ne mentionne pas la possibilité pour le vice président de la Transition, le colonel Assimi Goita, de remplacer le président de la Transition, Bah N’Daw, en cas de vacance du pouvoir, pendant la période transitoire. Il est seulement spécifié, dans l’Article 7 de la Charte de la Transition, dans sa version officielle : « Le Président de la Transition est secondé par un Vice-président. Il est désigné suivant les mêmes conditions que ce dernier. Le Vice-président est chargé des questions de défense et de sécurité ». Par ailleurs, l’article 9 précise que « le Président et le Vice-président de la Transition ne sont pas éligibles aux élections présidentielle et législatives qui seront organisées pour marquer la fin de la Transition ». Une disposition qui « n’est pas susceptible de révision ». Plus tôt, le même jour de la publication officielle de la Charte de la Transition, le représentant résident, à Bamako, de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Pr Hamidou Boly, a indiqué que si les choix du président et du Premier ministre sont conformes aux exigences de l’organisation sous régionale, celle-ci tient, “cependant, à s’assurer que le vice-président ne remplacera pas le président en cas d’empêchement”. Cette possibilité, qui était clairement exprimée dans une version de la Charte de la Transition, semble intriguer la CEDEAO qui, selon son représentant permanent, “ne veut pas que le vice-président puisse succéder au président dans des conditions pas claires», a ajouté, à l’issue d’une audience accordée par le président de la Transition, Bah N’Daw, au palais de Koulouba. « Les sanctions contre le Mali vont être levées très bientôt parce qu’il y a eu des avancées », a encore annoncé le représentant de la CEDEAO au Mali, en raison des « progrès remarquables engrangés », a dit le Pr. Hamidou Boly. Selon lui, la levée des sanctions imposées au Mali, par la CEDEAO, ne tient plus qu’ « à quelques détails à régler ». «Il reste quelques petits détails au niveau de la Charte de la Transition qui concernent les attributions du Premier ministre qui doivent être bien clarifiés pour que cela ne pose pas d’ambiguïté dans le futur», a souligné le Pr Boly. M. Boly a indiqué être venu, justement, à Koulouba pour remettre au président de la Transition, une lettre du médiateur Goodluck Jonathan à propos de ces détails. Il avait tenu le même discours, un peu plus tôt, à sa sortie d’une audience que lui a accordée le Premier ministre, Moctar Ouane. La CEDEAO tient, aussi, à ce que les dignitaires du régime déchu, toujours arrêtés à Kati, soient libérés ou mis à la disposition de la justice. MD (AMAP)  

Diéma (Ouest du Mali) : Vous avez dit Genre ?

Par Ouka BAH Diéma, 1er Oct (AMAP) La notion du Genre semble être mal comprise dans le Cercle de Diéma, dans la Région de Kayes, (Ouest du Mali). Seuls quelques lettres savent de quoi il s’agit. Mamadou Diakité, gestionnaire d’une Mutuelle de santé dans la localité, lui, a sa vision de la chose. Il explique que le genre n’est pas fait pour défendre uniquement les femmes. Il prend, aussi, en compte les personnes handicapées, les enfants, les mendiants, les orphelins, les personnes âgées, bref, toutes les couches vulnérables de la société sont concernées. Dans cette contrée, c’est ancré dans les têtes que la femme n’est jamais l’égale de l’homme. C’est l’homme qui a le pouvoir, prend des décisions, donne des ordres, sanctionne en cas de fautes. C’est le maitre de la maison. C’est à lui que revient le dernier mot. Personne ne peut enfreindre les lois qu’il impose dans sa maison. Pour reprendre les mots de Monzon, réparateur de tamis, « incontestablement, il a droit de vie et de mort sur les membres de sa famille ». De l’avis de plusieurs interlocuteurs, interrogés en marge d’un atelier de formation axé sur le Genre, initié par l’Union  régionale des mutuelles de santé de Kayes, en partenariat avec l’Agence espagnole pour la coopération internationale et le développement (AECID), et qui pensent comme Monzon, le genre est « une notion fabriquée de toutes pièces par les Occidentaux, dans le but de donner aux femmes, plus de pouvoir et de les conduire sur le chemin du libertinage ». «C’est pour arracher nos femmes de notre pouvoir. Eux, (Ndlr, les Occidentaux), ils sont dominés par les leurs», lance un homme, la cinquantaine révolue. Malgré les multiples sensibilisations entreprises par l’Etat et ses partenaires, aujourd’hui, à Diéma, si vous interrogez des gens, peu sont susceptibles de vous dire le sens réel du Genre. Ousmane, s’emporte ! « C’est pour que nos propres femmes c… sur notre tête », peste-t-il. Interrogé sur le sujet, Madiassa demeure ferme sur sa position d’intransigeance. Ce sexagénaire soutient que la femme ne peut être l’égale de l’homme. « Elle doit, à son mari, respect et obéissance. Des exégètes du Coran laissent entendre que, même pour entrer au paradis, la  femme  doit faire preuve de soumission à son époux », dit l’homme. Intéressé par le débat, un passant, dira que la femme n’est rien qu’une infime partie des côtes de l’homme.  Selon ce prêcheur, égrenant son chapelet, tout le monde est unanime que l’Islam a donné à la femme plus de place, plus valeur dans la société. « Elle ne doit souffrir ni de violence, ni de tortures, Dieu réprimande tout acte visant à rabaisser, à dénigrer la femme musulmane ». Dans cette localité, la contraception est, aussi, un sujet difficile. Ici, ou l’émigration est une donne culturelle encore vivace, des hommes restent à l’étranger, cinq à dix ans, voire plus. « Il n’y a pas de raison pour que nos brus fassent le planning familial », soutiennent certaines belles-mères. Dans ces conditions, certaines, les plus téméraires, se cachent pour pratiquer le planning familial (PF). Même pour celles dont les maris sont restés sur place, il est difficile d’adopter des méthodes contraceptives, sans autorisation. Le PF est perçu comme un signe de débauche, outre qu’il empêche d’avoir beaucoup d’enfants. D’où la réticence de nombreux hommes. Le président du Réseau des communicateurs traditionnels pour le développement (RECOTRADE), Alpha Diombana,  flûtiste dans sa vie d’artiste, explique, sans ambages, que dans plusieurs villages, les charges de la maison reposent, principalement, sur les femmes qui ont, souvent, de la peine à joindre les deux bouts. « Le rôle du chef de famille consiste à sortir, chaque matin, du grenier, pour la femme chargée de faire la cuisine, la quantité de céréales destinée au repas, dont les ingrédients de la sauce sont, essentiellement, de la poudre de feuilles de baobab et du sel, auxquels les plus généreux ajoutent quelques cubes de bouillons », dit-il. « C’est à la femme de se débrouiller pour trouver d’autres ingrédients nécessaires pour relever le goût de son plat », ajoute notre interlocuteur. Dans une maison, quand les mets d’une femme sont appréciés, elle gagne en popularité. Chaque fois que c’est son tour de cuisine, les enfants s’en lèchent les doigts. « Mais aujourd’hui, le système commence à changer », signale Diombana. Des ressortissants de la localité, en divers endroits du monde, notamment de la France, envoient de l’argent à leurs parents pour acheter des vivres et des condiments qu’ils stockent pour la consommation de leur famille. La présidente de l’Association Demba Gnouma (Bonne mère) de Gomitradougou, Assa Konaré, n’en dit pas moins. Elle évoque la gymnastique à laquelle les femmes de sa localité sont quotidiennement confrontées. « La majeure partie des dépenses familiales reposent sur les femmes. Elles fournissent, quotidiennement, des condiments à travers leurs petites activités de maraîchage,  partent chercher en brousse du bois de cuisine, assurent l’approvisionnement en eau. Pendant l’hivernage, elles vont, sur sollicitation,  cultiver dans les champs ou participer aux récoltes. Elles produisent et commercialisent du tabac pour alimenter leurs caisses associatives », énumèrent notre interlocutrice. « Que dire de ces femmes fonctionnaires qui laissent tous les travaux domestiques aux mains de leurs servantes. Même pour arranger le lit du mari ou déposer de l’eau dans la douche, elles ne se décarcassent pas’, fait remarquer, déclare Haoussa, le boucher, sur le ton de la repartie INITIATIVES – La présidente de la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO)  de Béma, Assa Traoré, du haut de ses soixante-dix ans, milite pour le maintien des filles à l’école dans sa localité. Une façon, pour elle, de contribuer à la promotion du Genre. Dès qu’elle apprend que des démarches du mariage d’une fille mineure sont entamées, elle prend son bâton de pèlerin, pour aller sensibiliser les parents de la victime afin qu’ils renoncent à leur projet, afin de permettre à la petite de poursuivre  ses études. Grâce aux efforts de l’Association Benkady (L’Union est belle) dirigée par Hatouma Wagué, aujourd’hui à Béma, beaucoup de parents ont renoncé à enlever leur fille de l’école pour la donner en mariage. La présidente Hatouma entend créer des Activités génératrices de revenus (AGR) pour de nombreuses femmes de Béma qui

Office riz Mopti : Malgré les inondations, l’espoir est permis

Mopti, 1er oct (AMAP) Dans la Région de Mopti (Centre) et, particulièrement, en zone Office Riz (ORM), la campagne agricole a, comme par le passé, connu un démarrage difficile à cause d’un déficit pluviométrique. Cette période a été suivie de fortes pluies auxquelles se sont associées les eaux collinaires provoquant une inondation précoce des champs à plusieurs niveaux. Malgré ces situations, les travaux champêtres battent leur plein en zone Office riz Mopti. Le repiquage en maîtrise totale, le désherbage et l’apport d’engrais minéraux se poursuivent activement. L’état des cultures est satisfaisant. C’est le constat qu’a établi le directeur général de l’Office riz Mopti, Yaya Amadou Téssougué. La zone Office riz Mopti, située dans le Delta intérieur du Niger et le Bassin du fleuve Bani, fait de la 5ème circonscription administrative du Mali, une zone de production par excellence de riz. Elle couvre les Cercles de Djenné, Mopti et Ténenkou, à travers 4 sous secteurs que sont ceux de Sofara, Mopti nord et Mopti sud et la Ténenkou. Pour la campagne agricole 2020-2021, la zone ambitionne d’atteindre les objectifs de production céréalière de 184.690 tonnes, dont 140.352 tonnes de riz paddy, soit 76% des céréales, 43 475,8 tonnes de mil/sorgho, 702 tonnes de maïs et 159 tonnes de fonio. Les prévisions d’emblavures, pour la riziculture, étaient de 49.376 hectares et les producteurs ont atteint une réalisation de 39.754 hectares, soit 80,5% des prévisions. Ces efforts des producteurs sont accompagnés par des mesures envisagées par l’Etat. « Parmi celles-ci, on peut citer la mise en œuvre du programme de travaux d’urgence, la poursuite de la subvention des intrants pour renforcer la résilience des paysans, la mise en œuvre de bonnes pratiques agricoles à travers le Système de riziculture intensive (SRI) et le Placement profond de l’urée (PPU) ainsi que la diffusion, à grande échelle, des thèmes techniques d’intensification », a expliqué Yaya Amadou Téssougué. Dans le cadre de l’accompagnement de l’Etat, les producteurs de la zone ORM ont bénéficié de 2.697 tonnes d’engrais subventionnés (NPK, DAP, Urée), 70 tonnes de semences au compte du Commissariat à la sécurité alimentaire, 6 tonnes de semences de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et 21 tonnes de l’ORM. Toujours dans la dynamique de renforcer la productivité, les paysans bénéficient d’un encadrement rapproché des services techniques. Les organisations paysannes des différentes zones ont été formées en matière de gestion des fonds issus de la redevance eau. Plus de 400 producteurs, dont 1/3 de productrices, ont reçu des formations sur les nouvelles technologies agricoles, notamment la pratique SRI avec l’appui de l’ONG CIV-GIZ. La campagne agricole 2020-2021 ne se passe pas sans difficulté pour cet hivernage annoncé comme très pluvieux. Les premières fortes pluies ont mis en exergue le sous équipement des producteurs, l’insuffisance du matériel de culture attelée avec la faiblesse des animaux de trait, toute chose qui ne permet pas aux paysans d’aller plus vite. « A ce tableau, s’ajoute la dégradation avancée des infrastructures d’irrigation (faible niveau d’aménagement) », a expliqué le directeur général. A en croire notre interlocuteur, la difficulté majeure de cette campagne est que les zones de l’Office ont connu, pour la première fois de leur histoire, une abondance des pluies. Les eaux collinaires, qui sont venues s’ajouter à cela, ont entrainé une perte de plus 3.013 hectares, soit 1.500 hectares de semis submergés avant la phase de germination des plantes et 1513 hectares engorgés d’eau. Malgré ces contraintes, Yaya Amadou Téssougué garde espoir pour l’atteinte des objectifs de production. Selon lui, si les paysans suivent les itinéraires techniques afin de mieux profiter des campagnes de contre saison dans les périmètres en maîtrise totale et si la situation phytosanitaire reste calme, les pertes causées par les inondations seront comblées. Au regard des difficultés structurelles rencontrées, le directeur général de l’Office riz Mopti sollicite l’appui de l’Etat pour transformer, de façon progressive, les casiers de submersion contrôlée en périmètres irrigués avec maîtrise totale de l’eau, la poursuite du renforcement des capacités des producteurs (approvisionnement en équipements et intrants agricoles). DC/MD (AMAP)  

Le Vérificateur général décèle un trou de 830,4 millions de Fcfa à l’OPAM 

Bamako, 1er oct (AMAP) Une mission d’inspection du Bureau du vérificateur général (BVG) a permis de déceler des irrégularités financières à l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) d’un montant total s’élevant à 830,4 millions de Fcfa. Les documents ont été transmis par le Vérificateur général au président de la Section des Comptes de la Cour suprême et au procureur de la République près le Tribunal de Grande instance de la Commune III du District de Bamako, chargé du Pôle économique et financier. Les investigations ont concerné l’examen des dépenses de fonctionnement, d’investissement et des achats de céréales ainsi que les recettes de location de magasins, de ventes de sacs vides, de ventes de céréales et des dépôts à terme au titre des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019, au 31 août. Les dossiers se rapportent, de façon détaillée, à la non application des procédures de recouvrement des frais de location des magasins pour un montant de 60,9 millions de Fcfa. L’OPAM a livré des sacs non conformes pour un montant de 8,5 millions de Fcfa, selon le rapport d’inspection. Le Vérificateur général a dénoncé, aussi, la non application des pénalités de retard sur des contrats pour un montant de 26,2 millions de Fcfa. Il a attiré l’attention de la justice sur le non reversement des recettes issues de la vente du Stock national de sécurité pour un montant de 734,7 millions de Fcfa. L’OPAM a été créé en 1965 par une loi abrogée et remplacée par une autre du 20 mars 1982. Une dernière loi, du 26 décembre 1988, a aussi modifié l’article 2 de la loi du 20 mars 1982. Ainsi, après ces réformes institutionnelles et organisationnelles, l’OPAM a comme missions principales de : constituer, gérer et conserver un Stock national de sécurité permettant d’intervenir, en cas de besoins, sur toute l’étendue du territoire national ; assurer l’approvisionnement des zones déficitaires sur la base d’un plan national de ravitaillement ; gérer et distribuer les aides alimentaires en céréales dans le cadre des conventions conclues avec les partenaires. Le Mali est confronté, depuis quelques années, à une grave crise sécuritaire qui continue d’affecter les zones de production céréalières, exposant davantage les populations à une insécurité alimentaire, souvent sévère. Selon les résultats de l’Enquête nationale sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle (ENSAN) de septembre 2018, quelque 19,1% des ménages sont exposés à l’insécurité alimentaire en 2017 dont 2,6% de cas sévère. L’Etat malien dépense, pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, plus de 154 milliards de Fcfa par an. Ce montant inclut les subventions apportées à la campagne agricole, l’importation de riz, de lait et de poissons, les débours de l’Etat et les contributions financières directes, selon les indicateurs donnés dans la Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PNSAN) du Mali. Ainsi, du 1er janvier 2016 au 30 juin 2019, le montant total des dépenses effectuées par l’OPAM s’élève-t-il à 10,362 milliards de Fcfa, contre des recettes réalisées à hauteur de 10,127 milliards de Fcfa. CMT/MD (AMAP)      

Centre du Mali : Deux militaires tués dans une embuscade terroriste (officiel)

Bamako, 1er oct (AMAP) Une embuscade terroriste, entre Boni et Nokara, sur la Route nationale (RN16), dans le Cercle de Douentza (Région de Mopti), au Centre du Mali, a fait, mardi, deux soldats tués et sept blessés qui ont été évacués par l’aviation malienne et la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), a appris l’AMAP de source officielle. Selon un communiqué de l’Armée, une mission du Groupement tactique interarmes (GTIA-3) Debo des Forces armées du Mali (FAMa), partie de Hombori pour se rendre à Douentza, est tombée dans le guet-apens des terroristes aux environs de 15h 20. Ailleurs, dans la Région de Ségou, toujours dans le Centre du Mali, le check point de Sorowel situé à l’est de la ville de Niono, a fait l’objet d’une attaque, mercredi, vers 1h 20mn, de la part de bandits armés non identifiés. Le poste a été saccagé. Cependant on ne déplore pas de pertes en vies humaines ni de blessés du côté FAMa. Par contre, l’armée a relevé des traces de sang au sol, par là où les assaillants se sont retirés. Pour l’instant, selon nos sources, quatre suspects sont aux arrêts. Les recherches se poursuivent. Ces attaquent rappellent la fragilité de la situation sécuritaire dans le Centre du Mali où les actions terroristes demeurent récurrentes, malgré l’amplification des efforts des FAMa. SS/MS/MD (AMAP)