Un nouveau Code minier pour booster le secteur au Mali

Par Babba B. COULIBALY Bamako, 10 mars (AMAP) La nouvelle législation de 2019 remplace celui de 2012. Promulgué en novembre 2020, son adoption met ainsi fin à la coexistence de plusieurs textes régissant le domaine minier au Mali. La nouvelle législation définit les conditions de détention, de recherche et d’exploitation des ressources minières au Mali. Elle précise, également, les relations entre l’activité minière et les administrations impliquées dans la gestion minière (ministères des Finances, de l’Environnement, de la Santé, de la Sécurité, en collaboration avec celui chargé des Mines). Elle apporte des innovations majeures dont l’application rigoureuse devrait permettre une meilleure gestion des revenus engendrés par le secteur. L’or contribuant à près de 10% au Produit intérieur brut (PIB), 20% au budget national et 70% des produits d’exportation du Mali. Au total, 19 innovations ont été adoptées pour corriger les lacunes constatées, renforcer l’attractivité du pays et booster l’économie nationale et locale. Ces nouvelles directives permettront «une amélioration de la gestion des revenus de la mine, l’augmentation des revenus de l’Etat (certaines exonérations sont limitées), des populations, de donner une part importante aux fournisseurs maliens. En un mot, « faire en sorte que l’or brille pour tous les Maliens», développe le chef de cabinet du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Alexis Dembélé. Au cours d’un entretien dans son bureau, celui qui est, aujourd’hui, considéré comme l’un des plus grands spécialistes des questions minières au Mali précise que ces innovations se rapportent à la réduction de la durée de la période de stabilité qui passe de trente à vingt ans. « Il s’agit là, explique l’expert en géologie, de la période pendant laquelle les dispositions fiscales sont stables ». Donc impossible, selon lui, de les changer même si une nouvelle loi fiscale venait à être adoptée. « Le nouveau Code redéfinit le nombre de titres miniers par la suppression de l’autorisation de prospection, la clarification des concepts de sous-traitants, prestataires, sociétés affiliées, fournisseurs, en passant par l’extension des obligations de protection de l’environnement à la phase de recherche et le réaménagement des groupes de substances minérales afin de promouvoir la diversification », détaille Lamine Alexis Dembélé. Selon lui, la nouvelle législation clarifie, également, le domaine de l’exploitation artisanale mécanisée, à petite échelle, la suppression de l’autorisation d’exploitation par dragage, l’interdiction du dragage et toute autre forme d’exploitation dans les lits des cours d’eau. 20% DES REVENUS – La nouvelle charte minière innove avec l’introduction de la possibilité d’attribution des titres miniers par appel d’offres. « Elle précise, aussi, les dispositions concernant les obligations sociétales des entreprises minières par la création d’un Fonds minier de développement local alimenté à hauteur de 20% des revenus tirés des mines et 0,5% du chiffre d’affaires des sociétés minières », indique le chef de cabinet. Il ajoute que le nouveau texte introduit, également, de nouvelles dispositions régissant l’approvisionnement local, l’emploi et la sous-traitance. L’exonération de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pendant la phase de production (souvent à l’origine d’incompréhensions entre les parties), est supprimée, tout comme les avantages douaniers et fiscaux liés aux investissements portant sur les infrastructures et installations d’hébergement, de restauration, d’éducation, de santé et de loisirs. Autres nouveautés apportées au secteur minier national, le paiement des droits de douanes au taux de 5% et de la taxe intérieure sur les produits pétroliers à partir du démarrage de la production et la suppression de l’exonération sur les machines, les équipements, les outillages, les pièces de rechange et les matériaux à partir du démarrage de la production, ajoute le géologue senior. Il précise que le nouveau Code prévoit, également, la création d’un Fonds de réhabilitation, de sécurisation des sites miniers artisanaux et de lutte contre l’usage des produits chimiques prohibés. Il introduit, aussi, un nouveau dispositif relatif à l’arbitrage des différends. En matière de gouvernance et redevabilité, le nouveau Code fait une part belle aux principes de transparence, tels que l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) et le Processus de Kimberley (PK). Il innove avec l’introduction d’une disposition relative à la mise en place d’un compte séquestre pour garantir l’après-mine. Les modalités de taxation des plus-values de cession ou de transmission réalisées directement ou indirectement, et de surproduction y sont, également. définies. L’article 19 du nouveau Code minier stipule que l’activité minière sur les substances soumises au régime des mines, est autorisée en vertu d’un titre minier délivré conformément aux dispositions du présent Code. à cet effet, les titres miniers prévus par le présent Code sont : l’autorisation d’exploration, le permis d’exploitation artisanale, ceux d’exploitation semi-mécanisée et de recherche et le permis d’exploitation de petite mine et de grande mine. S’agissant des infractions, l’article 194 précise que sont punis d’un emprisonnement allant de onze jours à deux ans et d’une amende d’un à cinq millions de Fcfa ou de l’une de ces deux peines seulement, les auteurs de fausses déclarations pour obtenir un titre minier. Ceux qui s’opposent, de quelque manière que ce soit, à l’occupation d’un périmètre minier par le titulaire du titre minier sont assujettis aux mêmes sanctions. Il vise, également, les titulaires miniers qui effectuent l’analyse des échantillons en dehors du Mali sans l’autorisation préalable de la direction générale des mines et ceux qui acceptent de faire travailler les enfants sur leur chantier. L’article 195 indique que sont punis d’un emprisonnement d’un mois à trois ans et d’une amende d’un à cinq millions de Fcfa ou de l’une de ces deux peines seulement, ceux qui se livrent à des travaux de recherche ou d’exploitation de substances minérales soumises au régime des mines sans détenir de titre approprié. Sont punis des mêmes peines ceux qui, au sens des dispositions du Code pénal, apportent aide et assistance aux prospecteurs et aux exploitants clandestins ou qui ne déclarent pas l’arrêt définitif des travaux relatifs à la réhabilitation du site. BBC (AMAP)  

Kayes : Organisation de la 3ème édition des Journées de l’OMVS

Kayes, 10 mars (AMAP) La 3ème édition des journées de l’Organisation pour la mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), s’inscrivant dans le cadre de la commémoration de la création de ladite organisation le 11 mars 1972, se déroulera cette année dans la Cité des rails, a appris l’AMAP de source proche de l’organisation sous régionale. La cérémonie d’ouverture sera présidée par le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau du Mali, Lamine Seydou Traoré qui représentera le président de la Transition, en présence du Haut-commissaire de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal, Hamed Diane Semega, du gouverneur de région, le colonel Moussa Soumaré et de plusieurs autres personnalités. L’édition de cette année dont le thème est : « Kayes, terre OMVS », sera marquée par des conférences de haut niveau sur les projets structurants, le lancement des travaux d’accès Kayes-Félou, une exposition, des activités d’investissement humain (nettoyage des berges du fleuve ; dons de caissons de poubelles et des équipements médicaux), des visites de terrains et des activités culturelles et sportives. Hamed Diane Semega remettra 10 caissons de poubelles au gouverneur de région de Kayes, au profit des riverains avant le baptême de la Place OMVS sur la berge gauche, non loin de la résidence du gouverneur. Les officiels se rendront vendredi au barrage de Félou, avant d’aller à Logo Sabouciré pour procéder au lancement des travaux du périmètre maraîcher (financement PGES Ligne Gouina Félou), procéderont à la remise d’équipements médicaux seront offerts aux Centres de Santé Communautaire de Diamou et de Tacoutala avant de visiter le bosquet collectif réalisé par PGIRE à Maloum. L’étape du samedi sera consacrée aux visites du chantier de l’ouvrage hydroélectrique de Gouina et d’un site de réinstallation Banganoura où des questions d’électrification rurale seront évoquées. La dernière étape, celle de dimanche, sera marquée par des visites du Projet PGIRE dans les environs de Kayes. La délégation sera attendue à Dramané, Ambidédi, Synthianie et Bangassi Nango. La coopérative des pêcheurs de la région de Kayes gratifiera également le public des régates (courses de pirogue et de marionnettes au niveau de l’embarcadère de Kayes rive gauche financé par PGIRE. Le complexe de Manantali (le barrage et sa centrale, 2002), situé sur le Bafing, a une puissance de 200 MW et produit en moyenne 800 GWh/an qui sont livrés aux sociétés nationales d’électricité du Mali (EDM : 52%), de la Mauritanie (SOMELEC : 15%) et du Sénégal (SENELEC : 33%). Ce barrage a été mis en service depuis 2002. Mis en service en 2013, l’ouvrage de Félou produit en moyenne 60 MW qui sont injectés dans le réseau de Manantali. Un troisième barrage, celui de Gouina, est en cours de construction et produira en moyenne plus de 600 GWh par an. La mise en œuvre du plan de gestion environnemental et social de cet ouvrage a nécessité la mobilisation de 8,5 milliards de FCFA entièrement financés par la Société de Gestion de l’Energie de Manantali (SOGEM). La zone d’influence directe du Projet concerne cinq (5) villages et sept (7) hameaux avec une population de 2445 répartis en 394 ménages. Les six localités à déplacer ont été réinstallées sur quatre sites à savoir Banganoura, Foukara (Tambafara), Tamboloukoto (Commune de Diamou) et Talari (Commune de Bafoulabé). BMS/KM (AMAP)

Le président nigérien Mahamadou Issoufou reçoit le prix Mo Ibrahim

Bamako, 9 mars (AMAP) Le prix Mo Ibrahim pour le leadership et l’excellence en Afrique est décerné au président nigérien Mahamadou Issoufou qui devient le 7e chef d’État africain lauréat de cette prestigieuse distinction. «Le chef de l’État du Niger, Mahamadou Issoufou, s’est distingué par ses efforts pour améliorer le développement économique de son pays, tout en œuvrant pour la stabilité régionale», indique le comité qui décerne le prix. Le Prix Mo Ibrahim publie l’Indice Mo Ibrahim de la gouvernance sur le continent. Le prix, qui depuis son lancement, récompense chaque année le leadership et l’excellence en Afrique, n’avait pas été décerné depuis trois ans. Avant le chef de l’État du Niger, le prix Mo Ibrahim avait été attribué, en 2017, à la présidente Ellen Johnson Sirleaf du Liberia. Puis après, respectivement, les présidents Hifikepunye Pohamba de Namibie (2014), Pedro Pires du Cap-Vert (2011), Festus Mogae du Botswana (2008) et Joaquim Chissano du Mozambique (2007). Le président Nelson Mandela a été nommé premier lauréat honoraire du prix en 2007. SSI/MD (AMAP)

Liptako-Gourma : Opérations anti terroristes

Bamako, 9 mars (AMAP), La Force française Barkhane et les armées nationales (Mali, Niger et Burkina) ont engrangé plusieurs succès au cours d’opérations menées à partir du 24 février dernier, contre les Groupes armés terroristes (GAT), dans la zone dite des «trois frontières», indique un communiqué publié samedi dernier, Le 24 février dernier, dans la zone de N’Daki au Mali, la Force Barkhane à travers une frappe aérienne a neutralisé quelques GAT et détruit deux motos. Dans le Liptako et plus précisément au sud d’Indelimane (Nord), précise le document, « la Force Barkhane a mené une action combinée contre des forces terroristes le 26 février dernier. Au cours de cette opération, des Mirages 2000 en vol ont procédé à une frappe de plusieurs bombes sur un regroupement de nombreux GAT. Le communiqué ajoute que le Groupement commando (GC) de Barkhane qui a été déployé sur la zone de la frappe a été pris à partie par des GAT sur place. Cette action combinée, selon la Force Barkhane, a permis de neutraliser de nombreux terroristes et de saisir ou détruire 3 armes d’infanterie, 3 mitrailleuses, de nombreuses munitions, 12 motos et 5 équipements de communications. Par ailleurs, une opération de ravitaillement de la Force Barkhane depuis la base militaire de Gao jusqu’à celle de Tombouctou a été conduite par le Sous groupement logistique n°2 du Groupement tactique désert (GTD) logistique (LOG) Charente. La Force Barkhane a souligné que le convoi de ravitaillement, composé de quatre-vingt-trois véhicules, s’est élancé le long du fleuve Niger pour un raid logistique aller-retour de plus de 800 kilomètres. Il ressort de ce communiqué qu’au cours de la semaine dernière, les opérations de la Force Barkhane ont porté sur l’appui à la stabilisation, le renforcement des capacités militaires et des structures étatiques à Gossi. « Dans ce cadre, a-t-il précisé, le fossé anti pickup et l’abri motos ont été réalisés avec le concours de la jeunesse de Gossi ». Cette activité illustrant le partenariat entre le Mali et l’équipe France, a réuni les équipes de coopération civilo-militaire des Forces armées maliennes et de Barkhane ainsi qu’un représentant français en charge de la stabilisation. Le document de la Force Barkhane signale que des initiatives équivalentes sont également réalisées dans les villes de Ménaka, Gao, Tombouctou et Labbezanga (Nord). Du 24 février au 2 mars, les avions de la Force Barkhane ont réalisé 68 sorties, parmi lesquelles 20 sorties chasse, 27 sorties intelligence, surveillance, reconnaissance (ISR) et 21 missions de transport ou de ravitaillement. MDD/MD (AMAP)  

Musée de Sikasso : L’antre de la culture senoufo

Mariam F. DIABATÉ Sikasso, 9 mars (AMAP) Aider à la sauvegarde et à la promotion de la culture sénoufo, aider le monde sénoufo à s’ouvrir à d’autres perspectives socioculturelles susceptibles de contribuer à son rayonnement, œuvrer à la rencontre et au dialogue avec les différentes expressions confessionnelles et culturelles tels sont, entre autres, les objectifs primordiaux du Centre culturel sénoufo de Sikasso. Le Centre dispose de près de 1.200 objets répartis entre ses deux salles d’exposition et ses deux salles de stockage. Parmi les collections du Centre, on peut noter des statues et statuettes en bois, bronze et en terre cuite qui sont parfois sacrées et dont l’usage est réservé aux initiés, les masques de culte et de réjouissances, les instruments de musique, les mobiliers notamment les chaises, tabourets, lits traditionnels, lits mortuaires et les sculptures. L’importance de ces objets culturels a amené les autorités à accompagner ce haut lieu de la culture senoufo. Dans le cadre de la mise en œuvre de son projet de développement, une mission d’experts en muséologie conduite par le directeur national du patrimoine culturel Modibo Bagayogo a été reçue au centre culturel. La mission comprenait, entre autres, l’ancien directeur adjoint du Musée national, Salia Mallé et l’ancien directeur de l’école du patrimoine culturel africain (EPA), dont le siège est au Bénin, Fallo Babba Keita. Cette mission visait à renforcer les capacités du personnel en techniques de conservation, de sécurisation, de classification, de nettoyage et de sauvegarde des objets du musée. Ces activités qui ont regroupé outre le personnel du Centre sénoufo, les représentants du musée régional, de la direction régionale de la culture et de la mission culturelle, prendront fin au mois de mai. Dans la cour du musée, une vingtaine d’étagères en cimaise et une dizaine de supports de vitrine sont déposés un peu partout. De nombreuses statues et autres objets y sont également étalés. Les agents du Musée, habillés de la tenue de leur structure, font des va-et-vient pour évacuer les objets d’une salle à une autre. Certains techniciens travaillent sur les cimaises et d’autres sur les supports de vitrine. Depuis l’entrée, on constate des maçons qui s’affairent à la construction de la salle d’accueil. Le responsable du Centre, le père Bruno Ssennyondo indique que la Mission est soutenue par l’ambassade de la République fédérale d’Allemagne. Il salue l’initiative qui est venue à point nommé car les objets du Centre, au fil du temps, allaient se détériorer sans aucun accompagnement. Selon l’ancien directeur adjoint du Musée national, Salia Mallé, la Mission a priorisé trois principaux objectifs. Primo, l’amélioration du cadre de vie des objets. Ce qui consiste à faire un diagnostic du bâtiment où sont stockés les objets pour savoir s’il n’y a pas d’infiltration d’eau, des problèmes de sécurité et la confection des structures. Secundo, révèle-t-il, la mission reprendra les anciennes expositions qui étaient en place. «Nous allons faire en sorte que les objets soient la vitrine du musée», précise-t-il ajoutant qu’ils vont mettre en place deux salles d’exposition. La première sera réservée aux activités économiques notamment les objets destinés à la chasse, la cueillette, l’agriculture et l’artisanat. La deuxième salle sera basée sur la vie religieuse notamment l’initiation, la musique, la danse, la gestion de la terre et les funérailles. Tertio, le renforcement des capacités de tout le personnel du Musée sur les techniques de gestion et de documentation des objets. Une exposition est prévue en fin mai. Par ailleurs, Mallé révèle qu’à présent ils ont trois proposions de titre pour l’exposition des objets du Centre qui aura lieu à la fin de leurs activités. Il s’agit, entre autres, de «Sénoufo : de terre et d’esprit», «Sénoufo : par la terre et par l’esprit» et enfin «Sénoufo : Dieu, la terre et les esprits». Pour l’ancien directeur de l’école du patrimoine culturel africain (EPA) au Bénin, Fallo Babba Keita, la mission consiste à réhabiliter les collections du Centre tout en conservant ses objets. Pour ce faire, poursuit-il, on doit organiser l’ensemble des locaux pour qu’ils correspondent à l’éthique du musée et qu’ils soient un espace fonctionnel. «Nous tiendrons également compte de la sécurité des collections, des prévisions contre les catastrophes naturelles, les incendies et les malveillances», souligne-t-il. Il ajoute aussi qu’ils chercheront des solutions aux problèmes d’éclairage et de surveillance de la structure. «L’aboutissement, c’est pour la mise en valeur des collections pour qu’elles puissent participer à l’éducation des enfants», précise-t-il. Keita affirme qu’ils ambitionnent de monter une exposition qui parlera non seulement de la culture sénoufo mais qui illustrera aussi beaucoup de textes, d’audiovisuels et d’animations basés sur la culture senoufo. Arouna Sanogo est stagiaire au Musée régional de Sikasso. Il a suivi la formation théorique de la mission des experts en muséologie. Il a souligné que la formation la édifié sur les techniques de conservation et de gestion des objets. «Les objets doivent être conservés et entretenus dans un endroit bien approprié tel que les vitrines», dit-il. Il appelle les jeunes à promouvoir et valoriser leur culture car, c’est cela qui permet de se connaitre soi-même. MFD (AMAP)  

San : Le mariage collectif de 118 couples célébré dans la Commune de Ténéni

San, 8 mars (AMAP) La 4ème édition du mariage collectif de 118 couples a été célébré jeudi dans le village de Ténéni, Chef-lieu de la commune rurale du même nom, dans le Cercle de San, par les maires Bourama  Démé et Mama Traoré, a constaté l’AMAP. C’était en présence des représentants des chefferies traditionnelles, des responsables des associations de femmes et de jeunes, des leaders religieux et de plusieurs autres personnalités. Après la cérémonie civile, les nouveaux mariés ont tous été embarqués dans des charrettes à traction animale pour faire le tour du village en vue de saluer et remercier la communauté dans toutes ses composantes. Toute la journée, les 118 couples, habillés comme des princes et princesses, ont été entourés de tendresse et d’affection. Tous les habitants étaient dévoués à leur cause et se rendaient disponibles à leurs services. Des sourires de joie, d’amour mais parfois des émotions, étaient perceptibles sur les lèvres des nouveaux mariés et de leurs admirateurs. De la levée du soleil jusqu’à 18 heures, les époux passent la journée ensemble sans leurs femmes. Ces dernières, elles aussi se regroupent selon leur appartenance à une même famille lignagère. Durant une semaine entre 20 heures et minuit, les nouveaux mariés se regroupent ensemble dans une cour désignée à cet effet pour non seulement causer entre eux, écouter les conseils et bénédictions des aînés, partager les repas en commun, mais aussi et surtout se divertir grâce au passage des humoristes locaux qui les font égayer durant toute la soirée. Parrainé par l’association des jeunes pour le développement et le progrès de Ténéni (AJDPT), ce mariage collectif est un héritage culturel qui vise à renforcer les liens de solidarité entre les familles d’une part, et les villages de la commune rurale de Ténéni , d’autre part . Son avantage est d’éviter les gaspillages des maigres ressources des ménages pendant la célébration ordinaire des mariages. Les représentants de l’association des jeunes pour le développement et le progrès deTénéni, Mama Douti Traoré et Nouhoum Diarra ont saisi l’occasion pour présenter leur organisation, dont ses objectifs majeurs consistent à travailler ensemble en vue de participer activement dans la prise en charge des besoins réels de la cité. « L’association entend renforcer toutes les valeurs morales et culturelles léguées en héritage et qui prônent la paix et le développement dans une société sans stigmatisation aucune. C’est pourquoi elle a initié ce projet de célébration du mariage collectif, projet qui a eu le soutien et d’adhésion des aînés. Ainsi, chaque ressortissant de Ténéni établi à l’étranger et dans d’autres localités du Mali, contribue à hauteur de 1000 FCFA pour sa participation à cet évènement annuel » ont -il conclu. NC/KM (AMAP)  

Sikasso : L’abondance de pomme de terre fait chuter les prix

Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 5 mars (AMAP) A Sikasso, dans le Sud du Mali, le premier trimestre de chaque année est consacré au commerce de la pomme de terre. Cette année, l’accès à une quantité suffisante de semences a créé une surproduction de ce tubercule. Cette situation pousse plusieurs producteurs à brader leurs productions. Tout compte fait, les acteurs du domaine se frottent les mains. Un tour dans le marché des fruits et tubercules de Médine, à Sikasso nous a permis d’éclairer davantage nos lanternes. Actuellement, il est très difficile de passer une journée sans rencontrer les vendeurs de pomme de terre à Sikasso. Même si on ne descend pas en ville, les vendeuses ambulantes n’épargnent aucune maison et ce, chaque matin et soir. Dans la proximité des petits marchés, c’est la pomme de terre qui ravit la vedette à tous les autres produits agricoles et se vend le plus. Les commerçants ambulants cèdent, souvent, le kilo à moins de 150 Fcfa. C’est tout simplement à cause de la surabondance. Ce samedi matin, il est 10 heures au marché de Médine, plus connu sous le nom de «Sougounicoura» pour les natifs de la région, Ça et là des caisses en plafond et en plastique noir sont disposées, de gros paniers, des sacs de 50, 80 et 100 kg, des tricycles… tous remplis de pommes de terre. Dans certains coins, des coffres de voiture sont entr’ouverts, en attendant l’arrivée des sacs de pomme de terre. L’animation atteint son point culminant dans un concert de bruits et de voix. Les conversations portent sur le négoce. Les causeries sur la pomme de terre. On voit aussi de l’argent. Les commerçants de pomme de terre ne cessent de compter les billets. «Ayé na pomme terre san », «kilo ye bissaba ni dourouye», «fou fou fana bala», en langue française «Venez acheter de la pomme de terre, le kilo fait 175 Fcfa. Je vous en donnerai gratuitement aussi», s’écrie. à l’endroit des passants, Rokia Ba, de forte corpulence. Elle qui fréquente ce marché depuis des années trouve le marché pas assez intéressant. Elle s’approvisionne chez les grossistes du marché de Médine et y écoule également ses marchandises. «Cette année, il y a trop de pommes de terre, C’est pourquoi les prix ont chuté», affirme-t-elle. Elle précise qu’elle achète le kilo à 160 Fcfa et le cède à 175 Fcfa, donc un bénéfice de 15 Fcfa par kilogramme. Le point de vente de Madou se trouve au beau milieu du marché. Il est grossiste et détaillant à la fois. Notre interlocuteur s’approvisionne chez des grossistes à Ziansso, Zankaradougou, Bamadougou, Bokotieri et Doumanaba. Les grossistes lui vendent le kilogramme de gros tubercules de pomme de terre à 175 Fcfa et 125 Fcfa pour les moyens. A son tour, Madou cède le kilo des gros tubercules à 200 Fcfa et les moyens à 175 Fcfa. Notre interlocuteur estime que le marché est florissant. « Les samedis, je peux écouler 150 sacs de 80 kg de pomme de terre. Je cède le sac à 18.000 Fcfa », explique-t-il, ajoutant qu’il vend aussi au détail. La plupart des clients de notre interlocuteur viennent de Bamako, Gao, Mopti et Ségou. En termes de défis, tout comme la précédente interlocutrice, Madou évoque également la grande quantité et variétés des semences de pomme de terre. Ce qui a créé une surproduction du tubercule. « Présentement, nous n’avons même pas fini d’écouler le tiers des pommes de terre des champs », révèle-t-il, soulignant que c’est le même facteur qui crée la concurrence entre eux et leurs grossistes. « Ils nous vendent, non seulement, la pomme de terre mais, aussi, ils viennent encore nous concurrencer au marché pour écouler leurs produits. Le comble, c’est qu’ils vendent moins cher que nous, parce qu’ils sont producteurs et commerçants », explique-t-il. Egalement, des dames s’approvisionnent chez les grossistes du marché et revendent sur place. Oumou Sangaré fait partie de ce lot. « Ici, les grossisses me vendent le kilo à 160 Fcfa et je revends à 175 Fcfa. Compte tenu de la surproduction du tubercule, je ne me plains pas de mon bénéfice de 15 Fcfa», souligne-t-elle. La cliente Mariam Kané ne cesse de regarder les différents paniers (remplis de pomme de terre) des commerçantes. « Je cherche la bonne qualité car je dois les envoyer à mes parents à Kayes », lance-t-elle, ajoutant qu’elle adore les pommes de terre. En cette période, les propriétaires d’instruments de pesées et les tricycles tirent aussi leur épingle du jeu. Oumar Diarra gère bien son affaire. Le teint noir, le masque sur le nez, assis derrière sa machine, M. Diarra n’a presque même pas le temps de répondre à nos questions. Chaque client veut que son sac soit pesé. « De l’aube jusqu’au petit soir, je suis là. Je peux peser près d’une centaine de sacs de 50, 80 et 100 kg de tubercule les samedis », indique-t-il, précisant qu’il pèse la tonne à 500 Fcfa et le sac à 50 Fcfa. Quant aux conducteurs de tricycles, le jeu en vaut la chandelle. Adama Koné est conducteur, il soutient qu’il transporte les sacs dans les gares routières pour Bamako, San, Mopti etc. «Je transporte le sac de 50 kg à 50 Fcfa et celui du 100 kg à 75 Fcfa», explique-t-il. \Dans les auto gares, il y a beaucoup de sacs de pomme de terre. De nombreux natifs de la région profitent de cette campagne pour envoyer ces tubercules à d’autres parents à l’intérieur du pays. Sur ce point, certains transporteurs sont stricts. Ils transportent le sac à condition que le propriétaire soit un passager car, ils craignent la surcharge. Les frais de transport varient d’une compagnie à une autre. Ils se situent entre 1.000 et 2000 Fcfa par sac. MD (AMAP)

Attaque de la gendarmerie de San : L’adjudant-chef Kefassan Dembélé succombe à ses blessures

San, 5 mars (AMAP) L’adjudant-chef de la gendarmerie, Kéfassan Dembélé, blessé, mardi, dans l’attaque de la brigade territoriale de San (Centre), a finalement succombé à ses blessures, jeudi, a appris l’AMAP de source sécuritaire. La triste nouvelle de la mort du gendarme, qui avait été évacué à l’hôpital Nianankoro Fomba de Ségou (Centre), a affecté ses collègues et toute la population de San. Au cours de cette attaque, les assaillants, venus sur des motos tricycles, ont saccagé les locaux de la brigade territoriale de la gendarmerie, incendié quatre véhicules et deux motos, avant de disparaître dans la nature. NC/MD (AMAP)

Mali : Conseil supérieur de défense sur les questions de sécurité

Bamako, 5 mars (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, a présidé, jeudi, une session du Conseil supérieur de défense, au palais de Koulouba, dont l’ ordre du jour a porté sur les questions de défense et de sécurité, après une série d’attaques contre les positions des forces nationales dans différentes localités du Mali. Le vice-président, le colonel Assimi Goïta, du Premier ministre, Moctar Ouane, plusieurs membres du gouvernement et de la hiérarchie militaire ont participé a ces échanges au sommet de l’État sur les questions de sécurité. De Bandiagara dans la Région de Mopti, à San, dans le Centre, en passant par ld psoge frontalier de Hèrèmakoro (Région de Sikasso), dans le Sud), les accrochages entre les forces de défense et de sécurité et les groupes terroristes ont occasionné des pertes en vies humaines de part et d’autre et d’importants dégâts matériels. À San, les ennemis de la paix ont saccagé la brigade territoriale de la gendarmerie, brûlé quatre véhicules et deux motos. Le gendarme blessé dans l’attaque a finalement succombé à ses blessures. À Hèrèmakono, localité située à une trentaine de km de Sikasso, les assaillants ont dévasté le poste de la douane et celui de la gendarmerie, brûlé plusieurs véhicules. Un civil a été tué et un autre grièvement blessé. Dans l’attaque de la base du détachement de Dialoubé à Bandiagara et l’escadron de la gendarmerie, les affrontements se sont soldés par la mort de 8 soldats et cinq blessés. Pas plus tard qu’hier, le poste de sécurité de Dinangourou a fait l’objet d’une attaque par des individus armés. La riposte des soldats a été foudroyante, obligeant les assaillants à battre en retraite. Les terroristes ont abandonné dans leur fuite les corps de huit de leurs camarades tués. Les FAMa qui ont enregistré un mort et deux blessés dans leurs rangs, ont récupéré des matériels dont un véhicule immobilisé contenant des bidons remplis d’explosifs, trois PKM, deux PM, quatre motos et trois talkie-walkie. Depuis le renforcement des moyens aériens des Forces armées maliennes (FAMa), les groupes terroristes semblent avoir adopté la tactique des attaques nocturnes. En attaquant de nuit, ils pensent ainsi se soustraire à d’éventuelles traques engagées par des avions et des hélicoptères de combat. La présente session du Conseil supérieur de défense pourrait être l’occasion, pour les autorités, de dégager une stratégie pour contenir les assauts incessants des groupes armés terroristes. MK/MD (AMAP)  

Mali: 24 nouveaux cas de Covid-19 jeudi et aucun décès

Bamako, 5 mars (AMAP) Les services de santé ont enregistré, jeudi quelque 24 nouvelles contaminations à la Covid-19, sur un total de 985 échantillons testés, annonce le ministère de la Santé et du développement social, dans son communiqué quotidien. Par ailleurs les médecins ont déclaré six patients guéris contre zéro décès au cours des dernières 24 heures. Les nouveaux cas positifs du jour sont identifiés dans les Régions de Kayes (Ouest) et Koulikoro (Près de la capitale malienne), ainsi que dans les Communes l, ll, lV et VI, à Bamako, la capitale, précise le département en charge de la Santé. Ces nouvelles statistiques portent le nombre de cas positifs à 8470 sur lesquels 6424 patients guéris et 357 décès. AT/MD (AMAP)