Coup de filet du 3ème arrondissement de Bamako chez les faussaires
Bamako, 3 mars (AMAP) Le commissariat du 3ᵉ arrondissement de Bamako a interpelé trois (3) individus, les nommés L. Cissé, A.B Keita et, le cerveau, F.S Camara, génie en informatique, qui a mis en place une entreprise personnelle spécialisée dans la confection de toutes sortes de faux documents. Selon la police, suite à une plainte du chef du Centre II des impôts de l’Hippodrome, pour faux et usage de faux, le 3ᵉ arrondissement, sous la houlette du Commissaire principal Sadio dit Konon Tomoda, a conduit l’opération permis de saisir des certificats de non-imposition, des cartes nationales d’identité, de faux visas, des fiches individuelles d’identification Nina, des jugements supplétifs, des extraits d’acte de naissance, des carnets d’état civil, des passeports. Dans le lot, également, des certificats de décès, des diplômes de toutes les facultés, des diplômes du Diplome d’études fondamentales (DEF) et du Baccalauréat, des actes notariés, des cachets de tous les services y compris les morgues, des copies de permis d’occuper, des actes de naissance, des relevés de banques, des certificats de visite médicale, des certificats de travail. Avec des faux visas que le mis en cause a, lui-même, établis, il a pu sillonner le monde entier de Pekin, à Hong kong, de la Thaïlande à la France, du Maroc à Macao, l’homme aurait vécu “jusqu’ici en bon vivant”. Suite à son interpellation, son arsenal informatique installé dans sa chambre a été saisi et placé sous scellé. Auciurs de l’interrogatoire d’enquête, il n’a pas tardé à livrer des informations sur un autre réseau dont la spécialité est l’établissement de cartes nationales d’identité, d’actes de naissance, de mariage, de casiers judiciaires. Le commissaire principal Tomoda, qui s’est associé avec la Brigade anti criminalité (BAC), a organisé une descente au cœur du Grand marché, samedi dernier, à 11 heures précises. À leur arrivée, ils ont pris le cerveau du second réseau, le nommé M. Kamissoko, en flagrant délit d’établissement d’actes de naissance et de cartes nationale d’identité. Il a été interpellé avec son complice M. Sabata. La perquisition a permis de saisir plus de 200 cachets, des tampons de tous les ministères, tribunaux, commissariats, mairies, brigades de Gendarmerie ainsi que les outils informatiques leur permettant d’établir les faux documents. Selon le chef de centre des impôts, ces pratiques causent des milliards de manque à gagner pour l’Etat. MD (AMAP)
Une unité de transformation du lait de chamelle à Tombouctou, dans le Nord du Mali
Envoyée spéciale Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 3 mars (AMAP) Tombouctou, dans le Nord du Mali, dispose, aujourd’hui, de sa première unité de transformation de lait de chamelle. Installée au Quartier Sans fil, sur la route de l’aéroport, cette usine s’inscrit dans le cadre du Projet de pasteurisation et de conditionnement du lait de chamelle dans la ville de Tombouctou. Face à une demande de plus en croissante, la valorisation du lait de chamelle pourrait en faire un levier de croissance économique dans la zone. Des fils de la ville sainte ont, alors, décidé de se lancer dans la transformation du produit. L’initiative est portée par l’Association pour la promotion de l’élevage et la mise en valeur du lait de chamelle (APVLC). Objectif : relancer le développement économique régional. Une première dans la Région, cette unité est un exemple de Partenariat public-privé (PPP). Il est cofinancé par le Conseil régional et l’APVLC. «C’est dans le cadre de l’exécution de son budget 2017 que le Conseil régional de Tombouctou a appuyé la réalisation du Projet de pasteurisation et de conditionnement du lait de chamelle dans la ville de Tombouctou. Cela, pour l’amélioration des revenus et la création de richesses», explique le président de l’Autorité intérimaire de la Région de Tombouctou, Boubacar Ould Hamadi. Pour le président de l’APVLC, Housseine Ghanami, la création de cette unité vise la mise en place d’une filière qui valorisera le lait de chamelle et assurera l’autosuffisance en lait et en produits laitiers. Il s’agit, selon lui, d’approvisionner la population de la Région en lait de qualité et renforcer, par la même occasion, la contribution de la filière lait à l’économie locale. «Les unités industrielles sont presque inexistantes dans la Région de Tombouctou, à part les boulangeries et les mini sociétés d’eau potable. C’est en cela que cette initiative d’unité de transformation du lait à tout son sens. La symbolique est non seulement forte mais, surtout, la distribution du lait pasteurisé qui est un besoin réel des communautés et même des visiteurs», explique-t-il. A l’usine, le traitement du lait de chamelle est effectué par un pasteurisateur d’une capacité de 1.500 litres par jour, un Tank refroidisseur pouvant contenir 500 litres, toutes les deux heures, et une machine de conditionnement d’une capacité de 1.000 paquets emballés par heure. «La capacité d’approvisionnement actuelle est en moyenne de 100 litres par jour. A moyen terme, la laiterie sera approvisionnée par plusieurs éleveurs dans un rayon de 60 km maximum, tout autour de la ville de Tombouctou, avec une capacité de collecte prévue de 700 à 1.000 litre par jour. Un système de collecte pratique et simple sera mis en place afin de faciliter la livraison à temps et dans les meilleures conditions de l’unité», précise Housseine Ghanami. D’après notre interlocuteur, la production se limite actuellement au lait de chamelle pasteurisé. Mais, dans un futur proche, avec l’acquisition de moyens de collecte tout autour de la ville, comme prévu, d’autres gammes seront proposées, notamment le lait fermenté, le ghee et les fromages. Il est, aussi, prévu l’achat de 100 chamelles, dix chameaux et l’aménagement de 20 hectares pour la culture fourragère. La mise en œuvre de cette initiative devrait permettre de solutionner certaines difficultés auxquelles l’unité est confrontée. Il s’agit, notamment, de l’insuffisance de lait de chamelle, faute de système approprié de collecte, du manque de formation en gestion de l’unité de transformation, l’insécurité grandissante entravant la mobilité des collecteurs et le problème crucial d’alimentation des laitières (insuffisance d’espaces pastoraux aménagés). «L’unité reçoit une faible quantité de lait. Présentement, toute la matière première est approvisionnée par la ferme de chamelles située à moins de 5 km de la ville appartenant à l’Association (14 femelles et trois mâles). L’association est en train de négocier avec d’autres éleveurs de chamelles pour collecter dans un rayon de 60 km le lait chamelle», explique-t-il. Et de souligner que l’unité compte, dans les jours à venir, améliorer la production laitière à travers la sélection de chamelles, l’adoption de cultures fourragères pour parer à l’insuffisance alimentaire des laitières, surtout en période de soudure, et l’élargissement du champ d’action (au-delà de la région) en termes de commercialisation. L’Afrique est le premier éleveur mondial de chameaux (terme générique incluant aussi bien le chameau à deux bosses que le dromadaire) avec plus de 14 millions de têtes sur un total de 19 millions à l’échelle mondiale, comptabilise le site du Réseau de recherches et d’échanges sur les politiques laitières (REPOL). Cet animal emblématique des zones sèches est, depuis des millénaires, utilisé par les peuples nomades pour sa capacité d’adaptation et de résistance exceptionnelle aux conditions climatiques dans les zones désertiques, comme les régions dans le Nord du Mali. Où il n’est pas rare de voir des caravanes de chameaux chargés de marchandises ou transportant des forains. Outre ce rôle commercial multiséculaire narré à travers les contes et les récits des explorateurs, le lait de chamelle (la femelle) fait partie du régime alimentaire préféré des bergers et autres tribus nomades, comme ceux de Tombouctou. Dans cette localité dans le Nord du Mali, le lait de chamelle est traditionnellement consommé par la population. Des témoins rapportent que les bergers nomades peuvent survivre jusqu’à un mois, uniquement, avec ce breuvage lorsqu’ils parcourent de longues distances dans le désert avec leurs troupeaux. Ce qui fait de ce liquide un aliment consistant. Des experts estiment qu’il est dix fois plus riche en fer et trois fois plus riche en vitamine C par rapport au lait de vache. «Grâce à sa teneur en potassium, magnésium et vitamine B, le lait de chamelle favoriserait le développement des os, renforcerait la croissance des cheveux et préviendrait leur chute, en plus d’assurer une dentition saine!», soutiennent des spécialistes. D’autres estiment qu’il contient un fort pourcentage de protéine à potentiel anti-microbien élevé, protéine absente du lait de vache ou ne s’y trouvant qu’en quantité infime. Il est alors très prisé par les habitants de la Cité des 333 Saints et autres régions frontalières. ADS/MD (AMAP)
Nouvelle grève des transporteurs contre la redevance péage par passage
Bamako, 2 mars (AMAP) Les conducteurs routiers, notamment de camions bennes ont annoncé une grève de trois jours, à partir du 23 mars prochain, pour protester contre l’entrée en vigueur, le lundi 1er mars, du paiement de la redevance péage par passage au niveau de tous postes. «Nous avons décidé d’aller en grève à partir du 23 de ce mois. Cette décision a été prise dans l’après-midi du lundi dernier à Médina-Coura (Commune II) suite à l’application de la nouvelle mesure au niveau des péages. Le préavis a été déposé ce mardi. La grève concernera tout le secteur des transports», explique le secrétaire général du Syndicat national des transporteurs routiers urbains, interurbains et internationaux du Mali (Syntrui-Mali), Issihaka Diakité. En attendant, les conducteurs routiers, opposés à l’application du paiement de la redevance péage par passage aux postes, ont exprimé leur colère, lundi, sur certains axes routiers où le trafic de camion était suspendu. «Nous avons décidé de suspendre le trafic des camions bennes sur la route Bamako-Koulikoro et celle de Sébénikoro, parce que cette mesure nous pénalise», indique Issihaka Diakité. Le syndicaliste confirme que le blocage de la circulation au niveau du poste de péage de Kasséla (route de Ségou) est lié à l’application du paiement de la redevance péage par passage. Une source contactée au ministère des Transports et des Infrastructures estime que jusqu’ici, le paiement se déroule normalement au niveau des postes de péage. Elle confirme que les conducteurs des camions bennes refusent de s’acquitter du droit de péage par passage au niveau du poste de Kasséla. D’où le stationnement de plusieurs véhicules, depuis lundi, au niveau de ce poste d’entrée de Bamako. «Le gouvernement reste intransigeant quant à l’application correcte de cette mesure. Ce mode de paiement est pratiqué par les autres pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)», rappelle notre source qui ajoute qu’un compromis a été trouvé avec les syndicats des Sotrama (minibus de transport en commun) qui vont payer 2.000 Fcfa par 24 heures. BBC/MD (AMAP)
Mali : Quelque 3,26 KG de cocaïne saisis à l’aéroport de Bamako
Bamako, 2 mars (AMAP) L’Office central des stupéfiants (OCS) a saisi, vendredi dernier, quelque 3,26kg de cocaïne d’une valeur de plus de 80 millions de Fcfa, au Terminal II de l’Aéroport international président Modibo Keita Sénou, de Bamako, annonce un communiqué de l’OCS rendu public lundi. Cette opération a été «réalisée par la Cellule aéroportuaire anti trafics/antenne de l’Office central des stupéfiants (OCS), en intelligente collaboration avec le bureau du renseignement et des enquêtes douanières de l’aéroport», indique le communiqué signé par le directeur de l’OCS, le magistrat colonel Adama Tounkara. « Cette quantité de drogue, précise la même source a été saisie sur la base d’un ciblage effectué sur un passager à bord d’un avion de la compagnie Ethiopian Airlines en provenance de Sao Polo (Brésil) via Addis-Abeba (Ethiopie) ». « Le suspect, de nationalité nigériane, est âgé de 40 ans et réside à Sao Polo où il exercerait comme restaurateur », rapporte le communiqué. « A sa descente d’avion, il avait été ciblé par les éléments de l’Office central des stupéfiants et du bureau des enquêtes douanières. C’est ainsi que ses bagages ont été passés sous le scanneur, l’analyse des images a révélé des produits cachés dans les parois de deux blocs à pistons pour véhicule», révèlent les enquêteurs. Ceux-ci sont arrivés à faire craquer le suspect sans réussir, pour l’instant, à connaître ses présumés complices. «Après un long interrogatoire, il reconnait être le transporteur de la drogue qui devrait être récupérée par une personne dont il affirme ignorer l’identité. Selon ses déclarations, il devrait rester à Bamako et séjourner dans un hôtel à Niamana avant de continuer sur Lagos (Nigeria) pour soit disant assister aux funérailles de sa maman», explique le directeur de l’OCS, précisant que «les enquêtes sont en cours». Les saisies de cocaïne sont fréquentes et interviennent très souvent au niveau des aéroports. Parce que, généralement, le produit vient par vol en petites quantités (quelques grammes jusqu’à 5 kg), selon les spécialistes du domaine. CMT/MD (AMAP)
Complot contre le gouvernement : La Chambre d’accusation de la Cour d’appel annule la procédure
Bamako, 2 mars (AMAP) La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bamako a annulé, mardi, la procédure dans l’affaire du «complot contre le gouvernement, association de malfaiteurs et outrage à la personne du chef de l’État» dans laquelle, fin décembre 2020, plusieurs personnalités civiles maliennes ont été interpellées puis placées sous mandat de dépôt. Ainsi, les mandats de dépôts sont annulés par la Chambre d’accusation qui ordonne la mise en liberté des 5 personnalités détenues. Youssouf Mohamed Bathily ‘RasBath’, activiste et chroniqueur radio, Vital Robert Diop, directeur général du Pari mutuel urbain (PMU-Mali), Aguibou Tall, directeur général adjoint de l’Agence de gestion du Fonds d’accès universel (AGEFAU) et Mamadou Koné, payeur général du Trésor public, devraient sortir incessamment de prison, selon leurs avocats. À l’issue de deux heures et demi de débats au cours de l’audience de délibéré présidée par le procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Bandiougou Diawara, tenue à huis clos, le porte-parole des avocats de la défense, Me Kassoum Tapo, a déclaré à la presse, que « la Cour, conformément au réquisitoire oral du procureur général, a annulé la procédure, les mandats de dépôt du juge d’instruction et ordonné la mise en liberté immédiate de tous les inculpés ». Selon Me Tapo, l’annulation de la procédure met un point à cette affaire. Pour l’ancien ministre de la Justice, à travers cette annulation, la Cour a indiqué que “désormais les libertés qui sont garanties par la Constitution, doivent être respectées”. “Au même titre que le délai de garde à vue et les procédures prévues par le Code de procédure pénale doivent être respectées sous peine de nullité”, a-t-il ajouté. Il a déclare que la défense avisera “en ce qui concerne la possibilité d’une demande de réparation”. La Chambre d’accusation devait délibérer, le 23 février 2021, sur le réquisitoire de l’avocat général près la Cour d’Appel de Bamako, lors de l’audience du 16 février dernier. L’avocat général avait demandé «l’annulation de la procédure et la levée des mandats de dépôt contre le chroniqueur Youssouf Mohamed Bathily et ses coaccusés ». La Cour d’appel a rabattu le délibéré et ordonné la réouverture des débats, en renvoyant la cause et les parties à l’audience de ce 2 mars 2021. En fin d’année 2020, ces personnalités civiles ont été interpellées puis placées sous mandat dans cette affaire. Dr Boubou Cissé, ancien Premier ministre et Sékou Traoré, ancien secrétaire général de la Présidence de la République sont cités dans la même affaire. Si Boubou Cissé était «introuvable», selon les termes du procureur, par contre, M. Traoré a été entendu et relâché du «fait de son statut de magistrat et de son rang de ministre au moment des faits présumés». MD (AMAP)
Barrage de Taoussa : Le gouvernement mobilise 5 milliards pour relancer les travaux
Bamako, 2 mars (AMAP) Le gouvernement malien a mobilisé plus de 5 milliards de Fcfa pour l’équipement et le déploiement des Forces armées et de sécurité, la protection des bases vie, des biens et des personnes du projet d’aménagement de Taoussa, a appris l’AMAP, lundi, de source officielle. « En termes d’efforts, l’État malien a mobilisé plus de 5 milliards de Fcfa pour l’équipement et le déploiement des Forces armées maliennes et de sécurité ainsi que la prise en charge des prestations de la société de sûreté (ADES), et la mise en œuvre des mesures de sûreté issues du plan d’action », a annoncé le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. Le ministre, qui s’exprimait au cours d’une table ronde virtuelle des Partenaires techniques et financiers du Projet d’aménagement de Taoussa, à l’hôtel des Finances, a précisé : « Ces mesures concernent la protection des bases vie et l’organisation nécessaire pour la protection des biens et des personnes ». Cette rencontre intervient 11 ans et 23 jours, après la pose de la première pierre du barrage par les autorités du Mali, le 6 février 2010, à Taoussa (site du barrage). En initiant cette table ronde, les autorités entendent faire le point de l’état d’avancement de l’exécution de la feuille de route issue d’une autre rencontre tenue en 2018. Aussi les participants échangent-ils sur les stratégies de redémarrage des travaux du barrage, avant d’explorer les voies et moyens permettant le recrutement d’une nouvelle entreprise capable de travailler dans les conditions actuelles de la zone. Cela pour réaliser les travaux de la route d’accès Gao-Bourem-Taoussa. La rencontre a examina, également, la question du recrutement des experts de l’Unité d’exécution du projet (UEP). On rappelle que le financement du Projet d’aménagement de Taoussa est l’expression d’un effort financier conjoint : État malien-partenaires techniques et financiers. Le coût de sa réalisation s’élève à 167,930 milliards de Fcfa. Le gouvernement malien intervient pour plus de 41 milliards de Fcfa dont plus de 8 milliards déjà mobilisés. Dans la perspective du démarrage des travaux du Projet, le ministre de l’Économie et des Finances a assuré les Partenaires techniques et financiers concernés de la détermination du gouvernement à travailler ardemment à l’amélioration des conditions sécuritaires dans la zone d’intervention du Projet. Concernant le volet construction de la route Gao-Bourem-Taoussa, le ministre Sanou a rappelé que le marché relatif aux travaux attribués à l’entreprise Covec-Mali a été résilié. Le financement du marché était assuré par le Fonds saoudien de développement, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et le Budget national. Le taux d’avancement global (pour tout le Projet) était estimé à 13,90% pour un délai consommé de 169%, avant l’arrêt des travaux, a-t-il ajouté. Selon le ministre, il urge alors de presser le pas afin de booster le développement des zones concernées par le Projet. Surtout que le bassin du fleuve Niger, avec ses potentialités, constitue un enjeu majeur de développement socio-économique de la sous-région en général, et du Mali en particulier, notamment la partie nord de notre pays. « Il est impérieux d’y engager d’importants programmes d’aménagement pour inverser les tendances actuelles de dégradation, justifiant du coup la pertinence et la nécessité du Projet d’aménagement de Taoussa dont les impacts positifs attendus feront des régions du nord un véritable pôle de développement », a plaidé Alousséni Sanou. Il a ajouté que la réalisation de l’ouvrage et celle de ses travaux connexes se traduiront, selon les estimations, « par l’absorption de la quasi-totalité de la main d’œuvre de la zone, l’assurance de l’autosuffisance alimentaire dans la zone et l’augmentation des revenus monétaires annuels des populations, une croissance de près de 3% du cheptel, la production de 7.800 tonnes de poissons par an et de 118 GWh/an pour couvrir une partie des besoins en énergie de la zone ». À cet égard, le ministre de l’Économie et des Finances a indiqué que la réalisation de cet important projet est un facteur de paix et de cohésion sociale dans le Nord du Mali, socle de tout développement durable. Insufflant, ainsi, « une nouvelle dynamique qui fera du Sahel un havre de paix où les communautés vont retrouver le bonheur du vivre ensemble mais surtout la transformation des régions du Nord du Mali en un véritable pôle de développement », a-t-il prédit. Pour sa part, le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, a insisté sur l’espoir que les populations, notamment celles des régions du Nord et du Centre de notre pays et bien au-delà des frontières, placent en la réalisation de ce projet. « C’est pourquoi, il figure parmi les projets prioritaires du gouvernement et a été présenté aux acteurs signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger comme la contribution majeure du gouvernement à la stratégie de développement des régions du Nord du Mali », a relevé Lamine Seydou Traoré. L’ouverture des travaux a eu lieu en présence, également, des ministres de la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara. Il y avait aussi le directeur général de l’Autorité pour l’aménagement de Taoussa, Chirfi Moulaye Haïdara. AG/MD (AMAP)
Koulikoro : Organisation du Festival Ag’na pour la cohésion sociale
Koulikoro, 2 mars (AMAP) La cérémonie d’ouverture de la 2ème édition du festival Ag’na qui s’est déroulée du 25 au 28 février sur la petite île du fleuve Niger à Koulikoro, a été présidée par le Ministre de la Réconciliation et de la Cohésion sociale, Colonel Ismaël Wagué, a constaté l’AMAP. C’était en présence des autorités administratives, politiques et traditionnelles de la Cité du Méguétan, de la représentante de l’Union Européenne, des représentants de plusieurs sponsors et des directeurs du festival Ados Ciné, Fousseyni Diakité et Manny Ansar du festival au désert. Les festivaliers avaient le choix de faire une marche militaire avant de regagner le site du festival au beau milieu du sable ou de passer par une pirogue. C’était une belle aventure qui a permis aux amateurs du désert de retrouver le grand sable à la sortie de la ville historique de Soumangourou Kanté. Le ministère de la réconciliation, Colonel-major Ismael Wagué a, dans son discours d’ouverture exprimé l’engagement des hautes autorités à œuvrer pour la réconciliation nationale. Le ministre a expliqué que la fusion de ces deux festivals est un acte de réconciliation entre les fils du pays, toute chose qui montre l’avancée du processus de réconciliation. Pour la coordinatrice du festival Mme Zeinabou Sidibé c’est un pont entre 2 festivals (Ados Ciné et festival au Désert) qui ont décidé de s’unir pour bâtir le festival Ag’na, qui veut dire Culture en Tamashek. Cette année plusieurs activités étaient au programme à savoir l’organisation d’un master classe pour les jeunes vidéastes et les producteurs, des ateliers de productions, des conférences, soutenus par une programmation musicale très variée. Parmi les artistes on peut retenir le groupe Songhoy Blues, les Tinariwen, Abdoulaye Diabaté et son groupe, Habib Koïta, Safi Diabaté Dr Kb et autres. La particularité de cette programmation était au niveau de la prestation musicale. Tous les artistes ont tous chanté pour la paix et la réconciliation des cœurs. L’un des temps fort de cette 2ème édition était la remise des prix aux lauréats du concours de film et la conférence du ministre Zahabi Ould Sidi Mohamed sur la paix et la réconciliation. Le premier prix a été emporté par le film court métrage de Moise Togo, titré « Gakoulou» d’une valeur d’ un million de francs cfa.Malgré le contexte marqué par la Covid-19, le public malien a répondu à l’appel des organisateurs qui ont mis un dispositif sécuritaire à l’entrée du site pour respecter les mesures barrières dictées par les autorités de notre pays. AS/KM (AMAP)
Mali: 14 nouveaux cas de Covid-19 et 02 décès lundi
Bamako, 10 mars (AMAP) Les services de santé maliens ont enregistré, lundi, quatorze nouvelles contaminations à la Covid-19, sur la base de 720 échantillons testés et deux décès, annonce le communiqué du ministère de la Santé et du Développement social. Par ailleurs, on note 06 patients guéris contre zéro décès au cours des dernières 24 heures, selon la même source Le communiqué précise que les nouveaux malades ont été identifiés dans les Régions de Koulikoro (près de Bamako, la capitale), Sikasso (Sud) et Mopti (Centre), ainsi que dans les six Communes du District de Bamako. Ces nouveaux chiffres portent le nombre de cas positifs à 8.390, sur lesquels plus de 6.400 personnes sont guéries du virus contre 355 décédées. AT/MD (AMAP)
Attaque du poste frontalier de Hérèmakono (Sud) : Un mort, un blessé et des dégâts matériels importants
Sikasso, 01 mars (AMAP) Le poste frontalier (avec le Burkina Faso) de Hèrèmakono, à une trentaine de kilomètres de la ville de Sikasso, dans le Sud du Mali, a été attaqué, lundi matin, par une cinquantaine d’hommes non identifiés, lourdement armés, a appris l’AMAP de source sécuritaire. Deux chauffeurs en transit avec des véhicules importés ont été atteints par les tirs des agresseurs. L’un a succombé et l’autre a été grièvement blessé à la jambe. Les assaillants, qui sont restés sur le site, de 2 heures à 3 heures 30 mn, ont brulé le bâtiment de la douane, seize véhicules dont trois appartenant à des douaniers en service. Au poste de la gendarmerie, ils ont brulé trois véhicules ainsi que le bureau. Selon les services de sécurité, des impacts des balles sont toujours visibles sur les bacs de sable disposés autour du poste. Des renforts ont été, immédiatement, dépêchés sur les lieux à partir de Sikasso. FD/MD (AMAP)
La sécurisation booste le business du sable à Gao, dans le Nord du Mali
Par Abdourhamane TOURE Gao, 01 mars (AMAP) Aujourd’hui, dans la ville de Gao, dans le Nord du Mali, le sable est un matériau recherché parce qu’il est utilisé dans la sécurisation des alentours des camps militaires, des check points des forces de sécurité maliennes et de leurs partenaires, Barkhane et Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), ainsi que de maisons individuelles. Après la crise de 2012, plusieurs bâtiments administratifs ont été détruits par l’occupation des terroristes et leurs alliés et il fallait les réhabiliter ou les reconstruire. En plus, la ville de Gao est en plein chantier. Du jour au lendemain, de riches commerçants achètent des terrains ou des bâtiments en banco, au centre-ville. Ceux-ci construisent à la place de grands buildings en béton. Tous ces facteurs font que le business du sable est devenu l’une des principales activités de certains chefs de famille de la Commune urbaine de Gao. Deux groupements se partagent l’activité du sable. Il s’agit de l’association des propriétaires de bennes et celle de « Kel-Pélou » (en Tamashek et qui signifie en français les propriétaires des pelles). Le sol de Gao est constitué de sable. Mais ce n’est pas tout sable qui peut être utilisé comme matériau pour les infrastructures ou les habitations en béton. Deux carrières sont les plus connues pour l’extraction du sable fin ou du gros grain. Il s’agit de la carrière du 7ème quartier, à une quinzaine de kilomètres de la ville, et celle du Quartier château qui a été abandonnée, à cause de l’extension de la ville et de la dégradation du site due au creusement. Abdoulaye Ag Zeïnou est président de l’Association des « Kel-Pélou ». « Notre groupement est constitué de 150 membres. Notre travail consiste à extraire le sable, à le charger dans des camions-bennes. Le prix d’un chargement de sable varie entre 16 000 et 30 000 Fcfa », explique-t-il. Chaque camion-benne est accompagné de cinq chargeurs. Les cinq chargeurs sont payés à 4000 Fcfa, à raison de cinq chargements. Chaque fin du mois, les membres de l’association « Kel-Pélou » cotisent 1500 Fcfa. Cette cotisation finance la prise en charge des adhérents en cas de problème majeur. « La cotisation mensuelle est la meilleure chose de notre association parce que, souvent, certains empruntent auprès de l’Association quand ils sont dans le besoin », a expliqué le président du groupement de « Kel-Pélou ». Selon lui, l’association, dont des copies de documents de création ont été déposées au niveau de certains services publics à toutes fins utiles, a besoin du soutien de l’Etat parce que ses membres. Le doyen Askiou Ag Assaid est l’un des premiers membres de l’association « Kel-Pélou ». Selon lui, avant la crise de 2012, l’activité d’extraction et de chargement du sable pouvait nourrir son homme. « C’est avec le revenu de ce travail que je me suis marié. J’ai eu des enfants que je continue à nourrir, Cependant, je n’ai pas construit et j’habite encore dans une case en paille », a déclaré le vieux Askiou. Il se souvient, nostalgique, de la belle époque où ils chargeaient en gravier un camion-benne à 25 000 Fcfa et en sable à 10 000 Fcfa. « Actuellement, le métier rapporte peu », se désole Askiou qui réclame des clients de camions-bennes d’augmenter le prix du sable. Mme Diallo Safia Alassane est vendeuse de repas à la carrière de sable. « Depuis trois ans, je vends de la nourriture aux manœuvres et chauffeurs de la carrière. Mes recettes journalières varient entre 15 000 à 20 000 Fcfa », a dit Mme Diallo. Abdoulatif Almouner Maiga dit Doula, est chauffeur et porte-parole des chauffeurs de camions-bennes. Selon, lui le nombre de chauffeurs dépend de nombre de bennes. Il y a plus de 200 véhicules qui ont adhéré à l’Association des camions-bennes mais beaucoup sont en panne. Les conducteurs de camions-bennes gagnent entre 500 à 2.250 Fcfa par voyage. « Nous sommes confrontés à un manque de carrière parce que les autorités communales nous font déguerpir, souvent », se plaint Doula. Selon Ibrahim Abdramane, président de l’Association des propriétaires de camions-bennes, qui signale exercer ce métier, depuis 1985, c’est en 2018 que le groupement des propriétaires de camions-bennes a été officiellement créé. Plus de deux cent propriétaires de camions-bennes en sont membres. « Chaque membre possède une carte qui coûte 2.000 Fcfa et est renouvelable chaque année », nous apprend Ibrahim Abdramane. « Le prix officiel d’un chargement de sable destiné au mortier coûte 30 000 Fcfa et le banco 16 000 Fcfa mais la location, par jour, du même camion-benne s’élève à 60 000 Fcfa si le carburant est à la charge du client’, explique le président des propriétaires de camions-bennes. « L’association joue un rôle très important, non seulement, pour les propriétaires de bennes, les chauffeurs mais, aussi, pour l’association des «Kel-Pélou» parce qu’en cas d’accident grave ou mortel causé par un chauffeur, c’est l’association qui répare les dommages. Elle vient, aussi, en aide à la famille du chauffeur », poursuit Ibrahim Abdramane. « Souvent, elle gère, aussi, certaines situations sociales des propriétaires de bennes et même de leurs chauffeurs », ajoute le président du groupement. Il cite, également, de bonnes initiatives de l’association dans la Commune urbaine de Gao (ramassage des ordures dans le quartier château, remblayage d’espaces publics et de cimetières envahis par les eaux stagnantes…) Le bureau régional de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (ANPEJ) contracte avec le groupement qui en espère autant avec la ville de Gao. « Dans les conditions normales, la mairie peut nous confier le ramassage des ordures et le curage des caniveaux de la Commune urbaine de Gao », suggère Ibrahim Abdramane. Il plaide pour un soutien des autorités régionales et nationales à leur groupement qui est une jeune association. Le sable est une matière solide granulaire constituée de petites particules provenant de la dégradation de matériaux d’origine minérale essentiellement des roches. Cette matière est, quotidiennement, utilisée comme matériau dans la construction des bâtiments et d’autres infrastructures. Le sol des régions dans le Nord du Mali et, en particulier, de la Région de Gao, est constitué de sable. Gao est considéré comme le port du sable.

