Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 25 novembre 2020

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 25 novembre 2020, dans sa salle de délibération au Palais de Koulouba, sous la présidence de Monsieur Bah N’DAW, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – et procédé à des nominations. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté : Un projet de décret portant approbation de l’avenant n°1 au Marché n°04739/DGMP-DSP-2018 relatif aux travaux de voirie et de drainage en Commune II du District de Bamako (lot 1) : le bitumage des rues 268 et 122 de Niaréla et de la rue 224 de l’Hippodrome et le pavage des rues 267 de Niaréla, 20 et 19 de Médina-Coura et 517, 519, 515, 516, 505, 506, 509 de Bagadadji. L’avenant, sans incidence financière, est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le groupement d’entreprises CENTRO/GER pour un délai d’exécution supplémentaire de 3 mois. Il vise à prendre en compte le retard dû à l’occupation des emprises des travaux et aux difficultés de déplacement des réseaux des concessionnaires non identifiés au cours des études réalisées. Un projet de décret portant approbation du marché relatif aux travaux d’aménagement du périmètre irrigué villageois dans la plaine de Togobéré (250 hectares) dans la Commune rurale de Fakala, Cercle de Djenné. Le marché est conclu, entre le Gouvernement de la République du Mali et le groupement d’entreprises N’TIOBALA/EGB, pour un montant toutes taxes comprises de 2 milliards 572 millions 865 mille 229 francs CFA et un délai d’exécution de 4 mois hors saison des pluies. La réalisation des travaux contribuera à améliorer les conditions de vie des populations de la Commune rurale de Sofara et environ, notamment dans le domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Un projet de décret portant approbation de la convention de concession pour la construction et l’exploitation de la Centrale solaire photovoltaïque de 93 MégaWatt-crêtes à Touna, Cercle de Bla. La Convention est conclue, entre le Gouvernement de la République du Mali et la société PHANES ENERGY MALI-SA, pour un montant de 106,4 millions d’Euros, soit environ 69 milliards 800 millions de francs CFA hors taxes et hors droits de douanes. La durée de construction de la centrale est de 18 mois pour une durée d’exploitation de 25 ans. La Convention est assortie d’un contrat d’achat d’énergie entre la Société Energie du Mali « EDM-SA » et la Société PHANES ENERGY MALI-SA. La mise en œuvre de cette convention permettra entre autres : – d’augmenter l’offre énergétique à travers une source d’énergie propre et à moindre coût ; – de renforcer la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique ; – d’optimiser le coût de production et d’améliorer la qualité du service public de l’électricité. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES FONCIERES, DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT Sur le rapport du ministre des Affaires foncières, de l’Urbanisme et de l’Habitat, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant affectation au Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de la parcelle de terrain, objet du Titre foncier n°4372 du Cercle de Kita, sise à Bendougouba. La parcelle de terrain, d’une superficie de 50 hectares 3 ares 71 centiares, est destinée à la construction d’un Centre de formation et de recherche pour l’Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako. La construction de ce Centre permettra de développer la formation et la recherche scientifique, de protéger et de valoriser la faune et la flore, de promouvoir les résultats de la recherche scientifique et de contribuer au développement socio-économique du Mali. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE LA DEFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANTS Chargé de mission : Monsieur Cheickna KEITA, Juriste. Directeur de la Sécurité Militaire : Colonel Moussa Toumani KONE. Directeur Général de l’Office National des Anciens Combattants, Militaires Retraités et Victimes de Guerre du Mali : Colonel Modibo GUINDO. Directeur des Ateliers Militaires Centraux de Markala : Colonel Sériba DOUMBIA. Directeur du Service Social des Armées : Colonel Mohamed FOFANA. Directeur du Sport Militaire : Colonel Séga SISSOKO. Directeur de l’Information et des Relations Publiques des Armées : Colonel Souleymane DEMBELE. Directeur Général du Musée des Armées : Colonel Kadiatou Mama TRAORE. Chef d’Etat-major adjoint de l’Armée de Terre : Colonel-major Djibril DOUMBIA. Directeur adjoint de la Direction Centrale des Services de Santé des Armées : Colonel-major Moussa Boï COULIBALY. Directeur adjoint de la Direction des Ecoles Militaires : Colonel Moussa Yoro KANTE. Directeur adjoint des Transmissions et des Télécommunications des Armées : Colonel Moussa TOUNKARA. AU TITRE DU MINISTERE DE LA SECURITE ET DE LA PROTECTION CIVILE Conseillers techniques : – Contrôleur Général de Police Salimatou DIARRA ; – Lieutenant-colonel Mamadou SOUGOUNA ; – Monsieur Mamoudou SOW, Conseiller des Affaires Etrangères. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA DECENTRALISATION Conseillers techniques : – Monsieur Yeya SAYE, Magistrat ; -Madame CAMARA Fata Gorko Mondo MAIGA, Journaliste-Réalisateur ; – Monsieur Sidi Mohamed EL BECHIR, Membre du Corps préfectoral. Chargés de mission : – Monsieur Alasseyni TOLO, Juriste ; – Monsieur Alhadou COULIBALY, Gestionnaire. Gouverneur du District de Bamako : Monsieur Baye KONATE, Membre du Corps préfectoral. Gouverneur de la Région de Kayes : Colonel Moussa SOUMARE. Gouverneur de la Région de Koulikoro : Colonel Lamine Kapory SANOGO. Gouverneur de la Région de Mopti : Colonel-major Abass DEMBELE. Gouverneur de la Région de Tombouctou : Commissaire Divisionnaire de Police Bakoun KANTE. Gouverneur de la Région de Gao : Général de Brigade Moussa TRAORE. Gouverneur de la Région de Kidal : Colonel Fodé Malick SISSOKO. Gouverneur de la Région de Ménaka : Monsieur Mohamed Alhanafi MAIGA, Administrateur Civil. Gouverneur de la Région de Nioro : Colonel-major Aly ANNAJI. Gouverneur

Union africaine : « J’ai démissionné de mon propre gré pour laver mon honneur », a déclaré Pierre Buyoya

Bamako, 25 Nov (AMAP) L’ancien président burundais Pierre Buyoya, a déclaré, mercredi, à Bamako, avoir démissionné de son « propre gré » de son poste de haut représentant de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel (MISAHEL) basé dans la capitale malienne Lors d’une conférence de presse, M. Buyoya a précisé avoir démissionné de ce poste pour se défendre et ainsi laver son « honneur » dans l’affaire dite de l’ « assassinat du président Melchior Ndadaye ». Il a été condamné, en octobre dernier, à la perpétuité avec d’autres personnalités du Burundi. Clamant son innocence dans ladite affaire, Pierre Buyoya a qualifié son procès de « politique ». « Pour des raisons que j’ignore, les dirigeants de mon pays ont instruit la justice de rouvrir le dossier, et le plus curieux est que le tribunal a dressé tout un tas d’obstacles pour nous empêcher de faire valoir nos moyens de défense », a regretté l’ancien président burundais. Cependant, il envisage de continuer à user de tous les moyens possibles pour faire triompher la vérité. « Je ferai appel de ma condamnation auprès des juridictions nationales et internationales », a-t-il assuré. Coupant court aux rumeurs sur une possible demande d’asile politique au Mali, Pierre Buyoya a indiqué qu’à ce jour, aucune décision n’est prise à ce sujet. Il affirme qu’il ne s’est pas encore choisi son pays de résidence. BD/MD (AMAP)

Mali : Levée du mot d’ordre de grève des agents de la santé

Bamako, 25 Nov (AMAP) Le débrayage de 192 heures (8 jours) de la Plateforme des syndicats de la santé du Mali (PLASSMA), composée du Syndicat des médecins et de la Fédération des syndicats de la santé (FESYSAM), initialement prévu pour ce mercredi, n’aura plus lieu, après la signature d’un procès-verbal de conciliation entre le gouvernement et la plateforme. Les négociations entre les deux parties ont abouti à la signature d’un procès-verbal de conciliation, mardi soir. Les agents de la santé ont levé leur mot d’ordre de grève. Le cahier de doléances de la plateforme comportait cinq points de revendications. A l’issue des négociations, tous les points de revendications ont fait l’objet d’un accord. La plateforme exigeait, entre autres, l’application du statut des agents de la santé, l’intégration des contractuels à la charge des Associations de santé communautaire (ASACO) à la Fonction publique des collectivités mais, aussi, la création d’une passerelle entre cette Fonction publique et l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique. S’y ajoutent, la gestion de la problématique de la bi-appartenance, l’intégration des contractuels des hôpitaux à la Fonction publique de l’État, le paiement intégral et sans délai des arriérés d’émoluments du personnel de la santé. TC/MD (AMAP)

Union Africaine : Pierre Buyoya démissionne de ses fonctions d’Envoyé spécial pour le Mali et le Sahel

Bamako, 24 Nov (AMAP) L’ancien président du Burundi, Pierre Buyoya, a démissionné, mardi, de ses fonctions d’Envoyé spécial pour le Mali et le Sahel, sans préciser de raison officielle. Selon certaines sources, l’ancien président évoquera les motifs de sa décision mercredi lors d’un point de presse. Le 20 octobre dernier, M. Buyoya a été condamné à perpétuité, dans son pays, pour l’assassinat, en 1993, de son prédécesseur, Melchior Ndadaye. La justice burundaise l’a jugé coupable, avec une vingtaine de proches, « d’attentat contre le chef de l’Etat, attentat contre l’Etat et attentat tendant à porter le massacre et la dévastation ». De sources proches de l’UA, Pierre Buyoya souhaiterait préparer sa défense en appel de cette condamnation qu’il avait qualifiée de « parodie de justice »,au cours d’une conférence de presse. L’instance continentale n’a pas fait de commentaires sur cette gênante affaire depuis l’énoncé du verdict. AT/MD (AMAP)

Niger : L’ancien président Mamadou Tandja est décédé mardi (Offfciel)

Bamako, 24 Nov (AMAP) L’ancien président du Niger Mamadou « Baba » Tandja est décédé, mardi, à Niamey, à l’âge de 82 ans, a annoncé la présidence nigérienne dans un communiqué lu à la télévision nationale dans la soirée. « Le président de la République et le gouvernement ont le regret de vous annoncer le décès de son Excellence Tandja Mamadou, ancien président de la République du Niger, décès survenu ce jour 24 novembre à Niamey » confirme le communiqué. Un deuil de trois jours sera observé sur toute l’étendue du territoire national, selon les autorités nigeriennes qui ne précisent pas la cause de la mort de l’ancien dirigeant. L’illustre disparu a dirigé le Niger de 1999 à 2010 avant d’être renversé par un putsch. TC/MD (AMAP)

Mali : Contamination record à la Covid-19 mardi avec 91 nouveaux cas  

Bamako, 24 Nov (AMAP) Les services maliens de santé ont enregistré, mardi, 91 nouveaux cas positifs de Covid-19, sur 820 échantillons analyses, annonce le ministre de la Santé et du Développement social dans un communiqué. Par ailleurs, les service de santé ont, aussi, déclaré 20 patients guéris contre 02 décès au cours des dernières 24 heures, indique le communiqué du ministère. Les nouvelles infections du jour, qui battent le record journalier depuis le début de la pandémie, ont été identifiées dans les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (pres de Bamako) et Ségou (Centre). Dans la capitale, de nouveaux cas positifs ont été dépistés dans toutes les six communes de Bamako pour la première fois. À ce jour, la situation cumulée au Mali est de 4417 cas positifs pour 3054 patients guéris contre 148 décédés dont 93 survenus dans les centres de prise en charge et 55 dans la communauté. AT/MD (AMAP)

Coopération : Le Qatar disposé à accompagner la Transition au Mali

Bamako, 24 Nov (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, a reçu, lundi, en audience au Palais de Koulouba, l’ambassadeur du Qatar au Mali, Ahmad Abdoul Rahaman Al- Senaidy, porteur d’un message l’Émir de l’État du Qatar, son Altesse Tamim Ben Hamad Al-Thani. À sa sortie d’audience, le diplomate qatari a confié à la presse qu’il est venu transmettre au président de la Transition, deux lettres de félicitation, respectivement de son Altesse Tamim Ben Hamad Al-Thani, l’Émir de l’État du Qatar, ainsi que de son adjoint, son Altesse Abdallah. En outre, l’ambassadeur du Qatar a indiqué que les échanges avec le chef de l’État ont porté sur les voies de renforcement de la coopération bilatérale entre Doha et Bamako. Cette coopération, selon lui, se porte à merveille. «L’État du Qatar et le Mali entretiennent de très bonnes relations, notamment sur les plans économique, politique et social», a soutenu l’ambassadeur Al-Senaidy. Avant de rappeler, à ce propos, l’existence de plusieurs conventions qui ont été signées entre les deux pays, avec des mémorandums d’entente qui sont en cours. Le Qatar apporte un appui substantiel au Mali dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. En décembre 2018, l’Émirat a offert 24 véhicules blindés au Mali. Un soutien qui faisait suite à la visite, le 17 décembre 2017, de l’Émir du Qatar à Bamako et à celle effectuée à Doha par l’ancien président, Ibrahim Boubacar Keïta, du 14 au 16 mai 2017. AT/MD (AMAP)

Mise en place du CNT : L’Union africaine prône la concertation et le consensus entre Maliens

Bamako, 24 Nov (AMAP) Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, en visite au Mali, du 18 au 20 novembre 2020, a invité à approfondir la concertation, « dans un esprit de consensus, pour la finalisation de tous les instruments devant faciliter la Transition, notamment la mise en place du Conseil national de transition et la gestion de la période transitoire », indique un communiqué de l’UA. M. Faki, qui était accompagné du commissaire paix et sécurité, Smail Chergui, a effectué cette visite de travail et de solidarité au Mali, au cours de laquelle a rencontré le président de la Transition,  le vice-président, le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et tous les acteurs politiques et religieux. La mission de l’UA a, également rencontré les parties signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger et des représentants du corps diplomatique accrédité au Mali. Moussa Faki Mahamat, tout en réitérant la détermination et l’engagement inébranlable de l’organisation continentale à accompagner le Mali pour une transition paisible et inclusive, s’est félicité à l’issue de ces entretiens, des avancées notables constatées dans la mise en œuvre des organes de la Transition, du dialogue qui anime tous les acteurs maliens, selon la même source. Le président de la Commission de l’UA a annoncé, lors de sa visite, l’activation du Comité de suivi et de soutien à la Transition au Mali, décidée par le Conseil de paix et de sécurité, afin «de coordonner la participation et la contribution de l’Union africaine, la CEDEAO, les Nations unies et les partenaires du Mali en faveur de la Transition». Moussa Faki Mahamat a exhorté tous les acteurs sociopolitiques « à privilégier l’intérêt supérieur du Mali durant cette phase délicate de la vie de la Nation malienne et solidairement œuvrer à la résolution de la crise multidimensionnelle » que traverse leur pays. MS/MD (AMAP)  

Sites de déplacés à Bamako : La scolarisation des enfants à tout prix

Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 24 Nov (AMAP) Début novembre. Route du camp de déplacés de Senou-Lafiabougou. Nous sommes obligés, à plusieurs reprises, de demander notre chemin. Après trois arrêts, le chauffeur, les nerfs en pelote, suit les indications, en slalomant entre les nids de poule. Au loin, on aperçoit des tentes de fortune. A quelques encablures du camp, nous croisons une fillette d’environ 8 ans, un fagot de bois sur la tête, qui se dirige vers des abris faits de bric et de broc. Curieuse, elle s’approche du véhicule. Il est 10 heures, ce lundi, jour d’école. Elle explique qu’elle était allée chercher du bois pour sa mère. Pourtant, elle est à l’école « C’est après cette tâche que je vais en classe », explique la petite Malado Boly. En suivant ses indications, nous nous dirigeons vers un hangar qui sert de lieu d’encadrement des enfants sur ce site. La porte n’a pas de battants, les fenêtres non plus. A l’intérieur, une soixantaine d’enfants nous accueillent, en saluant en chœur. En français. Dans la classe, en tout, huit tables bancs pour un effectif d’environ 80 élèves. Une grande natte est étalée à même le sol sur laquelle certains élèves sont assis. Certains ont des ardoises, d’autres n’en ont pas. C’est dans ces conditions que la maitresse essaie, tant bien que mal, d’apprendre à écrire et à lire aux enfants de déplacés. « J’ai été détachée par le Centre d’animation pédagogique (CAP) de Sénou pour suivre ces enfants. malheureusement, c’est dans ces conditions que j’enseigne, comme vous pouvez le constater ». « Nous sommes sous un hangar. Les rayons de soleil entrent dans la classe. Avec le froid qui s’installe, ce ne sera pas facile pour les enfants avec des fenêtres dépourvues de battants. Nous n’avons pas assez de tables-blancs. Le matériel didactique, n’en parlons pas. Les élèves réclament des ardoises, de la craie, des cahiers. Moi-même, je n’en ai pas », témoigne Assoumatou Coulibaly. L’enseignante explique qu’elle dispense le programme de la 1ère année. « J’ai 80 enfants inscrits. Les cours se déroulent de 8h à 12h et de 15h à 17h. Au début, ce n’était pas facile. Je parle le Bambara et le Français, les élèves parlent le Peulh. Après cinq à six mois ensemble, ça commence à aller », souligne notre interlocutrice. « Ce camp de déplacés accueille plus de 350 enfants », dit Kola Cissé, président de l’Association Pinal (l’éveil en fulfuldé). Ceux qui sont inscrits au cours d’alphabétisation sont constitués en deux groupes. Le premier compte 80 enfants de 5 à 7 ans. « Grâce à l’aide de la direction du développement social, nous sommes parvenus à avoir du CAP de Sénou une institutrice payée par le gouvernement. Nous avons fait établir des actes de naissance pour les enfants pour qu’ils puissent être considérés comme des enfants scolarisés », explique Kola Cissé. « Il y a un deuxième groupe de 35 enfants qui sont dans une classe spéciale. Il s’agit de ceux qui ont dépassé l’âge de la scolarisation. Ils ont entre 8 et 16 ans », explique-t-il. L’Etat ne prend pas en charge le salaire des enseignants de ce deuxième groupe. « C’est une association que j’ai mise en place avec l’aide de personnes de bonne volonté qui s’occupe de ce volet. Nous avons deux enseignants que nous payons mensuellement. Un enseignant apprend aux enfants à lire et écrire en français. L’autre s’occupe de l’alphabétisation en fulfulde », a encore dit M. Cissé. Il ajoute que ce n’est pas l’école formelle mais juste de la formation. « J’ai vu que les enfants trainaient dans la camp. J’ai eu l’idée de les occuper. C’est un bâtiment prévu pour être un poulailler qu’on a aménagé », révèle-t-il. Au début, des nattes servaient de tables-bancs. Le CAP de Sénou a fourni une dizaine de tables-bancs. « On a essayé d’aménager le bâtiment en deux salles de classes et une bibliothèque. L’aménagement n’est pas encore fini. En attendant, les enfants ont commencé la formation », explique Kola Cissé qui invite l’Etat à prendre des dispositions pour la scolarisation de ces enfants. « Ce serait une façon de les sauver », estime-t-il. SOUS UN HANGAR – A la différence du site de Sénou, les camps de Niamana, Faladiè Garbal et de l’ex-Centre Mabilé bénéficient de l’accompagnement du Conseil appui pour l’éducation à la base (CAEB), une ONG nationale, grâce à un financement de l’ONG internationale Oxfam. Kadiatou Anne Malet, agent de développement, indique que le projet des personnes déplacées a débuté en juillet 2019. “Nous travaillons dans le cadre de l’éducation des enfants déplacés internes de 7 à 12 ans en leur donnant des cours de rattrapage sur les différents sites de Faladié, Niamana et Sogoniko. Cette formation permettra de les transférer, immédiatement, dans des écoles primaires publiques », explique-t-elle. “Nous sommes en collaboration avec les CAP, le service social, et beaucoup d’autres acteurs du secteur éducatif”, révèle Mme Kadiatou Anne Malet qui ajoute que la formation professionnelle des jeunes de 13 à 18 vient de débuter. Courant novembre, un jeudi. Nous sommes sur le site de Faladié Garbal qui accueillent de nombreux déplacés. Sous un hangar, un enseignant apprend à lire à une cinquantaine d’élèves. Aliou Alassane, c’est son nom, explique que c’est l’ONG CAEB qui finance cet apprentissage. « Ça concerne plus de 100 enfants. Ceux qui étaient scolarisés et ceux qui ont atteint l’âge. L’âge limite est fixé à 12 ans », précise-t-il tout en déplorant l’absentéisme de certains enfants. « Au début, on avait plus de 100 enfants. Certains ne viennent pas à cause de la faim », témoigne-t-il, ajoutant qu’il est, souvent, contraint d’arrêter les cours quand les enfants se plaignent de la faim. Certains enfants, qui n’ont pas eu la chance d’intégrer le programme de l’ONG CAEB, se font assister par un autre enseignant. Dans une cour, sous un hangar, des enfants sont entassés sur une natte pour suivre les enseignements. « Comme vous le constatez, nous n’avons pas de tables bancs. C’est difficile pour l’écriture. On n’a pas de matériels scolaires. J’essaie d’acheter certains outils, moi-même », confie le maître Tiénou Francis. Sur le site de Niamana, derrière

Burkina Faso : La majorité présidentielle rejette les accusations de fraude de l’opposition

Bamako, 24 Nov (AMAP) L’Alliance des partis et formations politiques de la majorité présidentielle (APMP), au Burkina Faso considère que les insuffisances et failles qui ont émaillé le déroulement des scrutins présidentiel et législatifs du dimanche 22 novembre 2020 « ne sauraient refléter une quelconque volonté de porter atteinte à la sincérité » du vote. Dans une déclaration rendue publique, mardi, l’APMP indique convenir avec les Observateurs internationaux et nationaux, qui ont déjà rendu public leurs conclusions, « que les insuffisances relevées, quoique regrettables, ne sont pas d’une ampleur susceptible d’impacter de manière significative les résultats du scrutin ». Pour l’APMP, les failles relevées portent préjudice à l’ensemble des candidats et partis en compétition et de la même manière. Des candidats de l’Opposition à l’élection présidentielle ont mis en cause la poursuite du processus électoral à sa phase de publication des résultats du scrutin du 22 novembre 2020, par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Ces candidats ont formulé des griefs dont l’essentiel tourne autour des insuffisances et manquements dont aurait fait preuve la CENI dans l’organisation du scrutin. « Au regard de la gravité de cette déclaration susceptible de mettre en péril la phase finale du processus, l’APMP déplore cet incident » et rappelle « le consensus qui a prévalu dans la mise en œuvre du processus électoral depuis son début et à toutes les étapes ». Pour elle, ce « consensus largement salué par les instances internationales, régionales et sous-régionales, ainsi que par l’ensemble de l’opinion nationale fait la fierté de notre processus et doit être poursuivi, pour la beauté de notre démocratie et pour la paix » au Burkina Faso. Les partis de la majorité présidentielle demandent à la CENI, dont la composition sur une base tripartite (majorité – opposition – société civile) « garantit l’objectivité et l’équilibre de ses actes », de faire diligence dans la prise en compte du comptage manuel des résultats du scrutin, conformément aux dispositions du Code électoral révisé ». Ils invitent les candidats de l’Opposition à l’apaisement et surtout à poursuivre l’esprit de concertation et de consensus qui a jusque-là prévalu. Et les invitent, également, « au respect des résultats des urnes » sans lequel aucune élection n’a de sens. L’APMP invite « tous les partis et candidats à recourir aux structures appropriées, notamment les juridictions compétentes, pour l’examen de leurs récriminations, y compris celles à l’endroit d’autres partis ». Enfin, l’APMP réitère sa volonté de contribuer à tout dialogue visant une bonne finalisation du processus engagé et réaffirme son ferme engagement et sa détermination à œuvrer, de concert avec tous les acteurs, au respect du verdict des urnes et de la légalité républicaine. MD (AMAP)